Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
L' intersyndicale d'Air France appelait ce mercredi 2 décembre à un rassemblement devant le tribunal de Bobigny pour soutenir les cinq salariés poursuivis et accusés de "violence en réunion". De nombreuses personnalités politique et syndicale présentes ont souhaité s'exprimer au micro de L' Humanité.fr.

Réalisation : Eugénie Barbezat et Franck Cartelet

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:05N'importe quel salarié aurait pu se retrouver sur le banc des accusés comme ils le sont aujourd'hui.
00:09Et il est bien là le problème.
00:12Aujourd'hui ils sont dégoûtés, ils sont écoeurés parce que la direction n'a pas du tout pris en compte
00:15les arguments qui avaient été donnés.
00:18La direction veut faire des exemples.
00:20La direction elle a les boules du fait que les images ont fait effet le tour du monde.
00:24Pour autant la direction ne se pose pas la question, le 5 octobre, pourquoi autant de salariés étaient si en
00:30colère que ça ?
00:31C'est bien qu'on a un problème depuis des années qui est là et qui perdure.
00:35Et on a une direction autiste qui continue à dire qu'il y a un dialogue social de qualité au
00:41niveau des R-France.
00:41Qui a été poussé par l'entreprise et par la direction générale depuis des mois et des mois.
00:45Essayé de montrer tous les corps de métier les uns contre les autres.
00:47Ils ont toujours fait ça pour essayer d'obtenir en disant regarde toi machin on lui a piqué 10%
00:51toi on peut t'en piquer 15.
00:53L'entreprise a toujours fait ça de monter tous les salariés les uns contre les autres.
00:56Et on essaye de montrer que ça ne marchera pas.
00:59L'extraordinaire dans toute cette affaire c'est qu'on ne parle plus des licenciements.
01:04Ou a priori on veut le masquer.
01:06Moi je suis effaré d'avoir entendu les premières déclarations qui se sont d'abord offusquées d'un chamaillage dans
01:13une séance de comité central d'entreprise.
01:15Ce qui peut se produire toutes les semaines dans bien des pays, dans bien des contrées de notre pays.
01:21Le malheur c'est que là certaines images ont fait le tour du monde.
01:24Et ce qui a motivé le gouvernement c'est non pas les 3000 licenciements qu'il aurait pu commenter immédiatement.
01:31Mais au contraire cette image négative à ses yeux pour la situation française.
01:36C'est dire qu'on fait peu de cas des salariés concernés.
01:39Et qu'on attache beaucoup d'importance à des aspects tout à fait secondaires dans le combat syndical.
01:44Et je trouve que cette décision est insupportable, inacceptable à un moment où justement on est en train de pétiner
01:50les droits des salariés.
01:51Donc voilà une présence d'élus locales, de maires et qui est très soucieux justement de cette situation.
01:57Et il y a des salariés qui sont concernés dans ma ville, d'Air France mais aussi d'autres salariés.
02:01Parce qu'on parle d'Air France mais malheureusement on est face à un mouvement qui a tendance à se
02:05répéter dans beaucoup d'entreprises.
02:07Donc voilà, c'est vraiment le soutien total, absolu des salariés, de celles et ceux qui vont être sanctionnés de
02:13manière complètement injuste.
02:15Cette traduction des salariés devant le tribunal s'inscrit dans un climat qui est un climat détestable de mise en
02:22cause des libertés syndicales, de criminalisation de l'activité syndicale.
02:26Et il faut être extrêmement vigilant dans la période actuelle.
02:30Et on sait que le gouvernement avec l'aide du patronat ont l'objectif de remettre en cause et de
02:35continuer à détricoter et à casser le code du travail.
02:38Donc tout ça évidemment s'inscrit dans un mouvement qui est inquiétant.
02:42C'est aussi pour ça que c'est important d'être là.
02:44D'abord évidemment pour permettre à ces salariés d'échapper aux poursuites qui sont prises contre eux.
02:53mais aussi au-delà pour défendre le droit du monde salarié à faire valoir son avenir, son droit à l
03:00'emploi, ses droits syndicaux, ses libertés.
03:02Qui c'est les voyous ? Ce n'est pas ces cinq-là.
03:04Les voyous c'est la direction d'Air France qui a un plan de licenciement unique alors qu'elle fait
03:10des bénéfices records cette année.
03:12Elle maintient ses licenciements, elle refuse de rediscuter, etc.
03:16Donc le comportement de voyous il est de ce côté-là.
03:18Quelle est la responsabilité du gouvernement, enfin de l'État qui est actionnaire d'Air France ?
03:22D'abord de laisser faire, tout simplement.
03:24Et ça c'est quand même une faute majeure, laisser faire ces licenciements.
03:29Et puis d'avoir accompagné la hargne de la direction avec un Premier ministre qui a traité de voyous ces
03:35hommes qui se battaient pour leur emploi.
03:37Donc j'ai envie de dire laisser faire et accompagner, y compris la répression syndicale.
03:42Donc il serait temps que le gouvernement soit, je dirais, change de cap par rapport à ça.

Recommandations