00:02Maït et Mola, bonjour.
00:04Bonjour.
00:05Alors vous êtes aujourd'hui au congrès du Parti Communiste français.
00:08On vient d'aborder le thème de la parité hommes-femmes.
00:12Là à l'instant, c'est un thème qui je crois vous est cher.
00:14Quel est votre regard sur les communistes français et le féminisme ?
00:19Bon, je crois que vous avez des femmes et des hommes très féministes dans le Parti Communiste.
00:26Moi, j'ai travaillé beaucoup avec Laurence Cohen, avec Elisabeth Ackermann et avec d'autres.
00:33Et c'est un parti qui réellement respecte sa responsable des femmes et qui a fait un travail très important.
00:40Notamment, je veux dire, l'abolition de la prostitution.
00:45Cette loi que vous avez réussie, vous, surtout, à qu'on l'adopte dans le Parlement, c'est très important.
00:53Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.
00:55On ne doit pas oublier que nous sommes en France, en Espagne, dans une société très machiste et que ça
01:02c'est transversal.
01:03Ça affecte aussi à la gauche.
01:05Alors nous devons continuer ce travail, mais on ne peut pas perdre aucun droit.
01:10Alors la parité dans les partis et dans les institutions, c'est un sujet fondamental.
01:16Alors je vous félicite pour votre travail.
01:18Alors vous, vous êtes aussi spécialiste d'éducation au départ, avant d'être une femme politique.
01:24Comment on éduque à l'égalité ?
01:27Bon, pour éduquer en l'égalité, c'est complètement nécessaire que les parents soient impliqués aussi,
01:35parce que l'école n'est pas suffisante, ni l'école, ni le lycée, parce qu'après le lycée, c
01:40'est fait.
01:41On doit le faire jusqu'à les 14 ans, choses comme ça, pour avoir des citoyens et des citoyennes égaux.
01:48Alors on doit d'abord compter avec la complicité des familles.
01:53Si on a ça, si les familles sont sensibles, dans l'école on peut faire un très fort travail.
01:59Le travail, c'est dans deux piliers.
02:03Un, les former en féminisme, expliquer que nous devons être des égaux, quelles sont les différences sur les tâches, les
02:14soins et tout ça.
02:14Et deux, avoir un comportement cohérent comme prof, et essayer dans tous les moments et dans tous les espaces, les
02:22traiter de la même manière.
02:24On peut faire d'une manière réglée et d'une manière plutôt plus informelle, beaucoup de choses dans l'école.
02:30On essaye de le faire, mais c'est vrai que donner l'ordre du ministère, qu'on doit éduquer, élever,
02:37en parité, ça ne sert à rien,
02:40si après nous les profs ne nous impliquons pas dans une manière, comme je te dis, de donner l'exemple
02:47dans les classes.
02:49Alors une autre question qui n'a rien à voir.
02:51Vous êtes espagnole, vous êtes au Parti communiste espagnol,
02:54qui vient de tisser une alliance avec Podemos pour tenter de remporter une victoire aux législatives.
03:01Quelle est votre réaction à cela ?
03:03Est-ce que vous, vous avez réussi à faire ce qu'on essaye de faire en France, c'est-à
03:06-dire une gauche unie pour lutter contre le libéralisme effréné ?
03:11Bon, l'unité, ce n'est pas seulement avec Podemos, le front qu'on a construit.
03:17Et c'est avec Podemos, avec un parti vert, avec les Maréas en Galicia, avec Barcelone en commun, c'est
03:26plus large qu'avec Podemos.
03:28Ça c'est très bien.
03:29Nous avons construit un front électoral très divers.
03:33Il y a, dans une radicalité commune, des pensées très différentes,
03:39mais on a construit une alliance basée en 50 points communs,
03:45qui vont être les 50 points communs de toutes ces forces que nous allons présenter au Parti socialiste
03:51si les résultats des élections sont bons pour négocier.
03:56Parce que nous avons très clair que la gauche seulement peut gouverner avec un programme.
04:01Alors, c'est très illusionnant.
04:03Moi, je crois qu'en France, vous devez le faire.
04:05Je ne sais pas comment, mais c'est imprescindible pour les habitants de la France.
04:11On ne peut pas aller aux élections divisées,
04:15parce que si on va aux élections divisées, on va nous pénaliser.
04:19Et le problème, c'est que vous aurez la droite et l'extrême droite dans des positions très complexes.
04:26Alors, vous devez, la gauche, laisser vous regarder dedans et commencer à regarder dehors.
04:32Parce que la situation en France, ça, ce n'est pas le paradis.
04:37Vous avez beaucoup de problèmes.
04:38La loi de travail, c'est clair.
04:41Alors, on ne peut pas permettre, dans cette situation-là,
04:44de n'être pas une gauche, une radicalité, un ensemble fort,
04:49travailler avec les syndicats et aussi avec les gauchistes qu'il existe dans le Parti socialiste.
04:57Je pense que le Front de Gauche est une bonne expérience,
05:01mais que vous devez aller plus loin,
05:03que plus de monde doit être avec vous,
05:06parce que vous ne pouvez pas permettre que seulement la droite et l'extrême droite avancent.
05:11C'est vrai que le gouvernement de l'Inde a été un gouvernement désespérant,
05:18que ça, pour la gauche, a fait beaucoup de mal,
05:20mais c'est vrai qu'on doit être plus forts.
05:23Quand nous sommes dans cette situation-là, trouver des alliés et gagner.
05:28Vous devez le faire.
05:29Un dernier mot en espagnol, ce que vous voulez.
05:32Un mot en espagnol.
05:34Un slogan.
05:36Vous pouvez me mettre avec eux, alors, bien sûr.
05:39Une izquierda féministe,
05:42une izquierda préoccupée par les autres,
05:45et, surtout, mon mot le plus fort aujourd'hui est «Fuerce au Parti communiste français »
05:52et «L'arrivée le plus en plus possible ».
05:54Viva le Parti communiste français !
05:57Merci.
05:58Sous-titrage Société Radio-Canada