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  • il y a 10 heures
En France, 861 personnes sont mortes à la suite d’interventions policières depuis 1977, selon un comptage du média Basta!. Ces dernières années, cette hausse interroge non seulement l’usage de la force et les profils des victimes, mais aussi le sentiment d’impunité qui entoure trop souvent les agents impliqués.

Sarah Nedjar, journaliste à l'Humanité, reçoit Ludo Simbille (journaliste), Issam El Khalfaoui et Samia El Khalfaoui (le pére et la tante de Souheil El Khalfaoui, mort lors d'un contrôle de police) et Omar Slaouti (membre du collectif “Vérité et justice pour Ali Ziri”), pour en discuter.

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Transcription
00:00En octobre 2005, Ziyad Bena, 17 ans, et Buna Traoré, 15 ans, meurent à Clichy-sous-Bois.
00:05Et ce soir-là, ils tentaient d'échapper à un contrôle de police poursuivi par des agents.
00:10Ils se sont réfugiés dans un transformateur électrique et sont morts électrocutés.
00:14Leur mort a provoqué une onde de choc, on peut le dire, dans tout le pays.
00:18La colère a embrasé les quartiers populaires en marquant durablement l'histoire sociale et la politique française.
00:24Et près de 20 ans plus tard, en juin 2023, un nouvel événement tragique a secoué la France, la mort
00:31de Naël, 17 ans,
00:32tué d'une balle tirée à bout portant pratiquement par un policier lors d'un simple contrôle routier à Nanterre.
00:38Alors on a voulu, pour cette fête de l'Huma, parler de ces histoires qui ne sont pas isolées, qui
00:42sont espacées de 20 ans,
00:43mais ce ne sont pas que des chiffres, c'est aussi une tendance qui est inquiétante.
00:47Les morts liées aux interventions policières ne cessent d'augmenter, 861 morts entre 1977 et 2022.
00:55C'est une enquête menée par Basta, justement, qui documente cette explosion et émet en lumière cette réalité.
01:01Et on va en parler justement avec l'un des journalistes derrière cette enquête.
01:05Bienvenue à Ludo, Symbi.
01:08Bonjour, merci.
01:09Comment ça va ?
01:09Ça va très bien.
01:10Merci d'être avec nous.
01:11Nous avons aussi également avec nous Samia, qui est membre du collectif Vérité pour Sous Hale.
01:17C'est le nom de votre défunt neveu.
01:20Il a 19 ans quand un soir d'août 2021 à Marseille, un policier stagiaire le blesse mortellement lors d
01:26'un contrôle.
01:27Et puis depuis la mort de Naël, justement, vous avez eu aussi l'ambition de créer une coalition entre différents
01:31collectifs
01:32qui militent et se battent contre les violences policières de plus en plus mortelles.
01:37On va en parler pour une coordination nationale, justement, contre les violences policières.
01:40Merci également d'être présente avec nous.
01:43Peut-être que vous pouvez aussi présenter la personne qui est à côté.
01:47Alors, la personne qui est à côté, c'est mon frère.
01:49Donc, c'est Issam El Khalfawi.
01:51C'est le papa de Swayl.
01:52Et en fait, il est la raison de l'association Stop aux violences d'État.
02:01Il parlera de lui mieux que moi.
02:03La seule chose que je peux dire, c'est que je pense qu'il n'y a pas beaucoup de
02:07papa comme lui qui, face à un drame tel que celui-ci,
02:12décide de militer d'une manière collective et dans un objectif politique qui est clairement d'abroger cette loi.
02:22Et je suis honorée d'avoir créé cette association avec mon frère.
02:28Et justement, on vous entendra tout à l'heure dans une vidéo lors de la marche d'hommage pour votre
02:34fils.
02:34On a sélectionné un petit clip et puis on pourra réagir avec vous à ce moment-là.
02:39Merci d'être avec nous.
02:40Ça nous fait plaisir de vous recevoir.
02:42Merci à vous.
02:43On a également le plaisir d'accueillir Omar Slaouti, qui est enseignant et membre du collectif Vérité et Justice pour
02:50Aliziri.
02:52Aliziri, c'était un retraité algérien de 69 ans.
02:56Il est mort le 9 juin 2009 à la suite d'une garde à vue dans le Val d'Oise.
03:00Après une longue bataille judiciaire, la Cour de cassation a définitivement refermé l'enquête en confirmant un non-lieu prononcé
03:05en 2014 par les juges d'instruction.
03:07Et ce qui pose la question, et on la posera ensemble, de l'impunité des crimes commis par les forces
03:13de l'ordre.
03:13Merci d'être avec nous aujourd'hui.
03:15Avec plaisir.
03:16Justement, on va commencer par un petit peu parler de cette tendance qui est explosée.
03:23Ludo, je me tourne vers toi pour présenter ton travail que normalement la régie va pouvoir montrer.
03:31C'est une page qu'on peut retrouver sur Basta Mag où vous avez fait une infographie.
03:38Oui, c'est ça.
03:39Ce n'est pas directement sur Basta, c'est un site à part, qui est une visualisation de l'ensemble
03:45des personnes qui sont décédées au cours d'une intervention policière ou de gendarmerie,
03:51ou du fait d'un agent hors service, depuis 1977, et qui est déclinée selon, on a essayé de faire
04:00des analyses avec le profil, l'âge,
04:05quel type d'unité était impliquée, dans quelles circonstances, et de décliner en fonction des causes et des circonstances du
04:11décès.
04:11En tant que journaliste, moi j'ai envie de te poser la question de ce travail assez massif.
04:16Ça veut aussi dire qu'il faut poser, on va dire, des conditions.
04:23Qu'est-ce que ça veut dire être mort d'une intervention policière ?
04:27Par exemple, si on a été violenté, qu'on rentre chez soi à des urgences, est-ce qu'on est
04:30mort d'une intervention policière ?
04:34Il y a des cas polémiques, il y a des cas qui posent question.
04:40Maintenant, nous, on s'est basé sur...
04:42En fait, le problème de ces cas-là, c'est qu'il y a souvent deux versions, voire plusieurs versions
04:46différentes dans un premier temps, en tout cas.
04:48Et donc, il a fallu faire un travail de vérification.
04:52Et parfois, ce n'est pas possible, parce qu'il y a des versions contradictoires sur la famille dit quelque
04:56chose, ou les témoins disent quelque chose,
04:57et le procureur, souvent, ou les autorités compétentes disent autre chose, ou les policiers.
05:01Et donc, il y a effectivement des cas qui peuvent rester en suspens, si je puis dire.
05:04Mais généralement, on arrive à partir d'un critère objectif, qui est d'avoir croisé les forces de l'ordre,
05:12d'avoir décédé ensuite, de l'intégrer.
05:17Et pour finir, il y a effectivement le problème de la cause du décès.
05:20C'est souvent les morts officielles peuvent être morts naturelles, etc.
05:23Nous, on ne s'est pas basé là-dessus.
05:24On s'est basé sur...
05:26Et d'ailleurs, l'IGPN fait pareil maintenant, sur le fait d'avoir été en contact avec la police,
05:31qu'une volonté d'interpeller, est-ce que la personne est décédée ensuite ?
05:37C'est une question qu'on va retravailler derrière, puisqu'il est vrai que la vérité journalistique,
05:45c'est-à-dire croiser différentes sources, n'est pas la vérité des témoins,
05:49qui peut ne pas être la vérité judiciaire.
05:51On sait que parfois, des gens avouent, mais ne sont pas condamnés.
05:54Et à ce moment-là, ils sont considérés comme innocents aux yeux de la justice.
05:57Et on reparlera aussi du fait que le non-lieu n'est pas rare dans ce cas,
06:05malgré témoignages vidéo et preuves.
06:08On a vu justement sur la page et sur les infographies, la part énorme,
06:15le principal moment où les personnes risquent le plus, c'est au moment des contrôles et des refus d'obtempérer.
06:25Est-ce que tu peux nous en parler ?
06:27Oui, effectivement, là, ça va jusqu'à 2022.
06:30J'ai une petite précision technique, alors que nous, on a actualisé jusqu'à 2024 sur notre site,
06:34pour des questions techniques qui vont être résolues, j'espère, assez rapidement.
06:39Effectivement, il y a 25% des décès qui sont liés à une mission de contrôle, tentative de contrôle ou
06:45contrôle directement.
06:47Donc, simple, banal, contrôle d'identité.
06:49Exactement.
06:49Donc, ça peut être un tentative de contrôle et ensuite interpellation et décès,
06:54ou effectivement, une soustraction au contrôle qui amène le décès.
07:01Donc, soit par balle, soit par accident de la route, entre guillemets,
07:05qui a eu ou non poursuite ou qui a eu ou non par choquage.
07:08Donc, c'est pour ça que nous, on a classé les morts directes, entre guillemets, de la police
07:12et des morts qu'on pourrait dire indirectes, la responsabilité.
07:14Nous, on ne s'est pas basé sur la responsabilité des policiers ou l'individu,
07:17ce que fait, par ailleurs, l'IGPN un petit peu dans son classement.
07:19Nous, on s'est basé sur...
07:21Ça, c'est comme tu dis, c'est la vérité, on va dire, juridique et judiciaire.
07:25Mais on a voulu comprendre l'état des lieux, en fait, de ce que fait la police
07:31et des conséquences dramatiques de ce que peut faire la police.
07:35Et c'est pour ça qu'il y a ça.
07:36Sur les contrôles, ça pose question, effectivement.
07:39On aura le temps, je pense, d'y revenir sur les refus des tempérés.
07:42C'est une partie des décès liés au contrôle.
07:44Il y a eu un pic en 2021 et 2022, si je puis dire.
07:49Mais là, ce qu'on voit aussi récemment, et on pourra en discuter,
07:52je pense que ce sera l'objet du débat, c'est une augmentation,
07:54j'ai regardé avant de venir, des décès suite à une sollicitation des forces de l'ordre.
