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  • il y a 18 heures
Juste avant son entrée au Panthéon lors d’une cérémonie prévue ce jeudi soir, la tombe de Robert Badinter à Bagneux a été taguée, selon la mairie. Les mots « Les assassins, les violeurs, les pedo (sic), la République reconnaissante » y ont été découverts, selon les informations de Libération. « Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire », a immédiatement dénoncé Emmanuel Macron. On fait le point avec Aurélien Soucheyre et Mathilde Gros.

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Transcription
00:00Robert Badinter, on a appris il y a quelques heures que sa tombe avait été profanée.
00:05Luma a écrit sur le sujet. Aurélien, qu'est-ce que tu peux nous en dire ?
00:09Qu'est-ce qu'on en sait ?
00:10Sur la profanation, ce qu'on en sait, c'est qu'aujourd'hui on est le 9 octobre,
00:13et ce n'est pas une date anodine, c'est le jour de la pantonisation de Robert Badinter,
00:17et c'est le jour anniversaire de l'abrogation de la peine de mort,
00:22parce que c'était le 9 octobre 1980 que ça s'était passé.
00:25Et donc le jour même de l'abrogation, le jour de la pantonisation,
00:28il y a la tombe de Robert Badinter à Bagneux qui a été profanée.
00:34Ça n'a pas été revendiqué, on ne peut pas dire d'où ça vient,
00:37mais ça ressemble, c'est un message d'hostilité à l'abrogation de la peine de mort.
00:41Ce qui a été inscrit sur sa tombe, c'est les assassins, les violeurs, les pédos, la république reconnaissante.
00:48Ça fait complètement référence à ce qu'il y a écrit sur le fronton du Panthéon,
00:52puisque sur le fronton du Panthéon, il y a écrit aux grands hommes la patrie reconnaissante.
00:55D'ailleurs, il y a des débats sur, il faudrait inscrire aux grandes femmes, aux grands hommes la patrie reconnaissante.
01:00Et donc là, c'est un retournement de la formule du Panthéon,
01:04pour dire qu'en gros, Badinter serait, selon ceux qui ont écrit ce message,
01:07qu'il y a un message typique des gens qui étaient opposés à l'abrogation de la peine de mort,
01:11notamment des personnes de droite et d'extrême droite à l'époque.
01:15Les assassins, les violeurs, les pédos, la république reconnaissante.
01:17Sous-entendu, la peine de mort, l'abrogation de la peine de mort est un cadeau fait aux assassins,
01:23aux violeurs, aux pédophiles, ce qui n'est pas du tout le cas.
01:25La peine de mort, ce n'est pas du tout un cadeau fait aux gens qui commettent des crimes,
01:28puisque la peine de mort ne vient pas supprimer les peines de prison
01:31et les peines contre les gens qui commettent des crimes.
01:33C'est juste se dire qu'en fait, ça ne sert à rien de tuer les gens,
01:36c'est inhumain de tuer les gens, c'est criminel de tuer les gens.
01:38La justice n'étant pas parfaite, en plus, ça arrive qu'on tue les innocents.
01:42Et ce serait devenir, tuer quelqu'un, ce serait devenir le monstre,
01:46le même monstre que la personne qu'on tue, même quand c'est un monstre.
01:48Donc c'est ça l'idée de l'abrogation de la peine de mort.
01:50Donc on peut, on va en parler d'ailleurs.
01:54Aujourd'hui, c'est au Panthéon.
01:56La cérémonie, c'est ce soir.
01:57Alors le Panthéon, très rapidement, qu'est-ce que c'est le Panthéon ?
01:59C'est un temple républicain qui a été créé sous la Révolution française,
02:03pour ne plus honorer seulement les rois, les reines, les saints ou les généraux.
02:08Parce qu'en gros, les grands hommes et les grandes femmes qui étaient honorées
02:11sous l'Ancien Régime, c'était ces personnes-là.
02:14Et donc, en fait, l'idée, c'est d'honorer les grands penseurs, les philosophes,
02:18les révolutionnaires, les scientifiques, les artistes.
02:20Une philosophie vraiment citoyenne, en fait.
02:22Oui, et les citoyens remarquables.
02:24Même s'il y a eu des périodes après du Panthéon, ou sous Napoléon,
02:28où il y a de nouveau, pas forcément, il y a des généraux qui retournent au Panthéon,
02:34ou des gens qui ne sont plus des défenseurs de la démocratie qui entrent au Panthéon.
