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  • il y a 20 heures
Dénoncée par de nombreux députés, la libéralisation des chemins de fer exigée par l'Europe, ne va cependant pas aussi loin que ce que veut imposer le gouvernement français. Débat avec les député.e.s européen.ne.s Karima Delli ( Verts-ALE ) et Younous Omarjee ( GUE-GVN.)

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Transcription
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg, réforme de la SNCF.
00:17Que veut l'Europe ? Que veulent les pays, en l'occurrence la France ?
00:22Décryptage sur cette question avec vous, Karim Adeli, vous êtes députée européenne vers Alliance Libre Europe.
00:27Et Yunus Omarji, vous êtes députée gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:33Bonjour, merci d'être là.
00:34Alors, avant d'exposer peut-être vos positions et vos jugements sur ce qui se passe à l'heure actuelle
00:39en France,
00:40je voudrais qu'on analyse ce qui, dans cette réforme de la SNCF, qui vient d'être votée par le
00:47Parlement français,
00:49relève d'exigences de l'Europe et ce qui dépend du choix du gouvernement français.
00:53C'est extrêmement important. On en débat depuis quelques jours, depuis quelques semaines même maintenant.
00:57Mais je voudrais qu'on revienne clairement sur ces points-là, puisque maintenant, ça a été voté.
01:01Alors, l'un de ces éléments qui a été d'ailleurs utilisé comme élément de langage, c'est l'ouverture
01:06à la concurrence.
01:07C'est une exigence européenne. On n'y peut rien. Alors, redisons-le, c'est vrai.
01:11Et il y a longtemps. C'est pas... Depuis très longtemps, effectivement, l'Europe demande que le ferroviaire soit ouvert
01:19à la concurrence.
01:20Karima Adeli, est-ce que vous pourriez nous réexpliquer un petit peu ça ?
01:23Alors, tout simplement, c'est qu'est-ce qu'on a dans le quatrième paquet ferroviaire ?
01:26C'est ça. Ce qu'on appelle le paquet ferroviaire, expliquons-le aussi.
01:30Alors, très simplement, dans le paquet ferroviaire, c'est deux piliers.
01:35C'est-à-dire qu'on a un premier... une première volonté, c'est d'harmoniser l'ensemble des normes
01:41européennes
01:41qui existent sur l'espace européen.
01:46Aujourd'hui, en Europe, il y a 10 000 normes.
01:49Vous voyez, rien que sur le ferroviaire.
01:50Donc, il a fallu harmoniser l'ensemble de ces normes.
01:53C'est ce qu'on appelle l'harmonisation des normes, premier pilier du paquet ferroviaire.
01:57Le deuxième paquet, c'est un paquet dit un paquet politique,
02:01où là, on a ce qu'on appelle l'ouverture à la concurrence.
02:04Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:05Ça veut dire concrètement, on va avoir un échéancier qui va dire à chaque pays d'ouvrir ses lignes
02:11pour, justement, des opérateurs européens.
02:15On en parlera tout à l'heure, ça a déjà commencé dans pas mal de pays.
02:18Il y a déjà des pays qui l'ont fait.
02:21Mais attention, lorsqu'on dit ouverture à la concurrence, il faut faire attention.
02:25Ce n'est pas de la privatisation.
02:27Et lorsque nous nous sommes battus au sein du Parlement, c'était de dire
02:31on peut faire de l'ouverture à la concurrence,
02:35donc cette libéralisation.
02:37Mais libéralisation ne veut pas dire dérégulation.
02:40Donc on a porté notamment...
02:42Ou dénationalisation, on y reviendra tout à l'heure là-dessus.
02:44C'est pour ça qu'on a porté des garanties pour réguler, justement,
02:48cette ouverture à la concurrence, avec des termes qui ont été
02:51la garantie du service public, la garantie sur la tarification sociale,
02:58la garantie, par exemple, quand je parle de tarification sociale,
03:01je parle vraiment des tarifs pour les jeunes, les personnes âgées,
03:04les chômeurs, etc.
03:05La garantie aussi d'un véritable maintien, justement,
03:11de la qualité des conditions, notamment de travail.
03:14On reviendra justement sur le statut...
03:16C'est ça, du cheminot, puisque ça a des gros points.
03:18Il faut faire attention, parce que j'entends beaucoup de politiciens en France
03:22dire beaucoup de bêtises.