07:58Typiquement, on appelle les forces de l'ordre pour un problème.
08:01Et derrière, il y a une action qui crée un décès.
08:04Donc, il y a soit les gendarmes ou la police...
08:06On le voit sur le graphisme, là, en ce moment.
08:08Voilà.
08:09Et c'est...
08:09Donc, il y a une augmentation...
08:11Ça reste les missions les plus élevées, contrôle et intervention.
08:14Et donc, ça peut être des sollicitations diverses et variées.
08:17On pourrait y revenir, que ce soit pour tapage nocturne ou violences conjugales
08:20ou dans le cadre d'une enquête.
08:22Voilà. Mais là, sur les dernières années, c'est ce qui augmente.
08:25Je vais me tourner vers vous, Samia Issam.
08:28Justement, la justification des forces de l'ordre pour le meurtre de Souhaïl,
08:32c'était un refus d'obtempérer.
08:34On lui reproche, en tout cas, d'avoir voulu tenter une marche arrière
08:37pour se soustraire à un contrôle.
08:39Et il aurait alors touché la jambe d'un policier avec l'avant de sa voiture.
08:43Ce que vous dites, c'est que dans tous les cas,
08:45un refus d'obtempérer, la peine de ça n'est jamais la mort.
08:52Que ce soit un refus d'obtempérer ou autre chose,
08:54la peine de mort n'existait pas en France.
08:55Donc, de base, la loi qui a été promulguée en 2017
09:00donne à la possibilité à un policier d'être à la fois jugé bourreau
09:03et de décider en une fraction de seconde de tuer quelqu'un.
09:06En l'occurrence, si on parle de Souhaïl, effectivement, il était arrêté.
09:12Il n'a pas foncé sur un policier.
09:14Il était arrêté.
09:16À la suite du contrôle, quand ils ont décidé de mettre sa voiture en fourrière à 19 ans,
09:21il n'avait pas envie, malheureusement, que ça arrive.
09:23Il a fait une marche arrière.
09:25Et là, c'est la version des policiers qui a provoqué un classement sans suite
09:30qui ont menti effrontément en disant qu'un policier avait été projeté à terre,
09:37traîné sur plusieurs mètres.
09:38La version a changé plusieurs fois, c'est ça ?
09:40Elle a changé plusieurs fois, mais surtout que ça s'est passé à 18h30
09:44en plein centre-ville.
09:45Il y avait de nombreux témoins qui ont contesté cette version.
09:48Je voudrais juste revenir sur...
09:50Souvent, on dit qu'il y a deux versions, mais il n'y a pas deux versions.
09:52Il y a plusieurs versions.
09:54Je prends l'exemple de Swale.
09:55Il y a la version des témoins.
09:57Il y a la version des policiers.
09:59Et il y a la version qui est sortie dans la presse.
10:04Cette version qui est sortie dans la presse, mon fils est mort à 19h.
10:08À 19h30, il y a un policier, on ne sait pas d'où il arrive,
10:12on le voit dans les PV, il va sur les ondes de la police
10:15et il raconte une histoire qui n'est ni la version des policiers,
10:18ni la version des témoins.
10:19Il invente une histoire qui sort immédiatement à l'AFP
10:22et c'est cette version qui est publiée, publique,
10:25et que toutes les déclarations du gouvernement, des syndicats de police,
10:29tout est basé sur cette version fausse.
10:31Et donc là, c'est juste pour expliquer qu'à peine un policier a commis un meurtre,
10:37il y a toute une machine qui s'enclenche,
10:40et ça s'enclenche vraiment, c'est-à-dire que du coup, on le constate vraiment,
10:43dans les 30 minutes, il y a tout un mécanisme qui se met en marche
10:47pour inventer une histoire, criminaliser la victime, inverser les rôles,
10:52du coup, le criminel devient le mort, le sauveur, le policier,
10:56il y a quelque chose qui se construit immédiatement,
10:58et que malheureusement, même si on a toutes les preuves de cette manigance,
11:04les juges ne veulent pas investiguer sur, les juges d'instruction,
11:08ils refusent d'investiguer sur ces mensonges prééminaires,
11:11parce qu'ils disent que ça ne concerne pas le meurtre.
11:12En revanche, ça influe l'enquête de bout en bout.
11:16Donc en fait, la machine est bien rodée, ils sont...
11:20Et si je peux rajouter, la narration qui est faite,
11:22elle n'est même pas, c'est même pas un bon scénario.
11:26En l'occurrence, pour Swale, il s'agissait d'une marche arrière,
11:29il y a les traces de roues,
11:32du coup, sa voiture s'est encastrée sur un mur à l'arrière,
11:36et le soir même, à 22h, un syndicat de police expliquait
11:40qu'il avait foncé en marche avant sur un policier,
11:45que ce policier était sous les roues de la voiture,
11:48qu'il avait été traîné sur plusieurs mètres,
11:51sur une toute petite rue où c'est techniquement pas possible.
11:54Ce policier, c'était au mois d'août,
11:56il était en chemisette, un téléphone à la main,
12:00il n'a aucune abrasure,
12:01enfin, vous savez, un petit qui tombe,
12:03il est complètement...
12:04Donc imaginez plusieurs mètres sous la voiture de Swale,
12:09sans égratignure,
12:10enfin voilà, ce sont des versions qui sont complètement loufoques,
12:13mais derrière, effectivement,
12:16il est très difficile aujourd'hui
12:21de casser la narration policière,
12:24et s'il y a tous ces morts,
12:26et Ludovic l'a bien précisé,
12:30c'est tout simplement parce qu'effectivement,
12:32cet article 435-1 a permis à ces policiers de tirer
12:37dès qu'une voiture refuse d'obtempérer,
12:41si derrière, dans leur déclaration,
12:43ils indiquent que si peut-être susceptiblement,
12:46dans un futur qui soit 2 minutes, 2 heures,
12:49ou peu importe, puisque c'est pas à préciser,
12:51cette personne peut être un danger.
12:53Qui, ne connaissant pas l'individu,
12:56peut décider qu'il va être un danger ou pas ?
12:58En l'occurrence, c'est un permis de tuer
13:01qui leur a été octroyé,
13:03et c'est évident qu'il y a énormément de morts,
13:06et il indiquait le nombre qui a explosé depuis 2017,
13:10tout simplement parce qu'il tire la plupart du temps,
13:14comme vous l'avez précisé,
13:15suite à un contrôle au faciès,
13:17plus de 90% de ces morts sont déracisés,
13:21noirs, arabes, gitans,
13:23lorsque ça n'est pas le cas,
13:24ce sont des jeunes qui ne le sont pas,
13:26mais qui sont issus des quartiers populaires,
13:28donc en fait, ce sont les invisibles,
13:30ceux dont tout le monde s'en tape,
13:32et c'est eux qui décèdent à la suite du refus d'obtempérer.
13:35Ce ne sont pas des policiers tireurs d'élite,
13:39ce sont des policiers qui tirent sur des voitures
13:43qui étaient pour la plupart à l'arrêt
13:44et qui redémarrent à peine à bout portant.
13:47Et qui considèrent que la voiture devient une arme par destination.
13:50Tout à fait.
13:51En tout cas, dans leur déposition.
13:55Et l'objectif d'un policier lorsqu'il tire,
13:57c'est dans leur manuel,
13:58c'est de neutraliser l'individu.
14:01Leur cour, quand même, c'est quand même un tronc,
14:04c'est un buste avec une tête,
14:06et ils leur apprennent à viser uniquement là.
14:08Donc toutes ces conneries de pourquoi ils n'ont pas tiré sur les roues,
14:11ils ne tirent que dans l'objectif de neutraliser.
14:15Neutraliser, c'est tuer.
14:16Et c'est la raison pour laquelle ils y arrivent à chaque fois depuis cette loi-là.
14:21On nous explique que c'est parce que ce n'est pas tant que ça, finalement,
14:25parce qu'il y a 24 900 refus d'obtempérer par an,
14:29et que ce n'est pas si grave si l'année dernière,
14:32je crois qu'il y a eu 28 refus d'obtempérer.
14:35Pour eux, ils disent que ce n'est pas beaucoup.
14:38Le pourcentage n'est pas si grave.
14:40C'est ça.
14:40Mais ce n'est pas forcément des chiffres.
14:42Il y a aussi des familles derrière.
14:44Je vais demander à la Régis si on a le magnéto,
14:46justement, de votre réaction lors de la marche blanche.
14:49Vous avez souhaité non seulement rendre hommage à votre fils,
14:53et dire qu'il n'était pas seulement victime de violence,
14:56et d'un tir des forces de l'ordre,
14:59mais aussi peut-être d'une société qui engendre le racisme systémique.
15:28Le racisme m'a rattrapé de plein fouet.
15:31Combien je me sens prisonnier d'en faire toujours plus que les autres ?
15:34Si je vous ai raconté tout cela,
15:36c'est parce que malgré tout ce que j'ai vécu,
15:38ma première réaction après les émeutes a été de dire
15:40pourquoi ils ont fait ça ?
15:42Pourquoi ils gâchent tout ?
15:43Oui, même moi, qui ai perdu mon fils à Doré à cause du racisme systémique,
15:47à cause d'une police violente et raciste,
15:49j'en voulais en privé à ces jeunes.
15:51C'est dire combien le système nous manipule.
15:54Ce sont des mots forts.
15:55Vous disiez que vous n'aviez pas forcément compris
15:58que vous étiez la victime d'un système raciste
16:00avant qu'on s'en prenne à votre fils.
16:03Effectivement, en fait, toute ma vie,
16:06construction sociale, construction scolaire,
16:08on se sent rejeté,
16:11on veut toujours en faire plus,
16:13être plus français que les Français,
16:14alors qu'on est né en France et français.
16:19Et malgré tout ça,
16:20moi, si on prenait le parcours de ma vie,
16:22j'ai tout fait comme il fallait,
16:24à tout point de vue.
