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  • il y a 2 jours
La démission de Nicolas Hulot est venue rappeler qu’écologie et libéralisme ne font pas bon ménage, pointant un coupable : les lobbies. Même si on ne compte plus les occasions manquées du gouvernement en matière environnementale, il reste possible de s’opposer aux forces de l’argent et de faire bouger les lignes.

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00:00:00On a eu celle de Macron et le fameux Make Our Planet Read Again, désolé pour l'accent anglais, l
00:00:06'an dernier.
00:00:07On a même eu des promesses du MEDEF réitérées pas plus tard qu'il y a quelques semaines après la
00:00:12démission de Nicolas Hulot,
00:00:13le MEDEF qui s'est présenté sur le mode « laissez-nous faire, on va régler, on va vous apporter,
00:00:19nous le monde de l'entreprise, nous le monde des grandes sociétés,
00:00:23on va vous apporter la solution et tout va bien se passer ».
00:00:27On a eu toutes ces promesses et pourtant depuis des années rien n'y fait.
00:00:30Il suffit de prendre les chiffres des émissions de gaz à effet de serre pour s'en convaincre.
00:00:36En 2017 les émissions de gaz à effet de serre de la France ont augmenté de 3,2%, celles de
00:00:42l'Europe ont augmenté de 1,8%.
00:00:44Je rappelle que pour être dans les clous des engagements climatiques qu'on a pris notamment à Paris en 2015,
00:00:51dans le cadre de l'accord de Paris,
00:00:52il faudrait que la France commence d'ores et déjà à réduire ses émissions de 5% par an.
00:00:58C'est à la louche, c'est des chiffres à la louche, mais on est dans cet ordre d'idée.
00:01:02Donc on est très loin, très très loin de la trajectoire qu'il nous faudrait suivre pour être dans les
00:01:11clous.
00:01:12C'est pas complètement un hasard, c'est pas non plus complètement la faute à pas de chance.
00:01:17C'est qu'au taxe, loi sur les hydrocarbures, pesticides ou transports ferroviaires, les occasions ratées ou sabotées,
00:01:24c'est ce qu'on va voir, de transformer les choses sont nombreuses, ont été nombreuses, les batailles perdues aussi,
00:01:31il faut bien le dire,
00:01:32que ce soit côté société civile, côté politique, toutes ces batailles, toutes ces revendications se sont abîmées contre le mur
00:01:39des lobbies,
00:01:40contre le mur de l'austérité financière, contre le mur d'un libéralisme qu'on va s'attacher ici à
00:01:47décrypter.
00:01:48Ce tableau, je finis juste avec ça, ce tableau serait dramatique s'il n'était le mouvement qui s'est
00:01:55réveillé à la fin de l'été.
00:01:57La semaine dernière, à travers toute la France et d'après le dernier décompte des ONG, je pense qu'on
00:02:03a atteint le chiffre de 150 000 manifestants dans toute la France.
00:02:08Les appels citoyens ou les appels de scientifiques qui convoquent des changements de fonds se multiplient.
00:02:16Oui, ils font écho à des batailles politiques, à des batailles citoyennes qui ont continué à se mener, qui continuent
00:02:22à se mener depuis ces dernières années
00:02:26pour venir à bout de ce système délétère. Au final, est-ce qu'on est en train de perdre la
00:02:31bataille contre le libéralisme
00:02:33ou est-ce qu'au contraire, on vient de libérer le second souffle qui permettra de la gagner ?
00:02:38C'est ce qu'on va explorer, ce dont on propose de discuter aujourd'hui avec nos invités.
00:02:44Il nous en manque encore deux, du coup je vais les présenter à la fin, les deux derniers.
00:02:48Je vais commencer par vous présenter vous, Mathieu Colletter, vous êtes scientifique, vous êtes membre de l'ONG Bloom,
00:02:54une ONG qui s'attaque particulièrement aux ressources halieutiques.
00:02:58On fait un petit tour de table et puis après on revient auprès de chacun d'entre vous.
00:03:03Donc voilà, le créneau, c'est la ressource halieutique, c'est la pêche, la biodiversité.
00:03:09Clémence Dubois, vous êtes porte-parole de l'ONG Altermontialiste 350.org.
00:03:15C'est le pendant français d'une ONG qui agit au niveau international, qui combat depuis très longtemps le capitalisme
00:03:23vert,
00:03:24qui s'attache à démonter tout ça.
00:03:28Pascal Durand, vice-président du groupe des Verts européen, pareil, vous avez eu amené pas mal de batailles,
00:03:41notamment cette dernière année où la qualité européenne a été riche, que ce soit, encore une fois, en termes de
00:03:46pêche,
00:03:47de politique de pêche ou agriculteur avec le glyphosate, on pourrait en revenir.
00:03:53Gabriel Mazzolini, membre de l'ONG Les Amis de la Terre.
00:03:56Alors je dis Les Amis de la Terre parce qu'il fallait bien vous mettre dans une case.
00:04:02Pour de vrai, c'est Les Amis de la Terre, c'est une ONG et c'est tout un mouvement,
00:04:06c'est Les Amis de la Terre,
00:04:07c'est Alternatiba, c'est ANV COP21 qui ont développé, vous avez développé tous ensemble une stratégie d'action ces
00:04:14dernières années.
00:04:15Et c'est de ça dont on va parler aussi beaucoup avec vous. Je vais quand même commencer avec vous,
00:04:20Florence.
00:04:22Clémence, pardon. Ça commence bien. Non, Clémence. J'attaque avec vous parce qu'il y a un an à peine,
00:04:29se tenait à Paris le One Planet Summit. Je sais pas si tout le monde s'en souvient.
00:04:34C'était un grand rendez-vous de la finance internationale qui avait été convoqué par Emmanuel Macron.
00:04:42Toujours sur ce mode, on va réunir les entreprises, on va réunir... Ah, voilà. Et les derniers invités.
00:04:49Alors voilà, j'allais les oublier, ils arrivent à temps. Younous Soumarji.
00:04:52Oui. Donc il nous en manque plus qu'un, qui est Pierre Laurent, qui est dans le trou, j'allais
00:04:57l'oublier.
00:04:59Younous, vous êtes député européen de la gauche unitaire européenne, la GUE. Enchanté.
00:05:07Je vous laisse vous installer.
00:05:12Voilà. Donc on a commencé, on s'est permis de commencer.
00:05:16Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste et sénateur de Paris, ne devrait pas tarder.
00:05:22On compte sur lui incessamment sous peu.
00:05:25Mais on a pris le parti de commencer sans tout le monde, sachant que vous allez évidemment récupérer.
00:05:31On en était. Donc il y a une question que je posais à Clémence.
00:05:34Je rappelais que l'année dernière, il y avait eu le One Planet Summit, grand rendez-vous de la finance
00:05:39internationale.
00:05:40À cette occasion, vous aviez manifesté avec d'autres ONG, pas seulement 350.org,
00:05:44mais vous aviez manifesté pour dénoncer, alors je résume, une vaste opération d'éco-blanchiment, de green-watching, comme on
00:05:54dit.
00:05:54En tout cas, une vaste opération qui manquait de sincérité.
00:05:59Sur le fond, vous avez également publié plusieurs rapports très argumentés sur ces sujets-là.
00:06:05Au final, c'est quoi l'entourloupe de la finance verte dont on nous parle beaucoup ces derniers temps, de
00:06:13cette finance verte, du capitalisme vert ?
00:06:15Je disais tout à l'heure qu'il se présentait comme la solution. C'est quoi ce qui ne va
00:06:19pas derrière ça ?
00:06:20Bonjour à toutes et à tous. Déjà, merci de me donner la parole en premier.
00:06:26À défaut d'avoir une table qui s'approche de la parité...
00:06:29Alors, je vais parler plus fort. Je disais merci de me laisser commencer en premier.
00:06:34À défaut d'avoir une table qui s'approche de la parité, on s'approche, on sauvegarde quelques...
00:06:40Et pourtant, les femmes sont nombreuses dans les mouvements écologistes et dans les mouvements alternatifs.
00:06:46Elles sont très nombreuses. Elles sont nombreuses à organiser. D'ailleurs, c'est vous-même qui m'avez appelée pour
00:06:51m'inviter.
00:06:54Mais finalement, les oppressions se rejoignent. Et c'est aussi de ça dont il est question quand on traite du
00:07:02capitalisme et de l'écologie.
00:07:04Donc au sujet de la finance verte, effectivement, il y a eu ce sommet qui a été convoqué par Emmanuel
00:07:10Macron
00:07:11et qui lui a permis de se positionner en leader de l'écologie, un peu en opposition à Donald Trump,
00:07:22pour montrer que lui n'était pas dans le déni et que le gouvernement français prenait des mesures
00:07:27qui étaient à la hauteur face aux défis qui nous fait face.
00:07:32En l'occurrence, au matin de ce sommet, on a publié un rapport qui traitait des investissements français,
00:07:42donc à travers la Caisse des dépôts et consignations.
00:07:44Ce n'est pas nécessairement une institution qui nous est familière.
00:07:49Et pourtant, elle est vraiment dans la vie de tous les Français, à travers leur retraite,
00:07:54le livret développement durable.
00:07:56C'est vraiment l'agent de la transition écologique et énergétique en France.
00:08:01Et en fait, on a montré que, bien qu'elle se présente en étant à la pointe de la finance
00:08:06verte,
00:08:06elle continuait à financer très largement l'industrie fossile.
00:08:10Et donc, on l'a illustrée à travers 12 projets, 12 nouveaux projets fossiles
00:08:15qui sont financés à travers l'argent de nos retraites et de ce que j'ai mentionné.
00:08:20Et donc, en fait, ça montre tout de suite la contradiction,
00:08:24puisque dans ce sommet, on était en train d'essayer de chercher des instruments,
00:08:29des nouvelles techniques qui nous permettraient de verdir la finance,
00:08:32alors qu'on sait, par exemple, une chose claire au niveau du climat,
00:08:37c'est que si on doit avoir une finance climatique,
00:08:41c'est une finance qui refuse tout simplement de financer l'industrie fossile
00:08:45qui reste dans le statut quo, même au-delà de l'accord de Paris,
00:08:52qui, si on le traduit dans les faits, implique de renoncer à la construction
00:08:57de toute nouvelle infrastructure fossile et même de fermer des infrastructures
00:09:03de manière anticipée.
00:09:05Donc, on voit la contradiction qui est évidente.
00:09:07Ça, c'est pour ne citer qu'un exemple sur la finance verte
00:09:13ou le capitalisme vert. Et donc, 350.org a initié un mouvement
00:09:17de désinvestissement des énergies fossiles
00:09:19qui est porté par des citoyens et des citoyennes à travers le monde
00:09:23et qui, en fait, pour essayer d'avoir un impact systémique sur ce problème,
00:09:28parce que comment, en fait, s'attaquer à la finance,
00:09:30c'est attaquer aux différents pôles d'influence et de pouvoir autour d'eux.
00:09:36Donc, c'est-à-dire demander aux mairies, demander aux écoles,
00:09:40demander à leurs fonds de pension de retirer ces investissements
00:09:44de l'industrie fossile. Et donc, à l'heure actuelle,
00:09:46les nouveaux chiffres ont été sortis d'ailleurs lundi.
00:09:50Il y a 1 000 institutions qui ont déjà désinvesti sous la pression du mouvement.
00:09:55Ça ne s'est pas fait de manière organique.
00:09:58Ça s'est fait seulement en constituant un contre-pouvoir.
00:10:00Et donc, en fait, on peut dire que, alors évidemment,
00:10:03ça n'a pas réglé le problème, mais on voit qu'en agissant,
00:10:07on peut agir localement de manière stratégique
00:10:10pour avoir une influence sur un secteur
00:10:14qui peut sembler nous échapper autant que celui de la finance.
00:10:18On a des exemples de fonds, justement, dans lesquels on a désinvesti ?
00:10:21Oui, il y a le fonds souverain de la Norvège, de la Californie.
00:10:25Alors, par exemple, la Californie, c'est assez intéressant comme exemple
00:10:28puisque, à l'initiative des étudiants de l'Université de Californie,
00:10:34l'université a désinvesti.
00:10:35En fait, ça a eu un effet boule de neige.
00:10:37C'est le fonds de pension de la Californie
00:10:38qui a désinvesti seulement un an après.
00:10:41Donc, c'est pour bien montrer qu'en fait,
00:10:43via des petites victoires qui sont organisées localement,
00:10:46on peut avoir un impact plus grand.
00:10:48Et à l'heure actuelle, même les directeurs de l'industrie fossile
00:10:52disent que ce mouvement de désinvestissement
00:10:54peut leur porter atteinte,
00:10:57notamment dans la recherche des financements
00:10:59qui leur sont nécessaires pour développer ces projets.
00:11:03C'est une taille très concrète.
00:11:04Merci beaucoup.
00:11:05Younous Oumarji, je me tourne tout de suite vers vous.
00:11:08Je vous pose la question à vous,
00:11:09mais finalement, je pense que chacun d'entre vous,
00:11:12à cette table, va pouvoir répondre, glisser un mot là-dessus.
00:11:16Au final, pourquoi ça ne peut pas marcher,
00:11:18le libéralisme en matière d'écologie ?
00:11:21Je peux vous poser...
00:11:23Cette question peut être posée à tout le monde.
00:11:25Peut-être que vous pouvez nous éclairer.
00:11:26Si on prend l'exemple de la biodiversité,
00:11:28qui est un sujet sur lequel vous travaillez beaucoup.
00:11:30Pourquoi la biodiversité, le problème de la biodiversité,
00:11:34ne peut pas être résolu par le libéralisme ?
00:11:37Pourquoi ça ne fonctionne pas ?
00:11:40Bonjour.
00:11:42J'espère que vous m'entendez.
00:11:43J'ai du mal à vous entendre,
00:11:46parce que je n'entends pas très bien.
00:11:49Il y a d'abord...
00:11:52Oui ?
00:11:52Non, j'allais vous dire,
00:11:53venez par ici, il y a peut-être moins de retours.
00:12:08Capitalisme et écologie.
00:12:09Il y a une contradiction entre les deux.
00:12:13Parce que lorsque vous regardez la situation
00:12:16dans laquelle la planète se trouve aujourd'hui,
00:12:21cela est le résultat de politiques,
00:12:25de conceptions qui ont conduit
00:12:27à la situation tragique
00:12:29dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.
00:12:32Je vais répondre à votre question,
00:12:34mais je pense qu'il est important
00:12:37d'avoir en tête
00:12:39que nous sommes à un moment
00:12:41inédit, unique,
00:12:43dans l'histoire de l'humanité,
00:12:46où pour la première fois,
00:12:48la question de la survie même
00:12:51de l'espèce humaine est posée
00:12:53et nous sommes à un moment
00:12:54d'effondrement de notre civilisation.
00:12:58Quels sont les éléments
00:13:01qui peuvent nous conduire à dire cela ?
00:13:04D'abord, nous sommes dans la sixième vague
00:13:07d'extinction des espèces
00:13:09depuis le début de ce monde.
00:13:13Espèces terrestres,
00:13:15mais espèces aussi marines.
00:13:18Et les prédations qui ont été commises
00:13:22sur Terre
00:13:22sont commises aussi au fond des océans.
00:13:27Lorsque vous dites que d'ici 2050,
00:13:31il n'y aura plus,
00:13:32et je parle sous le contrôle de Bloom,
00:13:35de poissons ni crustacés
00:13:38ni coquillages connus disponibles
00:13:40pour la pêche commerciale,
00:13:41les gens vous regardent
00:13:43d'un air un peu étonné
00:13:44et c'est pourtant le résultat
00:13:47de politiques,
00:13:48d'ailleurs européennes,
00:13:50souvent bien pensées,
00:13:52des flottes industrielles
00:13:53qui n'ont qu'une préoccupation,
00:13:56la préoccupation du gain,
00:13:59du gain immédiat
00:14:01envers et contre toute morale.
