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  • il y a 13 heures
« Moi, Souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles. Grâce à l'Auteur de l'Univers, je suis oiseau ; voyez mes ailes.... ». La concordance de la fable de La Fontaine - dans laquelle une chauve-souris essaye atteindre son objectif en changeant d'identité deux fois de suite afin de mieux adapter son personnage aux circonstances (un oiseau puis une souris) - avec le "ni-ni" d'Emmanuel Macron a donné du grain à moudre à Maurice Ulrich, journaliste à l’Humanité. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:01La chauve-souris et les deux belettes est une fable de La Fontaine, qu'on peut rappeler,
00:06même si évidemment certains la connaissent. Donc, une chauve-souris par mégarde tombe dans
00:12l'antre d'une belette qui n'aime pas les souris. Alors la chauve-souris argumente,
00:16dit mais non, je ne suis pas une souris, vous voyez, j'ai des ailes, donc je suis oiseau,
00:20voyez mes ailes. Donc la belette la laisse partir comme un cuve manque de chance. La même chauve-souris,
00:25un peu plus tard, tombe dans l'antre d'une belette qui, elle, n'aime pas les oiseaux. Et donc
00:29elle dit
00:29non, non, mais vous voyez bien, je ne suis pas un oiseau, je suis une souris, je suis souris,
00:33vive les rats. Eh bien, Emmanuel Macron est un petit peu quand même dans cette situation,
00:36c'est-à-dire que quand il est chez la belette de gauche, il dit bien bien sûr, je suis
00:40de gauche.
00:40Quand il est chez la belette de droite, il dit je suis plutôt un peu de droite. En gros,
00:44je ne suis ni de gauche ni de droite parce que je suis au-dessus de tout ça. Moi, je
00:48ne fais
00:48pas de politique au sens étroit du terme. Alors évidemment, Emmanuel Macron triche, il joue
00:54sur les mots et il joue sur les concepts parce que être de droite ou de gauche, ce n'est
00:58pas
00:58seulement une question de valeur, ce n'est pas une question de proclamation, c'est une
01:02question de fond qui touche d'abord à l'économie elle-même, peut-être aux questions sociétales,
01:06bien sûr, mais aussi d'abord à l'économie. En gros, être vraiment de gauche, c'est quand même
01:11de toute manière mettre en cause la domination du capital sur l'économie. C'est plaider
01:16pour une société où les travailleurs aient un droit d'intervention dans la gestion des entreprises,
01:21dans la définition des finalités, pour une autre construction. C'est intervenir dans la vie
01:25publique de telle manière qu'on transforme profondément cette vie pour un vivre-ensemble,
01:29on ne va pas détailler. Mais Emmanuel Macron, ce n'est pas du tout ça qu'il fait, parce
01:33qu'en réalité, un certain nombre de commentateurs disent que son programme est flou. Mais non,
01:37son programme n'est pas flou. Le programme d'Emmanuel Macron, au fond, il l'a déjà
01:41affiché quand il était au gouvernement, quand il était le conseiller économique de François
01:45Hollande et il le continue maintenant. En gros, Emmanuel Macron, il veut mettre de l'huile,
01:50dérouage, je dirais, de la flexibilité dans la mondialisation, en appelant les jeunes
01:56à devenir milliardaires, ce qui est parfaitement ridicule, en se prononçant pour l'auto-entrepreneuriat,
02:02en valorisant la création d'entreprises, en valorisant la négociation collective dans
02:07l'entreprise elle-même, c'est-à-dire pour contourner finalement les conventions collectives
02:10et le droit du travail. Tout ça, c'est une politique qui est au fond une politique de droite,
02:15et en toute sa cause une politique au service du capital. Alors Emmanuel Macron, il est
02:21comme la chauve-souris, il dit, vous voyez, je suis libéral mais tout de même un peu
02:27social et surtout, il dit, je suis libéral, vive le capital.

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