16:27Et il faut un drame pour qu'on se rende compte
16:30qu'à ce moment-là,
16:32quand Soye est mort, on m'a dit
16:33« Ah, mais vous parlez bien français ? »
16:36Des médias.
16:37Pas d'accent.
16:38Non, bien.
16:39Même pas l'accent sur l'expression,
16:41le vocabulaire, etc.
16:42C'est-à-dire que du coup,
16:43on est toujours vu,
16:44il y a un prisme,
16:45ce prisme du racisme par tout le monde.
16:48Et en fait, cette intervention,
16:49c'était la marche blanche
16:51qui a suivi la mort de Naël, en fait.
16:54Et c'était pour signifier aux gens
16:56que même moi,
16:57après ce qui s'était passé,
16:59ce que j'avais vécu,
17:00au moment des révoltes,
17:02il y a eu une espèce de sursaut
17:05pendant 12 heures
17:06des gens qui ont été choqués
17:07et qui se sont dit « Ah ! »
17:09Et puis,
17:10on s'est révoltés.
17:11Les jeunes se sont révoltés.
17:13Et là, il y a eu encore
17:14une inversion
17:15du sentiment des gens
17:20qui se sont dit « Ah ! »
17:22C'est encore le prisme du racisme
17:24qui est revenu.
17:25En fait, le sursaut a duré 12 heures
17:27et je me suis dit « Mais qu'est-ce qui se passe ?
17:29Pourquoi ça a basculé ? »
17:30S'il n'y avait pas eu ces révoltes,
17:32peut-être qu'on aurait avancé.
17:33Mais en fait, pas du tout.
17:34C'était juste le temps
17:35qu'il a fallu que Macron
17:36fasse une petite déclaration
17:39de manipulation, etc.
17:40Et même moi
17:41qui suis victime,
17:43j'ai eu
17:44l'envie
17:47à un moment donné
17:47ou le désespoir
17:49de me dire
17:49« Pourquoi ils ont fait ça ? »
17:50Et après,
17:51en fait,
17:52ce qui a tout fait changer
17:53pour moi,
17:54ce discours-là,
17:55à Marseille,
17:56qu'est-ce qu'on a à perdre
17:58à part notre vie de merde ?
17:59Voilà ce qu'il y a sur les murs.
18:00Et ils ont raison, en fait.
18:02Qu'est-ce qu'ils ont à perdre
18:03à part cette vie de merde ?
18:04Et je suis de tout cœur
18:07avec ceux qui se sont révoltés.
18:10Je trouve qu'on ne les a pas
18:12assez soutenus collectivement.
18:13On ne s'est pas assez battus pour eux.
18:15Et je le regrette.
18:16Moi en premier.
18:18Et en fait,
18:18c'est juste pour dire
18:19que ce racisme systémique
18:24nous enveloppe tous
18:25et on peine collectivement
18:28à sortir du système.
18:29La France,
18:31le nid,
18:33le PC,
18:34ils ne sont pas clairs
18:35sur le racisme systémique.
18:36Le PS le nie.
18:38En fait,
18:39au niveau des forces politiques...
18:40Sur tous les chiquiers politiques,
18:42c'est compliqué
18:42de nommer le racisme systémique.
18:43En France,
18:44comme ça peut être plus simple,
18:45peut-être,
18:46ailleurs,
18:47on parle...
18:47Ailleurs,
18:48il a été nommé
18:48et combattu,
18:49que ce soit en Angleterre,
18:50en Allemagne,
18:51en Espagne...
18:52En France,
18:52ça reste compliqué
18:53tout ce qui est question de...
18:54C'est pas compliqué,
18:55c'est nier.
18:56Oui, nier.
18:56Il est nié.
18:57On dit,
18:58ça n'existe pas.
18:59Il est resté aux frontières,
19:00partout,
19:01mais en France,
19:01ça n'existe pas.
19:02Il n'y a aucun...
19:04À part l'extrême-gauche,
19:07personne ne parle
19:08de racisme systémique.
19:09Le nid,
19:09ça n'existe pas.
19:11Pourtant,
19:12la France a été condamnée
19:12par l'ONU,
19:14par la Cour européenne...
19:17Et pourquoi on n'a pas
19:18de contrôle au faciès
19:19aujourd'hui, en fait ?
19:20C'est juste, en fait,
19:21c'est des promesses
19:22qui ont été faites
19:22à chaque fois.
19:24Mais, en fait,
19:25le gouvernement,
19:26l'État,
19:27sait très bien
19:27que dès le moment
19:28où il va mettre en place
19:29le contrôle au faciès,
19:30on va être capable,
19:31nous racisés,
19:33de recueillir la preuve
19:34des contrôles discriminatoires
19:36et donc de porter plainte
19:37contre l'État.
19:38C'est pour ça qu'on ne les a pas.
19:39C'est pour ça qu'il y a
19:40des promesses systématiques,
19:41mais ça ne se fait pas.
19:41C'est pour ça.
19:42C'est parce que l'État
19:42a peur des conséquences.
19:44Il sait très bien
19:44que la police est raciste.
19:47Il sait très bien
19:47que les contrôles
19:48sont au faciès
19:49et que s'il nous donne
19:50les moyens de le prouver
19:51physiquement
19:52et de pouvoir porter plainte,
19:53ils seront vraiment
19:54dans l'embarras.
19:55Et c'est pour ça
19:55qu'on n'a pas
19:56le récépissé du contrôle.
19:59Je pense surtout
20:00que la police est raciste
20:02parce qu'en fait,
20:04on est sur une situation
20:06depuis plusieurs décennies maintenant
20:10d'instabilité du gouvernement
20:12de fascisation du gouvernement
20:15et leur seul moyen
20:17de nous tenir,
20:19c'est d'utiliser cette police
20:22et finalement,
20:25ils leur permettent
20:27de faire ce qu'ils veulent.
20:28Quand on voit
20:28ce qui s'est passé,
20:29je me souviens,
20:30j'étais sur un plateau
20:31sur BFM
20:32et il y avait
20:34le ministre Dupond-Moretti
20:37qui était venu intervenir
20:39juste avant...
20:39En 5 gardes des Sceaux.
20:40Oui, pardon.
20:41qui était venu intervenir
20:43juste avant moi
20:43pour expliquer que...
20:45Parce qu'il y avait
20:46une pression des syndicats
20:48que les émeutiers,
20:51je préfère le terme
20:52de révolter,
20:54mais que les émeutiers,
20:55en fait,
20:56s'ils n'arrêtaient pas
20:57leur connerie,
20:58en fait,
20:58en gros,
20:59les parents
21:00allaient perdre
21:02des droits sociaux
21:04à cause de ça.
21:05Oui,
21:05il était question
21:06de retirer
21:06les logements sociaux
21:07aux parents
21:08dont les enfants
21:08commettaient des délits.
21:11Alors que sur ce même plateau,
21:13j'étais venue intervenir
21:14parce que les syndicats
21:15de police
21:16avaient fait un communiqué
21:18dans lequel ils qualifiaient,
21:20en fait,
21:20ces révoltés
21:21de nuisibles
21:22qu'il fallait exterminer.
21:24Donc,
21:24on est quand même
21:25sur ce niveau
21:27de langage
21:28du gouvernement
21:29puisqu'ils acceptent ça.
21:31à aucun moment
21:32il a renié
21:34ou dit
21:34qu'il ne fallait pas faire ça.
21:36Il les a laissés
21:37agir comme ça.
21:38Donc,
21:38quelque part,
21:40la police est raciste,
21:42mais parce que
21:42notre gouvernement
21:45s'allie de plus en plus
21:46à l'extrême droite
21:47et c'est eux
21:49qui leur ont offert
21:49le boulevard
21:50qu'on a aujourd'hui.
21:51Donc,
21:52c'est sûr que
21:53s'il n'y a pas
21:54révolte,
21:55révolution
21:56et si Macron
21:58ne saute pas,
22:00ça va continuer,
22:02en fait.
22:02Donc,
22:03moi,
22:03je suis,
22:06j'admire
22:07tous ces jeunes
22:08qui se sont révoltés
22:10et ces révoltes
22:11sont,
22:12à la différence
22:13de celles
22:13de Ziad et Mouna,
22:15celles de Naël
22:17ont eu quelque chose
22:18en plus,
22:19c'est qu'il y a eu
22:20la même chose,
22:21une narration policière
22:22qui était complètement fausse,
22:24sauf que
22:24moins d'une heure après,
22:26il y a eu une vidéo
22:27sur les réseaux sociaux
22:28et tout a changé.
22:30Et aujourd'hui,
22:31en fait,
22:32les réseaux sociaux
22:33sont aussi utilisés
22:34par les jeunes
22:34pour agir plus vite,
22:36s'organiser plus vite
22:37et faire un relais
22:38d'informations
22:38qui diffèrent
22:39justement des médias
22:40traditionnels
22:41qui reprennent
22:42un peu trop souvent
22:43la version policière
22:44pour argent comptant.
22:45Justement,
22:46Omar,
22:46je voudrais me tourner
22:46vers vous
22:47parlant de version policière
22:50qui change
22:52et qui justifie
22:53voire excuse,
22:55on va dire,
22:56un meurtre
22:57ou une opération
22:59qui découle
23:00sur une personne
23:01qui meurt.
23:01Ce qui s'est passé
23:02pour Aliziri,
23:04c'est que le décès
23:05a été constaté
23:06dans la version
23:07des policiers
23:08et que le retraité
23:09serait mort
23:10de sa consommation
23:11d'alcool
23:12alors que plus tard,
23:13une contre-expertise
23:15démontrera
23:15des hématomes
23:16qui n'avaient pas du tout
23:17était mis en lumière
23:18avant.
23:19Est-ce que vous pouvez
23:20nous expliquer
23:22en quoi
23:23il s'agit
23:24dans ce combat-là
23:27de,
23:28voilà,
23:28on va dire
23:28d'avoir l'exactitude
23:30au plus tôt
23:31puisqu'on peut perdre
23:32la bataille
23:33de la narration ?