02:37Il y a plusieurs époques dans l'histoire de France,
02:39et donc plusieurs époques dans l'histoire des panthéonisations.
02:41Ce qui est intéressant, avec cette entrée de Robert Bannater aujourd'hui,
02:45donc là, c'est vraiment l'idée de la panthéonisation d'un personnage progressiste
02:49qui a défendu les valeurs humaines et humanistes,
02:51c'est qu'il rejoint Victor Hugo,
02:54que Robert Bannater avait présenté comme le grand-père
02:57de l'abrogation de la peine de mort lors de son discours en 1980.
03:00Victor Hugo qui a écrit « Dernier jour d'un condamné »
03:02et qui était un adversaire résolu de la peine de mort.
03:05Et il rejoint aussi Jean Jaurès au Panthéon,
03:07qui lui aussi s'était énormément mobilisé pour l'abolition de la peine de mort.
03:11D'ailleurs, dans le journal de ce matin de l'Humanité,
03:13n'hésitez pas à vous le procurer en kiosque ou à aller lire sur Internet,
03:18il y a ce rappel, donc, que le combat de Robert Bannater,
03:21et il s'est beaucoup battu, et c'est pour ça qu'il est honoré là-dessus,
03:24est un combat qui vient de loin aussi,
03:27puisque Hugo Jaurès, mais même pendant la Révolution française,
03:29avant que la Révolution française se mette à condamner à mort
03:32avec la guillotine des adversaires de la Révolution,
03:34puis qu'elle s'enballe et que les révolutionnaires se tuent entre eux,
03:36il y a des grands discours pour l'abolition de la peine de mort,
03:38notamment de la part de Robespierre,
03:41et il y a un long combat dans l'histoire de l'humanité contre la peine de mort.
03:45Oui, ça s'est concrétisé au XXe siècle en France et dans plein d'autres pays,
03:50et il y a eu des avancées décisives avec celles de Bannater,
03:54mais c'est un grand combat, et par exemple, en 1980,
03:57Robert Bannater, lors de son discours pour abroger la peine de mort,
04:00cite Jean Jaurès, il cite,
04:01« que la peine de mort est contraire à ce que l'humanité,
04:04depuis 2000 ans, a pensé de plus haut et rêvé de plus noble,
04:07contraire à la fois à l'esprit du christianisme et à l'esprit de la Révolution. »
04:10Là, on voit toutes les racines qui peuvent se mêler pour abroger la peine de mort.
04:16Sa tombe, on l'a évoquée, a été profanée.
04:19On peut parler aussi de la pantalonisation de Zola,
04:21parce que ce message de haine mis sur la tombe de Bannater,
04:26c'est un peu l'hommage du vice à la vertu.
04:28Et quand Zola est pantalonisée,
04:30c'est Jaurès qui signe l'édito sur sa pantalonisation dans l'Huma.
04:34Zola, à ce moment-là, il y a plein de gens qui étaient outrés,
04:37qui étaient furieux que Zola outre en Panthéon.
04:39Pour quelle raison ?
04:40Parce que c'était dans la foulée de l'affaire Dreyfus,
04:42et tous les anti-Dreyfusards,
04:46qui passaient leur temps à insulter Zola,
04:49ne supportaient pas du tout que Zola entrepanthéon.
04:52Et donc Jaurès écrit « La rumeur d'outrage
04:54qui enveloppe le nom et le cercueil de Zola
04:56est une rumeur de gloire. »
04:58Et quelque part, même si Bannater,
04:59c'est beaucoup plus consensuel que l'entrée de Zola aujourd'hui,
05:02c'est lié à l'état du débat public,
05:04et tant mieux,
05:05quelque part, cette ultime
05:07insulte fait sur sa tombe,
05:09ce qui est très grave,
05:12les adversaires de la peine de mort aujourd'hui
05:14sont minoritaires en France de loin.
05:16Et c'est à dénoncer, évidemment,
05:18mais quelque part, c'est presque un hommage de plus,
05:24un hommage du vice à la vertu.
05:26Mais parce que, donc,
05:27de Bannater,
05:28on retient évidemment l'abolition de la peine de mort
05:30en 1981,
05:31quand il était ministre de la Justice
05:32de Mitterrand,
05:33c'est bien ça ?
05:34Oui, de Mitterrand.
05:35Mais il a fait d'autres choses également.
05:37Oui, il a fait d'autres choses, bien sûr.
