- il y a 1 heure
Lucie Castet, candidate du Front Populaire au poste de Première Ministre s'entretient avec Sébastien Crépel co-directeur de la rédaction et Julia Hamlaoui, cheffe de l'Humatinale.
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Crédit photo : © Demian Letinois Taillant
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NewsTranscription
00:00Pour bientôt, on vous le promet.
00:03Et oui, en effet, Lucie Casté, vous l'avez vu, on est tous ravis de vous accueillir ici à la
00:09fête de l'Humanité.
00:11Bien sûr, comme le disait Sébastien à l'instant, on aurait aimé, comme tout le monde dans le public, je
00:16pense,
00:16et comme tous ceux qui nous suivent en direct sur notre toute nouvelle chaîne Twitch,
00:21vous accueillir en tant que Première Ministre.
00:29Puisque, rappelons-le quand même, au cas où certains auraient passé les deux derniers mois sur Mars,
00:33vous êtes, Lucie Casté, la candidate du nouveau Front Populaire à Matignon.
00:37Mais, mais, Emmanuel Macron a, de son côté, passé trop de temps sur Jupiter.
00:43Et oui, et il ignore carrément le résultat des élections législatives qu'il a lui-même pourtant provoqué
00:52avec la dissolution de l'Assemblée nationale.
00:55Et donc, il ignore ainsi que la gauche a gagné ses élections législatives.
01:02On a donc, pour le moment, à Matignon, un Michel Barnier que le RN est prêt à appuyer.
01:08Et oui, vous, vous le savez, c'est une crise démocratique puissance 10 000,
01:15mais à laquelle la gauche n'a pas renoncé à apporter de solutions.
01:18Et c'est justement ce dont nous allons parler avec vous dans l'heure qui vient.
01:22Mais, d'abord, commençons par le commencement.
01:26Est-ce que vous pouvez nous dire quel a été votre sentiment
01:28lorsqu'il y a un peu plus d'une semaine maintenant,
01:31le président de la République a nommé à Matignon
01:33un Premier ministre issu de LR, arrivé donc quatrième aux élections législatives
01:38et qui, de surcroît, n'a pas participé au Front Républicain ?
01:42Bonjour à tous, déjà, merci beaucoup pour votre invitation.
01:50Je suis vraiment très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui
01:54et très honorée d'être votre invitée.
01:56Ce n'est pas la première fois, bien sûr, que je viens à la fête de l'humanité,
01:59mais c'est la première fois que je viens dans ces circonstances.
02:01Bonjour à tous et vraiment, je suis très heureuse d'être ici.
02:06Merci.
02:10Alors, pour répondre à ta question,
02:13quelle a été ma réaction lors de l'annonce de la nomination de Michel Barnier ?
02:16Il y a eu, évidemment, de la stupéfaction, de la colère et de la déception,
02:22et voire un peu de sentiment de révolte, il me semble,
02:26et je pense que c'est quelque chose qui a été très partagé dans la population.
02:29Pendant des mois, on a attendu le nom de la première ministre.
02:35On a fait tout ce qu'on a pu pendant des semaines
02:37pour montrer qu'on était capable de gouverner,
02:39qu'on s'était préparé, qu'on avait travaillé,
02:41qu'on a montré qu'on était prêt à bâtir des discussions,
02:45à bâtir des compromis, à bâtir des accords.
02:48Et en fait, tout ça a été balayé d'un revers de main.
02:50Et on s'est tourné vers la personne, d'une certaine manière,
02:54qui n'a pas, le courant, qui n'a pas incarné,
02:58qui a refusé d'incarner le Front républicain,
02:59de jouer le jeu qui a été celui de faire barrage à l'extrême droite.
03:04Et donc, on a, par cette nomination...
03:12Alors, je crois qu'il faut s'asseoir devant,
03:14et comme ça, on pourra à nouveau entendre Lucie Casteyn.
03:17Merci beaucoup.
03:18Par cette nomination, on a dit aux électeurs
03:21qu'en fait, ils s'étaient mobilisés pour rien.
03:23Et ça me semble extrêmement grave,
03:25dans un temps où, on le sait,
03:26la démocratie française peut souffrir de certains dysfonctionnements.
03:30On sait que les taux d'abstention étaient extrêmement élevés
03:32ces dernières années, cette dernière décennie.
03:36À cette élection-là, spécifiquement,
03:38les gens sont allés voter,
03:39parce qu'on leur a demandé,
03:41et parce qu'ils ont compris qu'il y avait un enjeu immense.
03:43C'était celui de ne pas laisser accéder
03:44le Rassemblement national au pouvoir.
03:46Or, cette volonté a été battue en brèche,
03:49a été niée par le président de la République
03:51dans le choix qu'il a fait.
03:53Merci, merci Lucie.
03:55Alors, on voit que le Rassemblement national
03:58se retrouve placé au centre du jeu
04:00par Emmanuel Macron.
04:03Et il prétend, le RN,
04:06avoir mis Michel Barnier sous surveillance.
04:09Alors, après que les électeurs
04:11se soient massivement mobilisés en juin
04:12pour barrer la route du pouvoir à l'extrême droite,
04:15quel risque, selon vous,
04:17nous fait courir cette double peine,
04:19c'est-à-dire le vol de l'élection
04:21et le retour du Rassemblement national
04:24imposé par le chef de l'État ?
04:26Déjà, j'y faisais un peu référence tout à l'heure.
04:28Pour moi, il y a un premier risque,
04:29c'est que les gens se découragent
04:31et ne souhaitent plus aller voter.
04:32Et donc, on l'a dit,
04:34on a encouragé les gens à se mobiliser.
04:36Ils ont répondu présent majoritairement
04:38parce qu'ils ont montré qu'ils ne voulaient pas
04:40que le RN arrive au pouvoir.
04:41Et donc, en appelant un ministre
04:43qui est sous la tutelle du Rassemblement national,
04:45j'ai déjà eu l'occasion de le dire,
04:47de fait, Emmanuel Macron s'installe
04:49dans une cohabitation de fait
04:50avec le Rassemblement national.
04:51Alors, on dit aux gens,
04:53votre volonté, votre choix n'est pas respecté
04:54et ça ne sert à rien, finalement,
04:56que vous alliez aux urnes
04:57et que vous vous prononciez.
04:58Je dirais, l'acte le plus simple
05:01de la démocratie qui est le fait d'aller voter
05:03n'a même plus de sens aujourd'hui.
05:04Ça, c'est un premier risque.
05:05Moi, ce que je crains,
05:06c'est que dans les années à venir,
05:07quand on leur dira,
05:08mais si c'est très important,
05:09ça a un sens de voter,
05:10vous faites vivre la démocratie
05:12et vous exprimez votre choix,
05:13alors ils nous disent,
05:14mais non, vous voyez bien,
05:15ça n'a pas eu de sens.
05:16Ça, c'est un premier risque.
05:17Et le second risque,
05:18évidemment, qui est un risque de court terme,
05:20c'est la mise en oeuvre de politiques
05:21qui seront de fait dictées
05:23par le Rassemblement national
05:25parce que le gouvernement de Michel Barnier
05:27aura peur d'une censure
05:29et donc ira mettre en oeuvre des mesures
05:31qui sont celles qui sont attendues
05:33par le Rassemblement national.
05:35Je pense que précisément,
05:36Michel Barnier a été choisi pour cela.
05:38On le sait,
05:39pendant la dernière primaire de la droite,
05:40il a exprimé des positions
05:41extrêmement conservatrices,
05:42voire réactionnaires,
05:44sur de nombreux sujets.
05:45Il a dit, par exemple,
05:45qu'il fallait remettre en question
05:47l'aide médicale à l'État.
05:48Il a dit qu'il était favorable
05:49à la retraite à 65 ans.
05:51Tout ça préfigure
05:52de mesures extrêmement rétrogrades
05:54pour la France.
05:54Et c'est donc, évidemment,
05:56une énorme inquiétude pour moi
05:57et pour vous tous,
05:58j'en suis sûre,
05:58de voir ces mesures mises en oeuvre
06:00à court terme pour la France.
06:01Mais il y a une petite musique
06:03qui court,
06:04largement alimentée
06:06par Macron et les siens.
06:07Qu'est-ce que vous répondez
06:09à ceux qui estiment
06:09que c'était au nouveau Front populaire
06:11de faire un pas vers le centre
06:13pour éviter, justement,
06:14de laisser la main au RN ?
06:16Ça, je pense que c'est une musique
06:17qu'il faut rejeter
06:18avec une très grande vigueur.
06:20Je pense que c'est un discours
06:22qui est porté
06:23avec une énorme mauvaise foi
06:25parce que, dès le premier jour,
06:27moi, par exemple,
06:28toutes les interventions
06:28que j'ai pu être amenée
06:29à donner dans la presse écrite
06:31ou à la télévision
06:32ou à la radio,
06:33je l'ai dit,
06:34nous irons chercher des accords
06:35texte par texte.
