00:00Ce conflit nous concerne directement.
00:03Il nous concerne directement parce que les Kurdes sont ceux qui nous ont défendus,
00:10qui se sont battus, qui sont morts des femmes, des hommes,
00:15qui sont morts pour nous, pour notre liberté, loin d'ici, face à Daesh.
00:23Ce qui se passe là-bas nous concerne directement.
00:25Ce qui se passe là-bas peut et va réveiller le terrorisme djihadiste islamique
00:35et nous concernera tôt ou tard.
00:38Ce qui se passe là-bas va entraîner des mouvements de population extrêmement importants à nouveau
00:44qui d'abord vont déstabiliser à nouveau le Kurdistan irakien
00:48et ensuite vont déstabiliser sans doute l'Europe et d'autres territoires.
00:54Donc il faut agir. Bien sûr qu'il y a des moyens de pression face à la Turquie
00:59et il faut absolument tous les exercer.
01:02Que l'Europe parle d'une voix, que la France soit vraiment en première ligne pour défendre ses positions,
01:09ça me paraît extrêmement important.
01:11Nous, la ville de Paris, nous continuerons à soutenir aussi l'action humanitaire
01:16à travers les ONG qui interviennent évidemment en Syrie,
01:23mais celles qui interviennent aussi en accueil des populations déplacées et des réfugiés dans le Kurdistan irakien.
01:29On est en contact permanent avec le Front.
01:32Et le Front, aujourd'hui, ils attendent des réponses claires et nettes.
01:35Ils attendent aujourd'hui des réactions.
01:37Parce que sur place, quand vous tenez une arme et que vous savez que l'ennemi est prêt à en
01:42découdre,
01:43savoir qu'ici, des gens les soutiennent, ça, ça va leur donner du courage, ça, ça va leur donner de
01:49la force,
01:50ça, ça peut permettre de faire pencher la balance.
01:52La France et l'Europe sont d'une tièdeur, croyant qu'on peut, par la diplomatie très mielleuse, régler ce
02:02problème.
02:03Mais je crois que ce n'est pas possible.
02:06La France doit rappeler son ambassadeur, suspendre les visas des ressortissants turcs,
02:13parce qu'ils ont besoin d'un visa pour rentrer en France.
02:16Il faudrait aussi, probablement, geler les avoirs, s'il y a des avoirs, des dirigeants turcs.
02:23Leurs avoirs sont en Suisse et en Amérique, mais peut-être qu'il y en a aussi en France.
02:28La première chose que nous avons constatée, c'est qu'à partir de moment où nos alliés sont attaqués,
02:33ce n'est pas le moment de demander aux forces spéciales françaises de rentrer.
02:36Je suis désolé, on a appris qu'il y avait des forces spéciales en France, là-bas, sur place.
02:40Je ne vois pas pourquoi c'est en ce moment qu'il faut demander aux forces spéciales de rentrer.
02:44Je crois que, comme vous le savez, elles ont été attaquées, on dit qu'il y a eu blessés, peut
02:49-être même morts.
02:50Les Turcs savent ce qu'ils ont fait, ils savent vous cibler, ils savent vous repérer.
02:54Et à partir de là, nous, nous devons être très clairs.
02:56Les forces françaises doivent rester là-bas, puisqu'elles y sont,
02:59pour, tant que faire se peut, au moins défendre le lieu dans lequel elles sont,
03:03et prévenir les Turcs qu'à partir du moment où ils sont attaqués, il y a des représailles.
03:07Quand on se demande qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce que nous pourrions faire aujourd'hui,
03:11c'est vrai que ça commence par dénoncer ce qu'il ne faut pas faire,
03:17ou ce qui n'a pas été fait et qui nous conduit à la situation actuelle.
03:22Ce qu'il ne faut pas faire, c'est intégrer, tel que cela a été fait par nos dirigeants même,
03:29le sentiment d'impuissance.
03:31Et on voit, et la presse parfois les relèterait complaisamment,
03:36tous les articles sur la marge de manœuvre étroite,
03:39que peut faire l'Europe, rien ou presque rien.
03:43Tout cela, ce sont des discours qui sont extrêmement entendus par Erdogan,
03:48et dont il faut sortir si nous voulons agir.