03:24L'Europe ne va pas dire, il faut absolument que vous, France,
03:29vous attaquiez au statut des cheminots.
03:32C'est complètement faux.
03:33L'Europe ne dit pas, il faut que la SNCF, demain,
03:36devienne une entreprise privée.
03:38C'est une contre-vérité, puisque l'Europe ne va jamais choisir
03:41dans des modèles internes, si la SNCF doit rester
03:45une entreprise publique, plus, plus, plus.
03:47Ce sont les pays qui décident.
03:49Ce sont les pays qui décident.
03:50Et ensuite, ce sont le cadre qu'il faut respecter.
03:53Et ce cadre-là, c'est l'ouverture à la concurrence.
03:55C'est ça, qui doit être réalisé entièrement,
03:58effectivement, d'ici 2030.
04:00Mais d'ici la fin 2019, on rappelle les échéances.
04:04Le calendrier, c'est-à-dire que nous avons deux types
04:07d'ouverture à la concurrence.
04:09À partir de 2019, c'est sur les grandes lignes.
04:12Voilà, les lignes TGV, ce qu'on appelle en France.
04:14Et jusqu'à 2020-2023, et après, ce sera une généralisation,
04:21ce sera ce qu'on appelle sur les réseaux intermédiaires
04:23en France, et les TER, les intercités, etc.
04:26Donc, c'est sur ça.
04:27Mais attention, puisque sur ces deux grands volets,
04:31vous voyez, on a l'État et les régions qui sont responsables.
04:37Et ce n'est pas l'Europe qui va venir, justement,
04:40dire concrètement comment la gestion doit se faire.
04:44C'est véritablement l'État, et demain, les régions qui doivent,
04:48je le dis, mettre en place, justement,
04:51une ouverture à la concurrence, avec des garanties,
04:53notamment sur notre service public.
04:56D'accord.
04:57En quoi, justement, Yulou Samargi,
04:59en quoi la loi votée en France
05:03contrevient ou ne tient pas compte, finalement,
05:06ou on dit plus que ce que dit l'Europe ?
05:08Oui, si je peux me permettre de revenir sur la question de départ.
05:16Premièrement, cette affaire indique qu'on devrait davantage regarder
05:20ce qui se passe du côté du Parlement européen,
05:24parce que les Français semblent découvrir aujourd'hui
05:27les paquets ferroviaires.
05:29Alors qu'il a été adopté il y a deux ans.
05:33C'est le quatrième paquet ferroviaire,
05:35mais il y a eu le vote du troisième paquet ferroviaire,
05:38du deuxième paquet.
05:40Donc, c'est une affaire qui remonte depuis longtemps.
05:45Et ici, au Parlement européen,
05:47nous avons mené la bataille.
05:50Il y a là peut-être déjà une première divergence
05:53entre les Verts et nous.
05:55Je ne sais pas, je ne veux pas rentrer dans les votes individuels
05:58des uns ou des autres,
05:59mais pour ce qui nous concerne,
06:01nous nous sommes clairement, fermement opposés
06:04à cette ouverture à la concurrence.
06:07Et j'entends Karima qui dit
06:10qu'effectivement, il y a des garanties ici ou là.
06:13Il y a là une divergence entre nous.
06:16Nous nous sommes contre.
06:17Et nous considérons que ce cadre
06:20qui est posé aujourd'hui par Bruxelles,
06:23appelant intimement les États membres
06:26à aller vers l'ouverture à la concurrence du ferroviaire,
06:31nous le récusons.
06:33Et nous sommes contre cela.
06:35La deuxième chose qui, de mon point de vue,
06:39doit être prise en compte.
06:42Et je veux d'abord dire,
06:45pour aller plus loin par rapport à ce que Karima disait,
06:49qu'il y a une information qui a été révélée
06:52par Contexte, il y a quelques jours,
06:54votre confrère bruxellois de Contexte,
06:57qui indique que la Commission européenne
07:01aurait engagé le 6 mars ou le 8 mars
07:05une procédure d'infraction contre la France
07:09pour une mauvaise mise en œuvre
07:11des différents paquets ferroviaires.
07:14C'est pourquoi, lorsque nous disons
07:16qu'il y a des injonctions aujourd'hui de Bruxelles
07:21pour aller vers la libéralisation
07:24dans le ferroviaire,
07:26mais aussi dans d'autres secteurs,
07:28cela correspond à une réalité.