06:36Nous construirons ces accords
06:37au Parlement.
06:38Et d'ailleurs,
06:39nous étions contents
06:40de redonner du poids
06:41au Parlement
06:42qui a été,
06:43pendant plusieurs années,
06:44mis un peu au second rang
06:45de notre vie démocratique.
06:46Donc ça, on l'a dit.
06:47On l'a même écrit
06:48à l'ensemble des parlementaires
06:50de ce pays
06:50avec tous les présidents
06:52de groupes
06:52à l'Assemblée nationale
06:53et au Sénat,
06:54avec donc toutes les représentations,
06:56toutes les forces
06:57du nouveau Front populaire
06:58qui étaient représentées
06:59dans la signature de ce courrier.
07:00On a dit,
07:00on trouvera des compromis.
07:02On parlera avec vous.
07:03On ira chercher
07:03des accords texte par texte.
07:05Donc, il est absolument faux
07:06de dire que le nouveau Front populaire
07:08n'a pas tendu la main,
07:09n'a pas été en mesure
07:10de démontrer
07:11qu'il était capable
07:11de faire des compromis.
07:13Et puis, par ailleurs,
07:13pendant tout l'été,
07:14on n'est pas restés
07:15les bras ballants.
07:15On a travaillé,
07:16on a continué
07:17à approfondir
07:18le programme
07:18du nouveau Front populaire
07:19et on a passé
07:20beaucoup d'appels.
07:20Moi, j'ai eu des gens
07:21qui ne sont pas
07:22des élus du nouveau Front populaire
07:24pour discuter avec eux
07:25de où on serait capable
07:26de trouver des accords.
07:27Et il est intéressant
07:28de noter que,
07:29par exemple,
07:29sur des sujets
07:29qui ne sont pas habituellement
07:33des dada,
07:34d'élus
07:35qui ne sont pas
07:36du nouveau Front populaire,
07:36on était capable
07:37de trouver des accords.
07:38Je pense, par exemple,
07:38à des questions fiscales.
07:40En réalité,
07:40si on dépasse
07:41la version totale
07:42du président Macron
07:43pour les impôts,
07:44on se retrouve
07:45dans l'échiquier politique
07:46plutôt à droite
07:47avec des gens
07:48qui sont d'accord
07:49sur le fait
07:49qu'il est irresponsable
07:50de renoncer
07:51à activer le levier fiscal
07:52pour financer
07:53nos services publics.
07:54Par exemple,
07:55l'IOT,
07:55qui est un groupe
07:56plutôt de droite,
07:57centre droit,
07:58est d'accord
07:59pour augmenter la taxe
08:00sur les transactions financières
08:01parce que ça rapportera
08:03des recettes fiscales
08:04à la puissance publique
08:04pour financer
08:05des politiques publiques.
08:06Et bien ça,
08:07Emmanuel Macron s'y refuse
08:08et il n'a pas voulu
08:09entendre le fait
08:10que nous étions prêts
08:10à travailler
08:11avec ce groupe-là
08:12pour travailler
08:12sur cette recette fiscale.
08:14Mais il y a bien
08:14d'autres exemples.
08:15Vous savez que le sujet
08:16des services publics
08:17me tient particulièrement
08:18à cœur.
08:18Je pense qu'il y a
08:20des élus
08:20qui sont hors
08:21nouveau Front populaire
08:22qui constatent aussi
08:23que les services publics
08:24vont mal
08:25et qui doivent être financés,
08:26qu'on doit donner
08:27des moyens aux services publics
08:28et aux agents publics.
08:29Et je pense que nous auriez pu...
08:30Vous voyez,
08:30les services publics
08:31plaisent aux gens.
08:38Je pense que nous aurions pu
08:39trouver des accords
08:40sur ces sujets.
08:41En réalité,
08:42en plaçant la responsabilité
08:44sur le dos
08:45du nouveau Front populaire
08:46en disant
08:47c'est vous qui n'avez pas voulu
08:48aller chercher d'accord,
08:49on détourne l'attention
08:51sur le fait
08:51que la main
08:52ne nous a pas été tendue
08:53par le gouvernement précédent,
08:57par le camp présidentiel.
08:58La seule personne
08:59qui a refusé
08:59de discuter avec moi
09:00au téléphone,
09:01informellement pendant l'été,
09:02c'est Gabriel Attal.
09:03C'est la seule personne
09:04qui a refusé.
09:09Donc c'est important
09:09de noter ça.
09:10Ce n'est pas contre lui personnellement,
09:11c'est simplement
09:12que cette main
09:12n'a pas été tendue,
09:13enfin en tout cas
09:14la main tendue
09:14que moi j'ai exprimée
09:15n'a pas été accueillie.
09:17Et donc je pense
09:18que c'est important
09:18de le noter.
09:19Et puis dernière chose
09:20à noter,
09:21on a dit nous
09:22qu'on censurerait
09:23un gouvernement
09:23qui n'est pas en mesure
09:24de répondre aux attentes
09:25exprimées par les Français
09:26dans les urnes,
09:27c'est-à-dire
09:27un programme progressiste
09:28avec des vrais progrès
09:31qui se détournent totalement
09:32des propositions
09:33du Rassemblement National.
09:35Ça, ce qui est important
09:36de dire,
09:36c'est qu'on nous a accusés
09:37de censurer,
09:38mais en fait,
09:39le président de la République
09:40a fait exactement
09:40la même chose.
09:41Il suffisait
09:42que plus de la moitié
09:43du groupe macroniste
09:44soutienne la politique
09:45que l'on proposait
09:46pour qu'elle passe
09:47et que notre gouvernement
09:48ne soit pas censuré.
09:49Ça, il faut le dire
09:50et le redire,
09:51c'est extrêmement important.
09:54Alors,
09:57en soutenant Barnier
09:58ou en ne le censurant pas,
10:00on sait très bien
10:00que le Rassemblement National
10:02joue la carte
10:02de la crédibilité
10:04pour 2027.
10:06Quelle est la stratégie
10:08qu'on peut tenir
10:09face à ce,
10:10en même temps,
10:11de l'extrême droite,
10:12d'un côté,
10:13éviter le chaos
10:14et de l'autre,
10:15se prétendre
10:16en rupture
10:16avec la politique
10:18de Macron ?
10:19Moi, ce que je pense
10:20qui est extrêmement important
10:21face au Rassemblement National,
10:22c'est de ne rien céder,
10:24ni sur le fond,
10:25ni sur la forme.
10:32Je pense qu'il est extrêmement important
10:34de remettre aussi
10:35le président de la République
10:36et son camp
10:36face à leurs responsabilités.
10:38Président de la République
10:39qui nous disait
10:39au moment de son élection
10:40en 2017
10:41qu'il serait un rempart
10:42face au Front National.
10:44Il faut le lui rappeler
10:45quotidiennement.
10:46C'est extrêmement important.
10:49Et puis, par ailleurs,
10:50il ne faut pas seulement
10:51mettre le président de la République
10:52devant ses contradictions,
10:52il faut aussi mettre
10:54le Front National,
10:54le Rassemblement National,
10:55pardon,
10:56devant ses contradictions.
10:57Le Rassemblement National,
10:58il s'est présenté
10:59comme un parti
11:00qui était favorable,
11:01qui allait servir
11:02les intérêts
11:03des personnes
11:04les plus précaires.
11:05C'est un mensonge
11:06et il faut le rappeler
11:07sans cesse.
11:08Je pense notamment
11:10au service public.
11:11Le Rassemblement National
11:12dit,
11:13c'est Marine Le Pen
11:14qui le disait
11:14lors des dernières présidentielles,
11:16il faut redonner
11:17au service public
11:18ses lettres de noblesse.
11:19C'est par ailleurs
11:20un parti qui propose
11:21de réduire
11:22considérablement
11:23les impôts,
11:23notamment les droits
11:24de succession
11:25et les impôts
11:26qu'on paye
11:26sur les donations
11:27dont on sait
11:27qu'il bénéficie
11:29à une frange
11:30de la population
11:30qui n'est pas du tout
11:31précaire.
11:32Et donc,
11:32la mise en oeuvre
11:33du programme
11:34du Rassemblement National
11:35au présidentiel,
11:36c'est à peu près
11:3650 milliards d'euros
11:37en moins
11:38dans les caisses
11:38de l'Etat.
11:39Comment on peut
11:39envisager
11:40de servir
11:41les services publics
11:42et de servir
11:42les populations
11:43les plus défavorisées
11:44avec un tel programme ?
