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  • il y a 12 heures
La crise sanitaire inédite, liée à la pandémie du coronavirus, s’ajoute à présent aux crises sociales, économique et environnementale. L’épidémie a brutalement agi comme un révélateur.
Nos sociétés n’ont jamais été aussi riches et développées technologiquement, elles se sont pourtant retrouvées totalement démunies face à la crise sanitaire, contraintes de recourir à l’outil fruste et médiéval du confinement. Si la crise était impossible à prévoir, son ampleur par contre est le fruit de plusieurs décennies de libéralisation accompagnées de privatisation des services publics, d’austérité et de délocalisations de pans entiers de notre économie, à commencer par l’industrie du médicament.
La crise économique s’ajoutant à la crise sanitaire, les leçons semblent déjà oubliées. Comme en 2008, le capital profite de la crise pour imposer une stratégie du choc en utilisant le numérique pour ubériser l’économie et la société et prétexte de la crise économique pour enterrer toutes les normes sociales et environnementales.

Introduction réalisée par Valérie Gonçalvès, membre du bureau de l’Ugict-CGT.

Un débat animé par Marie-Noëlle Bertrand, journaliste à l’Humanité avec :
- Hervé Le Treut, membre de l’Académie des sciences, ancien membre du GIEC
Urgence climatique et environnementale, problématique de la biodiversité.
- Véronique Martin, secrétaire, confédérale de la CGT
Conséquences des politiques financières et court-termistes : état des lieux et pilotage du système sanitaire, des services publics, de l’outil industriel, de la recherche et de la filière médicale.
- Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC
Changer le système, pas le climat !



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Transcription
00:00:03Bonjour à tous qui êtes présents ici à la MGEN ou qui nous suivez depuis les
00:00:08YouTube de l'Humanité et d'Option. Bienvenue pour ces nouvelles rencontres d'Option consacrées
00:00:15à nos futures alternatives. Elle se passe pour la première fois exceptionnellement en collaboration
00:00:21avec le journal l'Humanité dont la rédaction dont je fais partie remercie vivement d'ailleurs
00:00:27option pour cette initiative. La journée qui va suivre se passe et se déroule dans le cadre de
00:00:34la fête de l'Humanité autrement. Vous savez que cette année pour cause de Covid la fête de l'Huma
00:00:38n'a pas pu se tenir comme d'habitude à la Courneuve. On a fait toute une série en revanche
00:00:43d'événements
00:00:44décentralisés, délocalisés, éparpillés sur toute la semaine qui ont pu être suivis par internet.
00:00:49Ces rencontres en font partie. Cette année Option a décidé, enfin pour cette édition Option a décidé de
00:00:58les consacrer aux enjeux environnementaux et sociaux. Comment peut-on combiner l'urgence
00:01:05climatique et l'urgence sociale ? Je passe tout de suite la parole à Valérie Concalves, secrétaire
00:01:11général de l'UGIC de CGT. La crise sanitaire inédite liée à la pandémie du coronavirus s'ajoute
00:01:21à présent aux crises sociales, économiques et environnementales. L'épidémie a brutalement agi
00:01:27comme un révélateur. Nos sociétés n'ont jamais été aussi riches et développées technologiquement.
00:01:32Elles se sont pourtant retrouvées totalement démunies face à la crise sanitaire. Cette dernière donne à voir
00:01:38l'échec du mode de développement capitaliste fondé sur l'exploitation des êtres humains et de la
00:01:43nature. Le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité tel qu'étudié par les milieux
00:01:49scientifiques frappe d'ores et déjà les populations dans le monde entier et fait courir un risque
00:01:53immense à l'humanité entière à court terme avec de graves menaces sur l'avenir même de l'espèce
00:01:59humaine. Malgré l'accord de Paris adopté en 2015, fixant comme objectif de limiter à 2 degrés,
00:02:05voire 1,5 degrés d'ici 2100, la hausse planétaire des températures, les émissions de
00:02:10CO2 repartent à la hausse. Et ce, même avec l'arrêt historique de l'activité économique mondiale
00:02:17due au Covid, alerte l'ONU dans un rapport publié il y a quelques jours.
00:02:22Notre planète est bien partie pour connaître ces cinq années les plus chaudes jamais enregistrées.
00:02:26Il est plus que nécessaire de réagir et d'apporter d'autres réponses. Consciente de ces enjeux,
00:02:32l'UGICT CGT a fait de la question environnementale une priorité de congrès considérant que seul
00:02:38l'engagement du syndicalisme pouvait permettre de lier progrès environnement et progrès social.
00:02:43Les ingénieurs-cadres et professions intermédiaires sont particulièrement sensibilisés à cette
00:02:47thématique dans leur vie quotidienne, mais bien souvent, malgré leurs responsabilités,
00:02:52leurs qualifications et leur place dans les processus de production, ils et elles n'ont pas
00:02:57les moyens de faire évoluer leur travail et leur entreprise pour limiter son impact environnemental.
00:03:03Leur capacité d'action se limite donc pour l'essentiel au choix de consommation au
00:03:07détriment du sens de leur travail.
00:03:09L'UGICT constate que les questions environnementales sont trop souvent maltraitées par les entreprises
00:03:14dans des logiques de greenwashing ou de culpabilisation des salariés sur l'empreinte
00:03:18environnementale quotidienne de leurs gestes de production.
00:03:22Le marketing des bonnes intentions et les injonctions aux salariés ne font pas une politique
00:03:26de transformation environnementale.
00:03:28Nous pensons au contraire que l'engagement professionnel des salariés est une ressource
00:03:33pour envisager ce développement durable et aider à une transformation de l'outil de
00:03:37production au service du progrès social et environnemental pour sécuriser l'emploi
00:03:42et lui donner tout son sens, en maîtriser son contenu, son organisation et sa finalité.
00:03:47Nous souhaitons donc que les salariés et leurs représentants puissent s'investir dans
00:03:51ces enjeux environnementaux et peser sur les choix et les pratiques de leur entreprise
00:03:56en la matière. Celles et ceux qui travaillent doivent être entendus à partir de ce qu'ils
00:04:00créent. Nous pensons qu'il y a urgence à opérer une rupture avec le modèle économique
00:04:05basé sur les logiques d'austérité et de rentabilité financière pour en construire
00:04:09un autre basé sur le respect de la nature et l'homme, un monde de justice sociale et
00:04:13solidaire. Bâtir une société de demain dans laquelle l'État joue tout son rôle,
00:04:18de relocaliser notre industrie pour retrouver une maîtrise des grands secteurs stratégiques du
00:04:23pays et notre souveraineté économique, avoir des services publics renforcés et une vie
00:04:29démocratique rénovée avec de nouveaux pouvoirs pour tous les salariés. N'est-ce pas à l'État
00:04:34de définir comment sont produites les richesses et comment elles sont redistribuées, de planifier
00:04:39son économie, de fixer des critères sur l'utilisation de l'argent public et sur le rôle
00:04:44des banques ? Il est indispensable de lier urgence climatique et urgence sociale avec la création
00:04:49de millions d'emplois. Aujourd'hui, c'est loin d'être gagné. Pour preuve, le plan de relance
00:04:55du gouvernement n'acte aucune rupture avec l'orientation économique et sociale du monde
00:04:58d'avant. Alors que la pandémie est venue démontrer des failles qui résultent des politiques de
00:05:03sous-investissement en matière de recherche, la loi pluriannuelle de la recherche actuellement
00:05:08en discussion au Parlement manque d'ambition puisqu'elle reporte un objectif de 3 % d'efforts
00:05:12nationales de recherche que la France s'était fixées en 2010 à atteindre en 2030, voire
00:05:18plus. Nos différentes tables rondes de la journée devraient nous permettre de débattre
00:05:23et d'éclairer sur comment faire concilier enjeux sociaux, environnementaux et économiques,
00:05:28quel modèle de développement soutenable pour la planète, comment transformer notre outil
00:05:32de production, comment gagner concrètement des transformations en dehors du greenwatching
00:05:37et des grands discours sans lendemain. Je nous souhaite donc de bons et fructueux
00:05:42travaux. Je vous remercie.
00:05:45Merci Valérie. Tu le disais, donc, une des questions qui se posent, la crise qui vient
00:05:50de se passer a démontré toutes les failles d'un système marchand, économique, social
00:05:55qui nous pousse dans le mur. Comment on en sort ? Comment on construit un futur qui concilie
00:06:02les enjeux économiques, sociaux et environnementaux ? C'est le débat qu'on va tout de suite
00:06:07avoir à présent. A mes côtés, Hervé Le Treutte, climatologue, vous avez participé,
00:06:14vous êtes membre de l'Académie des sciences et vous avez participé à la rédaction de
00:06:17nombreux rapports du GIEC, donc du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution
00:06:22du climat. Aurélie Trouvé, vous êtes porte-parole d'attaque. Véronique Martin, vous êtes secrétaire
00:06:29confédérale chargée des questions environnementales et climatiques. On démarre. Alors je reprécise
00:06:36à la fois pour vous qui êtes dans la salle et puis pour ceux qui nous suivent par YouTube
00:06:42que vous pouvez intervenir dans cette discussion, poser des questions, faire des remarques via
00:06:47le groupe WhatsApp de ces rencontres. Si vous avez eu l'invitation entre les mains, vous pouvez
00:06:56flasher le code barre qui est à l'arrière de cette invitation et vous aurez directement
00:07:01accès au groupe WhatsApp au fur et à mesure de la discussion. On essaiera d'intégrer au mieux
00:07:08vos remarques. Hervé, on démarre avec vous cet entretien. On a vu que cet été encore,
00:07:15les éléments météorologiques extrêmes, que ce soit les vagues de chaleur, les incendies,
00:07:21enfin leurs effets, les incendies. Maintenant, les ouragans se sont multipliés. Des chercheurs
00:07:27ont sonné l'alerte à un moment donné de l'été concernant la fonte des glaces de
00:07:32l'Arctique qui aurait atteint son point de nos retours. On voit que le tableau est plutôt
00:07:37des plus noirs. Est-ce qu'on est vraiment... A quelle étape on en est du réchauffement
00:07:43climatique ? Est-ce qu'on a vraiment atteint un point de nos retours ? Est-ce qu'on a
00:07:47perdu la bataille ?
