00:00On peut peut-être parler du tabou qu'il y a autour du nucléaire israélien.
00:07C'est quelque chose qui passe un peu à la trappe, qui n'est pas reconnu.
00:11De toute façon, on est d'accord, ils n'ont pas le droit ?
00:16Le droit ou pas le droit, c'est pas très...
00:19C'est qu'après, ils ont eu l'appui d'un certain nombre de puissances,
00:24la France, les Etats-Unis et d'autres, pour avoir accès à cette arme nucléaire,
00:30puisque avec la menace que représentait la région ou d'autres pays,
00:36ils disaient que c'était pour assurer la survie d'un État israélien.
00:41Mais en fait, c'est surtout que ça s'est fait en secret.
00:45Ils ne sont pas membres du TNP, du traité de non-profilération.
00:50En gros, il n'y a aucune visite, on ne sait pas comment ça fonctionne, etc.
00:54Alors, il y a un certain nombre d'États qui ne sont pas signataires du TNP,
00:57mais par exemple, ils rendent le lait, le lait encore.
01:00Aujourd'hui, justement, une des questions qui se posent,
01:02c'est est-ce qu'ils vont se maintenir dans le traité de non-profilération ?
01:05Parce que ça veut dire, quand on est signataire,
01:07c'est des visites, en effet, des agents de l'AIEA pour aller sur place,
01:11voir les installations, faire des visites, des comptes rendus, des choses comme ça.
01:14Aujourd'hui, ils s'y maintiennent.
01:15Ils peuvent très bien, au bout d'un moment, si on vise délibérément leur centrale,
01:20c'est-à-dire, nous, on sort de ce traité-là,
01:22et finalement, on fait notre programme.
01:25Est-ce qu'il sera nucléaire, enfin, est-ce qu'il sera civil ou militaire ?
01:28Personne n'en saura rien et on avancera de notre côté.
01:31Et c'est là où, par exemple, Bernard Roca nous a dit dans le premier jour,
01:35le risque aujourd'hui de ce type de frappe,
01:37c'est qu'en fait, on ait une escalade de manière globale dans la région.
01:41Parce que si l'Iran décide, du coup, de se dire que finalement,
01:44sa meilleure garantie pour sa sécurité, c'est d'avoir la bombe nucléaire,
01:46comme Israël, finalement,
01:48typiquement, ce type d'intervention justifie exactement le discours des plus radicaux,
01:52pour l'instant, qui n'est pas majoritaire dans la population,
01:54mais ça peut le justifier.
01:55Deuxième chose, si l'Iran, là, forcément, l'Arabie saoudite va paraisser les bras croisés
01:59en disant, l'Iran, qui est un de mes ennemis,
02:03même s'ils avaient repris dialogue à la bombe nucléaire,
02:07moi aussi, je voudrais la bombe nucléaire, et ainsi de suite.
02:09Donc, ça veut dire que dans la région, tout le monde a vouloir avoir la bombe nucléaire.
02:13Donc, en gros, toute la période de désescalade, en passant par le traité de non-profédération
02:18et d'autres qui faisaient consensus au niveau international,
02:22aujourd'hui, ça peut se briser, puisque finalement, la puissance régionale
02:26qui dispose, elle, de la bombe nucléaire, se permet d'intervenir sur les autres
02:30pour les empêcher d'avoir un certain nombre de projets sur le nucléaire.
02:35Donc, c'est contre-productif et c'est dangereux dans le cadre d'une vraie escalade,
02:39pour le coup, cette course à l'armement,
02:41qui, de toute façon, de manière globale, depuis une dizaine d'années,
02:44qui continue, mais surtout là, sur le volet nucléaire,
02:48ça veut dire qu'on peut atteindre une escalade globale dans la région.
02:51Sur la question des bombardements en Iran,
02:56il y a aussi la question de l'impact que ça peut avoir
03:00de toucher des armes nucléaires.
03:04Tu trouves qu'on n'en parle pas assez de ça ?
03:07Moi, c'était la deuxième chose, et on en a encore parlé hier et ce matin,
03:11en conférence de rédaction, parce que c'est pas rien, finalement,
03:16même pour, soi-disant, une guerre préventive et tout,
03:20mais de frapper des installations nucléaires, même civiles,
03:27même si elles n'ont qu'un 60% d'enrichissement,
03:30même si elles sont en profondeur, ça veut dire qu'à la moindre percée de ce système,
03:34c'est des fuites radioactives, c'est des dangers incommensurables.
03:40L'AIEA a déjà alerté, d'ailleurs, c'est totalement illégal de faire ça.
03:45Et ce que je me dis, c'est que, encore une fois, sur l'Ukraine,
03:48et heureusement, l'AIEA a alerté, et ça a fait le...
03:51Enfin, il y a eu des résolutions qui sont montées jusqu'à l'ONU et tout.
03:54Il y a tous les dirigeants qui sont sentis concernés,
03:56qui ont déclaré aux deux, et notamment à la Russie et à l'Ukraine,
04:00de faire très attention, parce que si un missile touchait une centrale nucléaire,
04:05c'était Tchernobyl x 10.
04:08Et le gros souci, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas ce débat-là.
04:15Alors que, sincèrement, si jamais il y a...
04:20On sait qu'il y a des fuites aujourd'hui, par exemple, dans celle de Natanz,
04:26le danger nucléaire est réel.
04:29Et je trouve qu'on prend trop ce dossier à la légère,
04:33cette conséquence à la légère.
04:35En gros, juste, on veut désarmer, entre guillemets, l'Iran.
04:38Donc, en gros, on peut se permettre de frapper des installations nucléaires.
04:41C'est quand même assez délirant.
04:43C'est banalisé, je trouve que c'est vraiment banalisé l'ampleur des risques.
04:48Je trouve que ces discours-là passent comme ça, comme une lettre à la poste.
04:54Quand on voit en plus l'impact de Tchernobyl, même 20 ans ou 30 ans plus tard,
04:57encore une fois, sur les conséquences,
04:59et que là, on peut avoir Tchernobyl, voire pire, avec ce type d'opération,
05:07je pense que pour les acteurs régionaux et internationaux,
05:11devraient quand même se pencher sur la question.
05:13Aujourd'hui, il n'y a que l'AEA qui a l'air sur cette question-là.
05:16Si le G7, peut-être, avait quelque chose à faire,
05:19peut-être qu'ils auraient mis quelques lignes sur le risque que ça représente
05:22pour la région et au niveau international.
05:24Oui, c'est quelque chose à la question.
05:24Hum.