07:31La réalité aujourd'hui, je crois,
07:33pour prendre un peu de champ par rapport
07:35à ce dossier du ferroviaire,
07:37c'est qu'il y a une véritable volonté
07:39de mettre en cause partout en Europe
07:42le modèle d'État-providence,
07:44d'ouvrir, d'affaiblir les services publics,
07:48d'affaiblir le rôle de l'État,
07:50de faire place nette pour les acteurs privés.
07:53Et vous savez, lorsque l'État se retire,
07:55les besoins, eux, ils demeurent
07:57et les acteurs privés arrivent aujourd'hui.
07:59Sauf que tout ça se fait
08:01avec un coût social extrêmement important.
08:05On prend l'exemple, le modèle allemand en exemple,
08:08mais il faut voir qu'il y a eu 100 000 emplois
08:11qui ont été supprimés.
08:13Il y a eu la disparition du statut de cheminot,
08:18donc un coût social extrêmement important.
08:20Cela n'est pas forcément à l'avantage des usagers.
08:24On parlait des lignes pour les régions,
08:30mais là encore, il faut voir,
08:32déjà qu'il y a une désertification dure dans la ruralité,
08:37si celle-ci ne va pas être aggravée,
08:39par un enclavement encore plus grand,
08:43parce que très souvent,
08:44les acteurs privés ne veulent pas aller
08:46là où il y a des nécessités de missions,
08:49de services publics.
08:50Je vais revenir quand même sur ce que dit Yunus.
08:53Yunus lui dit une chose,
08:54il dit l'ouverture à la concurrence au fait,
08:56moi je suis contre d'entrée de jeu.
08:59Alors je lui demande concrètement comment il fait
09:01pour qu'aujourd'hui, par exemple en Allemagne,
09:05il y a énormément de trains SNCF.
09:08Qu'est-ce qu'on leur dit ?
09:09On leur dit, revenez en France,
09:12on leur dit quoi ?
09:14Je finis.
09:16Il y a énormément de trains SNCF
09:18qui ne se trouvent pas seulement en France.
09:20Il y a énormément de trains qui se trouvent ailleurs,
09:24SNCF qui sont ailleurs, première chose.
09:27Mais pourquoi ?
09:28Parce qu'il y a eu d'abord la mise en œuvre
09:30de l'ouverture à la concurrence
09:33sur les lignes internationales.
09:34Alors il y a deux choses.
09:36Et cela a été voulu et accompagné par des décisions.
09:40Alors il y a deux choses.
09:42C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
09:43on est dans ce qu'on appelle
09:44un réseau ferroviaire européen.
09:48C'est ça, le nationalisme ferroviaire
09:50semble abusible.
09:51Voilà, des interconnexions.
09:53Les interconnexions doivent nous dire quoi ?
09:55C'est que tous les trains qui viennent d'Italie,
09:57qui viennent de Belgique et de l'Orient,
09:59doivent aller sur un territoire ou un autre.
10:01D'accord ?
10:02La première chose qui est dite,
10:04c'est que sur certaines lignes,
10:06bah oui, plus il y aura de trains,
10:08mieux ce sera.
10:09Pourquoi ?
10:09Parce que, et c'est ça qu'il faut comprendre,
10:12l'ouverture à la concurrence devrait avoir
10:14notamment plus de trains.
10:16Parce que le vrai débat...
10:20La question est là.
10:21Qu'est-ce que ça apporte l'ouverture à la concurrence ?
10:23On peut soit dans une position de principe,
10:25soit dire il y a des avantages.
10:26Ils n'ont pas toujours beaucoup de sens, tu sais.
10:27Allez-y, Karim Adéli.
10:29Le but n'est pas d'avoir des trains
10:31les uns après les autres.
10:33C'est ça le problème.
10:34C'est ce qui se passe.
10:35Non, non, c'est pas ce qui se passe, justement.
10:36Pourquoi ça ne se passe pas comme ça ?
10:38Parce qu'on n'a pas les trains
10:39les uns après les autres,
10:40parce qu'en France,
10:42notre réseau n'est pas le même
10:43que celui de l'Allemagne.
10:45Il n'est pas le même que celui
10:47notamment de l'Angleterre.
10:48J'entends une chose,
10:49et c'est pour ça qu'on n'a pas d'accord
10:51sur ce qu'on met derrière
10:52l'ouverture à la concurrence.
