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  • il y a 12 heures
La crise sanitaire inédite, liée à la pandémie du coronavirus, s’ajoute à présent aux crises sociale, économique et environnementale. L’épidémie a brutalement agi comme un révélateur. Nos sociétés n’ont jamais été aussi riches et développées technologiquement, elles se sont pourtant retrouvées totalement démunies face à la crise sanitaire, contraintes de recourir à l’outil fruste et médiéval du confinement.
Si la crise était impossible à prévoir, son ampleur par contre est le fruit de plusieurs décennies de libéralisation accompagnées de privatisation des services publics, d’austérité et de délocalisations de pans entiers de notre économie, à commencer par l’industrie du médicament.
La crise économique s’ajoutant à la crise sanitaire, les leçons semblent déjà oubliées.
Comme en 2008, le capital profite de la crise pour imposer une stratégie du choc en utilisant le numérique pour ubériser l’économie et la société et prétexte de la crise économique pour enterrer toutes les normes sociales et environnementales.


Un débat animé par Pierre Tartakowsky, rédacteur en chef d’Options, avec la participation de :
- Marie-Claire Cailletaud, dirigeante de la CGT en charge de l’Industrie, présidente du groupe CGT au CESE
État des lieux de la mondialisation de la chaîne de valeur : quelle stratégie pour les relocalisations ?
- Anne de Béthencourt, membre du groupe environnement et nature du CESE
Quelle définition de l’économie circulaire ?
- Fabienne Tatot Fédération CGT de l’Équipement et de l’Environnement



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Transcription
00:00:00Bonjour, bonjour à toutes et à tous, autant au présent qu'à ceux qui nous suivent sur YouTube
00:00:06et merci de votre présence pour la suite de ces rencontres d'options tenues dans le cadre de la fête
00:00:11de l'Humanité Autrement.
00:00:12La première table ronde qui s'est tenue a largement survolé la problématique de l'urgence sociale et de l
00:00:20'urgence environnementale.
00:00:21Nous allons essayer d'aller plus avant, de creuser un peu les questions que cela pose.
00:00:26Nous allons le faire avec Marie-Claire Caïto qui s'exprimera au nom de la CGT,
00:00:31qui la représente d'ailleurs au Conseil économique, social et environnemental, soulignons-le.
00:00:38De même avec Anne de Bettencourt qui elle représentera la Fédération France Nature Environnement, c'est un lapsus.
00:00:45– La Fondation Nicolas Hulot.
00:00:47– Ah c'est la Fondation Nicolas Hulot, c'est bien, on est amis.
00:00:50– Oui, oui, vous êtes amis et moi j'ai très très mal fait mes devoirs d'école, c'est
00:00:54vraiment pas bien.
00:00:54Donc la Fondation Nicolas Hulot, mais ça ne change pas le sens du propos
00:00:59puisqu'il s'agira de voir si ce qu'on appelle l'économie circulaire
00:01:04est une réponse aux urgences et aux questions qui sont posées,
00:01:08tant au plan environnemental qu'au plan social.
00:01:12Fabienne Tateau, une syndicaliste de l'équipement,
00:01:17secteur qui est extrêmement concerné par la territorialisation et les transports,
00:01:23nous rejoindra, on l'excuse de son retard.
00:01:27On excuse également, en le regrettant, Laurent Trombini qui devait participer à cette table ronde
00:01:35pour discuter avec nous de quoi faire des industries polluantes,
00:01:40qui est une question qui va nous préoccuper tout au long de nos échanges.
00:01:45Mais Laurent Trombini a été appelé en urgence à une séance de négociation de son groupe, Thalès,
00:01:51et je crois qu'on peut donc lui donner quittus de son absence.
00:01:55C'est pour la bonne cause.
00:01:57Nous essaierons ensemble d'y suppléer.
00:02:00Nous allons donc parler de la chaîne de production de la valeur qui est mondialisée
00:02:04et singulièrement de l'industrie, ou devrais-je dire des industries,
00:02:09industries qui, dans le contexte actuel, n'ont pas le beau rôle,
00:02:13même si on n'a jamais vu autant de publicité pour des automobiles non polluantes.
00:02:19L'industrie automobile, l'industrie de la construction navale,
00:02:24l'industrie aéronautique, la sidérurgie, sont dans l'esprit du public
00:02:29des industries massivement polluantes, dangereuses dans leur proximité,
00:02:35et dont on devrait finalement envisager de se passer à court terme.
00:02:40Soit en relocalisant, soit en arrêtant carrément de produire.
00:02:44Il y a un débat entre ceux qui disent qu'il faut améliorer les automobiles
00:02:48et ceux qui pensent qu'il faut arrêter d'en produire, carrément.
00:02:53Pour la Confédération Générale du Travail, c'est un défi absolument colossal.
00:02:58Parce qu'on a pu entendre qu'il n'y avait pas d'opposition mécanique
00:03:03entre l'urgence environnementale et les questions sociales,
00:03:07mais dans les faits et à court terme, l'opposition est là.
00:03:12Alors, dans quels termes est-ce qu'elle se pose réellement
00:03:16et comment est-ce qu'on peut ensemble essayer de la dépasser ?
00:03:20Marie-Claire.
00:03:21Alors, peut-être pour démarrer, justement prendre le contre-pied
00:03:26de ce que tu viens de dire, Pierre.
00:03:29C'est-à-dire que moi, je souhaiterais argumenter le fait
00:03:32qu'au contraire, l'industrie fait partie des réponses nécessaires
00:03:39si on veut résoudre les défis environnementaux qui nous sont posés.
00:03:42Alors, je vais reprendre un petit peu rapidement l'état de l'industrie en France.
00:03:49La France est énormément désindustrialisée depuis une trentaine d'années.
00:03:54Aujourd'hui, l'industrie, c'est plus que 12% dans le PIB,
00:03:58alors qu'en Allemagne, c'est à peu près le double.
00:04:00On a perdu à peu près 2 millions d'emplois.
00:04:02Même s'il y a un transfert d'emplois entre l'industrie proprement dite
00:04:06et les services, parce qu'il y a une transformation de l'industrie,
00:04:08on a quand même perdu énormément d'emplois.
00:04:11Et à quoi cette situation nous a conduits ?
00:04:15Peut-être à émettre légèrement moins de gaz à effet de serre.
00:04:18Là, ici, je fais un bémol parce qu'avec le lien avec le débat précédent,
00:04:23les émissions de gaz à effet de serre, c'est une question mondiale.
00:04:27Mais il faut, bien entendu, la regarder au niveau de chaque pays,
00:04:31puisque chaque pays a des spécificités particulières,
00:04:34en particulier sur la manière dont il produit son énergie.
00:04:39Et si on regarde la situation de la France,
00:04:42les plus gros secteurs émetteurs de gaz à effet de serre
00:04:46et qui sont aussi les plus gros secteurs énergétivores,
00:04:49donc les deux secteurs sur lesquels il faut principalement agir
00:04:51si on veut répondre aux défis environnementaux qui nous sont posés,
00:04:55c'est un, la question des transports,
00:04:57premier secteur de gaz à effet de serre,
00:04:58deuxième secteur consommateur d'énergie,
00:05:00et deux, la secteur du logement,
00:05:02qui est le deuxième secteur émetteur de gaz à effet de serre
00:05:04et le premier secteur qui consomme de l'énergie.
00:05:08Donc pour revenir aux questions industrielles,
00:05:10en France, on a massivement délocalisé la production
00:05:14avec les théories de production sans usine
00:05:21ou de théories de sociétés post-industrielles
00:05:23qui ont fait énormément de mal.
00:05:25Et en fait, la réalité, c'est que les grands groupes
00:05:28ont simplement été produire à l'autre bout de la planète
00:05:31parce qu'il y avait des gens qui étaient exploités,
00:05:35il faut appeler les choses par leur nom,
00:05:36c'est-à-dire qu'ils les payaient beaucoup plus mal
00:05:38parce que les droits sociaux étaient beaucoup moindres
00:05:40qu'en France, et indépendamment des délégats environnementaux
00:05:43puisque les normes environnementales dans des pays
00:05:45comme l'Inde, la Chine ou d'autres
00:05:47sont bien évidemment inférieures à celles
00:05:50qu'on peut obtenir en France grâce aux rapports de force
00:05:52entre autres avec les existences des syndicats.
00:05:55Et parce qu'après, quand on produit à l'autre bout de la planète,
00:05:59il faut rapatrier la production à l'endroit où on la consomme,
00:06:03dans des camions, dans des cargos,
00:06:04et là, on a ce qu'on appelle pudiquement des externalités négatives,
00:06:09les émissions de gaz à effet de serre,
00:06:10l'état des routes, les effets sur la santé,
00:06:12qui ne sont pas du tout comptabilisés dans le produit.
00:06:14Donc ça conduit deux choses en France.
00:06:16La première, c'est qu'on a un déficit structurel de notre balance commerciale
00:06:20puisqu'on n'arrive plus à produire suffisamment par rapport à nos besoins,
00:06:24en tous les cas, ce qu'on consomme,
00:06:25mais je vais revenir sur cette notion de besoin.
00:06:27Et la deuxième chose, c'est que notre empreinte carbone,
00:06:30c'est 1,7 fois nos émissions de gaz à effet de serre.
00:06:33Parce qu'il faut, quand on parle justement des défis environnementaux
00:06:37auxquels on est posé,
00:06:38et y compris, pour toujours faire le lien avec la table ronde précédente,
00:06:42il faut bien parler au niveau mondial, au niveau de la planète,
00:06:45si nous, on réduit nos émissions de gaz à effet de serre,
00:06:48mais c'est pour aller faire produire ça ailleurs,
00:06:50et qu'on le rapatrie,
00:06:52on va avoir donc des empreintes carbone qui vont augmenter.
00:06:55Donc moi, je préfère qu'on parle en termes d'empreintes carbone
00:06:58plutôt qu'en termes d'émissions de gaz à effet de serre
00:07:00puisque la délocalisation de l'industrie a conduit
00:07:03à augmenter très fortement l'empreinte carbone en France.
00:07:06Alors, du coup, à quoi est-ce qu'on est confronté aujourd'hui ?
00:07:10On est confronté, justement, si on veut à la fois répondre
00:07:14aux besoins sociaux qui sont posés ici et ailleurs
00:07:16et aux défis environnementaux qui sont extrêmement sérieux,
00:07:20enfin, je ne vais pas revenir sur ce qu'a dit Hervé Lautreux précédemment,
00:07:23mais on voit bien que c'est des questions qui sont extrêmement importantes,
00:07:27et en particulier, ça n'a pas été dit précédemment,
00:07:29mais les questions de réchauffement climatique
00:07:32vont conduire à des déserts géopolitiques extrêmement graves.
00:07:36Moi, je pense par exemple aux migrations
00:07:37enquelles ça va entraîner des migrations massives de population,
00:07:42et donc au niveau géopolitique,
00:07:43y compris c'est des questions de paix dans le monde
00:07:46auxquelles on est confronté.
00:07:47Donc, c'est vraiment des enjeux extrêmement sérieux.
00:07:50Donc, on est vraiment confronté à des défis,
00:07:54je veux dire, très, très, très nouveaux, de très haut niveau.
00:07:58Ça veut dire que se pose la question de produire et de consommer autrement.
00:08:01Et donc, je pense qu'on est face à un changement de civilisation
00:08:04et que c'est de cette manière-là qu'il faut amener les questions.
00:08:07Pour le dire autrement, la cause écologique et la cause anthropologique
00:08:12sont étroitement liées,
00:08:13et donc, il faut qu'on discute aujourd'hui de ce changement de civilisation
00:08:16devant lequel on est,
00:08:17comment on produit, qu'est-ce qu'on produit,
00:08:19pour qu'on le produit et qu'est-ce qu'on consomme,
00:08:21puisque les choses sont étroitement liées.
00:08:23Alors après, pour revenir sur les questions industrielles,
00:08:27de relocalisation industrielle,
00:08:28puisque c'est beaucoup dans le débat aujourd'hui,
00:08:30parce qu'effectivement,
00:08:33je soutiens,
00:08:34et ça a été le cas d'un avis au CESE,
00:08:37sur lequel j'ai travaillé d'ailleurs,
00:08:39y compris avec Anne,
00:08:40sur ces questions-là,
00:08:42je soutiens que la transformation du système productif
00:08:44et donc, justement, de l'industrie
00:08:46peut amener à être une réponse aux besoins,
00:08:49puisqu'on peut, effectivement, produire autrement.
00:08:52Quand on dit de relocaliser la production,
00:08:55alors là, bien évidemment, dans le discours,
00:08:58c'est intéressant également,
00:08:59parce que depuis six mois, depuis la crise du Covid,
00:09:02qui n'a fait que mettre en évidence
00:09:03notre incroyable dépendance
00:09:05dans les chaînes de production à d'autres pays,
00:09:08très rapidement, Véronique en a parlé
00:09:10dans la table ronde précédente
00:09:11sur la question du médicament,
00:09:13mais c'est vrai que, par exemple,
00:09:15on a failli être en rupture de paracétamol,
00:09:17ce qui est quand même quelque chose d'assez incroyable.
00:09:20Il y a eu un rapport qui a été demandé au gouvernement,
00:09:22justement, qui est tombé en juin 2020,
00:09:25qui s'appelle le rapport Biote,
00:09:26qui montre qu'on est incapable
00:09:28de connaître les goulets d'étranglement.
00:09:30Les entreprises privées,
00:09:32et donc, a fortiori, le service public et l'État,
00:09:35ne sont pas capables de prédire des goulets d'étranglement
00:09:38dans les filières de médicaments.
00:09:39C'est quand même assez extraordinaire
00:09:41d'en être arrivé à ce degré de dépendance.
00:09:43C'est-à-dire que quand, en 2008,
00:09:46Rodia ferme dans le Roussillon
00:09:48la dernière usine qui fabrique les principes actifs
00:09:51pour faire du paracétamol,
00:09:53la dernière usine en Europe pour faire du paracétamol,
00:09:56et qu'elle délocalise ça en Inde ou en Asie,
00:09:59c'est parce qu'en Inde ou en Asie,
00:10:01on produit le paracétamol,
00:10:02un euro de moins que dans le Roussillon.
00:10:04Et quand on sait que le principe actif,
00:10:06c'est 1% dans le prix du médicament à l'arrivée,
00:10:10on voit bien qu'on est à des véritables aberrations industrielles.
00:10:14Et pourquoi, alors il y a eu un rapport au Sénat
00:10:17qui a été fait aussi,
00:10:18je fais une petite incise sur ces questions de médicaments,
00:10:21on voit bien que 10 ans après que les molécules
00:10:24étaient mises sur le marché, à peu près,
00:10:26alors pourquoi 10 ans ?
00:10:27Parce qu'au bout de 10 ans, ça tombe dans le domaine public,
00:10:29les brevets.
00:10:30Donc c'est plus rentable.
00:10:31Donc au bout de 10 ans, on délocalise ailleurs,
00:10:33on va en Inde, on va en Chine, on va en Asie, et ainsi de suite.
00:10:37Donc là, il y a un véritable enjeu, justement,
00:10:39de relocalisation industrielle.
00:10:41Je dis ça parce que,
00:10:43quand on parle de relocalisation industrielle,
00:10:45aujourd'hui, avec des dirigeants de grands groupes
00:10:47ou avec la nouvelle ministre de l'Industrie,
00:10:49on entend parler, oui,
00:10:51mais sur l'échelle de l'Europe ou du Maghreb,
00:10:54parce qu'il y a toujours ce fameux coût du travail
00:10:56qui les obsède,
00:10:57alors que nous, on pense que c'est vraiment
00:10:59partir dans le mauvais sens de parler comme ça.
00:11:02Et la ministre de l'Industrie,
00:11:04elle parle plus de diversification industrielle
00:11:07que de relocalisation industrielle,
00:11:09c'est-à-dire qu'on va quand même continuer
00:11:10à produire en Asie,
00:11:11mais on va avoir peut-être 10, 20%
00:11:13qui sera localisé à un endroit
00:11:15où on pourra activer le moment venu.