00:14:04Et je crois
00:14:05que le capitalisme
00:14:07par essence même
00:14:10est barbare
00:14:11et le capitalisme
00:14:13par essence même
00:14:14est amoral.
00:14:17Une fois qu'on a dit cela,
00:14:19on peut dire
00:14:19que la situation est catastrophique,
00:14:21qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:14:23Beaucoup de choses.
00:14:24Mais je pense que la bataille
00:14:26la plus importante,
00:14:28elle doit être gagnée
00:14:30dans les têtes.
00:14:31C'est une bataille culturelle
00:14:33qui doit être menée
00:14:35pour combattre
00:14:37de la manière
00:14:37la plus efficace
00:14:39le capitalisme.
00:14:41Parce que si tout le monde
00:14:43veut consommer,
00:14:46si l'objectif
00:14:47c'est toujours
00:14:47de produire plus,
00:14:49de prendre plus
00:14:51à la nature
00:14:53qu'elle ne peut
00:14:54renouveler,
00:14:56consommer toujours plus
00:14:58et faire de l'argent
00:14:59le plus rapidement
00:15:00possible,
00:15:02alors nous allons
00:15:03vers une impasse
00:15:04et nous devons nous
00:15:05changer
00:15:07nos conceptions,
00:15:09en fait la conception
00:15:10qu'on peut avoir
00:15:11du bonheur.
00:15:12et je pense que c'est
00:15:14dans cette bataille
00:15:16du bonheur
00:15:17parce que si le bonheur
00:15:19consiste à toujours
00:15:20accumuler davantage
00:15:22sans tenir compte
00:15:24des désordres
00:15:26que cela peut créer,
00:15:28alors on s'oriente
00:15:29vers une catastrophe
00:15:31certaine
00:15:32et toutes les politiques
00:15:33qui sont mises en oeuvre
00:15:34aujourd'hui,
00:15:35si elles n'intègrent pas
00:15:37cette dimension,
00:15:38à un moment ou à un autre,
00:15:40elles finiront
00:15:41par se fracasser
00:15:42parce que nous sommes tous
00:15:43et je vais en terminer là,
00:15:46nous sommes tous
00:15:47d'une certaine manière
00:15:48schizophrènes.
00:15:49Nous avons
00:15:51la conscience
00:15:52aujourd'hui
00:15:53du danger.
00:15:55Ce n'est pas
00:15:56la marche
00:15:57aveugle
00:15:58conduite par des aveugles
00:15:59vers le précipice.
00:16:01C'est une marche
00:16:02consciente
00:16:03éclairée
00:16:05par les rapports
00:16:06du GIEC
00:16:06vers un suicide
00:16:08collectif
00:16:09et nous faisons
00:16:10fi
00:16:11des générations
00:16:12futures
00:16:13et il est
00:16:15pour notre génération,
00:16:17semble-t-il,
00:16:18compte tenu
00:16:19d'une certaine forme
00:16:21de domination culturelle,
00:16:23il s'agit
00:16:23finalement
00:16:24d'assurer
00:16:25dans les meilleures conditions
00:16:26le bonheur
00:16:29tel qu'il est pensé
00:16:29aujourd'hui
00:16:30pour maintenant.
00:16:32Donc,
00:16:33il faut
00:16:33opérer
00:16:34ce changement
00:16:36et je crois
00:16:37que nous sommes
00:16:38finalement
00:16:39doublement coupables
00:16:41parce qu'aujourd'hui,
00:16:43tout le monde
00:16:44est au courant
00:16:45de la catastrophe
00:16:46qui s'avance
00:16:47devant nous.
00:16:50Merci Yunus.
00:16:51Je vous lançais
00:16:52sur la question
00:16:52de la biodiversité
00:16:53parce que
00:16:54vous avez beaucoup
00:16:55travaillé
00:16:56sur cette question
00:16:57dans vos actions
00:16:58et dans vos plaidoyers
00:17:00politiques,
00:17:01notamment l'année dernière
00:17:02sur la question
00:17:03de la pêche.
00:17:04Alors,
00:17:05je vous relance
00:17:06ou alors je passe
00:17:06la parole tout de suite
00:17:08à Mathieu Colletter
00:17:09parce que vous avez
00:17:09beaucoup agi ensemble.
00:17:11Je regarde
00:17:11Mathieu Colletter
00:17:13pour Blum.
00:17:14L'année dernière,
00:17:15la grande bataille
00:17:16autour de la pêche électrique,
00:17:18elle a été menée
00:17:18par vous,
00:17:20beaucoup côté politique,
00:17:21vous côté ONG.
00:17:22Ça a été une bataille
00:17:23intense
00:17:24où,
00:17:25on l'a dit beaucoup,
00:17:26vous avez eu
00:17:26à faire face
00:17:27à des forces
00:17:28de lobbying
00:17:29très fortes.
00:17:31Est-ce que vous pouvez raconter,
00:17:32peut-être on pourra
00:17:33revenir après
00:17:34avec vous Yunus,
00:17:35mais est-ce que vous pouvez
00:17:36nous raconter,
00:17:36Mathieu,
00:17:37comment,
00:17:38très concrètement,
00:17:39ça veut se dire quoi
00:17:40s'affronter
00:17:41à un lobby
00:17:42aujourd'hui
00:17:43en politique
00:17:43en Europe ?
00:17:45Oui,
00:17:46bonjour,
00:17:47merci pour l'invitation.
00:17:50Et donc,
00:17:50un lobby,
00:17:51c'est quoi le combat ?
00:17:52Nous,
00:17:53c'était beaucoup
00:17:54dans le cadre
00:17:54de la pêche électrique
00:17:55et le combat
00:17:56n'est pas fini.
00:17:57Le dossier est maintenant
00:17:58en trilogue,
00:17:59qui est une phase
00:17:59un peu opaque
00:18:00où la Commission,
00:18:01le Parlement
00:18:02et les Etats membres
00:18:03discutent pour trouver
00:18:04un compromis
00:18:05et donc on espère
00:18:06que ce compromis
00:18:06n'arrivera pas
00:18:07à une autorisation
00:18:08de la pêche électrique.
00:18:09Donc la bataille continue
00:18:10et on compte sur vous
00:18:11dans cette bataille
00:18:12et en effet,
00:18:13on fait face
00:18:14à des lobbies puissants,
00:18:16notamment le lobby
00:18:17néerlandais
00:18:18de la pêche électrique,
00:18:18c'est à peu près
00:18:19le même budget
00:18:19que Monsanto.
00:18:21Nous,
00:18:21Blum,
00:18:21on est 8 personnes
00:18:23dont 2
00:18:24qui vont au Parlement
00:18:25donc en soi,
00:18:27on n'est pas
00:18:28une force égale
00:18:29et ils ont une force
00:18:30de frappe très puissante
00:18:31à travers des relais politiques,
00:18:33c'est évident,
00:18:34et aussi à travers
00:18:36toutes les stratégies.
00:18:37Donc on a notamment
00:18:38été traités
00:18:40de fake news,
00:18:42il y a eu des mails
00:18:42envoyés à tous
00:18:43les parlementaires
00:18:44pour dire
00:18:44Blum,
00:18:44c'est des fake news.
00:18:46Deux fois,
00:18:48ils ont essayé
00:18:48de nous faire exclure
00:18:49du Parlement européen
00:18:52parce que,
00:18:52enfin bon,
00:18:53et deux fois,
00:18:54ça n'a pas marché,
00:18:55heureusement.
00:18:57Et donc on montre
00:18:57aujourd'hui en plus
00:18:58que quand ils nous disent
00:18:59non,
00:18:59vous dites des mensonges,
00:19:00au final,
00:19:01c'est faux,
00:19:02c'est-à-dire que par exemple,
00:19:03ils ont dit
00:19:03qu'ils n'avaient touché
00:19:04presque aucune subvention,
00:19:06aujourd'hui,
00:19:06on a demandé aux Pays-Bas
00:19:07de publier
00:19:08leurs fichiers de subvention,
00:19:09ils ont été obligés
00:19:10de le faire,
00:19:10ils l'ont fait,
00:19:11et on fait des analyses
00:19:12en ce moment,
00:19:12et on montre
00:19:13qu'il y a bien plus
00:19:14que quelques petites,
00:19:15ça se compte en dizaines
00:19:17de millions d'euros.
00:19:18Donc globalement,
00:19:19le poids des lobbies
00:19:20est très important,
00:19:21et c'est un combat après
00:19:23d'essayer d'informer,
00:19:24d'essayer d'informer aussi
00:19:25les citoyens
00:19:25parce que vous jouez
00:19:26un rôle là-dedans,
00:19:27c'est-à-dire que nous,
00:19:27globalement,
00:19:28quand on va au Parlement
00:19:29avec une pétition signée,
00:19:30avec des appels citoyens,
00:19:32avec un écho citoyen
00:19:33et médiatique,
00:19:34on est beaucoup plus fort.
00:19:35C'est-à-dire que nous,
00:19:36globalement,
00:19:36on est une petite ONG,
00:19:37sans le soutien des citoyens,
00:19:39sans le soutien
00:19:39d'un fondement scientifique,
00:19:41de base scientifique,
00:19:42parce que c'est très important
00:19:43pour nous,
00:19:44et sans le soutien
00:19:45de politiques et de médias
00:19:46qui relaient ce message,
00:19:48on n'est pas grand-chose
00:19:49et on ne peut pas grand-chose
00:19:50contre ces lobbies
00:19:50qui sont bien plus puissants
00:19:51que nous.
00:19:52Cette bataille
00:19:53sur la pêche électrique,
00:19:54je l'ai mentionné
00:19:55parce qu'elle a marqué
00:19:56l'actualité de l'année dernière,
00:19:57est-ce que,
00:19:58je me retourne vers tous les deux,
00:19:59là,
00:20:00je vous pose la question
00:20:00à tous les deux,
00:20:02est-ce que ça fait partie
00:20:03des batailles
00:20:04qui visent à transformer
00:20:05le système,
00:20:06est-ce que ça fait partie
00:20:07des batailles de fond,
00:20:08au-delà de cette question-là,
00:20:09Younous ?
00:20:10Et puis peut-être après vous,
00:20:11voilà,
00:20:11Nann.
00:20:13Bien sûr,
00:20:14cette bataille
00:20:15sur la pêche électrique,
00:20:17d'abord,
00:20:18au Parlement européen,
00:20:19puisque tu l'as très bien dit,
00:20:20la bataille n'est pas gagnée,
00:20:22mais la victoire
00:20:23que nous avons emportée
00:20:25au Parlement européen
00:20:27n'aurait pas pu être gagnée
00:20:29sans la mobilisation citoyenne.
00:20:32C'est-à-dire que face au lobby,
00:20:35face à la Commission européenne,
00:20:38face à des idées dominantes,
00:20:41qu'est-ce qu'il nous reste ?
00:20:42Eh bien,
00:20:42il nous reste la mobilisation citoyenne.
00:20:45Et celle-là peut permettre,
00:20:46parfois,
00:20:47de faire bouger les lignes
00:20:49et d'aller vers des résultats positifs.
00:20:52Il en a été de même,
00:20:54par exemple,
00:20:55lors de la victoire
00:20:56sur la pêche en eau profonde,
00:20:58qui est aujourd'hui acquise.
00:21:00Vous savez qu'on ne peut plus
00:21:02aujourd'hui pêcher
00:21:03en dessous de 800 mètres,
00:21:05c'est-à-dire le chalutage profond.
00:21:08Et cette bataille,
00:21:09nous l'avons gagnée aussi
00:21:10avec la mobilisation
00:21:12organisée par Bloom.
00:21:15La pêche électrique,
00:21:19c'est à la fois une victoire
00:21:22contre la pêche industrielle,
00:21:26c'est-à-dire cette pêche
00:21:27qui a fait de nos océans,
00:21:29aujourd'hui,
00:21:30des cimetières.
00:21:31Donc,
00:21:32c'est toute une révolution
00:21:34que nous essayons d'engager
00:21:37dans la manière dont la pêche
00:21:40doit être régulée
00:21:42et doit être mise en oeuvre.
00:21:43Il ne s'agit pas pour nous de dire
00:21:46qu'il faut arrêter avec la pêche.
00:21:48Il s'agit de dire
00:21:49parce que...
00:21:51Mais ce que nous disons,
00:21:53c'est s'il n'y a plus de poissons,
00:21:54il n'y a plus de pêche.
00:21:56Et c'est pourquoi
00:21:58les pêcheurs en France,
00:22:00dans le nord de la France en particulier,
00:22:03étaient à nos côtés,
00:22:04et c'est très important de le dire,
00:22:07étaient à nos côtés
00:22:08dans cette bataille.
00:22:09La deuxième dimension,
00:22:11elle concerne la prise en compte
00:22:13de la dimension du respect
00:22:17que nous devons accorder
00:22:19aux animaux et aux êtres sensibles.
00:22:22Et les poissons
00:22:23ne peuvent pas être traités
00:22:26comme ils le sont
00:22:28par les pêcheurs néerlandais
00:22:30qui, avec cette technique
00:22:32de pêche électrique
00:22:34qui est ultra-violente,
00:22:36qui brisent les colonnes vertébrales
00:22:38des poissons,
00:22:39qui électrifient
00:22:40l'ensemble des fonds marins,
00:22:43mettent en oeuvre
00:22:44une pêche,
00:22:45une technique de pêche
00:22:46barbare
00:22:47qui n'est pas digne
00:22:49de notre humanité.
00:22:52Et c'est contre cela
00:22:53que nous nous battons.
00:22:56Et c'est pourquoi
00:22:57nous devons aller jusqu'au bout
00:22:59sur cette question
00:23:01de la pêche électrique,
00:23:02parce que l'autoriser,
00:23:04c'est considérer
00:23:05qu'on peut revenir
00:23:07à des techniques de pêche
00:23:08telles que la pêche
00:23:09à la dynamite
00:23:10et faire n'importe quoi
00:23:12aujourd'hui
00:23:13au fond des océans
00:23:14pour des flottes industrielles
00:23:16dont, une fois de plus,
00:23:18la seule préoccupation,
00:23:19c'est le maximum
00:23:20de profit
00:23:22contre tous les intérêts,
00:23:24y compris les intérêts sociaux
00:23:26des petits pêcheurs
00:23:28artisans en France.
00:23:31Donc voilà,
00:23:31nous sommes encore mobilisés
00:23:33pour aller jusqu'au bout.
00:23:36Mais je dois dire,
00:23:37et la troisième leçon,
00:23:40et je le dis devant
00:23:41mon collègue Pascal Durand,
00:23:44j'ai été identifié
00:23:46un peu à cette bataille,
00:23:47mais je n'ai pas été
00:23:49le seul.
00:23:50Il y a eu dans d'autres groupes
00:23:52beaucoup de députés
00:23:54qui ont agi,
00:23:56mais surtout la leçon,
00:23:57c'est que lorsque les Français
00:24:00sont unis
00:24:01au Parlement européen,
00:24:04alors nous avons encore
00:24:06de l'influence
00:24:07en Europe.
00:24:08Et sur ce dossier
00:24:09de la pêche électrique,
00:24:11les Français
00:24:11de tous les groupes politiques,
00:24:14dans mon groupe
00:24:15la gauche unitaire européenne,
00:24:17chez le groupe des Verts,
00:24:19dans le groupe socialiste,
00:24:21dans le groupe
00:24:21du Parti populaire européen
00:24:23Les Républicains,
00:24:24tous les Français
00:24:26se sont unis
00:24:27et ont fait bouger
00:24:30les lignes
00:24:31à l'intérieur
00:24:32de leur propre groupe.
00:24:33Et c'est ainsi,
00:24:34en fait,
00:24:35qu'on a mené,
00:24:36qu'on a gagné
00:24:37la bataille.
00:24:38Alors ça,
00:24:38c'est une très bonne nouvelle.
00:24:39Mathieu,
00:24:40vous voulez rajouter
00:24:40quelque chose
00:24:41sur cette bataille ?