10:53Ouverture à la concurrence,
10:54ça ne veut pas dire privatisation.
10:56La privatisation, c'est la mort du rail.
10:58On l'a vu où ?
10:58On l'a vu en Angleterre.
11:00En Angleterre, il y a deux choses
11:01qui se sont passées à partir...
11:02Depuis les années 80, avec Thatcher.
11:04En 1995, on a privatisé dans les 5 ans.
11:07On n'a jamais eu autant d'accidents de trains
11:09parce que là, on n'a pas fait quoi, justement,
11:12de la garantie sur une véritable rénovation, etc.
11:18Donc la privatisation, pour la privatisation,
11:20ça ne marche pas.
11:22D'ailleurs, il y a eu marche arrière du côté des...
11:23Je finis, s'il te plaît.
11:25La deuxième chose qui est importante,
11:26c'est que nous, on a eu l'exemple de la privatisation en France
11:30et vous l'avez rappelé, c'est sur la question du fret.
11:34C'était le premier paquet ferroviaire.
11:36Ça n'a absolument...
11:38Je n'ai pas vu des mouvements de grève, etc. sur le fret
11:40parce qu'on avait dit
11:41tant mieux qu'il y a du fret à l'ouverture à la concurrence.
11:44Pourquoi ?
11:44Parce qu'on va avoir plus de camions sur le rail.
11:48Et c'est ça le vrai problème de la réforme ferroviaire.
11:51C'est-à-dire, ce n'est pas la concurrence entre les trains,
11:53c'est la concurrence entre la route
11:56et le train.
11:57Et personne ne veut voir ce sujet-là.
12:00Pourquoi ?
12:01Parce que le sujet de la concurrence de la route,
12:04c'est qu'aujourd'hui, il faut avoir du courage politique.
12:06Pour dire quoi ?
12:07Il faut en mettre en place,
12:09comme partout ça se fait en Europe,
12:11une fiscalité écolo, une redevance pas lourde,
12:14dont les recettes iront...
12:15On revient sur un thème, voilà.
12:16A la rénovation ferroviaire.
12:17Chacun a compris que Karima défend avec beaucoup de conviction la réforme.
12:22Non, mais parce que moi, je veux plus de trains, Yanus.
12:24La réforme, mais aussi avec une assurance qui me déconcerte.
12:30Pas tous les aspects de la réforme.
12:31Avec une assurance qui me déconcerte, Karima,
12:34par rapport à la confiance que tu as dans l'avenir.
12:37Je crois, pour mon point de vue,
12:39que nous n'avons aucune garantie,
12:41aucune garantie,
12:43qu'il n'y ait pas demain
12:45un processus de privatisation
12:48qui soit engagé.
12:50Et je crains, je crains que nous nous situons aujourd'hui
12:54dans une première étape
12:56pour celles et ceux
12:57qui ont suivi
12:58les travaux à l'Assemblée nationale
13:00et la bataille qui a été menée
13:03par un certain nombre de groupes politiques
13:05et qui ont mené la bataille, par exemple,
13:08sur l'incessibilité.
13:10Eh bien, les amendements
13:11qui ont été proposés
13:13ont été tous rejetés
13:15par la République.
13:16Il y a un risque ou quoi, clairement ?
13:17Eh bien, clairement, il y a un risque.
13:18C'est pour ça que je voudrais revenir sur ça.
13:21Et c'est pourquoi la bataille
13:22est une bataille
13:23qui doit être menée
13:24contre un processus,
13:26une finalité de privatisation.
13:29Et c'est dès le départ
13:30qu'il faut mener le combat.
13:31Alors, Younous, sur ça,
13:32on est totalement d'accord.
13:33C'est-à-dire que moi, je me bats, pourquoi ?
13:36Moi, je me suis toujours battue
13:38pour que la SNCF reste un épique
13:40pour deux choses.
13:41La première chose,
13:43et tu as raison de le dire,
13:45si ça devient une société anonyme
13:46comme c'est en train de se dessiner
13:48et que ça a été voté à l'Assemblée,
13:49j'ai regardé les amendements.
13:51Et Macron va plus loin
13:51que ce que l'Europe exige.
13:53On est d'accord pour dire
13:54que le risque est réel.
13:56Là, il faut le dire.
