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  • il y a 6 minutes
Les salariés de la branche française du voyagiste TUI ont manifesté mardi 7 juillet afin de protester contre le PSE, qui prévoit 583 licenciements.
Plus d’une centaine d’entre eux ont répondu présent à l’appel à manifester de l’intersyndicale, devant le siège à Levallois-Perret.
Alors que la filiale française de ce groupe allemand bénéficie du chômage partiel et prévoit de créer des postes au Maroc, les salariés, inquiets pour leur avenir, s’indignent.

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Transcription
00:00On a reçu un SMS pour nous demander de se mettre sur un lien Teams
00:04et là on a découvert l'avisage de notre PDG installé au Maroc
00:09pour nous annoncer qu'il nous y licenciait.
00:12On a appris aussi que toutes nos agences fermaient.
00:15On a appris que les trois quarts des salariés étaient licenciés du siège.
00:20C'est scandaleux, bonnement scandaleux.
00:29On est scandalisés sur la forme mais aussi sur le fond
00:32parce qu'il s'agit du cinquième plan social.
00:35Aujourd'hui, si on fait le décompte, on est près de 2000 salariés
00:40qui ont été licenciés depuis 2012.
00:42Dès le début de juin, toutes les agences qui n'auront pas retrouvé de repreneurs
00:47vont fermer purement et simplement.
00:49Et quand je parle d'agence, je peux parler des agences qui sont dans les centres commerciaux
00:52qui ne retrouveront jamais de repreneurs.
00:54Elles fermeront purement et simplement.
00:56Donc les premiers départs vont commencer en décembre.
00:59On va tous sauter les uns après les autres, moi y compris.
01:03Aucun poste ne sera sauvé.
01:05Aujourd'hui, on est en train de mourir mais on n'a pas envie de mourir en silence.
01:11On a donné pour beaucoup d'entre nous plus de 20 ans de notre vie dans cette société.
01:16On a tout donné.
01:17On a fait beaucoup d'efforts quand il fallait en faire.
01:19A chaque fois, on nous disait « vous n'aurez pas d'augmentation, cette année ça va être compliqué ».
01:27Et on a fait des sacrifices.
01:30On a avancé, on a donné tout ce qu'on pouvait.
01:32Et aujourd'hui, on veut nous virer et sans rien.
01:35Ce qu'on demande, c'est de la reconnaissance.
01:37Qui nous vire, mais qui nous vire qu'on puisse sortir de là la tête haute.
01:41Téhu m'a tué.
01:42Téhu m'a tué.
01:43Téhu m'a tué.
01:44Téhu nous a tués.
01:46La société n'était pas forcément en bonne santé.
01:48On aurait pu faire quelque chose.
01:50Et c'est surtout qu'après le Covid, on aurait pu aussi...
01:54Enfin, ce n'est pas la période la plus non plus propice, même s'il n'y a pas de
01:56période.
01:57Mais pour tous les salariés, c'est un vrai choc.
01:59Nous savons que le confinement a été difficile pour vous, dans vos familles.
02:05Et qu'il est extrêmement compliqué aujourd'hui avec le déconfinement.
02:10Mais nous nous pensons, avec Elsa et beaucoup d'élus communistes,
02:14que ce n'est pas aux salariés de venir payer la crise sanitaire avec une crise sociale.
02:21L'État et le gouvernement ont mis 485 milliards d'euros sur la table
02:24pour aider les entreprises et sauvegarder l'emploi.
02:28Et on voit, depuis le déconfinement, que partout dans le pays,
02:31dans tous les secteurs, se multiplient des plans sociaux.
02:34Les Nokia, les Sanofi, les Renault, les Air France,
02:36et maintenant Thuis France, c'est-à-dire le premier acteur du tourisme.
02:40Et ça, c'est inacceptable.
02:41On a appris la semaine dernière à Bercy qu'un milliard 8 de prêts garantis par l'État
02:46avaient été donnés à la maison mère en Allemagne,
02:48dont 100 millions d'euros juste pour Thuis France.
02:51Où est cet argent ? A quoi va-t-il servir ?
02:54Est-ce qu'il va servir à délocaliser des emplois au Maroc ?
02:57Est-ce qu'il va servir à financer le plan social aujourd'hui de 583 salariés ?
03:03Nous, nous disons que non.
03:04Si nous donnons de l'argent public, et il le faut pour soutenir l'emploi,
03:08alors il faut des contreparties en termes d'emplois, en termes environnementaux,
03:12et en tout cas interdire les licenciements boursiers.
03:17Dans la période, j'ai vu des situations où des entreprises en viennent à refuser des
03:21fonds publics pour pouvoir dire, vous voyez, on n'a pas touché à ça, on peut licencier
03:25tranquille, laissez-nous tranquille.
03:27Donc tout le discours néolibéral qui consiste à expliquer que c'est par le dialogue avec
03:32ces multinationales, par le dialogue avec ces entreprises qu'on va s'en sortir, ça ne
03:36tient pas la route.
03:37Et on le voit, on a ici des entreprises comme d'autres qui, dans cette période,
03:42quelque part, utilisent la crise pour mieux licencier.
03:45Et c'est le cas de Thuy.
03:46On peut parler de BFM également.
03:47Ces salariés, essentiellement d'ailleurs pour beaucoup des femmes, se retrouvent
03:52sans emploi du jour au lendemain, dans un moment extrêmement difficile.
03:57Et on voit à quel point tout se déshumanise, puisque ça a été annoncé par une réunion
04:03Zoom, comme si finalement, ces vies, elles ne valaient pas grand-chose.
04:07On nous a tous mentis.
04:09Aujourd'hui, ils sont tous planqués.
04:11Nous sommes les seuls présents.
04:14Battons-nous, réclamons nos droits.
04:16Réclamons de l'argent.
04:18On en évite.
04:22Sous-titrage Société Radio-Canada

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