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  • il y a 13 heures
A un mois de la date butoir, quelle va être la décision de l'Europe concernant la prolongation d'autorisation du glyphosate ? Enjeux, alternatives et que veut la France ? Entretien avec le député européen Eric Andrieux (S et D), spécialiste des questions agricoles.

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Transcription
00:11Éric Andrieux, bonjour. Vous êtes député socialiste et démocrate ici au Parlement européen.
00:17On va parler du glyphosate. Saison on ne sait plus laquelle, saison X.
00:22On n'arrive plus à compter le nombre d'épisodes.
00:25Rappelons tout de même, on est là pour rappeler très précisément où on en est et ce qui se passe.
00:30Rappelons au moins le dernier épisode, ça c'était jeudi dernier,
00:34où les 28 États membres de l'Union européenne n'ont pas réussi à se mettre d'accord
00:39sur une proposition de la Commission européenne,
00:44en ce qui concerne bien sûr le renouvellement de l'autorisation du glyphosate, l'herbicide de Monsanto.
00:51Dites-nous un petit peu précisément, faites un peu un commentaire sur ce vote qui a eu lieu
00:57et qui a abouti encore une fois à un épisode suivant dont on va parler après.
01:01Mais commentaire sur ce vote tout de même, ceux qui ont voté pour, contre et ceux qui se sont abstenus
01:06?
01:06C'est ce qu'on appelle le comité PAF, donc des plantes et des animaux, qui se réunit.
01:13Ce comité-là rassemble, on regroupe les 28 États membres, dans tous les cas des experts de 28 États membres,
01:21mais qui ont le pouvoir de voter, qui ont mandat pour voter au nom de l'État membre.
01:28Le principe, lorsque la Commission soumet, comme c'est le cas, devant ce comité,
01:36la possibilité de réautoriser l'utilisation d'une molécule, en l'occurrence celle du glyphosate,
01:42il faut que ça se décide de la majorité qualifiée.
01:45La majorité qualifiée, c'est 55% des États qui représentent 65% de la population.
01:51Or, la Commission a proposé, donc, la première étape, 10 ans de renouvellement d'autorisation de cette molécule,
01:58ce sur quoi la majorité qualifiée n'a pas été obtenue, donc.
02:02Et la Commission a essayé, mais n'a pas fait voter, de proposer 5 ans,
02:06d'abord 7 ans et 5 ans d'autorisation de la molécule.
02:10Et là, également, il n'y a pas eu de vote, mais pour l'instant, on ne se dégage pas
02:13de majorité qualifiée.
02:15Sachant qu'au niveau des États, il y a la moitié des États qui sont pour.
02:21Puisqu'on parle, effectivement, c'est compliqué à expliquer,
02:23puisqu'entre en jeu la population que représentent ces États,
02:28le nombre de citoyens de chaque État.
02:31Si on regarde un petit peu en détail, au niveau du vote,
02:34de l'ensemble de la population représentée,
02:37on est en gros à un tiers, un tiers, un tiers.
02:39C'est-à-dire qu'il y a à peu près un peu plus d'un tiers qui serait pour,
02:43un peu plus d'un tiers qui s'abstiendrait,
02:45et un peu plus d'un tiers en termes de représentation.
02:47C'est ça, c'est 30-30-30, normalement, c'est ça.
02:50Quelles sont, alors, les conséquences de ça ?
02:54Épisode suivant, alors, parlons de l'épisode suivant.
02:56Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
02:57Alors, parce que là, ce comité, paf, qui s'est réuni,
03:00donc il n'y a pas eu de majorité qualifiée.
03:02L'étape suivante, donc, va se réunir le 28 ou le 29 novembre,
03:06ce que nous en savons, ce qu'on appelle un comité spécial.
03:10C'est ça.
03:10C'est-à-dire qu'on change de niveau, on disait comme ça,
03:12c'est-à-dire que ça va être le comité qui réunit,
03:14qui rassemble les ambassadeurs de l'ensemble.
03:16Un genre de comité d'appel qui reprend la question.