23:35Oui,
23:35mais cette histoire-là
23:36n'a rien de singulier
23:37en réalité.
23:38Sur son corps,
23:39on va retrouver
23:3927 hématomes
23:40dont un de 17 cm
23:41de diamètre.
23:42Mais on connaît ça
23:43par cœur.
23:44On sait très bien
23:46que de leur côté
23:47ils fabriquent
23:47du narratif
23:48et j'ai envie de dire
23:49c'est de bonne guerre
23:50parce que
23:52la police en France
23:53elle a une histoire
23:54coloniale,
23:55il y a une matrice
23:55coloniale.
23:56C'était la police
23:57des Noirs au 18e siècle.
23:59On voit le visage
23:59d'Aliziri, pardon.
24:00Aliziri, absolument
24:01paix à son âme,
24:02un retraité
24:03qui venait
24:04faire quelques achats,
24:06qui a travaillé en France
24:06tout au long de sa vie.
24:07D'ailleurs,
24:08mon père t'appelle
24:09Domino avec lui,
24:10paix à son âme
24:11et quand je lui ai montré
24:12cette affiche-là,
24:13il m'a dit
24:14en se tournant
24:15vers un mur
24:16du bout des lèvres
24:17il a dit
24:17alors ça recommence.
24:19Le alors ça recommence
24:20de chez mon père
24:20ça veut dire
24:21que la guerre
24:22d'Algérie
24:22n'était pas terminée.
24:24Cette matrice
24:27coloniale
24:27c'est à la fois
24:27cette police des Noirs
24:28au 18e siècle,
24:29celle contre les Ziganes
24:31au début du 20e,
24:32celle contre les Arabes
24:34dans les années 30,
24:35cette police
24:35contre les Juifs ensuite.
24:37On a une matrice
24:38raciste et racialiste
24:39dans la police
24:40en France.
24:41Et donc ils aient
24:41cherché du narratif,
24:43etc.
24:43J'ai envie de dire
24:44on les connaît,
24:45on connaît cette matrice-là.
24:47Nous on n'est pas
24:47de ceux et celles
24:48qui pensons
24:49qu'il existe
24:49une police républicaine.
24:51Ce n'est pas la commune
24:52de 1871.
24:53On est dans un État
24:54qui défend les intérêts
24:56des plus puissants
24:57au dépend de tous les autres.
24:58Le problème,
24:59ce n'est pas eux.
25:00Dans le sens où eux,
25:01ils sont définitivement
25:02condamnés par les jeunes
25:03des quartiers
25:04et de beaucoup d'autres.
25:06Le problème,
25:07ce sont les responsables politiques
25:08dont parle tout le monde
25:11en réalité ceux qui sont là
25:12mais l'ensemble
25:12des membres de ceux et celles
25:14qui ont perdu un proche.
25:15Les responsables politiques
25:16y compris de gauche
25:17parce que ceux de droite,
25:18d'extrême droite,
25:18les rotaillus et consorts,
25:19on les connaît,
25:20il n'y a aucun problème.
25:21Mais le problème,
25:22c'est quand Olivier Faure,
25:23quand Roussel
25:25vont manifester
25:26auprès de syndicats
25:27factieux
25:28en 2021
25:29qui font la guerre
25:30clairement,
25:31qui font la guerre
25:32à l'ensemble de ceux et celles
25:33qui vivent dans les quartiers populaires
25:34et y compris aux institutions
25:35dites républicaines.
25:36Le problème,
25:37c'est quand la gauche
25:38trahit son logiciel de gauche
25:39de celui non seulement
25:41de répartition des richesses
25:42mais surtout,
25:43j'ai envie de dire
25:44plus important,
25:44celui d'égalité
25:45quand ça relève
25:47de la dignité,
25:48d'égalité des droits.
25:49Et là,
25:49très clairement,
25:50on a été abandonné.
25:52Et en 2005,
25:53tu as raison,
25:54il n'y avait pas beaucoup
25:55de monde dans la rue
25:55pour soutenir
25:56ceux et celles
25:57qui se sont révoltés
25:58après la mort de Zied
25:59et Bouna.
26:00Je rappelle juste un truc
26:01mais ce n'est pas une anecdote.
26:03Quand ils se font électrocuter,
26:05il y a une coupure de courant
26:06dans le secteur.
26:08Et dans les familles,
26:09et notamment dans la famille
26:10de Zied et de Bouna,
26:11il n'y a plus d'électricité.
26:12Ce qu'ils ne savent pas,
26:12les parents à ce moment-là,
26:13les mamans qui racontent,
26:15c'est qu'il n'y a plus d'électricité,
26:16elles sont emmerdées,
26:17elles ne comprennent pas
26:17ce qui se passe.
26:18Mais c'est que fondamentalement,
26:19la lumière s'est éteinte.
26:21La lumière,
26:21elle s'est éteinte,
26:22évidemment,
26:23d'un point de vue factuel,
26:24mais elle s'est éteinte
26:25dans leur vie.
26:25Et c'est cette lumière-là
26:27que les jeunes
26:29ont remis au goût du jour
26:30en mettant des brasiers.
26:32C'est-à-dire qu'ils ont mis
26:33de la lumière
26:33avec les feux partout
26:34où ça a explosé.
26:35Et ça a explosé
26:37en 2005,
26:38sur trois semaines.
26:39Ça a été une dinguerie.
26:40Mais ça a été le seul moyen
26:41pour mettre la lumière
26:42sur ce qui était devenu
26:43totalement invisible
26:44dans cette société-là.
26:46Et il n'y avait pas
26:46beaucoup de gens
26:46qui manifestaient,
26:48y compris peu de gens
26:48qui étaient heurtés
26:49par le fait que
26:51des bombes lacrymo
26:52avaient été envoyées
26:52dans une mosquée
26:53au moment de ces révoltes.
26:55On rappelle que
26:55ils sortaient d'un match de foot
26:57et c'était le ramadan.
26:59Ils voulaient rentrer chez eux.
27:00Les contrôles aux faciès,
27:00ça se termine mal.
27:01Ils n'avaient pas
27:02leur papier sur eux.
27:03Ils faisaient du sport.
27:04Et il y avait le fauteuil.
27:05Ils devaient manger,
27:05tout simplement.
27:06Et donc,
27:07ils ont tracé.
27:09Et on se souvient
27:10de ces filles
27:11qui avaient dit
27:12je ne donne pas cher
27:13de leur peau
27:14comme ce flic
27:14qui a tué Naël
27:15qui dit
27:16tu vas te prendre une balle.
27:17La réalité,
27:18c'est que la police
27:19est autorisée
27:21pour tuer des jeunes
27:23et des moins jeunes,
27:23y compris cette loi
27:24qui est apparue,
27:25qui est la dernière loi
27:26votée par le Parti Socialiste
27:27en quittant le gouvernement,
27:29se permet de tuer.
27:31Eh bien,
27:31cette loi-là,
27:32elle a permis,
27:33en réalité,
27:34d'abonder
27:35dans ce que
27:36les syndicats
27:37d'extrême droite
27:37policiers
27:38demandent
27:38depuis la nuit des temps.
27:39C'est un gouvernement
27:40de gauche
27:41qui a permis
27:42de faire ça.
27:43Le même gouvernement
27:44de gauche
27:44avec,
27:45on ne revient pas sur,
27:46évidemment,
27:47l'état d'urgence
27:47qui a été prononcé
27:48pour la première fois
27:49après la guerre des vieilles.
27:49Il faut comprendre
27:50dans quelle ambiance
27:51on est.
27:51Et la réalité,
27:52c'est est-ce que la gauche
27:53est au rendez-vous ou pas ?
27:54Et on est quelques-uns
27:55à penser que globalement,
27:56la gauche n'est pas encore
27:57au rendez-vous.
27:58Je le dis franchement,
27:58mis à part des gens
28:00comme la France Insoumise
28:01tâchés quand ils disent
28:02la police tue
28:03et tue encore,
28:04eh bien,
28:05on est heureux
28:05ou Poutou
28:06ou des gens
28:07de révolution permanente,
28:08etc.
28:08On est heureux
28:09que ça puisse être entendu.
28:10Justement, Ludo,
28:11je voulais te poser la question.
28:12Toi qui a documenté,
28:14on va dire,
28:14de façon chiffrée,
28:16ces morts de la police,
28:17est-ce que tu as l'impression
28:17qu'il y a des pics,
28:18justement,
28:19au moment où des lois
28:20sont votées
28:20pour, on va dire,
28:23armer la police
28:23de façon présentée
28:25de manière plus efficace
28:28pour le faire de l'ordre ?
28:29Régulièrement,
28:29ça sort sur...
28:31Enfin, c'est publicisé
28:31les décès
28:33ou les exactions
28:34de la police
28:35selon les mandats.
28:362017,
28:37c'est une date clé ?
28:37Par exemple,
28:38on dit 2017,
28:382022
28:39ou sous Sarkozy,
28:40etc.
28:40Moi, je suis un peu mitigé
28:41là-dessus
28:42parce que, par exemple,
28:42Omar vient de le dire,
28:43la loi du refus
28:44de tempéré,
28:45enfin de L435,
28:46ça a été votée
28:46sous Hollande.
28:47Donc, en fait,
28:48on a vu les conséquences
28:49votées sous Hollande
28:49juste après.
28:50Donc, je pense que
28:51c'est plus un climat
28:52qui a été rappelé
28:53et on va vers une surenchère
28:55sécuritaire
28:56où la police
28:57est dépositaire de ça.
29:00Et ce qu'on peut dire,
29:00c'est qu'il y a eu
29:01effectivement une rupture
29:02très nette
29:03dans les chiffres
29:04à partir...
29:05Mais même avant,
29:05à partir de 2016,
29:06parce qu'en fait,
29:07ce qu'il faut se rappeler,
29:07c'est que dès
29:09le contexte sécuritaire
29:10et lié aux attentats,
29:12il y a eu une première
29:13décrite,
29:13ou une circulaire,
29:14en tout cas,
29:14qui est sortie
29:15sur la possibilité
29:16de tirer
29:17ou de neutraliser
29:18entre guillemets
29:19quelqu'un qui était
29:20susceptible de perpétrer.