00:07:50Je crois que ça dépend des objectifs que l'on veut se fixer. On est effectivement face
00:07:55à une situation qui est une situation évolutive et qui est une situation évolutive depuis
00:08:00assez longtemps aujourd'hui et qui est irréversible aussi depuis assez longtemps.
00:08:07Les premières anticipations de ce qui pouvait se passer ont été faites sur la base de modèles.
00:08:12Donc on émet des gaz à effet de serre. Ces gaz à effet de serre, on ne les voit pas.
00:08:15Ils sont intransparents. Ils font une sorte de bulle autour de la planète Terre qui l'empêche
00:08:20de se refroidir. Et c'est des choses qui ont été calculées dès les années 70 à peu
00:08:25près. Donc à l'époque, c'était émergent comme problème. C'était quelque chose qui
00:08:30était relativement limité en termes d'amplitude. Il a fallu attendre de voir pour croire
00:08:36quand même pour qu'une grosse partie, dans beaucoup de milieux, accepte le diagnostic
00:08:42de la science qui était un diagnostic dérangeant parce que tout ce qui était lié aux problèmes
00:08:49environnementaux à cette époque, c'était surtout effectivement des enjeux qui étaient
00:08:53liés à comment nourrir la planète. Des choses assez différentes de ce qu'a apporté cette
00:08:59révélation du fait qu'on émet des gaz à effet de serre. Ces gaz à effet de serre vont
00:09:02créer une problématique nouvelle et dangereuse pour la planète. Alors oui, aujourd'hui,
00:09:09on est en train de suivre une trajectoire qui finalement ne s'est pas beaucoup éloignée
00:09:14de ce qu'on avait anticipé il y a quelques années. Sauf qu'on a mis aujourd'hui beaucoup
00:09:20de gaz à effet de serre dans l'atmosphère et qu'on crée un phénomène qui est de plus
00:09:24en plus impossible à renverser. Parce que ces gaz se stockent dans l'atmosphère.
00:09:29Donc quand on met le CO2 par exemple, on parle d'un temps de demi-vie, c'est-à-dire
00:09:33que le CO2 qu'on met à un moment donné dans l'atmosphère reste pour moitié, est
00:09:39encore présent pour moitié au bout de 100 ans. Donc j'ai un père qui vient d'avoir
00:09:4490 ans, le CO2 qui était mis dans le jour de sa naissance est pour plus de la moitié
00:09:50encore actif, présent. Alors c'est une simplification un peu, ce ne sont pas les mêmes molécules,
00:09:55mais c'est les ordres de grandeur auxquelles on est confronté. Donc il n'y a pas moyen
00:09:59d'effacer ce qui se passe. Aujourd'hui, depuis le sommet de la terre de Rio jusqu'à
00:10:06maintenant, il y a plus de 30 ans, ces 30 années-là ont été des années où on a continué
00:10:10d'émettre des gaz à effet de serre de manière croissante. Dans les années 60, on émettait
00:10:1710 milliards de tonnes de CO2. Aujourd'hui, on en a mis 14 milliards. Pas 14, 40 milliards.
00:10:2640 milliards. Donc en fait, on est sur une accélération des choses. Et c'est vrai que
00:10:31l'accord de Paris a mis des règles et ces règles ne sont pas respectées. Aujourd'hui, il n'y
00:10:38a pas
00:10:38d'efforts suffisants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors je crois qu'on n'est
00:10:44pas sur…
00:10:45Le point de non-retour, il est constant. Ce n'est pas quelque chose qui est nouveau. Ce n'est
00:10:49pas quelque chose…
00:10:49C'est qu'effectivement, on est face à une situation qu'on n'a jamais su enrayer. On a fait
00:10:54une alerte claire
00:10:56sur les problèmes. Elle a été acceptée par beaucoup d'infrastructures. On a créé l'accord cadre des Nations unies
00:11:11sur le changement climatique. On a créé les COP. On a créé une mobilisation quand même qui s'est fortement
00:11:17renforcée au fil des années. Mais on est dans une difficulté qui est qu'en fait, les gaz à effet
00:11:24de serre,
00:11:26ils restent longtemps dans l'atmosphère, ils se mélangent, ils viennent de partout. Donc aujourd'hui,
00:11:31ici, on a au-dessus de nos têtes des gaz à effet de serre qui viennent de Chine, qui viennent
00:11:36des États-Unis.
00:11:36Donc c'est une situation qui n'est pas facile à prendre en compte. Je crois que ce qui est
00:11:45important,
00:11:45c'est de voir que le champ des possibles est en train de changer. Le champ des possibles, il y
00:11:52a quelques
00:11:53années, on pensait qu'effectivement, on était face à un problème qui était un problème scientifique
00:11:57au sens des sciences dures, qu'on pouvait le résoudre sous cette forme-là avec des méthodes un petit peu
00:12:02simples. Aujourd'hui, on est face à un problème qui est un problème scientifique sur les sciences dures,
00:12:08qui est un problème lié à la biodiversité, qui est un problème lié à la société. Pourquoi ? Parce que,
00:12:12simplement, on a atteint des niveaux qui sont irréversibles. Qu'est-ce qu'il faudrait faire
00:12:18pour rester sous les 1,5 degrés de réchauffement ? Il faudrait, d'ici 2050, avoir atteint la neutralité carbone.
00:12:28La neutralité carbone, comme on ne sait pas vraiment, pour le moment, créer le puits de carbone important,
00:12:32ça veut dire zéro émission, par exemple, de CO2. Zéro émission de CO2 en 2050, à l'échelle mondiale,
00:12:38ça veut dire qu'à l'échelle mondiale, en un peu moins de 30 ans, on n'aura plus de
00:12:42voitures,
00:12:43on n'aura plus d'utilisation. Donc, le champ dans lequel on peut choisir ce que l'on fait,
00:12:51c'est restreint, beaucoup. Et je pense qu'effectivement, ça pose un problème vis-à-vis des autres
00:12:55contraintes, les contraintes sociales, les contraintes… On est obligé d'arbitrer aujourd'hui.
00:13:00On ne peut pas tout faire à la fois. Et donc, je crois que c'est vraiment cette réflexion-là
00:13:04qu'on a du mal à avoir aujourd'hui. Comment, dans un système qui a évolué,
00:13:08à un niveau où on ne peut plus tout faire ? Et on peut essayer, on peut dire,
00:13:13mais la parole ne suffira pas. Face à un système où on ne peut plus tout faire,
00:13:19comment est-ce qu'on arbitre les choses ? Donc, je crois qu'après, quelle est la situation ?
00:13:24C'est une situation évolutive. On est dans une situation où le réchauffement
00:13:27va croître aujourd'hui. Pour le moment, on n'est pas en situation de l'arrêter,
00:13:31effectivement. Et ce qu'on voit chaque année, qui est un petit peu plus grave,
00:13:35va continuer à être un peu plus grave chaque année. Les 20 prochaines années sont écrites
00:13:39par les gaz à effet de serre qu'on a déjà émis.
00:13:41On a encore des possibilités d'empêcher l'emballement climatique.
00:13:47La difficulté d'atteindre les 1,5 degré, vous vous souvenez que c'est un de ces objectifs
00:13:53qui est fixé par l'accord de Paris, maintenir les émissions de gaz à effet…
00:13:59Enfin, le réchauffement à moins de 2 degrés, si possible à 1,5 degré,
00:14:02parce qu'on sait qu'au-delà, les impacts sur toute une série de régions du monde
00:14:07et de sociétés vont être très fortes. Est-ce qu'il nous reste quand même
00:14:12une possibilité d'empêcher qu'on aille bien au-delà ?
00:14:16Je pense que c'est très difficile d'imaginer aujourd'hui qu'on va effectivement tenir
00:14:23sans une mutation considérable, qui sera nécessairement sociale,
00:14:28qui aura nécessairement un coût, qui ira au-delà des problèmes strictement climatiques,
00:14:35parce que ça représente quelque chose d'énorme.
00:14:39D'imaginer que tous les ressorts, en moins de 30 ans,
00:14:44tous les ressorts sur lesquels on vit à l'échelle planétaire
00:14:47puissent être modifiés de cette manière-là.
00:14:48Ça, c'est pour tenir 1,5 degré.
00:14:50Et pour tenir 2 degrés, on a un peu plus de temps devant nous.
00:14:54Mais ça reste aussi très difficile.
00:14:56Donc je crois qu'il faut se poser la question, effectivement, fortement,
00:15:00de à quoi on tient.
00:15:02Alors, c'est très difficile parce que la pire des choses,
00:15:05ce serait de se désarmer, en fait.
00:15:10De dire, voilà, c'est difficile, donc on abandonne.
00:15:14C'est aussi, les deux, il faut les lier très fortement.
00:15:17Comment diminuer les émissions de gaz à effet de serre ?
00:15:19Mais comment concevoir une manière de vivre, malgré tout,
00:15:24dans une situation qui est celle qui existe ?
00:15:27On doit se protéger de ce qui va se produire dans les années qui viennent.
00:15:30On va poursuivre sur, justement, ces arbitrages qui vont devoir être faits.
00:15:36Véronique Martin, avant ça, cette crise, on l'a dit,
00:15:41elle a fragilisé toutes nos institutions.
00:15:45Les hôpitaux se sont retrouvés débordés.
00:15:49Les services publics, parfois en mal de répondre complètement
00:15:53aux besoins de la population.
00:15:54Qu'est-ce qu'elle révèle ?
00:15:57Et de quoi elle est le fruit, précisément, cette crise, au final ?
00:16:01– Oui, effectivement, cette crise, et Valérie l'a dit
00:16:05dans son propos introductif à cette journée,
00:16:09elle a vraiment démontré l'échec du modèle capitaliste,
00:16:14qui est principalement basé sur l'exploitation de l'humain et de la planète.
