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  • il y a 22 heures
Deuxième partie de notre entretien avec Eric Bocquet, sénateur communiste du Nord, rapporteur d'une commission d'enquête sur l'évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales.

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Transcription
00:00Qu'est-ce que le rapport préconise ?
00:31Alors, très honnêtement, depuis que ce rapport a été adopté, il y a très peu de choses qui ont été
00:36prises en compte par le gouvernement, il faut le dire tranquillement, je le dis sans polémique, mais c'est infaite.
00:40J'avais d'ailleurs interrogé en septembre dernier le gouvernement sur le sujet pour qu'il nous fasse état de
00:45ses intentions en matière de lutte contre les raisons fiscales, à court terme et à moyen terme, et il se
00:49trouve, le hasard est donc, que c'est M. Cahuzac qui m'a répondu à l'époque.
00:53La question s'adressait à M. Moscovici, mais ce jour-là, il était absent. Voilà. Ça, c'est pour l
00:56'anecdote. C'est très anecdotique. Ce n'est pas fondamental. Mais réponse un peu évasive, quoi, et qui n'était
01:03pas à la hauteur de ce que nous avions observé, des chiffres qu'on avait dégagés.
01:07Je disais, 40-50 milliards pour la France. Au niveau de l'Union Européenne, c'est 1 000 milliards d
01:11'euros, les raisons fiscales. Parce que tous les pays de l'Europe sont concernés.
01:15Je dis ça parce que parfois on dit, si la France a des évaliers fiscaux, c'est parce qu'elle
01:19a une fiscalité excessive. Matraquage fiscal, fiscalité confiscatoire, enfin ce genre de discours qu'on entend.
01:26Il y a une vraie bataille idéologique contre l'impôt. Mais l'impôt, dès lors qu'il est équitablement réparti,
01:32et que personne n'y échappe, c'est le moyen pour la République de construire un monde
01:36moins sauvage, quoi. C'est ça l'impôt. C'est ça le sens de l'impôt. Donc il faut que
01:41ceux qui gagnent le plus payent le plus. Et ceux qui gagnent le moins payent le moins.
01:44Or, ce n'est pas ça qui se passe. On est tout à fait dans une situation inverse. Donc il
01:47y a un gros chantier en face de nous. Donc pour l'instant, en gros, tout reste à faire.
01:52On a 61 propositions. Alors, je ne vais pas les citer toutes. Je vais en citer trois. La première proposition
01:57aurait constitué la création d'un haut commissariat à la défense des intérêts financiers publics.
02:03Et l'actualité, j'ai l'impression qu'elle valide singulièrement cette proposition, parce que nos services à Bercy ont
02:10été un peu défaillants, sur le cas du ministre du Budget, quand même,
02:13puisqu'on s'était anquis auprès de la Suisse de la situation. Et à l'évidence, on n'a pas
02:17eu la réponse qu'il fallait. Donc l'idée, c'était d'avoir un organe permanent
02:23de suivi de la défense des intérêts financiers publics. Deuxième aspect, on pourrait imaginer qu'on crée en Europe un
02:30fichier des comptes bancaires.
02:31Il en existait un en France. Ça s'appelle le FICOBA. Voilà. On pourrait imaginer de créer un fichier des
02:36comptes bancaires au sein de l'Europe.
02:38Ça ne pose, à mon avis, techniquement aucun problème. Quand on connaît le poids des banques, en Europe et en
02:44France, en France, d'ailleurs, on est très bien placés
02:46de ce point de vue, on a... 4 de nos banques sont des banques dites systémiques, c'est-à-dire
02:50des banques dont la faillite provoquerait un séisme
02:53dans le système financier mondial. Donc on n'a pas des petites banques. Le bilan cumulé de toutes les banques
02:59françaises, c'est 4 ou 5 fois le PIB de la France.
03:02Donc on est quand même sur des échelles très importantes. Voilà. Troisième idée, il faut travailler au niveau de l
03:06'Europe, bien évidemment.
03:07La France, peut-être on peut faire de l'anse de la lutte contre l'évasion fiscale, résolument. Pas seule,
03:13mais résolument.
03:14Et au sein de l'Union Européenne, il y a de vrais problèmes qui se posent. On a des paradis
03:17fiscaux au sein de l'Union Européenne.
03:19Des pays comme le Luxembourg et l'Autriche, qui ont des fiscalités très intéressantes pour les gros patrimoines et les
03:24multinationales,
03:25se refusent aujourd'hui à tout avancer en matière de transparence et d'automaticité dans les transmissions d'informations
03:32entre pays membres de l'Union. Voilà. On ne peut pas accepter que l'Union Européenne soit à la merci
03:38de deux pays
03:39qui refusent tout avancer parce que là aussi, il faudrait changer les règles au sein de l'Union Européenne.
03:43Parce qu'en matière de fiscalité, il faut l'unanimité des 27 membres pour qu'une décision soit prise et
03:48donc s'applique.
03:49Donc on en est très loin aujourd'hui. Voilà. Trois axes d'action qui peuvent s'engager très fortement.
03:55avec beaucoup de volonté et pas seulement dans les discours, parce que je me souviens Nicolas Sarkozy en 2009,
04:00il avait décrété la fin des paradis fiscaux. Quand on voit le bilan aujourd'hui, ça ne fait que croître
04:04et embellir.
04:05Et donc tout le travail reste à faire. Donc voilà. Voilà trois idées soumises au débat, qu'on va porter
04:09ici dans les débats,
04:11qu'on va soumettre au gouvernement, puisqu'il y aura une rencontre cette semaine.
04:14Jean-Marc Ayrault va recevoir les présents des groupes. Voilà. Et nous porterons entre autres ces propositions.

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