00:24:42Oui, vraiment,
00:24:43parce que cette pêche électrique,
00:24:46c'est vraiment
00:24:46une bataille
00:24:47entre différents modèles.
00:24:48C'est-à-dire,
00:24:48est-ce qu'on veut aller
00:24:49vers encore plus d'efficacité
00:24:50pour chasser
00:24:51le dernier poisson
00:24:51qui reste dans l'océan
00:24:52ou est-ce qu'au contraire,
00:24:54on oeuvre à un modèle
00:24:55plus social de la pêche
00:24:57où on prend en compte
00:24:58l'économie,
00:24:59le social.
00:25:00Et donc,
00:25:00notamment sur cette pêche électrique,
00:25:01tous les petits pêcheurs artisans
00:25:02qui se sont retrouvés impactés
00:25:04parce que ces chaluts
00:25:05étaient capables
00:25:05d'aller dans des zones
00:25:06où les chaluts traditionnels
00:25:07n'allaient pas
00:25:08et des zones préférentielles
00:25:10pour ces pêcheurs artisans,
00:25:11des zones aussi importantes
00:25:12d'un point de vue écologique.
00:25:14Et donc là,
00:25:14on est vraiment
00:25:15dans une bataille de modèles.
00:25:17Les chaluts à perche
00:25:17traditionnels néerlandais,
00:25:19ils auraient dû aller
00:25:19à la faillite.
00:25:20Le coût du carburant
00:25:21était trop cher,
00:25:21c'était trop cher de pêcher
00:25:23et cette pêche électrique
00:25:24elle est arrivée
00:25:24non pas pour des arguments
00:25:26écologiques
00:25:27comme ils veulent le faire croire
00:25:28mais purement
00:25:28pour des arguments économiques.
00:25:30C'est-à-dire qu'on a dit
00:25:31ah, l'électricité
00:25:32c'est très efficace,
00:25:33on capture beaucoup plus,
00:25:34on fait du bénéf,
00:25:35en plus on a un peu moins
00:25:36de carburant
00:25:36parce que l'engin
00:25:36est un peu plus léger,
00:25:37formidable,
00:25:38c'est bon,
00:25:39la flotte est sauvée.
00:25:40Et donc au final,
00:25:40on a vraiment une bataille
00:25:41entre deux modèles.
00:25:42Est-ce qu'on va aller
00:25:43vers plus d'efficacité
00:25:44des bateaux,
00:25:44des gros bateaux-usines
00:25:46qui n'emploient au final
00:25:47pas grand monde
00:25:48par rapport à la pêche artisanale
00:25:50ou est-ce qu'on veut
00:25:51au contraire
00:25:52continuer dans le modèle
00:25:53qu'on a
00:25:53et puis essayer
00:25:54de faire autre chose.
00:25:56Merci.
00:25:57Pascal Durand,
00:25:57je me tourne vers vous
00:25:58et puis Younous
00:26:00a soufflé un peu,
00:26:03m'offre en tout cas
00:26:04une occasion de rebondir,
00:26:06m'a soufflé un peu
00:26:06une transition
00:26:07en fait
00:26:08pour aller vers vous.
00:26:10Nicolas Hulot,
00:26:11quand il a démissionné,
00:26:12il a dit un mot,
00:26:13il a dit je suis seul,
00:26:14il a interrogé
00:26:15les grandes formations politiques,
00:26:16les grandes formations
00:26:17d'opposition
00:26:19en leur demandant
00:26:20en gros sont-elles capables
00:26:22ou sont-elles,
00:26:23c'était un peu ça
00:26:23le sens de sa question,
00:26:24et sont-elles capables
00:26:25de se hisser au-dessus
00:26:26de la mêlée
00:26:27pour se joindre,
00:26:28pour se rejoindre
00:26:29sur l'essentiel.
00:26:30Younous citait
00:26:31une bataille,
00:26:32celle de la pêche électrique.
00:26:33Est-ce qu'on est capable
00:26:35aujourd'hui
00:26:36sur les forces d'opposition,
00:26:37sur les forces de gauche
00:26:38de se réunir
00:26:39sur la question
00:26:40de la biodiversité,
00:26:41sur la question du climat ?
00:26:45Bonjour,
00:26:46merci pour cette question.
00:26:49C'est bon là,
00:26:49le micro,
00:26:50ça va ?
00:26:51Parce qu'on a un retour
00:26:52un peu bizarre,
00:26:53donc c'est sûr
00:26:54que si vous m'entendez,
00:26:55ça va.
00:26:57Juste moi,
00:26:57je voudrais,
00:26:58puisque le débat
00:26:59qu'on doit avoir
00:27:00et qui a un peu
00:27:01déjà été évoqué,
00:27:02c'est celui
00:27:03d'éventuelles victoires
00:27:04à l'intérieur
00:27:05d'une compatibilité
00:27:07ou d'une non-compatibilité
00:27:09entre l'écologie
00:27:10et le libéralisme
00:27:12et le capitalisme
00:27:13au sens large.
00:27:14Je voudrais juste
00:27:14replacer ça un peu
00:27:15dans le contexte
00:27:16parce qu'on est
00:27:17à la fête de l'Huma ici.
00:27:19Et s'il y a bien des gens
00:27:20qui se sont posés
00:27:20des questions
00:27:21depuis plus d'un siècle,
00:27:22c'est savoir
00:27:23si à l'intérieur
00:27:24du capitalisme,
00:27:26qui est une machine
00:27:27à broyer les solidarités,
00:27:28à broyer l'humain
00:27:29et donc désormais
00:27:30à broyer aussi
00:27:31la nature
00:27:32et la diversité,
00:27:33est-ce qu'on peut
00:27:34arriver à gagner
00:27:35ou est-ce qu'au contraire
00:27:37il y a une telle incompatibilité
00:27:38que tant qu'on n'aura pas
00:27:40renversé le modèle,
00:27:41alors rien ne pourra
00:27:42être acquis ?
00:27:43Et cette question-là,
00:27:44c'est exactement
00:27:46celle qui s'est posée
00:27:48quand en 1936,
00:27:49le Front populaire
00:27:50a fait les congés payés
00:27:51et quand il s'est battu
00:27:52pour la semaine
00:27:53de 40 heures.
00:27:54Pourquoi ?
00:27:55Parce qu'il a fait
00:27:56à l'intérieur
00:27:57d'un système
00:27:57qui était le système
00:27:59capitaliste
00:27:59et les congés payés
00:28:00n'ont pas remis en cause
00:28:02le système capitaliste.
00:28:03Simplement,
00:28:04ils ont donné
00:28:05la possibilité
00:28:05à des gens
00:28:06qui étaient dominés,
00:28:08qui étaient exploités
00:28:09de pouvoir
00:28:09un peu,
00:28:10un peu
00:28:11profiter
00:28:11de leur statut
00:28:13d'être humain.
00:28:14Et donc,
00:28:14le problème que nous avons
00:28:16et c'est ça
00:28:17toute la question
00:28:17qui nous est posée
00:28:18tous les jours,
00:28:19que ce soit politiquement,
00:28:21que ce soit associativement,
00:28:22que ce soit
00:28:22dans la mobilisation citoyenne,
00:28:25tous les jours,
00:28:26c'est savoir
00:28:26comment
00:28:27nous pouvons essayer
00:28:29de gagner
00:28:30comme un syndicaliste
00:28:31à la fin du mois
00:28:32quand ils se battent
00:28:33pour essayer
00:28:33d'avoir une augmentation
00:28:34ou pour essayer
00:28:35de faire en sorte
00:28:36qu'il y ait des pas,
00:28:38je ne sais pas,
00:28:38de travail de nuit
00:28:39ou autre,
00:28:40ou de travail le dimanche.
00:28:41Il sait très bien
00:28:42que ces victoires-là,
00:28:43ce sont des petits pas.
00:28:45Mais ce sont des petits pas
00:28:46très importants
00:28:47pour les gens
00:28:48qui travaillent le dimanche.
00:28:49Mais évidemment,
00:28:50ils ne remettent pas en cause
00:28:51le système en tant que tel.
00:28:53Et donc,
00:28:53notre combat,
00:28:54qui est un combat commun
00:28:55et qui est un combat
00:28:56qui vient de l'histoire
00:28:57de l'émancipation humaine,
00:28:59qui vient de l'histoire
00:29:00du socialisme,
00:29:01du socialisme au sens large,
00:29:02évidemment,
00:29:03et qui est repris actuellement
00:29:05par un grand nombre
00:29:06de forces de gauche
00:29:07et par les écologistes.
00:29:08C'est le fait,
00:29:09en même temps,
00:29:11de dire
00:29:12nous ne pouvons pas
00:29:13inscrire durablement
00:29:15une société humaine,
00:29:17une société solidaire,
00:29:18qui respecte
00:29:19aussi bien la nature
00:29:20que les animaux,
00:29:21que les êtres vivants,
00:29:22dans un monde
00:29:24qui est uniquement
00:29:25destiné à permettre
00:29:26à certaines entreprises
00:29:28et aux intérêts privés
00:29:29de développer
00:29:30des profits,
00:29:31parce que c'est ça
00:29:32la réalité
00:29:32du capitalisme
00:29:33et du libéralisme.
00:29:34C'est de mettre
00:29:35au profit
00:29:36d'une soi-disant
00:29:37technologie
00:29:38qui a vocation
00:29:39à développer la croissance,
00:29:40de mettre
00:29:41les finances
00:29:42et les finances privées
00:29:43de manière à enrichir
00:29:44un certain nombre de gens.
00:29:46Simplement,
00:29:46ce que nous voyons,
00:29:47c'est que
00:29:48nous sommes confrontés,
00:29:50nous sommes confrontés
00:29:52à,
00:29:53que ce soit
00:29:53des lobbyistes,
00:29:54des intérêts privés,
00:29:55on peut chercher
00:29:56les noms
00:29:56que l'on veut,
00:29:57qui sont toujours
00:29:58les mêmes,
00:29:59qui sont simplement
00:30:00plus puissants
00:30:01qu'avant.
00:30:02Quand avant,
00:30:02on exploitait
00:30:03les enfants,
00:30:03quand avant,
00:30:04on exploitait
00:30:04les femmes
00:30:05en les faisant
00:30:06travailler la nuit,
00:30:06etc.,
00:30:07dans les mines
00:30:07ou ailleurs,
00:30:08c'était les forces
00:30:09de l'argent.
00:30:10Simplement,
00:30:10à l'époque,
00:30:11à l'époque,
00:30:12il y avait la possibilité
00:30:14de se mettre en grève
00:30:15et d'avoir
00:30:16des actions
00:30:17qui étaient
00:30:17des actions communes.
00:30:18Et donc,
00:30:19je rejoins la question.
00:30:20Le problème
00:30:21que nous avons maintenant,
00:30:22c'est que
00:30:23quand on détruit
00:30:23des terres agricoles,
00:30:24quand on détruit
00:30:25des forêts,
00:30:26quand on essaye
00:30:27de détruire
00:30:27l'emploi
00:30:28dans des petites structures
00:30:29et non plus
00:30:30dans des grandes
00:30:31qu'on a quasiment
00:30:32toutes fermées,
00:30:33on se met
00:30:34en situation
00:30:34de ne pas,
00:30:35et quand je dis
00:30:36le « on »,
00:30:37c'est évidemment
00:30:38ceux qui ont intérêt
00:30:39à ce que ça n'existe pas.
00:30:40On interdit
00:30:41les mobilisations.
00:30:42Si vous coupez
00:30:442000 arbres,
00:30:45ils ne vont pas
00:30:45se mettre en grève.
00:30:46Si vous détruisez
00:30:48les terres agricoles,
00:30:49ils ne vont pas
00:30:49se mettre en grève.
00:30:50si vous tuez
00:30:51les petits pêcheurs
00:30:52les uns
00:30:52après les autres,
00:30:53ils ne vont pas
00:30:54se mettre en grève
00:30:54ou ils n'auront pas
00:30:55la capacité d'agir.
00:30:57Donc,
00:30:57notre problématique,
00:30:59tous les jours,
00:31:01notre problématique,
00:31:02c'est d'arriver
00:31:02à recréer
00:31:03les nouvelles solidarités
00:31:05et les nouvelles
00:31:06mobilisations
00:31:07qui ne peuvent plus
00:31:08être les mobilisations
00:31:09du passé.
00:31:10Je parlais du Front Populaire.
00:31:11Le Front Populaire,
00:31:12il avait mis
00:31:122 millions de personnes
00:31:13en grève
00:31:13dans les usines.
00:31:15Et c'est clair
00:31:15que s'il n'y avait pas eu
00:31:16les 2 millions de personnes
00:31:17en grève,
00:31:18il n'y aurait pas eu
00:31:18les lois du Front Populaire
00:31:20parce que l'Assemblée
00:31:21ne les aurait pas votées.
00:31:23Et donc,
00:31:23notre problème,
00:31:24c'est que les arbres
00:31:25ne vont pas se mettre en grève.
00:31:26La nature ne va pas
00:31:27se mettre en grève.
00:31:28Les poissons ne vont pas
00:31:29se mettre en grève.
00:31:30Et donc,
00:31:30nous sommes dans un moment
00:31:32qui est un moment
00:31:32très particulier
00:31:33de l'humanité,
00:31:35un moment très spécial
00:31:36où il faut que nous arrivions
00:31:38à redéfinir
00:31:39les mobilisations sociales
00:31:41et les mobilisations citoyennes
00:31:43parce que nous sommes
00:31:44dans un monde
00:31:45de précarité
00:31:46où les travailleurs,
00:31:48les salariés
00:31:49n'ont quasiment plus
00:31:50la possibilité
00:31:51de pouvoir agir
00:31:52en commun
00:31:52parce qu'ils ont été
00:31:54et tous les liens
00:31:54ont été brisés
00:31:55les uns après les autres
00:31:56et où la nature
00:31:57ne peut pas non plus
00:31:59s'exprimer autrement
00:32:00que par nos voix,
00:32:01que ce soit celle
00:32:02des associations,
00:32:03des ONG
00:32:03ou des engagements politiques.
00:32:06Donc,
00:32:06pour répondre,
00:32:07si j'avais la réponse,
00:32:08encore une fois,
00:32:09elle a été donnée
00:32:09par Younous
00:32:10et elle est donnée
00:32:11par la réalité.
00:32:13Si les citoyens
00:32:15et les citoyennes
00:32:16ne se mobilisent pas,
00:32:18alors rien ne changera
00:32:19dans les institutions.
00:32:21Ce n'est jamais
00:32:22les institutions
00:32:22qui se réforment
00:32:23par elles-mêmes,
00:32:24ça n'existe pas.
00:32:25Ce n'est que
00:32:26par la pression citoyenne
00:32:27que l'on peut faire
00:32:28bouger les lignes.
00:32:29Si cette pression retombe,
00:32:31il n'y aura pas
00:32:32de transformation économique,
00:32:35sociale,
00:32:35solidaire,
00:32:36écologique.
00:32:36Et j'ajoute une chose,
00:32:38j'ajoute une chose,
00:32:39c'est qu'il faut
00:32:40que nous ayons conscience
00:32:42qu'en face,
00:32:43on a des blocs,
00:32:44on a des murs,
00:32:46on a des vrais blocs.
00:32:47La finance,
00:32:48les industries pétrolières,
00:32:49les industries agroalimentaires,
00:32:51les industries,
00:32:52d'une manière générale,
00:32:53elles sont extrêmement unies.
00:32:55Et que nous,
00:32:57si nous ne sommes pas
00:32:58en capacité
00:32:59de nous réunir,
00:33:00d'agir ensemble
00:33:01et de définir
00:33:02des objectifs
00:33:03que nous voulons gagner,
00:33:04comme sur la pêche
00:33:05ou comme sur d'autres sujets,
00:33:07alors nous perdrons
00:33:08tous les combats,
00:33:09je dis bien
00:33:10tous les combats
00:33:11que nous mènerons
00:33:12parce que nous serons divisés
00:33:14et que divisés,
00:33:15nous n'avons pas la force
00:33:16de résister
00:33:17aux grands lobbies,
00:33:19aux forces de l'argent
00:33:19et aux forces,
00:33:21globalement,
00:33:22du capital
00:33:22et du productivisme.