05:40C'était un avocat très engagé
05:42contre la peine de mort,
05:43mais il n'a pas défendu
05:43que des condamnats à mort dans sa carrière.
05:45Et en tant que ministre,
05:46les grandes avancées,
05:48il y a la progration de la peine de mort,
05:49mais pas uniquement.
05:50Il y a aussi la fin
05:53de...
05:54J'ai mal noté, là,
05:55mais c'est de...
05:56Juridiction d'exception.
05:58Il y a le renforcement des libertés individuelles
06:00et surtout,
06:01l'autre grand combat de Bannater
06:02qui passe trop souvent sous silence,
06:04c'est l'abrogation du délit d'homosexualité
06:06en 1982.
06:08Et d'ailleurs,
06:09il y a quelques mois,
06:10on a fait un grand dossier
06:11dans l'humanité là-dessus
06:12et il y avait des jeunes journalistes
06:13qui étaient très surpris
06:14de se rendre compte
06:14qu'ils ont des contemporains.
06:16Il y a des jeunes journalistes
06:17de 25 ans à l'humanité
06:18qui se rendent compte
06:19qu'ils avaient des contemporains.
06:20Ils ont rencontré des Français
06:21qui ont fait de la prison
06:22parce qu'ils étaient homosexuels.
06:24Et donc,
06:24on imagine souvent que...
06:26Mais il y a même des élus,
06:27des gens qui sont encore élus aujourd'hui
06:28qui avaient voté contre
06:29cette criminalisation à l'Assemblée.
06:32Oui, oui, tout à fait.
06:32Il y a des gens qui se rendent
06:33qu'ils ont des contemporains
06:34qui ont fait de la prison
06:34parce qu'ils étaient homosexuels.
06:35Quand on a 20 ans aujourd'hui,
06:36on se dit,
06:37bon, le temps où les homosexuels
06:38étaient punis en France
06:39est lointain.
06:40Le temps où ils sont embêtés,
06:42où ils sont harcelés,
06:43où ils sont agressés
06:45est toujours là.
06:46Il y a encore beaucoup de progrès à faire.
06:47Mais le temps où c'est
06:48l'appareil d'État
06:48qui était mobilisé
06:50contre les homosexuels,
06:51ça leur semble médiéval,
06:53entre guillemets.
06:54En fait, non.
06:55Nous, on avait interviewé
06:56et il fait le portrait
06:56d'un Français
06:57qui s'est retrouvé
07:03et ça paraît hallucinant.
07:04Et c'est un combat
07:05très récent, en réalité.
07:07Et un des grands combats
07:08de Banaterre.
07:09Tu parlais tout à l'heure
07:10de Mitterrand.
07:11C'est sous Mitterrand
07:12que l'abrogation
07:12de la peine de mort s'est faite.
07:14Ce n'est pas anodin
07:15parce que les personnages
07:18ne sont pas que de lumière,
07:19ni Banaterre, ni Mitterrand.
07:20Ils ont tous des zones nombres.
07:21Et Mitterrand, lui,
07:23en tant que ministre,
07:24notamment pendant la guerre d'Algérie,
07:25a validé des exécutions
07:26et des peines de mort.
07:27Notamment celle de Fernand Yveton
07:28qui était français d'Algérie,
07:30militant communiste
07:31pour l'indépendance de l'Algérie
07:33et qui a été exécuté.
07:34Et dans, d'ailleurs,
07:36l'ouverture du...
07:36Il a été exécuté
07:37sur quel motif ?
07:38En fait, il avait mis
07:40une bombe
07:40qui n'a jamais explosé
07:41dans une usine
07:42qui était vide.
07:43D'accord.
07:43Son but, c'était en fait
07:44de faire sauter une usine
07:46mais au moment où elle était vide.
07:47Oui, oui, c'était
07:47du sabotage industriel.
07:49Tout à fait,
07:49du sabotage industriel.
07:50Ça ne visait pas du tout
07:51à tuer qui que ce soit.
07:54Il a été arrêté.
07:56Ils en ont fait un exemple.
07:57Ils l'ont tué.
07:59Il y a un très beau livre
08:00de Joseph Andras
08:00qui s'appelle
08:01« De nos frères blessés »
08:01là-dessus.
08:02Et l'épigramme,
08:04c'est la première phrase
08:04dans un livre
08:05avant que le roman commence.
