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Dans son livre "France 2017-2022 : Devant l’urgence climatique, bousculons les politiques", Gérard le Puill dresse la liste des faussent solutions contre le réchauffement climatique et pose un regard acéré sur les promesses des principaux candidats à l'élection présidentielle de 2017 concernant l'environnement et le climat.
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00:02Gérard Lepuil, bonjour.
00:03Bonjour.
00:04Alors votre dernier livre s'intitule France 2017-2022,
00:08devant l'urgence climatique, bousculons les politiques,
00:11et c'est paru aux éditions du Croquant.
00:13Alors un livre qui met au cœur des questions de climat,
00:17des questions d'agriculture,
00:19qui sont relativement absentes du débat de cette campagne présidentielle et législative.
00:23Oui, je le sentais depuis des mois que ça allait être absent.
00:26Ça m'avait alerté, notamment au moment des débats lors des primaires des candidats de la droite,
00:34et puis ça s'est renouvelé avec les candidats de la mouvance du Parti Socialiste.
00:38Et donc, dès le début de l'automne, je me suis attaché à la rédaction de ce livre
00:43pour porter un certain nombre de réflexions
00:46qui prolongent celles que j'ai produites dans mes précédents ouvrages.
00:51Alors parmi ces réflexions, bien sûr, il y a une analyse critique des programmes
00:55des différents candidats, il y a un bilan de la mandature Hollande à propos du climat,
01:01mais il y a aussi tout un tas de réflexions,
01:04notamment sur quelque chose qu'on nous propose comme une panacée,
01:08qui est le marché du carbone.
01:10Alors vous assassinez Jean Tirole,
01:12qui propose cette solution d'augmenter le prix du carbone
01:15pour faire un monde décarboné.
01:18Pourquoi ce n'est pas le cas ?
01:19Ce n'est pas le cas, parce que si on prend l'exemple de l'Europe, par exemple,
01:23il existe un marché du carbone depuis 2005.
01:26Mais comme ce marché ne concerne que 35 pays dans le monde,
01:31eh bien les pays industriels développés,
01:35qui avaient des quotas de carbone gratuits
01:38et qui pouvaient vendre ce qu'ils ne consommaient pas,
01:41avaient toutes les facilités pour délocaliser
01:45les productions industrielles polluantes en Chine,
01:49au Bangladesh, au Vietnam, en Éthiopie et ailleurs,
01:52et donc pour avoir du carbone à vendre.
01:55Mais comme ils ont tous fait ou presque le même calcul,
01:58eh bien le prix de la tonne du carbone,
02:00qui au départ était de 30 euros,
02:02est tombé autour de 5 euros.
02:04Et donc ça ne fonctionne pas, évidemment.
02:06Ce n'est pas dissuasif ?
02:07Non, ce n'est pas dissuasif du tout.
02:09D'accord.
02:10Et alors vous parlez de délocalisation,
02:11vous insistez sur le coût énorme en termes de réchauffement climatique
02:16des délocalisations favorisées justement
02:19par ces grands traités bilatéraux ou multilatéraux.
02:23Oui, c'est assez facile à comprendre d'ailleurs.
02:25Et moi, même si à l'époque je ne pensais pas à ça,
02:29mais j'ai été ouvrier d'usine pendant 18 ans.
02:32Et j'ai vu la délocalisation de la production
02:35de la région parisienne en Lorraine,
02:37parce que les salaires étaient plus bas de 35 % environ.
02:40Et figurez-vous que 25 ans plus tard,
02:44la production de l'usine de Lorraine a été délocalisée en Serbie
02:48parce que les salaires en Serbie sont trois fois moins élevés qu'en Lorraine.
02:52Et des exemples comme ça, on peut donner des centaines.
02:55Le dernier en date, c'est Whirlpool du côté d'Amiens,
02:58là où on va transférer la production de sèche-linge,
03:03donc de la Picardie en Pologne,
03:06pour réimporter 30 % de la production en France
03:10et surtout monter une usine là-bas en démontant une autre ici
03:14et aussi alimenter cette usine par de l'électricité produite à partir du charbon,
03:20alors que chez nous, la production à partir du nucléaire par exemple,
03:24c'est 15 g de carbone pour 1 kWh
03:28contre 300 g de carbone en moyenne en Europe
03:30et bien plus en Pologne où on utilise beaucoup de charbon.