11:46Par ailleurs,
11:46le Rassemblement National,
11:47c'est un parti
11:48qui tape en permanence
11:49sur les fonctionnaires,
11:49sur les agents publics
11:51qui disent en permanence
11:52qu'il faut réduire
11:53cette obésité administrative
11:55de cette administration
11:56administrante.
11:57Or,
11:57qui répond aux besoins
11:58des gens ?
11:59C'est bien l'administration,
12:00c'est bien les services publics.
12:01Et donc,
12:01je pense qu'il faut
12:02sans arrêt
12:02mettre en lumière
12:03ces contradictions.
12:05Et enfin,
12:05la réforme des retraites.
12:06On a un parti
12:07qui a changé d'avis
12:08sans cesse
12:09sur la question
12:10de l'abrogation.
12:11Et là,
12:11on se retrouve
12:12avec une contradiction béante
12:13avec un Premier ministre
12:14qui prône
12:15pendant les primaires
12:16de la droite
12:16une retraite
12:18à 65 ans
12:19et avec un parti
12:20qui tient de fait
12:21le Premier ministre
12:22qui nous dit
12:22« Moi,
12:23je vais abroger
12:23la réforme des retraites. »
12:25J'attends de voir
12:26comment ils se débrouilleront
12:27de cette contradiction
12:28extrêmement importante
12:29qui va se faire jour
12:30très rapidement.
12:32Alors,
12:33je disais
12:34en introduction
12:35à notre entretien
12:37que vous êtes
12:39la future Première ministre.
12:40En tout cas,
12:40on l'espère très fort.
12:42Des centaines
12:43de milliers de personnes
12:43sont descendues
12:44dans la rue
12:44samedi dernier.
12:45Elles sont d'ailleurs
12:46à nouveau présentes
12:48ici ce week-end
12:49pour dire leur refus
12:50du coup de force
12:51d'Emmanuel Macron.
12:54Mais comment,
12:55de votre point de vue,
12:56peut-on encore
12:56changer la donne,
12:57changer quelque chose
12:58à cette situation,
13:00à ce vol de l'élection ?
13:01Déjà,
13:02je pense qu'il est très important
13:03que les gens
13:03qui ont envie
13:04de se mobiliser
13:04le fassent
13:05par tous les moyens
13:05qu'ils le souhaitent.
13:06Si c'est aller manifester,
13:08aller parler
13:08à leurs voisins,
13:10aller,
13:11dans la rue,
13:12écrire sur les réseaux sociaux,
13:14etc.
13:14Je pense que c'est
13:15extrêmement important
13:15de ne pas se démobiliser.
13:17A la fois,
13:18sur le fond,
13:18c'est extrêmement important
13:19de montrer
13:20que la France
13:20attend autre chose
13:21et aussi parce que
13:22c'est important
13:23pour nous-mêmes
13:24de lutter contre
13:25notre propre solitude
13:26et notre propre découragement.
13:28Et je pense que ça,
13:28c'est vraiment une énergie
13:29à mettre de manière
13:30extrêmement importante.
13:31Ensuite,
13:32il y aura une bataille
13:33à l'Assemblée
13:34et cette bataille
13:34à l'Assemblée
13:35et au Sénat.
13:36Et ça,
13:36ce sont des batailles
13:36qu'il faut mener,
13:37qu'il faut mener tous ensemble.
13:40seront aux premières loges.
13:41Mais il faut aussi
13:42que vous,
13:43nous,
13:43la société civile,
13:45les partis,
13:46les associations,
13:46les collectifs
13:47monterons qu'on attend
13:48encore quelque chose
13:49de la vie politique.
13:50On attend encore
13:51quelque chose
13:51de la vie politique.
13:52Ça me semble extrêmement important
13:54que ce message soit entendu,
13:55y compris par les partis de gauche
13:57pour que ça les motive
13:58à continuer ce combat.
13:59Et je sais qu'ils le sont
14:00totalement mobilisés,
14:01totalement motivés.
14:02Donc je pense que ça,
14:02c'est extrêmement important.
14:04Ne perdons pas la foi
14:05dans la politique
14:06parce que la politique
14:07peut changer la vie des gens.
14:09Et j'en suis absolument
14:10convaincu.
14:11Et je pense que c'est
14:11quelque chose
14:11dans lequel il faut
14:13qu'on y croit tous
14:14fermement.
14:16Alors,
14:21admettons que ce message
14:23soit entendu,
14:24que Michel Barnier
14:25soit censuré,
14:27qu'Emmanuel Macron
14:28respecte enfin
14:29la logique des institutions
14:31et vous nomme
14:31Premier ministre
14:32à Matignon.
14:34Vous parliez tout à l'heure
14:36des discussions
14:38que vous aviez engagées
14:40pendant l'été.
14:41On voit les réponses
14:44qui ont été apportées
14:47et le contexte,
14:49comment dire,
14:50politique
14:51dans lequel on est aujourd'hui
14:54et le jeu joué par la droite,
14:56par le RN.
14:57Dans l'hypothèse
14:58où vous êtes à Matignon,
15:01comment on peut imaginer
15:02que votre gouvernement
15:04ne tombe pas immédiatement ?
15:06Je l'ai dit,
15:06je pense qu'il est très important.
15:08On l'a dit très rapidement
15:10tous ensemble.
15:11Je l'ai dit tout à l'heure,
15:12notamment dans un courrier
15:12qui a été envoyé
15:13à tous les parlementaires
15:14et aussi un courrier
15:15qui a été envoyé
15:16à tous les Français.
15:17J'espère que vous l'avez bien reçu.
15:19On a dit, nous,
15:20on a conscience
15:21qu'on a construit
15:22un programme de majorité absolue.
15:24C'est bien normal.
15:25Aucune coalition,
15:27aucun parti
15:28ne se présente aux urnes
15:29avec un programme
15:30pour une majorité relative.
15:31C'est normal.
15:32C'était notre objectif.
15:33C'était de gouverner.
15:34Maintenant,
15:35on avait conscience
15:35qu'on avait une majorité relative.
15:37Et donc, on a dit
15:38notre légitimité à nous,
15:40nouveau Front populaire,
15:41c'est de gouverner
15:42et donc d'être en mesure
15:43de faire les propositions,
15:44d'arriver au gouvernement
15:45et d'être en mesure
15:45de fixer l'agenda,
15:47comme on dit,
15:47de mettre les propositions
15:48sur la table
15:49sur la base de notre programme
15:50et ensuite,
15:52que vive la vie démocratique.
15:53Que vive la vie démocratique.
15:55C'est extrêmement important
15:56et c'est ce que moi,
15:56je reproche au président de la République.
15:58Et d'ailleurs,
15:58je le lui ai dit
15:59quand nous l'avons vu
16:00tous ensemble
16:01le fin de 6 août.
16:02Je lui ai dit,
16:03monsieur le président,
16:03vous êtes légitime
16:04à ne pas être d'accord
16:06avec ce que nous proposons
16:07puisque précisément,
16:08nous proposons
16:09de revenir sur ce que vous avez mis en oeuvre
16:11et de nous écarter
16:12de politiques que vous avez menées.
16:14En revanche,
16:17ce que vous ne pouvez pas faire,
16:19c'est refuser de nous désigner
16:21pour aller à Matignon
16:22et pour former un gouvernement
16:23parce que vous n'êtes pas d'accord
16:24avec ce que nous proposons
16:25puisque c'est la logique
16:26de la démocratie.
16:32Et donc,
16:33au gouvernement,
16:34nous aurions eu
16:35un gouvernement
16:36qui est ferme
16:37sur ses appuis,
16:38sur ses positions
16:40intellectuelles,
16:40politiques,
16:41idéologiques,
16:41mais ensuite,
16:42la vie démocratique
16:43aurait suivi son cours.
16:45Nous aurions fait des propositions
16:46à l'Assemblée,
16:46au Sénat,
16:47les discussions auraient avancé
16:49et nous aurions trouvé des compromis.
16:50Je le disais tout à l'heure,
16:52ça porte par exemple
16:52sur la taxe
16:53sur les transactions financières,
16:54mais ça peut aussi passer
16:56sur le rétablissement
16:58d'une forme d'impôt
16:59sur la fortune
17:00puisque même Gabriel Attal,
17:02et je choisis de le croire,
17:03dans son courrier
17:04qu'il lui a adressé
17:05dans un second temps
17:06aux parlementaires,
17:07disait
17:07« Travaillons à l'élaboration
17:08d'un ISF vert,
17:10dont acte,
17:11mais alors laissez-nous
17:12travailler avec vous
17:13si réellement
17:13vous êtes de bonne foi ».
17:15Alors,
17:16bon,
17:17sur l'ISF vert,
17:18effectivement,
17:19on voit que la proposition
17:21pourrait avoir un écho.
17:22Vous dites,
17:22donc,
17:23on fait des propositions,
17:24ensuite,
17:24on laisse la vie démocratique
17:28se faire.