13:57On est d'accord pour dire
13:57que le risque est réel.
13:58Ce n'est pas l'Europe qui demande ça.
13:59Et Macron va beaucoup plus loin
14:01que les injonctions de bancaire.
14:03Et j'ai regardé justement
14:04là où ça devient assez intéressant,
14:07c'est-à-dire qu'on nous dit
14:08que ça devient une société anonyme
14:10à capitaux public.
14:12Donc, ce n'est pas...
14:14Si, ça reste public,
14:16mais c'est une société anonyme.
14:17Donc là, on commence...
14:18Et on a des précédents.
14:19Avec vos amendements
14:20qui ont été rejetés,
14:22mais moi, le drame de cette affaire,
14:23parce qu'il faut le dire,
14:24le drame de cette affaire,
14:27c'est qu'une société anonyme
14:28ne peut pas s'endetter.
14:30Ça veut dire quoi ?
14:31Ça veut dire que la CNCF,
14:33qui aujourd'hui a une dette
14:34de 50 milliards d'euros,
14:36qui est un déficit structurel
14:38dû à 30 ans
14:39dans l'investissement
14:41sur le TGV.
14:42Sachant que c'est notre particularité française,
14:45on parlait tout à l'heure
14:46de la comparaison
14:46avec les Allemands, etc.
14:48Nous, on est sur le TGV, quoi, clairement.
14:52Le problème de fond dans cette histoire,
14:54et c'est ça qui va être très intéressant,
14:56c'est qu'on est en train
14:57de faire une réforme
14:58sans se poser les vraies questions.
14:59Combien l'État va prendre de la dette ?
15:00Aujourd'hui, on ne sait pas.
15:02Deuxième chose,
15:03c'est que si on ne prend que progressivement,
15:06il va falloir quand même
15:07payer cette rénovation du ferroviaire.
15:09On nous dit quoi ?
15:10On nous a fait une annonce
15:12en nous disant
15:13aujourd'hui, pour la première fois,
15:15la France va investir
15:17de manière majeure sur le rail,
15:20en disant 10 millions par jour.
15:23Mais 10 millions par jour ?
15:25Quand vous regardez sur 10 millions par jour,
15:28alors je les chiffres
15:29parce que ça, ça m'a fait bondir,
15:3110 millions par jour pendant 10 ans,
15:34ça représente 3,5 milliards d'euros.
15:36Quand la Deutsche Bank dit
15:39cette année, rien que cette année,
15:41c'est près de 9 milliards d'euros.
15:43Donc on a 10 ans de rénovation,
15:45la Deutsche Bank dit
15:46en un an, nous on met 9 milliards.
15:49Donc ce sont des choix politiques
15:50qui sont à faire.
15:50Pour aller dans le même sens que Karima,
15:53effectivement, la Deutsche Bank
15:54dit 9,8 milliards d'euros, je crois,
15:57d'investissement en un an.
16:00Une société anonyme
16:01n'a pas le même rapport
16:03avec la dette
16:04qu'un acteur publique.
16:06Et à partir de là,
16:07la question qui doit être posée,
16:09c'est qui fera les frais
16:11de cette situation ?
16:13Et la pression se fera
16:15à ce moment-là,
16:16évidemment,
16:17sur les salaires,
16:19sur les évolutions
16:20au sein des carrières
16:22de celles et ceux
16:23qui sont à la SNCF.
16:25Et puis là,
16:27la conséquence se fera
16:28sur le peu d'investissement
16:30pour la modernisation
16:33absolument nécessaire.
16:34Donc c'est pourquoi
16:35ce choix est un choix
16:37qui est très mauvais.
16:39Et on a raison de le dire.
16:41Et en tant que député européen,
16:43il n'est pas possible
16:43de dire le contraire
16:44parce que les textes sont là.
16:46Le gouvernement Philippe
16:48et Macron
16:48vont beaucoup plus loin
16:50que ce qu'impose déjà
16:52l'Union européenne
16:53avec l'ouverture
16:55à la concurrence.
16:56Et c'est pourquoi
16:56la bataille,
16:57elle doit être menée
16:59globalement.
17:00Et globalement,
17:01cela doit être refusé.
17:02Et je crois que
17:03les mobilisations
17:04qui sont en cours,
17:05j'espère,
17:06permettront d'aller
17:07par la négociation
17:08à des améliorations.