00:16:19Et effectivement, quand on prend le secteur de la santé dans sa globalité,
00:16:26les personnels sont en lutte quand même depuis plusieurs mois
00:16:30pour exiger non seulement des revalorisations salariales,
00:16:35puisque les personnels de santé en France font partie des moins bien payés
00:16:41et ont des salaires parmi les plus bas d'Europe,
00:16:44mais aussi et surtout, ils exigent des moyens pour pouvoir travailler correctement
00:16:50et notamment des moyens, notamment par la création de postes supplémentaires.
00:16:55Et au niveau de la CGT, on estime qu'il faudrait,
00:16:59dans le secteur de la santé, et pas de compris, hôpitaux,
00:17:03enfin tout le secteur de la santé, il nous faudrait 300 000 embauches
00:17:07pour pouvoir assurer correctement les besoins du secteur
00:17:14et que les gens soient pris en charge et soignés correctement.
00:17:17Et là, on est quand même très loin de ce qui ressort du fameux Ségur de la santé
00:17:23avec l'annonce de 15 000 embauches.
00:17:27Mais au-delà des embauches, c'est avant tout un changement complet de paradigme
00:17:37en termes de gestion de la santé dans le pays.
00:17:40Il faut qu'on revienne sur les différents plans
00:17:43qui ont été présentés par les gouvernements successifs
00:17:47et qui ont conduit à ce qu'aujourd'hui,
00:17:50chaque établissement hospitalier soit considéré comme une entreprise
00:17:53avec une obligation d'équilibre financier,
00:17:58ce qui fait que, pour équilibrer financièrement,
00:18:01on ferme les services les moins rentables,
00:18:05on fusionne avec d'autres structures
00:18:08et au final, on contraint une grande majorité de la population
00:18:14à faire plusieurs dizaines de kilomètres pour pouvoir se soigner.
00:18:17Et bien souvent, ces kilomètres-là, ils les font avec leur voiture personnelle
00:18:21puisque les transports collectifs,
00:18:23qu'ils soient ferroviaires ou routiers,
00:18:25ne sont pas forcément au rendez-vous.
00:18:28Donc on a vraiment besoin d'un changement radical de politique
00:18:36en matière de santé
00:18:37et que la santé ne soit plus considérée comme un produit marchand,
00:18:42mais comme un véritable service public
00:18:46au service de la population et de la nation.
00:18:49Et ce qui est aujourd'hui applicable à la santé,
00:18:53il est applicable à l'ensemble des services publics.
00:18:55Et on a pu voir dans la dernière période,
00:18:59aujourd'hui, tous les services publics sont soumis
00:19:01aux mêmes pressions de rentabilité, de productivité, d'équilibre,
00:19:07sans se soucier de la réponse aux besoins des populations.
00:19:13– Et ce qu'a révélé aussi la crise sanitaire et la crise sociale
00:19:20à laquelle on est confrontés,
00:19:24c'est qu'on a vu toutes les conséquences des délocalisations
00:19:27qui se sont opérées ces dernières années,
00:19:30la désindustrialisation du pays,
00:19:33plus particulièrement l'industrie pharmaceutique.
00:19:37Alors je ne vais pas trop développer sur le sujet
00:19:38puisque ça va être abordé dans une autre table ronde,
00:19:41mais deux éléments chiffrés.
00:19:44Aujourd'hui, 40% des médicaments qui sont vendus en Europe,
00:19:4880% des principes actifs qui sont utilisés dans les médicaments
00:19:54sont fabriqués hors d'Europe.
00:19:56Alors je ne me rappelle même pas si on prend le pourcentage
00:19:59au niveau de la France.
00:20:01– Inclus certaines problématiques, le Doliprane,
00:20:03on a vu qu'à un moment donné,
00:20:04on a failli manquer de Doliprane, un des médicaments…
00:20:06– Mais oui, parce que le principe actif,
00:20:09principalement, ils se sont fabriqués en Inde et en Chine.
00:20:11Donc quand on ferme les frontières,
00:20:13évidemment, on a une problématique d'approvisionnement derrière.
00:20:18Et des exemples comme ça, on en a des dizaines.
00:20:23Le sujet des masques pendant la crise sanitaire,
00:20:25qui était un véritable scandale,
00:20:28enfin, ce qu'il faut dire, c'est que jusqu'en 2018, en France,
00:20:31on avait une usine, Honeywell, en Bretagne,
00:20:33qui fabriquait plus de 200 millions de masques par an.
00:20:37Sauf que pour des questions de rentabilité,
00:20:39le groupe propriétaire de cette usine a fermé l'usine,
00:20:42a transféré la fabrication en Tunisie.
00:20:45Et alors que si l'usine était restée ouverte,
00:20:48à une fabrication à 200 millions de masques par an,
00:20:51je pense qu'on n'aurait pas été autant en pénurie
00:20:53qu'on l'a été pendant, durant cette crise sanitaire.
00:21:00On a aussi un exemple, on le met beaucoup en exergue au niveau de la CGT,
00:21:04mais parce qu'il est très criant.
00:21:06L'usine Luxfer à Gerza, dans le Puy-de-Dôme,
00:21:09qui est fermée depuis un an,
00:21:10c'est une usine qui fabrique des réservoirs,
00:21:14qui sont notamment utilisés pour les bouteilles d'oxygène à usage médical.
00:21:19Cette usine a fermé au printemps 2019,
00:21:22c'était la dernière usine de fabrication de ce type en Europe.
00:21:28Donc voilà, on bataille depuis un an pour gagner sa réouverture.
00:21:37Ce matin, j'ai écouté un entretien sur France Inter
00:21:43avec un directeur de laboratoire,
00:21:45et la journaliste l'interrogeait en disant,
00:21:47mais comment ça se fait, les queues devant les laboratoires,
00:21:51comment ça se fait qu'il faut attendre 7, 8, 10 jours
00:21:55pour avoir les résultats des analyses ?
00:21:59Est-ce que vous manquez de tests ?
00:22:01Est-ce que vous manquez de produits réactifs ?
00:22:04Et le directeur du laboratoire a dit non,
00:22:06les tests on en a, les produits réactifs on en a,
00:22:08ce qui nous manque c'est les machines pour analyser et pour faire tourner les…
00:22:16Et il dit, mais la problématique c'est que ces machines-là,
00:22:18on n'en fabrique pas en France.
00:22:20Il faut aller les commander en Allemagne, aux États-Unis ou en Asie.
00:22:24Et comme tout le monde a besoin de machines pour assurer les résultats,
00:22:29ils ont énormément de difficultés à se procurer ces machines.
00:22:34Donc effectivement, la crise sanitaire a été le révélateur des politiques d'austérité
00:22:43qui sont en place depuis des dizaines d'années.
00:22:46Et dans la CGT, on pense que si la France avait conservé la maîtrise
00:22:51de sa production industrielle, pharmaceutique et autres,
00:22:55et donc si on n'avait pas dépendu systématiquement de pays étrangers,
00:23:00notamment pour des productions qui sont, au somme toute, essentielles à la vie du pays,
00:23:05il y a fort à parier que la gestion de la crise
00:23:08et l'incidence de la crise sanitaire ont été beaucoup moins importants
00:23:15que ce qui l'a été.
00:23:17Merci.
00:23:19Aurélie Trouvé, ça fait longtemps, des années, qu'attaque, bataille,
00:23:24pour changer le système, pas le climat,
00:23:26c'est toujours un de vos mots d'ordre phares.
00:23:30En quoi la crise qu'on est en train de traverser
00:23:35met-elle en évidence les liens qui existent justement
00:23:38entre les pressions qui sont exercées par le système sur les hommes et sur les femmes
00:23:43et celles qui sont exercées sur la nature
00:23:46et ce lien justement entre système et climat ?
00:23:49Je pense que comme beaucoup d'autres organisations syndicales, associatives,
00:23:55la réaction qu'on a eue face à cette crise,
00:23:58c'est effectivement de montrer que ce n'est pas seulement une crise sanitaire,
00:24:00c'est une crise sociale, économique, c'est surtout une crise du système.
00:24:03C'est-à-dire que ce système capitaliste, dans ses composantes
00:24:07à la fois néolibérales et productivistes,
00:24:09mais aussi dans les rapports de domination, je vais en reparler,
00:24:12qui l'exacerbent, ce système est en crise
00:24:15et la crise sanitaire a été à la fois engendrée,
00:24:20mais surtout aggravée par ce système capitaliste.
00:24:22C'est tout à fait ce que tu dis.
00:24:26D'abord, je vais passer rapidement là-dessus
00:24:29parce que je ne suis moi-même pas biologiste ou épidémiologiste,
00:24:32mais il y a eu quand même beaucoup de travaux ces derniers mois
00:24:35qui montrent quand même, en tout cas d'écrites scientifiques,
00:24:38qui montrent le rôle probable en tout cas de la déforestation,
00:24:41de la crise de la biodiversité dans l'apparition,
00:24:44la propagation de ce type de virus, ça c'est une première chose.
00:24:48Et puis par ailleurs, les pollutions, les crises de pollution,
00:24:54parce qu'on parle de crise du climat, de crise de la biodiversité,
00:24:56mais il y a aussi une crise de pollution massive des milieux,
00:25:00de l'eau, de l'air, des aliments, des produits qu'on manipule tous les jours.
00:25:05En l'occurrence, là aussi, ça a aggravé la crise sanitaire,
00:25:07ne serait-ce que le fait qu'il y ait des maladies chroniques,
00:25:10liées notamment à la pollution, je pense au cancer, aux maladies neurologiques,
00:25:13etc., qui font que les personnes ont été d'autant plus vulnérables vis-à-vis du Covid,
00:25:19de la Covid, et voilà, il y a par exemple le réseau santé-environnement
00:25:24qui fait un travail formidable là-dessus,
00:25:26et qui montre en quoi ces maladies chroniques ont aggravé la vulnérabilité des personnes
00:25:31par rapport au virus, mais aussi le rôle propagateur,
00:25:37par exemple des particules fines, liées aux pollutions,
00:25:40qui sont aussi, en tout cas, il y a eu plusieurs écrits scientifiques,
00:25:45qui montrent le rôle probable d'accélération de la propagation du virus
00:25:48par le biais de ces particules, donc il y a d'abord une dimension,
00:25:53enfin, il y a vraiment le productivisme est en cause également
00:25:56dans l'aggravation, au moins l'aggravation de cette crise.