17:29Mais après les propositions,
17:31il faut nécessairement
17:33des compromis.
17:33Mais sur les salaires,
17:35par exemple,
17:35sur la réforme des retraites,
17:38sur le pouvoir d'achat,
17:40plus généralement,
17:41pas seulement les salaires,
17:42par exemple,
17:43l'encadrement des prix,
17:44etc.
17:45vos propositions sont aux antipodes
17:47de celles de la droite.
17:49Comment vous comptez,
17:50si vous êtes à Matignon,
17:52arriver néanmoins
17:53à passer des compromis
17:55avec des forces
17:55qui se disent hostiles
17:57avec les bases mêmes
17:57de votre programme ?
17:58Alors déjà,
17:59la réforme des retraites,
18:00je ne suis pas certaine
18:01que ce que nous proposons
18:02est aux antipodes
18:03de ce que porte la droite,
18:04tout simplement parce que
18:05je sais que les élus de droite
18:07sont aussi comptables
18:08devant leurs électeurs
18:09et quand il y a
18:107 à 8 Français sur 10
18:11qui étaient opposés
18:12à la réforme,
18:13je pense que
18:14l'électorat,
18:15y compris de droite,
18:17serait très sensible
18:17aux positions
18:18portées par leurs députés
18:20une fois à l'Assemblée nationale
18:21et par leurs sénateurs
18:23au Sénat.
18:23Donc ça, c'est un premier point.
18:27Ensuite,
18:28je pense qu'il est
18:29extrêmement important
18:30de dire que
18:30l'une des choses
18:31qui était portée
18:32avec beaucoup de fierté
18:33par le nouveau Front Populaire,
18:35c'était de donner
18:35de la place,
18:36redonner de la place
18:37aux partenaires sociaux
18:38et sur ces sujets,
18:39typiquement sur la question
18:40du pouvoir d'achat.
18:41Nous, on a dit
18:43sur le SMIC,
18:44on disait le SMIC à 1600 euros,
18:46sur le point d'indice,
18:47on disait plus 10%
18:49de points d'indice
18:50pour les agents publics.
18:51Eh bien ça,
18:52c'est notre proposition,
18:53c'est ce qu'on met sur la table.
18:54Ensuite, ce qu'on a dit,
18:55c'est qu'on redonnera
18:56la main aux partenaires sociaux
18:57qui sont aujourd'hui
18:58foulés au pied
18:59par les gouvernements successifs
19:00qui ne les écoutent plus.
19:01Les partenaires sociaux
19:02nous l'ont d'ailleurs dit
19:03quand on a organisé
19:04des réunions
19:05en intersyndicale
19:05au cœur de l'été.
19:06Ils nous ont dit
19:07merci de nous redonner la parole,
19:08merci de nous réécouter.
19:09Le gouvernement nous demande
19:10des propositions en permanence
19:11mais il n'en fait rien,
19:13ça tombe dans un puits.
19:14Et donc nous,
19:14on a dit
19:15sur ces sujets,
19:16voilà notre proposition,
19:16maintenant,
19:17emparez-vous de la proposition
19:18et dites-nous ce que vous en pensez,
19:20dites-nous quelles seraient
19:21les modalités de mise en oeuvre
19:22qui vous sembleraient acceptables.
19:24Et je pense qu'avec
19:24une nouvelle association,
19:26une forme renouvelée
19:27d'association du pouvoir syndical,
19:29alors on pourrait bâtir
19:30des compromis qui sont robustes
19:31et qui aussi mettent
19:33les élus devant leurs responsabilités
19:35une fois que la proposition
19:36arrive au Parlement.
19:37Je pense qu'il faut aussi
19:39changer la méthode
19:40et quand on a dit
19:40le nouveau Front populaire
19:41veut changer la méthode,
19:42ça n'est pas qu'un slogan,
19:43c'est vraiment une réalité
19:45et quelque chose
19:45qu'on aurait voulu mettre en oeuvre
19:46et qui nous aurait aidé
19:47à bâtir des compromis.
19:48Parce qu'on est plus fort
19:49avec aussi la position
19:50des syndicats
19:51qui soutiendraient une réforme
19:52avec des modalités
19:53qui pourraient évoluer
19:54en fonction des différentes sensibilités,
19:56bien sûr.
20:00Alors, vous parliez du Parlement,
20:01il y a une question
20:02qui va se poser très rapidement
20:03et très concrètement,
20:04c'est celle du budget
20:06qui va arriver
20:07dès le mois d'octobre.
20:09Je parlais tout à l'heure
20:10de petite musique,
20:11il y en a une autre
20:11qui a été entretenue
20:13notamment par Bruno Le Maire
20:14ces derniers jours
20:15qui peut s'apparenter
20:17à une forme de chantage
20:18à la dette et au déficit
20:19pour imposer l'idée
20:20qu'il n'y a pas d'autre solution
20:22que l'austérité
20:24du fait que la France
20:25est en procédure
20:27notamment pour déficit excessif.
20:29Vous parliez tout à l'heure
20:31de nouvelles recettes.
20:32Est-ce que vous pouvez nous dire
20:33un peu plus précisément
20:35comment on peut échapper
20:37à ces contraintes budgétaires
20:39qu'on nous présente
20:39comme absolument inéluctables ?
20:41Alors déjà sur le sujet budgétaire
20:43je trouve que c'est extrêmement intéressant
20:45à quel point il y a une forme
20:46d'hégémonie culturelle
20:48de la droite
20:49sur les questions économiques,
20:50financières et budgétaires
20:51en général.
20:52Si
20:58quand on regarde
20:59les courbes de dette
21:00et de déficit
21:00en fait on voit
21:02que pendant les quinquennats
21:03où la droite
21:04est au pouvoir
21:05la dette et le déficit
21:06s'accroissent davantage
21:07que quand la gauche
21:08est au pouvoir.
21:09c'est extrêmement frappant
21:10et pour autant
21:11on continue de dire
21:12oui la gauche
21:13reste gratis
21:14et la droite est sérieuse.
21:16En réalité c'est l'inverse
21:17et ça j'aimerais aussi
21:18qu'on essaye de le rappeler
21:19de plus en plus
21:19pour que la gauche
21:21je pense que la gauche
21:26ne doit pas avoir honte
21:28de son programme économique
21:29et en l'occurrence
21:29le programme du rassemblement
21:31du nouveau front populaire
21:32était un programme
21:33qui était financé
21:34qui avait été travaillé
21:36avec beaucoup d'économistes
21:36et moi ce que j'ai dit
21:37très vite c'est
21:38les nouvelles mesures
21:39que nous mettrons en oeuvre
21:40ne seront pas financées
21:41avec du nouveau déficit
21:42mais avec des nouvelles ressources.
21:44Ça c'est un premier point.
21:45Le second point
21:45c'est que c'est quand même
21:46assez ironique
21:47d'entendre le ministre
21:49Bruno Le Maire
21:50nous dire maintenant
21:50c'est une cure d'austérité
21:51parce qu'il y a une procédure
21:53de déficit excessif
21:54alors que cette procédure
21:55est liée
21:56l'ouverture de cette procédure
21:57est liée spécifiquement
21:59à la politique
21:59qui a été mise en oeuvre
22:00pendant 7 ans
22:01ça fait 7 ans
22:02que Emmanuel Macron
22:04est au pouvoir
22:05Bruno Le Maire
22:05a été ministre de l'économie
22:07pendant extrêmement longtemps
22:07et donc cette situation
22:10est la conséquence
22:11certes de crises
22:12qui sont arrivées
22:13comme la crise du Covid
22:14mais aussi de la façon
22:15dont ils ont décidé
22:16de gérer cette crise
22:17et en particulier
22:18le fait qu'ils ont refusé
22:20obstinément
22:21d'activer le levier fiscal
22:23alors qu'il existe
22:24des injustices flagrantes
22:25dans notre système fiscal
22:26qui pourraient être corrigées.
22:28Et donc nous
22:28c'est ce que nous disons
22:29nous disons
22:29allons nous attaquer
22:31à certaines béances
22:33certains défauts
22:34de notre système fiscal
22:35qui peuvent être réparés
22:36ça peut représenter
22:36plusieurs dizaines
22:37de milliards d'euros
22:38et aussi regardons
22:39d'autres types de dépenses
22:40qui ne sont jamais évaluées.
22:42Il y a une économiste
22:43qui s'appelle Anne-Laure Delatte
22:44qui a écrit un livre
22:45qui montre que
22:46au total
22:47toute forme d'aide
22:48confondue aux entreprises
22:49l'Etat dépense
22:50ou récupère
22:51200 milliards d'euros
22:53en moins
22:53chaque année.