03:33– Oui, alors ça c'est une chose, c'est les délocalisations vers l'Europe,
03:37bon éventuellement plus loin,
03:38mais on peut dire que tous ceux qui sont pour le fameux TAFTA,
03:43le traité transatlantique, etc. sont un peu hypocrites
03:46quand ils parlent de lutter contre le réchauffement climatique ?
03:49– Je ne sais pas s'ils réalisent,
03:51je ne sais pas s'ils réalisent et s'ils le font, ils sont hypocrites.
03:56Oui, parce que, évidemment, plus les produits voyagent,
04:01et bien plus on consomme du carburant pour les transporter.
04:05Quand ces produits ont besoin de la chaîne du froid,
04:07et bien il faut maintenir la chaîne du froid.
04:09Par exemple, après le CETA, s'il est ratifié finalement
04:15par tous les pays de l'Union Européenne,
04:17le Canada va pouvoir nous exporter de la viande de porc,
04:21de la viande de bœuf et de la volaille,
04:23alors que nous en produisons suffisamment,
04:26donc c'est complètement inutile.
04:27Il vaut mieux commercer avec les pays tropicaux,
04:31leur acheter du café, des mangues et du cacao,
04:34et puis leur vendre ce qu'ils n'ont pas,
04:35plutôt que de commercer pour des produits que nous avons en trop,
04:40par exemple, avec les pays de l'hémisphère nord.
04:43Vous me rassurez un peu, Gérard,
04:44parce que je vous croyais contre tout libre-échange.
04:46Non, pas du tout.
04:47Mais non, pas du tout, en fait.
04:48L'avantage comparatif, ça marche encore ?
04:52Je suis plus que dubitatif sur la théorie de Ricardo
04:57sur les avantages comparatifs,
04:58parce que ça conduit, notamment dans la production agricole,
05:02à des spécialisations qui sont de mauvaises pratiques agronomiques.
05:07Quand on fait de la monoculture de rente, on épuise les sols.
05:11Quand on fait des rotations de culture, on fait de l'agroécologie,
05:14et donc on améliore même la qualité des sols.
05:18Donc toute la différence, elle est là.
05:20Je pense que la production de proximité, c'est important,
05:24et les bonnes pratiques agronomiques en agriculture,
05:26c'est d'autant plus important qu'il va falloir nourrir 9,5 milliards de gens
05:32d'ici 2050, et en même temps réduire considérablement
05:38le bilan carbone de l'agriculture.
05:39Donc ça veut dire, oui, recourir à de bonnes pratiques agronomiques.
05:43J'y insiste beaucoup dans ce livre.
05:44Oui, on y reviendra sur les solutions,
05:46mais je voudrais qu'on reste encore un petit peu sur les problèmes.
05:50Vous parlez aussi des privatisations qui sont coûteuses en carbone,
05:54et notamment celle d'EDF pour la France, celle de la SNCF aussi,
06:01parce que ça veut dire, si on privatise la SNCF,
06:03qu'on arrête les lignes qui ne sont pas rentables,
06:06donc on a des territoires qui ne sont plus accessibles qu'en voiture.
06:09Or, la voiture est l'ennemi du climat.
06:12Oui, bien sûr, mais la SNCF est gérée depuis longtemps
06:17comme une entreprise privée.
06:19Par exemple, on a beaucoup investi dans le TGV
06:22et, moyennant quoi, on n'a pas eu assez d'argent
06:26parce qu'il n'y avait pas assez de budget.
06:27Ça, on peut discuter du budget de la SNCF
06:30pour entretenir les lignes secondaires.
06:33Du coup, par exemple, une production comme le blé pour l'exportation,
06:38qui, dans presque tous les cas, peut être amenée par rail
06:42depuis le silo des coopératives jusqu'au port d'embarquement,
06:45eh bien, voyage par camion à hauteur de 90% des volumes.
06:50Donc, au niveau du bilan carbone, c'est absolument désastreux.
06:54Et je dirais aussi que si les régions n'avaient pas été là,
06:58et je donne des exemples, notamment en Bretagne,
07:02pour prendre le relais au niveau des investissements,
07:05eh bien, il n'y aurait plus beaucoup de TER, par exemple,
07:10et de trains de ville à ville, et ce serait vraiment catastrophique.