00:33:24Alors effectivement,
00:33:25la société civile,
00:33:28la société civile,
00:33:30ça va être un élément
00:33:31déterminant
00:33:32dans les jours,
00:33:34années à venir
00:33:35sur ces batailles-là.
00:33:37Gabriel Masolini,
00:33:38donc des Amis de la Terre,
00:33:39je le disais,
00:33:40Nicolas Hulot,
00:33:41toujours en annonçant
00:33:42sa démission,
00:33:43il vous interpelle aussi,
00:33:44vous, ONG,
00:33:45il interpelle aussi
00:33:47la société civile,
00:33:48justement,
00:33:48en se demandant
00:33:49est-ce que j'ai
00:33:49une société structurée
00:33:51qui descend aujourd'hui
00:33:52dans la rue
00:33:53pour défendre
00:33:53la biodiversité ?
00:33:55La société structurée,
00:33:56la société combative,
00:33:57on l'a vue très fortement
00:33:59le week-end dernier
00:34:00dans la rue,
00:34:00elle a répondu présent.
00:34:01On l'avait vu très fortement
00:34:03aussi au moment
00:34:04de la COP21,
00:34:06on se souvient
00:34:06de mobilisations massives
00:34:08qui avaient vraiment marqué
00:34:09ce rendez-vous international.
00:34:12Entre les deux,
00:34:13il s'est passé quoi ?
00:34:14Est-ce que cette société civile
00:34:16s'est tue ?
00:34:17Et sinon,
00:34:19comment est-ce qu'elle agit ?
00:34:23Pour l'intérêt du débat,
00:34:24je vais me chronométrer.
00:34:27Et c'est une question
00:34:28très vaste.
00:34:29Et nous,
00:34:30on était très surpris
00:34:30parce que dès qu'il a démissionné,
00:34:32paf,
00:34:33cascade d'appels,
00:34:34qu'est-ce qui se passe,
00:34:35pourquoi,
00:34:36comment vous vous sentez,
00:34:37est-ce que vous ne vous sentez pas humilié,
00:34:39est-ce que c'est un échec pour vous,
00:34:40etc., etc.
00:34:41Mais, je veux dire,
00:34:43rassurez-moi,
00:34:43tout le monde dans la salle
00:34:44savait ici que M. Hulot
00:34:45allait démissionner quand même.
00:34:46Non ?
00:34:47On est d'accord ?
00:34:48Bon, c'était prévisible
00:34:49et je pense qu'il a bien tenu
00:34:51la trancher
00:34:51parce que c'était quand même
00:34:53très compliqué pour lui.
00:34:54Maintenant,
00:34:55ce qu'il a dit dans son discours,
00:34:57c'était justement
00:34:57est-ce que j'ai une société structurée
00:34:59comme tu le mentionnais
00:34:59derrière moi ?
00:35:01En faisant entendre que non.
00:35:04Eh bien, c'est faux.
00:35:05Lui-même le sait
00:35:06parce qu'on a été,
00:35:07entre guillemets,
00:35:08collègues.
00:35:09Il va revenir parmi nos rangs
00:35:10et il est toujours le bienvenu
00:35:11et nous le remercions
00:35:12d'avoir fait ce qu'il a fait.
00:35:13Mais entre 2015 et 2018,
00:35:15tout un tas de choses
00:35:16se sont produites
00:35:16sans nécessairement
00:35:17que cela soit visible
00:35:18au niveau médiatique,
00:35:19comme souvent d'ailleurs.
00:35:22Déjà, en 2009,
00:35:23la mobilisation de Copenhague
00:35:24avait été énorme.
00:35:25Mais qu'est-ce qui s'était passé ?
00:35:26Comme en 2015,
00:35:27Clémence, je pense
00:35:28qu'on sera d'accord sur ça,
00:35:29en fait, ce qu'on a constaté,
00:35:30c'est qu'effectivement,
00:35:31personne n'essayait de se dire
00:35:34on va s'émanciper
00:35:35des cadres institutionnels,
00:35:36de sacraliser la COP,
00:35:38d'attendre que les États
00:35:39prennent des engagements politiques forts,
00:35:40nanani, nanana, etc.
00:35:42pour essayer de construire
00:35:43quelque chose d'autre.
00:35:45Et depuis 2015,
00:35:47pour nous,
00:35:47l'enjeu, c'est de dire
00:35:48OK, comment on fait maintenant ?
00:35:49Comment on structure quelque chose ?
00:35:51Et il y a quelques clés,
00:35:53quelques ingrédients
00:35:55pour cette recette
00:35:56qui ont été nécessaires.
00:35:57La première, je pense,
00:35:58c'est de donner à voir
00:35:59la possibilité de gagner.
00:36:02Et c'est un peu
00:36:03ce que vous disiez là tout à l'heure,
00:36:04ce qu'évoquait aussi Clément,
00:36:06c'est-à-dire que quand,
00:36:06au niveau local,
00:36:07tu arrives à obtenir des choses,
00:36:09quand tu crées
00:36:09une communauté de personnes
00:36:10qui se sentent capables
00:36:11de gagner,
00:36:13là, tu peux passer
00:36:13au stade supérieur
00:36:14et avoir une force
00:36:15qui peut gagner encore plus
00:36:16et encore plus fort.
00:36:17Donc, qu'est-ce qu'on a fait ?
00:36:19On a fait des campagnes,
00:36:20peut-être que vous en avez
00:36:21entendu parler,
00:36:21comme les campagnes
00:36:22des faucheurs de chaises.
00:36:23Vous voyez de quoi on parle,
00:36:24plus ou moins ou pas ?
00:36:25On est allé dans les banques,
00:36:26dans les agences bancaires,
00:36:26on a réquisitionné les chaises
00:36:28d'HSBC,
00:36:29de Société Générale,
00:36:30de BNP,
00:36:30en disant,
00:36:31vous faites de la fraude fiscale ?
00:36:32Très bien.
00:36:33Si vous voulez qu'on vous rende
00:36:34des chaises,
00:36:35rendez l'argent.
00:36:36Alors, bien sûr,
00:36:37on me dit,
00:36:37bien sûr,
00:36:38ils n'ont jamais rendu l'argent.
00:36:39Mais par contre,
00:36:40on s'est mis en capacité
00:36:41de confronter multinationales,
00:36:43plusieurs multinationales,
00:36:44et de leur dire,
00:36:45OK, maintenant,
00:36:45vous avez des citoyens
00:36:46en face de vous.
00:36:47Il n'y a pas de députés,
00:36:48il n'y a pas d'institution,
00:36:49et ils nous soutiennent
00:36:49par ailleurs, bien sûr,
00:36:50mais c'est nous face à vous.
00:36:52Et notre argent,
00:36:53celui qu'on met dans les banques,
00:36:54c'est celui que vous utilisez
00:36:55pour aller financer
00:36:56des projets d'énergie fossile
00:36:58dans les pays du Sud,
00:37:00principalement,
00:37:00mais aussi actuellement
00:37:02aux Etats-Unis,
00:37:03par exemple,
00:37:03des projets de gaz de schiste
00:37:05dont va s'occuper
00:37:05Société Générale.
00:37:07Première banque française,
00:37:07c'est notre argent
00:37:08qu'on utilise là pour le faire.
00:37:10Et aujourd'hui,
00:37:11par exemple,
00:37:11pour prendre un exemple
00:37:12des choses qui se sont produites
00:37:13entre 2015 et 2008,
00:37:14il y a eu une vague d'actions
00:37:16partout en France
00:37:16avec le mot-clé,
00:37:18enfin, le mot d'ordre,
00:37:18pas avec notre argent.
00:37:20Il y a eu des activistes
00:37:21d'attaques,
00:37:22des amis de la Terre,
00:37:23d'ANB COP21,
00:37:24donc d'Action Ambulante COP21
00:37:25et d'Alternatiba,
00:37:26qui sont allés
00:37:26dans les agences bancaires
00:37:27pour les salir
00:37:28et montrer la vraie face,
00:37:30le vrai visage
00:37:31des institutions financières.
00:37:33Pourquoi ?
00:37:33Parce qu'on doit engager
00:37:34ce rapport de force
00:37:35pour obtenir des résultats.
00:37:36Sinon, on ne s'en sortira pas.
00:37:39Donc, c'est une énorme responsabilité.
00:37:42Là, tout d'un coup,
00:37:43les États, en 2015,
00:37:44ils ont pris des engagements
00:37:45pour qu'on reste en-dessus
00:37:46des 1,5 degrés
00:37:47d'augmentation de la température.
00:37:49Mais par contre,
00:37:50il n'y a aucun engagement contraignant.
00:37:52C'est-à-dire,
00:37:52personne ne peut venir
00:37:53et dire,
00:37:53coucou,
00:37:54vous ne faites pas votre travail.
00:37:55Et donc, tout d'un coup,
00:37:56on se retrouve, nous,
00:37:57citoyens, citoyennes,
00:37:58sociétés civiles,
00:37:58à devoir dire,
00:37:59OK, c'est à nous
00:37:59de prendre cette responsabilité
00:38:01et de le rappeler constamment.
00:38:02On ne peut pas franchir
00:38:03ce cap-là
00:38:04parce qu'il est en jeu
00:38:05l'avenir de l'humanité
00:38:06et de la planète tout entière.
00:38:11Voilà pour prendre
00:38:12juste cet exemple-là.
00:38:13Là, tout à l'heure,
00:38:14on parlait
00:38:14de l'émobilisation de 2018.
00:38:17Et donc,
00:38:18il faut reconnaître aussi
00:38:19que la démission de Hulot
00:38:20a été quelque chose,
00:38:22un déclencheur.
00:38:23Et clairement,
00:38:24là, il y a un enjeu,
00:38:24pour nous tous,
00:38:25je pense,
00:38:26sociétés civiles,
00:38:27députés, etc.,
00:38:28de savoir si cette démission
00:38:30a été un appel de phare
00:38:31dans la nuit
00:38:32sur l'autoroute
00:38:33que vous voyez passer
00:38:33et c'est fini
00:38:34ou est-ce que c'est
00:38:35l'étincelle
00:38:35qui fera prendre
00:38:37le feu à la plaine.
00:38:38Et pour nous,
00:38:39il est fondamental
00:38:39pour utiliser
00:38:41un événement climatique
00:38:42un peu extrême
00:38:43et dire,
00:38:43justement,
00:38:44il faut être prêt
00:38:46au moment
00:38:46où les planètes
00:38:47s'alignent
00:38:47à pouvoir riposter
00:38:49et à structurer
00:38:49encore plus loin
00:38:50ce mouvement-là.
00:38:51C'est quoi les planètes
00:38:52qui s'alignent ?
00:38:52On l'a aujourd'hui.
00:38:53Un thème,
00:38:54l'écologie,
00:38:55l'environnement
00:38:55qui commence
00:38:56à devenir populaire.
00:38:57Vous avez plein d'acteurs
00:38:58aujourd'hui
00:38:59qui vous disent
00:38:59il faut trier les déchets,
00:39:00il faut faire pipi sous la douche.
00:39:01Bon,
00:39:02on commence par ça.
00:39:03Très bien.
00:39:04Ensuite,
00:39:05quoi ?
00:39:05La capacité d'agir,
00:39:07montrer qu'il est possible
00:39:08d'agir collectivement,
00:39:09individuellement,
00:39:10etc.
00:39:10Donc,
00:39:10deuxième ingrédient,
00:39:11je dirais.
00:39:12Troisième ingrédient,
00:39:13un élément déclencheur.
00:39:14Donc,
00:39:14on a eu les canicules
00:39:16cet été,
00:39:17il y a eu le jour du dépassement,
00:39:18il y a eu des dizaines d'actions
00:39:18partout en France
00:39:19et la démission
00:39:20de Nicolas Hulot.
00:39:21Et ensuite,
00:39:21il est nécessaire
00:39:22qu'il y ait des réseaux
00:39:23sur le terrain
00:39:24bâtis par des citoyens
00:39:25et des citoyennes
00:39:26qui soient capables
00:39:27d'être le relais
00:39:28de cette force de mobilisation
00:39:29et de la structurer
00:39:30dans la durée.
00:39:31Nous,
00:39:31en tout cas,
00:39:31c'est le pari qu'on prend.
00:39:32Parce qu'il est clair
00:39:33qu'on ne pourra pas
00:39:34s'en sortir
00:39:35en faisant pipi sous la douche
00:39:36tous individuellement.
00:39:37Il faut le faire,
00:39:38c'est très bien.
00:39:39Par contre,
00:39:39là,
00:39:39on va s'en sortir
00:39:40en unissant les forces
00:39:42et en faisant en sorte
00:39:43qu'on soit un vrai adversaire
00:39:45face au grand pouvoir
00:39:46des multinationales
00:39:47et des institutions.
00:39:48Bref,
00:39:48il faut changer le système
00:39:50et pas le climat.
00:39:51C'est ça
00:39:51qu'a dit Nicolas Hulot
00:39:52en démission.
00:39:55Moi,
00:39:55je pense.
00:39:57Merci.
00:39:58Il y a Pierre Laurent
00:39:58qui va arriver.
00:39:59Ça y est,
00:40:00on l'a retrouvé.
00:40:01Clémence,
00:40:02sur cette question,
00:40:03l'heure de la mobilisation
00:40:05citoyenne,
00:40:05de la mobilisation
00:40:06des ONG,
00:40:07l'heure est à frapper
00:40:08fort,
00:40:09là aussi,
00:40:10maintenant ?
00:40:10On sort du plaidoyer
00:40:11pour en venir
00:40:12à l'action citoyenne forte ?
00:40:16Si on n'en restait
00:40:17qu'au plaidoyer,
00:40:18on n'irait pas très loin
00:40:19parce qu'effectivement,
00:40:20quand on voit
00:40:20le nombre de salariés
00:40:21des ONG en France,
00:40:22on n'est pas une force immense.
00:40:24Donc c'est justement
00:40:25sur l'organisation
00:40:26et la décentralisation
00:40:28du leadership
00:40:29qu'il faut miser.
00:40:33Évidemment,
00:40:34et d'ailleurs,
00:40:35la justice climatique,
00:40:37les grandes avancées
00:40:38qu'il y a eu sur la question,
00:40:39elles ont eu lieu
00:40:41parce qu'il y a eu
00:40:42la mobilisation
00:40:42d'un mouvement
00:40:43qui est large,
00:40:44qui est divers,
00:40:44qui fait des coalitions
00:40:46qui ne vont pas
00:40:47nécessairement de soi.
00:40:48et il faut encourager
00:40:50justement tous les groupes
00:40:50qui se mobilisent
00:40:51à l'échelle locale
00:40:52d'aller chercher
00:40:53d'autres partenaires,
00:40:54pas forcément
00:40:55ceux qui sont
00:40:56le plus proche d'eux
00:40:57dans leurs idées
00:40:58ou dans leur façon
00:40:59de mobiliser,
00:40:59mais pour justement
00:41:00essayer de faire basculer
00:41:04le spectre des alliés.
00:41:06Et on parlait
00:41:07des mobilisations
00:41:08du week-end dernier.
00:41:09Il y a eu des mobilisations
00:41:10spectaculaires en France
00:41:11avec un élan
00:41:13tout particulier
00:41:14à la suite
00:41:14de la démission
00:41:15de Nicolas Hulot,
00:41:16mais c'était le cas
00:41:17dans le monde entier
00:41:18puisque c'était
00:41:18une journée mondiale
00:41:19d'action.