17:10Alors,
17:10sur ça,
17:11le problème de fond,
17:13c'est la méthode.
17:14Et ça,
17:14il faut vraiment le marquer.
17:16Moi, j'étais dans
17:17ce qu'on appelle
17:18le comité Duron.
17:19Le comité Duron
17:20a rendu
17:20une feuille de route
17:21incroyable
17:22pour une fois
17:23sur les infrastructures,
17:24notamment en France.
17:26Ce dont nous avons besoin.
17:29juste après,
17:30on a un rapport
17:30qui s'appelle
17:31le rapport Spinetta.
17:33Et là,
17:33à coup,
17:34vraiment de l'âme
17:35tranchante dit quoi ?
17:36Il faut s'attaquer
17:37au statut
17:38des cheminots,
17:39il faut supprimer
17:419000 kilomètres
17:43de rails,
17:44etc.
17:45Et on voit bien
17:46que là,
17:47il y a un problème
17:47de méthode.
17:48C'est-à-dire
17:49qu'au lieu de se dire
17:50« Hé,
17:51maintenant,
17:52une politique
17:53de transport française,
17:54on ne peut pas
17:55la bâtir
17:55comme ça
17:56d'un claquement de dents.
17:57il faut vraiment
17:59voir dans la perspective
18:00une politique
18:01des transports,
18:02il faut avoir
18:02une vision
18:02sur 10 ans,
18:0420 ans.
18:05Pourquoi ?
18:05Parce que ce sont
18:06des investissements
18:07qui sont lourds,
18:08très lourds.
18:09Et là,
18:09qu'est-ce qu'on dit ?
18:10On dit
18:10« Je sors les ordonnances. »
18:13Mais comment on peut
18:14faire ça ?
18:15Où est le dialogue social ?
18:16Ce n'était pas
18:17la bonne méthode.
18:17Ce n'est pas la question.
18:18Encore une fois,
18:19une méthode qui a été
18:19brutale.
18:20Maintenant,
18:20je reviens
18:21sur quand même
18:22le dispositif français
18:24parce que tout a été
18:25mélangé.
18:26On parle de statut
18:26du cheminot,
18:27du statut de la SNCF.
18:29On parle maintenant
18:29de la dette,
18:31comment on va faire ?
18:32Et le problème,
18:33il est là.
18:34C'est-à-dire qu'à un moment,
18:35il faut se poser
18:35les vraies grandes questions.
18:37Les vraies grandes questions,
18:39c'est que,
18:40un,
18:41sur une prospective,
18:42notamment à long terme,
18:43c'est la question du climat.
18:45Tout le monde nous dit
18:46« La pollution de l'air,
18:47ça suffit. »
18:48Comment on relance le rail ?
18:49Comment on relance le rail ?
18:51Je le redis,
18:52il faut aujourd'hui
18:54une redevance
18:54poids lourd.
18:55L'Europe,
18:56la France,
18:57traînent les pieds.
18:58Heureusement que
18:59la commission de transport
18:59va activer la chose
19:01puisque nous devrions avoir
19:02une feuille de route
19:03assez rapide.
19:04Deuxième chose,
19:05et ça,
19:06je tiens à le dire
19:06sur le statut
19:07des cheminots
19:07dont on n'a pas assez parlé.
19:09Les cheminots,
19:10qu'ils soient en gare,
19:12qu'ils soient dans les trains,
19:13etc.,
19:14apportent une chose importante
19:15dont personne ne parle,
19:17c'est qu'ils sont qualifiés.
19:19Ce sont des personnels qualifiés.
19:21On a besoin
19:22de personnel qualifié
19:23parce que derrière,
19:23il y a quoi ?
19:24Il y a la question
19:25de la sécurité.
19:26Il y a la question
19:27de la sécurité
19:27des passagers
19:29qui sont à bord
19:30et également,
19:31notamment,
19:34des personnels.
19:35Et on voit bien
19:36si on fait la comparaison,
19:37et là,
19:37c'est terrible,
19:39c'est plus vous précarisez
19:40les métiers
19:41dans les transports,
19:42plus le risque
19:44de sécurité augmente.
19:46On l'a vu
19:46dans l'aérien
19:47avec l'arrivée
19:48du low cost.
19:49Regardez ce qui se passe
19:50en termes de sécurité.
19:51Là, c'est pareil.