00:11:18Donc, juste ces questions
00:11:19de relocalisation industrielle,
00:11:21bien entendu, la question,
00:11:22ce n'est pas de vivre en autarcie,
00:11:23mais c'est d'arriver à imaginer
00:11:25en France et en Europe
00:11:26quelles sont les filières stratégiques,
00:11:28à quel endroit, justement,
00:11:29on a cette production,
00:11:31et surtout d'avoir une autre manière
00:11:34de produire avec des circuits courts,
00:11:36avec une économie circulaire,
00:11:37mais je pense que Anne,
00:11:38ça va énormément le développer,
00:11:40et puis de savoir ce qu'on produit,
00:11:41c'est-à-dire de produire des objets
00:11:43qui sont durables,
00:11:44qui sont déparables,
00:11:44qui sont interconnectables.
00:11:46Alors, une petite chose,
00:11:47parce qu'on nous oppose souvent
00:11:48dans le débat,
00:11:50qu'on peut faire, entre autres,
00:11:51avec des dirigeants d'entreprises
00:11:53ou du MEDEF,
00:11:54oui, mais ça va coûter cher,
00:11:55et les gens ne pourront jamais
00:11:56se le payer.
00:11:58Alors, là-dessus, moi,
00:11:58je pense que c'est un vrai débat,
00:12:01cette chose-là.
00:12:01Il y a plusieurs arguments
00:12:03qu'on peut opposer.
00:12:05D'abord, pourquoi ça va coûter cher ?
00:12:07Ça va coûter cher,
00:12:08il faut appeler les choses par leur nom,
00:12:09parce qu'on va exploiter les gens ailleurs.
00:12:10C'est-à-dire qu'il y a un vrai enjeu,
00:12:12et ça a été abordé
00:12:12dans la table ronde précédente,
00:12:14d'arriver à avoir une harmonisation
00:12:16par le haut des normes sociales
00:12:18et environnementales,
00:12:19des choses qu'on peut commencer
00:12:19à obtenir peut-être
00:12:21ou à avancer en Europe,
00:12:23et bien évidemment,
00:12:24au niveau mondial,
00:12:25il y a des organismes
00:12:26comme l'OIT
00:12:26qu'il faudrait renforcer
00:12:27pour travailler sur ces sujets-là.
00:12:29Ça, c'est le premier argument.
00:12:31Le deuxième argument,
00:12:32c'est, oui, ça coûte cher,
00:12:34mais si on internalise
00:12:35dans le coût du produit
00:12:36tout ce qui coûte réellement,
00:12:38c'est-à-dire le prix du carbone
00:12:39qu'il émet à l'usine des routes
00:12:41quand c'est ramené sur des camions,
00:12:42les marées noires,
00:12:43quand les cargos,
00:12:44ils déversent dans la mer,
00:12:47la santé,
00:12:48toutes ces conséquences
00:12:49sur la santé,
00:12:50là déjà,
00:12:50on va arriver à des choses
00:12:52qui sont un petit peu
00:12:53plus équivalentes.
00:12:54Et puis, dernière chose,
00:12:55si on produit
00:12:57sur le territoire national
00:12:58et au plus près
00:12:59de l'endroit où on consomme,
00:13:01avec justement des produits
00:13:02qui vont être durables,
00:13:04qui vont être réparables,
00:13:05avec de la recherche,
00:13:06avec du recyclage,
00:13:07eh bien, on va créer des emplois,
00:13:09des emplois y compris
00:13:10de haut niveau,
00:13:12avec des gens
00:13:12qu'on va former
00:13:13et donc qu'on pourra augmenter
00:13:14et qui pourront donc avoir
00:13:16un salaire
00:13:17qui pourront leur permettre
00:13:18de s'acheter des objets.
00:13:19La dernière chose,
00:13:20parce que je pense
00:13:21que je suis déjà
00:13:21un petit peu trop longue,
00:13:23l'enjeu central
00:13:24qui nous est opposé aujourd'hui,
00:13:25parce qu'on voit souvent
00:13:27dans les débats,
00:13:28on parle de la question
00:13:30de la réponse aux besoins,
00:13:31c'est-à-dire l'industrie,
00:13:32elle est là,
00:13:33in fine,
00:13:34pour répondre aux besoins sociaux
00:13:36et elle doit être capable
00:13:37de répondre à ses besoins sociaux
00:13:38en prenant en compte
00:13:39les défis environnementaux
00:13:40qui se sont posés aujourd'hui.
00:13:42Mais je pense que cette question
00:13:43de définition des besoins,
00:13:45c'est une question
00:13:46qui n'est pas simple
00:13:47et qui renvoie
00:13:48à la question
00:13:49qui est centrale aujourd'hui,
00:13:51c'est l'enjeu démocratique,
00:13:52c'est-à-dire
00:13:53qui définit
00:13:54ce dont nous avons besoin,
00:13:55c'est-à-dire
00:13:56qui définit
00:13:56ce que l'on produit,
00:13:58pourquoi on le produit
00:13:59et comment on le produit.
00:14:00Donc c'est une question
00:14:01démocratique
00:14:02pour toute la société,
00:14:03c'est une question
00:14:04de démocratie aussi,
00:14:05de démocratie sociale
00:14:06dans l'entreprise,
00:14:07c'est-à-dire
00:14:08comment les salariés,
00:14:09ils peuvent avoir
00:14:10leur mot à dire
00:14:10sur ce qu'ils produisent,
00:14:12sur comment ils produisent,
00:14:13sur pourquoi ils produisent.
00:14:14Et ça,
00:14:15ça ramène
00:14:15à la question
00:14:16qui est centrale
00:14:17pour une organisation syndicale
00:14:19comme la CGT
00:14:20qui est la question du travail,
00:14:22c'est-à-dire
00:14:22le sens du travail.
00:14:24Aujourd'hui,
00:14:24on parle très peu du travail,
00:14:26on entend souvent
00:14:27des salariés dire
00:14:28qu'ils ne trouvent
00:14:29plus de sens
00:14:30à leur travail
00:14:30ou des gens
00:14:31qui ont un certain âge
00:14:32qui sont contents
00:14:32de sortir d'entreprise
00:14:33parce qu'ils en ont marre
00:14:34de leur travail,
00:14:35parce qu'ils ne comprennent plus
00:14:35pourquoi ils travaillent.
00:14:37Et ça,
00:14:37à tous les niveaux
00:14:37de l'entreprise,
00:14:38que ce soit
00:14:39avec la coupure
00:14:40qu'on fait souvent
00:14:41qui n'a de moins en moins
00:14:42de sens, je pense,
00:14:43entre le travail manuel
00:14:44et le travail intellectuel,
00:14:45que ce soit
00:14:46des ouvriers,
00:14:47des techniciens,
00:14:48mais même
00:14:48des ingénieurs
00:14:49et des cadres,
00:14:49quand on leur demande
00:14:50de faire des travaux,
00:14:52de travailler
00:14:53et de diriger
00:14:55par les nombres,
00:14:55comme dirait Alain Suppio
00:14:56au partir de tableaux Excel,
00:14:58on perd le sens du travail.
00:14:59Donc, cette question du travail,
00:15:01y compris,
00:15:01elle devient extrêmement centrale
00:15:03avec une transformation,
00:15:05je pense,
00:15:05anthropologique,
00:15:06y compris du travail,
00:15:07avec l'arrivée
00:15:07des nouvelles technologies
00:15:08massivement
00:15:09dans toutes les industries
00:15:11qui va nous amener justement,
00:15:13si on l'utilise
00:15:14de bonne façon,
00:15:15à augmenter
00:15:16les qualifications
00:15:17de tout le monde
00:15:18pour ne laisser
00:15:18que la part créative
00:15:19du travail
00:15:20et évidemment,
00:15:21avoir des cas
00:15:22de productivité supérieurs
00:15:23qui nous permettront,
00:15:24si on les utilise
00:15:25de manière démocratique,
00:15:27à diminuer le temps de travail
00:15:28et ce qu'on puisse avoir
00:15:29le temps, justement,
00:15:30de s'occuper d'autres choses
00:15:31et là,
00:15:31on pourrait reparler,
00:15:32mais peut-être après
00:15:33dans le débat,
00:15:34de cette proposition
00:15:35qui a été portée
00:15:36dans le cadre
00:15:36de la Convention citoyenne
00:15:37qui est la seule proposition
00:15:38qui n'a pas été amenée
00:15:40jusqu'au président de la République
00:15:41puisque les citoyens
00:15:42se sont un petit peu
00:15:43auto-censurés,
00:15:44ils ne l'ont voté
00:15:44qu'à 35%
00:15:45mais quand même,
00:15:46c'est un débat
00:15:46qui est intéressant
00:15:47et si on a le temps,
00:15:48on pourra revenir dessus
00:15:49tout à l'heure
00:15:49dans le débat.
00:15:49– Il faudra absolument
00:15:52y revenir
00:15:53parce que de toute évidence,
00:15:54y compris dans l'approche
00:15:56mondialisée
00:15:57qu'on a de ces questions,
00:15:58l'enjeu démocratique
00:15:59est posé.
00:16:00Il y a une convergence
00:16:02très très forte,
00:16:03par exemple,
00:16:03entre tout ce qui est
00:16:05négationnisme
00:16:06de la crise climatique
00:16:07et des enjeux environnementaux
00:16:09par des gouvernements
00:16:11qui sont des gouvernements
00:16:12autoritaires
00:16:16et qui poussent
00:16:17l'autoritarisme
00:16:18jusqu'à revenir
00:16:19sur la légitimité
00:16:20des institutions
00:16:21qui sont des institutions
00:16:22héritées du temps
00:16:24des Lumières,
00:16:25la représentation démocratique.
00:16:27Donc,
00:16:28on a cette convergence
00:16:30entre une crise sociale,
00:16:31une crise économique
00:16:33et environnementale
00:16:34et aussi une crise
00:16:36de la représentation
00:16:37démocratique
00:16:37et des fonctionnements
00:16:38démocratiques
00:16:39dans les entreprises,
00:16:40certes,
00:16:41mais aussi dans les rapports
00:16:42entreprise
00:16:43et intérêt général.
00:16:45Intérêt général
00:16:46que la crise
00:16:47va nous contraindre
00:16:48à redéfinir
00:16:50en termes nouveaux.
00:16:51En attendant,
00:16:54une des questions
00:16:55qui est posée
00:16:55dans tous les champs
00:16:59industriels
00:16:59qui ont été évoqués,
00:17:01c'est celle
00:17:02de la performativité
00:17:05des alternatives.
00:17:07Un peu partout,
00:17:08que ce soit
00:17:09l'initiative
00:17:09d'organisation syndicale
00:17:11ou de partenaires
00:17:11dans le champ démocratique,
00:17:13il y a des contre-propositions
00:17:16industrielles
00:17:16qui surgissent.
00:17:17C'est le cas
00:17:18dans la sidérurgie,
00:17:19c'est le cas
00:17:20dans l'automobile,
00:17:21autour de l'électrique
00:17:22notamment,
00:17:23c'est le cas
00:17:23dans l'aéronautique
00:17:24avec des moteurs
00:17:25plus économes,
00:17:28c'est le cas
00:17:29dans l'industrie
00:17:30du camionnage,
00:17:30on pourra y revenir,
00:17:32et de façon générale,
00:17:34les directions
00:17:35d'entreprise
00:17:35freinent.
00:17:37Soit en supprimant
00:17:39carrément les moyens
00:17:40qui permettraient
00:17:41de moderniser
00:17:43ou de changer
00:17:43les termes
00:17:44de la production,
00:17:45soit en les ignorant
00:17:47totalement.
00:17:48Alors,
00:17:50qu'est-ce qu'on peut faire
00:17:51pour les porter ?
00:17:53Qu'est-ce qu'on peut faire
00:17:54pour les légitimer ?
00:17:55Est-ce que la proposition
00:17:57d'économie circulaire
00:17:59rentre dans ce cadre
00:18:00et comment est-ce qu'on peut
00:18:01la faire vivre ?
00:18:02Anne.
00:18:05Merci.
00:18:06Merci pour votre invitation
00:18:09et de pouvoir débattre
00:18:10de ces sujets.
00:18:11On en débat beaucoup
00:18:13effectivement au Conseil
00:18:14économique, social
00:18:15et environnemental,
00:18:15mais je suis ravie
00:18:16d'en débattre avec vous.
00:18:18Alors d'abord,
00:18:18je vais commencer peut-être
00:18:19pour mettre l'ambiance.
00:18:22Bienvenue dans le monde
00:18:22de la complexité.
00:18:25De vous dire
00:18:26qu'on aura une solution
00:18:27unique et parfaite
00:18:30demain matin
00:18:31serait quand même
00:18:33un peu compliqué.
00:18:34Ceci dit,
00:18:35je vais rebondir
00:18:36un petit peu
00:18:36sur ce qui a été dit
00:18:37pour en arriver
00:18:37à l'économie circulaire.
00:18:40On n'a aujourd'hui
00:18:41jamais eu autant
00:18:41de conscience
00:18:42sur le fait
00:18:43que le modèle économique
00:18:46tel qu'il a été poursuivi
00:18:49jusqu'à maintenant
00:18:50arrive à terme,
00:18:52on va dire.
00:18:54On ne peut pas lui en vouloir.
00:18:55Au moment
00:18:56de la révolution industrielle,
00:18:59ces enjeux d'accès aux ressources
00:19:01n'étaient pas un sujet.
00:19:03Donc effectivement,
00:19:04on a créé
00:19:05ce qu'on appelait
00:19:05une économie linéaire
00:19:08en extrait,
00:19:10on transforme
00:19:12et on jette.
00:19:14On l'a appelé linéaire après.
00:19:16Mais en tout cas,
00:19:17c'était le modèle
00:19:18de la révolution industrielle
00:19:20et qui a apporté,
00:19:20disons-le,
00:19:21énormément de confort,
00:19:23énormément d'évolution
00:19:27dans la vie des humains.
00:19:31Même si aujourd'hui,
00:19:32il y a encore évidemment
00:19:32beaucoup de problèmes,
00:19:34on a quand même
00:19:34eu une évolution
00:19:36extrêmement intéressante
00:19:37de notre façon de vivre
00:19:39globalement.
00:19:40J'en fais un global.
00:19:42Et puis,
00:19:43on est arrivé à ce sujet
00:19:45de la raréfaction des ressources
00:19:48et l'enjeu climatique
00:19:49qui aujourd'hui,
00:19:50effectivement,
00:19:55en conscience,
00:19:56on va dire que,
00:19:56bien sûr,
00:19:57on a encore quelques dirigeants
00:20:01qui,
00:20:03ou pas que des dirigeants d'ailleurs,
00:20:04mais qui sont dans ce déni,
00:20:05mais malgré tout.
00:20:06Et donc,
00:20:07pour faire ce lien,
00:20:08on met effectivement,
00:20:10on remet en cause
00:20:12sur des faits,
00:20:13pas sur des idéologies,
00:20:14sur des faits,
00:20:15le fait que le modèle économique
00:20:16tel qu'il s'est développé aujourd'hui
00:20:19arrive à terme.
00:20:20Et je voudrais,
00:20:21avant de vous parler
00:20:23de l'économie circulaire,
00:20:24vous donner trois chiffres.
00:20:26Mais comme ça,
00:20:26on va quand même voir
00:20:27par rapport à l'économie
00:20:29d'où on est,
00:20:30d'où on part.
00:20:32En 50 ans,
00:20:34l'extraction des matières premières
00:20:36a triplé.
00:20:37On est passé
00:20:38de 27 milliards de tonnes par an
00:20:41à 92 milliards de tonnes
00:20:43de ressources extraites
00:20:44au niveau mondial.
00:20:48L'utilisation des ressources
00:20:51est de, en moyenne,
00:20:5310 tonnes de ressources
00:20:54par an et par habitant.
00:20:56En Occident,
00:20:59notre utilisation de ressources
00:21:01est de 20 tonnes.
00:21:04Et puis,
00:21:05puisqu'on parle
00:21:05d'empreintes carbone,
00:21:09rappelons-nous que 70%
00:21:11des émissions de gaz
00:21:13à effet de serre
00:21:14sont liées à l'extraction,
00:21:18à la fabrication,
00:21:19au transport
00:21:20et à la fin de vie des biens.
00:21:22Mais la majorité,
00:21:23c'est dû à l'extraction
00:21:25et au transport des matières
00:21:27et à la fin de vie des biens.
00:21:30Ce qui veut dire
00:21:31que finalement,
00:21:31l'usage est une partie,
00:21:34mais que globalement,
00:21:36si on veut le réduire
00:21:37de façon très schématique,
00:21:40plus on produit
00:21:41de produits neufs,
00:21:42plus on consomme.