08:06C'est une phrase
08:07justement sur le fait
08:09que pour Mitterrand,
08:09ensuite, c'est une tâche,
08:10c'est une culpabilité
08:11et que peut-être
08:12des historiens s'entendent
08:14à dire que ça ne l'excuse pas
08:16mais que ça l'a amené
08:18à se dire
08:19qu'il faut abolir
08:20la peine de mort.
08:21Sachant que quand Mitterrand
08:23annonce en campagne présidentielle
08:24qu'il veut abolir
08:24la peine de mort,
08:25les sondages sont contre
08:26l'opinion des Français
08:27et d'après les enquêtes
08:29d'opinion,
08:30majoritairement hostiles
08:31à l'abrogation
08:32de la peine de mort
08:32et Mitterrand dit
08:33« De toute façon,
08:34moi, je m'engage
08:35devant les Français
08:35à l'abolir. »
08:37C'est un référendum en fait.
08:39Ce n'était pas que là-dessus
08:40que les gens ont voté
08:41pour ou contre lui
08:41mais là-dessus
08:42et donc il a été élu
08:44et il l'a aboli.
08:46Il l'a aboli
08:46avec une majorité
08:47de gauche à l'époque.
08:49Peut-être qu'on peut
08:51revenir sur ce qu'ils sont
08:54pour la peine de mort
08:55disent
08:55et ils pensent
08:56que la peine de mort...
08:56Est-ce qu'aujourd'hui,
08:57d'ailleurs,
08:58cette opinion publique,
08:59elle s'est totalement renversée
09:00ou on a des sondages
09:02qui nous dirait
09:05que...
09:05Aujourd'hui,
09:05l'opinion publique
09:06est hostile
09:06à la peine de mort.
09:07Il y a des variations.
09:09En fait,
09:10le problème des sondages,
09:11c'est que ça dépend
09:11toujours comment la question
09:12vous est posée,
09:13à quel moment,
09:15de façon pernicieuse ou non,
09:16parce qu'on peut vous dire
09:17est-ce que vous êtes
09:17pour la peine de mort
09:18contre les terroristes,
09:20est-ce que vous êtes
09:20pour la peine de mort
09:21contre les pédophiles,
09:23est-ce que vous êtes
09:23pour la peine de mort
09:24dans tel ou tel cas.
09:26Et en fonction
09:27de comment la question
09:28est posée,
09:29des fois,
09:29il y a des biais.
09:30Si on prend,
09:31par contre,
09:31une enquête
09:31où la question
09:32est la même
09:33depuis 20 ans,
09:34toujours posée
09:35de la même manière,
09:36sans biais,
09:37là,
09:38ça,
09:38c'est les études,
09:38par exemple,
09:39faites par Vincent Thibry,
09:40on voit que,
09:40globalement,
09:40la tolérance augmente
09:42chaque année en France
09:43à chaque cohorte générationnel
09:44et davantage tolérante
09:45que la présente,
09:46mais ça peut très vite évoluer.
09:47Tout peut changer,
09:48il n'y a rien qui est...
09:49Les dynamiques
09:50ne sont pas forcément naturelles
09:51et ça peut aller
09:52dans un sens
09:52comme dans l'autre.
09:53Sur les arguments
09:54de ceux qui sont
09:56pour la peine de mort,
09:56ils disent que
09:57la peine de mort
09:57permet de prémunir le crime.
09:59Ils pensent que si...
10:01Les gens auront peur
10:02de commettre des crimes
10:03si le crime peut être
10:04puni de mort.
10:05C'est étayé,
10:05c'est pas étayé par des chiffres,
10:06ça.
10:07Ah non,
10:07c'est pas étayé,
10:07c'est même l'inverse.
10:08Aux Etats-Unis,
10:09vous avez la peine de mort,
10:10il y a beaucoup plus de crimes
10:10commis aux Etats-Unis,
10:12la société est beaucoup plus violente,
10:13beaucoup plus meurtrière
10:14et la peine de mort
10:15ne permet pas
10:16d'empêcher ça.
10:18Si moi,
10:18mon voisin m'énerve
10:19et je ne le tue pas,
10:20c'est pas parce que
10:20j'ai peur de la peine de mort.
10:22Elle n'existe pas en France,
10:23mais c'est pas parce que
10:23j'ai peur de ne pas aller en prison,
10:24c'est parce qu'il y a une sorte
10:25d'hégémonie collective,
10:27de culture collective pacifiée,
10:29même si tout n'est pas parfait
10:30en France
10:30et qu'il y a de la violence en France.