03:51Il n'y a pas, comme le disait Marais Kaltère, un million de personnes dans la rue.
03:55Mais il y a largement plus d'un million de personnes
03:57qui aujourd'hui sont extrêmement sensibilisées à l'enjeu du Rojava,
04:04de l'agression militaire turque.
04:06Et il y a beaucoup de parlementaires sur l'ensemble des bancs de l'Assemblée et du Sénat
04:12qui le poussent à agir, que le gouvernement écoute
04:14et suive les encouragements des parlementaires.
04:19Moi, je fais partie de ceux qui demandent non seulement la suspension,
04:22mais l'exclusion de l'OTAN, de la Turquie,
04:25et pas seulement par l'agression, mais c'est le moment.
04:27C'est le moment et c'est la première des sanctions.
04:29Et je vous ferai observer que, quand on connaît un peu la chose militaire et le fonctionnement de l'OTAN,
04:34s'ils étaient suspendus immédiatement de l'OTAN,
04:36comment procèderait-il au bombardement ?
04:38Parce que pour bombarder, il faut pouvoir observer.
04:41Et que la Turquie n'a pas de moyens d'observation indépendants.
04:44Et donc, pour pouvoir bombarder aujourd'hui,
04:45ils ont besoin des renseignements que seuls l'OTAN,
04:47et notamment les Américains, peuvent leur fournir.
04:49Il faut que la France et les Européens sortent des paroles.
04:53On déplore, on regrette, on dénonce, on condamne, tout ça est très bien.
04:56Mais il y a des gens qui meurent, sous les bombes, sous les balles de M. Erdogan,
05:00de l'armée turque et de ses complices, qui sont en réalité des gens d'Al-Qaïda.
05:04Voilà la réalité.
05:05Et donc, il faut maintenant agir.
05:06Et agir, ça veut dire, par exemple, que la France doit saisir le Conseil de sécurité de l'ONU
05:11pour demander l'interdiction à l'aviation turque du survol de la Syrie,
05:16et qu'on le fasse appliquer.
05:17On a su le faire contre d'autres puissances,
05:19et on ne le fait pas là, contre la Turquie,
05:21sous prétexte que ce sont nos alliés, ce qui n'est qu'une fiction.
05:24Ils ne sont plus nos alliés depuis longtemps,
05:25notamment dans la guerre contre Daech.
05:27Moi, je suis intervenu cet après-midi à l'Assemblée nationale,
05:30parce qu'à un moment donné, y compris la France, a peu quitté l'hôtel.
05:33Y compris la France, elle peut dire, on voit bien ce qui se passe,
05:38et on n'ose pas, on s'auto-censure vis-à-vis des Nations Unies.
05:42On s'auto-censure dans la réaction à avoir face à Erdogan.
05:47Mais tout simplement parce que, dans l'OTAN,
05:50Jean-Christophe l'a dit,
05:52les uns et les autres se retrouvent.
05:55Et ça, ça empêche d'agir librement.
05:57Et puis l'OTAN, c'est les Américains aussi.
06:00Et puis l'OTAN, c'est aussi Trump qui maîtrise.
06:05Et là, ça pousse le sujet.
06:06On ne peut pas dire d'un côté, c'est un fou, on ne sait pas ce qu'il décide,
06:10il change d'avis du jour au lendemain.
06:12Et de l'autre côté, rester dans une institution qui, à tout moment,
06:17peut faire basculer les choses.
06:18À tout moment.
06:20Et donc, il y a urgence, et ça fait un paquet d'années que les communistes disent
06:25que cet appareil date d'une autre époque.
06:28L'OTAN n'a plus aucune raison d'exister aujourd'hui.
06:31Une autre organisation doit s'imposer.
06:33Le multilatéralisme, l'ONU doit s'imposer.
06:37Les peuples du monde doivent s'imposer aux grandes puissances.
06:41À l'Assemblée nationale, cet après-midi, un grand nombre de groupes sont intervenus
06:45pour condamner l'intervention turque, pour en appeler au gouvernement,
06:49pour qu'ils prennent des décisions, des décisions courageuses.
