00:00Pourquoi ce choix politique, et pas qu'une seule fois ?
00:02Je vais m'arrêter là dans ma réponse, je m'arrête là.
00:04Je souhaite savoir pourquoi.
00:06À l'Élysée, mercredi dernier, j'ai tenté de comprendre les propos de M. Bayrou
00:10en questionnant Sophie Primas, la porte-parole de son gouvernement.
00:13Circulé, il n'y a rien à voir, il s'agit d'un sentiment de submersion,
00:16et non pas la submersion en tant que telle,
00:18qui selon elle, balaie les chiffres de l'INSEE,
00:20qui indique que submersion il n'y a pas, malin.
00:22Mais j'avais une carte en poche dans mon jeu, celle de l'ESS,
00:25l'Enquête Sociale Européenne,
00:26elle indique que près de 70% des Français affirment ne pas partager ce sentiment de submersion.
00:32Je rappelle donc ces faits à la porte-parole,
00:33et lui demande si ceux-ci vont modifier la position du Premier ministre.
00:37Écoutez.
00:37Moi je pense que plus vous-même, les journalistes,
00:40pardon de vous renvoyer l'ascenseur...
00:42On réagit uniquement à ce que vous nous donnez.
00:44Mais plus vous faites une affaire d'État de l'utilisation d'un mot dans une réponse,
00:51plus vous appuyez sur ces questions-là.
00:53Mais je pense que la préoccupation des Français,
00:56elle tourne autour de ces questions de sentiments,
01:02de difficultés avec l'immigration.
01:04On ne voit que non.
01:04On ne voit que non à l'instant.
01:05Je vous donne un fait.
01:06Est-ce qu'en choisissant ce terme qui effectivement s'éloigne des faits,
01:10pourquoi ce choix politique n'est pas qu'une seule fois ?
01:12Je vais m'arrêter là dans ma réponse.
01:14Je m'arrête là.
01:14Je souhaite savoir pourquoi ce choix sémantique
01:17est utilisé par des membres du gouvernement,
01:18alors que ce ne sont pas des faits.
01:19Je vous ai dit que je ne rentrerais pas dans une bataille sémantique.
01:21Je n'y rentre donc pas.
01:22– Très bien. Du coup, ma dernière question, c'est celle-ci.
01:24Suite à ce propos-là, il y a eu M. Darmanin qui a réagi
01:28avec quelque chose de précis.
01:29Je le cite.
01:29Il dit qu'il y a une proportion d'étrangers
01:31qui ne doit pas être dépassée sur le sol français.
01:34L'INSEE nous dit qu'en 2023,
01:36les étrangers constituaient 8,2% de la population française.
01:38Quel est donc le taux et la proportion précises
01:41à ne pas dépasser ce long gouvernement ?
01:42– Je ne vais pas entrer dans cette polémique.
01:44– Ce n'est pas une polémique,
01:45c'est un propos tenu par le ministre de l'Intérieur.
01:47– On ne rentrerait pas dans cette polémique
01:48et dans ce type de questions qui génèrent de la polémique.
01:53– Très bien. Merci beaucoup.
01:54– Elle botte donc en touche, vous l'avez vu.
01:56Le malaise est même palpable.
01:57Elle aurait pu très bien me parler de politique sociale
01:59à mettre en place pour favoriser la mixité,
02:01mais elle a préféré évacuer la question.
02:03On imagine bien qu'entre réalité complexe et récupération raciste,
02:06c'est dire à quel point ce terrain politique est miné.