07:13Donc, ce qu'ont fait les régions masquent un peu le bilan catastrophique de la SNCF.
07:20Et alors, quid EDF ?
07:21En quoi cette privatisation rampante et dangereuse pour le climat ?
07:26Je pense qu'un opérateur public peut avoir une politique planifiée.
07:32Une multitude d'opérateurs privés, c'est beaucoup plus compliqué, évidemment.
07:37Aujourd'hui, on sait que, par exemple, il y a de plus en plus d'entreprises
07:43qui viennent produire de l'électricité à partir des éoliennes.
07:47Alors, c'est facile pour elles, parce qu'on a imposé à EDF
07:51un prix élevé du courant électrique produit par les éoliennes
07:55et les panneaux photovoltaïques,
07:57ce qui fait que EDF doit compenser la différence avec ses centrales nucléaires.
08:03Mais comme on passe par ailleurs des accords politiciens
08:06entre le Parti Socialiste et les Verts, par exemple, en 2012,
08:10et on tente encore de le faire en 2017,
08:14pour réduire la place du nucléaire dans la production électrique,
08:19eh bien, on risque d'aller vers une situation
08:22où on aura du mal à alimenter le pays en électricité
08:27et où aussi on arriverait à une situation
08:30où le courant pour les ménages pourrait peut-être coûter beaucoup plus cher.
08:35Je signale en passant qu'en Allemagne,
08:38l'Allemagne est en train de sortir du nucléaire.
08:40Elle avait moins de nucléaire que nous,
08:42mais le prix du courant électrique pour les ménages
08:45a doublé entre 2003 et 2013.
08:50pour les ménages, je dis bien,
08:51alors qu'on l'a maintenu identique pour les entreprises
08:55afin qu'elles gardent leur compétitivité.
08:57Donc, ce sont les ménages qui payent à la place des entreprises.
09:00Pour le cas de l'Allemagne, on peut dire en plus
09:02qu'ils ont rouvert des mines de charbon.
09:04Oui, tout à fait.
09:05Ce qui n'arrange rien.
09:07Alors, venons-en maintenant aux promesses
09:10des candidats à l'élection présidentielle
09:12et à ce qu'ils nous promettent concernant le climat.
09:15Vous avez été chercher ça dans leur programme,
09:16ce qui n'est pas, en général, ce qu'ils mettent en premier.
09:19En général, ça passe un petit peu inaperçu.
09:23Alors, on va commencer par M. Fillon.
09:26Vous dites, lui, il veut laisser filer le réchauffement.
09:28Oui, il ne dit rien.
09:29Il ne dit rien sur les enjeux climatiques.
09:31Et la seule fois qu'on lui a posé la question
09:33lors d'un débat des candidats de la droite à la primaire,
09:36il a déclaré seulement qu'il y avait des choses
09:38plus importantes que ça à discuter.
09:40D'accord.
09:41Donc, un petit peu, une attitude à la Trump
09:44qui...
09:44Oui, ils sont contrefiches.
09:45Oui, finalement, ils sont contrefiches.
09:46Enfin, ils sont contrefiches.
09:47Je ne sais pas.
09:47Trump, hier soir même, a annulé un décret concernant le climat.
09:53Donc, c'est non seulement qu'ils sont contrefiches,
09:55mais surtout qu'il remet en cause des accords comme la COP21.
09:59Alors, quant à Mme Le Pen,
10:01vous dites que la sortie de l'euro
10:03favoriserait le réchauffement climatique.
10:05Pourquoi ?
10:06Je ne le dis pas comme ça,
10:08mais je pense que la sortie de l'euro,
10:11dans un pays aussi endetté que la France,
10:14il y aurait de la spéculation contre la monnaie nationale
10:17et il y aurait surtout un déficit croissant
10:20de la balance des paiements.
10:23Et donc, ça peut conduire, peut-être,
10:26à une situation à la grecque, un peu,
10:28dans un pays comme la France.
10:29Et donc, et le climat là-dedans,
10:32avec une crise pareille, évidemment,
10:34il n'y aura pas beaucoup de temps pour s'en occuper,
10:38si je puis dire.
10:38Donc, je pense que même si Mme Le Pen prend soin
10:43d'agrémenter son projet de quelques petites mesures
10:49sur le climat, par opportunisme,
10:51je vois bien qu'il n'y a pas de réflexion de fond sur le sujet.