29:21Le mot neutraliser
29:22veut dire tuer aussi...
29:23Oui, c'est moi
29:24qui dis l'arme,
29:24mais dans la loi,
29:25c'était dans l'idée
29:26de l'usage des armes.
29:27Ce qu'a rappelé Samia...
29:28On parlait de la bataille
29:28des mots, justement,
29:29qu'on utilisait
29:30et on parle de neutraliser
29:32et neutraliser signifie
29:34viser par balle.
29:36Il y a juste une particularité
29:37que je veux juste rajouter
29:39et c'est la raison
29:40pour laquelle
29:42on restera acharné
29:44sur l'abrogation
29:46de l'article 435-1
29:47parce que ce n'est pas
29:49anodin, en fait.
29:51Historiquement,
29:52il y a eu deux moments
29:53en France
29:54où il y a eu
29:55un élargissement
29:55des conditions de tir
29:57pour les policiers.
29:58Les deux fois précédentes
30:00dans l'histoire,
30:01il s'agit de décrets.
30:03Il y a eu un décret
30:04sous l'occupation...
30:05Enfin,
30:06sous le gouvernement de Vichy
30:07et il y a eu un décret
30:09qui a octroyé
30:10aux policiers
30:11de tirer
30:11à l'équivalence
30:13des gendarmes
30:14qui, je rappelle,
30:16sont des militaires
30:17durant la guerre d'Algérie.
30:19Un décret
30:20n'est pas une loi.
30:22Là,
30:22c'est une loi.
30:23C'est figé
30:24dans le marbre
30:25et du coup,
30:25pour faire sauter une loi,
30:27c'est très, très compliqué.
30:29Et donc,
30:29c'est vrai
30:29qu'il y a beaucoup de gens
30:31qui ne se sentent pas concernés
30:32par la question
30:33du refus d'obtempérer.
30:34Mais laisser une loi
30:36telle que celle-ci,
30:37une loi mortifère,
30:39un permis de tuer,
30:41une possibilité
30:42à un policier
30:43de décider de la vie
30:44et de la mort de quelqu'un,
30:46c'est ouvrir un boulevard
30:48pour qu'il n'y ait pas
30:51que demain
30:51ces racisées.
30:52Mais,
30:53comme on l'a vu
30:54avec les gilets jaunes
30:55et comme
30:56sur tous les mouvements sociaux,
30:58ça va s'amplifier
31:00si on accepte
31:01ces morts-là
31:02en se disant
31:03effectivement,
31:04en proportion
31:05sur 26 000
31:06refus d'obtempérer,
31:08ils ne sont que ça
31:09et c'est que
31:10ces Arabes,
31:11ces Noirs
31:11et ces quartiers populaires
31:13parce que c'est
31:13des rebelles
31:14qui n'obéissent pas,
31:16eh bien,
31:16on va se retrouver
31:18dans un système
31:19où il n'y aura pas
31:20que nous
31:21qui aurons peur
31:21pour nos enfants.
31:23Tu voulais réagir,
31:23Ludo ?
31:24Oui,
31:24c'est ça,
31:24c'est-à-dire qu'en fait,
31:25tu me demandais
31:25par rapport
31:27aux politiques,
31:28ce qui est assez étonnant,
31:30c'est que sur les années électorales,
31:30on voit des pics.
31:31On a vu un pic en 2021 aussi,
31:33je voulais demander
31:34sur le graphisme,
31:35est-ce qu'il correspondait
31:36à quelque chose de particulier ?
31:37En fait,
31:38il faut aller en détail
31:38des causes,
31:39mais pour finir là-dessus,
31:41c'est que
31:41à chaque fois
31:43qu'il y a une loi
31:44ou en tout cas
31:44le politique,
31:46sans qu'il y ait une loi d'ailleurs,
31:49donne des consignes,
31:50on le retrouve ensuite
31:51dans les décès.
31:53Il y a le fameux,
31:54il y a Pasqua,
31:55quand il est arrivé à 88,
31:5894 ou 13,
31:59je ne sais plus,
31:5913,
32:00il y a eu
32:00une succession de décès
32:02juste après,
32:03même les choses
32:05qui peuvent paraître
32:06entre guillemets
32:07comme on disait
32:07à l'époque des bavures,
32:09effectivement des actes
32:10où le policier
32:10pète un câble
32:11et tire,
32:12je me souviens de Macaume,
32:13en fait,
32:13juste avant,
32:14Pasqua a fait passer
32:15l'idée qu'il faut
32:17durcir le temps,
32:17etc.
32:18Donc ça conditionne,
32:18en fait,
32:19on crée des conditions.
32:20Et Samuel a très bien rappelé,
32:21la loi actuelle
32:24a été pensée
32:24pour du terrorisme,
32:26il n'y a eu
32:26aucune personne
32:27qui a été tuée,
32:29peut-être une,
32:29mais ce n'est pas le gros,
32:31en tout cas,
32:31des personnes qui ont été tuées,
32:32pour du terrorisme,
32:32c'est des gens
32:33pour des défauts de permis,
32:34pour des délits mineurs
32:35d'infractions routières.
32:36C'est ça le fond du problème.
32:38Et à chaque fois,
32:40ça a été rappelé,
32:41c'est si tué,
32:41les personnes qui sont décédées.
32:43Ce qu'on peut dire,
32:43c'est que,
32:44par rapport à ce que disait Issam,
32:45c'est que,
32:47on fait reposer
32:48sur le policier
32:48l'idée que c'est à lui
32:50de choisir
32:51s'il doit tirer ou pas.
32:52Samuel a rappelé,
32:53les policiers,
32:54s'ils auront le feu,
32:56c'est pour neutraliser.
32:57Ils apprennent,
32:58effectivement,
32:58à tirer
32:59sur le haut du buste.
33:01Dans la première
33:02circulaire instruction
33:03qui est sortie pour la loi,
33:04il y avait l'idée
33:05que le policier
33:06doit regarder
33:06la possibilité
33:07qu'il soit susceptible
33:08de perpétrer
33:09une atteinte à la vie d'autrui
33:10selon sa conviction honnête.
33:13Quand bien même,
33:14celle-ci,
33:15par les faits,
33:18s'avérerait erronée.
33:19Ça pose quand même
33:20un gros problème.
33:23Il y a un policier,
33:24je finis là-dessus,
33:24qui m'avait dit
33:26le problème de cette loi,
33:27c'est qu'au-delà
33:28des cas
33:29qu'il peut y avoir,
33:30nous,
33:30ça a mis l'idée
33:32que les personnes
33:32qui créent un refus
33:33de temps empéré
33:34sont dangereuses.
33:35Et avec cette idée-là.
33:38Et on l'a vu,
33:39juste pour finir
33:39sur les refus de temps empéré,
33:40les chiffres,
33:42l'argument,
33:43c'est toujours
33:43qu'il y a plus
33:43de refus de temps empéré.
33:44Je pourrais montrer
33:46chiffre à l'appui
33:47que ce n'est pas le cas.
33:48Parce que,
33:49ne serait-ce qu'en 2024,
33:50il y a un niveau record
33:51de refus de temps empéré
33:51dangereux,
33:52autant que sur les autres années.
33:53il n'y a pas eu
33:56de décès suite à ça.
33:57Le fait de tirer
33:58ou de neutraliser
34:00ou de tuer,
34:01c'est conditionné
34:02par plein de facteurs
34:03qui sont complexes
34:04mais qui ne sont pas
34:06forcément liés
34:07à la dangerosité
34:08de l'intervention,
34:10etc.
34:11C'est ça qu'il faut avoir
34:11en tête.
34:12C'est ça que nous,
34:13l'enseignement
34:13qu'on a tiré de ça.
34:15Ce n'est pas
34:16la dangerosité
34:16de la mission
34:17ou de l'intervention
34:19qui fait que la personne
34:20va être tuée ou pas.
34:21En fait, c'est ça.
34:21Il faudra juste
34:22répondre là-dessus
34:22parce que du coup,
34:23on dit
34:26le côté subjectif
34:27du policier
34:27qui va considérer
34:28la personne
34:28comme dangereuse
34:29ou pas,
34:29aujourd'hui,
34:30quand on est
34:31à une majorité
34:33de policiers
34:33qui sont pour alliance,
34:35qui sont racistes,
34:37je le dis,
34:38donc la perception
34:38qu'ils ont
34:39d'un jeune racisé,
34:40c'est un danger pour eux.
34:42Et on tire
34:42même s'il n'y a rien.
34:43On pourrait regarder,
34:44je me suis amusé
34:44à regarder les statistiques
34:45sur les refus
34:46d'obtempérer
34:47de gens qui étaient
34:47en état d'ivresse
34:48et qui ont foncé
34:49dans des policiers.
34:50Il n'y a quasiment
34:50pas de tir.
34:51Et quand ils partent
34:52en fuite,
34:53on ne leur tire pas dessus,
34:54on les poursuit,
34:55mais on ne leur tire pas dessus.
34:56On ne les considère pas
34:57comme dangereux,
34:57alors qu'en tant
34:58qu'en état d'ivriété,
34:59ils sont très dangereux
35:00en circulation,
35:01on ne leur tire pas dessus.
35:02Parce que la perception
35:03du danger
35:03est différente
35:04et c'est ça
35:05qui fait la différence.
35:06Et c'est pour ça
35:07que cette loi
35:07doit être absolument abrogée
35:09puisqu'elle donne
35:09la possibilité
35:10à des gens
35:11qui sont déséquilibrés,
35:13qui sont racistes,
35:15de tirer
35:16sur des fantasmes
35:18qui sont créés
35:19par la société.
35:19Je voudrais rajouter
35:21une petite chose
35:21par rapport à ça
35:22qui montre que,
35:24parce que parfois
35:24on dit
35:25militer,
35:26ça ne sert pas,
35:28les choses ne changent pas.
