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Manifestation des personnels de santé, mardi 8 novembre 2016. témoignage.

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Transcription
00:02Vous travaillez en réanimation ?
00:03Oui, on est toutes les quatre.
00:06Nous, on est deux à aide fixe de nuit.
00:09Et les autres, toutes les nouvelles qui sont embauchées,
00:11elles tournent jour, nuit, matin, profil.
00:13Il n'y a pas de roulement respecté.
00:15Et puis en plus, on fait venir.
00:17On peut faire le vendredi de jour et puis le samedi, dimanche de nuit.
00:21Ce qui fait qu'en fin de compte, il n'y a pas le temps de récupérer.
00:24Ça a des conséquences sur les patients ?
00:26L'épuisement.
00:28On est épuisé, on n'a pas envie de bosser.
00:30Là, moi, ça fait deux mois et demi que je n'ai pas eu de repos.
00:32Donc en fin de compte, oui, on arrive au travail.
00:35On est en douze heures.
00:36Ce qui fait que les 35 heures, on les dépasse largement.
00:40Et c'est épuisant.
00:42C'est épuisant parce qu'à côté, on a une vie de famille.
00:44On aimerait bien faire aussi des choses pour décompresser.
00:47Parce que nous, on fait uniquement de la pédiatrie.
00:49Donc c'est vrai qu'il y a des situations qui ne sont pas simples non plus à gérer.
00:52Donc on a besoin de faire autre chose à côté pour déstresser.
00:56Et actuellement, ce n'est plus possible.
00:58Là, on est au mois de novembre.
01:00Et si on posait toutes les heures qu'on nous doit,
01:03en fait, on a trois mois de repos tout en étant peigné.
01:09Donc ça ne va pas du tout.
01:11En plus, on nous demande d'être polyvalent,
01:13de faire aussi bien de la neurochirurgie que de faire de la chirurgie,
01:17de la cardiologie sans avoir de formation.
01:19Les nouvelles qui arrivent, elles sont maximum sept jours encadrées, sept jours de travail effectif.
01:28Et après, elles sont lâchées.
01:29Si elles ne se sentent pas sûres d'elles, c'est tant pis pour elles.
01:32Parce qu'en fin de compte, on ne leur propose rien d'autre.
01:34Et voilà.
01:35Et donc c'est très dangereux quand même pour nous qui sommes très spécialisés.
01:40C'est impossible.
01:41Parce que quand on sort du tout, on ne sait rien.
01:44On ne sait juste des bases.
01:45Et on se forme sur le tas.
01:47Quand avant, ce qui se passait, c'est que les Antiennes nous encadraient,
01:49nous accompagnaient parce qu'on pouvait se permettre.
01:52À l'heure actuelle, on ne peut pas.
01:54On ne peut pas parce qu'on a notre nombre de patients.
01:57Et puis, il faut courir.
02:05Une journée de travail.
02:06Donc on arrive à 19h.
02:08On prend du temps déjà.
02:10Normalement, effectivement, on commence à 19h30.
02:12On arrive volontairement à 19h pour faire le temps de transmission.
02:17Pour que les collègues de jour puissent partir à 19h30.
02:19Donc il y a toujours déjà un quart d'heure, 20 minutes qui est donné gracieusement
02:23pour l'entente de l'équipe.
02:26À 20h, la prise de poste effectif avec les premiers tours de surveillance,
02:31des chambres, des patients, prise connaissance du dossier,
02:35planification des soins sur l'ensemble de la journée ou de la nuit.
02:41Après, de là commencent les soins.
02:43Et puis, on termine quand on termine, quand on peut.
02:48En général, on arrive à se dégager.
02:50Donc sur l'ensemble des 12h, on arrive à se dégager une demi-heure de temps de repas.
02:54Voir plus si on peut.
02:56Mais généralement, c'est une demi-heure.
03:01Après, on continue les soins.
03:04Il y a le travail en équipe avec les médecins dans la journée,
03:10dans la nuit, en début de nuit aussi.
03:14Et ce, jusqu'à la fin, les transmissions et les changements d'équipe.
03:19Donc on est quand même concentrés pendant 12h à la suite,
03:25avec des soins qui s'enchaînent, des prescriptions qui changent,
03:29des intervenants différents, et des familles.
03:36Et en plus des soins médicaux qu'on peut administrer aux enfants,
03:40il y a toute la prise en charge affective et sociale des familles.
03:44De Mme Touraine, vous attendez quoi, très clairement ?
03:47Très clairement, la reconnaissance, avant tout.
03:52Donc par la reconnaissance, on estime un meilleur temps de travail,
03:56qu'il soit plus équilibré, qu'on puisse récupérer nos jours de repos,
03:59comme on le disait.
04:02Une reconnaissance salariale, mais je pense que là, aujourd'hui,
04:05ce n'est pas l'urgence.
04:06L'urgence, c'est vraiment les conditions de travail au sein même de l'hôpital.
04:09C'est-à-dire le roulement des équipes, les temps de repos respectés,
04:17la possibilité de poser ses vacances aux dates demandées,
04:21et non pas des dates imposées, essentiellement.
04:25Depuis combien de temps vous êtes infirmière ?
04:27Depuis 9 ans.
04:29Et vous irez à la retraite ?
04:33Si je resterai infirmière jusqu'à la retraite ?
04:36Oui, j'espère, je pense.
04:38J'aime mon métier.
04:39Mon métier, pour l'instant, j'ai réussi à trouver de l'épanouissement dans ce que je fais.
04:42C'est pour ça que plus les conditions se dégradent,
04:45plus ça joue là-dessus, et c'est ce qu'on ne veut pas.
04:47Parce que derrière, la première chose qui est empathie,
04:49c'est la qualité des soins.
04:50Et c'est des patients, c'est des êtres humains au bout,
04:52et non pas des machines.
04:54Donc voilà, le bien-être du personnel,
04:56et aussi pour le bien-être des patients.

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