00:21:44Enfin,
00:21:45on utilise
00:21:46et on émet
00:21:47de gaz à effet de serre.
00:21:48Donc en gros,
00:21:49on voit un peu quand même
00:21:50les ordres de grandeur
00:21:51qui sont quand même énormes.
00:21:52Alors,
00:21:52on parle d'économie circulaire.
00:21:54On parle d'économie circulaire
00:21:56et je voudrais juste
00:21:57faire un petit point
00:21:58pour répondre à votre question.
00:21:59Est-ce que c'est une alternative
00:22:00viable,
00:22:02possible ou pas ?
00:22:04Alors déjà,
00:22:05je voudrais juste,
00:22:05sans rentrer
00:22:06dans des grandes définitions,
00:22:08bonjour,
00:22:10parler avec vous
00:22:10de quoi on parle
00:22:11ou de quoi,
00:22:12en tout cas,
00:22:13je voudrais qu'on parle
00:22:13quand on parle
00:22:14d'économie circulaire.
00:22:15Je vous ai dit,
00:22:15on est passé
00:22:16de l'économie linéaire
00:22:18à aujourd'hui
00:22:20une économie
00:22:21que moi,
00:22:22j'appellerais
00:22:23l'économie du recyclage.
00:22:25C'est-à-dire
00:22:25qu'on continue
00:22:26à produire
00:22:26comme à extraire,
00:22:28à produire,
00:22:29à consommer
00:22:30et puis on se dit
00:22:32zut,
00:22:32on a quand même
00:22:33beaucoup,
00:22:33beaucoup de déchets.
00:22:34Qu'est-ce qu'on peut faire
00:22:35de ces déchets ?
00:22:36Et donc,
00:22:37on a développé,
00:22:38et c'est bien,
00:22:38une économie du recyclage
00:22:40qui est de se dire
00:22:41comment je peux faire
00:22:42pour qu'on réduise
00:22:43la part des déchets
00:22:44et de transformer
00:22:45ces matières
00:22:46qui devraient
00:22:46devenir des déchets
00:22:48en seconde vie,
00:22:49leur donner
00:22:50une seconde vie.
00:22:52c'est globalement,
00:22:53dans tous les débats
00:22:55dans lesquels on est,
00:22:56partout,
00:22:57quand on lit,
00:22:57ce qu'on appelle
00:22:58aujourd'hui
00:22:58l'économie circulaire.
00:23:00Mais non,
00:23:00ce n'est pas une économie circulaire,
00:23:02c'est une économie
00:23:03du recyclage.
00:23:05Et c'est déjà
00:23:07une partie.
00:23:08Moi,
00:23:09j'aimerais vous dire
00:23:09que l'économie circulaire,
00:23:11telle que j'aimerais
00:23:11qu'on en parle aujourd'hui,
00:23:12et si vous en êtes d'accord,
00:23:14ce n'est pas celle-là.
00:23:16L'économie circulaire,
00:23:17c'est celle
00:23:17qui prend comme modèle
00:23:20la nature.
00:23:21Ce n'est pas parce que
00:23:22je viens d'une association
00:23:23environnementale,
00:23:24mais en tout cas,
00:23:24on a un modèle devant nous
00:23:25qui est juste absolument parfait.
00:23:27Dans la nature,
00:23:27il n'y a pas de déchets.
00:23:29Zéro.
00:23:30Tout sert à quelque chose.
00:23:32Tout est transformé
00:23:33pour devenir quelque chose.
00:23:34Dans l'économie circulaire,
00:23:36il y a des boucles.
00:23:37C'est-à-dire que,
00:23:38si on veut le schématiser,
00:23:40l'enjeu de l'économie circulaire,
00:23:41c'est de ne plus avoir de déchets.
00:23:43C'est de ne pas créer
00:23:44une industrie du recyclage
00:23:47qui se nourrit de déchets,
00:23:48mais c'est de garder
00:23:49la valeur de la matière
00:23:50pour qu'elle soit éternellement,
00:23:54disons-le de façon conceptuelle,
00:23:56utilisée.
00:23:57Ça, c'est l'idée.
00:23:59Et quand on parle
00:24:00d'économie circulaire,
00:24:01ça veut dire qu'on ne peut pas
00:24:02commencer à penser
00:24:04à l'économie circulaire
00:24:04quand on arrive à se dire
00:24:06« Tiens, on a beaucoup de déchets ».
00:24:08Ça veut dire que l'économie circulaire,
00:24:10c'est un changement total
00:24:11de regard et d'intention
00:24:14de ce que l'on va faire.
00:24:16Ça veut dire que l'économie circulaire,
00:24:18ou cette alternative
00:24:19que je vous propose au débat,
00:24:20c'est effectivement
00:24:21changer nos modes de production
00:24:25et nos modes de consommation.
00:24:28Ça veut dire
00:24:29concevoir des produits
00:24:31qui vont être réparables,
00:24:35désassemblables,
00:24:37réutilisables,
00:24:39désassemblables pour que les matières
00:24:40puissent être utilisées,
00:24:41et dont l'usage
00:24:43va pouvoir avoir
00:24:45différentes formes.
00:24:46C'est-à-dire qu'on peut en reparler,
00:24:47on peut avoir différents usages
00:24:50d'économie servicielle,
00:24:53c'est-à-dire qu'on va utiliser
00:24:54comme la location ou autre
00:24:55des biens plusieurs fois.
00:24:58Donc, pour vous redire,
00:24:59l'économie circulaire,
00:25:00c'est une économie
00:25:01qui va créer des boucles,
00:25:03qui va faire que
00:25:03quand on conçoit des biens,
00:25:05donc quand on est au cœur,
00:25:06au démarrage de l'industrie,
00:25:09on conçoit des biens,
00:25:10non pas pour devenir des déchets,
00:25:13mais pour garder la valeur
00:25:14de la matière.
00:25:15Je vais vous donner un exemple
00:25:16qui est très parlant.
00:25:18Le bâtiment.
00:25:20Le bâtiment,
00:25:21depuis, évidemment,
00:25:23existe depuis toujours.
00:25:24Le bâtiment,
00:25:26globalement et en général,
00:25:28on conçoit des bâtiments,
00:25:31je vais être un peu abrupte,
00:25:34parce que...
00:25:34Allez, on est entre nous.
00:25:36Mais le bâtiment est généralement conçu
00:25:39pour devenir un futur tas de gravats.
00:25:43Quand on doit détruire un bâtiment
00:25:46pour en reconstruire,
00:25:47et c'est la vie, évidemment,
00:25:49il reste...
00:25:49Et pourtant, Dieu sait,
00:25:51si on essaye aujourd'hui
00:25:52de chercher à réutiliser,
00:25:54on peut au mieux réutiliser 5%.
00:25:57Parce que vous imaginez
00:25:58que quand on détruit un bâtiment,
00:25:59ce qu'on arrive à en ressortir,
00:26:02ce n'est pas grand-chose.
00:26:03D'accord ?
00:26:04Donc, aujourd'hui,
00:26:06depuis toujours,
00:26:07mais encore aujourd'hui,
00:26:08on fabrique des bâtiments
00:26:10qui vont être des futurs tas de gravats.
00:26:12Donc, des déchets.
00:26:14Les déchets du bâtiment,
00:26:16c'est 70% des déchets en France.
00:26:18Il est partout.
00:26:19D'accord ?
00:26:20Avec un accès à la ressource
00:26:21qui est extrêmement faible.
00:26:23Donc, on peut essayer
00:26:24de développer du recyclage
00:26:26pour le bâtiment,
00:26:26et il faudra le faire.
00:26:28Mais sur 5%.
00:26:32Où mettons notre énergie ?
00:26:34Donc, l'énergie,
00:26:36et ça se développe actuellement,
00:26:37ce n'est pas un rêve.
00:26:38On a des bâtiments
00:26:39qui se développent
00:26:40et qui sont prévus
00:26:42pour être démontables,
00:26:46désassemblables et réutilisables
00:26:47dont la matière est réutilisable.
00:26:50Il y a des expériences qui sont faites
00:26:51de vous dire que c'est à 100% non,
00:26:53mais on est dans cette idée.
00:26:54Mais ça, ça veut dire
00:26:55qu'il faut travailler
00:26:56dès la conception.
00:26:57et c'est la même chose pour tout.
00:27:01Donc, ça, c'est vraiment
00:27:02le sujet de l'économie circulaire.
00:27:04C'est-à-dire que tant qu'on restera
00:27:06dans un système
00:27:07où on se dit
00:27:08qu'on va créer une économie
00:27:10de la transformation du déchet,
00:27:13on va améliorer les choses
00:27:15à la marge.
00:27:16Mais on ne changera pas de modèle
00:27:17et on n'ira pas vers un mode
00:27:19où on va permettre
00:27:22de répondre à cet enjeu
00:27:25qui est d'abord un enjeu humain.
00:27:27comment va-t-on vivre demain ?
00:27:29Comment les générations,
00:27:30nos générations,
00:27:31parce qu'on peut en voir,
00:27:34et les générations qui viennent
00:27:35vont arriver à vivre ?
00:27:39Donc, l'alternative
00:27:41à laquelle je crois, en tout cas,
00:27:45et qui n'est pas encore...
00:27:46Vous dire qu'aujourd'hui,
00:27:46c'est absolument génial,
00:27:48qu'il y a des modèles
00:27:48d'économie circulaire absolument parfaits,
00:27:49qu'il y a zéro déchet,
00:27:50non.
00:27:52Mais l'intention aujourd'hui,
00:27:55quand on peut démarrer,
00:28:00revoir,
00:28:01revoir ce que ça veut dire
00:28:02que la relocalisation,
00:28:03on peut en reparler,
00:28:04ça ne veut pas dire juste
00:28:06relocaliser la gestion de nos déchets.
00:28:09Ça ne veut pas dire,
00:28:10en gros, et pour schématiser,
00:28:12tant qu'on aura une économie
00:28:14qui va créer toujours
00:28:16de plus en plus de produits neufs,
00:28:18on n'y arrivera pas.
00:28:21Voilà.
00:28:22Ça ne veut pas dire
00:28:23qu'il n'y a pas d'industrie.
00:28:25Moi, je crois fondamentalement,
00:28:28on échange suffisamment souvent,
00:28:31je reprendrai la première phrase
00:28:32que disait Marie-Claire,
00:28:34au fait que l'industrie
00:28:35est une solution,
00:28:36mais pas n'importe quelle industrie,
00:28:38en tout cas,
00:28:38pas l'industrie d'aujourd'hui.
00:28:40Et voilà,
00:28:42je n'en veux à personne,
00:28:43on a fait comme ça.
00:28:45Mais en tout cas,
00:28:45pas cette industrie-là.
00:28:47Donc oui,
00:28:47de l'industrie,
00:28:48mais il faut qu'on se dise
00:28:50que l'industrie,
00:28:51en tout cas,
00:28:52pour répondre aux enjeux,
00:28:54si on croit au réchauffement climatique
00:28:55et qu'on se dit
00:28:56que 70% des émissions
00:28:58de gaz à effet de serre
00:28:59sont dues à l'extraction,
00:29:00le transport des matières
00:29:02et la fin de vie des produits,
00:29:04alors,
00:29:06ça veut dire
00:29:07qu'on doit créer une économie
00:29:09qui crée de l'emploi
00:29:11et qui donne accès
00:29:13à tout le monde,
00:29:15aux biens,
00:29:16parce qu'on a besoin de biens,
00:29:17évidemment,
00:29:17on a besoin d'évoluer
00:29:19sans créer de plus en plus
00:29:21de produits neufs.
00:29:22Je sais que c'est provocateur,
00:29:23mais en tout cas,
00:29:24c'est ce que je mets au débat.
00:29:25Et il y a des solutions pour ça.
00:29:28– Merci, Anne.
00:29:30On accueille Fabienne Tateau
00:29:31qui nous a rejoint.
00:29:32On la remercie
00:29:32parce que je pense
00:29:33qu'on lui a compliqué sa journée,
00:29:37mais on est très contents
00:29:37de sa présence.
00:29:39On me fait signe
00:29:40qu'on a des questions
00:29:41ou des interpellations
00:29:43qui nous viennent…
00:29:44Alors, je ne sais pas
00:29:44comment on les appelle.
00:29:45On va dire nos chers absents,
00:29:47puisqu'ils ne sont pas là,
00:29:48mais ils sont très présents
00:29:49sur le réseau.
00:29:51On écoute ça
00:29:52et on voit comment on y répond.
00:29:54– Oui, alors,
00:29:55on a plusieurs questions,
00:29:56dont une partie
00:29:57qui a été évoquée
00:29:58par nos invités.
00:30:01Alors, quand on parle
00:30:02de répondre aux besoins,
00:30:03ne faut-il pas aussi
00:30:04s'interroger sur ces besoins ?
00:30:06Par exemple,
00:30:06la voiture individuelle,
00:30:07pourquoi et en quoi
00:30:09en aurions-nous besoin ?
00:30:10Les industries ne créent-elles pas
00:30:13les besoins elles-mêmes
00:30:14dont elle a besoin ?
00:30:16Après, on a une seconde question.
00:30:18« Y a-t-il un intérêt général
00:30:20dans une société de classe ? »
00:30:22Et après, deux contributions.
00:30:24À noter aussi que,
00:30:26malgré le déni de nos dirigeants,
00:30:28les pics de production
00:30:29de toutes nos énergies fossiles
00:30:30sont derrière nous
00:30:31ou à peine deux ans devant nous.
00:30:33Et enfin, 32 heures,
00:30:35mise en place
00:30:36des transitions écologiques,
00:30:37prise en compte des coûts réels
00:30:39comprenant la pollution.
00:30:41Les salariés doivent s'emparer
00:30:42de ces questions essentielles
00:30:44pour tous dans un monde complexe.
00:30:54Alors, nature des besoins,
00:30:56y a-t-il un intérêt général ?
00:30:59Et j'avoue que j'ai perdu
00:31:01la troisième question,
00:31:02ce qui ne rend pas bien.
00:31:04– C'est des contributions
00:31:05plus que des questions.
00:31:06– C'était des contributions,
00:31:08c'est bien pour ça.
00:31:09Le point d'interrogation me manquait,
00:31:11je n'avais pas imprimé.
00:31:13mais autour du temps de travail,
00:31:15on va dire,
00:31:15c'était une question importante.
00:31:19Alors, j'en rajouterai une autre
00:31:21et singulièrement
00:31:23à l'attention de Fabienne,
00:31:24mais on ne va pas la mettre
00:31:26sur le devant de la scène tout de suite
00:31:27parce qu'on va la laisser s'installer
00:31:28un peu dans la dynamique du débat.
00:31:31On a vu dans les interventions précédentes
00:31:34qu'il y avait un besoin de rupture
00:31:37que je qualifierais de radicale.
00:31:39Il s'agit de changer de mode de production,
00:31:42d'imaginer une nouvelle économie,
00:31:45changer de mode de consommation,
00:31:46y compris d'ailleurs en étant exigeant
00:31:49sur la qualité des produits
00:31:50et sur leurs coûts.
00:31:55Le gouvernement vient de rétablir
00:31:58dans toute sa légitimité
00:32:00la planification.
00:32:03Est-ce qu'il faut y voir
00:32:06un bon signe
00:32:07sous l'aune
00:32:10d'un retour de l'état stratège ?
00:32:13Et est-ce que cet état stratège
00:32:15est l'une des réponses
00:32:18aux questions qui sont posées
00:32:20par ce changement radical
00:32:22qui est désiré
00:32:24par les intervenants de cette tribune ?
00:32:26Alors, la définition des besoins,
00:32:28Marie-Claire,
00:32:28je pense que c'est toi
00:32:30qui avais ébauché cette question.
00:32:33Peut-être que tu as un élément
00:32:35de réponse, mais évidemment,
00:32:37vous êtes toutes les trois invitées
00:32:39à vous exprimer sur la question.
00:32:41Oui, je pense que cette question
00:32:43de définition des besoins,
00:32:46c'est un véritable enjeu démocratique
00:32:48sur tous les sujets.
00:32:49parce qu'effectivement,
00:32:52donc là, on parle par exemple
00:32:53de la voiture.
00:32:54Est-ce qu'on a besoin de la voiture ?
00:32:56On a besoin de se déplacer
00:32:57parce que moi, je ne suis pas pour
00:32:59que la politique qui soit menée
00:33:01conduise à ce qu'on ait,
00:33:03je veux dire,
00:33:04des libertés restreintes
00:33:05en termes de déplacement.