22:54Ces mesures là
22:55il faut les regarder
22:56une par une
22:57je ne dis pas
22:57qu'il faut supprimer
22:58200 milliards d'euros
22:59d'aide aux entreprises
23:00parce qu'il y en a
23:01qui sont utiles
23:01qui fonctionnent
23:02qui sont conditionnés
23:03mais en réalité
23:04il y en a très peu
23:04qui sont conditionnés
23:05et donc regardons tout ça
23:06regardons tout ça
23:08et on peut aller chercher
23:08des recettes
23:09et des moindres dépenses
23:10qui nous permettront
23:11de financer
23:11par exemple
23:12nos services publics
23:13mais pardon
23:13je rabâche beaucoup
23:14la question des services publics
23:15parce que vous savez
23:15qu'elle me tient
23:16particulièrement à coeur.
23:21Alors vous évoquez
23:22à l'instant
23:23l'augmentation
23:23des recettes
23:26mais Macron
23:27vous a prédit
23:28la ruine
23:29et a refusé
23:30de vous nommer
23:30en évoquant
23:31la panique
23:32des marchés financiers
23:33qu'une telle politique
23:36produirait
23:36et le plongeon
23:38de la France
23:39dans l'abîme.
23:41Qu'est-ce que
23:42vous lui répondez
23:43parce qu'il y a aussi
23:44la pression du capital ?
23:46Alors ce que je réponds
23:47c'est un peu
23:48pardon parce que
23:49je ne veux pas répéter
23:50ce que j'ai dit
23:50mais il y a quand même
23:51encore une fois
23:52une question de crédibilité
23:53il faut que la gauche
23:54cesse d'avoir peur
23:55de son nombre
23:56et arrête de se dire
23:58on manque absolument
23:59de crédibilité
23:59il faut absolument
24:00donner des gages
24:00de crédibilité
24:01parce qu'en fait
24:02nous sommes crédibles
24:03et je pense
24:03que ce dont les marchés
24:05ont le plus besoin
24:06pour connaître un peu
24:07puisque c'est quand même
24:08un petit peu mon métier
24:09les marchés
24:10ils ont besoin
24:10de visibilité
24:12et de prévisibilité
24:13et donc
24:14ça c'est extrêmement important
24:15de dire
24:16voilà la politique
24:16qu'on souhaiterait mettre en oeuvre
24:18année après année
24:19nouvelle recette
24:20nouvelle dépense
24:21et ensuite on adapte
24:22en fonction de la situation
24:23si on arrive à lever
24:24le nombre de
24:24le montant de recettes
24:26attendu ou pas
24:26on peut ajuster
24:27les dépenses etc
24:28mais donc
24:28ils ont besoin
24:29d'une vision
24:31sur ce que l'état
24:31va faire
24:32donc ça c'est extrêmement
24:33important
24:34et c'est ce que
24:34le programme
24:35du nouveau front populaire
24:36était en mesure de proposer
24:37au marché financier
24:38par ailleurs
24:40les marchés financiers
24:41ils voient
24:42d'un très mauvais oeil
24:42lorsque un état
24:43décide de réduire
24:44les impôts
24:45parce que
24:46il se dit
24:47c'est tout ça
24:48en moins
24:48qui permettra pas
24:49à l'état
24:50de rembourser la dette
24:51que nous on lui prête
24:52et donc il faut le dire
24:53si Emmanuel Macron
24:54est si inquiet
24:55de la façon dont les marchés
24:57analysent la politique économique
24:58alors il faut le dire
24:59il est irresponsable
25:00de réduire les impôts
25:01ou de pas vouloir
25:02lever davantage d'impôts
25:03parce que ça
25:04c'est ce qui permet
25:04demain
25:05de rembourser sa dette
25:06donc ça c'est extrêmement important
25:07et encore une fois
25:07c'est une question de crédibilité
25:09du discours de la gauche
25:10et enfin
25:11il faut envisager aussi
25:12d'autres formes
25:13pour ne pas être
25:14autant dans la main du marché
25:15des marchés financiers
25:16pour d'autres formes d'endettement
25:18mais ça c'est des discussions
25:18qu'il faut avoir
25:19plus sur le long terme
25:20mais en tout cas à court terme
25:21ce dont les marchés ont besoin
25:24c'est de la prévisibilité
25:25et on était en mesure
25:26de leur donner
25:27alors on voulait aussi
25:28parler un petit peu
25:29avec vous
25:29du nouveau front populaire
25:31en tant que tel
25:32vous avez dit
25:33vouloir voir
25:34l'élan
25:35qu'il a suscité
25:37se perpétuer
25:38comment est-ce que
25:39vous envisagez
25:40la suite
25:40de ce mouvement
25:43de cette alliance
25:45est-ce qu'on peut éviter
25:47cette fois
25:48de voir
25:49la gauche
25:50à nouveau implosée
25:52comme ça a été le cas
25:52par exemple
25:53à l'époque
25:53de la NUP
25:54moi j'appelle
25:56de mes voeux
25:57les plus chers
25:58le fait que
25:59le NFA
26:00continue à exister
26:01je vois vraiment
26:02dans les parties
26:02une très forte volonté
26:04que cette union perdure
26:05moi personnellement
26:07je mettrais toujours
26:07mon énergie au service
26:09du maintien de cette union
26:10qui ne dépend évidemment
26:11pas que de moi
26:12mais je ferai ce que je peux
26:14moi pour que ça perdure
26:15et ce que je peux dire
26:16c'est que en tout cas
26:17dans toutes les universités
26:18d'été
26:19où j'ai été cet été
26:20j'ai été aux 4
26:20c'était génial
26:21et ce que je peux dire
26:22c'est que j'ai été
26:23absolument frappée
26:24dans des moments
26:25où normalement
26:25les militants se tournent
26:27vers leur parti
26:27en interne
26:28etc
26:29j'ai été frappée
26:30par ce besoin
26:31cette envie d'union
26:32qui était exprimée
26:33par les militants
26:34de tous les partis
26:35et donc je pense que ça
26:36il faut que tout le monde
26:36l'entende
26:37et qu'on se dise
26:38maintenant on se retrousse
26:39les manches
26:39et on fait en sorte
26:39que ça continue
26:45alors
26:47depuis juillet
26:48et votre
26:50depuis juillet
26:51et votre désignation
26:52comme
26:53candidate commune
26:54donc du nouveau
26:55Front populaire
26:55vous avez donné
26:57un visage
26:57au nouveau Front populaire
26:58vous êtes le visage
26:59du nouveau Front populaire
27:00vous l'avez incarné
27:02quel rôle
27:03vous vous voyez
27:04endosser
27:05ces prochaines
27:06semaines
27:06ces prochains mois
27:08au delà
27:09d'être la candidate
27:10pour Matignon
27:11est-ce que vous pouvez être
27:13le visage
27:13le visage de cette union
27:14dans les mois à venir ?
