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  • il y a 28 minutes
Alors que les mobilisations se poursuivent en France, les tribunaux voient défiler les dossiers de manifestants interpellés ces derniers jours. Au tribunal judiciaire de Paris, plusieurs jeunes comparaissaient en comparution immédiate.

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Transcription
00:00Je dirais que dans cette affaire, il n'y a pas non plus de violence de la police.
00:03Ce n'est pas ça le sujet de cas qui nous concerne aujourd'hui.
00:08Jeudi soir, moi je suis amené à faire une visite au commissariat pour rencontrer les gardés à vue.
00:15Et ce que je vois, ce sont des gamins, des gamines qui sont apeurés, qui pleuraient, qui étaient inquiets.
00:23Amjad, lui on va le dire, il était beaucoup plus relax dans la cellule.
00:27Mais néanmoins, je dis à l'officier de police, puisque je l'avais déjà croisé lors d'une assemblée générale,
00:33et j'avais vu qu'il jouait plutôt le rôle de calmer que d'exciter, d'inviter à ne pas
00:42avoir de violence, à ne pas utiliser de mortier.
00:45Et je dis à l'officier de police judiciaire, franchement, Amjad, normalement, il devrait être l'un de vos interlocuteurs
00:50pour aider à apaiser,
00:52plutôt que de le mettre en cellule pour énerver.
00:58Et de fait, le lendemain, il y a eu un blocage devant le lycée Michelis qui n'était pas prévu.
01:04Le lendemain, il est déféré au parquet, et bientôt, il y aura un procès pour t'intimider.
01:13Je dis que dans le cas qu'on a là, on a une violence, qui est une violence politique et
01:19qui est une violence judiciaire.
01:21C'est un choix du gouvernement de ne pas apporter de réponse politique, mais d'apporter une réponse policière, une
01:26réponse judiciaire,
01:29et avec un gâchis aussi de l'autre côté. Parce que quand je passe, on regarde à vue, et que
01:35les agents me disent que ce qu'il y a d'autre,
01:38c'est des violences conjugales, je leur dis, ben voilà, ça c'est votre boulot.
01:41Mais ramasser des gamins, ça c'est pas votre travail.
01:45Et il faut voir l'immense gâchis, les heures qui sont passées, les journées d'officiers de police,
01:52de juges pour traiter ces dossiers, plutôt que les dizaines de milliers de cas de viol et d'inceste
01:59qui ne sont pas poursuivis aujourd'hui, qui font pas l'objet d'investigations.
02:03Donc quel est le rôle de la police, quel est le rôle de la justice, quelle est sa priorité aujourd
02:08'hui ?
02:09Et ce qu'on observe aujourd'hui à Amiens est vrai pour tout le pays, puisqu'on en est à
02:13près de 8 000 gardes à vue.
02:14C'est-à-dire qu'en 15 jours d'un mouvement lycéen, on a autant de gardes à vue qu
02:19'en un an de mouvement gilet jaune.
02:22Gilet jaune qui avait connu la même histoire, c'est-à-dire que faute d'une réponse politique,
02:26il y avait eu une réponse policière, et avec à l'arrivée des mains arrachées, des yeux crevés et des
02:32vies brisées.
02:33Nous, on est là pour demander que ça, ça n'advienne pas.
02:36Je reviens aux revendications des lycéens.
02:39À l'Assemblée générale à Amiens à laquelle j'ai assisté, le mot qui est le plus revenu, c'est
02:43moisissure.
02:45Moisissure dans les salles de classe, moisissure dans les douches, dans les internats, c'est le mot moisissure, c'était
02:50sur le bâti.
02:51Et avec, évidemment, le fait qu'il y ait trop d'élèves par classe, 36 élèves par classe, et parcours
02:57sup, qui brisent, disent-ils, notre avenir.
03:00Je vous livre une autre anecdote. Pendant mon passage à la garde à vue, un policier me dit, bon ben,
03:07monsieur Ruffin, je voudrais vous voir pour des raisons personnelles.
03:10Ma fille a été refusée deux fois de parcours sup.
03:12On a fait un appel devant la commission. On n'a pas eu de réponse. Est-ce qu'on pourrait
03:19au moins comprendre pourquoi ?
03:20Ce qui prouve que la question de parcours sup, c'est un sujet pour les jeunes qui sont mobilisés, mais
03:27pour des millions de familles aujourd'hui dans notre pays.
03:30Nous, ce qu'on demande, c'est une réponse politique. Nous disons, abandon des poursuites, abandon de parcours sup, et
03:39abandon d'un budget qui prévoit de supprimer encore 1588 postes d'enseignants.
03:45Dire enfin que chaque génération a son mouvement lycéen, étudiant, et ça appartient à notre pays, ça appartient à la
03:54démocratie, et il me semble que nous sommes ici aussi pour protéger ça.

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