00:33:06Un confinement généralisé.
00:33:08Un confinement généralisé.
00:33:08Oui, parce que voilà, exactement.
00:33:10Mais y compris cette question
00:33:12de voiture et de déplacement.
00:33:14On voit par exemple
00:33:15le mouvement des gilets jaunes.
00:33:16A l'origine, c'est la taxe carbone.
00:33:18Mais pourquoi ?
00:33:19Parce que c'est des gens
00:33:20qui habitent dans des endroits
00:33:22au niveau de l'urbanisme.
00:33:23Ils n'ont pas les moyens
00:33:24d'habiter près de leur lieu de travail.
00:33:26Donc ils habitent loin.
00:33:27Il n'y a pas de transport collectif.
00:33:29Ils ont des vieilles voitures.
00:33:30Ils ont parfois des horaires
00:33:31de travail décalés ou fractionnés.
00:33:33Donc ils sont dans l'obligation
00:33:35de prendre une automobile,
00:33:36y compris une automobile
00:33:37qui émet des gaz à effet de serre
00:33:38et ainsi de suite.
00:33:39Donc on voit bien
00:33:39que c'est une question globale.
00:33:41Donc cette question justement
00:33:43de définition,
00:33:45qu'est-ce que c'est
00:33:46que les enjeux de mobilité ?
00:33:47Comment on peut se déplacer ?
00:33:49Comment on développe
00:33:50des transports collectifs
00:33:51qui sont effectivement
00:33:52des transports collectifs
00:33:54qui n'émettent pas
00:33:54de gaz à effet de serre,
00:33:55qui n'émettent pas
00:33:56de particules fines,
00:33:57qui sont compatibles justement
00:33:58avec les défis environnementaux
00:34:00qui sont posés ?
00:34:00Mais ça, je pense que c'est justement
00:34:02des questions
00:34:03qu'on doit pouvoir débattre
00:34:04dans la société.
00:34:05C'est-à-dire de savoir
00:34:07comment on définit
00:34:09au niveau d'une société
00:34:11ce que sont nos besoins.
00:34:13On a eu, je me souviens
00:34:15d'un débat,
00:34:15bon moi je travaille
00:34:17dans le secteur énergétique,
00:34:19je me souviens
00:34:19d'un débat qu'on a eu
00:34:21par exemple au moment
00:34:22d'une loi qui a avorté
00:34:24où il était question
00:34:25de définir une température
00:34:27qui était raisonnable
00:34:28dans le logement.
00:34:29Mais comment on peut imaginer
00:34:31que cette température
00:34:32puisse être la même
00:34:33pour tout le monde ?
00:34:33En fonction de l'âge qu'on a,
00:34:36en fonction de la sensibilité
00:34:37qu'on a,
00:34:38y compris moi j'ai regardé
00:34:39des études
00:34:39où des personnes
00:34:40qui étaient de certains pays
00:34:41n'avaient pas les mêmes sensibilités
00:34:43au froid et à la chaleur
00:34:44que d'autres,
00:34:45en fonction si on est malade
00:34:46ou pas,
00:34:47en fonction,
00:34:48vous voyez,
00:34:48il y a des tas de paramètres
00:34:49qui interviennent.
00:34:50Donc moi je ne suis pas
00:34:51pour qu'on puisse dire
00:34:53de manière brutale,
00:34:54voilà,
00:34:55il faut qu'on puisse
00:34:57débattre démocratiquement
00:34:58des besoins
00:34:59parce que derrière
00:35:00ça implique
00:35:01de ce qu'on va produire
00:35:02et de ce qu'on,
00:35:03comment on va le produire
00:35:04et pourquoi on va le produire.
00:35:06Parce qu'on a parlé,
00:35:07par exemple,
00:35:08Anne a parlé beaucoup
00:35:09des ressources fossiles,
00:35:10de l'extraction.
00:35:12Moi je voudrais rappeler
00:35:13qu'aujourd'hui,
00:35:14la question,
00:35:15une des questions
00:35:16qui est centrale aujourd'hui,
00:35:18c'est la question
00:35:18de ce qu'on appelle
00:35:19les métaux stratégiques
00:35:20ou également
00:35:21les terres rares.
00:35:23C'est Ang Saoping
00:35:23qui disait
00:35:24on n'a pas de pétrole
00:35:25mais on a les terres rares.
00:35:26Parce que c'est vrai
00:35:27qu'on parle beaucoup
00:35:27du pétrole
00:35:28à juste titre,
00:35:30charbon,
00:35:30pétrole,
00:35:31gaz,
00:35:32mais tous aujourd'hui
00:35:33les nouvelles technologies,
00:35:34tout ce qui est électronique,
00:35:36tout ce qui est
00:35:36les énergies renouvelables,
00:35:38tout ce qui est
00:35:38les téléphones portables
00:35:39et ainsi de suite,
00:35:40ça nécessite
00:35:41des métaux stratégiques
00:35:42qui ne sont pas produits
00:35:43en France,
00:35:43qui ne sont pas existants
00:35:44en France.
00:35:45Donc ces choses-là aussi,
00:35:47il faut les mettre
00:35:47dans le débat.
00:35:49– Alors la question
00:35:50des besoins,
00:35:51je vais passer la parole
00:35:52à Anne
00:35:53parce que cette question
00:35:54des besoins,
00:35:54elle est au cœur
00:35:55et c'est plutôt
00:35:58dynamitant
00:35:58de la logique
00:36:00d'une économie circulaire.
00:36:01Je vais prendre
00:36:02un exemple
00:36:03parmi d'autres
00:36:04mais prenons
00:36:05l'industrie textile
00:36:05et du vêtement,
00:36:07c'est sans aucun doute
00:36:08mondialement
00:36:08une des industries
00:36:09qui produit
00:36:09le plus de déchets
00:36:11de manière cyclique.
00:36:13Or,
00:36:13elle fonctionne
00:36:14sur la mode
00:36:16essentiellement,
00:36:17en tout cas
00:36:17dans les pays
00:36:18de l'OCDE.
00:36:20La mode
00:36:21et les besoins
00:36:22ne font pas bon ménage
00:36:24et pour autant,
00:36:26comment combiner
00:36:27les deux ?
00:36:28Comment faire en sorte
00:36:29qu'on ne soit pas tous
00:36:30habillés en col Mao
00:36:31comme ça a pu se faire
00:36:33à certaines époques
00:36:34pour réduire les déchets,
00:36:35ce qui n'a pas marché
00:36:36d'ailleurs ?
00:36:37Comment est-ce
00:36:38qu'on peut continuer
00:36:38à faire vivre
00:36:39une créativité artistique
00:36:41au sein d'une industrie
00:36:43tout en limitant
00:36:44les déchets ?
00:36:45Alors,
00:36:46exactement.
00:36:47On est,
00:36:47je pense que
00:36:49c'est un très bon exemple
00:36:50la mode
00:36:50parce qu'effectivement
00:36:51on parle beaucoup
00:36:52de gaspillage alimentaire
00:36:54mais la mode
00:36:55et le gaspillage textile
00:36:57est de loin
00:36:59au moins autant,
00:37:01je n'ai plus les chiffres
00:37:02en tête,
00:37:02enfin au moins autant
00:37:04important
00:37:05en termes de gaspillage
00:37:06et de pollution
00:37:06puisqu'il y a une pollution
00:37:08terrible avec le textile.
00:37:09Mais on parle,
00:37:10vous parlez de la mode
00:37:11et c'est très intéressant,
00:37:12c'est effectivement,
00:37:13mais la mode,
00:37:15c'est la même chose
00:37:16pour tous nos biens,
00:37:18ça s'appelle
00:37:18de l'obsolescence esthétique.
00:37:20D'accord ?
00:37:21Ça veut dire que
00:37:22on est à,
00:37:25on est,
00:37:25l'obsolescence esthétique,
00:37:27alors on ne peut pas
00:37:27la dire programmée
00:37:28mais presque
00:37:29puisque la mode
00:37:30on peut dire
00:37:30que c'est programmé.
00:37:31mais moi je suis pour
00:37:32le fait qu'il y ait
00:37:33quand même
00:37:33de l'esthétisme
00:37:35et y compris dans la mode.
00:37:37Mais du coup,
00:37:37on a une obsolescence esthétique,
00:37:39c'est-à-dire que ça ne nous plaît plus.
00:37:40Mais comme un téléphone
00:37:41ne nous plaît plus
00:37:42parce qu'il n'est plus à la mode
00:37:43et du coup,
00:37:43on va le changer.
00:37:45Et là,
00:37:46on parle aussi,
00:37:47pour revenir aux besoins,
00:37:49comment on fait ?
00:37:50Le sujet,
00:37:51c'est comment on fait
00:37:52dès la conception ?
00:37:53C'est-à-dire que si on a conçu
00:37:56des biens
00:37:58comme des vêtements
00:37:59qui sont certes à la mode
00:38:01et on n'est pas là
00:38:02pour se dire
00:38:02qu'il faut tous revenir
00:38:03au calmao
00:38:04mais certes à la mode
00:38:05mais dont le seul usage
00:38:07de la matière derrière
00:38:08c'est d'être mis en ballot
00:38:10pour brûler,
00:38:11pour faire de l'énergie,
00:38:14là on a un vrai, vrai sujet.
00:38:16Si les biens,
00:38:17même s'ils sont esthétiques
00:38:18et même si on a de la mode,
00:38:21mais qu'il y a une réelle
00:38:22conception des produits
00:38:24non polluants
00:38:25et réutilisables
00:38:26vraiment sur de la matière
00:38:28parce qu'aujourd'hui
00:38:28comme on est dans
00:38:29la fast fashion,
00:38:30aucun de nos vêtements
00:38:33n'est vraiment réutilisé
00:38:34en quoi que ce soit
00:38:34tellement de toute manière
00:38:35au bout de 30 lavages
00:38:36c'est des fibres mortes.
00:38:39Si c'est conçu différemment
00:38:42alors peut-être que le bien
00:38:44va avoir une autre utilisation.
00:38:47Je vous prends l'exemple
00:38:48d'une entreprise
00:38:50qui a tenté,
00:38:51qui a testé
00:38:52la location
00:38:54de chaussures.
00:38:56Bocage,
00:38:56pour ne pas les citer.
00:38:57Quand ils ont sorti ça
00:38:58en se disant
00:38:59on va sortir un service
00:39:00de location de chaussures
00:39:02et de rechappage
00:39:04de chaussures
00:39:05pour pouvoir les remettre
00:39:06à disposition.
00:39:07Ils font des expérimentations.
00:39:08Ils sont pour l'instant
00:39:09encore dans l'expérimentation,
00:39:11ils verront.
00:39:11Mais comme ils produisent
00:39:12en France,
00:39:12ils peuvent vendre
00:39:14des chaussures,
00:39:15on les récupère
00:39:16parce qu'on les a louées,
00:39:17ils les refont complètement
00:39:19et gardent la matière
00:39:21et les remettent
00:39:21à disposition
00:39:23en occasion.
00:39:24Ça veut dire
00:39:25qu'on peut garder
00:39:25un effet de mode
00:39:27et à la fois
00:39:28avoir une matière
00:39:29qui est réutilisée.
00:39:31Donc,
00:39:32ça veut dire
00:39:32que les besoins,
00:39:34ce n'est pas des besoins
00:39:35de fabriquer des vêtements
00:39:37ou de fabriquer de la mode.
00:39:39Les besoins,
00:39:39c'est comme pour le déplacement
00:39:41de se déplacer.
00:39:42Là,
00:39:42c'est de s'habiller.
00:39:43Donc,
00:39:44ça veut dire
00:39:44que la conception
00:39:45de la mode
00:39:47doit être différente
00:39:48dès le départ.
00:39:49Mais pas forcément
00:39:50au niveau esthétique,
00:39:52au niveau de la fabrication,
00:39:54au niveau de la conception.
00:39:55– J'ai bien compris.
00:39:57Fabienne,
00:39:58encore merci
00:39:59de s'inscrire
00:40:00dans le débat
00:40:00de manière aussi abrupte.
00:40:02C'est un défi,
00:40:03mais je pense
00:40:03qu'on va s'en sortir.
00:40:05Cette question
00:40:06des besoins
00:40:07a été corrélée
00:40:07à une seconde
00:40:08qui portait sur
00:40:09l'intérêt général.
00:40:10dans nos démocraties
00:40:15historiquement constituées,
00:40:16on a tendance
00:40:17à considérer,
00:40:18plus en France
00:40:20qu'ailleurs,
00:40:21que c'est l'État
00:40:22qui est garant
00:40:22de l'intérêt général
00:40:23et que donc
00:40:24c'est l'État
00:40:25qui, à un moment donné,
00:40:27se prononce
00:40:27sur les priorités
00:40:29de besoins,
00:40:30sur le type de réponse
00:40:31qu'on y apporte.
00:40:33Le moins qu'on puisse dire,
00:40:34c'est que ces dernières décennies,
00:40:36l'État a fait
00:40:37la démonstration
00:40:38qu'il n'était
00:40:39pas exactement
00:40:40dans cette posture
00:40:41ni dans ce rôle.
00:40:43Et de Lubrizol
00:40:45au néocotinoïde,
00:40:46on voit bien
00:40:46que les décisions
00:40:47de l'État
00:40:48sont en fait
00:40:49beaucoup plus inspirées
00:40:51par la défense
00:40:52d'intérêts
00:40:52très particuliers,
00:40:54pas d'ailleurs
00:40:55forcément
00:40:55d'un intérêt
00:40:57du capitalisme global,
00:40:58mais d'intérêts particuliers
00:41:00de lobbies constituées
00:41:01qui, voilà,
00:41:03de chiens méchants
00:41:04qui défendent
00:41:05leur niche,
00:41:05on va dire,
00:41:06plutôt que
00:41:07de l'intérêt général.
00:41:08est-ce qu'on peut
00:41:10analyser
00:41:11la remise
00:41:13au premier plan
00:41:13de la planification
00:41:16avec François Béroud
00:41:18comme une avancée
00:41:19vers une prise en compte
00:41:22sérieuse
00:41:23de l'intérêt général ?
00:41:24Quelle réflexion
00:41:25on peut avoir
00:41:25sur cette notion même
00:41:27d'intérêt général ?
00:41:28Et est-ce qu'elle n'est pas
00:41:29violemment bousculée
00:41:30par ce que Marie-Claire
00:41:31qualifiait
00:41:32de révolution anthropologique ?
00:41:35Je dois dire
00:41:36que ta première question
00:41:37n'est pas simple.
00:41:38Bienvenue.
00:41:40Alors,
00:41:41au départ,
00:41:41je devais intervenir
00:41:42sur la troisième table ronde
00:41:44parce que je suis issue
00:41:46du ministère
00:41:48de la transition écologique
00:41:49qui est un ministère
00:41:52qui a beaucoup évolué
00:41:53en fonction des époques
00:41:54justement
00:41:55pour coller
00:41:57aux besoins
00:41:57d'aménagement
00:41:58du territoire
00:41:59notamment.
00:42:00et là,
00:42:02le ministère
00:42:03s'appelle
00:42:03Transition écologique
00:42:04avant cet équipement
00:42:06et il a un champ
00:42:07de mission
00:42:07très très différent.
00:42:09Donc,
00:42:09c'est à ce titre
00:42:10que je participe.
00:42:11Par exemple,
00:42:12on intervient
00:42:12sur des questions
00:42:13d'aménagement du territoire
00:42:14avec l'urbanisme,
00:42:16sur des questions
00:42:16de construction de logements.
00:42:18Donc,
00:42:18on a abordé aussi
00:42:19cet aspect-là.
00:42:21Je vais ouvrir
00:42:22un petit vers
00:42:22parce que c'est toujours
00:42:23au moment de parler
00:42:23qu'on a...
00:42:28Et donc,
00:42:28je ne vais pas décrire
00:42:30toutes les missions
00:42:30que prend en charge
00:42:32le ministère
00:42:33mais quand même
00:42:34dans sa forme,
00:42:35le ministère
00:42:36a beaucoup changé
00:42:37puisqu'avant
00:42:38c'était un ministère
00:42:39technique
00:42:41et de production
00:42:43et aujourd'hui
00:42:44les nouvelles politiques
00:42:45qui sont à l'œuvre
00:42:46font qu'il y a
00:42:47d'autres partenaires
00:42:48qui sont partie prenante
00:42:49de la réalisation
00:42:50du service public.