00:26:00Tu as parlé aussi du volet, je dirais plutôt néolibéral,
00:26:03au sens où effectivement le manque flagrant de services publics,
00:26:09alors dans les pays dits développés, mais surtout, et en particulier dans les pays pauvres,
00:26:17ont évidemment été dramatiques du point de vue de la santé,
00:26:21alors tu as parlé des services publics de la santé, de la dépendance,
00:26:25je crois que ça c'est très important, des transports par exemple,
00:26:28puisqu'on voit à quel point le fait d'avoir des services de transports publics inadéquats,
00:26:32ou y compris dans un pays comme la France, voilà,
00:26:36fait qu'aujourd'hui c'est aussi un vecteur de propagation énorme,
00:26:41puis je voudrais parler aussi de la question de la solidarité internationale,
00:26:44ça montre aussi à quel point notre système de solidarité internationale,
00:26:47le manque flagrant d'organisation de solidarité internationale effective,
00:26:54amène aussi à laisser certains pays, certaines régions,
00:26:57dans une situation également dramatique,
00:26:59et puis je dirais quand on prend la France,
00:27:01le poids des fractures sociales déjà existantes,
00:27:04il y a par exemple des travaux qui sont sortis sur pourquoi le 93,
00:27:07le 93 a été aussi touché,
00:27:10bon c'est lié évidemment à la précarité,
00:27:15voilà, et puis pour finir je dirais,
00:27:18voilà, alors tu as parlé aussi de la mondialisation,
00:27:20le fait qu'il y ait des flux hyper tendus
00:27:25de marchandises mondialisées,
00:27:27qui fait qu'on dépend de manière,
00:27:28par ailleurs qu'on dépend de manière dramatique là aussi,
00:27:32vis-à-vis de certains pays pour les produits de première nécessité,
00:27:35mais aussi qu'on est incapable aujourd'hui de planifier,
00:27:38de s'y adapter,
00:27:40et par ailleurs je dirais,
00:27:42pour moi la défaillance extrêmement grave de l'État,
00:27:45et en particulier de l'État,
00:27:46là je parle de l'État français en particulier,
00:27:49quand on voit aujourd'hui,
00:27:50alors pour le coup moi je l'ai vu,
00:27:52voilà je peux parler de mon expérience en tant que parent d'élève,
00:27:57c'est-à-dire que quand on a un cas contact,
00:27:59quand on a une classe avec un élève qui est cas Covid,
00:28:06quand il faut, enfin je veux dire,
00:28:08plein de parents n'ont pas pu faire le test,
00:28:10il faut 7 jours au moins pour avoir le résultat du test,
00:28:13dans les écoles du 93 en tout cas,
00:28:15je peux vous dire qu'il n'y a pas de dotation pour le gel,
00:28:19il n'y a pas de savon, ou très peu, trop peu,
00:28:22pas de serviettes, enfin on en est là,
00:28:24donc évidemment qu'on arrive à des situations aujourd'hui
00:28:27qui sont, alors j'espère qu'elles vont apparaître scandaleuses,
00:28:33et bon voilà, il faudra voir aussi
00:28:35comment cette colère peut s'exprimer de manière constructive
00:28:37pour aussi remettre en cause ce système,
00:28:41et je finirai juste sur une idée aussi,
00:28:42c'est la question des rapports de domination
00:28:45exacerbés par ce système capitaliste,
00:28:47et je pense en particulier au rapport de domination patriarcale,
00:28:49parce que les femmes ont été en particulier
00:28:54victimes de cette pandémie,
00:28:57d'abord du point de vue sanitaire,
00:28:59parce qu'elles sont souvent les premières de corvée,
00:29:02parce qu'aussi, au niveau,
00:29:04enfin on a eu une recrudescence des violences sexuelles et sexistes,
00:29:07parce qu'on a eu aussi au sein des foyers
00:29:12une exacerbation des tâches domestiques,
00:29:15voilà, et ça a révélé aussi ces rapports de domination patriarcale,
00:29:18sans doute davantage, voilà, et face à ça,
00:29:21je dirais, un gouvernement qui,
00:29:24plutôt que de vouloir, évidemment,
00:29:26s'attaquer, se changer le système,
00:29:28bon, en fait, j'y reviendrai plus tard,
00:29:31parce que je vais m'arrêter là,
00:29:32mais est en fait dans une stratégie du choc,
00:29:34c'est-à-dire qu'au contraire,
00:29:35il est parti, de mon point de vue,
00:29:38dans une optique de se saisir de la crise,
00:29:41de profiter de cette crise, entre guillemets,
00:29:43pour approfondir, au contraire,
00:29:45les composantes néolibérales, productivistes,
00:29:47et les rapports de domination
00:29:48qui sont associés à ce système capitaliste.
00:29:51– Alors, non, c'était bon,
00:29:54je ne vais pas dire jamais.
00:29:55– Mais effectivement, on va y venir,
00:29:57à comment on fait face aujourd'hui,
00:30:00comment on reconstruit autrement
00:30:01que ce que cherche à imposer le gouvernement,
00:30:05notamment par son plan de relance,
00:30:08on y viendra, mais j'imagine qu'il ne va pas
00:30:10dans le sens que vous aimeriez imposer.
00:30:14Avant ça, sur les possibilités, justement,
00:30:17de construction et de co-construction
00:30:20environnementale et sociale.
00:30:22Hervé, je reviens vers vous,
00:30:24vous le disiez, contenir le réchauffement
00:30:26à 2 degrés ou à 1,5 degrés,
00:30:28ça nécessite de réduire drastiquement,
00:30:31ça nécessiterait en tout cas de réduire drastiquement
00:30:33les émissions de gaz à effet de serre,
00:30:35donc de revoir complètement nos modes de production,
00:30:38d'envisager une transition très forte,
00:30:40notamment de notre industrie,
00:30:42ça peut se faire, le risque est réel
00:30:47que ça vienne en confrontation
00:30:48avec toute une série d'enjeux sociaux,
00:30:50que ça puisse se faire au détriment
00:30:52de l'emploi, j'ai des questions,
00:30:58premièrement, de façon un peu provo,
00:30:59est-ce que ça en vaut la peine ?
00:31:00Qu'est-ce qui se passe si on dépasse ces 2 degrés,
00:31:02si on ne tient pas ces 2 degrés ?
00:31:03Est-ce que tout ça en vaut la peine ?
00:31:06Et puis, est-ce que c'est fatal, au final,
00:31:10de mettre, que les 2 enjeux soient mis en opposition,
00:31:14en fait, d'avoir à créer un conflit
00:31:17entre emploi et climat ?
00:31:21– C'est une question très difficile,
00:31:24et que la science, moi je me présente ici
00:31:26comme scientifique, n'est pas vraiment capable d'arbitrer,
00:31:30c'est-à-dire qu'on a besoin d'aller au-delà
00:31:31d'une réflexion strictement scientifique,
00:31:34si on veut arbitrer ces choses-là,
00:31:36et jusqu'à présent, moi je connais assez peu de travaux,
00:31:39même en marge de la science,
00:31:42qui a regardé ça avec, disons, le sérieux,
00:31:48qui est nécessaire,
00:31:51parce qu'on est face à des problèmes
00:31:52qui sont des problèmes vraiment difficiles.
00:31:55D'abord, il y a une dimension mondiale
00:31:58du problème climatique,
00:32:00cette dimension mondiale, on n'y échappe pas,
00:32:02comme je l'ai dit tout à l'heure, les gaz sont mélangés,
00:32:06on a des gaz qui restent un siècle dans l'atmosphère,
00:32:09et qui sont mélangés en quelques années,
00:32:12donc on est face à un problème qui a une dimension mondiale,
00:32:15et on est face à un problème
00:32:17qui a une dimension aussi environnementale,
00:32:23qui est réelle, qui se manifeste.
00:32:27Je crois qu'on oublie très fortement,
00:32:28aujourd'hui, le fait que la planète va nous dire
00:32:31ce qui va se passer,
00:32:32c'est-à-dire qu'on a émis des gaz d'effet de serre,
00:32:34ils sont là, le réchauffement va continuer,
00:32:36donc on a des sécheresses,
00:32:38on a des problèmes d'agriculture,
00:32:39on a des problèmes, ces problèmes-là,
00:32:42ils sont écrits par les gaz d'effet de serre
00:32:45qu'on a déjà émis,
00:32:45et ils le seront encore plus
00:32:46parce qu'on continue d'émettre.
00:32:48Donc il y a peut-être une, deux décennies devant nous
00:32:51qu'on ne maîtrise pas.
00:32:53Donc je crois qu'il faut essayer
00:32:55de se situer dans ce cadre-là,
00:32:58et dans ce cadre-là,
00:32:59trouver les meilleures manières d'agir.
00:33:01Et c'est effectivement un problème
00:33:03qui dépasse le problème strictement scientifique,
00:33:06au sens où on est ramené à des problèmes de valeur,
00:33:10à des problèmes de qu'est-ce qu'on veut mettre en avant,
00:33:13des problèmes qui sont là, du coup, strictement politiques
00:33:16et que la science peut essayer d'arbitrer.
00:33:18Mais arbitrer, pas aider à arbitrer.
00:33:23L'arbitrage réel vient au-delà de la science.
00:33:26Donc je pense que c'est une situation
00:33:28qui mérite vraiment une réflexion approfondie.
00:33:34Moi je pense qu'aujourd'hui, par exemple,
00:33:37on sépare deux systèmes de réflexion
00:33:41qui sont là, comment atténuer les émissions de gaz à effet de serre.
00:33:44On ne parle plus d'ailleurs de supprimer les émissions de gaz à effet de serre,
00:33:49on parle de les atténuer.
00:33:50On les atténue et puis on va essayer de les stabiliser à certains niveaux.
00:33:54Et ce niveau dépend de la vitesse avec laquelle aussi on réduit les émissions.
00:33:58Donc, et à côté de ça, d'avoir des stratégies d'adaptation.
00:34:02Des stratégies d'adaptation qui sont souvent mal vues.