10:32Mais il y en a beaucoup plus
10:33aux Etats-Unis.
10:34Et c'est pas en...
10:35La répression ne permet pas
10:37d'éteindre le crime.
10:39Elle ne l'a jamais permise.
10:40Et d'ailleurs,
10:40Badinter disait
10:41« Ceux qui croient
10:41à la valeur dissuasive
10:42de la peine de mort
10:43méconnaissent la vérité humaine
10:45et les passions humaines. »
10:46Et il dit
10:46« Les passions humaines
10:47amènent à se mettre en danger. »
10:48Il dit
10:48« Regardez les sportifs,
10:50quand ils font des sports extrêmes,
10:52ils n'ont pas peur de la mort.
10:53Regardez les soldats,
10:54ils n'ont pas forcément peur de la mort.
10:55Et la passion humaine
10:56peut amener vers le haut
10:57et peut amener vers le bas. »
10:59C'est ce qu'il explique
11:00dans son discours.
11:01Il dit que si...
11:02Déjà, il dit
11:03« La justice française
11:03ne peut pas être une justice
11:04qui tue,
11:05sinon elle devient aussi monstrueuse
11:06que les monstres,
11:07entre guillemets,
11:08ou que les êtres humains
11:08qu'elle condamne à mort. »
11:09Et il dit
11:10« Une démocratie
11:11qui exécuterait des terroristes
11:12ferait sienne
11:13les valeurs de ces derniers. »
11:15D'ailleurs,
11:15on peut imaginer
11:16que le terroriste
11:16ne demande que ça
11:17à se faire exécuter
11:18parce qu'il estime
11:19être son adversaire,
11:20la République française.
11:20Oui, et puis ça crée
11:21un martyr aussi.
11:22Oui, ça peut créer
11:23une martyrologie complètement.
11:27Donc,
11:28il y a de très,
11:28très beaux discours
11:30et de livres
11:31de Jaurès,
11:32de Hugo
11:32et de Bannater
11:33sur le sujet.
11:36Robespierre,
11:36avant d'être
11:37pour la mort
11:38de Louis XVI d'ailleurs
11:38parce qu'au motif
11:40que c'était un traître
11:40à la nation
11:41et puis ensuite
11:42il y a des jeux
11:43où les révolutionnaires
11:45se tuent entre eux.
11:46À la fin,
11:46ça s'emballe.
11:47Robespierre disait
11:48« La peine de mort
11:49multiplie le crime
11:50plutôt qu'elle ne le prévient. »
11:52Et par ailleurs,
11:53dans les grands arguments
11:53de Bannater,
11:54il y a ceux-là
11:56qu'on peut dire
11:57qu'ils sont moraux,
11:58qu'ils sont humanistes
11:58et essayer
11:59de les délégitimer
12:00de cette façon
12:01mais il y en a un
12:01que les adversaires
12:02de la peine de mort
12:03n'ont jamais réussi
12:04et légitimer.
12:05C'est que la justice
12:05n'étant pas parfaite,
12:06on peut condamner
12:07à mort un innocent.
12:08Tout à fait.
12:09Et ça s'est déjà vu.
12:10Et ça s'est déjà vu
12:10et il n'y a aucune
12:11réparation possible derrière.
12:13Et donc,
12:13pour cette simple raison,
12:15c'est impossible
12:16de l'appliquer.
12:17Aujourd'hui,
12:18il y a combien de pays
12:19dans le monde
12:20qui pratiquent
12:21la peine de mort ?
12:22Alors,
12:22il y a 112 États
12:23qui l'ont aboli.
12:25Il y a 9 pays
12:26qui la conservent
12:27uniquement pour les crimes
12:28de guerre.
12:29C'est donc
12:31parmi les crimes
12:31les plus graves
12:32et c'est assez rare
12:33qu'on condamne
12:34des gens pour ça.
12:36Mais ils l'ont gardé
12:36pour ces crimes-là.
12:37Il y a 23 pays
12:38qui ont toujours
12:39dans leur législation
12:40la peine de mort
12:40mais qui ne l'ont pas
12:41appliqué depuis 10 ans.
12:43Et donc,
12:43les observateurs
12:45internationaux
12:46considèrent que
12:47c'est des pays
12:47abolitionnistes de fait.
12:49Mais ils ont
12:49l'arsenal législatif
12:52pour leur faire le domaine.
