00:02Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées ce mardi aux abords du tribunal de Bobigny
00:07où reprenaient le procès des 16 salariés d'Air France poursuivis pour violences et dégradations aggravées
00:13dans l'affaire dite des chemises arrachées lors d'un comité central d'entreprise le 5 octobre 2015.
00:20Les salariés d'Air France ont été traumatisés par un plan de restructuration qui leur a été annoncé.
00:24On sortait de Transform 2015, on a eu Perform 2020, on a eu 15 000 suppressions d'emplois en l
00:29'espace de 6 ans à peine.
00:31Et puis derrière on a une criminalisation.
00:33Donc effectivement le climat à Air France est un climat d'attente par rapport à ce qui va nous arriver
00:39dans un avenir proche au niveau des conditions de travail et de potentielle restructuration.
00:43Mais aussi personne ne s'exprime réellement parce qu'il y a une peur latente dans l'entreprise.
00:48Aujourd'hui Air France on pourrait le décliner avec les Goodyear puisque c'est dans l'actualité.
00:52Mais également des centaines de salariés dont on ne voit pas le nom apparaître dans les médias mainstream
00:57et qui souffrent aussi de cette répression et qui sont traînés aussi au tribunal, voire au pénal.
01:01Et qui sont aussi licenciés quoi.
01:03Nous subissons un certain nombre d'agressions de la part de notre direction depuis un certain nombre d'années maintenant.
01:10Depuis 4 ans à peu près.
01:13Et ça aboutit à la situation que vous avez connu, qu'on a tous connu donc le 5 octobre.
01:18Pour nous c'est totalement injuste quoi.
01:20Parce que quand les gens, quand le peuple se rebelle, c'est qu'il y a une raison.
01:26Il n'y a pas de fumée sans feu.
01:27La CGT dont 5 adhérents ont été licenciés par la compagnie à la suite des événements,
01:32appelait à faire de cette journée une tribune pour les libertés syndicales.
01:37Tous les militants que je croise ici, j'étais tout à l'heure à Alstom, me disent
01:40« Philippe, tiens, on a un copain qui passe au tribunal, tiens, il y a machin, il a été accusé
01:44de... »
01:45Voilà, il y a l'histoire des deux carreaux-haves.
01:47Moi je me base sur des faits et les faits sont très clairs.
01:51Il y a une augmentation de la criminalisation de l'action syndicale.
01:54Et ça fait partie de cette ambiance qu'on entend chez un certain nombre de,
01:59je ne sais pas comment les appeler, de candidats à la candidature, on va dire ça comme ça,
02:02qui remettent en cause les syndicats, qui aimeraient bien se passer des syndicats.
02:07On est dans une ambiance malsaine de ce point de vue-là.
02:10Tout le monde a le mot dialogue social à la bouche, mais ils veulent dialoguer tout seuls,
02:13en tout cas ils veulent faire les lois tout seuls.
02:15Et c'est très malsain dans cette ambiance de primaire aux élections présidentielles.
02:21Arrêté et molesté lors d'une manifestation contre la loi travail en avril dernier,
02:25le sociologue Nicolas Jounin passe en procès la semaine prochaine.
02:29Il nous livre son analyse de cette expérience.
02:31Je suis venu un peu comme usager de la répression et de la violence policière
02:35pendant le mouvement contre la loi travail.
02:36En l'occurrence c'était une manifestation à Gennevilliers et Saint-Denis le 28 avril,
02:42juste avant la manifestation de l'après-midi à Paris,
02:45où on a été bloqués par les policiers.
02:48Moi j'ai été battu, enfin mis à terre et battu,
02:51et après on m'a accusé de violence sur policiers.
02:53Il y a vraiment un tunnel de répression qui part de la police et qui arrive au tribunal.
02:57L'objectif, il y a des permanences au niveau des tribunaux, pendant les manifs,
03:00pour faire en sorte que le maximum de manifestants soient non seulement interpellés,
03:05sortis de la manif, mais aussi poursuivis.
03:07Donc il y a vraiment ce tunnel police-justice pour réprimer les manifestations.
03:13Donc il y a pour objectif évident d'intimider, de dissuader.
03:17Je pense que ça explique le fait qu'on n'ait peut-être pas suffisamment atteint
03:21le nombre qu'on espérait dans les manifestations.
03:23Je connais plein de gens qui avaient tout simplement peur.
03:25Et avec ce qui m'est arrivé, je ne pouvais pas forcément leur donner tort.
03:27La responsabilité de la CGT est mise en cause par des responsables politiques.
03:33François Hollande a menacé d'interdire les manifestations si les violences persistent.
03:38C'est parti !
03:39C'est parti !