00:34:06Et je pense que, moi j'ai pas mal travaillé ces dernières années
00:34:10en région aquitaine pour regarder un peu,
00:34:13parce que c'était une demande de la région,
00:34:15de voir comment les choses pouvaient se produire sur une région donnée.
00:34:21Alors là, la région aquitaine, moi j'en parle parce que c'est ma région,
00:34:24mais enfin c'est aussi une d'origine.
00:34:27Mais enfin c'est un cas qu'on retrouve partout
00:34:30et de manière beaucoup plus forte et beaucoup plus marquée
00:34:32dans les zones intertropicales ou dans les zones qui sont plus sensibles.
00:34:37Mais il y a besoin à ce niveau-là de protéger nos actifs de ce qui va se produire.
00:34:44Donc il y a ce besoin de protection.
00:34:47Et si on regarde les choses un peu dans le détail,
00:34:51finalement, ce qui se produit quand on veut s'adapter au changement climatique sur un territoire,
00:34:58ça tient au problème de transport, on en a parlé un peu,
00:35:01de transports locaux, au problème d'habitat,
00:35:05au problème souvent de filière agricole,
00:35:08et puis à la capacité à générer des énergies qui soient nouvelles,
00:35:16parce que quoi qu'on pense des énergies actuellement décarbonées,
00:35:20il y a des gens qui les aiment plus ou moins,
00:35:22mais en particulier il y a des débats autour du nucléaire, on le sait,
00:35:27mais elles ne sont pas suffisantes, quoi qu'il arrive.
00:35:29Donc il y a à inventer aussi d'autres formes d'énergie.
00:35:33Mais tout ça, c'est des choses où l'échelle locale
00:35:38se combine un petit peu avec ce qu'on peut faire
00:35:42avec l'échelle plus large, celle plus globale.
00:35:47Et je crois que c'est là-dessus qu'on peut essayer de construire.
00:35:49Donc localement, on est contraint par ce qui se passe à grande échelle,
00:35:54mais en fait on a quand même une capacité d'agir sur les deux tableaux,
00:35:58c'est-à-dire de participer à cet effort international,
00:36:02essayer localement de voir ce qu'on peut faire
00:36:04à partir des enjeux qui sont ceux de cette échelle locale,
00:36:07et souvent c'est les mêmes.
00:36:09Souvent c'est les mêmes, ils se rejoignent,
00:36:10et c'est cette capacité à lier ces deux problématiques
00:36:14qui à mon avis est clé pour la suite.
00:36:16C'est comment est-ce qu'on peut faire pour lier la problématique locale
00:36:20avec ce qu'elle implique, de protection locale, de vigilance locale,
00:36:24et puis la problématique à grande échelle.
00:36:27Alors je crois que s'il faut essayer,
00:36:29mais ça, ça demande quelque chose qu'on ne fait pas facilement,
00:36:33c'est de rentrer dans la complexité des choses,
00:36:36la complexité des détails.
00:36:39Donc je crois que c'est là qu'il faut essayer d'agir,
00:36:42si on veut essayer de se confronter réellement à ces problématiques-là.
00:36:50– Je reviens vers vous Aurélie et Véronique.
00:36:55En mars dernier, la CGT et Attaque,
00:36:59publié avec une quinzaine d'autres organisations syndicales,
00:37:02environnementales, associatives,
00:37:04un appel intitulé « Plus jamais ça, construisons le monde d'après »,
00:37:09vous y appeliez toutes les forces progressistes
00:37:13à construire, à s'engager pour un futur plus social,
00:37:17plus féministe, plus respectueux de l'environnement.
00:37:21Comment, voilà, il y a à faire convergence en fait,
00:37:23à faire converger toutes ces batailles, toutes ces luttes,
00:37:25à partir de tout ce que vous nous avez dit tout à l'heure,
00:37:28comment on construit très concrètement
00:37:30cette convergence des batailles sociales et environnementales,
00:37:34et du coup, comment on arrive à mettre en œuvre
00:37:37un peu tous ces leviers,
00:37:41industriels, services, de transport,
00:37:45voilà, sur le terrain.
00:37:46Véronique, peut-être, pour commencer ?
00:37:48– Effectivement, il y a vraiment,
00:37:53les propos d'Hervé Letreux le démontent,
00:37:57il y a vraiment urgence à opérer une rupture
00:38:01avec les politiques qui ont été menées
00:38:04depuis un certain nombre d'années
00:38:06et à construire un autre modèle de société
00:38:11par des transformations économiques, sociales et environnementales.
00:38:16Et l'objectif du travail qu'on fait en commun
00:38:22avec un certain nombre d'associations d'ONG,
00:38:25il y a eu effectivement la tribune du mois de mars.
00:38:31Le travail qu'on mène conjointement
00:38:34ne date pas du mois de mars de cette année,
00:38:37ça fait quand même un certain nombre d'années
00:38:40qu'on travaille et on échange avec les associations
00:38:45parce qu'on reste persuadé, nous, à la CGT,
00:38:47que si effectivement on veut avoir une transformation environnementale,
00:38:51il faut y lier les questions sociales.
00:38:55On ne pourra pas faire des transformations environnementales
00:38:58sans se préoccuper de l'avenir des citoyens,
00:39:04des salariés, des modes de production
00:39:08et de comment on travaille.
00:39:11Donc effectivement, suite à la tribune,
00:39:14les échanges ont perduré.
00:39:16Il y a un document qui est sorti avec 34 propositions
00:39:21qui sont soumises à débat,
00:39:25qui peuvent évoluer, qui peuvent être amendées,
00:39:28qui y compris font débat, nous aussi, dans notre organisation.
00:39:33– Voilà, quand on parle du nucléaire, du trafic aérien,
00:39:39voilà, c'est des sujets qui font débat dans l'organisation,
00:39:42mais parce que ça pose aussi la problématique
00:39:46de ce qu'on fait des salariés qui travaillent dans ces secteurs-là.
00:39:51Et on ne peut pas opposer social et environnement.
00:39:57Donc on a vraiment besoin d'avoir des discussions
00:40:03et de travailler les choses de manière conjointe
00:40:07pour que les transformations se déroulent le mieux possible
00:40:12et qu'on ne se retrouve pas avec des oppositions
00:40:15qui pourraient mettre un frein.
00:40:19Et donc en parallèle du document avec les associations, les ONG,
00:40:24la CGT, on a aussi sorti un document qui s'appelle
00:40:29« Le progrès social et environnemental, c'est possible et urgent »
00:40:32et qu'un certain nombre de propositions autour du travail,
00:40:35son contenu, sa finalité, notre système de protection sociale,
00:40:41la question de la place de l'industrie, des relocalisations,
00:40:45la question du financement, parce que bien souvent on nous oppose,
00:40:49mais oui, vos propositions elles sont bien,
00:40:51mais comment on fait ? Il n'y a plus de sous.
00:40:54Sauf que quand on regarde, quand on creuse un peu,
00:40:56l'argent il y en a, il faut juste l'orienter de bonne manière.
00:41:03Ce qui n'est pas le cas par exemple du plan de relance
00:41:05présenté par le gouvernement, on y reviendra peut-être tout à l'heure.
00:41:08Donc voilà, je pense qu'il faut poursuivre dans ce sens.
00:41:16Aurélie Trouvé ?
00:41:19Peut-être pour poursuivre ce qui a été dit.
00:41:21D'abord, effectivement, ce n'est pas nouveau.
00:41:23Je me souviens à Congrès, il y a plusieurs années,
00:41:25nous avions déjà ce débat-là.
00:41:27Donc ce n'est pas nouveau, ce débat effectivement.
00:41:30Et puis je pense aussi au rapport 1 million d'emplois climat
00:41:33que nous avions fait entre syndicats d'organisation environnementale
00:41:36et des organisations comme Attaque.
00:41:38Mais je pense aussi à tous les mouvements,
00:41:41manifestations qui nous ont amenés aussi.
00:41:45Le mouvement des Gilets jaunes, le mouvement climat,
00:41:47le mouvement des retraites.
00:41:48À chaque fois, il y a eu des tentatives de liens
00:41:50entre les questions sociales et environnementales
00:41:53qui nous ont amenés aussi à un moment donné.
00:41:56Alors avec plus jamais ça,
00:41:57des fois on ne s'appelle plus jamais ça,
00:41:59jour d'après, l'urgence sociale et écologique.
00:42:02Mais en tout cas, je crois que le résultat,
00:42:04ça a été de construire un arc de force
00:42:06de mon point de vue relativement large,
00:42:09mais qui est quand même sur l'idée d'un changement de système.
00:42:12Et quand je dis large,
00:42:14au point de vue syndical et du point de vue environnemental,
00:42:17c'est le fait à la fois de réunir
00:42:19des grandes organisations syndicales,
00:42:21mais aussi environnementales.
00:42:22Je pense à Greenpeace, France Nature Environnement,
00:42:24ou des mouvements citoyens plus récents
00:42:27comme Alternatiba.
00:42:29Et donc, quand même, avec des cultures,
00:42:31des approches militantes et des entrées
00:42:33quand même très différentes,
00:42:35et de mon point de vue, c'est assez inédit
00:42:37d'arriver par exemple au plan de sortie de crise,
00:42:40où il y a 34 mesures qui vont assez loin,
00:42:41qui sont très concrètes.
00:42:43Maintenant, j'ai envie de dire,
00:42:45pour moi, c'est juste un début,
00:42:48parce que ça ne peut pas être satisfaisant l'État.
00:42:50Un, parce que je pense qu'on a besoin d'en créer localement,
00:42:53dans nos organisations, etc.
00:42:56Ces tentatives que l'on réalise
00:42:58d'articuler l'urgence sociale et l'urgence écologique,
00:43:03raison pour laquelle aujourd'hui,
00:43:04on sent le besoin de...
00:43:05Parce qu'il y a une vingtaine de dynamiques locales
00:43:07qui sont créées à périmètres différents,
00:43:09mais on sent le besoin aussi de mettre en débat,
00:43:14et que ce soit approprié dans les luttes
00:43:17et au niveau local, quoi, voilà.