03:19Exactement, qui reprend la question de la commission.
03:20La commission est en devoir de reposer la même question.
03:24En gros, renouvellement, renouvellement,
03:27pour l'utilisation de la molécule, pour 5 ans,
03:31puisqu'elle est sur 5 ans là-dessus.
03:33Et sur cette question-là, il peut y avoir 3 scénarios.
03:36Donc, soit, effectivement, il y a majorité qualifiée obtenue.
03:41Voilà, donc à ce moment-là, ça veut dire qu'on va pouvoir
03:43utiliser la molécule pendant les 5 ans qui viennent.
03:46Et au bout des 5 ans, un point devra être fait
03:49pour remettre cette question-là en l'ordre du jour.
03:51Ça veut dire renouvellement, ça ne veut pas dire
03:53qu'on va arrêter la molécule, on va la renouveler pendant 5 ans.
03:56Et ensuite, nous verrons dans 5 ans ce qui là deviendra.
03:58Second scénario, il n'y a pas de majorité qualifiée.
04:01C'est un scénario-là.
04:03Donc là, ça veut dire que c'est la commission qui prend la main.
04:07Et s'il n'y a pas de majorité qualifiée,
04:08la commission peut exécuter sa propre proposition,
04:12renouvellement, ou peut procéder au prologement,
04:18donc à l'extension, pardon, de l'utilisation de la molécule,
04:21comme elle l'a fait en 2016.
04:23Troisième scénario, ça veut dire que les États membres
04:27votent contre, à majorité qualifiée,
04:29la proposition de la commission.
04:30Et là, ça veut dire qu'au 15 décembre,
04:33la molécule, donc, est interdite.
04:35C'est-à-dire qu'on rentre dans ce qu'on appelle
04:36le règlement pesticide, au niveau communautaire,
04:40qui est très précis, et qui dit,
04:41le règlement pesticide dit, dans l'hypothèse
04:44où la molécule ne serait plus autorisée
04:46à partir du 15 décembre,
04:47nous pourrons l'utiliser pendant un an,
04:50et ensuite, nous avons entre 6 mois
04:52et 2 ans pour vider les stocks.
04:54Voilà, ce qui voudrait dire un maximum
04:563 ans d'utilisation de la molécule.
04:58Compte tenu de l'importance,
05:01de l'énormité du combat qui se mène
05:02sur cette question du glyphosate au niveau européen,
05:05on a envie de dire que cette possibilité-là,
05:07dont vous parlez, la dernière,
05:09est peu probable.
05:10C'est-à-dire qu'il va forcément y avoir,
05:12avant le 15 décembre,
05:13un accord qui va être passé d'une manière ou d'une autre.
05:15Est-ce qu'on peut dire ça ?
05:16Oui, mais c'est très difficile
05:18puisque les positions des États évoluent.
05:20Vous avez vu l'Allemagne qui était plutôt sur l'abstention
05:22du égard à la difficulté de composer un gouvernement.
05:25On a entendu le ministre de l'agriculture allemande,
05:28Christian Schmitt, dire
05:29« je suis plutôt d'accord avec la position de la France
05:31qui est sur un renouvellement de 3 ans ».
05:33Mais, si vous voulez, là aussi,
05:35il faut clarifier les positions
05:36parce que les termes,
05:37et puis la langue française,
05:38ou la langue en général,
05:40chaque mot a un sens.
05:41Quand on parle d'extension,
05:44c'est une chose,
05:44c'est-à-dire qu'on peut étendre l'utilisation.
05:46Si on parle de renouvellement,
05:47c'est-à-dire qu'on ne stoppe pas l'utilisation.
05:49Nous, au Parlement européen,
05:50nous avons parlé de phasing out,
05:52c'est-à-dire de sortie de l'utilisation de la molécule.
05:55C'est ça.
05:55Et à l'heure actuelle,
05:56dans la procédure qui est en cours,
05:58on va l'appeler comme ça,
05:59le mot interdiction n'est jamais pris en compte
06:01et jamais prononcé.
06:02Non, parce que le règlement,
06:03à l'État, ne le permet pas.