00:41:20Il y a eu plus de 900 villes
00:41:22des actions
00:41:22jusqu'à devant
00:41:25le sommet
00:41:26pour l'action climatique
00:41:28justement
00:41:28qui a été organisé
00:41:29à San Francisco
00:41:30par Jerry Brown,
00:41:31le gouverneur de Californie,
00:41:34en disant
00:41:34on est dans un pays
00:41:35gouverné par un climato-sceptique,
00:41:37on va mobiliser
00:41:38tous les acteurs
00:41:39et les décideurs
00:41:41pour justement
00:41:42pallier aux insuffisances
00:41:43des États
00:41:43sur le dérèglement climatique.
00:41:45Mais à nouveau,
00:41:46qu'est-ce qu'on observe
00:41:47finalement dans ce type
00:41:48de sommet
00:41:51où il y a
00:41:51évidemment
00:41:52un plaidoyer,
00:41:53un lobbying
00:41:54qui est effectué,
00:41:55des maigres annonces
00:41:56en fait,
00:41:57des choses
00:41:58qui ne brisent pas
00:41:59à nouveau
00:41:59le statu quo
00:42:00et ça c'est tout problématique
00:42:02et c'est la raison
00:42:03pour laquelle
00:42:04même si
00:42:05ce gouverneur
00:42:06de Californie
00:42:06a annoncé
00:42:08rendre
00:42:08100%
00:42:09renouvelable
00:42:10son territoire
00:42:11à échelle
00:42:122050,
00:42:12un peu tard,
00:42:14eh bien
00:42:14à l'extérieur
00:42:15il y avait
00:42:15plus de 20 000 personnes
00:42:17qui lui rappelaient
00:42:18qu'en fait
00:42:18il autorisait
00:42:19toujours
00:42:21l'exploitation
00:42:22des énergies fossiles
00:42:23ou du pétrole
00:42:24qui ont un impact
00:42:25direct aussi
00:42:26sur
00:42:27de nombreuses communautés
00:42:28parce que
00:42:30évidemment
00:42:30les inégalités
00:42:32se renforcent
00:42:33avec
00:42:33avec la crise
00:42:34environnementale
00:42:35la crise
00:42:36la crise climatique
00:42:36et donc
00:42:37ce mouvement
00:42:38il a été
00:42:38il a montré
00:42:40sa diversité
00:42:40et sa force
00:42:41et surtout
00:42:42trois revendications
00:42:43qui sont principales
00:42:44parce que
00:42:44on le sait
00:42:45à nouveau
00:42:45qu'il faut sortir
00:42:46il faut sortir
00:42:47de la politique
00:42:48des petits pas
00:42:49mais il faut aussi
00:42:49sortir de l'engagement
00:42:50des petits gestes
00:42:52et en fait
00:42:52cesser d'agir
00:42:53à l'échelle individuelle
00:42:54pour se structurer
00:42:56vraiment en contre-pouvoir
00:42:57et en se structurant
00:42:58en contre-pouvoir
00:42:59on peut exiger
00:43:00aussi trois choses principales
00:43:01au moins sur la question climatique
00:43:02c'est que
00:43:03notre argent
00:43:04ne soit pas utilisé
00:43:06pour financer
00:43:06les projets destructeurs
00:43:08et du climat
00:43:09et de l'environnement
00:43:11et tout simplement
00:43:12interdire
00:43:13ces projets
00:43:14et là
00:43:15moi j'ai parlé
00:43:15de la désobéissance
00:43:17enfin pardon
00:43:17de la non-coopération
00:43:18à travers du mouvement
00:43:19de désinvestissement
00:43:20mais c'est une stratégie
00:43:21qui va de pair
00:43:22avec la résistance
00:43:24directe
00:43:24au projet d'infrastructure
00:43:26et donc
00:43:27au lendemain
00:43:27de cette marche
00:43:28qu'est-ce qu'on est
00:43:29enfin ce qui a été
00:43:30quand même particulièrement
00:43:31choquant
00:43:31donc la marche
00:43:32à Paris
00:43:32mais je veux dire
00:43:33de cette journée d'action
00:43:34ce qui a été particulièrement
00:43:35choquant
00:43:36c'est de constater
00:43:37que le gouvernement
00:43:38envoie 500
00:43:39500 CRS
00:43:41pour déloger
00:43:42des personnes
00:43:43qui protégeaient
00:43:44un bois
00:43:44de la construction
00:43:45d'une autoroute
00:43:46faite par Vinci
00:43:47donc on voit
00:43:47qu'il y a
00:43:48à la fois
00:43:49il faut
00:43:51obliger
00:43:51contraindre
00:43:52les gouvernements
00:43:54les élus
00:43:55à prendre
00:43:56les mesures
00:43:57qui s'imposent
00:43:57mais il faut aussi
00:43:59ne pas attendre
00:44:00qu'ils prennent
00:44:01ces destructions
00:44:01et s'opposer
00:44:03directement
00:44:03à ces projets
00:44:04et pendant la COP21
00:44:05justement
00:44:06à la fin
00:44:07de la COP21
00:44:07on a fait une grande action
00:44:09de désobéissance civile
00:44:10enfin c'était un contexte
00:44:11très particulier
00:44:11puisque c'était
00:44:12l'état d'urgence
00:44:13qui a rassemblé
00:44:14plus de 15 000 personnes
00:44:15sur le champ de Mars
00:44:16et puis la journée a évolué
00:44:17à travers Paris
00:44:19et on a déroulé
00:44:20une banderole
00:44:21qui marquait
00:44:22c'est à nous
00:44:22de jouer pour garder
00:44:23les énergies fossiles
00:44:24dans le sol
00:44:25et alors en anglais
00:44:26ça sonne mieux
00:44:27mais disait maintenant
00:44:27nous mettons notre corps
00:44:28sur la ligne
00:44:29parce que
00:44:30cette urgence climatique
00:44:32elle n'est pas à venir
00:44:34elle nous menace
00:44:35directement
00:44:35et donc il y a
00:44:36une logique
00:44:39en fait
00:44:39à se lancer
00:44:40dans un mouvement
00:44:41de désobéissance civile
00:44:43d'action non violente
00:44:45pour montrer
00:44:46tout simplement
00:44:47ce qui doit être fait
00:44:48Merci Clémence
00:44:54Pierre
00:44:54Laurent
00:44:55donc nous a rejoint
00:44:56je tiens à préciser
00:44:57visiblement
00:44:58ça n'a rien à être à retard
00:44:59il y a eu confusion
00:45:00sur les horaires
00:45:01et je prends tout sur moi
00:45:03je m'en excuse
00:45:04auprès de vous Pierre
00:45:05on ne vous refait pas
00:45:07tout le débat
00:45:08mais on en était à la question
00:45:09vous avez compris
00:45:10des capacités de mobilisation
00:45:12face à un libéralisme
00:45:13qui frappe fort et partout
00:45:15capacité de mobilisation politique
00:45:17capacité de mobilisation citoyenne
00:45:19comment
00:45:20quel champ politique
00:45:21il nous reste pour nous battre
00:45:22quand on a par exemple
00:45:2343 lobbyistes
00:45:25qui travaillent
00:45:25au sein des ministères
00:45:29des cabinets ministériels
00:45:31quelle marge de manœuvre
00:45:33on a quand on est
00:45:34un politique de l'opposition
00:45:35aujourd'hui en France
00:45:36ou en Europe
00:45:38quand on est sénateur
00:45:40quand on est
00:45:41dans cette opposition
00:45:42face à des forces libérales
00:45:43qui semblent avoir prise
00:45:45surtout
00:45:46est-ce qu'il reste
00:45:47une marge
00:45:48pour avancer
00:45:51oui je pense
00:45:52qu'il reste des marges
00:45:53là c'est moins
00:45:53le sénateur
00:45:54que le secrétaire national
00:45:56du parti communiste
00:45:57qui a envie de dire
00:45:57des choses là-dessus
00:45:58d'abord je m'excuse
00:45:59effectivement
00:46:00moi j'ai
00:46:01bon
00:46:01j'ai pas compris l'heure
00:46:02donc voilà
00:46:03je suis désolé
00:46:05d'arriver
00:46:05après la bataille
00:46:07mais
00:46:07ce que je veux dire
00:46:09c'est que
00:46:11c'est même
00:46:12c'est pas
00:46:13la question
00:46:14n'est pas de savoir
00:46:14s'il y a des marges
00:46:15de manœuvre
00:46:15la question
00:46:16est de savoir
00:46:16si nous allons reprendre
00:46:18ou pas le pouvoir
00:46:19sur les décisions humaines
00:46:21qui sont capables
00:46:22de changer
00:46:23le cours des choses
00:46:23parce que si on est d'accord
00:46:25avec le constat
00:46:26que le changement
00:46:28climatique
00:46:29est le résultat
00:46:32de l'action humaine
00:46:33il faut savoir
00:46:35désigner les responsables
00:46:36et donc
00:46:37on a besoin
00:46:38de reprendre
00:46:39que les actions humaines
00:46:41reprennent du pouvoir
00:46:43sur ce qui est décidé
00:46:44et de le faire
00:46:45contre effectivement
00:46:46ce qu'on appelle
00:46:48les lobbies
00:46:48mais les lobbies
00:46:49ne sont que le cash-sex
00:46:50du capital multinational
00:46:52pour l'essentiel
00:46:54et
00:46:54ils siègent
00:46:56ils ont une rue entière
00:46:58à Bruxelles
00:46:58et dans d'autres endroits
00:46:59pour continuer
00:47:00d'imposer
00:47:01les mêmes logiques
00:47:03moi ce qui m'importe
00:47:04et ce que je voudrais dire
00:47:05c'est que je pense
00:47:06que
00:47:06une des grandes questions
00:47:08politiques
00:47:08qui nous est posée
00:47:09et à laquelle
00:47:10le parti communiste
00:47:11je pense
00:47:12peut apporter
00:47:12quelque chose
00:47:13d'intéressant
00:47:15c'est
00:47:16est-ce qu'on sera capable
00:47:17de faire converger
00:47:19le grand fleuve
00:47:20des mobilisations écologiques
00:47:21et le grand fleuve
00:47:22des mobilisations sociales
00:47:24et si on veut le faire
00:47:25moi je propose
00:47:26une méthode
00:47:27elle vaut ce qu'elle vaut
00:47:28je ne sais pas
00:47:28ce qui s'est dit avant
00:47:30c'est que je pense
00:47:31qu'il faut donner
00:47:31des grands objectifs sociaux
00:47:34aux mobilisations écologiques
00:47:36il faut prendre
00:47:37la question
00:47:37de l'alimentation
00:47:38et il faut dire
00:47:39que la question
00:47:40de l'alimentation
00:47:41c'est une question
00:47:42pour tous ceux
00:47:43qui sont mal alimentés
00:47:45parce qu'ils ne sont pas
00:47:46assez alimentés
00:47:47et on sait
00:47:48que le réchauffement climatique
00:47:50il y a une grande étude
00:47:51qui vient d'être publiée
00:47:52a aggravé
00:47:52les problèmes de faim
00:47:53dans le monde
00:47:54on sait qu'il y a
00:47:55de la précarité alimentaire
00:47:56mais il faut donc dire
00:47:57qu'une grande politique
00:47:59de l'alimentation
00:47:59c'est pas une politique
00:48:01de niche écologique
00:48:02pour quelques-uns
00:48:03c'est qu'on doit changer
00:48:06la qualité de l'alimentation
00:48:08pour ceux aujourd'hui
00:48:09qui se nourrissent mal
00:48:10et parfois
00:48:11qui ne se nourrissent pas
00:48:12ou qui n'arrivent pas
00:48:13bien à se nourrir
00:48:14donc par exemple
00:48:15faisons une grande loi
00:48:17travaillons une grande bataille
00:48:19sur l'alimentation
00:48:20avec un droit opposable
00:48:24qui mette par exemple
00:48:25la question
00:48:26de la restauration scolaire
00:48:27notamment dans les quartiers
00:48:29populaires
00:48:30au coeur de nos batailles
00:48:32et là je pense
00:48:34qu'on sera capable
00:48:35de commencer
00:48:36à faire converger
00:48:37les choses
00:48:38et c'est la même chose
00:48:41mettons la question
00:48:42de l'alimentation
00:48:43et de la restauration
00:48:43collective
00:48:44alors du jour
00:48:46on va affronter
00:48:47des grandes chaînes
00:48:48de la distribution alimentaire
00:48:49ceux qui mettent la main
00:48:51sur la privatisation
00:48:52de la restauration collective
00:48:53parce que malheureusement
00:48:54aujourd'hui
00:48:55c'est plus les CE
00:48:56qui font de la restauration
00:48:58collective
00:48:58c'est les grands groupes
00:48:59privés
00:49:00de la restauration collective
00:49:02donc il faut reprendre
00:49:04du pouvoir là-dessus
00:49:04et je pense que
00:49:06sur ces questions
00:49:06sur les questions
00:49:07de l'habitat
00:49:08sur les questions
00:49:09des transports
00:49:10il faut
00:49:11je le répète
00:49:12pour moi
00:49:12donner des grands objectifs
00:49:14sociaux
00:49:14à nos combats écologiques
00:49:17et là on va
00:49:18je pense
00:49:20réintéresser
00:49:20au combat écologique
00:49:21tous ceux
00:49:22qui y sont déjà engagés
00:49:23et tout un tas
00:49:24de forces sociales
00:49:25qui sont en train
00:49:26de prendre conscience
00:49:27de l'urgence
00:49:29écologique
00:49:29mais qui ne sont pas
00:49:31encore impliqués
00:49:32dans ces combats
00:49:32ou qui les regardent
00:49:34un petit peu
00:49:36de l'extérieur
00:49:37voilà
00:49:37et c'est cette convergence-là
00:49:39à laquelle on peut travailler
00:49:41en joignant
00:49:41tous nos efforts
00:49:42et si nous le faisons
00:49:44c'est là qu'on va changer
00:49:45le système
00:49:46parce que je le répète
00:49:47si le grand fleuve
00:49:48de la mobilisation écologique
00:49:49et le grand fleuve
00:49:50de la mobilisation sociale
00:49:51convergent
00:49:52là on changera d'échelle
00:49:53dans notre manière
00:49:54de nous attaquer au système
00:49:56et c'est ça qu'il faut
00:49:57qu'on construise ensemble
00:49:58et le parti communiste
00:50:00est prêt à travailler à ça
00:50:01alors qu'est-ce qui a empêché
00:50:03qu'est-ce qui vous empêche
00:50:04de le faire
00:50:04j'allais dire
00:50:05je m'adresse à tous les trois
00:50:06là
00:50:07qu'est-ce qui freine
00:50:09aujourd'hui
00:50:09ce grand fleuve
00:50:11de la convergence
00:50:11est-ce qu'il y a des batailles
00:50:12celles qui dévisent
00:50:14et qui sont pour le moment
00:50:16insurmontables
00:50:16ou c'est quoi
00:50:17Pascal Durand
00:50:18Pierre
00:50:19Younous
00:50:20je vous laisse intervenir
00:50:21là-dessus
00:50:21moi je voudrais dire
00:50:22évidemment
00:50:23Pierre
00:50:24tu n'étais pas là
00:50:24quand j'ai parlé
00:50:25mais on se connaît suffisamment
00:50:27et globalement
00:50:28j'ai dit exactement
00:50:29la même chose
00:50:30avec mes mots à moi
00:50:31à savoir que
00:50:32si on n'arrivait pas
00:50:33à définir des objectifs
00:50:35communs
00:50:35et à les porter ensemble
00:50:36et bien nous échouerons
00:50:38face à la machine
00:50:39d'une manière générale
00:50:40donc
00:50:40et je crois que je le redis
00:50:41à chaque fois
00:50:42que vous m'avez invité
00:50:43à la fête de l'UMA
00:50:44simplement
00:50:45qu'est-ce qui nous
00:50:45qu'est-ce qui fait
00:50:46qu'on n'y arrive pas encore
00:50:47c'est ça la vraie question
00:50:49qu'il faut qu'on se pose
00:50:50et qu'on essaye
00:50:51de résoudre ensemble
00:50:52la première des choses
00:50:54pour pas tout le temps
00:50:55tourner en rond
00:50:56la première des choses
00:50:57c'est l'histoire
00:50:58qui nous a séparés
00:50:59l'histoire nous sépare
00:51:01l'histoire a séparé
00:51:03par exemple
00:51:03l'action syndicale
00:51:05de l'action politique
00:51:06pour beaucoup de raisons
00:51:07ça vient d'Amiens
00:51:08ça vient de plein de choses
00:51:11ce que je sais
00:51:13c'est qu'à la fosse sur mer
00:51:15il y a trois fois plus
00:51:16de cancer
00:51:17pour ceux qui vivent là-bas
00:51:19que ceux qui vivent
00:51:21dans les quartiers bourgeois
00:51:22de Marseille
00:51:23ou d'ailleurs
00:51:24et donc
00:51:25si on n'arrive pas demain
00:51:27à faire une convergence
00:51:28entre l'action syndicale
00:51:30que les syndicalistes
00:51:31comprennent
00:51:32et prennent en main
00:51:33pas simplement
00:51:34les combats
00:51:35qui mènent
00:51:35et qui mènent historiquement
00:51:36sur les qualités de vie
00:51:38sur l'emploi
00:51:38etc
00:51:39mais qu'on arrive à comprendre
00:51:40que l'action
00:51:43sur la santé
00:51:45l'action sociale
00:51:46l'action syndicale
00:51:48l'action politique
00:51:49doivent converger
00:51:50et qu'on enlève les noms
00:51:52je m'en fous
00:51:53moi qu'on appelle ça
00:51:54de l'écologie
00:51:55je m'en fous
00:51:56qu'on appelle ça
00:51:56ce que je veux
00:51:57c'est que demain
00:51:59les ouvriers
00:52:00à fosse sur mer
00:52:01et leur famille
00:52:02n'aient pas plus de cancer
00:52:03que les bourgeois
00:52:04qui vivent à
00:52:05un kilomètre
00:52:06à vol d'oiseau
00:52:07et ça les amis
00:52:09on ne peut le faire
00:52:10qu'ensemble
00:52:11ça veut dire que demain
00:52:12et c'est vraiment ça
00:52:14le message
00:52:14qu'on doit faire passer
00:52:15ça veut dire
00:52:16qu'il faut mettre
00:52:17autour de la table
00:52:17les syndicalistes
00:52:19qu'il faut mettre
00:52:19autour de la table
00:52:20et tu sais
00:52:21qu'on a essayé de le faire
00:52:22et moi je continuerai
00:52:23jusqu'au bout
00:52:24à le faire
00:52:24je ne veux pas
00:52:25m'engueuler
00:52:26avec la CGT
00:52:27du Mans
00:52:28chez Renault
00:52:29au motif
00:52:29qu'on veut tuer
00:52:30l'automobile
00:52:31c'est pas vrai
00:52:32on ne veut pas
00:52:33tuer l'automobile
00:52:34on ne veut pas
00:52:34tuer les emplois
00:52:35on veut simplement
00:52:36transformer ensemble
00:52:38ensemble
00:52:39la mobilité
00:52:40et faire en sorte
00:52:41que tout le monde
00:52:42y arrive
00:52:42moi je ne veux
00:52:43foutre personne
00:52:44au chômage
00:52:45mais je ne veux pas
00:52:46non plus
00:52:46qu'on continue
00:52:47pour enrichir
00:52:48Total
00:52:48ou pour enrichir
00:52:50les grands capitaux
00:52:51de chez Renault
00:52:51ou de chez Peugeot
00:52:52voilà notre combat commun
00:52:53voilà ce qu'on va faire
00:52:54on y arrivera
00:52:55moi j'en suis sûr
00:52:56on y arrivera
00:52:57ensemble
00:52:57et ce jour là
00:52:58vous verrez
00:52:59on gagnera
00:53:00Pierre et puis après
00:53:01Younous
00:53:02Non ?