35:32Ludovic le confirmera,
35:34mais cette loi
35:36a permis aux policiers
35:38de pouvoir tirer
35:40lorsqu'il y a un refus
35:41d'obtempérer.
35:42Eux disent que jusque-là,
35:44ils le font
35:45parce qu'ils pensent
35:46que la personne
35:47est susceptiblement
35:48à un danger,
35:48mais bizarrement
35:50à la suite
35:51du décès de Naël
35:52et à la suite
35:54des révoltes,
35:55c'est pour ça
35:56que ces révoltés
35:58amènent quelque chose,
35:59apportent quelque chose.
36:00Mon frère le disait,
36:01c'est vrai que
36:03la problématique
36:04je pense qu'on a aujourd'hui,
36:05c'est de transformer
36:06ces révoltes
36:08en quelque chose
36:09de politique
36:10sur lequel
36:12toutes nos associations,
36:14tous nos partis
36:14convergent
36:15dans un objectif
36:16d'atteindre
36:18quelque chose
36:18de plus grand.
36:19Mais en tout cas,
36:20à la suite
36:20du décès
36:21de Naël
36:22et à la suite
36:23de ces révoltes,
36:24il y a eu
36:25quasiment un an
36:26où il n'y a eu
36:27aucun refus
36:28d'obtempérer
36:30mortel,
36:30c'est-à-dire
36:31qu'ils n'ont pas tué.
36:32Il y a eu pourtant
36:33autant de refus
36:34d'obtempérer,
36:34mais ils n'ont pas tiré
36:36parce qu'ils étaient
36:37observés,
36:37parce qu'ils étaient
36:38regardés
36:39et parce que
36:39le policier
36:40qui a tué Naël
36:42s'est retrouvé
36:43en prison.
36:44Donc en fait,
36:44ça montre bien
36:45qu'ils le font
36:48en toute impunité
36:49lorsqu'ils ne sont
36:50pas regardés.
36:51Et ça,
36:52c'est quand même
36:53quelque chose
36:53de significatif
36:55sur leur manière
36:55de faire.
36:57Je crois que,
36:58pour confirmer
36:59ce que tu dis,
37:00entre juillet 2023
37:02et novembre 2023,
37:04il n'y a pas eu
37:05de mort par balle.
37:06suite à une dâche
37:07de faveur.
37:08Suite,
37:08avec ce sentiment
37:09d'être surputé
37:10et que les faits
37:11et gestes de la police...
37:11Il faut savoir,
37:13c'est monsieur tout le monde
37:14qui fait des refus
37:14d'obtempérer.
37:15C'est ce que dit ça,
37:16mais pourtant,
37:16on ne retrouve pas...
37:17C'est pas monsieur tout le monde
37:18qui meurt.
37:18Exactement.
37:19Et au point que la gendarmerie,
37:21face au nombre...
37:21Effectivement,
37:22il y a de plus en plus
37:22de refus d'obtempérer.
37:23La gendarmerie s'interroge
37:25pour trouver d'autres manières
37:26d'intercepter immédiatement
37:28la personne.
37:28Parce que,
37:29de leur point de vue aussi,
37:30ça crée des problèmes.
37:31Ils n'ont pas...
37:33Ils cherchent d'autres manières
37:34qu'une interception immédiate
37:36à...
37:37C'est-à-dire,
37:38en gros,
37:38tirer quoi.
37:39On a parlé de racisme
37:41autour de la table,
37:43de racisme systémique,
37:44de racisme dans la police,
37:45de racisme dans les syndicats
37:46auxquels les policiers adhèrent.
37:48C'est compliqué
37:49de faire le profil type
37:51de la personne tuée
37:52au niveau ethnique en France,
37:53mais parce que
37:55les statistiques ethniques,
37:56on le rappelle,
37:56ne sont interdites
37:58depuis la Seconde Guerre mondiale.
38:00En revanche,
38:01sur les graphiques
38:04que tu proposes
38:05sur le site,
38:06on voit que ce sont souvent
38:08des jeunes de moins de 27 ans
38:09pour la majorité.
38:11Grande majorité d'hommes.
38:13Je crois que c'était
38:14plus de 90% d'hommes.
38:16Très peu de femmes,
38:17mais il y en a quand même.
38:19Et dans des milieux,
38:21on va dire urbains,
38:21pays urbains.
38:22C'est ça ?
38:23Oui, c'est ça,
38:24le profil type.
38:25Alors,
38:25il faudrait l'affiner actuellement
38:26parce que,
38:27comme je le disais,
38:27il y a une augmentation
38:29du nombre de morts
38:29et du coup,
38:30une extension aussi
38:30des personnes
38:31qui sont visées
38:32selon l'émission.
38:34Et en fait,
38:34ça reflète effectivement,
38:36il y a,
38:36en gros,
38:37c'est Paris,
38:37Marseille et Lyon,
38:40un habitant
38:41des classes populaires,
38:43d'un quartier populaire
38:45en gros noir ou arabe,
38:47globalement,
38:47qui est surreprésenté.
38:48Je crois que Paul Lederf a fait un travail
38:50à partir,
38:51non pas des statistiques ethniques,
38:52mais des consonances,
38:54du nom.
38:55Et il a montré que six à sept fois,
38:57plus de malchance,
38:59entre guillemets,
38:59d'être tué par les forces de l'ordre
39:01quand on a un prénom,
39:04enfin,
39:04quand on est noir,
39:04ou étranger.
39:06Et ça,
39:08ça dit effectivement
39:10un problème au niveau,
39:11un problème raciste,
39:12mais aussi,
39:13ça dit quelque chose
39:14de qu'est-ce qu'on fait faire
39:14à la police.
39:15C'est très situé,
39:16c'est effectivement très situé
39:17socialement et géographiquement.
39:18Pourquoi on vise
39:19ce type de délinquance-là
39:20et pourquoi on distribue
39:21la violence
39:21sur ce type de délinquance-là ?
39:23Ce ne sont pas les personnes
39:24les plus dangereuses
39:25qui meurent.
39:26Vous voyez ce que je veux dire ?
39:26Et on parlait aussi,
39:27justement,
39:28de la qualification raciste
39:29ou pas d'un crime.
39:31Déjà,
39:31en général,
39:32c'est compliqué
39:32de qualifier en France
39:33un crime de raciste,
39:35de faire qualifier.
39:36un crime de raciste...
39:37L'affaire des éclairs
39:38en est un exemple significatif.
39:39En est un exemple.
39:40Oui,
39:40on est un exemple.
39:41Et pour...
39:44Je voudrais reparler
39:45d'Aliziri,
39:45pour le coup.
39:47Est-ce que le qualificatif
39:49a été ajouté ?
39:51Est-ce que,
39:51pour vous,
39:52on devrait poser
39:54la question systématiquement
39:55à chaque mort de la police
39:57d'ajouter ce qualificatif,
39:59Omar ?
40:01Pour Aliziri,
40:03son âme,
40:04l'État français
40:04a été condamné
40:05par la Cour de justice européenne
40:06après dix ans de procédure
40:07où on s'est essuyé
40:08des non-lieux en continu.
40:10Et un non-lieux,
40:11ça résonne de manière
40:12très violente pour une famille
40:13parce que ça veut dire,
40:14comme son nom l'indique,
40:16non-lieux.
40:17Déjà,
40:17c'est une absence
40:18qui ne devrait pas être,
40:19c'est une mort
40:20trop prématurée.
40:21Ils auraient plus de 30 ans,
40:23vous y a des bounas aujourd'hui,
40:2435 et 37 ans.
40:26Mais non-lieux,
40:27ça veut dire circuler,
40:28il n'y a rien à voir.
40:29C'est une violence inouïe
40:31pour les familles.
40:31C'est pas simplement,
40:32c'est une deuxième mort
40:34d'un certain point de vue,
40:35cette non-reconnaissance.
40:36Et la dimension racialiste
40:40et raciste du crime,
40:41à chaque fois,
40:44elle va de soi
40:45pour les victimes,
40:46j'entends par victime,
40:48les familles
40:48ou ceux et celles
40:49qui sont mutilés.
40:50c'est une évidence.
40:52Et je voudrais dire ici,
40:53juste faire une petite incise.
40:56On est très contents,
40:58satisfaits,
40:58que des sociologues,
41:00des journalistes
41:01fassent le taf,
41:02des structures associatives,
41:04etc.,
41:05parfois,
41:05droits de lobbyistes.
41:07Mais,
41:09ça révèle en même temps
41:10un problème,
41:10c'est qu'on est souvent
41:13des objets parlés,
41:14mais on écoute très peu
41:15les sujets parlants.
41:16Et les sujets parlants,
41:18ils parlent lors des révoltes
41:19ou lorsqu'ils se constituent en collectif
41:20quand ce sont les familles
41:21qui se constituent en collectif,
41:22par exemple.
41:23Et ces sujets parlants
41:24leur donnent très, très peu la parole.
41:26Il a fallu faire venir des experts,
41:28c'est-à-dire qu'en fait,
41:29la notion même de discrimination
41:30dans ce pays-là
41:31est arrivée très tard
41:32dans le langage de la sociologie.
41:33Et pourtant,
41:35nos grands frères,
41:36grandes sœurs,
41:36nos parents
41:37ont compris très tôt
41:38ce que c'est que la discrimination,
41:40notamment depuis les guerres coloniales
41:41jusqu'à aujourd'hui.
41:43Mais,
41:43il s'agissait surtout
41:44de ne pas faire parler
41:45les premières personnes concernées.
41:47Tant et si bien
41:48que lorsqu'il y a des révoltes
41:49dans les quartiers populaires,
41:51on ne donne jamais le micro
41:52à ceux et celles
41:53qui se révoltent.
41:54Et on préfère parler d'émeute
41:55plutôt que de révolte
41:56de manière à dépolitiser le problème.