12:53endormi, quoi.
12:55Et il y a 55 pays
12:56qui l'appliquent.
12:58En 2023,
12:59je n'ai pas trouvé
13:00les chiffres pour 2024.
13:01C'est des compilations
13:02parfois longues
13:02parce qu'en plus,
13:03il y a des pays,
13:03il y a des dictatures
13:04qui ne donnent pas
13:04les chiffres.
13:06Ben Inter disait
13:07que la peine de mort
13:07est le propre
13:08des dictatures aussi.
13:10Donc,
13:10en 2023,
13:11il y a eu
13:131153 condamnations
13:14à mort exécutées.
13:15C'était un record
13:16depuis 2015.
13:18Après,
13:18il faut toujours regarder
13:19sur ces chiffres-là.
13:21Des fois,
13:21vous avez une courbe
13:22qui est en chute libre
13:23comme ça,
13:23si vous regardez
13:24sur 50 ans.
13:25Et si vous regardez
13:26sur les 5 dernières années,
13:27elle remonte.
13:28Il faut toujours regarder
13:29c'est quoi ?
13:29C'est très grave,
13:31évidemment.
13:31Il faut toujours regarder
13:32si on est dans un mouvement
13:33global
13:35d'extinction
13:36petit à petit
13:37de la peine de mort,
13:37de diminution
13:38des peines de mort
13:39ou si on est
13:40dans une hausse
13:42qui tient
13:42à 2-3 événements
13:44ou si on est dans
13:44une zone de rupture
13:45où ça repart
13:46à la hausse
13:46et à des niveaux d'avant.
13:48Mais depuis 2023,
13:51c'était une année
13:52où c'était reparti
13:52vraiment à la hausse.
13:54Parmi ceux
13:54qui militent
13:55le plus activement
13:56pour l'abolition internationale
13:57de la peine de mort,
13:58c'est Amnesty
13:59qui va être
14:00à la pointe
14:00de ces combats ?
14:01Il y a plusieurs ONG,
14:02plusieurs associations,
14:03il y a même
14:04des commissions de l'ONU,
14:06il y a des pays.
14:07Mais en ce moment,
14:08ce n'est pas un combat
14:10qui est mené
14:11avec la même vigueur
14:12qu'autrefois.
14:12Oui.
14:13Depuis 10-20 ans,
14:15c'est comme par exemple
14:17les campagnes
14:17pour le désarmement nucléaire,
14:19elles étaient beaucoup plus fortes
14:20il y a 20 ans qu'aujourd'hui.
14:22Et pour le droit des enfants,
14:24pareil,
14:24il y a plusieurs grands combats
14:25comme ça,
14:26des pays qu'on peut dire progressistes,
14:28mais pas que eux.
14:32Des fois,
14:32il y a des pays
14:33qui sont vus
14:33à la pointe
14:33des grands combats
14:35parce que c'est des pays
14:36dominants industriellement
14:37comme la France,
14:38l'Angleterre,
14:38etc.
14:39et en fait,
14:40il y a plein de pays
14:40qui sont des pays
14:41en développement
14:42dont on dit des fois
14:44qu'ils n'ont pas voie au chapitre
14:45et en fait,
14:46ils sont décisifs
14:46et c'est normal,
14:48chaque pays,
14:48chaque être humain
14:49doit avoir la même voie,
14:50qui sont décisifs
14:51dans ces combats-là.
14:54Mais actuellement,
14:55il n'y a pas de greveuil.
14:56Les campagnes
14:57ne sont pas aussi fortes
14:57qu'il y a 10 ans.
14:59Tout à fait.
14:59Et est-ce qu'en France,
15:00il y a des partis politiques,
15:02des blocs
15:03qui seraient pour une réintroduction
15:05de la peine de mort ?
15:07Ce n'est pas dans le programme,
15:08je n'ai pas vu que ce soit
15:09dans le programme,
15:10il faudrait que je vérifie
15:10pour Zemmour,
15:11mais je ne suis pas sûr.
15:12C'est possible qu'il y ait
15:13des propos,
15:14il faudrait vérifier,
15:14je ne préfère pas dire
15:15de bêtises.