00:53:04Younous ?
00:53:07Non mais pour poursuivre
00:53:08ce que dit Pascal
00:53:09je suis désolé
00:53:10comme je n'ai pas écouté
00:53:12ce qui s'est dit précédemment
00:53:14je m'en excuse encore
00:53:16mais j'ai dit tout à l'heure
00:53:18j'ai fait un discours
00:53:19dans un autre stand
00:53:20la relocalisation du travail
00:53:24pour réinventer
00:53:26une autre manière
00:53:27de produire
00:53:28c'est le grand combat
00:53:30du 21ème siècle
00:53:31la mondialisation capitaliste
00:53:33déplace les gens
00:53:34comme des pions
00:53:34et se fout
00:53:37de la planète
00:53:37et si nous voulons lutter
00:53:40contre ça
00:53:40il faut réinventer
00:53:42la relocalisation
00:53:44du travail
00:53:44pour produire
00:53:46autrement
00:53:47et ça c'est un objectif
00:53:48qui peut concerner tout le monde
00:53:50il y a 530 000 emplois
00:53:52qui ont disparu
00:53:53en 10 ans
00:53:53dans les industries
00:53:55manufacturières
00:53:56pourquoi ?
00:53:57parce qu'on coupe
00:53:58le bois de nos forêts
00:53:59on l'envoie en Chine
00:54:00juste après l'abattage
00:54:02on le ramène ici
00:54:03en produit fini
00:54:04avec des bateaux
00:54:05là on vient
00:54:06d'envoyer sur les mers
00:54:07un super
00:54:10conteneur
00:54:10qui trimballe
00:54:11tout ça
00:54:11c'est une folie écologique
00:54:13et on fait des trajets
00:54:15pour emmener du bois
00:54:16et le ramener en produit fini
00:54:17jusqu'à la Chine
00:54:18de 28 000 kilomètres
00:54:19en bateau
00:54:20c'est une aberration totale
00:54:22mais en fait
00:54:23on a fait la même chose
00:54:24dans le textile
00:54:25dans l'habillement
00:54:25dans le cuir
00:54:26dans le plastique
00:54:27dans le caoutchouc
00:54:28et on le fait
00:54:29partout dans le monde
00:54:30et nous devenons
00:54:30des pieds
00:54:31des pions
00:54:33des géants
00:54:33de la mondialisation
00:54:35donc relocaliser le travail
00:54:37dans tous les pays
00:54:38ça ne veut pas dire
00:54:38qu'il n'y a pas d'échange
00:54:39évidemment il y aura
00:54:40des échanges
00:54:41mais relocaliser le travail
00:54:42pour produire autrement
00:54:44donc il faut réconcilier
00:54:45ces deux objectifs
00:54:46on ne veut pas seulement
00:54:47des emplois
00:54:48on veut des emplois
00:54:49pour produire autrement
00:54:50et on veut des emplois
00:54:52relocalisés
00:54:53chez nous
00:54:54et partout
00:54:54à la réunion
00:54:56chez Younous
00:54:57pour faire différemment
00:54:58et dans le monde entier
00:54:59et ça
00:55:00ces objectifs là
00:55:02peuvent devenir
00:55:03des grands
00:55:03effectivement
00:55:04combats communs
00:55:06qui nous sortiront
00:55:07des divisions
00:55:08et des histoires
00:55:11qui nous ont amené
00:55:12finalement
00:55:13à faire le même
00:55:14constat aujourd'hui
00:55:15mais par des chemins
00:55:16très différents
00:55:17et avec des cultures
00:55:18politiques différentes
00:55:19et aujourd'hui
00:55:20construire cette convergence
00:55:22politique
00:55:22c'est la tâche
00:55:24du 21ème siècle
00:55:25pour changer réellement
00:55:27le mode de développement
00:55:27parce que ce qui est
00:55:28à l'ordre du jour
00:55:29du 21ème siècle
00:55:30c'est d'être capable
00:55:31de construire
00:55:32un autre mode de développement
00:55:33que celui de la mondialisation
00:55:34capitaliste
00:55:35Younous
00:55:36je pense que vous allez
00:55:37abonder dans le même sens
00:55:38ça veut dire qu'on est prêt
00:55:39pour une grande marche
00:55:40pour l'environnement
00:55:42Je salue Pierre
00:55:44qui est arrivé
00:55:44après le début
00:55:46de la discussion
00:55:47et je crois
00:55:49que la convergence
00:55:50dont vous parliez
00:55:52elle est en marche
00:55:53parce que
00:55:54au final
00:55:54la question écologique
00:55:56elle est devenue
00:55:57au moins
00:55:59une
00:56:00un questionnement
00:56:02extrêmement important
00:56:03dans toutes les
00:56:04formations
00:56:05politiques
00:56:06mais nous devons
00:56:07avoir à l'esprit
00:56:08que ces exigences
00:56:10au fond
00:56:11sont des exigences
00:56:13assez nouvelles
00:56:14qui sont apparues
00:56:16dans la sphère
00:56:18de la pensée
00:56:18et la sphère
00:56:19du combat politique
00:56:20depuis
00:56:2140 ans
00:56:23mais pas au-delà
00:56:24et qu'ils
00:56:25s'inscrivent
00:56:26en contradiction
00:56:27totale
00:56:28avec aussi
00:56:29ce qui a animé
00:56:31beaucoup
00:56:31de
00:56:32pensée
00:56:33économique
00:56:34de notre côté
00:56:35lorsqu'il
00:56:36s'agissait
00:56:38d'étendre
00:56:39sans fin
00:56:39la production
00:56:41il faut revenir
00:56:42toujours
00:56:43pour gagner
00:56:44les combats
00:56:45à des exemples
00:56:47concrets
00:56:47et à des mobilisations
00:56:49concrètes
00:56:50qui permettent
00:56:52de lier
00:56:52justement
00:56:53ce que tu disais
00:56:54c'est à dire
00:56:55à la fois
00:56:56la prise en compte
00:56:57des intérêts écologiques
00:56:59et en même temps
00:57:00la sauvegarde
00:57:01des intérêts
00:57:02des travailleurs
00:57:03et des intérêts
00:57:04économiques
00:57:05ici en France
00:57:06je prends l'exemple
00:57:08parce que je mène
00:57:09le combat là-dessus
00:57:10actuellement
00:57:10du JEPTA
00:57:12le JEPTA
00:57:13est l'accord
00:57:14commercial
00:57:15qui sera signé
00:57:16par l'Union Européenne
00:57:18avec le Japon
00:57:19et bien cet accord
00:57:20sa caractéristique
00:57:22c'est qu'il organise
00:57:24ce grand déménagement
00:57:26du monde
00:57:27d'abord
00:57:28au désavantage
00:57:29des travailleurs
00:57:30parce que
00:57:31les droits
00:57:32des travailleurs
00:57:33européens
00:57:34dans cet accord
00:57:35sont extrêmement
00:57:36menacés
00:57:37et puis aussi
00:57:38c'est un accord
00:57:40qui est un très mauvais accord
00:57:42pour la planète
00:57:43un accord
00:57:44climaticide
00:57:45comme l'ont dit
00:57:46les ONG
00:57:47et un accord
00:57:48qui ne tient pas compte
00:57:50non plus
00:57:50des nouvelles
00:57:51des impératifs
00:57:53par rapport
00:57:54aux animaux
00:57:55et je pense en particulier
00:57:56aux baleines
00:57:57donc là nous avons
00:57:58un exemple typique
00:57:59mais vous prenez
00:58:00tous les accords
00:58:02commerciaux
00:58:02qui sont conclus
00:58:04aujourd'hui
00:58:04par l'Union Européenne
00:58:06ces accords
00:58:07de libre-échange
00:58:07et bien nous devons
00:58:09mener
00:58:09les batailles
00:58:11et ces batailles
00:58:11nous les menons
00:58:12aussi bien pour la planète
00:58:14que pour les droits
00:58:15sociaux
00:58:16je veux insister
00:58:17enfin
00:58:18sur un point
00:58:19je le disais
00:58:21avant que tu arrives
00:58:22c'est concernant
00:58:23la bataille
00:58:24culturelle
00:58:26et une bataille
00:58:27que pour le moment
00:58:28nous avons perdu
00:58:30et qu'il faut regagner
00:58:32par les mobilisations
00:58:34citoyennes
00:58:35parce que les valeurs
00:58:37aujourd'hui
00:58:38qui sont les valeurs
00:58:39dominantes
00:58:40qui sont les valeurs
00:58:42triomphantes
00:58:43sont les valeurs
00:58:44d'un mode de vie
00:58:46qui est
00:58:49qui répond
00:58:50à des injonctions
00:58:51du libéralisme
00:58:53aussi bien
00:58:54dans la manière
00:58:55dont nous concevons
00:58:57notre bonheur
00:58:58et dans la manière
00:58:59où nous pensons
00:59:01le temps
00:59:02et nous voulons
00:59:03tout
00:59:03tout
00:59:04tout de suite
00:59:05immédiatement
00:59:06sans tenir compte
00:59:07aussi bien
00:59:09des autres espèces
00:59:10que des générations
00:59:12futures
00:59:12donc cette
00:59:14bataille
00:59:15culturelle
00:59:16elle doit être
00:59:17menée
00:59:18en même temps
00:59:19car autrement
00:59:20autrement
00:59:21tout ce que nous
00:59:22entreprenons
00:59:23finira
00:59:24par se fracasser
00:59:25vous savez
00:59:25nous sommes tous
00:59:27un peu
00:59:27schizophrènes
00:59:28c'est à dire
00:59:29que
00:59:30nous avons une conscience
00:59:32de ses intérêts
00:59:33de ses nécessités
00:59:35mais lorsque nous sortons
00:59:37des débats
00:59:38nous revenons
00:59:39à des modes de vie
00:59:40qui sont des modes de vie
00:59:42qui vont aggraver
00:59:43la dette écologique
00:59:45et qui vont aggraver
00:59:46la situation
00:59:47parce que nous répondons
00:59:49à des injonctions
00:59:50et nous répondons
00:59:51à un modèle dominant
00:59:53donc c'est ça
00:59:54qui est extrêmement difficile
00:59:55revenir sur des habitudes
00:59:57c'est quelque chose
00:59:58d'extrêmement
00:59:59important
01:00:00dernier point
01:00:01il y a la France
01:00:03bien sûr
01:00:04mais ce sont des batailles
01:00:06qui sont des batailles
01:00:07globales
01:00:08si tous
01:00:09les
01:00:10africains
01:00:12tous
01:00:13les asiatiques
01:00:14veulent vivre
01:00:15sur le standard
01:00:17des occidentaux
01:00:18et avec ce modèle
01:00:20du libéralisme
01:00:21et du capitalisme
01:00:23alors nous allons
01:00:24vers la catastrophe
01:00:25et c'est pourquoi
01:00:26les batailles
01:00:27que nous menons
01:00:28en Europe
01:00:28aujourd'hui
01:00:29et ces prises
01:00:30de conscience
01:00:31nous devons aussi
01:00:32travailler
01:00:33à pouvoir
01:00:34les diffuser
01:00:35et à montrer
01:00:37un autre chemin
01:00:38c'est à dire
01:00:38qu'il est possible
01:00:40en dehors
01:00:41de ce libre-échange
01:00:42fou
01:00:42pour ces pays
01:00:43d'aller aussi
01:00:45vers le progrès
01:00:46Gabriel Masolini
01:00:48vous avez le sentiment
01:00:49que là
01:00:49je rebondis
01:00:50sur ce que vient de dire
01:00:51Younous
01:00:52vous avez le sentiment
01:00:52que la société
01:00:53est prête
01:00:54à faire le pas
01:00:55de ces grands changements
01:00:56justement
01:00:56ce changement culturel
01:00:57d'en sortir
01:00:58avec cette
01:00:59schizophrénie
01:01:00dont on peut parler
01:01:01effectivement
01:01:01et qui
01:01:02voilà
01:01:05sans offense
01:01:06mais moi
01:01:07en vous entendant
01:01:07j'ai l'impression
01:01:08qu'il y a tout à faire
01:01:09et j'ai peur
01:01:11de ça
01:01:11moi j'ai peur
01:01:12d'entendre
01:01:13des figures politiques
01:01:15d'un certain niveau
01:01:16ainsi que
01:01:17monsieur Hulot
01:01:17l'autre jour
01:01:18quand il a démissionné
01:01:19dire
01:01:19faire des discours
01:01:21qui sont certes importants
01:01:22sans prendre compte
01:01:24peut-être ce qui a été fait
01:01:25auparavant
01:01:25je sais que dans votre esprit
01:01:26vous l'avez
01:01:26mais je pense que c'est important
01:01:27aussi pour l'audience
01:01:29donc pour répondre
01:01:30à la question que tu poses
01:01:32moi je vais reprendre
01:01:33l'exemple d'Alternatiba
01:01:34l'Alternatiba
01:01:35on l'a créé
01:01:36donc l'Alternatiba
01:01:37c'est pas juste un événement
01:01:38c'est un mouvement citoyen
01:01:39qu'on a créé en 2013
01:01:41avec l'obsession
01:01:42de dire
01:01:43comment on va faire en sorte
01:01:44justement
01:01:44que les gens se sentent prêts
01:01:46se sentent prêts
01:01:47à changer collectivement
01:01:48les choses
01:01:48et la meilleure façon
01:01:50de faire les choses
01:01:50c'est de montrer concrètement
01:01:52quand tu te balades
01:01:53dans ta ville
01:01:53des quartiers
01:01:55dans lesquels
01:01:55les choses changent
01:01:56que tu peux consommer
01:01:57différemment
01:01:58il peut y avoir
01:01:59un autre type de finance
01:02:00tu peux utiliser
01:02:00une monnaie locale
01:02:01etc etc
01:02:02et donc on a lancé
01:02:03en 2013
01:02:03des villages
01:02:04des alternatives
01:02:05qui se sont répandus
01:02:06depuis en 2015
01:02:08notamment en vue de la COP21
01:02:09et que nous avons refait
01:02:10cette année
01:02:11donc cette année
01:02:12on a fait le tour
01:02:12Alternatiba à nouveau
01:02:13en 2018
01:02:14parce que c'est une année
01:02:15cruciale pour le climat
01:02:16c'est la sortie
01:02:17du rapport du GIEC
01:02:17donc les scientifiques
01:02:18vont nous rappeler
01:02:19qu'il est très tard
01:02:21pour agir
01:02:21mais qu'on peut encore le faire
01:02:22on a perdu la première bataille
01:02:24qui est celle du changement climatique
01:02:25mais on peut encore gagner
01:02:26la deuxième
01:02:26qui est celle de freiner
01:02:27le changement climatique
01:02:29en tout cas
01:02:29de le ralentir considérablement
01:02:32et ça a démarré
01:02:33le 9 juin
01:02:33ça dure 4 mois
01:02:34et on arrive à Bayonne
01:02:36donc le 6 et 7 octobre
01:02:38en quoi consiste ce tour
01:02:39à avoir un symbole
01:02:40c'est des triplettes
01:02:41c'est des vilos
01:02:413 places
01:02:424 places
01:02:42et on passe comme ça
01:02:43de ville en ville
01:02:45une à midi
01:02:46une le soir
01:02:46on organise une vélo russion
01:02:48donc on arrive tous en vélo
01:02:49avec tous les citoyens
01:02:50dans un village des alternatives
01:02:51organisé dans chaque étape
01:02:53donc dans plus de 200 lieux
01:02:54et là les gens
01:02:55les citoyens
01:02:56ils voient pour la première fois
01:02:57tout ce qu'ils peuvent faire
01:02:58d'alternative
01:02:58à la consommation
01:02:59qui existe actuellement
01:03:01sous le libéralisme
01:03:02etc.