41:58Voilà pourquoi,
41:59au fond du fond,
42:00on peut reprendre
42:00les affaires une à une
42:01et il faut le faire.
42:02Parce que chaque situation
42:05mérite d'être éclaircible
42:06pour ce qu'on appelle,
42:07nous, la dignité.
42:08Et la dignité,
42:09ça ne se monnaie pas.
42:10Donc, il faut se baser
42:11sur chacune des situations
42:12et se coordonner le plus possible
42:13parce qu'en fait,
42:14on vit les mêmes processus.
42:16C'est à chaque fois
42:19les narratifs
42:20qui ne sont pas les mêmes,
42:22y compris les expertises médicales.
42:25C'est toujours la même chose.
42:26Bref, surtout...
42:27Les preuves qui disparaissent.
42:28Les preuves qui disparaissent,
42:29les caméras qui deviennent invisibles.
42:31On a tous les mêmes histoires.
42:32Les juges d'instruction
42:33qui changent,
42:3410, 15, 20 ans de procédure
42:35pour arriver à quelque chose.
42:36Il y a des...
42:37C'est 10 ans de procédure
42:38pour arriver finalement
42:39au fait que les flics
42:40sont lavés de tout.
42:41C'est ça la réalité.
42:43Donc, il faut construire
42:44des comités de condition.
42:45Mais le plus important pour nous,
42:46c'est de politiser cette affaire-là
42:48jusqu'au bout
42:49et de montrer du doigt encore
42:50ceux et celles
42:51qui sont en responsabilité politique
42:52qui ne font pas le tas
42:53qu'ils devraient faire.
42:54Et c'est extrêmement grave.
42:55On ne peut pas aujourd'hui
42:56soutenir des syndicats de police.
42:58Ça ne veut pas dire...
42:59Nous...
42:59Là, il y a eu un flic
43:00qui a été agressé, etc.
43:01Nous, on n'a pas de haine anti-flic.
43:04Ce n'est pas une histoire de passion.
43:06Ce n'est pas j'aime ou j'aime pas.
43:07Qu'on se comprenne bien.
43:08C'est une affaire politique.
43:10Quand les féministes se battent
43:12pour demander plus d'égalité
43:13dans ce pays-là,
43:14elles ne sont pas en train de dire
43:15les hommes, aimez-nous.
43:16Ce n'est pas ça le problème.
43:17On a mis au moment envie de dire
43:18lâchez-nous plutôt.
43:19Là, la dimension,
43:20c'est de politiser l'affaire.
43:21Et l'égalité,
43:22ce n'est pas une histoire d'affect.
43:24C'est une histoire de droit.
43:25Voilà pourquoi,
43:26si on fait reculer cette loi-là,
43:27et j'espère qu'on va y arriver,
43:29mais il faudrait du coup
43:30un gouvernement
43:31qui puisse prendre la responsabilité,
43:33et force est de constater
43:34qu'aujourd'hui,
43:35c'est clair,
43:36ça se joue du côté
43:38gauche radicale pour aller vite.
43:40Et moi, je ne suis pas militant
43:41de la LFI.
43:42Mais il est clair
43:42que quand au Parti communiste,
43:43on bégaye sur ces questions-là,
43:45on regarde ces pompes,
43:46on regarde ailleurs
43:47parce qu'on perd des voix,
43:48parce qu'on a un électorat raciste
43:49qui existe aussi,
43:51eh bien, force est de constater
43:52qu'on ne peut pas compter sur eux
43:53quand on est dans les quartiers populaires.
43:54Donc la polarisation de la société,
43:56pour vous,
43:57vous parliez de fascisation
43:58de la société,
43:59pour vous,
44:00incite les politiciens
44:02à mettre sous le tapis
44:04justement les questions
44:04de racisme systémique.
44:05Il y a des électorats derrière ça.
44:07L'électorat prime.
44:08Il y a des électorats,
44:09il y a des élections.
44:10Et pour dire clairement les choses,
44:11l'esprit a été gangréné
44:13parce que le racisme d'État,
44:14il va du haut vers le bas.
44:15Donc il n'y a pas de ceux et celles
44:16qui pensent que les gens sont racistes
44:18par naissance ou par nature.
44:19Ça revient du haut vers le bas.
44:21La seule chose que Macron
44:21a pu faire ruisseler,
44:22ce n'est pas les richesses,
44:23mais c'est le racisme par exemple.
44:24Et plein d'autres choses
44:25qui relèvent des discriminations.
44:26Et les gens ont été totalement engrénés
44:28via un certain nombre de médias.
44:30Et la réalité aujourd'hui,
44:31c'est qu'on a un électorat,
44:33oui, qui pense globalement
44:34que les Arabes et les Noirs,
44:36ça craint, ça craint fortement
44:38qu'il faut s'en débarrasser,
44:39que quand il y a un rotaillot
44:40qui dit « à bas le voile »,
44:41il y a plein de gens qui applaudissent.
44:42Quand on soulève une femme
44:43qui porte une tenue
44:44un peu plus habillée
44:45que la moyenne sur une plage,
44:46il y a des gens qui applaudissent
44:47sur la plage
44:48parce qu'il y a une police municipale
44:49qui soulève cette femme-là.
44:50On vit dans une société
44:51qui nous meurtrit,
44:52qui nous meurtrit profondément.
44:54Profondément, c'est-à-dire
44:55pas simplement notre corps
44:56qui appartient à ce corps d'État finalement.
44:58C'est beaucoup,
44:59on écrit là-dessus,
45:00mais nos corps deviennent
45:02des corps d'exception.
45:04On peut les prendre,
45:04en faire ce qu'on en veut,
45:05on peut les détruire
45:07à la fois au niveau physique,
45:10mais y compris dans notre intimité
45:11la plus profonde
45:12quand on attaque par exemple une foi,
45:14parce que certains
45:15sont de confession musulmane,
45:18et quand on attaque cette foi-là,
45:19c'est aussi une façon d'attaquer
45:20quand on attaque une femme
45:21qui porte un foulard.
45:22Et tout ça, évidemment,
45:23est intimement lié.
45:24Et ce n'est pas que les flics,
45:25c'est la justice,
45:25c'est les médias.
45:26Tu as raison de le souligner.
45:27Il y a un système judiciaux,
45:30policier et judiciaire
45:31qui fonctionnent ensemble,
45:32avec des médias qui sont là,
45:33qui sont en fait des radios préfectures,
45:35et qui permettent de légitimer,
45:37bien sûr,
45:38les bonnes violences
45:39et les mauvaises violences.
45:41Ce qui est intéressant avec ça,
45:42c'est que vous parliez justement
45:43de la version policière
45:44qui était reprise de facto,
45:46et on appelle ça dans le journalisme,
45:48on surnomme ça
45:49une monosource fiable,
45:50ce qui n'existe pas,
45:51une bonne source n'est jamais seule,
45:53et en tout cas à l'humanité,
45:54c'est ce qu'on essaie de faire,
45:55de challenger systématiquement
45:57toute version,
45:58toute version,
45:59c'est-à-dire que chaque information
46:01qu'on donne a été croisée,
46:02que ce soit la version préfectorale,
46:04policière,
46:06témoignage,
46:06on essaie de croiser ça,
46:07et c'est la voix qu'on essaie de porter,
46:09en tout cas ici au journal,
46:10et c'est pour ça qu'on est très content
46:11aussi de vous avoir aujourd'hui,
46:13et d'entendre vos opinions.
46:15Il nous reste juste quelques minutes
46:16pour parler de l'après,
46:19du combat, justement,
46:20contre cette réforme
46:21qui risque d'aggraver les choses,
46:24de revenir aussi
46:26sur les lois
46:29que vous considérez avoir été,
46:31avoir été,
46:33on va dire,
46:36avoir rendu les choses
46:37encore plus compliquées.
46:39vous appelez à se mobiliser ?
46:44Excusez-moi,
46:45je n'ai pas su se mobiliser.
46:47Vous appelez à se mobiliser,
46:48justement,
46:49la jeunesse
46:50qui est touchée
46:52par ces histoires,
46:53mais qui n'est pas encore touchée
46:54en sa famille,
46:57etc.
46:57Je pense qu'il y a énormément
46:58de personnes,
46:59par exemple,
47:00après Naël,
47:01vu qu'il y a des images
47:03après Zéclair,
47:04vu qu'il y a les images,
47:04aujourd'hui,
47:05c'est ça aussi,
47:06c'est que ce ne sont plus
47:07vraiment les images
47:08qu'on nous donne,
47:08on a les informations
47:09dans notre téléphone
47:10avant de les avoir
47:11dans la télévision
47:12avec une version
47:15qui peut différer.
47:16Donc,
47:17qu'est-ce que vous appelez
47:17aujourd'hui à mobiliser ?
47:19Et peut-être que certains
47:20qui nous écouteront
47:21trouveront que c'est une vision
47:23bisounours de la situation,
47:25mais moi,
47:25je pense que,
47:26en fait,
47:29beaucoup de jeunes,
47:31la plupart des jeunes,
47:32d'ailleurs,
47:33en France racisés,
47:34ont totalement conscience
47:37et ont connu
47:40le racisme,
47:41l'injustice,
47:42l'inégalité
47:43de traitement,
47:45j'allais dire
47:45depuis l'école même,
47:47en fait,
47:47depuis qu'ils étaient
47:48tout petits.
47:49C'est juste
47:50qu'effectivement,
47:51on est issus
47:53de parents
47:56qui ont immigré ici
47:57et qui nous ont
48:00inculqué
48:00des valeurs,
48:02des valeurs fortes,
48:03mais en nous disant
48:04aussi qu'il fallait
48:05effectivement
48:06qu'on fasse au mieux,
48:07qu'on est chez nous,
48:10mais que,
48:11voilà,
48:11il y avait toujours
48:12ce mais que.
