00:08La baisse des aides au logement est une injustice extrêmement grave,
00:13mais elle dit beaucoup de la nature de ce pouvoir.
00:17C'est que la même semaine, on enlève 60 euros par an au titre de l'aide personnalisée au logement,
00:25alors qu'on va donner 300 milliards 200 000 euros à 280 000 personnes qui sont imposables de l'impôt
00:35sur les grandes fortunes,
00:35puisqu'on va exclure de cet impôt ce qu'on appelle les actifs financiers la même semaine où on a
00:43reconduit ce qu'on appelle le CICE, 40 milliards.
00:47La même semaine où on va baisser l'impôt sur les sociétés, c'est-à-dire on est en train
00:52de baisser l'impôt sur le capital,
00:54le capital participera moins à la solidarité nationale, mais pire que ça, ceux qui sont les plus victimes du système,
01:03ceux qui sont dans la souffrance sociale aujourd'hui, on les met dans une situation de sûre souffrance sociale,
01:13puisqu'on leur prend de l'argent avec la diminution des APL, avec l'augmentation de la contribution sociale généralisée,
01:22avec le fait qu'on a décidé de bloquer les salaires, puisqu'on ne va pas monter le point d
01:27'indice des fonctionnaires.
01:29Donc c'est un pouvoir qui a une nature de classe.
01:32C'est un pouvoir pour les riches qui va aggraver les souffrances sociales,
01:37mais qui du même coup met en risque notre pays, puisque cet argent qu'on va donner aux plus riches
01:42ne va pas servir à l'investissement et à l'emploi,
01:45mais il va servir à alimenter le feu roulant des marchés financiers et donc à alimenter cette bulle financière qui
01:54menace aujourd'hui d'exploser,
01:56c'est-à-dire on peut se retrouver à nouveau dans une crise telle qu'on l'a connue en
02:022008.
02:02Donc c'est injuste socialement, c'est inefficace économiquement et c'est plein de risques pour l'avenir.
02:10Mais on sait que le capitalisme, il crée lui-même ces crises et c'est à partir de ces crises
02:15qu'il se met à demander toujours plus aux pauvres.
02:25La question de la condition ouvrière, la manière dont sont traités les ouvriers,
02:30dont sont traités même des petites entreprises qui sont dépendantes des donneurs d'ordre,
02:35et dans ce cas précis, c'est des donneurs d'ordre des grands groupes automobiles,
02:38cette question-là doit être mise à l'ordre du jour avec bien plus de force.
02:44On parle aujourd'hui de GMS, mais il y a plein de petites entreprises,
02:48plein d'entreprises dans notre pays qui sont victimes de difficultés financières,
02:52qui sont victimes des banques et des donneurs d'ordre, c'est-à-dire ceux qui leur passent commande.
02:59C'est un combat juste pour eux, pour l'emploi,
03:02mais c'est un combat juste pour les territoires où ils se trouvent,
03:05car moins d'entreprises, c'est moins de recettes fiscales pour les collectivités territoriales autour,
03:12et donc c'est moins de services publics.
03:14Donc quand ils se battent pour maintenir l'emploi, ils se battent pour la collectivité.
03:19Quand un ouvrier se bat, il se bat pour une cause générale, pour une cause d'intérêt général.
03:26Et c'est pour cela que dans toutes les mobilisations de salariés qu'il y a aujourd'hui dans le
03:31pays,
03:31quels que soient les endroits, qu'ils soient des combats pour défendre l'emploi,
03:36qu'ils soient des combats pour améliorer les rémunérations,
03:39il faut les considérer comme des combats d'intérêt général,
03:42et se porter au-devant d'eux, non seulement les défendre,
03:46mais aussi porter un projet de nouvelle industrialisation du pays,
03:51en lien évidemment avec la nécessaire transition écologique,
03:55qui sera créatrice d'emplois et qui nécessitera des formations nouvelles pour les jeunes.
