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  • il y a 21 heures
La CGT appelait les salariés du groupe SFR à cesser le travail et à se rassembler partout en France ce mardi 6 septembre afin de protester contre les suppressions d’emplois et les fermetures de boutiques annoncées cet été. En cause également la dégradation des conditions de travail dans une entreprise dont la direction n'a d'autre objectif que la rentabilité financière à tous crins, au mépris des employés et des clients. Reportage devant le siège de du groupe, à La plaine saint Denis.

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Transcription
00:08On a perdu 1000 emplois en l'espace de deux ans.
00:11C'est-à-dire 1000 personnes qui sont parties volontairement en dehors de tout PDV ou PSE.
00:15Si ces personnes sont parties, c'est bien parce qu'il y avait un problème.
00:18Le problème, il est de deux ordres.
00:20Soit il y avait un problème au niveau de l'entreprise, pas de perte équipe.
00:23On ne sait pas où va l'entreprise, on n'a pas d'avenir dans cette entreprise.
00:26Soit, deuxième problème, c'est que dans leur travail, ça ne va pas.
00:31En attendant, on a perdu 1000 personnes.
00:33Et ces 1000 personnes, évidemment, leur poste n'a pas été...
00:36Ils n'ont pas recruté derrière pour remplacer ces personnes.
00:39Donc en fait, on parle de départ volontaire dans le cadre d'un plan,
00:41mais il y a aussi beaucoup de démissions forcées, si je vous entends bien.
00:44Forcées.
00:47Les personnes, en tout cas, se sentent forcées de partir.
00:49Alors l'enjeu de la mobilisation aujourd'hui, c'est dans un premier temps
00:52de dénoncer les suppressions d'emplois qui ont été annoncées cet été
00:55et de dénoncer également la dégradation des conditions de travail qui vont aller avec.
01:01Puisque l'entreprise, aujourd'hui, annonce qu'elle va supprimer les emplois
01:04alors qu'il n'y a absolument aucune raison de le faire.
01:06Vous parlez de conditions de travail.
01:07On entend dire qu'elles ont déjà commencé à se dégrader.
01:10Dans quelle mesure ? Et concrètement, ça signifie quoi ?
01:13Alors effectivement, les conditions de travail se sont déjà dégradées
01:15depuis le rachat par Numéricable.
01:17Concrètement, ça veut dire plus de pression, ça veut dire qu'on a des objectifs
01:21qui sont de moins en moins atteignables, qu'on a au final des temps de plus en plus courts
01:27pour faire le travail, ce qui nous empêche de le faire, de rendre un travail de bonne qualité
01:33au final et avec du coup un mal-être et une perte de sens pour le travail au quotidien
01:40de l'ensemble des salariés de l'entreprise.
01:41Quel rapport entre ce qui se passe aujourd'hui chez SFR et la loi travail El Khomri ?
01:46Alors le rapport entre ce qui se passe aujourd'hui chez SFR et la loi travail,
01:48c'est qu'au final, on se retrouve chez SFR avec un accord offensif un petit peu avant l'heure
01:54puisqu'on a une entreprise qui ne perd pas d'argent mais qui, pour en gagner un peu plus,
01:58va supprimer des emplois.
02:00Et au final, l'entreprise veut gagner un peu plus d'argent.
02:02Pourquoi ? Principalement pour rembourser de la dette et pour alimenter une bulle spéculative.
02:07Au final, il faut savoir que pour SFR, c'est déjà 750 millions d'euros par an d'intérêts bancaires
02:13qui sont versés chaque année aux banques.
02:15Et alors, qu'est-ce que vous pouvez me dire de la stratégie financière de Patrick Drahi
02:19dont on sait qu'il est particulièrement offensif ?
02:21Alors, c'est effectivement ce qu'on appelle un « cost killer », c'est-à-dire que c'est
02:24quelqu'un
02:25qui cherche à réduire les coûts partout où c'est possible, en tout cas partout où lui juge possible.
02:30Donc, ça passe par là, les suppressions d'emplois, mais on a déjà eu énormément de suppressions d'emplois
02:35chez les sous-traitants puisque tous les contrats ont été revus à la baisse
02:37avec le fameux « moins 30% » dont on a beaucoup parlé l'année dernière.
02:42Et au final, on se rend compte que dans toutes les phases de l'entreprise,
02:47c'est-à-dire qu'on a cette volonté de contrôle absolu de toutes les dépenses.
02:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui, même un salarié qui a besoin d'un stylo doit faire des demandes
02:57si jamais il n'y a pas un stylo en réserve.
03:00Voilà, il doit faire des demandes qui doivent être validées par plusieurs personnes pour acheter un stylo.
03:03Le sens de notre présence, et beaucoup d'élus avec moi,
03:07c'est d'apporter le soutien d'une municipalité comme Saint-Denis aux salariés qui sont en lutte.
03:12C'est aussi de peser du poids d'une collectivité locale auprès de la direction de SFR
03:18pour qu'elle rende des comptes aux salariés qui tiennent les promesses
03:22qu'elle a prises devant le gouvernement de ne pas toucher aux effectifs avant juillet 2017
03:26et de présenter au gouvernement un plan de développement et un vrai projet industriel.
03:31Or, aujourd'hui, c'est 5 000 suppressions de postes adossées à aucun projet industriel,
03:36à aucune stratégie de développement,
03:39si ce n'est que de rembourser par anticipation un actionnariat
03:42qui a de plus en plus d'appétit sur sa rémunération.
03:47Nous accompagnons cette présence et ce soutien aux salariés de SFR
03:52d'une autre exigence qui est adressée au préfet du département,
03:58à savoir la création d'un observatoire en Seine-Saint-Denis
04:02de l'utilisation du CICE,
04:05puisque aujourd'hui, sur une entreprise comme SFR,
04:08nous ne savons pas, et les salariés et les représentants du personnel,
04:11ni la municipalité n'arrivent à avoir le chiffre exact d'argent public
04:16versé via le CICE à SFR,
04:19mais il en est de même sur les autres entreprises du département.
04:22Et donc, au moment où le chômage augmente,
04:25au moment où les plans sociaux se multiplient,
04:29obtenir de manière transparente
04:32l'affectation des fonds publics à travers le CICE
04:35est une demande légitime.
04:37Et donc, nous demandons au préfet de la Seine-Saint-Denis
04:39de mettre le plus rapidement possible en place cet observatoire
04:42et s'agissant des SFR,
04:43d'avoir exactement les chiffres de cadeaux
04:46qui ont été faits à cette entreprise
04:49et qui aujourd'hui se traduisent
04:50par une rémunération du capital au top
04:53et par contre un plan social qui, lui, est aussi maximum.

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