01:03:03donc ils vont rencontrer
01:03:04les acteurs
01:03:05qui de fait aujourd'hui
01:03:06sont en train de changer
01:03:07le système par le climat
01:03:08à une échelle très locale
01:03:09parce que les discours
01:03:10que vous portez
01:03:11ils portent un niveau global
01:03:12mais encore une fois
01:03:13le niveau local
01:03:13est essentiel pour nous
01:03:15dans cette mobilisation
01:03:16et ensuite le jour d'après
01:03:17on organise des formations
01:03:18à l'action non-violente
01:03:19donc concrètement
01:03:20on montre aux personnes
01:03:21comment elles peuvent
01:03:22en désobéissant à la loi
01:03:25obtenir des victoires
01:03:26notamment comme je me le disais
01:03:27tout à l'heure
01:03:28face à des grandes banques
01:03:29internationales
01:03:30comme Société Générale
01:03:31et il se trouve
01:03:31qu'on gagne comme ça
01:03:32on a plié BNP comme ça
01:03:33on a obligé Société Générale
01:03:35à renoncer
01:03:35à un certain nombre de projets
01:03:36et donc on montre
01:03:37que par la désobéissance civile
01:03:39c'est-à-dire à franchir
01:03:40un cap
01:03:40qui est celui mental
01:03:41de dire
01:03:42oui la loi m'oblige à
01:03:43mais en fait la loi
01:03:44légitimise beaucoup
01:03:45de situations
01:03:46qui sont illégitimes
01:03:47et qui sont climaticides
01:03:48les lois sont
01:03:49les lois parfois
01:03:50protègent les banques
01:03:51et nous devons désobéir
01:03:52parfois pour montrer
01:03:53que c'est une aberration
01:03:54et moi la question
01:03:56pour auto-répendre
01:03:57que je me pose
01:03:57en regardant la foule
01:03:58qui est à la fête
01:03:59de l'humanité
01:04:00etc.
01:04:00c'est combien d'entre vous
01:04:02ici par exemple
01:04:03sont prêts à désobéir
01:04:04à une loi
01:04:04pour dénoncer une injustice
01:04:06vous pouvez lever la main
01:04:07si vous me souhaitez
01:04:08bon voilà c'est pas mal
01:04:09bon les gens sont prêts
01:04:10ce que je veux dire
01:04:11c'est que la frontière
01:04:12elle est juste là
01:04:13parfois elle est uniquement mentale
01:04:14mais elle doit commencer
01:04:15par des choses concrètes
01:04:16et locales
01:04:17et c'est pour ça
01:04:17que ça me fait peur
01:04:18quand on parle de
01:04:18il faut, il faut, il faut
01:04:19parce qu'on le rappellera
01:04:20mais là l'ONU
01:04:22vient de redire
01:04:23qu'on a deux ans
01:04:25on a seulement deux ans
01:04:26les amis
01:04:28c'est pas le temps
01:04:28d'une présidentielle
01:04:29c'est pas le temps
01:04:30d'une européenne
01:04:31c'est pas le temps
01:04:31d'une élection
01:04:32elles sont portantes
01:04:33ces étapes là
01:04:33politiquement
01:04:34dans la vie d'une société
01:04:34d'une démocratie
01:04:35mais dès aujourd'hui
01:04:36il faut qu'on change tout
01:04:37donc il faut soutenir
01:04:38les mobilisations
01:04:39qui existent déjà
01:04:40et qui sont en train
01:04:40de grossir
01:04:41l'arrivée du tour
01:04:42alternatif à Bayonne
01:04:43le 6 et le 7 octobre
01:04:44mais pas seulement
01:04:45ce sera la sortie
01:04:46du rapport du GEC
01:04:47cette semaine là
01:04:48il faut montrer
01:04:48qu'on est nombreux
01:04:49dans la rue
01:04:49et qu'on en a marre
01:04:50de ce système
01:04:51et qu'on peut pas
01:04:51juste tolérer
01:04:52qu'on nous dise
01:04:53il faut faire pipi
01:04:54sous la douche
01:04:54non il faut obliger
01:04:55les multinationales
01:04:56à arrêter
01:04:56de financer
01:04:57des plans climaticides
01:04:59donc dès le 13 septembre
01:05:00à nouveau dans la rue
01:05:01partout en France
01:05:05Mathieu Colletter
01:05:07ces batailles là
01:05:09vous l'avez dit
01:05:10vous la bataille
01:05:11que vous avez menée
01:05:11elle a été possible
01:05:12et elle reste possible
01:05:13parce qu'il y a eu
01:05:14une mobilisation citoyenne
01:05:15aussi derrière
01:05:15comment ça se passe
01:05:16quand on aborde
01:05:17des points aussi précis
01:05:18que la bêche électrique
01:05:20que la protection
01:05:21des ressources halieutiques
01:05:22on a le mouvement
01:05:23qu'il faut derrière
01:05:26alors nous
01:05:27on a peut-être
01:05:28un désavantage
01:05:29c'est que la mer
01:05:29on voit toujours
01:05:30ce qui se passe en surface
01:05:31mais dès qu'on est sous l'eau
01:05:32ça devient un milieu
01:05:33un peu étranger
01:05:34pour une grande partie
01:05:36d'entre nous
01:05:37on sait pas trop
01:05:37ce qui se passe
01:05:38et donc on voit toujours
01:05:38un peu que la surface
01:05:39et tout le but de Bloom
01:05:41et des ONG
01:05:42qui se battent au niveau
01:05:43du milieu marin
01:05:43c'est de faire comprendre
01:05:44qu'il y a un monde en dessous
01:05:45et que ce monde
01:05:46est soumis aux pressions
01:05:48anthropiques
01:05:48et soumis aux pressions
01:05:49humaines de plus en plus
01:05:50il y a par exemple
01:05:51des négociations
01:05:52qui s'ouvrent actuellement
01:05:52aux Nations Unies
01:05:53sur la biodiversité
01:05:54en haute mer
01:05:55sachant qu'actuellement
01:05:56c'est le premier arrivé
01:05:57premier servi
01:05:59qui exploite
01:06:00les fonds des océans
01:06:01donc il y a toutes ces questions
01:06:02et tout le but
01:06:03notamment nous
01:06:04en nous basant beaucoup
01:06:05sur la science
01:06:06parce que les scientifiques
01:06:08font un travail formidable
01:06:08à travers notamment le GIEC
01:06:09comme tu l'as dit
01:06:10enfin les scientifiques
01:06:11ont fait le travail
01:06:12il y a des tribunes maintenant
01:06:13à peu près toutes les semaines
01:06:14des scientifiques
01:06:15qui appellent à l'aide
01:06:16et qui appellent à l'aide
01:06:16les politiques
01:06:18les citoyens
01:06:19à se mobiliser
01:06:20et à agir ensemble
01:06:21et donc nous on le voit bien
01:06:22c'est une bataille
01:06:24de faire passer des idées
01:06:25essayer de faire émerger
01:06:27un sujet
01:06:27ce qui n'est pas toujours facile
01:06:28dans la vie actuelle
01:06:29où les sujets
01:06:30se défilent
01:06:31et se succèdent
01:06:32et donc essayer aussi
01:06:34de trouver des moyens
01:06:34de communication
01:06:35nous on s'allie aussi souvent
01:06:36avec des artistes
01:06:37pour essayer d'avoir
01:06:38un point de vue
01:06:39un peu différent
01:06:40d'essayer d'amener
01:06:41une forme de mobilisation
01:06:43un peu différente
01:06:45et donc voilà
01:06:45on se base un peu là dessus
01:06:47et puis pour revenir
01:06:47sur un point
01:06:48qui me semblait vraiment important
01:06:49sur l'aspect social
01:06:50et écologique
01:06:51typiquement le cas de la pêche
01:06:53je pense que c'est un bon cas
01:06:54parce que les scientifiques
01:06:55ils vont dire
01:06:55bon bah pour être durable
01:06:57vous pêchez 1000 tonnes de morue
01:06:59pas 2000 tonnes de morue
01:07:001000 tonnes c'est durable
01:07:02mais après la question
01:07:04que ne répondent pas
01:07:05les scientifiques
01:07:05c'est comment on partage
01:07:07ces 1000 tonnes
01:07:07qui les pêche
01:07:08est-ce qu'on va vers
01:07:09des méthodes de pêche plus douces
01:07:11qui emploient plus de monde
01:07:12qui ont un impact moindre
01:07:13sur l'environnement
01:07:14ou est-ce qu'on va mettre
01:07:15ces 1000 tonnes
01:07:16dans un bateau
01:07:16qui va tout pêcher
01:07:17avec 4 marins à bord
01:07:196 marins à bord
01:07:19et donc là vraiment
01:07:20c'est là où il y a vraiment
01:07:22pour moi une adéquation
01:07:23et où les scientifiques
01:07:24commencent à se poser
01:07:25la question du social
01:07:26parce que nous on en a
01:07:27enfin moi pour revenir
01:07:28du milieu de la science
01:07:29de la pêche
01:07:30on en a un peu marre
01:07:30de voir comment ça se passe
01:07:32il n'y a pas de transparence
01:07:33dans l'allocation des quotas
01:07:34en France on a un système
01:07:36qui protège un peu plus
01:07:37mais aujourd'hui
01:07:37il faut savoir
01:07:38que dans un certain nombre
01:07:39de pays européens
01:07:39les quotas
01:07:40c'est devenu un produit financier
01:07:42c'est à dire qu'il y a
01:07:43des entreprises
01:07:43qui vont racheter des quotas
01:07:45et donc on observe
01:07:46globalement quelques entreprises
01:07:48qui vont contrôler
01:07:49tout le milieu de la pêche
01:07:50et donc voilà
01:07:51il y a aujourd'hui
01:07:51une vraie bataille
01:07:52et là où fondamentalement
01:07:54se rejoignent
01:07:55l'écologique
01:07:55et le social
01:07:56et l'économique
01:07:57aussi derrière
01:07:58sur la vie des territoires
01:07:59si on prend l'exemple
01:08:00de la pêche artisanale
01:08:01c'est des pêcheurs
01:08:02alors au niveau européen
01:08:04c'est 5% des captures
01:08:0612% en valeur
01:08:07c'est 75% des bateaux
01:08:09donc on se rend bien compte
01:08:10quand même
01:08:10de la différence
01:08:11entre le nombre de pêcheurs
01:08:13et la part des captures
01:08:14qu'ils représentent
01:08:15et là il y a un vrai combat
01:08:16aussi de dire
01:08:18à quel modèle
01:08:19on donne le plus la place
01:08:20qu'est-ce qu'on tente
01:08:21d'encourager
01:08:22alors ça veut pas dire
01:08:23que demain
01:08:23on arrête toute la pêche industrielle
01:08:24ça va pas être possible
01:08:26mais voilà
01:08:26il y a des visions de transition
01:08:27et là on est vraiment aussi
01:08:28dans des incertitudes globales
01:08:31comment organiser ces transitions
01:08:33j'espère qu'on pourra en discuter
01:08:34au niveau des élections européennes
01:08:36qui arrivent bientôt
01:08:36qui vont être un gros combat
01:08:38et où il va falloir faire
01:08:39peser cette transition
01:08:41parce qu'en regardant
01:08:41ce qui se passe
01:08:42dans les autres pays
01:08:42pour l'instant
01:08:43c'est compliqué
01:08:44donc voilà
01:08:44on a tout un rôle à jouer
01:08:45et voilà
01:08:48Clémence Dubois
01:08:48comment on la rend palpable
01:08:50cette mobilisation
01:08:51contre la finance verte
01:08:52contre le capitalisme vert
01:08:53voilà
01:08:54je voyais réagir tout à l'heure
01:08:55comment on vous la construit
01:08:56cette mobilisation là
01:08:59alors permettez-moi
01:09:00de glisser sur votre question
01:09:02pour souligner
01:09:02deux autres points
01:09:03dont je voulais parler
01:09:04mais finalement
01:09:06voilà
01:09:06tout se rejoint
01:09:07mais moi
01:09:09quand j'entends la question
01:09:09sommes-nous prêts
01:09:10à changer
01:09:11ça me rappelle
01:09:12celle que j'entends beaucoup
01:09:13c'est
01:09:13mais est-ce qu'il n'est pas trop tard
01:09:16et en fait
01:09:16pendant qu'on se demande
01:09:17est-ce qu'il n'est pas trop tard
01:09:19ça veut dire qu'en fait
01:09:20on est encore en capacité
01:09:22en fait
01:09:23de se poser cette question
01:09:24tandis que des millions
01:09:25de personnes
01:09:25ne le sont plus
01:09:27parce que
01:09:27évidemment
01:09:28donc on voit
01:09:28cette notion
01:09:29de 99%
01:09:31et 1%
01:09:31elle est vraie
01:09:32à l'échelle internationale
01:09:34et elle est vraie
01:09:35ensuite à l'échelle nationale
01:09:36parce que
01:09:37notre richesse ici
01:09:38est assise
01:09:39donc sur la pauvreté
01:09:40des nations
01:09:41qui ont contribué
01:09:42le moins
01:09:43au dérèglement climatique
01:09:44à la crise environnementale
01:09:45et qui en paye aujourd'hui
01:09:46le prix le plus cher
01:09:47donc moi
01:09:48à toutes les personnes
01:09:49qui se demandent
01:09:49si elle est encore temps
01:09:50j'appelle
01:09:51au devoir
01:09:53et à la responsabilité
01:09:54parce que
01:09:55c'est une question de justice
01:09:56intrinsèquement
01:09:57c'est ce dont on a parlé
01:09:58et donc puisque c'est une question
01:09:59de justice
01:10:00pour répondre
01:10:00à la vôtre
01:10:01ça nous enjoint
01:10:03à repenser
01:10:04la façon
01:10:04dont justement
01:10:05on construit
01:10:05la mobilisation
01:10:06et avec qui on se mobilise
01:10:07et là je fais
01:10:09juste un point
01:10:10sur les imaginaires
01:10:12et j'aimerais aborder
