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  • il y a 21 heures
Pour la troisième fois, le gouvernement a choisi la force au lieu du dialogue pour gouverner. Il est passé outre la volonté des Français, outre la position de deux plus grands syndicats du pays, outre les manifestations... Et passé par-dessus les représentations nationales que l'on sait majoritairement opposées à cette loi. Ce qui a donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l'Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01Comme on le sait, le Premier ministre a eu recours à l'article 49.3 pour passer en force à
00:07l'Assemblée nationale et faire adopter la loi El Khomri sans vote et sans discussion sur les amendements.
00:13C'est un acte évidemment antidémocratique et inacceptable. C'est la troisième fois que le gouvernement y a recours alors
00:19que, historiquement et avant d'être au pouvoir, il combattait farouchement cette disposition constitutionnelle.
00:25Mais le pire, c'est que Manuel Valls n'a pas peur des contradictions. Au moment où il passe en
00:31force et où il passe contre la volonté de l'Assemblée, contre la volonté des syndicats, des deux principaux syndicats
00:37du pays, contre la rue, contre le pays même qui est opposé à 70% à cette loi,
00:42et bien Manuel Valls y voit dans le recours à 49.3 et dans l'adoption de la loi un
00:48acte de confiance dans le dialogue.
00:51C'est un bon texte pour le pays et c'est notre vision de la démocratie sociale.
00:57Donc la démocratie pour Manuel Valls, c'est tout simplement passer outre la volonté des Français, c'est passer outre
01:03la position des deux plus grands syndicats du pays,
01:06c'est passer outre l'UNEF, c'est passer outre les manifestations, passer outre la rue et passer, en dernière
01:11instance, par-dessus la représentation nationale dont on sait qu'elle était majoritairement opposée à ce texte.
01:17Alors, face à cela, il est bien évident que le gouvernement a pris une lourde responsabilité, celle de fracturer encore
01:24plus une gauche déjà divisée,
01:26et par là de compromettre singulièrement les chances de la gauche dans les mois qui viennent.
01:32Mais au-delà, on pourrait simplement, pour ironiser, parce qu'il faut toujours garder un petit peu de distance, lui
01:39rappeler cette phrase de Bertolt Brecht en 1953,
01:43quand après des manifestations d'ouvriers, le gouvernement est-allemand ne voulait rien entendre.
01:48Et Brecht qui disait ironiquement, au fond, que sans doute ce peuple-là ne méritait pas le bon gouvernement qu
01:57'il avait,
01:57et donc, disait Bertolt Brecht, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d'en élire un
02:03autre.

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