06:05La Commission ne peut pas dire
06:06« je vais interdire la molécule dans 3 ans ou 5 ans ».
06:11C'est ça.
06:11En fait, je vais dire « je renouvelle pendant 3 ans ».
06:13Une interdiction préventive pour les années à venir,
06:15ce n'est pas possible.
06:16Mais ce que nous disons, nous, au Parlement,
06:17on dit « écoutez, nous, on est pour une période
06:20de sortie de la molécule »,
06:21donc l'égard au sujet qui est devant nous,
06:23qui nous occupe,
06:24c'est-à-dire de 5 ans,
06:25ça veut dire que c'est 3 ans de renouvellement
06:28et ensuite 2 ans de sortie.
06:30C'est-à-dire 1 an pour appliquer le règlement pesticide
06:32et 1 an pour vider les stocks.
06:34Et ce qui nous permet, dans 5 ans,
06:36d'accompagner le secteur de l'agriculture
06:38pour qu'ils changent de pratiques et de modèles.
06:41On a parlé de l'Allemagne.
06:42Alors, disons, quelle est la position de la France, clairement ?
06:46Est-ce qu'elle est claire, cette position de la France, aujourd'hui ?
06:49Écoutez, il y a plusieurs échos, plusieurs paroles.
06:52Donc, si on écoute le ministre de l'Agriculture,
06:54Stéphane Travert, il a une position.
06:55Si on écoute le ministre, donc, de l'Écologie et du Développement Durable,
06:59Nicolas Hulot, il a une autre position.
07:02Donc, il semblerait que la position de la France,
07:04j'ai bien compris, parce que c'est un petit peu compliqué à savoir...
07:07Ce qui est quand même incroyable qu'un député européen,
07:11français, ne puisse pas exactement dire la position de la France.
07:13Ce que nous avons à notre connaissance,
07:15c'est qu'ils sont contre la proposition de la Commission,
07:18qui est celle de 10 ans.
07:19Donc, dernièrement, ils étaient contre la position de la Commission,
07:22qui est celle de 5 ans.
07:23Et la France serait enclin, a priori,
07:26à proposer un renouvellement de 3 ans.
07:28Mais renouvellement de 3 ans,
07:30ça ne veut pas dire sortie du glyphosate à 3 ans.
07:32Ça veut dire qu'au bout de 3 ans, on renouvelle,
07:35on recommence la feuille.
07:37Moi, je pense qu'il faut, aujourd'hui, dire...
07:40Il y a un enjeu majeur qui est posé,
07:42et l'élément du glyphosate est, comment dire,
07:44symptomatique d'une situation.
07:46C'est que nous est posé à nous la question du modèle agricole.
07:48C'est ça, la question qui est posée.
07:50Et que l'enjeu et la responsabilité politique
07:52qui est la nôtre,
07:53c'est de savoir comment accompagnons-nous la profession,
07:57le secteur agricole,
07:58à passer d'un modèle à un autre modèle agricole
08:01qui garantisse les enjeux de santé humaine, principalement.
08:03Et ça, vous sentez ça, en France, à l'heure actuelle,
08:07dans le milieu agricole ?
08:09Vous sentez ce débat-là être pris en compte ?
08:13Ou pas vraiment ?
08:13Non, sincèrement, oui.
08:16Il y a une histoire de génération.
08:18Mais on revient encore, même dans le milieu viticole,
08:20qui est, disons, fort consommateur...
08:22La ligne le plus gros consommateur avec l'arboriculture.
08:24...de glyphosate.
08:25Aujourd'hui, je lisais encore ce matin des sondages
08:27qui ont été faits auprès de la profession,
08:29où si on prend toutes les catégories d'âge des viticulteurs,
08:32il y a plus de 60% qui prétendent vouloir utiliser le glyphosate.
08:39Si on prend les plus jeunes vignerons,
08:41on est à 50% qui veulent utiliser le glyphosate.
08:44Donc ça veut dire qu'on voit bien que ça s'est présent dans les esprits
08:48et qu'aujourd'hui, c'est en pleine progression.