48:13Et aujourd'hui,
48:14quand vous voyez
48:16comment,
48:17enfin,
48:17je veux dire,
48:17il s'est passé quelque chose,
48:18et je pense qu'Omar
48:19pourra en parler encore
48:20mieux que moi,
48:21mais il s'est passé
48:22quelque chose
48:22de très significatif
48:23ces deux dernières années
48:25et c'est la raison
48:26pour laquelle
48:26on ne peut pas dire
48:27que la jeunesse
48:28de France
48:29ne s'est pas mobilisée
48:31pleinement
48:31malgré une répression
48:33dont on était les seuls
48:35en Europe
48:36et dans le monde,
48:37c'est quand même
48:38sur la question
48:39de la Palestine.
48:40Ces manifestations
48:41qui ont eu lieu
48:42tous les week-ends
48:43où des jeunes,
48:44juste parce qu'ils portaient
48:45un kéfier
48:46ou une pancarte,
48:48ont subi
48:49de la répression policière,
48:51le nombre
48:54de personnes
48:55qui ont subi
48:55des gardes à vue
48:57qui ont été
48:58avec cette question
49:00de l'apologie
49:01du terrorisme,
49:02c'est quand même
49:03incroyable
49:03et malgré tout,
49:04ils ont tenu
49:05deux ans
49:06et donc ça,
49:07c'est quelque chose
49:08qui s'est passé,
49:09il y a quelque chose
49:10qui est là,
49:11il y a quelque chose
49:12qui s'est remanifesté
49:14le 10 septembre
49:14puisqu'en fait,
49:15ce qu'annonçait la police
49:17et ce qui a été
49:18réellement
49:18sur le terrain
49:19est bien plus important,
49:21c'est quasiment équivalent
49:23au démarrage
49:24des gilets jaunes,
49:25donc je pense
49:26qu'il y a quelque chose
49:27qui est là,
49:28mais je suis d'accord
49:29avec Omar,
49:30il faut politiser
49:31ce qu'on fait
49:32dans la rue
49:33et il faut le porter
49:34et il faut le porter
49:35par des personnes
49:36qui sont concernées
49:38dans leur chair
49:38et donc,
49:39on n'a plus besoin
49:40de porte-parole
49:41et c'est à nous
49:42de le faire.
49:43Et justement,
49:44très rapidement,
49:44autour de la table,
49:45est-ce qu'aujourd'hui
49:46vous appelez
49:47à une réforme
49:47de la police ?
49:51Une réforme de la police
49:52et une réforme de la justice.
49:53En fait,
49:53je pense qu'on ne peut pas
49:54séparer la police
49:55et la justice
49:55aujourd'hui.
49:57Si les policiers
49:58qui ont commis
49:59des crimes,
50:00des meurtres
50:00avaient été correctement
50:03jugés,
50:03on n'en serait pas là
50:04non plus.
50:04c'est cette impunité
50:06de la loi
50:06mais aussi des juges
50:07qui n'ont pas
50:07les moyens
50:08d'enquêter
50:08sur les crimes policiers
50:10et qui ne veulent pas
50:10non plus.
50:10Ce n'est pas
50:11qu'une question
50:11de moyens,
50:12c'est aussi
50:12une question
50:12de volonté
50:13et de possibilité.
50:14Ils n'ont pas
50:14les moyens
50:15parce que l'IGPN,
50:16on ne peut pas
50:16considérer qu'enquêter
50:18sur ses pairs
50:18c'est quelque chose
50:19d'équitable.
50:20On ne peut pas
50:20considérer que
50:21le procureur en France
50:23est en charge
50:24de mener l'enquête
50:25mais aussi en charge
50:26de défendre le policier.
50:27Il a accès
50:27au dossier tout de suite.
50:28Nous,
50:29en tant que partie civile,
50:30on ne peut pas
50:30avoir accès au dossier
50:31jusqu'à ce qu'il soit
50:31classé sans suite.
50:33Donc en fait,
50:34il y a un déséquilibre
50:35judiciaire
50:35qui est aberrant.
50:37Personne n'en parle,
50:38personne ne veut faire
50:39quoi que ce soit.
50:39Et ça se poursuit
50:41sur toute la chaîne.
50:42Donc il faut réformer
50:43la police,
50:43il faut réformer
50:44la justice.
50:45Ça c'est sans aucun doute.
50:48Omar ?
50:48Non mais moi je pense
50:49que la réalité
50:50c'est que ce n'est pas
50:51par le biais simplement
50:52de réforme point barre,
50:53c'est-à-dire qu'il y a
50:54un problème d'ordre structurel.
50:55C'est beaucoup plus grave
50:56que ça.
50:56On a une police
50:57qui est au service
50:58d'un État,
50:59de la bourgeoisie
51:00et tant que les inégalités
51:01se creuseront,
51:02eh bien il y aura
51:03toujours cette police
51:04qui va augmenter.
51:04C'est ce que tu disais
51:05l'autoritarisme des flics
51:06augmente d'autant plus
51:07qu'il y a une révolte
51:08qui gronde partout.
51:10Donc nous on appelle
51:11aux 10,
51:11on appelle aux 18,
51:13on dit juste un truc.
51:14On appelle aux 28,
51:15aux 38,
51:15on appelle.
51:16On appelle,
51:17on appelle surtout
51:18à la chaussure,
51:19il va y avoir d'autres
51:20morts dans les mains
51:21de la police.
51:21C'est écrit,
51:23c'est écrit.
51:24Et il va y avoir
51:25d'autres révoltes
51:25dans les quartiers populaires.
51:27Et donc nous on appelle
51:28à se solidariser
51:29de ces révoltes-là
51:29et de ces révoltés-là
51:30parce qu'on le dit
51:31très simplement.
51:32Lorsqu'il y a eu
51:33la loi sécurité globale
51:34qui est parue,
51:35il y a eu des mobilisations
51:36de ouf
51:36et c'est tombé par terre.
51:37Il y avait notamment
51:38dedans un article
51:40qui autorisait,
51:40qui interdisait les gens
51:41de filmer la police.
51:42Cet article est tombé.
51:43Cet article a été réintroduit
51:44dans la loi séparatiste.
51:46Et soit la loi séparatiste,
51:46plus personne manifestait.
51:47Mais autrement dit,
51:49on voit bien
51:49que dans les quartiers,
51:50il nous est même interdit
51:51de filmer les flics.
51:52Les journalistes aussi
51:53qui sont menacés
51:55de ne pas pouvoir filmer
51:56en manifestation.
51:56Or en l'occurrence,
51:57pour Naël P.
51:57à son âme,
51:58s'il n'y avait pas eu
51:58justement une trace,
52:00eh bien on aurait eu
52:00la version préfecture
52:02et point barre.
52:02Pour Zéclair aussi.
52:04Exactement.
52:04Et donc,
52:06c'est ce que disait
52:07Ahmad Ben Tounsi d'ailleurs
52:08quand elle dit
52:08filmer la police
52:09avec tout le travail
52:11qu'elle a mis en place
52:11avec l'observatoire,
52:12avec l'urgence
52:13d'autres police assassines,
52:14etc.
52:14Et je la cite elle,
52:16mais l'ensemble des collectifs
52:17ont œuvré
52:17pour faire en sorte
52:19qu'on puisse vivre
52:20à égalité et à dignité.
52:22Donc en ce qui nous concerne,
52:23on n'a aucune illusion
52:24sur la police
52:25telle qu'elle est là.
52:26Nous, on rêve de la commune,
52:27c'est-à-dire d'autres choses,
52:28un truc beaucoup plus égalitariste.
52:30Voilà.
52:30Merci beaucoup.
52:31Ce sera le mot de la fin.
52:32J'en profite pour vous remercier.
52:34Merci d'avoir été avec nous
52:35et aussi Ludo.
52:37Je vous invite tous
52:38à aller voir cette page
52:40et le travail qui a été fait.
52:41Et puis on annonce aussi,
52:43on ne sait pas encore quand,
52:44on ne sait pas encore comment,
52:45mais cette base de travail
52:47va être ensuite...
52:49On va travailler en adéquation
52:50avec l'humanité
52:53pour compter
52:55ces morts de la police.
52:57Ce ne sont pas que des chiffres.
52:59Je vais peut-être aussi te demander
53:00juste un tout petit mot de la fin.
53:01Ce ne sont pas que des chiffres derrière.
53:02On raconte des histoires,
53:04des personnes et des femmes.
53:04À côté de ça,
53:05on fait aussi beaucoup...
53:07On a fait énormément...
53:08Moi, le premier,
53:09des séries d'articles
53:10sur des affaires,
53:11sur...
53:11On parlait des versions
53:13pour démontrer
53:14le côté systémique
53:15et que les choses se répètent.
53:17Moi, c'était ça
53:17qui a animé ça.
53:19Et je pense qu'on devrait...
53:20Là, ce qui...
53:21Juste pour peut-être
53:21tout finir là-dessus,
53:22c'est que le...
53:24Effectivement,
53:24la base va être reprise.
53:25L'idée, c'est que ce soit
53:26un outil aussi
53:26qui soit beaucoup plus interactif
53:28pour que les gens...
53:29Parce que beaucoup de gens
53:29demandent des informations
53:30et que ça puisse être
53:31autonomisé, quoi.
53:33Et je pense qu'un truc
53:34qu'on voit là
53:34sur les derniers chiffres,
53:35c'est que c'est une extension
53:37de la société
53:38qui est gérée par les flics.
53:39Et on le voit
53:40dans beaucoup de missions.
53:41On pourrait déjà
53:43remettre d'autres personnes
53:44que les policiers
53:44pour gérer des missions.
53:45Même les policiers eux-mêmes
53:46disent qu'ils ne sont pas
53:47habilités à faire ça.
53:48Et ça serait peut-être
53:49une solution.
53:50Dans un premier temps,
53:51après, voilà.
53:51Ça veut dire qu'on pourrait
53:54dépoliciariser
53:54beaucoup de problèmes sociaux
53:55que gère la police actuellement.
53:57Je vous remercie énormément.
53:58Merci le chat
53:59d'avoir été avec nous.

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