06:52Les réponses des ministres ne sont pas à la hauteur des attentes du peuple français
06:56et des attentes de la communauté internationale.
06:59Et j'espère que les heures venant, le gouvernement, le président de la République
07:03vont prendre la mesure des attentes du peuple français,
07:07parce que le peuple français, c'est ce qu'il doit aussi à l'engagement du peuple kurde
07:12pour sa liberté.
07:13Et on leur doit bien ça.
07:15Oui, la première mesure à prendre, c'est de sortir le PKK de la liste des organisations terroristes.
07:22On ne peut plus continuer à demander aux Kurdes, qui sont fricieux du PKK, en Irak, en Syrie,
07:30de faire notre travail et de considérer qu'en fait, ces gens-là sont des terroristes.
07:35Arrêtons l'hypocrisie.
07:36Il faut arrêter aussi que lorsqu'un militaire turc vient en France
07:40et qu'il demande à la France, pour faire le ménage un peu avant son passage,
07:44de faire des interpellations, souvent abusives, des militants kurdes dans notre pays.
07:49C'est ça qui se passe régulièrement.
07:51La police française, régulièrement, interpelle des militants kurdes,
07:56les incarcères, font des carnets abusifs,
07:58pour les relâcher uniquement pour faire plaisir aux Turcs qui arrivent en France.
08:02Si on décide que le PKK ne fait plus partie de l'organisation terroriste,
08:06si on arrête de donner raison aux Turcs et qu'on arrête de pourchasser les Kurdes dans notre pays,
08:12ça sera déjà des messages forts que l'on donnera aux Turcs.
08:14Et puis, il y a une troisième mesure qu'il faut prendre vite.
08:17Nous devons connaître la vérité, nous la connaissons,
08:22mais la vérité judiciaire sur la mort de Rochbine, de Sakkina et de leurs premiers camarades.
08:27La France doit enfin dire qui était les commanditaires de ces droits d'Apensinat au cœur de Paris.
08:35Cette agression est non seulement moralement injustifiable,
08:39elle est politiquement irresponsable.
08:42Injustifiable, parce que ce qui est en train de se dérouler, n'en doutons pas,
08:45et vous n'en doutez pas,
08:47c'est un projet d'épuration ethnique,
08:52avec son cortège d'horreurs,
08:56de crimes de guerre,
08:58de crimes contre l'humanité.
09:01Mais c'est aussi une agression qui est politiquement absolument irresponsable,
09:08parce qu'on est en train de ressusciter Daesh,
09:11de lui donner les conditions d'une résurgence,
09:14parce qu'on est en train, sans doute,
09:17de créer les conditions de la dispersion de djihadistes
09:20qui ont lutté là-bas ou ici contre nos peuples.
09:24J'ai demandé il y a quelques jours que la France rappelle son ambassadeur.
09:29C'est si peu de choses.
09:30Et c'est déjà un signe.
09:32C'est déjà un signe.
09:34J'ai depuis longtemps demandé que l'Europe arrête de payer,
09:40cesse les pourparlers d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.
09:45De qui se moque-t-on ?
09:46L'Europe est en capacité de faire,
09:48l'Europe est en capacité d'agir,
09:50notamment sur la question, bien entendu,
09:51des sanctions économiques,
09:53qui peuvent être immédiates,
09:55qui doivent être massives,
09:57car c'est évidemment une des seules choses
09:59que le gouvernement d'Erdogan peut entendre.
10:02On demande à la population de se mobiliser.
10:05Alors maintenant, c'est les élus de peuple,
10:08la population,
10:09lorsqu'elle demande encore davantage
10:12une pression sur la Turquie
10:16pour que la Turquie arrête cette agression,
10:19cette invasion sur notre territoire,
10:21elle explique le danger qui peut entraîner.
10:24Ça conforte déjà les autorités dans leur position actuelle
10:28et ça aide aussi à développer
10:30et encourage le gouvernement
10:33pour qu'il puisse encore davantage
10:37avoir des mesures à prendre contre Erdogan.
10:41afin de pouvoir être dit qu'il n'est pas une question.
10:45Merci.
10:45Sous-titrage FR ?