08:50C'est-à-dire que les agriculteurs en général,
08:52dont les vignerons, ont pris conscience, je crois, avec force,
08:55et ce n'est pas nouveau d'ailleurs,
08:56que leur principal allié, c'était le consommateur.
08:59Oui, c'est ça.
08:59Et qu'aujourd'hui, le consommateur pose des niveaux d'exigence
09:02et quand nous disons, nous, et je le dis avec force,
09:04qu'il faut se poser ces questions-là
09:06de l'utilisation de la chimie en agriculture,
09:08ce n'est pas pour faire du mal à l'agriculture
09:10ou aller à l'encontre de l'intérêt des agriculteurs.
09:12C'est pour essayer d'anticiper sur ce vers quoi
09:14l'agriculture va devoir tendre dans les années à venir.
09:17Comme elle doit répondre au climat,
09:19elle va devoir répondre à des modes opératoires
09:21différents que ceux qu'on a eus par le passé.
09:24Alors c'est vrai qu'on a l'impression que ce thème-là
09:26existe dans l'opinion.
09:28Il y a une discussion au niveau de la consommation
09:29pour qu'on mange mieux, que ce qu'on ait dans nos assiettes
09:32soit plus sain, etc.
09:34Selon quelle modalité aujourd'hui
09:36ce lien, l'avancée
09:38de ces discussions
09:39pourrait se faire entre le milieu agricole
09:41et le milieu des consommateurs ?
09:43Pour l'instant, on n'a pas vraiment l'impression
09:44que chacun a son côté.
09:46On n'a pas l'impression qu'il y a vraiment un mouvement
09:49citoyen des deux côtés, j'allais dire,
09:51pour que cette question-là avance
09:52et qu'elle soit l'objet d'un débat public large,
09:54partagé, etc.
09:55qui puisse faire avancer la question.
09:57Moi, je fais partie de ceux qui pensent
09:58que nous devons remettre l'agriculture,
10:01ce que nous essayons de faire,
10:02et l'alimentaire,
10:03donc au cœur du débat politique.
10:05C'est un petit peu la mission
10:06que je me suis un petit peu donnée ici
10:08dans ce Parlement
10:09parce qu'on a trop longtemps isolé
10:11l'agriculture comme un secteur
10:13dit vertical.
10:14Donc voilà,
10:15et un petit peu à marge.
10:16En gros, on leur donne...
10:17Ça ne concerne qu'une profession minoritaire.
10:19Voilà, c'est ça.
10:19C'est 37% du budget de l'Union européenne.
10:21Donc on leur fait une petite PAC.
10:23Entre eux, ils se distribuent l'argent,
10:25ils régulent un petit peu, voilà.
10:27Non, je pense que l'enjeu agricole aujourd'hui,
10:29il est éminemment sociétal
10:30parce que l'agriculture n'est pas une économie comme une autre.
10:33Parce qu'elle intervient par le fait alimentaire
10:35sur la santé humaine.
10:36C'est pas rien.
10:37Or, on l'a oublié.
10:38Bon, voilà.
10:38Et qu'un aliment,
10:39il y a des nutriments dans un aliment
10:41où il n'y en a pas
10:41et que c'est des questions
10:42qu'on ne peut plus ne pas se poser.
10:44Qu'il y a des enjeux agronomiques,
10:45donc déjà santé humaine,
10:46que cette économie-là,
10:47elle intervient sur notre environnement,
10:49c'est-à-dire le bien commun,
10:50sur l'eau, sur le sol, sur l'air.
10:52Et que du coup,
10:53on doit considérer cette économie
10:54de façon différente.
10:56Et que donc,
10:56elle doit interpeller cette vision,
10:58je dirais, du système,
10:59ou systémique de la vie.
11:01Et c'est ça l'enjeu du moment.
11:02Et puis il y a une question sociale,
11:03bien entendu,
11:04c'est le devenir des agriculteurs.
11:05Alors actuellement,
11:06qui est vraiment à devenir à risque.
11:09Exactement.
