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  • il y a 13 heures
Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées ce mardi aux abords du tribunal de Bobigny où reprenait le procès des quinze salariés d'Air France poursuivis pour violences et dégradations aggravées dans l'affaire dite "des chemises arrachées" lors d’un comité central d'entreprise le 5 octobre 2015.
La CGT, dont 5 adhérents ont été licenciés par la compagnie à la suite des événements appelait à faire de cette journée en tribune pour les libertés syndicales.

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00:02Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées ce mardi aux abords du tribunal de Bobigny
00:07où reprenaient le procès des 16 salariés d'Air France poursuivis pour violences et dégradations aggravées
00:13dans l'affaire dite des chemises arrachées lors d'un comité central d'entreprise le 5 octobre 2015.
00:20Les salariés d'Air France ont été traumatisés par un plan de restructuration qui leur a été annoncé.
00:24On sortait de Transform 2015, on a eu Perform 2020, on a eu 15 000 suppressions d'emplois en l
00:29'espace de 6 ans à peine.
00:31Et puis derrière on a une criminalisation.
00:33Donc effectivement le climat à Air France est un climat d'attente par rapport à ce qui va nous arriver
00:39dans un avenir proche au niveau des conditions de travail et de potentielle restructuration.
00:43Mais aussi personne ne s'exprime réellement parce qu'il y a une peur latente dans l'entreprise.
00:48Aujourd'hui Air France on pourrait le décliner avec les Goodyear puisque c'est dans l'actualité.
00:52Mais également des centaines de salariés dont on ne voit pas le nom apparaître dans les médias mainstream
00:57et qui souffrent aussi de cette répression et qui sont traînés aussi au tribunal, voire au pénal.
01:01Et qui sont aussi licenciés quoi.
01:03Nous subissons un certain nombre d'agressions de la part de notre direction depuis un certain nombre d'années maintenant.
01:10Depuis 4 ans à peu près.
01:13Et ça aboutit à la situation que vous avez connu, qu'on a tous connu donc le 5 octobre.
01:18Pour nous c'est totalement injuste quoi.
01:20Parce que quand les gens, quand le peuple se rebelle, c'est qu'il y a une raison.
01:26Il n'y a pas de fumée sans feu.
01:27La CGT dont 5 adhérents ont été licenciés par la compagnie à la suite des événements,
01:32appelait à faire de cette journée une tribune pour les libertés syndicales.
01:37Tous les militants que je croise ici, j'étais tout à l'heure à Alstom, me disent
01:40« Philippe, tiens, on a un copain qui passe au tribunal, tiens, il y a machin, il a été accusé
01:44de... »
01:45Voilà, il y a l'histoire des deux carreaux-haves.
01:47Moi je me base sur des faits et les faits sont très clairs.
01:51Il y a une augmentation de la criminalisation de l'action syndicale.
01:54Et ça fait partie de cette ambiance qu'on entend chez un certain nombre de,
01:59je ne sais pas comment les appeler, de candidats à la candidature, on va dire ça comme ça,
02:02qui remettent en cause les syndicats, qui aimeraient bien se passer des syndicats.
02:07On est dans une ambiance malsaine de ce point de vue-là.
02:10Tout le monde a le mot dialogue social à la bouche, mais ils veulent dialoguer tout seuls,
02:13en tout cas ils veulent faire les lois tout seuls.
02:15Et c'est très malsain dans cette ambiance de primaire aux élections présidentielles.
02:21Arrêté et molesté lors d'une manifestation contre la loi travail en avril dernier,
02:25le sociologue Nicolas Jounin passe en procès la semaine prochaine.
02:29Il nous livre son analyse de cette expérience.
02:31Je suis venu un peu comme usager de la répression et de la violence policière
02:35pendant le mouvement contre la loi travail.
02:36En l'occurrence c'était une manifestation à Gennevilliers et Saint-Denis le 28 avril,
02:42juste avant la manifestation de l'après-midi à Paris,
02:45où on a été bloqués par les policiers.
02:48Moi j'ai été battu, enfin mis à terre et battu,
02:51et après on m'a accusé de violence sur policiers.
02:53Il y a vraiment un tunnel de répression qui part de la police et qui arrive au tribunal.
02:57L'objectif, il y a des permanences au niveau des tribunaux, pendant les manifs,
03:00pour faire en sorte que le maximum de manifestants soient non seulement interpellés,
03:05sortis de la manif, mais aussi poursuivis.
03:07Donc il y a vraiment ce tunnel police-justice pour réprimer les manifestations.
03:13Donc il y a pour objectif évident d'intimider, de dissuader.
03:17Je pense que ça explique le fait qu'on n'ait peut-être pas suffisamment atteint
03:21le nombre qu'on espérait dans les manifestations.
03:23Je connais plein de gens qui avaient tout simplement peur.
03:25Et avec ce qui m'est arrivé, je ne pouvais pas forcément leur donner tort.
03:27La responsabilité de la CGT est mise en cause par des responsables politiques.
03:33François Hollande a menacé d'interdire les manifestations si les violences persistent.
03:38C'est parti !
03:39C'est parti !

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