01:10:13le nucléaire
01:10:14je ne suis pas très au fait
01:10:16des débats
01:10:16qui traversent
01:10:17vos différents partis
01:10:19et des positions
01:10:19mais sur le nucléaire
01:10:21on sait que
01:10:22c'est une énergie
01:10:23qui coûte cher
01:10:25alors qu'on l'a accepté
01:10:26parce qu'on nous disait
01:10:27que ça coûtait peu cher
01:10:29il y a des scénarios
01:10:30aujourd'hui
01:10:31notamment dans le Nord-Pas-de-Calais
01:10:32avec la centrale
01:10:32de Graveline
01:10:33d'une association
01:10:34qui s'appelle
01:10:35Virage Énergie
01:10:36qui montre
01:10:36comment on peut passer
01:10:37à un territoire
01:10:38avec une économie
01:10:40relocalisée
01:10:40sobre
01:10:41se passer du nucléaire
01:10:43et développer
01:10:44les renouvelables
01:10:44en créant des emplois
01:10:46donc en fait
01:10:47on est vraiment rattaché
01:10:48il y a encore
01:10:48des imaginaires
01:10:49qui pensent que
01:10:50l'urgence
01:10:52adoptée radicalement
01:10:53des mesures
01:10:54pour la justice environnementale
01:10:56et la justice climatique
01:10:57ça s'oppose
01:10:58à la justice sociale
01:10:59et au-delà
01:11:02de cet imaginaire
01:11:03il y a aussi
01:11:04toute notre idée
01:11:04de la liberté
01:11:05du développement
01:11:06du progrès
01:11:07et un mot
01:11:08sur un exemple
01:11:10qui est très parlant
01:11:10par exemple
01:11:11s'il y a quelque chose
01:11:12sur lequel
01:11:13il y a une chose
01:11:16sur laquelle
01:11:16on n'aimerait pas
01:11:16renoncer
01:11:17par exemple
01:11:17c'est l'avion
01:11:18tout le monde se dit
01:11:18quel outil extraordinaire
01:11:20ça nous permet
01:11:21de voyager
01:11:21etc
01:11:21ça nous permet
01:11:22de découvrir
01:11:22des cultures
01:11:23mais qui prend l'avion
01:11:24il y a une étude
01:11:25en Angleterre
01:11:26qui a montré
01:11:26c'est seulement
01:11:2620% de la population
01:11:28donc au final
01:11:29si on repense
01:11:30tous les secteurs
01:11:31de notre société
01:11:32et qu'on remplace
01:11:33une transition rapide
01:11:34on se rend compte
01:11:35que de manière
01:11:36assez logique
01:11:36ça va profiter
01:11:37à enfin
01:11:38la majorité
01:11:39et je rappelle
01:11:39qu'aujourd'hui
01:11:40c'est les 10 ans
01:11:40de la crise
01:11:41donc on en a parlé
01:11:42mais les 10 ans
01:11:43de la chute
01:11:44de Lehman Brothers
01:11:45merci Clémence
01:11:46un mot de conclusion
01:11:47chacun
01:11:48très rapidement
01:11:48il nous reste
01:11:50allez 3 minutes
01:11:50on va en voler
01:11:512 de plus
01:11:52Yunus
01:11:56en mot de conclusion
01:11:58je pense que
01:12:00l'enjeu écologique
01:12:03est un enjeu
01:12:05qui en tant que tel
01:12:07mérite qu'on se mobilise
01:12:08bien sûr
01:12:09il faut trouver
01:12:11les raisons
01:12:12pour faire bouger
01:12:13les gens
01:12:14mais en tant que tel
01:12:15il mérite
01:12:17les mobilisations
01:12:18parce que
01:12:19nous sommes
01:12:20dans une
01:12:20situation
01:12:21inédite
01:12:23dans l'histoire
01:12:24de l'humanité
01:12:24et nous sommes
01:12:25vraiment
01:12:26proches
01:12:27d'un effondrement
01:12:28il y a le monde
01:12:29visible
01:12:30et le monde
01:12:31invisible
01:12:32tu le disais
01:12:33très justement
01:12:34et dans le monde
01:12:35invisible
01:12:36il y a aussi
01:12:37des catastrophes
01:12:39qui n'interpellent
01:12:40personne
01:12:41et qui sont
01:12:42devenues
01:12:43aujourd'hui
01:12:44totalement
01:12:45irréversibles
01:12:46donc
01:12:47nous devons
01:12:48opérer
01:12:50les responsables
01:12:50politiques
01:12:51ont une responsabilité
01:12:52considérable
01:12:53nous devons
01:12:54opérer
01:12:55ce changement
01:12:56et considérer
01:12:58que la bataille
01:12:59pour les autres
01:13:00espèces vivantes
01:13:02est une bataille
01:13:03qui vaut
01:13:04coûte que coûte
01:13:06indépendamment
01:13:07des exigences
01:13:09humaines
01:13:10mais
01:13:10l'intérêt
01:13:12général humain
01:13:13évidemment
01:13:14est un intérêt
01:13:16général
01:13:17qui englobe
01:13:18l'écosystème
01:13:19et qui englobe
01:13:21toutes les espèces
01:13:22vivantes
01:13:22sur
01:13:23un dernier point
01:13:25un dernier point
01:13:26juste pour terminer
01:13:28sur le capitalisme
01:13:29je viens de la réunion
01:13:31et je sais aussi
01:13:33la responsabilité
01:13:35du capitalisme
01:13:36dans
01:13:37la mise en oeuvre
01:13:38de l'esclavage
01:13:39une abomination
01:13:41absolue
01:13:42et c'est aussi
01:13:43des raisons
01:13:44économiques
01:13:45qui ont sous-tendu
01:13:46cette exploitation
01:13:48et c'est pourquoi
01:13:50souvent
01:13:51nous avons le sentiment
01:13:52que tous les arguments
01:13:54que nous avançons
01:13:55se heurtent
01:13:57devant
01:13:57les mêmes
01:13:58conceptions
01:14:00barbares
01:14:01et c'est pourquoi
01:14:03les mobilisations
01:14:05qui viennent
01:14:06du local
01:14:07comme du global
01:14:09doivent se faire
01:14:10de manière
01:14:11convergente
01:14:12pour essayer
01:14:13de faire bouger
01:14:14les lignes
01:14:15dans le temps
01:14:16très court
01:14:17qui est encore
01:14:18devant nous
01:14:19Pascal
01:14:20allez maintenant
01:14:20vous avez 30 secondes
01:14:21chacun
01:14:21c'est de sa faute
01:14:22non non
01:14:22juste très très vite
01:14:23on est
01:14:23je l'ai dit tout à l'heure
01:14:25et je crois qu'on en a tous
01:14:26conscience
01:14:26on est à un moment
01:14:27très particulier
01:14:28de l'histoire
01:14:28humaine
01:14:29et planétaire
01:14:30mais dans notre histoire
01:14:31humaine
01:14:32jamais
01:14:33jamais dans l'histoire
01:14:34humaine
01:14:34les intérêts privés
01:14:36n'ont été aussi forts
01:14:37par rapport aux intérêts
01:14:39du bien commun
01:14:40et aux intérêts
01:14:41du service public
01:14:42en général
01:14:43on est engagé
01:14:44dans une lutte
01:14:45absolument terrible
01:14:47entre la défense
01:14:48des intérêts privés
01:14:49et du bien commun
01:14:51c'est ça le combat
01:14:52que nous allons mener
01:14:53au 21ème siècle
01:14:54c'est ça le combat
01:14:55qui est devant nous
01:14:56et moi je voudrais dire
01:14:57que peut-être
01:14:58que le discours des politiques
01:14:59il paraît parfois
01:15:00un peu décalé
01:15:01ou un peu bizarre
01:15:02la réalité
01:15:03c'est que
01:15:04on n'y arrivera pas
01:15:05les uns
01:15:06sans les autres
01:15:07parce que
01:15:08quand vous mobilisez
01:15:09sinon ça fait comme
01:15:10Occupy Wall Street
01:15:11on occupe la rue
01:15:12on gueule
01:15:13mais il n'y a pas
01:15:13de débouché politique
01:15:14et moi je suis désolé
01:15:15dans les institutions
01:15:17à l'Assemblée nationale
01:15:18au Sénat
01:15:19au Parlement européen
01:15:20on a besoin
01:15:21d'élus
01:15:21qui se battent
01:15:22et qui font les lois
01:15:24et qui essayent
01:15:25de sauver
01:15:25ce qui peut être sauvé
01:15:26donc notre engagement
01:15:28à nous
01:15:29c'est de faire en sorte
01:15:30que
01:15:30les mobilisations citoyennes
01:15:32est un débouché
01:15:33politique
01:15:34et il ne faut
01:15:35jamais perdre de vie
01:15:37que normalement
01:15:38le politique
01:15:39c'est la défense
01:15:40de l'intérêt général
01:15:41contre les intérêts privés
01:15:43et les intérêts
01:15:44en l'occurrence
01:15:45de l'argent
01:15:45donc ne lâchons pas
01:15:47ce combat
01:15:48et restons unis
01:15:49pour le gagner
01:15:50on enchaîne
01:15:53j'enchaîne
01:15:53allez
01:15:55non mais en mode conclusion
01:15:56juste répéter
01:15:57une chose que j'ai dit
01:15:57nous Blum
01:15:58on a une petite ONG
01:16:00et globalement
01:16:00on ne peut pas gagner
01:16:01sans trois choses
01:16:02les citoyens
01:16:03l'appui scientifique
01:16:04et l'appui des données scientifiques
01:16:06et après des relais médiatiques
01:16:07et politiques
01:16:08donc sans vous
01:16:08on n'est pas grand chose
01:16:09donc déjà merci beaucoup
01:16:10merci pour ceux
01:16:11qui ont soutenu
01:16:12les différentes mobilisations
01:16:13qu'on a pu avoir
01:16:14parce que ça n'aurait pas été possible
01:16:16et puis je vais m'arrêter là
01:16:17parce que sinon
01:16:18il ne va pas y avoir
01:16:18assez de temps pour les autres
01:16:19donc merci
01:16:21merci Mathieu
01:16:23Clémence
01:16:24vous avez déjà dit
01:16:26non mais très bien
01:16:27je reviens en 20 secondes
01:16:28non non
01:16:29il y a le
01:16:30donc la sortie du rapport
01:16:32du GIEC
01:16:33juste après l'arrivée
01:16:34du tour Alternatiba
01:16:35et donc
01:16:37saisissez-vous
01:16:37de cette opportunité
01:16:38imprimez le rapport
01:16:40allez le donner
01:16:41aux décisionnaires
01:16:42qui sont autour de vous
01:16:42et demandez-leur
01:16:44ce qu'ils comptent faire
01:16:44pour respecter
01:16:47ces 1,5 degrés
01:16:49qui sont
01:16:50je suis obligée
01:16:51qui est une cible vitale
01:16:52d'accélérer
01:16:53Gabriel en un mot
01:16:54et Pierre en un mot
01:16:56je suis vraiment navrée
01:16:57je me fais tenser
01:16:58il y a Olivier Rollinger
01:17:00qui attend derrière
01:17:02deux phrases
01:17:03une pensée pour des grands syndicalistes
01:17:05la CGT Med
01:17:06qui avec les citoyens
01:17:07et les écologistes
01:17:08pensent la reconversion
01:17:10de leur raffinerie
01:17:11qui était une raffinerie de pétrole
01:17:12en un autre type de raffinerie
01:17:14la première
01:17:14un modèle à prendre
01:17:15le deuxième
01:17:16c'est dire
01:17:17une des phrases
01:17:18de Martin Luther King
01:17:19qui dit
01:17:19pour faire face
01:17:21à des ennemis
01:17:22aussi armés
01:17:22et organisés
01:17:23que l'armée
01:17:24ou les grands états
01:17:25il faut être
01:17:26de façon non violente
01:17:27aussi bien organisé
01:17:28et aussi prêt à réagir
01:17:29et c'est sur ces mots
01:17:30que j'aimerais conclure
01:17:31nos interventions
01:17:32merci
01:17:33Pierre
01:17:34très court
01:17:35je veux dire
01:17:35en référence
01:17:36à ce que tu as dit
01:17:37tout à l'heure
01:17:37que pour moi
01:17:38la politique
01:17:39c'est autant
01:17:40l'expérimentation sociale
01:17:42tout de suite
01:17:42que la bataille
01:17:43sur la prise
01:17:44des grands pouvoirs politiques
01:17:45et évidemment
01:17:46qu'il ne faut pas
01:17:47opposer ça
01:17:48et dans toute l'histoire sociale
01:17:50qui est la nôtre
01:17:51nous avons toujours
01:17:52marché sur nos deux jambes
01:17:53et c'est ce qui fait
01:17:54que nous possédons
01:17:55justement
01:17:56un dynamisme militant
01:17:58local
01:17:58très important
01:17:59qu'il faut mettre
01:18:01au service
01:18:01de ces combats là
01:18:02mais c'est en articulant
01:18:03les deux
01:18:03qu'on va être capable
01:18:04de changer d'échelle
01:18:06dans la prise de pouvoir
01:18:07à tous les niveaux
01:18:08et il ne faut leur laisser
01:18:10aucun
01:18:11aucune parcelle de pouvoir
01:18:12ou il faut leur disputer
01:18:14toutes les parcelles de pouvoir
01:18:15nous n'avons pas
01:18:17seulement à nous dire
01:18:18puisque c'est nous
01:18:18qui posons la question
01:18:19de l'avenir de l'humanité
01:18:20nous on s'occupe
01:18:22de local
01:18:22mais eux ils peuvent
01:18:23continuer à détruire
01:18:24la planète
01:18:25donc tout le pouvoir
01:18:26est disputable
01:18:28il faut l'expérimenter
01:18:31localement
01:18:31mais il faut aller
01:18:32le disputer
01:18:33nationalement
01:18:34au niveau européen
01:18:35au niveau mondial
01:18:36et il n'y a aucun niveau
01:18:37qui n'appartienne pas
01:18:38à l'intervention humaine
01:18:40et fondamentalement
01:18:41c'est ça la politique
01:18:43merci beaucoup
01:18:45on vous laisse
01:18:46en très bonne compagnie
01:18:47merci d'avoir assisté
01:18:48participé à ce débat
01:18:49on vous laisse
01:18:50en très bonne compagnie
01:18:51avec Olivier Relinger
01:18:52merci
01:18:54merci
01:18:54merci
01:18:55merci
01:18:55merci
01:18:55merci

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