11:09C'est-à-dire qu'il y a l'enjeu santé humaine,
11:11il y a l'enjeu environnement,
11:12il y a l'enjeu emploi et territoire.
11:14C'est-à-dire qu'effectivement,
11:14est-ce qu'on considère
11:15que l'agriculture est une des activités économiques
11:18qui irrigue le milieu rural
11:20et qui permet la vie
11:20sur des territoires difficiles,
11:22comme les territoires de montagne,
11:23les territoires de piémont ?
11:24Donc, il faut que le politique
11:27réponde à ces questions-là
11:28avec sa position de politique.
11:30Alors, pour revenir à ce qui est en cours
11:32à l'heure actuelle,
11:32est-ce qu'on pourrait imaginer,
11:33je pose la question,
11:34que la Commission européenne
11:36laisse libre les États
11:37de choisir chacun leur formule
11:39en ce qui concerne l'interdiction ou pas
11:42ou la continuation ?
11:43Non, ça, sincèrement,
11:44ça me paraît compliqué,
11:46donc difficile pour le moins,
11:47parce qu'on rentrerait sur des,
11:49comment dire,
11:50des concurrents déloyales.
11:51Donc, c'est-à-dire,
11:52on ne serait pas dans la même...
11:53Si des États sur un marché unique
11:55se mettent à utiliser des molécules
11:57et d'autres pas,
11:58là, ça va nous dire compliqué
11:59pour les agriculteurs.
12:01Donc, je crois que nous sommes
12:01dans l'obligation
12:02de commettre un choix collectif
12:04dans l'intérêt des agriculteurs
12:06de l'Union européenne,
12:07des Français principalement,
12:08mais de ceux de l'Union européenne,
12:10parce qu'il y a les enjeux,
12:11je dirais,
12:11du marché intérieur de l'Union,
12:13mais il y a aussi un enjeu important
12:14avec les États tiers.
12:16C'est-à-dire qu'on doit...
12:16Ces éléments-là,
12:17donc, des molécules,
12:19doivent aussi intervenir
12:20dans les futurs accords
12:21de libre-échange
12:22que nous allons avoir
12:23avec les pays tiers,
12:24puisqu'on ne peut pas laisser,
12:25comment dire,
12:26entrer des produits,
12:27ce qui est le cas aujourd'hui
12:28sur notre territoire européen,
12:29qui ne répondent pas
12:30aux mêmes normes.
12:31Donc, quand on tire
12:32le fil du glyphosate,
12:33on voit bien que ça touche
12:34un bon nombre de secteurs,
12:35santé, environnement,
12:37accords de libre-échange,
12:38accords internationaux,
12:39et que du coup,
12:40évidemment,
12:40comme ça touche plusieurs acteurs,
12:42on voit bien que la pression
12:43économique est grande.
12:44D'ailleurs, aujourd'hui,
12:45depuis 48 heures maintenant,
12:47il y a eu une contre-attaque
12:48des pro-glyphosates
12:49ou des pro-intrants,
12:50si vous voulez,
12:51du point de vue médiatique.
12:52On voit bien ici,
12:53telle pression,
12:54telle émission,
12:55tel article de presse,
12:57telle série de tweets
12:58qui arrivent, etc.
12:59On voit bien qu'il y a du regain
13:02des lobbies des pesticides.
13:04Et il y a une partie fondamentale,
13:06selon vous,
13:07qui se joue dans ce combat
13:09que vous êtes en train de décrire,
13:10qui est la réalité,
13:11entre les institutions européennes
13:13toutes confondues,
13:14les États,
13:15les multinationales,
13:17des milieux professionnels
13:18comme les milieux agricoles,
13:19mais aussi, j'allais dire,
13:20des agences d'évaluation,
13:22des scientifiques, etc.
13:23On est sur cette question du glyphosate,
13:25sur tout de même autre chose
13:27qu'une question purement chimique,
13:29j'allais dire,
13:30où on est sur une question réellement
13:31de quel pouvoir à l'heure actuelle
13:33au niveau européen
13:34qu'il détient
13:35et qui peut forcer ici, en fait.