19:52Donc maintenant,
19:53moi,
19:54ma vraie peur,
19:55ce n'est pas le statut
19:55des cheminots,
19:56ça va plus loin.
19:58Et là,
19:59je vois,
19:59et là,
20:00j'ai très peur
20:00de ce qui a été voté
20:03à l'Assemblée nationale,
20:04c'est le transfert
20:05de personnel.
20:06Qu'est-ce que ça veut dire,
20:06le transfert de personnel ?
20:08nous avons un opérateur européen
20:10qui vient en France
20:11et qui dit,
20:13finalement,
20:13moi,
20:14je viens,
20:14mais je ne sais pas
20:15si je vais prendre
20:17le personnel
20:18de la SNCF.
20:19C'est ça.
20:20C'est ça.
20:21Donc,
20:21les amendements
20:22qui ont été adoptés,
20:23j'ai bien regardé,
20:24il y aura une garantie,
20:25justement,
20:26de reprendre
20:27le personnel
20:29volontaire,
20:30s'ils le veulent,
20:31justement,
20:32de reprendre
20:32avec les mêmes statuts,
20:35les mêmes garanties
20:36pour le régime
20:37spécial de retraite,
20:38etc.,
20:38ça,
20:39c'est très bien.
20:39Mais le problème
20:40que j'ai,
20:41c'est,
20:41et tous ceux
20:42qui refusent,
20:44qu'est-ce qu'on fait ?
20:46Qu'est-ce qu'on fait
20:47sur ce...
20:48Est-ce que c'est
20:48un licenciement automatique ?
20:51Est-ce que ça va être...
20:52Vous voyez ?
20:53Et donc,
20:53c'est pour ça aussi,
20:54je crois que Younous
20:55est avec moi d'accord
20:57sur cette question-là.
20:58Nous ne pourrons pas
20:59laisser faire.
21:00Parce que derrière,
21:01ce n'est pas seulement
21:02des métiers,
21:03c'est aussi,
21:04ben,
21:06des salariés
21:06qui, eux aussi,
21:07ont une culture
21:08de cheminot,
21:09mais surtout,
21:10ben,
21:10défendent un métier
21:11qu'ils adorent.
21:12Et donc,
21:12les conséquences
21:13peuvent être très graves.
21:14Un mot pour clôturer
21:16un petit peu
21:17ces discussions
21:18où il y a plein
21:18d'informations
21:19et de points,
21:20finalement,
21:20communs que vous avez,
21:21malgré tout,
21:22sur cette réforme
21:23et sur ce rapport.
21:24On peut faire
21:24beaucoup de discours.
21:27Mais cela renvoie,
21:28finalement,
21:29à la responsabilité
21:30qui est la nôtre,
21:32lorsque nous appuyons
21:33ici sur le bouton
21:34pour voter
21:36sur les règlements
21:38européens.
21:39Car beaucoup,
21:40aujourd'hui,
21:41en France,
21:44qui ont voté
21:45pour les paquets
21:46ferroviaires,
21:48viennent dire
21:49des garanties,
21:50ceci, cela,
21:50etc.
21:51nous avons voté
21:53contre Jean-Luc Mélenchon.
21:56Mais nous aussi.
21:57Pour un certain nombre
21:58de choses,
21:58on l'a dit,
21:59on l'a expliqué.
22:00Et c'est pourquoi
22:01nous sommes parfaitement
22:03légitimes,
22:03aujourd'hui,
22:04à continuer le combat.
22:06La question,
22:07aujourd'hui,
22:07c'est quelle bataille
22:08on mène.
22:09Si on veut une vraie
22:10bataille du rail,
22:10il faut investir.
22:11Il n'y a pas
22:12d'autres solutions.
22:14Il faut investir
22:14dans les professions,
22:16il faut investir
22:16sur le rail,
22:17parce que c'est là
22:18où c'est la bataille
22:19du climat,
22:20c'est la bataille
22:20de l'emploi,
22:22mais c'est surtout
22:22la bataille
22:23de la cohésion
22:23de notre territoire.
22:24Merci.
22:25On va être obligés
22:25de terminer.
22:26Merci à vous,
22:27Karim Adeli.
22:28Merci.
22:28Nous sommes argis.
22:29On continue à nous suivre
22:30sur le site
22:31de l'humanité.fr.
22:32Merci.
22:32Au revoir à vous.

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