00:43:19Mais c'est vraiment l'idée, de mon point de vue,
00:43:22que d'abord, peser dans le rapport de force,
00:43:25il faut éviter d'un côté d'avoir,
00:43:27et c'est le risque qu'on a dans les prochaines semaines,
00:43:29d'avoir d'un côté des luttes écologiques
00:43:31type Amor contre l'aérien, etc.,
00:43:33mais aussi des mobilisations, des manifestations syndicales
00:43:37qui n'intégreraient pas la question environnementale.
00:43:40Et je pense qu'à un moment, les deux sont légitimes,
00:43:42mais qu'à un moment, on a besoin d'être ensemble aussi
00:43:44pour montrer qu'on peut répondre ensemble.
00:43:47Les deux points sur lesquels elles se rejoignent,
00:43:49c'est la défense des services publics,
00:43:51la justice fiscale, l'agriculture,
00:43:53il y a quand même toute une série de points
00:43:55et qui sont portés dans l'actualité
00:43:56en termes de lutte sociale,
00:43:58sur lesquels vous allez vous rejoindre très concrètement
00:44:01dès la rentrée.
00:44:02En fait, ce sur quoi on travaille en ce moment,
00:44:04il y a des experts, des intellos, etc.,
00:44:08mais aussi des militants qui connaissent bien
00:44:09tous ces sujets-là,
00:44:10qui travaillent ensemble en ce moment
00:44:12sur l'idée qu'on pourrait créer X millions d'emplois,
00:44:16alors je ne peux pas dire combien à l'avance,
00:44:17mais je pense qu'on est parti pour produire
00:44:20un rapport d'ici quelques semaines,
00:44:21X millions d'emplois qu'on peut créer
00:44:25dans les services publics,
00:44:27qui sont par ailleurs des emplois de qualité,
00:44:29non délocalisables,
00:44:31avec empreinte écologique plus faible, etc.,
00:44:35et dans la transition écologique.
00:44:36et montrer que par ailleurs,
00:44:39alors après, j'y arrive à ça,
00:44:42évidemment, il y a des désaccords,
00:44:43et on les assume.
00:44:44On assume qu'on a aujourd'hui des désaccords,
00:44:47et qu'on doit travailler là-dessus.
00:44:48Et qu'on se donne le temps.
00:44:50Par exemple, sur la question nucléaire.
00:44:51Par exemple, sur les activités les plus poignantes,
00:44:55type l'aérien et l'automobile,
00:44:56où il va certainement y avoir des plans sociomassifs.
00:45:01– Je passe sur le nucléaire,
00:45:03où il y a un désaccord, effectivement,
00:45:05de vision de développement énergétique.
00:45:07Sur la question automobile,
00:45:09est-ce que c'est un désaccord,
00:45:10ou c'est une difficulté à trouver la bonne solution, en fait ?
00:45:14Ou est-ce qu'on n'a pas la solution sur l'automobile,
00:45:17sur comment on transforme ce secteur
00:45:21sans que ça retombe sur les salariés ?
00:45:23– Je pense qu'on est en train de construire des convergences là-dessus,
00:45:26justement, autour de la question de l'emploi,
00:45:28de la reconversion professionnelle,
00:45:29de la sécurité sociale professionnelle,
00:45:31de la garantie d'une formation et d'une reconversion.
00:45:35Mais alors, justement, moi, il y a un terme,
00:45:36parce que quand Hervé Leutre parle de local, international,
00:45:40moi, il y a un terme qu'on sait approprier tous ensemble,
00:45:42c'est la question de la planification.
00:45:44C'est-à-dire, comment on planifie un changement profond
00:45:47de système de production et de consommation nécessaire,
00:45:50aujourd'hui, ça a été dit, face à l'urgence écologique,
00:45:55comment, face à cette reconversion profonde,
00:45:59on planifie ces changements productifs,
00:46:04tout en maintenant un emploi de qualité,
00:46:07en reconvertissant, en formant,
00:46:09voilà, et comment on fait en sorte que ça ne se fasse pas
00:46:12au détriment des travailleurs précaires
00:46:14et que ce ne soit pas une catastrophe sociale ?
00:46:16Parce que, par ailleurs, je pense qu'on peut avoir une écologie de droite
00:46:18qui précarise, qui soit autoritaire, etc.
00:46:22Voilà.
00:46:23Où l'on va revenir au plan de relance gouvernementale
00:46:25et à sa place verte.
00:46:27Je me tourne vers Valérie.
00:46:29Je ne sais pas s'il y a d'ores et déjà des questions via WhatsApp.
00:46:34Oui, alors, il y a une question.
00:46:36Donc, les pays les plus développés ont une responsabilité plus grande
00:46:40de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre
00:46:43par rapport aux pays les plus pauvres,
00:46:44qui, eux, ont besoin d'élever leur niveau de vie
00:46:47et donc de consommer plus d'énergie
00:46:49et pas forcément des énergies non polluantes.
00:46:52Donc, est-ce que ça, c'est acceptable ?
00:46:54Parce que, parallèlement, on voit que les États-Unis
00:46:58sortent de l'accord de Paris,
00:46:59les États-Unis, le pays le plus pollueur de la planète.
00:47:03Donc, on a du mal à croire qu'on peut atteindre
00:47:06la neutralité carbone en 2050.
00:47:08Donc, comment, puisque l'accord de Paris, en fait,
00:47:11n'est pas contraignant, comment on peut arriver
00:47:12à contraindre, en fait, les États
00:47:16à atteindre cette neutralité carbone ?
00:47:19J'ai une autre question aussi
00:47:23par rapport aux services publics,
00:47:24au démantèlement des services publics.
00:47:26Est-ce qu'il ne faudrait pas imposer
00:47:29la reprise en main des services publics
00:47:31par les salariés eux-mêmes et non plus par l'État ?
00:47:34Voilà. J'ai une autre question aussi.
00:47:42à tout focaliser sur le CO2.
00:47:44Ne risque-t-on pas d'occulter d'autres pollutions ?
00:47:48Comment arbitrer entre les différentes pollutions,
00:47:51par exemple, le diesel émet moins de CO2,
00:47:53mais des particules fines,
00:47:54et l'électrique pollue avec des batteries au lithium ?
00:47:58– Voilà. C'est quelques questions.
00:48:01– Sur la responsabilité différenciée entre État du Sud
00:48:06et État du Nord,
00:48:07et sur comment on rétablit une justice aussi,
00:48:10des efforts climatiques à réaliser,
00:48:13Hervé, Aurélie,
00:48:17– C'est un sujet assez difficile.
00:48:21Comme je l'ai dit,
00:48:22ça va au-delà de ce qu'on peut dire strictement
00:48:27en tant que scientifique.
00:48:28Je crois qu'il y a une dimension
00:48:32que moi j'aimerais souligner quand même,
00:48:35c'est effectivement ce côté des traités
00:48:39qui sont contraignants ou non contraignants.
00:48:41Alors, il n'y a pas de gouvernance mondiale, de fait.
00:48:46Et je pense que,
00:48:47j'étais dans le groupe de suivi de la COP21,
00:48:50et je crois que dans l'esprit de beaucoup de gens,
00:48:52quand même,
00:48:53il y a effectivement ces engagements
00:48:55que prennent les États,
00:48:56qui sont insuffisants par rapport aux enjeux qu'on a dit,
00:48:59c'est-à-dire qu'ils ne permettent pas de rester
00:49:01sous les 1,5,
00:49:03et même sous les 2 degrés,
00:49:04au jour d'aujourd'hui.
00:49:06Et,
00:49:08quelle est la seule force
00:49:12qui peut permettre d'agir ?
00:49:16C'est justement,
00:49:17je pense, celle de l'opinion publique.
00:49:19Et l'opinion publique,
00:49:20ça passe très fortement,
00:49:22et moi je suis enseignant,
00:49:23par effectivement un enseignement
00:49:24de ces enjeux,
00:49:26qu'il soit un enseignement
00:49:27qui soit beaucoup plus précis
00:49:32et organisé que ce qu'il est aujourd'hui,
00:49:33que ce soit en France ou ailleurs.
00:49:35Je crois que la problématique
00:49:38de comment on enseigne
00:49:40ces choix qui sont compliqués,
00:49:43de quoi ils relèvent,
00:49:44comment on forme des générations de personnes
00:49:45qui seront capables
00:49:46de réagir en tant que personnes
00:49:48à des situations
00:49:49dont on ne sait pas ce qu'elles seront
00:49:50dans quelques années,
00:49:52je pense que c'est quelque chose
00:49:53d'extrêmement important.
00:49:54Et ce qui n'est pas gagné ?
00:49:55Est-ce que les programmes pour le moment...
00:49:57Et c'est vrai partout,
00:49:58je pense que malheureusement
00:49:59dans beaucoup de pays,
00:50:01et je crois qu'en France,
00:50:05en tout cas,
00:50:06il y a très peu d'enseignements
00:50:07sur ces problèmes-là.
00:50:08C'est-à-dire que si...
00:50:10Et il suffit de faire des petits sondages
00:50:13à droite à gauche
00:50:13auprès des gens qu'on connaît
00:50:14qui sont normalement instruits,
00:50:16ils ne comprennent pas bien les enjeux.
00:50:18Donc quand on a ce niveau de...
00:50:21Quand on a cette situation-là,
00:50:22on se prive en fait
00:50:23d'un des moteurs importants
00:50:26de tout ce qu'on est en train
00:50:27de discuter,
00:50:28qui est effectivement
00:50:30la portée de l'opinion publique.
00:50:32– Et c'est-à-dire que voilà,
00:50:33la contrainte,
00:50:33elle pourra venir
00:50:34du niveau d'implication
00:50:37des citoyens
00:50:38et donc de leur niveau
00:50:39d'information et de connaissance
00:50:40du sujet, c'est ça ?
00:50:41– Donc là,
00:50:41il y a une réflexion autonome
00:50:42et de capacité à...
00:50:44à serrer les choses,
00:50:45à voir...
00:50:46On n'est plus dans un problème
00:50:48d'alerte.
00:50:49On a beaucoup, nous,
00:50:51fait d'alerte
00:50:51sur ces problèmes climatiques.
00:50:53Je pense que l'alerte,
00:50:53elle est là,
00:50:54elle existe.
00:50:54On est dans le problème
00:50:56de recherche de solutions.