10:55Alors, quant à M. Macron,
10:56vous vous rappelez opportunément
10:59qu'il est conseillé par Attali,
11:01et lui, pour sauver le monde,
11:03et pour sauver le climat,
11:04c'est la finance verte qu'il préconise.
11:07Oui, ça, c'est un slogan.
11:08Ce n'est rien d'autre qu'un slogan.
11:10Mais ça veut dire quoi, d'ailleurs ?
11:12Finance verte, ça veut dire que
11:15des financiers vont investir
11:17dans des projets prétendument écologiques.
11:21Mais ce qu'il faut savoir,
11:23c'est que diviser par quatre
11:26les émissions de gaz à effet de serre,
11:28ça veut dire faire beaucoup de choses en même temps.
11:30Ça voudrait dire réduire la circulation automobile
11:35considérablement, presque la divisée,
11:36par quatre.
11:37Donc, ça veut dire un autre aménagement du territoire,
11:40des emplois un peu partout,
11:42du covoiturage pour aller au travail,
11:45peut-être aider les gens qui vont en vélo
11:47avec une prime pour aller au travail.
11:48Il y a plein de choses à inventer,
11:50et donc la finance verte, par elle-même,
11:52ne peut pas inventer tout ça.
11:53Et puis, il y a les pratiques agricoles,
11:55il y a l'entretien des forêts,
11:57toutes ces choses-là,
11:58qui peuvent, parce que l'agriculture,
12:01j'y insiste beaucoup,
12:04elle est un puits de carbone
12:06quand elle est bien conduite.
12:07Mais elle peut être très émettrice de gaz à effet de serre
12:10quand on laboure énormément,
12:12quand on n'épand beaucoup d'engrais, etc.
12:14Alors qu'on peut fertiliser
12:16de différentes manières,
12:18beaucoup plus écologiques.
12:19Donc là, il y a beaucoup à creuser.
12:21On va creuser.
12:22Mais c'est vrai que le problème aussi
12:24avec cette dite finance verte,
12:25c'est qu'on n'est pas sur les mêmes calendriers.
12:28La finance implique un rendement à court terme.
12:31Et tout ce que vous nous dites, là,
12:32sur l'aménagement du territoire, etc.,
12:34ce sont des choses qui sont planifiées à long terme
12:37et qui ne sont pas rentables immédiatement.
12:38C'est le rôle de l'État
12:39et pas le rôle d'un État
12:41qui serait un État financier.
12:44Oui, bien sûr, oui.
12:45Mais parler de finance verte, par exemple,
12:48on a parlé en début de cet entretien
12:51de la tonne de carbone,
12:53comment le prix a dérivé.
12:54Eh bien, ce que propose Macron,
12:57c'est un peu ça.
12:58Comme d'ailleurs, un de ses conseillers,
13:00qui est Jean Pisani Ferry,
13:03il va plus loin que Jean Tirole,
13:06mais avec le même état d'esprit,
13:07il dit qu'il faudrait que la tonne de carbone
13:10soit à 100 ou 150 euros.
13:13Eh bien, si on met la tonne de carbone
13:15à 100 ou 150 euros,
13:17et si on la prélève à travers une taxe
13:20sur le gasoil ou l'essence
13:22qu'on met dans sa voiture,
13:23eh bien, ce sont les pauvres gens
13:24qui vont gagner le SMIC
13:25et qui ont besoin de leur voiture
13:27pour aller travailler,
13:28qui seront les premiers pénalisés.
13:29Donc, quand on parle de finance verte,
13:31il faut aussi essayer de voir
13:33ce qu'il y a derrière.
13:33– Absolument.
13:34Alors, il nous reste deux candidats principaux.
13:39Benoît Hamon.
13:40Alors, vous dites que c'est quand même
13:41le plus sensible au climat
13:43des candidats à la primaire dite de gauche.
13:46Pourquoi ?
13:47– J'ai trouvé qu'il y avait un effort
13:50de compréhension des problèmes
13:52liés au réchauffement climatique
13:54chez Benoît Hamon.
13:55Je le dis comme ça.
13:57Et en même temps, je constate aussi
14:00que sa réflexion est encore embryonnaire.