15:16Par contre,
15:18des gens qui s'étaient prononcés
15:19contre la panthénisation
15:20de Robert Bindater
15:21il y a quelques mois
15:22ou un an
15:23quand elle a été annoncée,
15:25il y avait de mémoire
15:26Marion Maréchal-Le Pen
15:27qui reprenait
15:28le discours de son grand-père
15:29Jean-Marie Le Pen
15:30qui était ultra virulent
15:31contre Robert Bindater
15:32et contre l'abolition
15:34de la peine de mort
15:34avec à peu près
15:35les mêmes arguments
15:36que ceux qui ont été gravés,
15:37enfin ceux qui ont été mis
15:38inscrits sur sa tombe
15:40aujourd'hui.
15:41D'accord.
15:42Et le choix
15:43de panthéoniser Robert Bindater,
15:45c'est un choix
15:45d'Emmanuel Macron ?
15:46Oui, c'est un choix
15:47d'Emmanuel Macron.
15:47C'est actuellement
15:49dans le cadre
15:50de la Ve République,
15:51la panthénisation
15:52est une procédure
15:53réservée,
15:54du domaine réservé
15:55du président de la République.
15:56Ça ne veut pas dire
15:57qu'on ne peut pas
15:57lui soumettre d'idées
15:58puisqu'il y a des pétitions
15:59qui ont été organisées
16:00par exemple
16:01pour panthéniser
16:02Ambrasse-Croisa,
16:03fondateur de la sécurité sociale
16:05qui a 80 ans
16:06depuis le 4 octobre
16:07de la Sécu,
16:08qui est une conquête
16:08civilisationnelle
16:09et marxiste gigantesque
16:11et humaine.
16:13Pour l'instant,
16:14Emmanuel Macron
16:15qui est plutôt
16:16un adversaire
16:17du système de Sécu
16:18proposé par Croisa
16:19n'a pas eu
16:20l'outrance
16:22ou l'audace
16:23de l'instrumentaliser.
16:26Mais des fois,
16:27il y avait eu
16:28des pétitions
16:29pour Joséphine Baker
16:30qui a été panthénisé
16:31par Emmanuel Macron.
16:32Il y en avait eu
16:33pour Manouchian
16:33qui a été panthénisé
16:35par Emmanuel Macron aussi.
16:36Il panthénise pas mal
16:37d'ailleurs Macron.
16:39C'était ma prochaine question.
16:41Un président
16:41peut panthéniser combien ?
16:42Sur un mandat,
16:44on peut panthéniser
16:44combien de personnes ?
16:45Il n'y a pas de limite.
16:45Il n'y a aucune obligation.
16:46Il ne peut en panthéniser aucun
16:49et il peut en panthéniser beaucoup.
16:50S'il veut en faire un par mois,
16:52il peut.
16:53Après,
16:53il faut s'entendre
16:54avec la famille
16:54quand les descendants
16:56sont toujours là
16:56parce qu'ils ont leur mot
16:57à dire dessus.
17:00il faut aussi
17:00des fois respecter
17:02le vœu du défunt.
17:03Par exemple,
17:04de Gaulle refuse
17:04que ses cendres
17:05soient transférées
17:06et soient déplacées
17:07de Colombelle et des Églises.
17:08Par contre,
17:08c'est possible
17:09de faire un monument
17:10à la mémoire de de Gaulle
17:11au panthéon.
17:11Ça, c'est possible.
17:12Ça se fait pour certaines personnes.
17:14Et c'est vrai
17:15que la panthénisation,
17:17c'est des grands moments citoyens,
17:19c'est aussi des grands moments
17:20d'instrumentalisation citoyenne.
17:21Là, pour Banater,
17:22ce n'est pas le cas.
17:23Je ne vois pas la mémoire
17:24de Banater
17:26être instrumentalisé.
17:28Tu penses que ça a été le cas
17:29sur Manouchant ?
17:30Sur Manouchant,
17:31ça pouvait l'être,
17:31une façon de donner
17:32des gages à la gauche,
17:33mais ça a réparé aussi
17:34l'injustice
17:34parce qu'avant,
17:35il y avait François Hollande
17:37qui avait dit
17:37« Je fais entrer
17:38toutes les composantes
17:39de la résistance
17:39au panthéon ».
17:40Et il n'avait pas mis
17:41les communistes.
17:42Donc, c'était quand même
17:43un sacré problème.
17:44Donc là,
17:44il a réparé
17:46une fauteuille,
17:47un manque.
17:47En plus,
17:48vu la part prise
17:49par les communistes
17:49dans la résistance,
17:50c'était assez osé.