00:42:51Alors,
00:42:52je ne vais pas essayer
00:42:53d'être trop embrouillée
00:42:54des choses
00:42:55mais je dirais en substance
00:42:57est-ce qu'il faut lier
00:42:58la notion de service public
00:42:59avec la notion
00:42:59d'intérêt général ?
00:43:01Et dans le questionnement
00:43:03qui est remonté,
00:43:05il y avait en substance
00:43:06la question
00:43:07est-ce que l'intérêt général
00:43:09concerne bien tout le monde ?
00:43:11J'ai envie de répondre
00:43:12déjà à cette question
00:43:13en disant que l'intérêt général,
00:43:14oui,
00:43:14il concerne tout le monde
00:43:15à partir du moment
00:43:16où il répond aux besoins,
00:43:19aux premières nécessités
00:43:21et qu'il ne laisse
00:43:23personne de côté.
00:43:24après,
00:43:25dans son rôle,
00:43:26l'État
00:43:27défend-il toujours
00:43:28l'intérêt général
00:43:29et rend-il toujours
00:43:30le service public
00:43:31dont on a besoin ?
00:43:32Alors,
00:43:33comme il n'est pas le seul acteur
00:43:34sur ce terrain-là,
00:43:36je pense que la réponse
00:43:38n'est pas très simple,
00:43:42notamment parce qu'aujourd'hui,
00:43:43alors je vais peut-être
00:43:44m'éloigner de la réponse
00:43:45que tu attends,
00:43:46mais j'ai envie de dire
00:43:49qu'avant,
00:43:51l'État était vraiment celui
00:43:54qui indiquait le chemin à suivre,
00:43:57qui élaborait les lois,
00:43:59qui dictait un peu les choses.
00:44:00Aujourd'hui,
00:44:01il y a un besoin de démocratie
00:44:03parmi la population,
00:44:05l'envie de s'investir
00:44:07dans les sujets,
00:44:08de prendre part aux décisions
00:44:09qui fait que ça ne fonctionne
00:44:09plus du tout comme ça.
00:44:11Et notamment pour les missions
00:44:13qui sont de notre ministère,
00:44:15je rappelle que la décision
00:44:18du plan de relance,
00:44:19100 milliards,
00:44:20il y a 30 milliards
00:44:21qui incombent aux missions,
00:44:23enfin,
00:44:24qui doivent être mises en œuvre
00:44:25au travers des missions
00:44:26du ministère.
00:44:28En fait,
00:44:29il y a besoin
00:44:30que cette mise en œuvre,
00:44:32elle soit décidée,
00:44:34élaborée au plus près
00:44:35des territoires.
00:44:36C'est là que les besoins
00:44:37s'expriment,
00:44:38c'est là que les entreprises
00:44:39s'implantent,
00:44:40c'est là qu'il y a des impacts
00:44:42sur le territoire
00:44:43et sur les individus.
00:44:46Mais aujourd'hui,
00:44:48moi,
00:44:48du point de vue
00:44:48de mon ministère,
00:44:52ce que l'on peut dire,
00:44:53c'est qu'on est plutôt
00:44:55en perte de prise
00:44:56sur ces sujets-là.
00:44:58On va se retrouver
00:44:58avec notamment
00:45:00des ICT
00:45:02qui se plaignent.
00:45:03On a une étude récente,
00:45:05on a fait une consultation
00:45:06qui se plaigne
00:45:07de ne pas avoir
00:45:08suffisamment de transparence
00:45:10sur les politiques
00:45:11qui sont élaborées,
00:45:12de ne pas assez
00:45:14y participer.
00:45:15Ils perdent progressivement
00:45:17le sens de leur travail
00:45:20et donc,
00:45:22il y a,
00:45:22à mon avis,
00:45:24besoin de travailler
00:45:25à la fois sur
00:45:26la manière
00:45:28dont sont réalisés
00:45:29les investissements publics,
00:45:30par exemple,
00:45:31parce que dans les 30 milliards,
00:45:33une grosse partie
00:45:34va aller directement
00:45:36aux entreprises
00:45:37mais se pose alors
00:45:38la question
00:45:39de ce qu'elles vont faire
00:45:40et comment on contrôle
00:45:41ce qu'elles vont faire.
00:45:41Donc, c'est là
00:45:42où peut-être
00:45:42que le commissariat
00:45:43au plan
00:45:44a un rôle à jouer.
00:45:45On savait,
00:45:46sachant qu'il y avait déjà
00:45:47France stratégique
00:45:48qui existait.
00:45:49Donc, il faut peut-être
00:45:50regarder de près
00:45:51ce que va faire
00:45:52ce nouveau commissariat
00:45:53au plan.
00:45:56et ce que l'on voit aussi,
00:45:58c'est aussi une démarche
00:45:58de la CGT
00:45:59qui progresse,
00:46:00c'est le besoin aussi
00:46:02de faire rentrer
00:46:03la démocratie
00:46:05et toutes les associations
00:46:07dans les lieux de décision
00:46:09et dans la démarche
00:46:10de discussion de décision
00:46:12là aussi où sont les États
00:46:14ou les collectivités territoriales.
00:46:16Alors, je ne sais pas
00:46:17si c'est suffisamment clair
00:46:18ce que j'exprime
00:46:19vu que je prends le débat
00:46:21un petit peu en cours
00:46:22mais voilà, la forme
00:46:23de l'action publique
00:46:24elle a changé.
00:46:25La question des services
00:46:27publics et de l'intérêt général
00:46:28je pense que c'est à nous tous
00:46:29de la défendre
00:46:32et que moins on s'en mêle
00:46:34plus les intérêts privés
00:46:35peuvent prendre le dessus
00:46:37d'autant qu'encore une fois
00:46:38dans les acteurs
00:46:40il y a beaucoup de sources
00:46:41de lobbying possibles
00:46:43que ce soit au niveau
00:46:44de la Commission européenne
00:46:45avec par exemple
00:46:46laquelle nous
00:46:46au ministère
00:46:47on travaille beaucoup
00:46:48mais aussi sous d'autres effets
00:46:51peut-être plus
00:46:54moins évident
00:46:55mais par exemple
00:46:56il y a une loi
00:46:58qui a été votée
00:47:00en août 2019
00:47:01qui s'appelle
00:47:02la loi de transformation
00:47:02de la fonction publique
00:47:03qui favorise
00:47:05la perméabilité
00:47:06entre le public
00:47:06et le privé
00:47:07et pour le dire
00:47:08par exemple
00:47:08ma secrétaire générale
00:47:09dans mon ministère
00:47:11elle est issue de Bouygues
00:47:12donc je pense que ça favorise
00:47:14quelques passerelles
00:47:15discussions
00:47:16échanges
00:47:16et que voilà
00:47:18donc l'intérêt général
00:47:20pour moi oui
00:47:20il répond
00:47:21il est toujours présent
00:47:21il répond bien
00:47:22aux besoins de tout le monde
00:47:24c'est peut-être une réponse
00:47:24un peu simpliste
00:47:25à ce stade
00:47:27mais
00:47:27il y a au moins un domaine
00:47:28où on ne pense plus en silo
00:47:30on organise
00:47:31les circulations
00:47:32c'est un début de réponse
00:47:33merci Fabienne
00:47:34on me fait signe
00:47:35qu'il y a d'autres interventions
00:47:37donc on va les prendre
00:47:38d'autant que le temps passe
00:47:39et ensuite
00:47:40on reviendra
00:47:42à nos invités de tribune
00:47:45oui alors
00:47:46quelques questions
00:47:49après il y a des contributions
00:47:51ils s'auto-répondent
00:47:52donc je vais essayer
00:47:53je propose qu'on priorise
00:47:54les questions
00:47:55parce que ça favorise
00:47:56quand même les réponses
00:47:57alors
00:47:57des groupes
00:47:59comme Vinci
00:48:00mettent déjà en oeuvre
00:48:01dans la construction
00:48:02l'éco-conception
00:48:03et le recyclage
00:48:04l'économie circulaire
00:48:05est compatible
00:48:06avec le capitalisme
00:48:07dès lors
00:48:08quelle est pour lui
00:48:09l'opportunité
00:48:10de nouveaux profits
00:48:11comment la généraliser
00:48:13au bénéfice
00:48:13des classes populaires
00:48:14première question
00:48:16l'état stratège
00:48:18n'est-il pas
00:48:18le règne des technocrates
00:48:20celui-là même
00:48:20qui nous a entraînés
00:48:21dans les grands programmes
00:48:22productivistes
00:48:23et polluants
00:48:24des trente glorieuses
00:48:26après on a
00:48:27alors donc
00:48:28une personne
00:48:28qui demande
00:48:29comment contraindre
00:48:30l'industrie
00:48:30à créer durablement
00:48:32et on a deux contributions
00:48:34que je résumerai
00:48:35comme comment contraindre
00:48:36l'état
00:48:37à vraiment
00:48:38être un état stratège
00:48:39et à poser
00:48:41vraiment ces questions
00:48:42de réponse aux besoins
00:48:43et les bons besoins
00:48:45après on a
00:48:46une question
00:48:48à travers un témoignage
00:48:49connaissez-vous
00:48:49l'entreprise
00:48:50Fairphone
00:48:51qui propose
00:48:52un téléphone
00:48:52éthiquement responsable
00:48:54le problème
00:48:55est que le téléphone
00:48:56coûte 450 euros
00:48:57pour en gros
00:48:57un équivalent
00:48:58à 200 euros
00:48:59sur les téléphones actuels
00:49:00comment permettre
00:49:01l'accès à des technologies
00:49:02propres
00:49:03à des tarifs accessibles
00:49:04augmenter les salaires
00:49:06ne serait-elle
00:49:06pas une solution
00:49:07pour que la consommation
00:49:09change vers une consommation
00:49:10responsable
00:49:16si j'osais
00:49:17je dirais
00:49:17waouh
00:49:18on a des rencontres
00:49:19extrêmement riches
00:49:20en termes d'interrogation
00:49:23alors
00:49:25je vais
00:49:26je vais
00:49:26je vais traduire
00:49:27les questions
00:49:28telles que moi
00:49:29je les entends
00:49:30et je vais les traduire
00:49:31de manière peut-être
00:49:32un peu plus provocatrice
00:49:34est-ce qu'il faut
00:49:35absolument rompre
00:49:36avec entre guillemets
00:49:37le capitalisme
00:49:38pour aller à une solution
00:49:40qui soit socialement
00:49:42et environnementalement
00:49:44compatible
00:49:45ou est-ce qu'il y a
00:49:47des intermédiaires
00:49:48est-ce qu'on adapte
00:49:49est-ce qu'il faut
00:49:50faire du passé table rase
00:49:51question
00:49:53est-ce que
00:49:55au motif que l'état stratège
00:49:58a été un état technocrate
00:49:59il faut renoncer
00:50:01à une conception stratégique
00:50:03de l'état
00:50:04et auquel cas
00:50:06comment faire
00:50:07est-ce qu'on sait faire
00:50:08est-ce qu'on ne sait pas
00:50:09après tout
00:50:11l'expérience
00:50:12de la ZAD
00:50:13de Nantes
00:50:13a montré
00:50:15un conflit
00:50:15extrêmement riche
00:50:17et compliqué
00:50:18entre l'état
00:50:18les collectivités locales
00:50:21une partie de la population
00:50:22une autre partie
00:50:23de la population
00:50:25il y a un moment donné
00:50:26une décision a été prise
00:50:27est-ce qu'on s'achemine
00:50:29vers ce type
00:50:30de conflit
00:50:32riche et productif
00:50:34je dirais
00:50:34ou est-ce qu'il y a
00:50:35d'autres méthodes
00:50:36enfin il y a une question
00:50:37centrale
00:50:38qui a été reprise
00:50:39par plusieurs
00:50:39et qui pourrait
00:50:41sans doute être
00:50:42un champ de réflexion
00:50:44pour notre conclusion
00:50:45c'est comment contraindre
00:50:48et on sent bien
00:50:49que formulé comme ça
00:50:51on sent qu'il faut
00:50:53de la contrainte
00:50:54pour arriver
00:50:55à des solutions
00:50:56et pas seulement
00:50:57des projets
00:50:58et des convictions
00:51:00donc comment est-ce
00:51:01qu'on peut articuler
00:51:02créer le projet
00:51:04élargir les convictions
00:51:06mais en même temps
00:51:07créer
00:51:09les syndicalistes
00:51:10aiment cette expression
00:51:11un rapport de force
00:51:13qui soit tel
00:51:14que ce soit
00:51:14ces projets
00:51:15et ces convictions
00:51:16qui l'emportent
00:51:19Marie-Claire
00:51:19je t'avais coupé
00:51:21la parole tout à l'heure
00:51:21non c'est pas ça
00:51:22mais la question
00:51:24que tu poses
00:51:24c'est
00:51:26voilà on peut débattre
00:51:27pendant toute l'année
00:51:27c'est pas moi
00:51:28la peau
00:51:29elle est posée
00:51:30oui oui
00:51:30non mais justement
00:51:31c'est passionnant
00:51:33très rapidement
00:51:34pour essayer d'intervenir
00:51:35sur plusieurs thèmes
00:51:38l'État il est le garant
00:51:39de l'intérêt général
00:51:40donc effectivement
00:51:40il doit avoir un rôle
00:51:42de stratège
00:51:42et de planificateur
00:51:43enfin nous c'est ce qu'on défend
00:51:44à la CGT
00:51:45parce que c'est lui
00:51:45qui est capable
00:51:46de se projeter
00:51:47sur le long terme
00:51:48alors bien sûr
00:51:49à un moment donné
00:51:50on ne pouvait plus parler
00:51:51de planification
00:51:52donc on disait
00:51:52prévoir sur le long terme
00:51:56mais aujourd'hui
00:51:57tout le monde
00:51:57parle de planification
00:51:58sauf que je le redis
00:51:59tout le monde
00:51:59ne met pas la même chose
00:52:00derrière ce mot là
00:52:01donc ça il faut faire
00:52:02attention aux mots
00:52:03mais effectivement
00:52:04on a besoin
00:52:05à un moment donné
00:52:06d'avoir une visibilité
00:52:08d'avoir une vision
00:52:08d'avoir un projet
00:52:09collectif partagé
00:52:10qui emmène tout le monde
00:52:11au même endroit
00:52:12c'est à dire
00:52:13il faut qu'on sache
00:52:14vers où on va
00:52:15pour pouvoir agir
00:52:17et donc
00:52:17y compris d'ailleurs
00:52:18sur les questions
00:52:19industrielles
00:52:19on a besoin de prévoir
00:52:21même je ne dis pas
00:52:23mais on a besoin
00:52:24de prévoir
00:52:24sur 10, 20, 30 ans
00:52:25à l'avance
00:52:26de savoir un petit peu
00:52:27où on va
00:52:27on voit bien
00:52:28que les questions
00:52:28de réchauffement climatique
00:52:29il faut agir tout de suite
00:52:31pour que ça ait des effets
00:52:32en 2050
00:52:33donc si on n'a pas
00:52:34cette vision là
00:52:35et bien on ne va pas
00:52:36arriver à s'en sortir
00:52:36alors après
00:52:37aujourd'hui
00:52:38et d'ailleurs
00:52:39une chose dont on n'a pas parlé
00:52:40je fais une petite incidente
00:52:42mais dans ces sujets là
00:52:43il y a une question
00:52:43qui est centrale
00:52:44c'est la question de la recherche
00:52:45c'est à dire
00:52:46on parle
00:52:46un n'a pas
00:52:47et d'économie circulaire
00:52:48donc on parle
00:52:49d'éco-conception
00:52:50c'est à dire
00:52:51que dès le départ
00:52:52comment on va
00:52:53pouvoir imaginer
00:52:54que le produit
00:52:55justement avec des alliages
00:52:56qui sont de plus en plus
00:52:57compliqués
00:52:57et bien on pourra
00:52:58justement les séparer
00:52:59on pourra les réutiliser
00:53:00on sait que dans le domaine
00:53:02de l'énergie
00:53:02le jour où on saura
00:53:03stocker massivement
00:53:04l'électricité
00:53:05qu'on saura faire sauter
00:53:06ce verrou technologique
00:53:07qu'on aura faire
00:53:08un grand pas
00:53:09donc il y a des tas
00:53:10de sujets
00:53:10qui ont besoin de recherche
00:53:12je dis ça
00:53:12parce qu'en ce moment
00:53:13on va débattre
00:53:14au Parlement
00:53:15d'une loi
00:53:15sur la recherche
00:53:16et pratiquement
00:53:18tous les scientifiques
00:53:21montent au créneau
00:53:22en disant
00:53:22c'est pas du tout
00:53:22à la hauteur
00:53:23et c'est pas du tout
00:53:24ce qu'il faudrait
00:53:24la France est très en train
00:53:26là-dessus
00:53:27donc pour revenir
00:53:28sur l'idée
00:53:28de la vision
00:53:30à long terme
00:53:31et ainsi de suite
00:53:31aujourd'hui
00:53:32qui a cette vision ?