27:18ce qui est sûr
27:18en tout cas
27:19c'est que moi
27:19je reste au service
27:20du nouveau Front populaire
27:21voilà moi
27:22j'ai envie que
27:22cet élan collectif
27:23continue à exister
27:24si
27:25si
27:26on me donne ce rôle
27:27de continuer
27:28à faire porter cet espoir
27:29alors je le prends volontiers
27:30avec le soutien
27:31avec le soutien collectif
27:32parce que
27:38en réalité
27:39je ne suis pas toute seule
27:40dans cette aventure
27:41vous êtes tous là
27:41avec moi
27:42enfin en tout cas
27:42j'espère
27:43parce que sinon
27:44les chaussures
27:45seront très grandes
27:49on dirait qu'ils sont là
27:51ensuite
27:51ce que je pense
27:52vraiment très important
27:53qu'on continue à faire
27:54c'est qu'on continue
27:54à travailler tous ensemble
27:55un peu à toutes les échelles
27:57c'est à dire au Parlement
27:58donc ça
27:59ça sera les élus
28:00qui devront le faire ensemble
28:01et donc
28:02nous on continuera
28:04à essayer de soutenir
28:05de fournir de l'expertise
28:07si c'est nécessaire
28:07on continuera à faire
28:08ce qu'on a fait dans l'été
28:09si c'est jugé nécessaire
28:11par les partis du nouveau populaire
28:12et ensuite
28:13moi ce que je pense
28:13c'est très important
28:14c'est aussi
28:15retourner voir les français
28:16les françaises sur le terrain
28:17pour leur demander
28:18ce qu'ils attendent
28:18de la politique
28:19ce qu'ils attendent
28:20je le disais tout à l'heure
28:20moi je pense que la politique
28:21a tout à offrir aux gens
28:23mais il faut aussi demander aux gens
28:24ce qu'ils attendent
28:25quelles sont leurs priorités
28:26il faut continuer à avoir ce dialogue
28:28avec les citoyens
28:29et les citoyennes
28:30pour pouvoir continuer
28:31à leur offrir quelque chose
28:32qui correspond à leurs besoins
28:34et donc ça
28:34ça me semble extrêmement important
28:36de renouer ce dialogue
28:36dans les mois qui viennent
28:37je pense aussi
28:38que ce qui est très important
28:39c'est de savoir
28:40que le nouveau front populaire
28:41a existé aussi
28:42grâce aux initiatives
28:43de la société civile
28:45des collectifs
28:46des associations
28:46etc
28:47et ceux-là
28:51et ceux-là
28:52ils ont montré
28:53que quand ils se mobilisaient
28:54la gauche était plus forte
28:55et donc je pense qu'il faut
28:56continuer à offrir
28:57des débouchés
28:58à ces collectifs-là
28:59à ces associations
29:00pour qu'ils continuent
29:01à incarner aussi eux
29:02l'union de la gauche
29:03voilà
29:04alors vous parlez
29:05vous parlez de renouer
29:07le dialogue
29:08et vous avez dit
29:10ces derniers jours
29:11aussi vouloir aller
29:12à la rencontre
29:13des électeurs
29:14du RN
29:15même si ce ne sera pas
29:16toujours agréable
29:17l'avez-vous dit d'ailleurs
29:18avec quel message
29:20vous comptez aller les voir
29:22je pense que c'est important
29:23il y a beaucoup
29:24d'anciens électeurs
29:25de gauche
29:25qui se sont progressivement
29:26tournés vers le RN
29:27et je pense que ça ne peut pas
29:28nous laisser de marbre
29:29il ne faut pas rester insensibles
29:31et surtout pas rester
29:31les bras croisés
29:33face à cette situation
29:34alors je sais que
29:35beaucoup de partis
29:36bien sûr
29:36ils sont sensibles
29:37il faut retourner parler
29:38à ces gens
29:38je pense qu'il existe
29:39dans le lectorat RN
29:41du racisme
29:42il ne faut pas le nier
29:42je pense qu'il y a eu
29:43une très forte montée
29:44du racisme en France
29:45je pense qu'il faut lutter
29:46sans relâche
29:46contre le racisme
29:47mais aussi une manière
29:48de lutter contre
29:49le vote RN
29:50c'est aussi aller décortiquer
29:52le programme du RN
29:52comme je disais tout à l'heure
29:53en fait le programme du RN
29:54est mensonger
29:55sur le soutien au service public
29:57sur le soutien à la puissance publique
29:58sur la redistribution
29:59et je pense qu'il faut aller
30:00expliciter tout ça
30:01et à montrer aux gens
30:02que la gauche
30:03est prête à changer leur vie
30:04est prête à s'engager
30:05pour mettre enfin en place
30:07des mesures
30:07qui les aidera
30:08par exemple
30:09à avoir un pouvoir d'achat
30:10plus important
30:10à mieux vivre au travail
30:11au quotidien
30:12à partir à la retraite
30:13dans des conditions de santé
30:14qui sont acceptables
30:15à avoir des enfants
30:16qui ont des professeurs
30:18à l'école tous les jours
30:18etc.
30:22et je pense qu'en faisant ça
30:24d'une certaine façon
30:25on met fin
30:26à la concurrence
30:27des précarités
30:27qui peut nourrir
30:29le vote RN
30:29et donc ça je pense que
30:30c'est vraiment extrêmement important
30:31de continuer à parler aux gens
30:32et en se disant pas
30:33ben voilà
30:33c'est un électorat
30:34qui est perdu pour la gauche
30:35parce qu'en fait
30:36au fond
30:36c'est tout le monde
30:37qui perd quand le RN monte
30:38et ça il faut en avoir conscience
30:40d'accord
30:41donc pour vous
30:43c'est sur le terrain social
30:45pour vous
30:48c'est sur le terrain social
30:49donc on peut
30:50s'adresser
30:52aux électeurs du RN
30:54oui
30:54je pense qu'il y a vraiment
30:56deux jambes
30:57qu'il faut absolument traiter
30:58il y a la question du racisme
30:59je pense que les discours racistes
31:00sont très forts
31:01et continuent
31:02et croissent dans la société
31:04et donc il faut lutter
31:05absolument
31:05sans relâche
31:06contre les discours racistes
31:11je pense qu'il faut lutter
31:12contre tout ce qui nourrit
31:13le RN
31:13et le vote pour le RN
31:15donc je pense que la précarité
31:17est un des leviers
31:17la lutte contre la précarité
31:19est un des leviers
31:19mais il faut rester totalement
31:21intolérant et ferme
31:22face au discours
31:22contre le racisme
31:23les syndicats le disent d'ailleurs
31:24et on a une table ronde
31:25tout à l'heure
31:26avec Sophie Binet
31:26à ce sujet
31:27ils disent sur les lieux de travail
31:28il y a un racisme très fort
31:29qui s'exprime
31:30et qui a été encore plus fort
31:31là entre les deux tours
31:32il y avait une sorte de
31:33de libération de la parole raciste
31:36contre laquelle
31:36il faut absolument lutter
31:37et que je ne nie pas du tout
31:39donc je pense qu'il faut être
31:40vraiment absolument intransigeant
31:41là-dessus
31:41et je pense que c'est une des manières
31:43aussi de dégonfler
31:44le discours du RN
31:45en disant
31:45mais de quoi on parle
31:46quand on parle de l'immigration
31:47il faut avoir une position
31:48sur l'immigration
31:49qui n'a pas peur
31:50de dire les choses
31:51de dire
31:51on n'a pas de problème
31:52de vagues migratoires
31:53on a un problème d'accueil
31:54par exemple
31:55il me semble extrêmement important
31:56de dire ça
32:03mais je pense juste
32:04qu'il ne faut pas
32:04il ne faut pas tourner le dos
32:06aux électeurs du RN
32:07en se disant
32:07ils sont définitivement perdus
32:08parce que je pense
32:09qu'ils expriment aussi
32:09de la souffrance
32:10dans la manière
32:11dont ils sont traités
32:11en France
32:13le fait qu'on ne regarde plus
32:14les questions de précarité
32:15les questions de pouvoir d'achat
32:17etc
32:17et donc le découragement
32:18et le fait que l'élection
32:20ne semble plus servir
32:21qu'on n'écoute pas les gens
32:22peut nourrir ce vote-là
32:23et donc c'est à ça
32:24qu'il faut s'atteler
32:25nous la gauche
32:26alors
32:29puisqu'on parle aussi
32:32de désespérance sociale
32:33je voudrais qu'on s'arrête
32:35un instant
32:35sur le baromètre
32:36du secours populaire français
32:38qui est paru hier
32:40dont l'humanité
32:41d'ailleurs se fait
32:42largement l'écho
32:43dans son numéro du week-end
32:44et ce baromètre
32:46montre que
32:47le nombre de ceux
32:48qui se disent
32:49en situation de pauvreté
32:51augmente largement
32:52d'une année
32:53sur l'autre
32:54ce qui témoigne
32:55donc d'une précarisation
32:56galopante
32:58sans doute sous l'effet
32:59des politiques
33:00que nous subissons
33:02quelles mesures
33:03si vous étiez
33:04donc demain à Matignon
33:05quelles mesures
33:06sur cette question-là
33:07précisément
33:08sur la question de la lutte
33:09contre la pauvreté
33:10quelles mesures
33:11décideriez-vous
33:12en matière de minima sociaux
33:13d'aide sociale
33:14d'aide aux plus démunis
33:16face à cette situation
33:17on a dit très clairement