14:02Je le dis comme ça aussi
14:04parce qu'il n'a pas intégré, évidemment,
14:07tout ce qu'il faut faire dans ce domaine.
14:09Et puis, par exemple,
14:12l'accord électoral qu'il a passé
14:16avec Yannick Jadot
14:18l'a conduit à aller encore plus loin
14:21que n'était allé François Hollande
14:23dans la réduction de la place
14:27de l'énergie nucléaire.
14:28Alors, moi, je ne suis pas un fanatique du nucléaire.
14:31Moi, je tiens compte de la situation du pays
14:33qui, aujourd'hui, son électricité
14:36est fournie à hauteur de plus de 70%
14:39par les centrales nucléaires.
14:41Ce que je dis dans ce livre,
14:43c'est qu'on ne peut pas réduire trop vite
14:47la place du nucléaire,
14:49sauf à devoir surinvestir
14:51dans des énergies renouvelables
14:53comme les éoliennes.
14:54Soit dit en passant,
14:57dimanche dernier,
14:58en revenant de Toulouse à Paris,
15:00je suis passé dans la Beauce.
15:01Il y a plein d'éoliennes dans la Beauce.
15:03Il n'y en avait pas une qui tournait
15:04parce qu'il n'y avait pas de vent du tout.
15:06Et donc, quand il n'y a pas d'éoliennes,
15:07il faut d'autres sources d'énergie.
15:09En Allemagne, on relance le charbon.
15:13En France, moi, je préfère
15:15qu'on entretienne comme il faut,
15:16comme le demande d'ailleurs
15:17l'autorité de sûreté nucléaire,
15:19les centrales nucléaires
15:21et moyennant quoi,
15:23elles sont capables de modifier
15:26leur volume de production
15:27en très peu de temps
15:28et donc prendre le relais
15:30des éoliennes et du photovoltaïque
15:32quand il n'y a pas de vent
15:33et pas de soleil.
15:34Donc, c'est un atout
15:35qui doit être géré.
15:36Et s'il faut en sortir un jour,
15:39prenons le temps d'en sortir
15:40en étant rigoureux
15:42sur le contrôle des centrales,
15:43ce que fait l'autorité
15:44de sûreté nucléaire.
15:46Alors, on en vient à Jean-Luc Mélenchon
15:47qui, lui, pour le coup,
15:49parle d'environnement,
15:50parle d'agriculture,
15:51parle d'écologie.
15:54Oui.
15:54En tout cas, voilà,
15:55il a l'air d'avoir des idées
15:56sur le sujet,
15:58mais ce ne sont pas forcément
15:59les vôtres.
16:01Elles ne sont pas très développées.
16:03Ce sont beaucoup des slogans,
16:07des bonnes intentions.
16:09Moi, j'aurais préféré
16:10parce que j'avais vu tout ça
16:11déjà dès 2012
16:12et j'avais trouvé intéressant
16:14l'idée de règles vertes
16:16et de planification écologique.
16:18Depuis cette date,
16:19moi, j'ai écrit trois livres.
16:21Lui aussi, sans doute,
16:25mais moi, j'ai écrit trois livres
16:26sur ces questions-là.
16:28Le premier,
16:29Produire mieux pour manger tous,
16:31où je montrais comment
16:32on peut avoir une agriculture
16:35à la fois productive
16:36et faiblement émettrice
16:38de gaz et effet de serre.
16:39J'ai produit ensuite
16:42devant l'urgence,
16:44enfin, je viens de produire
16:45devant l'urgence climatique,
16:47bousculons les politiques.
16:48Entre-temps,
16:49j'ai écrit un autre livre
16:50en prévision de la COP21
16:52qui s'est tenu à Paris
16:54au mois de décembre 2015.
16:57Et dans ces trois livres,
16:59j'ai voulu,
17:01si vous voulez,
17:02apporter ma part
17:04à ce que pouvait être
17:05le travail de réflexion
17:06du front de gauche
17:07sur ces questions-là.
17:09Et je n'ai pas trouvé
17:12dans le projet de Mélenchon,
17:15comme je l'ai lu,
17:16que la réflexion
17:18avait beaucoup avancé
17:20chez lui
17:21et chez ses principaux collaborateurs.
17:23C'est ce que je regrette un peu.