00:53:35Où sont nos besoins ?
00:53:36C'est les grands groupes
00:53:38c'est les grands groupes
00:53:39qui produisent
00:53:40pour nos besoins
00:53:40et à l'aide
00:53:41de la publicité
00:53:42ils suscitent
00:53:43les besoins
00:53:43ils suscitent
00:53:44des désirs
00:53:44ils suscitent
00:53:45des frustrations
00:53:46quand on ne peut pas
00:53:46avoir ces besoins-là
00:53:48c'est-à-dire qu'il faut avoir
00:53:49le dernier iPhone
00:53:50il faut avoir
00:53:51non mais voilà
00:53:52donc aujourd'hui
00:53:53ce sont les grands groupes
00:53:54qui dirigent
00:53:55et qui
00:53:55donc la question
00:53:56elle est bien là
00:53:57comment on agit
00:53:58comment on reprend la main
00:53:59de manière démocratique
00:54:01et collective
00:54:02l'État
00:54:03l'État
00:54:03s'il voulait
00:54:04il aurait des outils
00:54:05par exemple
00:54:06il aurait des outils
00:54:08Sanofi
00:54:08qui a augmenté
00:54:10ses bénéfices
00:54:11de 7%
00:54:12pendant le Covid
00:54:12qui a versé 4 milliards
00:54:14à ses actionnaires
00:54:15et qui dit
00:54:16je vais supprimer
00:54:171000 emplois
00:54:18alors si l'État
00:54:19il ne peut rien
00:54:19contre ça
00:54:20ce n'est pas la peine
00:54:21qu'on ait un État
00:54:21ce n'est pas la peine
00:54:22qu'on ait un gouvernement
00:54:23s'il n'est pas capable
00:54:25de dire à Nokia
00:54:26qui est quand même
00:54:27la fin d'Alcatel
00:54:28qui est quand même
00:54:29un fleuron industriel français
00:54:31alors en particulier
00:54:33on pourrait dire
00:54:34qu'il y a un peu
00:54:34une contradiction
00:54:35je ne pense pas
00:54:35qu'il fait la dialectique
00:54:36Macron
00:54:37mais il dit
00:54:37il faut déployer massivement
00:54:38la 5G
00:54:39je ne viens pas
00:54:39sur le débat là-dessus
00:54:40mais il supprime
00:54:41Nokia va supprimer
00:54:431000 emplois
00:54:44avec des gens
00:54:44qui bossent là-dessus
00:54:45justement
00:54:46mais alors si l'État
00:54:47ne peut rien là-dessus
00:54:48il a des outils
00:54:50il a des outils
00:54:51il peut nationaliser
00:54:52les entreprises
00:54:53il peut monter
00:54:54au capital des entreprises
00:54:55avec des golden shares
00:54:57des actions
00:54:57qui permettent de blocage
00:54:58il peut faire des lois
00:55:00qui font que les salariés
00:55:01ils rentrent dans
00:55:02des conseillers d'administration
00:55:03à 50%
00:55:04et des droits de veto
00:55:05il y a des tas de choses
00:55:06que pourrait faire
00:55:07alors bien évidemment
00:55:07on sait bien qu'on ne peut pas
00:55:09faire tout tout seul
00:55:10il y a les questions
00:55:10au niveau européen
00:55:11il y a les questions
00:55:12au niveau mondial
00:55:12je l'ai rappelé
00:55:13tout à l'heure
00:55:14les organismes
00:55:15au niveau mondiaux
00:55:15ils ont un rôle essentiel
00:55:18je voudrais quand même
00:55:19rappeler encore l'OIT
00:55:20l'OIT
00:55:22je veux dire
00:55:22au sortir de la guerre
00:55:24qui fait l'appel de Philadelphie
00:55:26en dirant
00:55:26il n'y aura pas de paix
00:55:27dans le monde
00:55:27sans justice sociale
00:55:28donc vraiment
00:55:29mais n'empêche que
00:55:31parce que quand on dit
00:55:32des choses comme ça
00:55:33on se dit bon
00:55:34on peut agir aussi
00:55:35au niveau d'un gouvernement
00:55:37au niveau d'un pays
00:55:38on peut quand même
00:55:39et alors dernière chose
00:55:41il y avait une question
00:55:42qui a été posée
00:55:43est-ce qu'on peut avoir
00:55:44un intérêt général
00:55:45dans une société de classe
00:55:46il me semble
00:55:47qu'on pourrait
00:55:48dans la période
00:55:49avoir des alliances
00:55:51objectives de classe
00:55:52parce que justement
00:55:53si on revient
00:55:54au débat qu'on avait
00:55:55les inégalités sociales
00:55:57et les inégalités environnementales
00:55:58elles sont étroitement liées
00:55:59elles sont étroitement liées
00:56:01donc là
00:56:02on peut avoir
00:56:03des intérêts convergents
00:56:04et effectivement
00:56:06sur la question
00:56:09oui je pense
00:56:10qu'il y a un véritable danger
00:56:11enfin danger
00:56:12je ne sais pas comment
00:56:13le dire
00:56:14mais le capitalisme
00:56:15on peut avoir
00:56:16un capitalisme vert
00:56:17on peut très bien
00:56:18avoir un capitalisme
00:56:20qui
00:56:22je trouve les mots
00:56:23pour le dire correctement
00:56:24et être bien comprise
00:56:25mais qui
00:56:28aille sur les enjeux
00:56:29environnementaux
00:56:30en faisant moins d'État
00:56:31et en ouvrant
00:56:32des nouveaux marchés
00:56:33qui vont faire
00:56:34plus de marge
00:56:35et ça peut très bien
00:56:35lui aller
00:56:36ça peut très bien
00:56:37lui aller
00:56:37par contre
00:56:39je pense qu'on n'a pas
00:56:39encore de capitalisme rouge
00:56:42c'est-à-dire que
00:56:42c'est plus facile
00:56:44de discuter
00:56:44je le dis avec mes mots
00:56:46mais on arrive
00:56:47plus facilement
00:56:48à discuter
00:56:48des enjeux environnementaux
00:56:50que du rapport
00:56:50capital-travail
00:56:51dans l'entreprise
00:56:51voilà
00:56:52donc là
00:56:53il y a un véritable débat
00:56:56Anne
00:56:59je vais rebondir
00:57:00sur ce que dit
00:57:01Marie-Claire
00:57:02et sur le capitalisme
00:57:07il me semble
00:57:08que
00:57:10le sujet
00:57:10ce n'est pas
00:57:11le problème du capitalisme
00:57:12c'est le problème
00:57:12de l'intention
00:57:14le capitalisme
00:57:15oui
00:57:16mais exactement
00:57:16mais pourquoi
00:57:17moi ça ne me gêne pas
00:57:19qu'une entreprise
00:57:20gagne de l'argent
00:57:20et qu'il y ait du profit
00:57:21à partir du moment
00:57:22où c'est utilisé
00:57:24à bon escient
00:57:27ce que je veux dire
00:57:28c'est que pour rebondir
00:57:29par rapport
00:57:29à ce que disait
00:57:30Marie-Claire
00:57:30je pense qu'on peut
00:57:32avoir un capitalisme
00:57:34responsable
00:57:36et qui se transforme
00:57:37complètement
00:57:38c'est pour ça
00:57:39que je dis
00:57:39quelle intention
00:57:40c'est quelle intention
00:57:41c'est pas le sujet
00:57:42de gagner de l'argent
00:57:43pas de gagner de l'argent
00:57:44etc
00:57:44c'est pourquoi on fait
00:57:46pourquoi on prévoit
00:57:47l'avenir
00:57:49et comment on utilise
00:57:50parce que pour l'État
00:57:51on reparle de l'État stratège
00:57:52oui moi je suis pour
00:57:54un État stratège
00:57:55mais un État stratège
00:57:56ça dépend de quelle stratégie
00:57:57quoi
00:57:58pour l'instant
00:57:59la stratégie
00:58:01qui je pense
00:58:02commence à être partagée
00:58:03dans les mots
00:58:03mais pas dans les faits
00:58:04qui est de dire
00:58:05que l'enjeu
00:58:07qui prévaut
00:58:08à la survie
00:58:10de l'humanité
00:58:10donc
00:58:11ça pourrait être
00:58:11le rôle de l'État stratège
00:58:13quand même
00:58:13de le protéger
00:58:17ces populations
00:58:17à court, moyen
00:58:18et long terme
00:58:19qu'est l'enjeu climatique
00:58:21aujourd'hui
00:58:22il est à la marge
00:58:23même s'il est plus
00:58:25qu'il a été
00:58:26mais il est à la marge
00:58:27donc oui
00:58:28un État stratège
00:58:29mais quelle stratégie
00:58:30si on n'est pas
00:58:31dans une stratégie
00:58:33qui va dans le bon sens
00:58:35entre guillemets
00:58:36en tout cas dans le sens
00:58:36partagé
00:58:37de l'intérêt général
00:58:38alors
00:58:39ce n'est pas la stratégie
00:58:41et on est toujours
00:58:42dans le sujet
00:58:43que c'est les entreprises
00:58:44qui aujourd'hui
00:58:45je rejoins
00:58:46autre aujourd'hui
00:58:47la vision
00:58:48et le développement
00:58:48du capitalisme
00:58:49il est fait par la vision
00:58:50et la stratégie
00:58:51des entreprises
00:58:52donc si la vision
00:58:54et la stratégie
00:58:54des entreprises
00:58:55va dans le sens
00:58:56d'un développement économique
00:58:58qui va
00:58:59pour transformer l'économie
00:59:01alors pourquoi pas
00:59:02on peut garder
00:59:03un capitalisme
00:59:03évidemment
00:59:05tant qu'aujourd'hui
00:59:06on n'a pas d'autres sujets
00:59:07moi on dit souvent
00:59:09à la fondation
00:59:10de toute manière
00:59:10la transformation
00:59:13de l'économie
00:59:14alors on parlait
00:59:14du développement durable
00:59:15mais c'est tellement
00:59:16maintenant
00:59:18tellement
00:59:19on ne savait plus rien dire
00:59:20le développement durable
00:59:21mais en tout cas
00:59:22on y vient par opportunité
00:59:24on y reste par conviction
00:59:25donc si on peut se dire
00:59:27qu'on se transforme
00:59:29son modèle économique
00:59:30par opportunité
00:59:31parce qu'on va
00:59:32sur un capitalisme
00:59:33dit vert
00:59:34je préfère
00:59:35qu'on parle
00:59:36de responsable
00:59:36parce que du coup
00:59:37il n'y a pas que
00:59:38le green qui est dedans
00:59:40et on peut tout intégrer
00:59:41et que ça permet
00:59:42de transformer
00:59:43le monde
00:59:44alors moi
00:59:44je ne voudrais
00:59:45qu'y croire
00:59:46donc je n'ai pas de
00:59:47je suis prête
00:59:48à croire
00:59:49complètement
00:59:51à ça
00:59:52donc du coup
00:59:53ce que je veux dire
00:59:54et pour répondre
00:59:55par rapport à la contrainte
00:59:56parce que je pense
00:59:56que le sujet
00:59:57de la contrainte
00:59:58est important
00:59:58doit-on contraindre
00:59:59et faut-il contraindre
01:00:00et comment contraindre
01:00:02et je pense
01:00:03que l'état stratège
01:00:04est là pour le coup
01:00:05à une responsabilité
01:00:07c'est que oui
01:00:08aujourd'hui
01:00:09dans un monde capitaliste
01:00:10ce qui est
01:00:11ce qui drive
01:00:12le développement
01:00:13c'est la concurrence
01:00:14donc la concurrence
01:00:16elle ne peut être contrainte
01:00:17que par de la réglementation
01:00:18donc le seul sujet
01:00:19pour transformer l'économie
01:00:22et là
01:00:22c'est le rôle de l'état
01:00:23c'est la réglementation
01:00:25donc si on se met d'accord
01:00:26sur une réglementation
01:00:27qui va vers
01:00:29un développement économique
01:00:30responsable
01:00:31alors du coup
01:00:32on transforme l'économie
01:00:33et on transforme le capitalisme
01:00:34je vais juste donner
01:00:35un exemple concret
01:00:37par rapport à ça
01:00:37on a voté
01:00:40en début février
01:00:41enfin on a promulgué
01:00:42début février
01:00:43une loi
01:00:43qui s'appelle
01:00:44anti-gaspillage
01:00:45et économie circulaire
01:00:46pour faire la boucle
01:00:47dans cette loi
01:00:48on va contraindre
01:00:50il y a pas mal de
01:00:51c'est plus une amélioration
01:00:52avec une amélioration
01:00:54de la gestion des déchets
01:00:55mais il y a un point
01:00:56deux points
01:00:56qui sont très importants
01:00:58on va contraindre
01:00:59les fabricants
01:01:01à payer
01:01:02une éco-contribution
01:01:04c'est déjà le cas
01:01:06aux éco-organismes
01:01:08mais dont cette éco-contribution
01:01:09va devoir développer
01:01:12ce qu'on appelle
01:01:13un fonds réemploi
01:01:14et un fonds réparation
01:01:15ça veut dire quoi
01:01:16ça veut dire que
01:01:18quand on va demain
01:01:19avoir des produits réparables
01:01:21parce qu'il y aura
01:01:21un indice de réparabilité
01:01:22sur un bien
01:01:23vous allez acheter
01:01:24vous savez on achète
01:01:25les produits électroniques
01:01:30avec un indice d'énergie
01:01:32aujourd'hui
01:01:32demain il y aura
01:01:33un indice de réparabilité
01:01:34obligatoire
01:01:35et ça veut dire
01:01:36que si vous avez
01:01:37un produit réparable
01:01:3930% du prix
01:01:40de la réparation
01:01:41sera payé
01:01:41par cette éco-contribution
01:01:44payée par les fabricants
01:01:45au départ
01:01:45ça veut dire
01:01:46qu'on va réduire
01:01:48le coût
01:01:48de la réparation
01:01:52idem pour leur réemploi
01:01:54pour les personnes
01:01:55qui aujourd'hui
01:01:56on le sait
01:01:57sont freinées
01:01:57pour réparer
01:01:58pourquoi ?