00:50:58Ces recherches de solutions,
00:50:59ça renvoie à ce qui était dit
00:51:00sur comment on fait
00:51:01pour voir...
00:51:03On parle tout le temps
00:51:04de CO2.
00:51:05Ça, c'est un, je dirais,
00:51:06un des restes
00:51:07de ces discours d'alerte.
00:51:10Mais bien sûr,
00:51:11les problématiques,
00:51:12ça va être avec du méthane,
00:51:13avec du protoxyde d'azote,
00:51:15avec des poussières,
00:51:17enfin des aérosols,
00:51:19avec tout ce qui fait
00:51:20la complexité
00:51:21des évolutions climatiques
00:51:22aujourd'hui.
00:51:23Et ça, il faut se l'approprier
00:51:25et il faut que ça soit approprié
00:51:26par, je pense,
00:51:28une population
00:51:29beaucoup plus large
00:51:30que c'est le cas aujourd'hui.
00:51:32Aurélie,
00:51:33c'est une question à prendre.
00:51:34Je vais justement rebondir
00:51:35la subsistance.
00:51:36Moi aussi,
00:51:36j'ai choisi ce métier-là.
00:51:39Mais d'enseignement,
00:51:40mais je crois aussi
00:51:41qu'il faut que les...
00:51:43Voilà, je prends une autre cassette,
00:51:44mais je pense que les scientifiques
00:51:46doivent aussi,
00:51:47et si vous le faites très bien,
00:51:48c'est-à-dire rentrer
00:51:49dans le débat public,
00:51:50avec toute leur rigueur,
00:51:52mais rentrer dans le débat public
00:51:53parce qu'il y a effectivement
00:51:54un rôle d'alerte aujourd'hui
00:51:55sur les évolutions.
00:51:59Et je dirais deuxièmement,
00:52:00sur l'enseignement,
00:52:00ce qui me semble fondamental,
00:52:01en tout cas,
00:52:02moi, c'est l'équipe
00:52:02dans laquelle je suis
00:52:03qui le défend,
00:52:04c'est la vision systémique.
00:52:05Et cette vision systémique,
00:52:07elle est exigeante,
00:52:07par ailleurs,
00:52:08parce que ça demande
00:52:09d'articuler des dimensions
00:52:11sur un sujet donné,
00:52:12des dimensions environnementales,
00:52:14sociales, démocratiques, etc.
00:52:16Et voilà,
00:52:17mais c'est ne pas rentrer
00:52:18par le pibou de la lornette
00:52:19dans la compréhension
00:52:21d'un phénomène,
00:52:22mais vraiment l'articuler
00:52:24dans ses différentes dimensions.
00:52:26Et ça, moi,
00:52:27je reviens sur la question internationale,
00:52:28puisque vous posiez la question,
00:52:29et elle me semble fondamentale,
00:52:31c'est...
00:52:31Évidemment,
00:52:32en quelques minutes,
00:52:33ça va être caricaturel,
00:52:34mais comment répond-on ?
00:52:37Enfin, voilà,
00:52:37quelle responsabilité
00:52:38des uns et des autres
00:52:39entre les pays du Nord,
00:52:40pays du Sud,
00:52:41pollueurs, etc.
00:52:42Je pense que,
00:52:43en tout cas,
00:52:43je vais parler, moi,
00:52:44de ce qu'on défend à Attaque,
00:52:45c'est d'abord déjà
00:52:46de faire en sorte
00:52:48de ne pas pousser
00:52:49ou de ne pas exacerber
00:52:53le productivisme
00:52:54et, je dirais,
00:52:55l'extraction,
00:52:56par exemple,
00:52:56l'extractivisme,
00:52:57c'est-à-dire
00:52:58l'extraction poussée
00:52:59des énergies fossiles,
00:53:00etc.,
00:53:01par un certain nombre
00:53:01d'accords,
00:53:02déjà, commerciaux,
00:53:03dont on...
00:53:03Quand même,
00:53:04vous prenez, par exemple,
00:53:06voilà,
00:53:06l'accord de libre-échange
00:53:07du CETA,
00:53:08entre l'Union européenne
00:53:10et le Canada,
00:53:10on sait à quel point
00:53:13il pose des risques
00:53:14éminents
00:53:15du point de vue du climat.
00:53:18– Du point de vue du climat.
00:53:18– Y compris dans le rapport
00:53:20d'experts intergouvernementaux,
00:53:22ça a été pointé.
00:53:24Donc, c'est la raison
00:53:25pour laquelle nous,
00:53:25on s'oppose fondamentalement
00:53:26aux accords de libre-échange.
00:53:28On ne demande même pas
00:53:28de les renégocier.
00:53:29On pense qu'il faut
00:53:30qu'il y a aujourd'hui,
00:53:31dans les fondements même
00:53:32d'augmenter la libéralisation
00:53:33des échanges,
00:53:35ça pose problème
00:53:36du point de vue climatique
00:53:38et plus globalement environnemental.
00:53:39ça a deuxièmement donné
00:53:40les moyens déjà
00:53:41aux pays du Sud,
00:53:43aux pays pauvres,
00:53:44de pouvoir réagir
00:53:45face à la crise écologique
00:53:46et sociale.
00:53:47C'est pour ça que nous,
00:53:48on défend évidemment
00:53:48l'annulation pure et simple
00:53:50de la dette
00:53:52de ces pays pauvres
00:53:54et de l'ensemble
00:53:55des pays du Sud.
00:53:55Et puis, troisièmement,
00:53:57d'avoir des moyens
00:53:58au moins d'adaptation
00:53:59au changement climatique.
00:54:00Alors, je prends
00:54:01la question agricole notamment,
00:54:02mais qui est par ailleurs
00:54:03qui est une vraie question sociale.
00:54:04C'est là qu'on voit
00:54:05la dimension sociale
00:54:07de la crise climatique.
00:54:09C'est-à-dire que ça attaque
00:54:09avant tout les paysans
00:54:10qui n'ont pas les ressources
00:54:11pour y répondre.
00:54:13Ça attaque en premier lieu
00:54:15ceux qui n'ont pas
00:54:16les ressources
00:54:17pour pouvoir irriguer,
00:54:19qui ne sont pas
00:54:19dans les meilleures conditions
00:54:21de milieu
00:54:21pour pouvoir s'adapter,
00:54:22etc.
00:54:24Et donc,
00:54:24ça demande de donner
00:54:25des moyens
00:54:26et donc ça demande
00:54:26une régulation internationale,
00:54:28multilatérale.
00:54:29Moi, je suis dans
00:54:30le mouvement alter-mondialiste
00:54:31qui n'est pas évidemment
00:54:32anti-mondialiste,
00:54:33qui prône au contraire
00:54:34davantage de régulation internationale,
00:54:36mais au profit de la lutte
00:54:38contre le changement climatique
00:54:39et l'adaptation,
00:54:41ce qui demanderait
00:54:41des moyens
00:54:42au niveau international.
00:54:43C'est pour ça
00:54:44qu'on défend la taxe
00:54:45sur les transactions financières
00:54:46qui pourrait être
00:54:46un moyen de générer
00:54:49de l'argent
00:54:50mis à disposition
00:54:52sous conditions,
00:54:54évidemment,
00:54:54mais qui ne soient pas
00:54:54les conditions
00:54:55de plan d'ajustement structurel,
00:54:56mais qui soient
00:54:57des vraies conditions
00:54:58de réponse
00:54:58aux changements climatiques,
00:55:01aux enjeux climatiques
00:55:02et plus globalement
00:55:03aux enjeux environnementaux
00:55:04et sociaux.
00:55:06Véronique ?
00:55:06Oui, sur ce sujet.
00:55:08En plus de tout ce qui vient
00:55:11d'être dit
00:55:12et avec lequel
00:55:13je suis foncièrement d'accord,
00:55:15il y a aussi la nécessité
00:55:18d'intégrer
00:55:19et de mettre en place
00:55:20des normes sociales
00:55:21pour que dans les pays
00:55:24les moins développés,
00:55:27on n'assiste pas
00:55:28un transfert
00:55:29de fabrication
00:55:31des pays développés
00:55:32vers les pays
00:55:33les moins développés
00:55:33parce que
00:55:35le coût du travail
00:55:36et les coûts de production
00:55:37sont beaucoup moins élevés.
00:55:38Donc, ça fait partie aussi
00:55:40des propositions
00:55:41qu'on porte,
00:55:42y compris
00:55:43dans le cadre
00:55:44des instances
00:55:45européennes
00:55:46ou mondiales
00:55:47dans lesquelles
00:55:49on travaille aussi
00:55:50pour qu'effectivement
00:55:52il y ait aussi
00:55:53des normes sociales
00:55:54qui soient mises en place
00:55:54de manière à ce que
00:55:55dans les pays
00:55:57un peu moins développés,
00:55:57la question
00:56:00des conditions de travail
00:56:01des conditions de vie
00:56:02soient aussi meilleures
00:56:05et je partage aussi
00:56:06le fait que
00:56:07c'est un peu le sens
00:56:09de la démarche
00:56:12de la démarche
00:56:13avec les associations
00:56:14et les ONG
00:56:15c'est que
00:56:15ce débat-là
00:56:17on puisse l'avoir
00:56:18dans l'opinion publique
00:56:19et que les mentalités
00:56:21elles évoluent
00:56:22et qu'on puisse gagner
00:56:23aussi la bataille
00:56:24de l'opinion publique
00:56:26sur ces sujets-là
00:56:27pour enclencher
00:56:29effectivement
00:56:30une rupture
00:56:31et un changement
00:56:32de société.
00:56:34Il y avait une question
00:56:35sur les services publics
00:56:36je ne l'ai plus
00:56:37complètement en tête
00:56:38et la reprise
00:56:40des services publics
00:56:41par les salariés.