17:25Et comme il a aussi intégré
17:27la sortie du nucléaire,
17:29sans doute pour,
17:32comment dirais-je,
17:34peut-être avec l'intention
17:36d'être le candidat
17:38d'Europe Écologie-Les Verts
17:40en même temps
17:40que celui des Insoumis,
17:42je pense que ça l'a conduit aussi
17:44à faire un calcul électoral
17:47un peu opportuniste.
17:48Et moi, je pense qu'en politique,
17:50il faut éviter l'opportunisme.
17:53Moi, je pense qu'il faut
17:54s'en tenir au projet
17:56dans leur rigueur
17:58et essayer de donner aux Français
18:00le meilleur projet possible.
18:01et là, je trouve que ce n'est pas
18:03tout à fait le cas.
18:04Mais alors, quand même,
18:05il parle beaucoup
18:06de la force motrice des marées,
18:07il parle beaucoup de la mer.
18:08Ça, c'est quelque chose
18:09d'assez nouveau ?
18:10Oui, mais moi, je pense que
18:11s'il y avait autant de possibilités
18:14qu'il le dit,
18:16les capitalistes seraient déjà
18:18sur le coup,
18:18ils n'auraient pas manqué
18:19d'investir.
18:20Je crois que dans ce domaine,
18:22on n'a pas fait beaucoup
18:23de recherches depuis un demi-siècle.
18:26Les choses sont encore embryonnaires
18:28et je préfère voir ce qui marche
18:31avant de dire que la solution
18:32ou que toutes les solutions
18:34peuvent provenir de la mer.
18:36D'accord.
18:36Et pour vous, la solution,
18:37elle provient de la terre ?
18:39Pour une bonne partie,
18:40elle provient de la terre, oui.
18:42Je pense, par exemple,
18:43que dans des régions
18:47où on a déboisé énormément,
18:49la question n'est pas
18:50de replanter des forêts,
18:52mais il vaut mieux faire
18:53ce qu'on appelle
18:54de l'agroforesterie,
18:55c'est-à-dire planter des arbres
18:57dans les champs
18:58que l'on cultive.
19:00Ces arbres plantés
19:01à partir de maintenant
19:02donneront du bois d'œuvre
19:04d'ici à la fin du siècle.
19:05Donc là, on travaille
19:06pour les générations futures.
19:08Mais on peut aussi
19:10planter des arbres fruitiers
19:12au-delà des pommiers,
19:13des poiriers.
19:14On peut planter des oliviers
19:16dans le sud de la France,
19:18des noyers, des noisetiers,
19:20des amandiers.
19:21Et donc, on peut produire
19:23des châtaigniers même
19:24et donc produire davantage
19:25de fruits,
19:27soit comme légumes,
19:28soit comme fruits,
19:30puisque la châtaigne
19:31est un fruit,
19:32mais qui se mange
19:32comme légumes.
19:33Parce qu'il faudra aussi,
19:35à mon avis,
19:37réduire la production
19:38céréalière
19:39et donner moins
19:40de céréales aux bétails
19:41et plus d'herbes
19:42aux herbivores
19:43qu'on ne le fait,
19:43parce que dans l'agriculture
19:45dite moderne,
19:46la tendance est
19:47d'augmenter la part
19:49du grain
19:50dans l'alimentation
19:51des herbivores,
19:52alors que leur système digestif
19:54est mieux adapté
19:55à l'herbe
19:56et que l'herbe
19:56est beaucoup plus productive
19:57que le grain,
19:59que ce soit le blé,
19:59l'orge ou le maïs.
20:00Ou même les galettes soja.
20:02Oui.
20:03Merci beaucoup,
20:04Gérard Lepuil.
20:05Ça s'appelle
20:05France 2017-2022.
20:08Devant l'urgence climatique,
20:09bousculons les politiques
20:11et c'est-à-dire
20:11avant le premier tour.
20:13Oui, et je suis disponible
20:14pour des débats
20:15dans le cadre
20:15des élections législatives.
20:17Il suffit
20:18de prendre contact
20:19avec moi.
20:20J'ai le puil
20:21arrobas humanite.fr.
20:23Parfait.
20:24Alors si M. Hamon,
20:25M. Mélenchon
20:25veulent un conseiller,
20:26vous êtes disponible aussi.
20:28Pourquoi pas.
20:29Merci Gérard.
20:30Sous-titrage Société Radio-Canada