01:01:59parce que le coût
01:01:59de la réparation
01:02:00est plus cher
01:02:00que le coût du neuf
01:02:02donc ça veut bien dire
01:02:03que la réglementation
01:02:04dans ce cadre là
01:02:07peut faire inverser
01:02:09j'espère
01:02:10le fait de se dire
01:02:12que plutôt que de racheter
01:02:13un produit
01:02:14venant de très loin
01:02:15pas cher
01:02:16on va pouvoir
01:02:18contribuer
01:02:18au financement
01:02:19de la réparation
01:02:20et donc transformer
01:02:21le modèle économique
01:02:22et faire que du coup
01:02:24on puisse aller
01:02:25vers cette transformation
01:02:26et ce gain
01:02:27pour tout le monde
01:02:27y compris
01:02:28évidemment pour les personnes
01:02:29qui aujourd'hui
01:02:31ne peuvent pas se payer
01:02:32une réparation
01:02:33parce que ça coûte plus cher
01:02:35que d'acheter un produit
01:02:35qui vient de très loin
01:02:37suivez mon regard
01:02:38donc voilà
01:02:39donc ce que je veux dire
01:02:40c'est que oui
01:02:40la contrainte
01:02:41oui moi
01:02:42j'ai un peu de mal
01:02:44à croire
01:02:45qu'on va juste changer
01:02:48de façon volontaire
01:02:50j'y crois pas
01:02:51je vous renvoie à ça
01:02:53à un excellent livre
01:02:55d'un neuroscientifique
01:02:57qui s'appelle
01:02:58Sébastien Boller
01:02:58ce livre s'appelle
01:03:00le bug humain
01:03:01où il explique
01:03:01pourquoi
01:03:02ce que nous sommes
01:03:04en tant qu'humains
01:03:05et nos désirs
01:03:07notre cerveau
01:03:07la façon dont on fabrique
01:03:08ne peut pas
01:03:09aller vers une transformation
01:03:11volontaire
01:03:13unique
01:03:13si on n'a pas
01:03:14de contrainte
01:03:14globale
01:03:15et un projet global
01:03:17donc je pense
01:03:18qu'on peut
01:03:19le faire
01:03:20si on a
01:03:22un projet partagé
01:03:24donc l'État
01:03:26qui puisse aller
01:03:27dans ce projet
01:03:29contrainte du coup
01:03:30l'économie à changer
01:03:31par de la réglementation
01:03:33et du coup
01:03:34à permettre
01:03:35l'accès à tous
01:03:36des biens
01:03:37de tout ce qu'on peut
01:03:38avoir aujourd'hui
01:03:39et évidemment
01:03:40pour demain
01:03:42merci
01:03:43Fabienne
01:03:43en même temps
01:03:44on me fait signe
01:03:45qu'il y a d'autres interventions
01:03:46mais je suis un animateur
01:03:48heureux en général
01:03:49il faut supplier les gens
01:03:50pour avoir des interventions
01:03:51mais là il y en a
01:03:52trop presque
01:03:54cet État stratège
01:03:55si j'ai bien compris
01:03:56ton intervention précédente
01:03:57ça ne peut pas être
01:03:58un État surplombant
01:04:00stratège
01:04:00il faut qu'il change
01:04:01de nature
01:04:02est-ce que tu peux être plus
01:04:04déjà moi ce que je voudrais
01:04:05faire remarquer
01:04:06c'est que la notion
01:04:07même d'État stratège
01:04:08elle est quand même
01:04:09multiple
01:04:09en fait l'État
01:04:10il est stratège
01:04:11il l'a toujours été
01:04:13mais pas forcément
01:04:14de la même manière
01:04:15au cours du temps
01:04:17voilà c'est quand même
01:04:18ça qu'il faut voir
01:04:19aujourd'hui développe
01:04:20une stratégie
01:04:21très claire
01:04:21c'est d'être en faveur
01:04:22du capital
01:04:23et de l'entreprise
01:04:24voilà
01:04:24c'est avant tout ça
01:04:28et donc
01:04:29ouais je pense
01:04:29que c'est
01:04:31j'insiste sur le fait
01:04:32que je pense
01:04:33que l'État
01:04:34étant donné ça
01:04:35il n'a pas une nature
01:04:36bonne
01:04:36a priori
01:04:39l'État
01:04:40ne va pas
01:04:41a priori
01:04:42non plus
01:04:42naturellement
01:04:43défendre l'intérêt général
01:04:44s'il n'y a pas
01:04:45à mon avis
01:04:45une poussée démocratique
01:04:46qui aille dans ce sens là
01:04:47donc c'est pourquoi
01:04:49toute
01:04:52la vie démocratique
01:04:53au travers
01:04:54du tissu associatif
01:04:55au tissu
01:04:56de la multiplicité
01:04:58des acteurs
01:04:59donc pas seulement
01:05:00l'État
01:05:01ou les fonctionnaires
01:05:02État
01:05:02mais aussi
01:05:03tous les ensembles
01:05:03de collectivités
01:05:04territoriales
01:05:05par exemple
01:05:05et les entreprises
01:05:07aussi
01:05:07ont leur rôle
01:05:09à jouer
01:05:10dans la manière
01:05:11dont on vit
01:05:11en société
01:05:12et dont on gère
01:05:14les enjeux
01:05:14de transition écologique
01:05:15à proprement parler
01:05:17je voudrais revenir
01:05:18sur un petit point
01:05:19pour répondre
01:05:20un peu précisément
01:05:21aux interventions
01:05:23puisqu'il y avait
01:05:23eu une critique
01:05:24état-stratégique
01:05:26et technocrate
01:05:29moi je fais remarquer
01:05:30quand même
01:05:31que oui
01:05:31on peut faire
01:05:32la critique
01:05:32d'une technocratie
01:05:34de l'État
01:05:34ou de la fonction publique
01:05:35en général
01:05:36mais je pense aussi
01:05:37qu'il y a une certaine
01:05:38technocratie
01:05:38dans les entreprises
01:05:40donc on a souvent
01:05:41tendance à plus
01:05:43pointer du doigt
01:05:45les problématiques
01:05:46quand elles sont
01:05:46liées aux agents
01:05:47publics
01:05:48mais voilà
01:05:49le fonctionnement
01:05:50des grandes entreprises
01:05:50n'est pas si différent
01:05:51du fonctionnement
01:05:53des grandes administrations
01:05:54et puis derrière
01:05:55ces grandes administrations
01:05:56ces quelques décideurs
01:05:57il y a énormément
01:05:59d'agents
01:05:59nous on est
01:06:0075 000
01:06:01à travailler
01:06:02sur des missions
01:06:03de transition écologique
01:06:05et beaucoup
01:06:06ont une éthique
01:06:07professionnelle
01:06:07vraiment très forte
01:06:09beaucoup
01:06:09ont une technicité
01:06:11qu'ils ont envie
01:06:12de mettre au service
01:06:14d'un travail
01:06:15qui a du sens
01:06:15pour eux
01:06:16beaucoup sont conscients
01:06:17aussi des enjeux
01:06:18de transition écologique
01:06:19donc en la matière
01:06:20je pense qu'on ne peut pas
01:06:20faire une critique
01:06:21a priori
01:06:23de l'État
01:06:24et de ses services
01:06:25aujourd'hui
01:06:28voilà
01:06:28je voulais déjà dire ça
01:06:29alors après
01:06:29sur la réglementation
01:06:32et sur le capitalisme
01:06:34moi j'avoue
01:06:34je suis plus sceptique
01:06:37sur la possibilité
01:06:38d'un capitalisme
01:06:40qui serait compatible
01:06:42avec les enjeux
01:06:44de transition énergétique
01:06:45parce que ça veut dire
01:06:46qu'il faut qu'il en rabatte
01:06:47un peu sur sa volonté
01:06:48de profit
01:06:49et dans l'État actuel
01:06:51c'est à mon avis
01:06:52pas gagné
01:06:53parce qu'il est quand même
01:06:54très dominant en l'État
01:06:55et il faudrait quand même
01:06:56une grosse grosse poussée
01:06:57pour arriver à le faire changer
01:06:59et puis je dirais même
01:07:00que dans sa nature actuelle
01:07:01et dans son mode
01:07:02de fonctionnement
01:07:03il n'y a rien
01:07:04qui permet d'aller vers ça
01:07:05parce qu'aujourd'hui
01:07:06toutes les lois
01:07:07je vais prendre l'exemple
01:07:08de la France
01:07:08mais les lois
01:07:09qui ont été prises
01:07:10par nos derniers gouvernements
01:07:11ils ne sont pas en faveur
01:07:12de plus de transparence
01:07:14de plus de possibilité
01:07:15d'intervention
01:07:15des salariés
01:07:17dans la vie de l'entreprise
01:07:20ça ne favorise pas
01:07:21non plus
01:07:22l'intervention
01:07:23des pouvoirs publics locaux
01:07:24une entreprise
01:07:25elle est sur un territoire
01:07:27elle s'y installe
01:07:28elle consomme
01:07:29elle va utiliser
01:07:30le territoire
01:07:31elle va rendre aussi
01:07:32au territoire
01:07:32parfois des déchets
01:07:33justement
01:07:34et puis comment
01:07:35la collectivité
01:07:37elle
01:07:37a le droit de regard
01:07:38sur ce qui se passe
01:07:39je pense qu'il y a
01:07:40beaucoup de marge
01:07:42de progrès
01:07:44donc une petite anecdote
01:07:45que je ne vais pas développer
01:07:46mais quand même
01:07:47pour le pointer
01:07:47sur la réglementation
01:07:48il faut quand même
01:07:49se rappeler
01:07:50tout à fait récemment
01:07:51l'accident
01:07:52de Lubrizol
01:07:54il y avait une réglementation
01:07:56mais de manière
01:07:57assez perverse
01:07:58les gouvernements
01:07:59successifs
01:08:00se sont échinés
01:08:02à déconstruire
01:08:03cette réglementation
01:08:04de manière
01:08:05assez pernicieuse
01:08:07sans avoir l'air
01:08:08d'y toucher
01:08:08si je puis dire
01:08:10et à donner
01:08:11les moyens
01:08:11au préfet
01:08:11de s'affranchir
01:08:12d'une certaine manière
01:08:14de la réglementation
01:08:15en biaisant un petit peu
01:08:17et on est arrivé
01:08:18à un incident
01:08:19technologique majeur
01:08:21et puis par ailleurs
01:08:22l'état stratège
01:08:24et bien
01:08:24il a aussi le moyen
01:08:25d'être stratège
01:08:26dans le sens
01:08:27de l'intérêt général
01:08:29s'il a les moyens
01:08:30pour le faire
01:08:30il y a quand même
01:08:31des grosses questions
01:08:32qui se posent
01:08:33en termes de moyens
01:08:35publics
01:08:35pour arriver à ces fins
01:08:37aujourd'hui
01:08:38encore une fois
01:08:38je prends l'exemple
01:08:38dans mon ministère
01:08:39on était 120 000
01:08:41au moment où moi
01:08:41je suis rentrée
01:08:42dans ce ministère
01:08:43aujourd'hui
01:08:43on est 75 000
01:08:45un ministère
01:08:46totalement émietté
01:08:47en entités
01:08:48de type établissement
01:08:49public
01:08:50qui sont responsabilisées
01:08:51sur leur budget
01:08:53qui sont
01:08:54avec lesquels
01:08:55on contractualise
01:08:56et ça se fait
01:08:57pratiquement tout le temps
01:08:59enfin je n'ai pas
01:08:59d'exemple positif
01:09:01où ça se fasse
01:09:02en faveur
01:09:03des conditions de travail
01:09:04des personnels
01:09:05en faveur
01:09:05du portage
01:09:07des missions
01:09:08et notamment
01:09:09pour toutes les agences
01:09:10de l'environnement
01:09:11qui sont extrêmement
01:09:13précarisées
01:09:14donc il y a
01:09:15beaucoup
01:09:15beaucoup à faire
01:09:16et encore une fois
01:09:17moi je pense
01:09:18qu'il faut que
01:09:20la société civile
01:09:22s'en mêle
01:09:22il faut que
01:09:23les associations
01:09:24s'en mêlent
01:09:25et il faut que
01:09:25dans l'entreprise
01:09:26les salariés
01:09:27les agents
01:09:28puissent également
01:09:29s'en mêler
01:09:30de manière
01:09:30tout à fait
01:09:31démocratique
01:09:32donc pour l'instant
01:09:33ce n'est pas le sens
01:09:34que ça prend
01:09:34donc il y a
01:09:37des grosses batailles
01:09:37à mener
01:09:38on était en mobilisation
01:09:39hier
01:09:40c'est une relance
01:09:41de la mobilisation
01:09:43après un été
01:09:44difficile
01:09:46mais franchement
01:09:46il y a des raisons
01:09:47de le faire
01:09:48et une dernière chose
01:09:49c'est que l'état
01:09:51stratège
01:09:51il dépend aussi
01:09:52de nos gouvernants
01:09:53et puis ces gouvernants
01:09:55c'est nous
01:09:55qui les élisons
01:09:56donc il y a aussi
01:09:57un enjeu
01:09:58des interrogations
01:09:59à avoir
01:09:59de ce côté là
01:10:02la parole
01:10:03à ceux qui ne sont pas
01:10:04dans la salle
01:10:08donc trois questions
01:10:09un petit
01:10:10qui ouvre un petit peu
01:10:11sur les suites
01:10:12j'ai envie de dire
01:10:13vers cette fin de débat
01:10:14est-ce que la désobéissance
01:10:16civile peut transformer
01:10:17les choses
01:10:20une autre question
01:10:21y a-t-il une vraie
01:10:22indépendance
01:10:22notamment financière
01:10:24des ONG
01:10:25quand elle s'exprime
01:10:25sur ces sujets
01:10:27et que reste-t-il
01:10:28véritablement
01:10:29des marges
01:10:30de manœuvre
01:10:31des états-nations
01:10:32dans une économie
01:10:33mondialisée
01:10:38C'est formidable
01:10:39on a trois sujets
01:10:40pour les trois prochaines
01:10:41rencontres d'options
01:10:47Je suis écrasé
01:10:49par la masse de sens
01:10:52que ces questions requièrent
01:10:53je suis très content
01:10:55d'être à ma place
01:10:56et pas à la vôtre
01:10:58mais néanmoins
01:10:59on va essayer
01:10:59de s'en sortir
01:11:00je vais vous demander
01:11:01de réagir
01:11:05relativement rapidement
01:11:05parce qu'il faut
01:11:06qu'on termine
01:11:07si j'ai bien compris
01:11:07à 12h30
01:11:08pour des raisons
01:11:09techniques impératives
01:11:11j'aimerais ajouter
01:11:13deux grains de sel
01:11:14qui me semblent
01:11:15peut-être
01:11:17compléter un peu
01:11:18ces trois questions
01:11:18enfin en tout cas
01:11:19la première
01:11:20sur l'efficacité
01:11:21de la désobéissance civile
01:11:22est-ce que plus largement
01:11:24l'efficacité
01:11:28l'efficacité
01:11:29du mouvement démocratique
01:11:32n'est pas largement
01:11:33dépendante
01:11:34des garanties individuelles
01:11:36qui sont accordées
01:11:38aux travailleurs
01:11:39dans les entreprises
01:11:41qui sont quand même
01:11:42beaucoup plus fragiles
01:11:43que le citoyen
01:11:45dans la cité
01:11:45c'est plus facile
01:11:47d'exprimer une opinion
01:11:49dans la rue
01:11:49que dans son entreprise
01:11:52et est-ce que ça n'a pas
01:11:53à voir
01:11:54de manière étroite
01:11:55avec le statut même
01:11:56des entreprises
01:11:58on a beaucoup parlé
01:11:59du capitalisme
01:12:00de l'entreprise
01:12:01alors le capitalisme
01:12:02est là
01:12:03si un système
01:12:04qui un jour
01:12:05est appelé à le remplacer
01:12:06il n'est pas là
01:12:07donc il faut faire
01:12:08avec celui qui est là
01:12:10est-ce qu'il n'y a pas
01:12:11des pressions
01:12:11très très fortes
01:12:12à exercer
01:12:13sur le statut même
01:12:14de l'entreprise
01:12:15qui est le lieu
01:12:16où se déroulent
01:12:18les rapports
01:12:18conflictuels
01:12:19entre le travail
01:12:21et le capital
01:12:21qu'ils rémunèrent
01:12:22le moins possible
01:12:24comme chacun sait
01:12:26on ne change pas
01:12:27une équipe
01:12:27qui gagne
01:12:28Marie-Claire
01:12:30bien
01:12:34je vais peut-être
01:12:35commencer
01:12:36par la fin
01:12:37parce que
01:12:37tu parles du rapport
01:12:39travail-capital
01:12:40effectivement
01:12:41il faut quand même
01:12:42avoir quelques chiffres
01:12:43en tête
01:12:43je crois que c'est
01:12:44en 25 ans
01:12:45par rapport au partage
01:12:46de la valeur ajoutée
01:12:46la partie qui est donnée
01:12:48entre le capital
01:12:49et le travail
01:12:50ça a été multipliée
01:12:50par 5 pour le capital
