00:05N'importe quel salarié aurait pu se retrouver sur le banc des accusés comme ils le sont aujourd'hui.
00:09Et il est bien là le problème.
00:12Aujourd'hui ils sont dégoûtés, ils sont écoeurés parce que la direction n'a pas du tout pris en compte
00:15les arguments qui avaient été donnés.
00:18La direction veut faire des exemples.
00:20La direction elle a les boules du fait que les images ont fait effet le tour du monde.
00:24Pour autant la direction ne se pose pas la question, le 5 octobre, pourquoi autant de salariés étaient si en
00:30colère que ça ?
00:31C'est bien qu'on a un problème depuis des années qui est là et qui perdure.
00:35Et on a une direction autiste qui continue à dire qu'il y a un dialogue social de qualité au
00:41niveau des R-France.
00:41Qui a été poussé par l'entreprise et par la direction générale depuis des mois et des mois.
00:45Essayé de montrer tous les corps de métier les uns contre les autres.
00:47Ils ont toujours fait ça pour essayer d'obtenir en disant regarde toi machin on lui a piqué 10%
00:51toi on peut t'en piquer 15.
00:53L'entreprise a toujours fait ça de monter tous les salariés les uns contre les autres.
00:56Et on essaye de montrer que ça ne marchera pas.
00:59L'extraordinaire dans toute cette affaire c'est qu'on ne parle plus des licenciements.
01:04Ou a priori on veut le masquer.
01:06Moi je suis effaré d'avoir entendu les premières déclarations qui se sont d'abord offusquées d'un chamaillage dans
01:13une séance de comité central d'entreprise.
01:15Ce qui peut se produire toutes les semaines dans bien des pays, dans bien des contrées de notre pays.
01:21Le malheur c'est que là certaines images ont fait le tour du monde.
01:24Et ce qui a motivé le gouvernement c'est non pas les 3000 licenciements qu'il aurait pu commenter immédiatement.
01:31Mais au contraire cette image négative à ses yeux pour la situation française.
01:36C'est dire qu'on fait peu de cas des salariés concernés.
01:39Et qu'on attache beaucoup d'importance à des aspects tout à fait secondaires dans le combat syndical.
01:44Et je trouve que cette décision est insupportable, inacceptable à un moment où justement on est en train de pétiner
01:50les droits des salariés.
01:51Donc voilà une présence d'élus locales, de maires et qui est très soucieux justement de cette situation.
01:57Et il y a des salariés qui sont concernés dans ma ville, d'Air France mais aussi d'autres salariés.
02:01Parce qu'on parle d'Air France mais malheureusement on est face à un mouvement qui a tendance à se
02:05répéter dans beaucoup d'entreprises.
02:07Donc voilà, c'est vraiment le soutien total, absolu des salariés, de celles et ceux qui vont être sanctionnés de
02:13manière complètement injuste.
02:15Cette traduction des salariés devant le tribunal s'inscrit dans un climat qui est un climat détestable de mise en
02:22cause des libertés syndicales, de criminalisation de l'activité syndicale.
02:26Et il faut être extrêmement vigilant dans la période actuelle.
02:30Et on sait que le gouvernement avec l'aide du patronat ont l'objectif de remettre en cause et de
02:35continuer à détricoter et à casser le code du travail.
02:38Donc tout ça évidemment s'inscrit dans un mouvement qui est inquiétant.
02:42C'est aussi pour ça que c'est important d'être là.
02:44D'abord évidemment pour permettre à ces salariés d'échapper aux poursuites qui sont prises contre eux.
02:53mais aussi au-delà pour défendre le droit du monde salarié à faire valoir son avenir, son droit à l
03:00'emploi, ses droits syndicaux, ses libertés.
03:02Qui c'est les voyous ? Ce n'est pas ces cinq-là.
03:04Les voyous c'est la direction d'Air France qui a un plan de licenciement unique alors qu'elle fait
03:10des bénéfices records cette année.
03:12Elle maintient ses licenciements, elle refuse de rediscuter, etc.
03:16Donc le comportement de voyous il est de ce côté-là.
03:18Quelle est la responsabilité du gouvernement, enfin de l'État qui est actionnaire d'Air France ?
03:22D'abord de laisser faire, tout simplement.
03:24Et ça c'est quand même une faute majeure, laisser faire ces licenciements.
03:29Et puis d'avoir accompagné la hargne de la direction avec un Premier ministre qui a traité de voyous ces
03:35hommes qui se battaient pour leur emploi.
03:37Donc j'ai envie de dire laisser faire et accompagner, y compris la répression syndicale.
03:42Donc il serait temps que le gouvernement soit, je dirais, change de cap par rapport à ça.