13:37Moi, je pense sincèrement,
13:38au-delà de la molécule,
13:39vous le dites vous-même,
13:40cette approche du glyphosate
13:42interroge le système
13:43et l'organisation du système.
13:45Et donc, ça interroge,
13:46en fait,
13:46on a trop organisé, finalement,
13:49la vie politique,
13:50je l'évoquais tout à l'heure,
13:51en silo,
13:52c'est-à-dire chacun s'occupe d'un secteur.
13:53Il y a la culture,
13:54le commerce international,
13:55l'agriculture, la santé.
13:57Non, la vie, la société,
13:58elle est plus globale.
14:00L'homme est complexe.
14:01Et donc, je crois qu'il faut
14:03apprendre politiquement
14:04à réinvestir la complexité.
14:06Et le glyphosate est symptomatique
14:07de cette question-là,
14:08puisqu'il y a bon nombre
14:10d'enjeux financés
14:10des règles de glyphosate.
14:12On voit bien le poids de la chimie.
14:13Quand aujourd'hui,
14:14à l'échelle planétaire,
14:15le monde du vivant,
14:16c'est-à-dire de la graine,
14:17de la semence,
14:18jusqu'à tout ce qui va avec,
14:19les intrants, etc.,
14:20est en train d'être maîtrisé
14:21par 5 ou 6 groupes internationaux
14:24ou multinationales,
14:25on ne peut pas ne pas s'interroger...
14:27Ça va être le cas de son taux
14:27repris par Bayonne,
14:28en rappelant.
14:29Exactement.
14:29On ne peut pas s'interroger
14:30sur le sens de la société.
14:31Est-ce que c'est cette société-là
14:33à laquelle nous aspirons ?
14:34Le politique doit répondre à ça.
14:36Et le glyphosate,
14:37il est symptomatique.
14:38Et on voit bien
14:38qu'en agissant sur le glyphosate,
14:41on voit bien que la question
14:41qui est posée
14:42pour le fait agricole,
14:44c'est la question
14:44du modèle agricole.
14:45Ce n'est pas de remplacer
14:46une molécule
14:47par une autre molécule,
14:48ce n'est pas ça l'enjeu.
14:49L'enjeu, c'est comment
14:50on peut demain
14:50produire des biens alimentaires
14:52bien plus sains,
14:53en respectant la qualité des produits,
14:55mais également l'économie
14:56des agriculteurs
14:57et les territoires.
14:59Et on voit bien
14:59que ça nous amène
15:01à amener des niveaux
15:02de réponse ambitieux,
15:03non pas sur le très court terme,
15:05mais on dit,
15:05attendez,
15:06on est dans une situation
15:07où il faut se prendre en main,
15:08en responsabilité,
15:10pourtant vers la modification
15:11d'un système et de pratique
15:13et qu'on sait
15:14que ça peut se faire
15:15parce que la profession
15:16y est prête,
15:17parce qu'effectivement,
15:17il en va
15:18chez du respect citoyen
15:19et du respect de la santé
15:20des 500 millions d'Européens.
15:22Les citoyens sont attentifs,
15:23on dit à ces questions
15:24du glyphosate,
15:25on en parle,
15:25la crédibilité de l'UE
15:27est au bout aussi
15:28de cette question du glyphosate.
15:30Bien sûr,
15:30tout à fait,
15:31tout à fait.
15:32Merci à vous,
15:33en tout cas,
15:34Eric Andrieu,
15:35merci beaucoup
15:35et on continuera
15:36à suivre évidemment
15:37cette affaire du glyphosate
15:39centrale,
15:40on vient de le lire,
15:40pour plein de raisons,
15:41pas simplement
15:42pour des raisons de molécules
15:43comme vous le disiez.
15:43Merci à vous,
15:44au revoir.
15:44Merci à vous.
15:44Sous-titrage Société Radio-Canada
15:53Sous-titrage Société Radio-Canada
15:54Sous-titrage Société Radio-Canada
15:56Sous-titrage Société Radio-Canada
15:57Merci à vous.

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