01:12:52et donc
01:12:53c'est-à-dire que
01:12:54c'était 5
01:12:55et après ça a été 25%
01:12:57dans la valeur
01:12:57qui est créée
01:12:58dans la plus-value
01:12:59qui est créée
01:13:01et donc
01:13:03il y a ce partage
01:13:04qui est complètement
01:13:06inégal
01:13:06et y compris
01:13:07moi j'avais fait le calcul
01:13:08alors je ne l'ai plus
01:13:09exactement en tête
01:13:09mais quand on travaille
01:13:11une année
01:13:11au bout de 4 ou 5 mois
01:13:13grosso modo
01:13:13alors bien évidemment
01:13:14c'est des généralités
01:13:15on travaille pour un fonds
01:13:16de pension américain
01:13:18on travaille pour un fonds
01:13:19parce que la question
01:13:20elle est là
01:13:21par rapport au capitalisme
01:13:22et oui bien entendu
01:13:24avec des rapports de force
01:13:26y compris des rapports
01:13:27de force diverses
01:13:29on parle de désopéissance physique
01:13:30il y a des choses aussi
01:13:31aujourd'hui nouvelles
01:13:32à inventer
01:13:33par rapport aux marques
01:13:33des entreprises
01:13:34ou des choses comme ça
01:13:35auxquelles elles sont très sensibles
01:13:36mais c'est toujours
01:13:37des questions de rapports
01:13:38de force
01:13:39on peut arriver
01:13:40à changer les choses
01:13:42et à modifier les choses
01:13:43alors Anne tu parlais
01:13:44de contraindre l'économie
01:13:45à changer
01:13:45donc si elle change
01:13:46peut-être qu'on va en sortir
01:13:47de ce capitalisme
01:13:48si ça change
01:13:49peut-être plus du capitalisme
01:13:50non parce qu'aujourd'hui
01:13:51le capitalisme
01:13:52c'est Bridgestone
01:13:53qui dit
01:13:54je mets la clé sous la porte
01:13:55il y a 1500 personnes dehors
01:13:56c'est la famille Muliaise
01:13:58qui met à l'Inéa
01:14:00un redressement judiciaire
01:14:01qui licencie les gens
01:14:02et qui rachète à l'Inéa
01:14:03enfin je veux dire
01:14:04voilà
01:14:04c'est quand même
01:14:05un capitalisme
01:14:06très débridé
01:14:07et très sauvage
01:14:08très prédateur
01:14:09donc effectivement
01:14:10on peut arriver
01:14:12à le contraindre
01:14:12à le changer
01:14:13mais je pense que
01:14:14il va falloir
01:14:14des rapports de force
01:14:16qui sont extrêmement importants
01:14:17et donc je vais chuter
01:14:18sur ta question
01:14:19sur
01:14:20aujourd'hui
01:14:21moi je rejoins
01:14:22ceux qui disent
01:14:24qu'il y a
01:14:24un transfert d'hégémonie
01:14:26un transfert de pouvoir
01:14:28entre l'État
01:14:29et l'entreprise
01:14:29et donc que l'entreprise
01:14:31elle a un rôle
01:14:32de plus en plus central
01:14:33et donc effectivement
01:14:34nous ça nous
01:14:35pose des questions
01:14:36particulières
01:14:37en tant qu'organisation
01:14:38syndicale
01:14:39en tant que représentant
01:14:40justement des salariés
01:14:41et c'est pas pour rien
01:14:43qu'à chaque fois
01:14:44qu'on se bat
01:14:45pour avoir des droits
01:14:45dans l'entreprise
01:14:46c'est un veto du patronat
01:14:47moi je me souviens
01:14:48de conférences sociales
01:14:49à l'époque
01:14:50c'était encore Gattaz
01:14:51où on demandait
01:14:53justement
01:14:53où on exigeait
01:14:54enfin dans la conférence
01:14:55des droits
01:14:56pour les salariés
01:14:57dans l'entreprise
01:14:58parce qu'effectivement
01:14:58qu'on soit citoyen
01:14:59à l'extérieur de l'entreprise
01:15:00c'est bien
01:15:00mais dans l'entreprise aussi
01:15:01on doit être citoyen
01:15:02la démocratie sociale
01:15:03ça doit jouer
01:15:04et là
01:15:05il monte quasiment
01:15:06sur la table
01:15:07oui que vous pourriez
01:15:08que vous pouviez
01:15:09parler des conditions
01:15:10voilà
01:15:11qu'on puisse être
01:15:12dans les CHSCT
01:15:13choses comme ça
01:15:13pourquoi pas
01:15:14mais stratégie des entreprises
01:15:15non
01:15:16c'est nous
01:15:16parce que c'est nous
01:15:17qui amenons l'argent
01:15:17donc l'entreprise
01:15:18elle est à nous
01:15:19donc effectivement
01:15:20le débat que tu poses
01:15:21il est extrêmement important
01:15:22qu'est-ce que c'est
01:15:23l'entreprise
01:15:24à qui elle appartient
01:15:26est-ce qu'elle appartient
01:15:27uniquement à celui
01:15:28qui apporte le capital
01:15:29ou est-ce qu'elle appartient
01:15:30aussi à ceux
01:15:30qui font le travail
01:15:31parce qu'une entreprise
01:15:32effectivement
01:15:32le dirigeant
01:15:33il dit c'est moi
01:15:33qui amène le capital
01:15:34oui d'accord
01:15:34mais sans travail
01:15:35elle ne ferait rien
01:15:36son entreprise
01:15:36sans les salariés
01:15:37elle ne ferait rien
01:15:38donc c'est un véritable débat
01:15:39mais je pense que là
01:15:40effectivement
01:15:40c'est une autre journée
01:15:42d'options
01:15:42et je crois d'ailleurs
01:15:43qu'il y a déjà eu
01:15:44un débat d'options
01:15:44une journée
01:15:45sur ces questions-là
01:15:46c'est-à-dire
01:15:46qu'est-ce que c'est
01:15:47que l'entreprise
01:15:47et comment justement
01:15:48on peut la transformer
01:15:49Sophie me fait oui
01:15:50de la tête
01:15:51mais je crois
01:15:51qu'il y a déjà eu
01:15:52toute une journée
01:15:52là-dessus d'options
01:15:53bien vu bien vu
01:15:54mais cent fois sur le métier
01:15:55remettez votre ouvrage
01:15:56la question reste posée
01:16:00ah non
01:16:03sans salarié
01:16:03l'entreprise n'est rien
01:16:04sans ressources naturelles
01:16:06l'entreprise n'est rien
01:16:08le premier fournisseur
01:16:09de l'entreprise
01:16:10c'est la nature
01:16:11et en plus
01:16:12il est gentiment gratuit
01:16:15donc
01:16:17je pense que
01:16:18c'est important
01:16:19qu'on voit
01:16:20qu'on ne paye pas
01:16:21aujourd'hui
01:16:23l'extraction des ressources
01:16:25etc.
01:16:26et le renouvellement
01:16:27des ressources
01:16:28on paye
01:16:29en gros
01:16:29on paye
01:16:30la façon de l'extraire
01:16:32et de l'acheminer
01:16:33d'accord
01:16:34donc qui paye
01:16:36pour
01:16:37ce qui va être renouvelé
01:16:39ce que la nature
01:16:40va faire ou pas
01:16:42naturellement
01:16:42donc oui
01:16:43c'est juste pour rebondir
01:16:45que le
01:16:45qu'est-ce que ça veut dire
01:16:46capitalisme
01:16:47avec
01:16:47on amène le capital
01:16:49oui mais ok
01:16:50quel capital
01:16:51donc revenons pas
01:16:52là-dessus
01:16:53mais c'est hyper important
01:16:54parce que
01:16:56je me rappellerai
01:16:57toujours un jour
01:16:57on avait fait
01:16:58il y a quelques années
01:16:59au CESE
01:16:59un avis sur
01:17:00l'avenir de l'automobile
01:17:01et je posais la question
01:17:03en disant
01:17:03comment anticipez-vous
01:17:05la raréfaction
01:17:05des ressources naturelles
01:17:06et un dirigeant
01:17:08d'une entreprise
01:17:09très connue
01:17:10me dit
01:17:11nos acheteurs
01:17:12négocient
01:17:13des contrats
01:17:15des très bons contrats
01:17:17très bien
01:17:18et quand
01:17:19il négocie
01:17:20des très bons contrats
01:17:21avec la nature
01:17:22face à la raréfaction
01:17:23des ressources
01:17:23je vous le passe
01:17:25en cours
01:17:25mais c'est pour vous dire
01:17:26la façon de réfléchir
01:17:28à comment on crée de la valeur
01:17:29et sur quoi
01:17:30on crée de la valeur
01:17:31donc ça c'est la création
01:17:32de valeur
01:17:32c'est vraiment important
01:17:33alors pour répondre
01:17:34à la désoéissance civile
01:17:35ou pour ne pas répondre
01:17:37moi je crois
01:17:38qu'aujourd'hui
01:17:38il y a effectivement
01:17:39plein de façons
01:17:41de toute manière
01:17:42d'agir
01:17:43et que les citoyens
01:17:44s'emparent de ces sujets
01:17:45et après
01:17:46on est plus ou moins proche
01:17:47là comme tout
01:17:48de chaque façon de faire
01:17:51mais regardez aujourd'hui
01:17:53par rapport au monde
01:17:54des entreprises
01:17:55moi j'ai été extrêmement
01:17:56intéressée
01:17:56par la montée
01:17:57des sujets liés
01:17:59par exemple
01:18:00une association
01:18:01comme Pour un réveil écologique
01:18:02ou autre
01:18:03qui s'organise
01:18:04en tant que futur
01:18:06futur salarié
01:18:08en disant
01:18:09nous on ne va pas
01:18:10aller travailler
01:18:11mettre notre valeur
01:18:13entre guillemets
01:18:14travail dans n'importe
01:18:15quelle entreprise
01:18:15donc on demande
01:18:16des exigences
01:18:17à ceux
01:18:18vers qui on va travailler
01:18:20alors c'est plus facile
01:18:21pour ceux qui sortent
01:18:23de certaines entreprises
01:18:23et donc ils ont créé
01:18:24un mouvement
01:18:25mais ça veut dire
01:18:25qu'ils créent
01:18:26un rapport de force
01:18:27en disant
01:18:28oui on veut bien
01:18:29venir travailler
01:18:30chez vous
01:18:30en tant qu'ingénieur
01:18:31mais nous on a
01:18:32des exigences
01:18:32donc ça c'est
01:18:34toutes les formes
01:18:35de mobilisation
01:18:36les mobilisations
01:18:37citoyennes
01:18:38que l'on voit
01:18:38dans la rue
01:18:40etc.
01:18:41qui sont
01:18:41et qui créent
01:18:42ces rapports de force
01:18:43donc c'est vraiment important
01:18:45et après
01:18:47la désobéissance civile
01:18:49c'est une des façons
01:18:50de faire du rapport
01:18:51de force
01:18:51mais en tout cas
01:18:53changer de mode
01:18:54de consommation
01:18:54j'allais dire
01:18:55que c'est une forme
01:18:55de désobéissance
01:18:57consommatrice
01:18:59sur l'indépendance
01:19:00des ONG
01:19:04pour jusqu'à présent
01:19:06et en tout cas
01:19:06si je veux parler
01:19:07de la mienne
01:19:11on a
01:19:11en travail
01:19:12on est financé
01:19:13par
01:19:15aussi des entreprises
01:19:16rien
01:19:17jamais ça ne nous a
01:19:18permis
01:19:19ça nous a
01:19:21évité
01:19:22de dire
01:19:22ce qu'on devait dire
01:19:23sur ces sujets
01:19:25et on a toujours
01:19:26fait des propositions
01:19:27on a toujours fait
01:19:28maintenant
01:19:29on est évidemment
01:19:29dans un système
01:19:30aujourd'hui
01:19:31les associations
01:19:32sont extrêmement fragilisées
01:19:34comme beaucoup
01:19:35comme des entreprises
01:19:37comme l'emploi
01:19:38mais les associations
01:19:39aussi sont fragilisées
01:19:40parce que
01:19:42évidemment
01:19:42les cotisations
01:19:43sont réduites
01:19:45et donc
01:19:45créer
01:19:46de la
01:19:47garder
01:19:48du rapport
01:19:49de force
01:19:49c'est extrêmement important
01:19:50et on doit garder
01:19:51ce rapport de force
01:19:53Fabienne
01:19:53assez rapidement
01:19:55parce qu'on me dit
01:19:565 minutes
01:19:57depuis déjà 4 minutes
01:19:58alors bon
01:19:58alors je vais faire rapide
01:20:00d'autant que la question
01:20:02elle reste encore une fois
01:20:03assez difficile
01:20:05moi je pense
01:20:07que la désobéissance civile
01:20:09elle est la bienvenue
01:20:10parce qu'on est
01:20:12dans des temps
01:20:12de confrontation
01:20:14vraiment très durs
01:20:15moi je trouve
01:20:17on a subi un virage
01:20:19dans la possibilité
01:20:22des salariés
01:20:22de s'exprimer
01:20:23ou même des citoyens
01:20:24d'intervenir
01:20:27avec les lois
01:20:28d'urgence
01:20:29etc
01:20:29c'est compliqué
01:20:30aujourd'hui
01:20:31ne serait-ce que
01:20:31de manifester
01:20:33normalement
01:20:33en France
01:20:34donc il faut trouver
01:20:35d'autres chemins
01:20:38et ça a l'avantage
01:20:39de marquer l'opinion publique
01:20:40et je pense aussi
01:20:41que ça a un effet
01:20:41d'entraînement
01:20:42sur la mentalité
01:20:45de ceux
01:20:45qui se rendent compte
01:20:47de ce qui se passe
01:20:47donc oui pour moi
01:20:48c'est très positif
01:20:51je citerai aussi
01:20:52le cas
01:20:53des lanceurs d'alerte
01:20:55qu'il ne faut pas oublier
01:20:56qui ont pris
01:20:57des risques terribles
01:20:59pour leur vie
01:21:00leur vie de famille
01:21:01mais qui sont
01:21:02d'une utilité sociale
01:21:03énorme
01:21:05y compris dans la fonction
01:21:06publique
01:21:07ils ne sont pas protégés
01:21:08ils sont
01:21:10on a des cas
01:21:11comme Anthony Smith
01:21:12qui lui
01:21:13ce n'est pas
01:21:13lanceur d'alerte
01:21:14mais simplement
01:21:15ce qu'il a voulu faire vivre
01:21:16son éthique professionnelle
01:21:17et faire son métier
01:21:17il s'est retrouvé
01:21:19sanctionné
01:21:20il y a Laura Fieffer
01:21:20qui est toujours
01:21:23susceptible
01:21:24qui n'est pas
01:21:25qui n'est pas reconnue
01:21:26pour le travail
01:21:27qu'elle a fait
01:21:28ça a juste valeur
01:21:29en plus
01:21:30donc il y a
01:21:31des choses
01:21:32toutes les formes
01:21:33de mobilisation
01:21:34sont à pousser
01:21:35à consolider
01:21:35je pense qu'on ne peut
01:21:36pas faire autrement
01:21:39et une dernière chose
01:21:41c'est au sujet
01:21:41de l'économie mondialisée
01:21:44sur
01:21:45je voulais prendre
01:21:45le cas de l'Europe
01:21:47l'Europe
01:21:48c'est un marché
01:21:49économique
01:21:50mais il y a aussi
01:21:51parfois des atouts
01:21:52à aller chercher
01:21:53en Europe
01:21:54et je vais donner
01:21:54juste un exemple
01:21:55on n'est pas sur les sujets
01:21:56de transition écologique
01:21:57mais plus de conditions
01:21:58de travail
01:22:01il y a des réglementations
01:22:02qui servent
01:22:03les salariés
01:22:03qu'ils soient du public
01:22:04ou du privé
01:22:05et parfois
01:22:06on oublie
01:22:06de s'en saisir
01:22:07je vais citer
01:22:08par exemple
01:22:09la directive
01:22:10sur le télétravail
01:22:12de 2002
01:22:13où chez nous
01:22:14dans notre ministère
01:22:14on essaye de s'en affranchir
01:22:16au détriment
01:22:17des salariés
01:22:17bon voilà
01:22:19il y a des choses
01:22:21il faut prendre
01:22:21des points d'appui
01:22:22et il faut lutter
01:22:23pour le reste
01:22:25Merci
01:22:26Merci
01:22:26Merci à toutes les trois
01:22:28de votre participation
01:22:29à cette seconde table ronde
01:22:31de ces rencontres
01:22:32d'options
01:22:33masquées
01:22:34et tout à fait
01:22:36originales
01:22:37on reprend
01:22:38à 14h
01:22:39et on aborde
01:22:40les questions
01:22:41du travail
01:22:42qui sont évidemment
01:22:43centrales
01:22:45on aura
01:22:45la participation
01:22:46de
01:22:47pour un réveil écologique
01:22:49dont on vient de parler
01:22:50une de ces associations
01:22:52qui sont
01:22:53parfaitement indépendantes
01:22:54voilà
01:22:55merci
01:22:56bon appétit
01:22:57et à tout à l'heure
01:22:58merci
01:23:00merci
01:23:00Merci.

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