00:56:48je dirais qu'au-delà
00:56:51effectivement
00:56:52il y a besoin aussi
00:56:53que les salariés
00:56:54aient des pouvoirs
00:56:55d'intervention
00:56:56beaucoup plus forts
00:56:58dans les services publics
00:57:00pour aussi
00:57:04peser sur les organisations
00:57:05du travail
00:57:07les localisations
00:57:10mais il y a aussi
00:57:11comment
00:57:13on laisse la place
00:57:15c'est vrai
00:57:16pour tous les salariés
00:57:17c'est vrai
00:57:18c'est vrai
00:57:18c'est dans les services publics
00:57:20comme dans les entreprises privées
00:57:21comment
00:57:21on laisse plus de place
00:57:23aux salariés
00:57:23dans les conseils
00:57:24d'administration
00:57:25comment on donne
00:57:26plus de pouvoir
00:57:28aux instances
00:57:29représentatives
00:57:29du personnel
00:57:30d'ailleurs
00:57:31nous à la CGT
00:57:31on réclame
00:57:32que
00:57:33avant c'était les CE
00:57:35maintenant c'est les CSE
00:57:36mais il y a un droit de veto
00:57:38des salariés
00:57:38dans les CSE
00:57:40sur les différents sujets
00:57:43présentés
00:57:44par le patronat
00:57:46et puis au-delà des salariés
00:57:47c'est comment
00:57:48on donne aussi
00:57:52du poids
00:57:53à la population
00:57:54et aux utilisateurs
00:57:55des services publics
00:57:56de dire
00:57:58eux ce qu'ils ont envie
00:57:59et de ce dont ils ont besoin
00:58:01on fait signe
00:58:02qu'il nous reste
00:58:03trois minutes
00:58:03en trois minutes
00:58:04j'aimerais bien
00:58:05qu'on revienne
00:58:06voilà c'est très serré
00:58:07le temps s'est resserré
00:58:08d'un coup
00:58:09trois minutes
00:58:10qu'on revienne très rapidement
00:58:11sur les perspectives
00:58:12de bataille
00:58:15des prochains jours
00:58:16des prochaines semaines
00:58:17ou de la prochaine allée
00:58:18allez allons
00:58:20voilà
00:58:20le plan gouvernemental
00:58:22est sur la table
00:58:23il ne va pas du tout
00:58:23dans votre sens
00:58:24il reste des marges
00:58:25de manœuvre
00:58:26pour agir
00:58:26très concrètement
00:58:28on parlait de l'engagement
00:58:29scientifique
00:58:30il y a des luttes sociales
00:58:31sur le terrain
00:58:31très concrètement
00:58:32une minute chacun
00:58:35mais les prochains rendez-vous
00:58:38les prochains rendez-vous
00:58:39les prochains rendez-vous
00:58:40les prochaines
00:58:41les levies d'action
00:58:42il y a eu une journée d'action
00:58:43hier le 17 septembre
00:58:44qui
00:58:46voilà
00:58:47qui a été une journée d'action
00:58:48somme toute
00:58:49assez intéressante
00:58:50mais les prochains rendez-vous
00:58:52on a
00:58:52les journées
00:58:53les journées mondiales
00:58:55marche pour le climat
00:58:5625 et 26 septembre
00:58:58dans lequel la CGT
00:58:59s'inscrit
00:59:00et appelle
00:59:01les salariés
00:59:02et le monde du travail
00:59:03à participer
00:59:03parce que
00:59:04voilà
00:59:05on y lit aussi
00:59:05les questions environnementales
00:59:07les questions d'emploi
00:59:08et de conditions de travail
00:59:10et puis
00:59:11puis voilà
00:59:12on va aussi
00:59:15voilà
00:59:17mener un certain nombre d'actions
00:59:18dans diverses entreprises
00:59:19dans divers territoires
00:59:21là me vient en tête
00:59:23ce qui va se passer
00:59:24sur la région aquitaine
00:59:25justement
00:59:28sur le bordelais
00:59:29et les mousins
00:59:30le 6 octobre
00:59:31autour des transports
00:59:32des services publics
00:59:33avec là aussi
00:59:34des associations
00:59:37qui vont aussi s'intégrer
00:59:39voilà
00:59:40on a différentes initiatives
00:59:41comme ça
00:59:41dans la prochaine période
00:59:42mais
00:59:43si j'ai qu'une minute
00:59:44je ne vais pas pouvoir
00:59:44débloquer beaucoup
00:59:45Aurélie
00:59:46pour compléter
00:59:47il y a aussi des discussions
00:59:47parlementaires
00:59:48sur lesquelles on peut peut-être
00:59:50trouver appui
00:59:51levier
00:59:52notamment à l'échelle européenne
00:59:54je pense au Green Deal
00:59:55qui est en train de se discuter
00:59:56à l'échelle européenne
00:59:56est-ce qu'on peut
00:59:57est-ce que ça va nous permettre
00:59:58de saisir quelque chose
00:59:59et d'imposer quelque chose
01:00:00je pense que le Green Deal
01:00:01pour moi
01:00:02c'est un beau vernissage
01:00:03pour l'instant
01:00:04on n'a rien à gagner
01:00:05dans les discussions
01:00:06je ne vais vous développer
01:00:06mais voilà
01:00:08pour l'instant
01:00:09y compris dans les discussions
01:00:11très concrètes
01:00:12par exemple
01:00:12sur la politique agricole commune
01:00:14pour l'instant
01:00:14le lien
01:00:15on ne le voit pas trop
01:00:15donc voilà
01:00:17simplement
01:00:18le plan de relance européen
01:00:19je pense que par ailleurs
01:00:20il ne faut pas
01:00:22il y a plein de choses
01:00:23simplement sur les suites
01:00:25bon moi je l'ai dit aussi
01:00:26c'est que dans plus jamais ça
01:00:28il y a ce fameux plan
01:00:29de sortie de crise
01:00:30qu'on veut vraiment
01:00:31débattre au niveau local
01:00:33y compris aller sur des sites
01:00:34comme la Chapelle d'Arbelay
01:00:35et d'autres
01:00:36où on montre aussi
01:00:36qu'il y a des alternatives possibles
01:00:38qui allient
01:00:40qui font face
01:00:41à la fois
01:00:41à l'urgence écologique
01:00:42et sociale
01:00:43et dont on peut s'inspirer
01:00:46évidemment le 25-26 septembre
01:00:48qui pour nous
01:00:48est très important
01:00:49puisqu'on relie
01:00:50enfin en gros
01:00:51on se mobilise à la fois
01:00:52pour l'emploi et le climat
01:00:54nous alors je ne sais pas
01:00:55s'il y aura
01:00:56tous les syndicats
01:00:57avec ça
01:00:57on verra
01:00:58mais nous on a aussi
01:00:59en tout cas côté attaque
01:01:00un certain nombre
01:01:01d'organisations environnementales
01:01:02on veut se mobiliser
01:01:03j'espère
01:01:04avec les organisations syndicales
01:01:05au moment du Black Friday
01:01:07aussi
01:01:09voilà
01:01:09et notamment
01:01:10face à Amazon
01:01:11parce que d'abord
01:01:12c'est un grand profiteur
01:01:13de la crise
01:01:14mais aussi
01:01:14c'est un mode de consommation
01:01:16et un mode d'exploitation
01:01:17du travail
01:01:18et de l'environnement
01:01:20que l'on dénonce
01:01:21donc j'espère
01:01:21que le 27 novembre
01:01:22ce sera un moment
01:01:24de convergence
01:01:25voilà
01:01:27et puis côté attaque
01:01:29évidemment
01:01:30et je pense plus largement
01:01:31nous on sera
01:01:32voilà
01:01:32on sera aussi
01:01:33fortement mobilisés
01:01:34au moment du projet
01:01:35de loi de finances
01:01:35la question de la fiscalité
01:01:37on n'en a pas parlé
01:01:38mais non plus jamais ça
01:01:39c'est là qu'on a
01:01:40je pense une vision systémique
01:01:41c'est qu'on pose aussi
01:01:42la question du financement
01:01:43évidemment
01:01:44et donc
01:01:45ce qui demande pour nous
01:01:46une révolution fiscale
01:01:47à l'inverse
01:01:48de ce qu'a fait
01:01:49le gouvernement
01:01:49depuis le début
01:01:50donc le projet
01:01:50de loi de finances
01:01:51sera aussi
01:01:52même si ça parle moins
01:01:53au grand public
01:01:55ça sera aussi
01:01:55une échéance importante
01:01:56voilà
01:01:57merci
01:01:57Hervé
01:01:58vous serez
01:01:59alors moi je vais
01:02:01te répondre dans un mode
01:02:02un peu différent
01:02:03parce que je suis venu ici
01:02:04comme scientifique
01:02:05je crois qu'on a besoin
01:02:06d'inventer aussi
01:02:07une science
01:02:08qui soit vraiment
01:02:10pluridisciplinaire
01:02:10par rapport à ces enjeux là
01:02:12et par rapport à tout
01:02:14ce qui se discute
01:02:15au niveau du Green Deal
01:02:16je pense que c'est une
01:02:17des espoirs que l'on aura
01:02:18c'est de pouvoir
01:02:18effectivement
01:02:20ou pas
01:02:20mais on verra
01:02:21avoir des possibilités
01:02:23d'orienter en fait
01:02:26nos travaux scientifiques
01:02:27dans un sens
01:02:28qui permet justement
01:02:31de regarder les problèmes
01:02:32non pas en silo
01:02:33les uns à côté des autres
01:02:34on n'a pas parlé par exemple
01:02:35beaucoup de la biodiversité
01:02:37ici
01:02:37qui est à mon avis
01:02:38un sujet absolument majeur
01:02:41et d'être capable
01:02:42de les considérer
01:02:44comme un tout
01:02:45comme un ensemble
01:02:45de choses
01:02:46qu'on doit regarder
01:02:47les unes par rapport aux autres
01:02:48beaucoup plus fortement
01:02:50qu'aujourd'hui
01:02:51Merci beaucoup à tous
01:02:52on est obligé de s'arrêter là
01:02:53on vous remercie
01:02:54d'avoir été présents
01:02:55avec nous
01:02:56on vous remercie
01:02:57de nous avoir suivis
01:02:58sur internet
01:02:59via les chaînes YouTube
01:03:00et puis on vous donne rendez-vous
01:03:01pour les prochains débats
01:03:02de la journée
01:03:02qui vont s'enchaîner
01:03:04Merci

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