04:06La situation entre Israël et Palestine doit être mise dans un contexte très général,
04:12celui de l'accélération de la colonisation,
04:14des destructions de maisons à Jérusalem,
04:18du vol de l'eau, de l'allongement du mur de séparation,
04:21d'un étouffement total de Gaza, dont très peu de gens aujourd'hui parlent,
04:28et d'ailleurs régulièrement des bombardements sur Gaza,
04:31dont personne également ne parle.
04:34Et il y a cette tentative autour des lieux saints historiques,
04:39et l'esplanade des mosquées,
04:40qui est sanctuarisée sous l'égide des institutions internationales.
04:46L'esplanade des mosquées est gérée ni par les Palestiniens, ni par les Israéliens.
04:51C'est un accord international, que ce soit géré par la Jordanie.
04:55Et dans ce contexte-là, la mise en place de ces détecteurs de métaux,
05:00qui constituaient une barrière supplémentaire,
05:03qui ont été retirées du fait des pressions internationales,
05:07mais ce n'est pas parce que ceci est retiré,
05:09que ça enlève le reste.
05:11La tentative du pouvoir de droite en Israël est de s'accaparer l'ensemble de ces lieux saints.
05:19Tout démocrate, tout humaniste, doit poser la question aujourd'hui,
05:23auprès de notre propre gouvernement, des institutions européennes,
05:27des moyens qu'on met en œuvre pour ramener le gouvernement israélien à la raison.
05:32Je parle bien du gouvernement israélien, je ne parle pas de la jeunesse israélienne,
05:36je ne parle pas du peuple israélien qui veut la paix, mais qui veut vivre aussi en sécurité.
05:42La sécurité d'Israël sera d'autant mieux assurée qu'on reconnaîtra un État palestinien.
05:48Ce que fait le pouvoir israélien aujourd'hui, c'est qu'il fabrique de la désespérance.
05:53Aucun humaniste ne peut laisser faire cela.
05:57Comme moyen de pression, il faut rompre l'accord d'association avec l'État d'Israël aujourd'hui,
06:02comme outil de pression pour ramener Israël à la table des négociations
06:07et au respect du droit international.
06:09Nous ne réclamons rien d'autre que le respect du droit international.
06:18La Turquie, oui, de fait, elle devient une prison pour journalistes,
06:23mais aussi pour les agents des services publics, pour les magistrats, pour les enseignants.
06:27Ce qui s'est passé lundi avec le procès de 17 journalistes n'est pas à banaliser.
06:32Ce n'est pas un simple procès sur la presse.
06:35Il s'agit de mettre en cause la possibilité d'informer.
06:40Comment croire que des journalistes qui ont 60 ou 70 ans, une grande expérience,
06:44puissent être assimilés du terrorisme ?
06:47Comment découvre-t-on ça aujourd'hui ?
06:49Il y a donc bien quelque chose qui ne va pas.
06:51Derrière ceci se posent des questions pour tous les Turcs, quelle que soit leur opinion.
06:56Leur pays est en train de reculer du point de vue de la vie commune,
07:03du point de vue de la démocratie.
07:04La société va se diviser.
07:06Erdogan est en train d'installer un pouvoir extrêmement autoritaire,
07:10un pouvoir de grands sultans.
07:12L'autre question qui est posée aux Turcs comme à nous-mêmes,
07:16c'est le fait que la Turquie est en train de s'éloigner d'un projet de construction européenne
07:22ou d'un projet d'association avec nos pays de l'Union européenne.
07:27Et elle est en train de s'éloigner aussi d'un autre enjeu, d'un autre rôle qu'elle pouvait
07:32jouer.
07:32C'est d'être le pays qui soit un pôle de stabilité, un pôle modérateur dans ce proche et Moyen
07:40-Orient
07:40si enflammé aujourd'hui et qui aurait besoin de trouver les voies de l'apaisement
07:46grâce à des progrès sociaux, grâce à la justice et surtout à des progrès démocratiques partout dans la région.