00:00C'est la primaire de la gauche, on commence à voter donc aujourd'hui, on aura le résultat demain, bien
00:03sûr.
00:04Et il y a une grande incertitude, c'est ce que vous nous dites.
00:06Oui, oui, il y a une grande incertitude parce que vous savez, on a toujours présenté Raphaël Luxemagne
00:10comme étant le favori de cette gauche non-mélenchoniste.
00:13Eh bien, c'est peut-être plus compliqué que ça, on va voir.
00:16Ça devait être comme une lettre à la poste, ça devait passer comme une lettre à la poste, peut-être
00:19pas.
00:20D'abord parce que la campagne a été assez violente quand même, avec pas mal de petites phrases,
00:24d'attaques personnelles, ad nominem, un petit choix contre Raphaël Luxemagne précisément,
00:30puisque c'est le favori, c'est celui qui a reçu le plus d'attaques.
00:34On écoute à la fois Olivier Faure et puis Ségolène Royal qui l'a traité de stagiaire.
00:41Mais il n'a jamais géré quoi que ce soit dans sa vie.
00:45Il est élu, OK, à la tête d'une liste, mais il n'a jamais géré quoi que ce soit.
00:50Il est stagiaire en politique, oui.
00:52Ce serait la première fois qu'il n'y a pas de socialiste candidat à l'élection présidentielle.
00:57Ce que je dis, c'est qu'il y a maintenant une option qui est une option, au fond, centriste,
01:04et puis il y a une option de gaucher.
01:06Alors il y a le corps électoral aussi, parce qu'on pensait qu'il y aurait 70 000, 100 000
01:10votants.
01:11Il y en a 140 000. Il y en a beaucoup de ces votants, probablement 40 000.
01:15On ne sait pas trop d'où ils viennent, pour qui ils vont voter.
01:18Et ça, ça brouille un peu, si vous voulez, le scrutin.
01:21On se demande pour qui ils vont voter.
01:23Et c'est ça, c'est pour ça que Raphaël Guzman n'apparaît plus comme le favori incontesté et incontestable.
01:29Alors, une fois que le vainqueur sera connu, c'est-à-dire demain soir, d'ailleurs, une émission spéciale sur
01:33BFM TV à partir de 19h30,
01:34il y aura d'autres obstacles qui vont se présenter au vainqueur.
01:37Oui. Alors, d'abord, le vainqueur, s'il a plus de 50 %, il n'y a pas de deuxième
01:42tour, parce qu'il y a un deuxième tour qui est prévu.
01:44Après, il y a d'autres obstacles. Le premier, c'est est-ce que le vainqueur va pouvoir rassembler tout
01:50le monde,
01:50alors qu'on sait très bien que ça ne se passe jamais comme ça, en 2017 notamment.
01:54Eh bien, Benoît Hamon n'avait pas reçu le soutien de son adversaire, qui était Emmanuel Valls,
01:58qui avait appelé à voter pour François Hollande.
02:01Et puis, il n'y a pas mal de divisions idéologiques entre eux.
02:04Par exemple, est-ce qu'à terme, on peut se rassembler avec Jean-Luc Mélenchon ?
02:11C'est ce que souhaite, sans le dire Olivier Faure, c'est ce que ne veut absolument pas Raphaël Guzman.
02:16Donc, il y a des divisions entre eux qui compliquent les choses.
02:19Et puis, c'est ce que j'appelle l'imam caché, c'est-à-dire que le vainqueur, il va
02:23devoir affronter très vraisemblablement de cette primaire,
02:26il va affronter qui ? François Hollande, ancien président de la République, François Hollande,
02:30qui, lui, veut unir, qui est malin, qui est un homme madré, rusé,
02:35et qui sait très bien comment s'y prendre pour essayer de remporter les suffrages de ceux qui, à gauche,
02:42ne veulent pas voter pour Jean-Luc Mélenchon.
02:44C'est vous dire qu'il va rentrer probablement en campagne au mois de décembre,
02:48il va faire concurrence au vainqueur de la primaire.
02:50Le vainqueur de la primaire aura certes la légitimité du vote qui se produit actuellement,
02:55mais ce n'est pas pour ça qu'il sera plus fort et François Hollande sera un obstacle redoutable.