33:19qu'il fallait revaloriser
33:20les minima sociaux
33:20et il faut que tout le monde
33:21puisse en France
33:22vivre décemment
33:23avec des minima sociaux
33:24il n'est pas normal
33:24que des gens
33:25qui n'ont pas accès à l'emploi
33:26qui bénéficient
33:27des minima sociaux
33:28ne puissent pas vivre dignement
33:29les minima sociaux
33:30c'est pas vivre dans la misère
33:32c'est vivre correctement
33:32on est un pays riche
33:34et on doit se donner les moyens
33:35que tout le monde
33:35puisse vivre correctement
33:36qu'il n'y ait plus personne
33:37dans la rue
33:38et que les gens puissent
33:39avoir une vie décente
33:40avec des minima sociaux
33:41mais vous le disiez
33:45vous dites qu'il y a
33:46de plus en plus de familles
33:47qui se disent dans la pauvreté
33:48en réalité
33:49il y a aussi
33:49de plus en plus de familles
33:50dont l'une des personnes
33:51dans le couple
33:54ou même les deux
33:55ont un travail
33:56ce qui est extrêmement important
33:57de dire
33:57c'est qu'il y a eu
33:57une précarisation du travail aussi
33:59et que ça
33:59c'est le fruit
34:00de décisions politiques
34:01il faut en avoir conscience
34:03lutter à tout prix
34:04contre le chômage
34:05et par ailleurs
34:06faire des conditions de vie
34:07effroyables aux chômeurs
34:08avec la réforme
34:09de l'assurance chômage
34:10mais lutter à tout prix
34:11contre le chômage
34:12sans regarder la façon
34:13dont les travailleurs vivent
34:15ça c'est aussi
34:16une décision de politique publique
34:17qui a des conséquences
34:19très claires
34:19en matière de pauvreté
34:20des gens qui ont un travail
34:22et donc ça c'est extrêmement
34:22important de le regarder
34:23et aussi de le dire
34:24donc je pense qu'il faut
34:25à la fois oeuvrer
34:26sur le terrain
34:27des minima sociaux
34:28mais aussi sur le terrain
34:29des salaires
34:30et on le disait tout à l'heure
34:31c'est la question du SMIC
34:32à 1600 euros
34:33et c'est aussi la question
34:34du point d'indice
34:35ça ça me semble vraiment
34:36extrêmement important
34:37de regarder ces deux aspects
34:40juste un point
34:42quand on dit aussi
34:43qu'on lutte
34:44pour les services publics
34:45les services publics
34:46c'est aussi
34:47on le dit souvent
34:48le patrimoine
34:49de ceux qui n'en ont pas
34:50je pense que lutter
34:50contre la pauvreté
34:51ça passe aussi
34:52par revaloriser
34:53les services publics
34:54normalement
34:55on doit avoir accès
34:56à une éducation gratuite
34:57on doit avoir accès
34:58à une santé
34:59à un système de soins
35:01qui est performant
35:01et qui est gratuit
35:02ou qui est très peu cher
35:04et ça c'est de moins en moins
35:06le cas
35:06parce qu'on ne finance pas
35:07suffisamment
35:07nos services publics
35:08et donc financer davantage
35:09les services publics
35:10leur redonner une place
35:11aussi symbolique
35:12au sein de notre pacte social
35:14au sein de notre société
35:15ça aussi
35:16c'est lutter contre la précarité
35:17et contre la pauvreté
35:19alors justement
35:20puisque vous parlez
35:20de services publics
35:22on sait qu'il y a des
35:23il y a des catégories
35:24de personnes
35:25des publics
35:26particulièrement
35:28vulnérables
35:28aux situations de pauvreté
35:29vous évoquez le service public
35:31on sait que les étudiants
35:31par exemple
35:32forment un gros contingent
35:34dans les personnes
35:35en situation de pauvreté
35:36on sait aussi
35:36que les maires isolées
35:38c'est le cas
35:39presque d'une majorité
35:40d'entre elles
35:40et puis
35:42il y a aussi
35:42la question des migrations
35:44et des précarités
35:45qui vont avec
35:45et notamment
35:46qui accompagnent
35:47des politiques restrictives
35:48quand on est sans papier
35:49quand on ne peut pas
35:50trouver de travail
35:51quelles seraient
35:52les mesures
35:53ciblées
35:53sur ces publics là
35:54les étudiants
35:55les maires isolées
35:57et les exilés
35:59en situation
36:01irrégulière
36:01dans notre pays
36:02quelles seraient
36:03les mesures
36:04que vous pourriez prendre
36:04si vous arriviez
36:05demain à Matignon
36:06il y a énormément
36:07de mesures
36:08qu'il faut prendre
36:09et qui sont possibles
36:10il y a évidemment
36:11la revalorisation
36:11des minima sociaux
36:12sur la question
36:13des maires isolées
36:14pardon j'y reviens
36:15mais il y a encore
36:15un autre sujet
36:16qui me paraît
36:17extrêmement important
36:18c'est l'idée
36:18qu'il faut développer
36:20des nouveaux services publics
36:21parce que la gauche
36:22c'est pas que dire
36:23il faut restaurer
36:24ce qu'on avait avant
36:24et c'était mieux
36:25c'est aussi dire
36:26la société évolue
36:27et donc il faut penser
36:28des nouveaux systèmes
36:28de solidarité commune
36:30et des nouveaux systèmes
36:31de socialisation
36:32de nos besoins
36:35et par exemple
36:36sur le sujet
36:37des maires isolées
36:38mais aussi des personnes
36:39âgées isolées
36:40on sait que la population
36:41vieillit de plus en plus
36:42je pense qu'il faut inventer
36:43des nouveaux services publics
36:44on peut imaginer
36:45un service public
36:46de la petite enfance
36:47qui est beaucoup plus performant
36:48aujourd'hui
36:48il existe des services publics
36:49de la petite enfance
36:50il y a par exemple
36:50des communes
36:51on sait qu'à Paris
36:52le service public
36:52de la petite enfance
36:53c'est extrêmement performant
36:54même si on n'arrive plus
36:55à recruter
36:56ça c'est un autre point
36:57dont on parlera peut-être
36:58tout à l'heure
36:58mais je pense qu'il faut
36:59imaginer un service public
37:00de la petite enfance
37:01beaucoup plus performant
37:02qui permette à tout le monde
37:03d'avoir un accueil collectif
37:05tous ceux qui le souhaitent
37:06d'avoir un accueil collectif
37:08c'est pas le cas du tout
37:08aujourd'hui
37:09on peut imaginer aussi
37:10des nouveaux services publics
37:11en matière d'accueil
37:12des personnes âgées
37:13on sait aujourd'hui
37:14que la dépendance
37:15des personnes âgées
37:16s'accroît parce qu'on vit
37:17de plus en plus vieux
37:17mais pas de plus en plus vieux
37:18en bonne santé
37:19or les EHPAD
37:20on a vu tous les scandales
37:22qu'il y a eu ces dernières années
37:23les EHPAD sont financiarisés
37:25et donc il y a un recul
37:26de la puissance publique
37:27dans le contrôle des EHPAD
37:29et ça ça veut dire
37:30qu'on vit moins bien
37:32quand on est âgé
37:33et donc on n'est pas aidé
37:34par la puissance publique
37:35parce que la puissance publique
37:36n'est pas active
37:37dans ce domaine là
37:38donc tout ça
37:38c'est des nouvelles dispositions
37:40auxquelles il faut penser
37:41et vous disiez tout à l'heure
37:42vous parliez des exilés
37:44je pense que sur ce sujet
37:45c'est extrêmement important
37:47de rappeler
37:48de combattre
37:48je parlais tout à l'heure
37:49du fait de combattre
37:50le RN pied à pied
37:51point par point
37:51on a dit beaucoup
37:54le RN a dit
37:54on va supprimer
37:55l'emploi public
37:57pour certains binationaux
37:58alors évidemment
37:58il s'est bien gardé
37:59de préciser
38:00quel emploi public
38:01était visé
38:02mais globalement
38:02s'attaquer aux binationaux
38:04il faut le dire
38:05déjà c'est indigne
38:06d'une société
38:06qui est censée être solidaire
38:07et accueillir tout le monde
38:08donc sur le plan des valeurs
38:09c'est indigne
38:12mais en plus
38:13sur le plan
38:14de l'économie
38:15et du fonctionnement
38:16de notre société
38:17c'est totalement dysfonctionnel
38:18le nombre de binationaux
38:20qui travaillent dans les services
38:21le nombre des binationaux
38:22dans le secteur des services
38:23et dans le secteur des aides
38:24à la personne
38:25y compris dans le service public
38:26le nombre de binationaux
38:27qui ont des emplois
38:28totalement fondamentaux
38:29pour le fonctionnement
38:30de la France
38:30c'est immense
38:31et c'est une bonne nouvelle
38:33et donc je pense
38:33qu'il faut absolument
38:34combattre aussi ce discours
38:35sur les exilés
38:36sur les binationaux
38:37sur les sans-papiers
38:37qui font fonctionner
38:38la société en réalité
38:40on sait que
38:41on sait que ce discours
38:43on sait que
38:45juste
38:46pour aller un petit peu
38:47plus loin
38:47sur ce thème là
38:48on sait que
38:49le discours raciste
