00:00Mon fils, Souhaï, prenez une balle en plein cœur ici à Marseille,
00:03exécuté par un policier stagiaire.
00:05Cinq ans de session avec une psychologue m'ont fait que je me rends compte
00:07combien le racisme a dirigé ma vie.
00:09Ce sont des mots forts, vous n'aviez pas forcément compris
00:12que vous étiez la victime d'un système raciste avant qu'on s'en prenne à votre fils.
00:16Quand Souhaï est mort, on m'a dit « Ah, mais vous parlez bien français ».
00:19Construction sociale, construction scolaire, j'ai tout fait comme il fallait,
00:22à tout point de vue.
00:24Malgré tout ça, on se sent rejeté, on veut toujours en faire plus,
00:27être plus français que les Français, alors qu'on est né en France et français.
00:31Cette intervention, c'était la marche blanche qui a suivi la mort de Naël.
00:34C'était pour signifier aux gens que même moi qui suis victime,
00:38j'ai eu au moment des révoltes le désespoir de me dire pourquoi ils ont fait ça.
00:42Ce qui a tout fait changer pour moi à Marseille,
00:45qu'est-ce qu'on a à perdre à part notre vie de merde ?
00:48Voilà ce qu'il y a sur les murs.
00:49Et ils ont raison en fait.
00:50Je trouve qu'on ne les a pas assez soutenus collectivement.
00:52On ne s'est pas assez battus pour eux et je le regrette, moi en premier.
00:55Et en fait, c'est juste pour dire que ce racisme systémique
00:58nous enveloppe tous et on peine collectivement à sortir du système.