00:08On a perdu 1000 emplois en l'espace de deux ans.
00:11C'est-à-dire 1000 personnes qui sont parties volontairement en dehors de tout PDV ou PSE.
00:15Si ces personnes sont parties, c'est bien parce qu'il y avait un problème.
00:18Le problème, il est de deux ordres.
00:20Soit il y avait un problème au niveau de l'entreprise, pas de perte équipe.
00:23On ne sait pas où va l'entreprise, on n'a pas d'avenir dans cette entreprise.
00:26Soit, deuxième problème, c'est que dans leur travail, ça ne va pas.
00:31En attendant, on a perdu 1000 personnes.
00:33Et ces 1000 personnes, évidemment, leur poste n'a pas été...
00:36Ils n'ont pas recruté derrière pour remplacer ces personnes.
00:39Donc en fait, on parle de départ volontaire dans le cadre d'un plan,
00:41mais il y a aussi beaucoup de démissions forcées, si je vous entends bien.
00:44Forcées.
00:47Les personnes, en tout cas, se sentent forcées de partir.
00:49Alors l'enjeu de la mobilisation aujourd'hui, c'est dans un premier temps
00:52de dénoncer les suppressions d'emplois qui ont été annoncées cet été
00:55et de dénoncer également la dégradation des conditions de travail qui vont aller avec.
01:01Puisque l'entreprise, aujourd'hui, annonce qu'elle va supprimer les emplois
01:04alors qu'il n'y a absolument aucune raison de le faire.
01:06Vous parlez de conditions de travail.
01:07On entend dire qu'elles ont déjà commencé à se dégrader.
01:10Dans quelle mesure ? Et concrètement, ça signifie quoi ?
01:13Alors effectivement, les conditions de travail se sont déjà dégradées
01:15depuis le rachat par Numéricable.
01:17Concrètement, ça veut dire plus de pression, ça veut dire qu'on a des objectifs
01:21qui sont de moins en moins atteignables, qu'on a au final des temps de plus en plus courts
01:27pour faire le travail, ce qui nous empêche de le faire, de rendre un travail de bonne qualité
01:33au final et avec du coup un mal-être et une perte de sens pour le travail au quotidien
01:40de l'ensemble des salariés de l'entreprise.
01:41Quel rapport entre ce qui se passe aujourd'hui chez SFR et la loi travail El Khomri ?
01:46Alors le rapport entre ce qui se passe aujourd'hui chez SFR et la loi travail,
01:48c'est qu'au final, on se retrouve chez SFR avec un accord offensif un petit peu avant l'heure
01:54puisqu'on a une entreprise qui ne perd pas d'argent mais qui, pour en gagner un peu plus,
01:58va supprimer des emplois.
02:00Et au final, l'entreprise veut gagner un peu plus d'argent.
02:02Pourquoi ? Principalement pour rembourser de la dette et pour alimenter une bulle spéculative.
02:07Au final, il faut savoir que pour SFR, c'est déjà 750 millions d'euros par an d'intérêts bancaires
02:13qui sont versés chaque année aux banques.
02:15Et alors, qu'est-ce que vous pouvez me dire de la stratégie financière de Patrick Drahi
02:19dont on sait qu'il est particulièrement offensif ?
02:21Alors, c'est effectivement ce qu'on appelle un « cost killer », c'est-à-dire que c'est
02:24quelqu'un
02:25qui cherche à réduire les coûts partout où c'est possible, en tout cas partout où lui juge possible.
02:30Donc, ça passe par là, les suppressions d'emplois, mais on a déjà eu énormément de suppressions d'emplois
02:35chez les sous-traitants puisque tous les contrats ont été revus à la baisse
02:37avec le fameux « moins 30% » dont on a beaucoup parlé l'année dernière.
02:42Et au final, on se rend compte que dans toutes les phases de l'entreprise,
02:47c'est-à-dire qu'on a cette volonté de contrôle absolu de toutes les dépenses.
02:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui, même un salarié qui a besoin d'un stylo doit faire des demandes
02:57si jamais il n'y a pas un stylo en réserve.
03:00Voilà, il doit faire des demandes qui doivent être validées par plusieurs personnes pour acheter un stylo.
03:03Le sens de notre présence, et beaucoup d'élus avec moi,
03:07c'est d'apporter le soutien d'une municipalité comme Saint-Denis aux salariés qui sont en lutte.
03:12C'est aussi de peser du poids d'une collectivité locale auprès de la direction de SFR
03:18pour qu'elle rende des comptes aux salariés qui tiennent les promesses
03:22qu'elle a prises devant le gouvernement de ne pas toucher aux effectifs avant juillet 2017
03:26et de présenter au gouvernement un plan de développement et un vrai projet industriel.
03:31Or, aujourd'hui, c'est 5 000 suppressions de postes adossées à aucun projet industriel,
03:36à aucune stratégie de développement,
03:39si ce n'est que de rembourser par anticipation un actionnariat
03:42qui a de plus en plus d'appétit sur sa rémunération.
03:47Nous accompagnons cette présence et ce soutien aux salariés de SFR
03:52d'une autre exigence qui est adressée au préfet du département,
03:58à savoir la création d'un observatoire en Seine-Saint-Denis
04:02de l'utilisation du CICE,
04:05puisque aujourd'hui, sur une entreprise comme SFR,
04:08nous ne savons pas, et les salariés et les représentants du personnel,
04:11ni la municipalité n'arrivent à avoir le chiffre exact d'argent public
04:16versé via le CICE à SFR,
04:19mais il en est de même sur les autres entreprises du département.
04:22Et donc, au moment où le chômage augmente,
04:25au moment où les plans sociaux se multiplient,
04:29obtenir de manière transparente
04:32l'affectation des fonds publics à travers le CICE
04:35est une demande légitime.
04:37Et donc, nous demandons au préfet de la Seine-Saint-Denis
04:39de mettre le plus rapidement possible en place cet observatoire
04:42et s'agissant des SFR,
04:43d'avoir exactement les chiffres de cadeaux
04:46qui ont été faits à cette entreprise
04:49et qui aujourd'hui se traduisent
04:50par une rémunération du capital au top
04:53et par contre un plan social qui, lui, est aussi maximum.