38:50décomplexé
38:51dont vous parliez tout à l'heure
38:52a été alimenté
38:53ces dernières années
38:54par des propositions
38:56des projets de loi
38:57plus précisément
38:57notamment la loi immigration
39:00qui contribue
39:01à mettre dans l'espace public
39:04ces thèmes là
39:05est-ce que
39:06à rebours
39:07une politique progressiste
39:09en la matière
39:09pourrait aussi
39:10nous soulager
39:12de ce racisme ambiant
39:13et faire reculer
39:14ça dans la tête des gens
39:15oui je pense
39:16qu'il faudrait
39:17que
39:17en fait je pense
39:18que sur ce sujet
39:19on a été nous
39:20la gauche
39:20beaucoup en contre
39:21et c'est normal
39:22il était absolument
39:23indispensable
39:24de lutter
39:24contre la loi immigration
39:25qui est une loi
39:25comme l'a dit Marine Le Pen
39:27qui correspond tout à fait
39:28à l'état d'esprit
39:29des projets portés
39:30par le Rassemblement National
39:31et ça moi je trouve
39:31qu'il faut le dire
39:32c'est une honte
39:32que le gouvernement
39:33ait pu proposer
39:34une réforme
39:35qui convient
39:35au Rassemblement National
39:36et en fait
39:37c'était préfigurateur
39:38d'une certaine manière
39:38de ce qu'on connaît
39:39aujourd'hui
39:40c'est à dire
39:40un premier ministre
39:41qui est sous la tutelle
39:42du Rassemblement National
39:43donc c'est normal
39:43que la gauche
39:44ait lutté contre
39:44mais je pense aussi
39:45qu'il est extrêmement important
39:46de faire confiance
39:48aux français
39:48et de faire confiance
39:49aux électeurs
39:50en expliquant
39:51le phénomène
39:52en expliquant les sujets
39:53on voit très peu
39:54de chiffres
39:54en fait sur
39:55la question migratoire
39:56on entend beaucoup
39:58on est submergé
39:59par des vagues migratoires
40:00il y a trop d'étrangers
40:01en France
40:01quand on regarde les chiffres
40:02c'est absolument évident
40:04qu'on n'a pas
40:05de vagues migratoires
40:06en France
40:06qui viennent déstabiliser
40:07la France
40:07et donc il faut le dire
40:09et ça
40:09ça passe à la fois
40:10par la pédagogie
40:11des partis de gauche
40:12des collectifs
40:15des associations
40:15etc
40:16et ça passe aussi
40:17par probablement
40:18une meilleure régulation
40:19des médias
40:20parce qu'en fait
40:20il y a plein de gens
40:21quand on va les voir
40:21en porte à porte
40:23ils disent
40:24il y a trop d'étrangers
40:25en France
40:25c'est horrible
40:26on est submergé
40:26et quand on leur dit
40:27mais ah bon
40:28mais vraiment
40:28mais qu'est-ce qui vous fait dire ça
40:30et ils disent
40:30je l'ai vu à la télé
40:33mais ça serait drôle
40:35c'est vraiment une vraie chose
40:38qu'on nous dit
40:38quand on fait du porte à porte
40:39et ça
40:40je pense qu'il faut
40:41s'atteler à ça
40:42parce que c'est un drame
40:43pour notre nation
40:44quand on entend des choses
40:45comme ça
40:45qui sont véhiculées
40:46parce que c'est des fausses informations
40:47on n'accueille pas beaucoup
40:48on n'accueille pas du tout
40:49plus d'étrangers en France
40:51que par ailleurs
40:52dans nos pays voisins
40:53au contraire
40:54je crois qu'on en accueille
40:55beaucoup plus en Allemagne
40:56qui le fait délibérément
40:57parce qu'elle en a besoin
40:58pour faire fonctionner son économie
40:59mais donc je pense
41:00que c'est des sujets
41:01sur lesquels il faut absolument
41:02avoir davantage de pédagogie
41:04et expliquer les choses
41:05et il ne faut pas prendre les gens
41:06pour des imbéciles
41:06ils peuvent très bien comprendre
41:07ces choses là
41:08quand on leur explique
41:09et quand c'est mis sur la table
41:13alors merci merci Lucie
41:15alors de plus en plus
41:16il se dit que
41:18en tout cas si Emmanuel Macron
41:21persiste dans l'idée
41:22d'essayer d'imposer
41:23un gouvernement de droite minoritaire
41:24il se dit que
41:26l'issue de la crise
41:27pourrait être
41:28finalement une nouvelle dissolution
41:31d'ici l'été prochain
41:33est-ce que
41:34de votre point de vue
41:35en tout cas la gauche
41:38doit souhaiter
41:39ou à tout le moins
41:40préparer
41:41se préparer
41:42à une nouvelle dissolution
41:43de nouvelles élections législatives
41:45dans un délai
41:46dans un délai rapproché
41:48je crois qu'il faut se préparer
41:49à toutes les éventualités
41:51parce que
41:51on sait que
41:52Emmanuel Macron
41:53est très imprévisible
41:54on l'a vu
41:55en juin dernier
41:56ça a surpris
41:56tout le monde
41:57et ça a pris tout le monde
41:58de court
41:58donc je pense qu'il faut
41:59continuer à se préparer
42:00mais de toute façon
42:01c'est important
42:02que la gauche soit prête
42:03à gouverner
42:03elle a montré qu'elle l'était
42:04elle a montré qu'on était au travail
42:05tout l'été
42:06pour se préparer à gouverner
42:08donc quoi qu'il arrive
42:09il faut qu'on demeure prêt
42:10qu'on travaille sur le fond
42:11qu'on travaille sur la forme
42:12et ça fait partie des choses
42:13que tout le monde est d'accord
42:14pour continuer
42:15tous les partis sont sur cette ligne
42:16moi je pense que c'est ça aussi
42:17qui va faire que la gauche
42:18sera forte aux prochaines
42:19assurances électorales
42:21en tout cas on ne peut pas
42:21ne pas être au rendez-vous
42:29on arrive au terme
42:31bientôt de notre entretien
42:33peut-être une question
42:34qui moi me paraît
42:35en tout cas
42:37incontournable
42:38on a coutume de dire
42:39que la politique étrangère
42:40est du domaine réservé
42:41du président de la république
42:43mais la gauche ne peut pas
42:45et d'ailleurs
42:45elle ne l'est pas
42:46elle ne peut pas rester muette
42:48sur la question grave
42:49de la guerre effroyable
42:51menée à Gaza
42:54le gouvernement
42:55un gouvernement que vous dirigeriez
42:57un gouvernement de gauche
42:59prendrait-il des initiatives
43:02de toutes sortes
43:03pour faire cesser cette guerre
43:06notamment par exemple
43:07pour inciter
43:08en tout cas s'il n'en a pas
43:09le pouvoir seul
43:09inciter le président de la république
43:11à reconnaître
43:12l'état de Palestine
43:16immédiatement
43:17alors oui
43:18enfin on l'a dit
43:19beaucoup de fois
43:20la reconnaissance immédiate
43:22de l'état de Palestine
43:22est une des grandes priorités
43:24du programme
43:24du nouveau fruit populaire
43:25là dessus
43:25je suis évidemment
43:27absolument d'accord
43:27je pense que par ailleurs
43:29il faut que
43:30il faut que l'état français
43:31mette tout son poids
43:32et tout le poids
43:33de sa diplomatie
43:34qui est une grande diplomatie
43:36pour faire en sorte
43:37qu'on s'engage
43:38vers un cessez-le-feu
43:38la négociation
43:39d'un cessez-le-feu
43:40c'est absolument indispensable
43:41pour faire
43:42cesser les massacres
43:43absolument effroyables
43:44qui ont lieu à Gaza
43:44en ce moment même
43:45mais aussi
43:46c'est la solution
43:47pour qu'il y ait
43:48une désescalade
43:49dans la région
43:49et pour faire libérer
43:50les otages
43:51qui sont toujours
43:51aux mains du Hamas
43:52dans la bande de Gaza
43:53donc je pense que c'est
43:54une solution
43:55c'est quelque chose
43:56pour laquelle
43:57il faut lutter
43:57absolument
43:58mettre toutes ses forces
43:59et je pense que vraiment
44:00la diplomatie française
44:01doit s'engager dans cette voie
44:02absolument
44:02sans aucune
44:03sans aucune ambiguïté
44:07et bien Sébastien
44:08l'a dit
44:09à l'instant
44:10on arrive
44:11déjà
44:12c'est passé très vite
44:13au terme
44:14de notre entretien
44:15et pour finir
44:17on voulait savoir
44:18si vous aviez
44:19un message
44:20à adresser
44:21au peuple de la fête
44:22qui s'ouvre aujourd'hui
44:25ouais j'ai un seul message
44:26c'est vous dire merci
44:27parce que
44:28parce que franchement
44:29l'été a été dur
44:30et sans vous
44:30je ne serais pas arrivé
44:32voilà
44:32merci
44:35merci
44:36merci Lucie Casté
44:39on vous donne rendez-vous
44:41dans un an
44:41au même endroit
44:42mais là vous serez
44:43première ministre
44:44vous serez à Matignon
44:45on espère d'ailleurs
44:47que ça arrivera
44:47avant la prochaine fête
44:50de l'humanité
44:50le plus vite possible
44:51merci à vous
44:53merci beaucoup
44:54merci
44:54et vous pourrez retrouver
44:56Lucie Casté
44:57en débat
44:58au stand
44:59au stand
45:00du Conseil National
45:01du Parti Communiste
45:04ce soir même
45:05merci à vous
45:05merci à vous