17:52Mais quand on regarde
17:52l'histoire des panthéonisations,
17:53depuis le début,
17:54c'est à la fois
17:55une façon
17:56de pousser
17:58le républicanisme
17:59dans le pays
17:59et de mettre
18:00à l'honneur
18:01les valeurs citoyennes
18:02et démocrates
18:02dans les phases
18:03où c'est une démocratie.
18:06Et c'est aussi
18:07très vite
18:07quelque chose
18:08qui est instrumentalisé.
18:09Par exemple,
18:11le premier
18:12qui est panthéonisé,
18:13Mirabeau,
18:14c'est aussi le premier
18:14qui est sorti.
18:15D'accord, oui.
18:16Donc, c'est un grand révolutionnaire.
18:17On se rend compte
18:17qu'il avait
18:18une correspondance cachée
18:19avec Louis XVI.
18:21Il est sorti.
18:22C'est la quantiel culture.
18:24Voilà, c'est ça.
18:24Il y a des gens
18:25qui ont été
18:25dépantéonisés
18:26comme Marat.
18:27Marat a été
18:27dépantéonisé.
18:29L'historien
18:30Jean-Clément Martin
18:31estime qu'on ne peut pas
18:32comprendre la chute
18:33de Robespierre
18:34puisqu'on parlait
18:34de Robespierre
18:34si on ne sait pas
18:35que le jour
18:36où il est décapité,
18:38où il est guillotiné,
18:38il devait
18:39pantéoniser deux personnes
18:40et que ses adversaires
18:42avaient peur
18:43qu'ils profitent
18:44de cette immense
18:45cérémonie prévue
18:46pour faire un coup d'État.
18:47D'accord.
18:48Où il était
18:48au centre du jeu.
18:50Et après,
18:50je n'ai plus la liste
18:50en tête,
18:51mais on avait fait
18:51une série dans l'humanité
18:52qui s'appelait
18:53Petites et grandes histoires
18:54des pantéonisations
18:56de mémoire.
18:57On revenait
18:57sur plusieurs histoires
18:58de pantéonisation.
18:59Des fois,
19:00ça se fait de façon
19:00dans la Concorde
19:02et tout le monde
19:03est d'accord.
19:03Des fois,
19:04c'est un combat politique.
19:05Zola,
19:05c'était vraiment
19:05un combat politique
19:06au moment
19:06où il a été pantéonisé.
19:09Jaurès,
19:09ça ne s'est pas fait
19:11de façon
19:12où tout le monde
19:12était d'accord
19:13puisqu'il y a
19:14des historiens
19:15qui estiment
19:15que c'est
19:17les adversaires
19:18de Jean Jaurès
19:18qui l'ont pantéonisé.
19:20D'ailleurs,
19:21l'assassin de Jean Jaurès
19:22avait gagné son procès
19:25et c'est des gens
19:26qui étaient pour
19:26la Première Guerre mondiale
19:27qui ont pantéonisé
19:28Jean Jaurès
19:29qui lui était contre.
19:30Même si l'immense
19:31prestige de Jean Jaurès
19:33est lié à...
19:34Oui,
19:35épisode 8,
19:36c'était donc Simone Veil.
19:38Marie Curie,
19:39première femme,
19:40si je ne dis pas de bêtises,
19:41qui était rentrée
19:41au Panthéon.
19:43Louis Braille.
19:43Louis Braille,
19:44c'est intéressant
19:44parce que Louis Braille,
19:45c'est celui qui a inventé
19:45le Braille.
19:47Il est né,
19:49il voyait,
19:50il est devenu aveugle
19:50ensuite à cause
19:51d'un accident enfant.
19:53Il s'était enfoncé
19:54une aiguille dans l'œil,
19:54ça s'est infecté,
19:55c'est une histoire terrible.
19:56Ensuite,
19:57il y a déjà
19:58des prémices
20:00d'un langage
20:02et d'un système
20:03pour que les aveugles
20:04puissent lire.
20:06Et Braille le perfectionne,
20:08vraiment le modernise à fond.
20:09Et aujourd'hui,
20:09le Braille,
20:09c'est ce qui sert
20:10dans le monde entier
20:11aux aveugles pour lire.
20:12Et le jour où il est
20:14un panthéonisé,
20:14c'est très émouvant,
20:15il y a des milliers
20:16d'aveugles
20:17et un cortège
20:17de milliers d'aveugles
20:18qui accompagnent
20:19son tombeau.
20:21Parce qu'il y a des scientifiques
20:22qui sont au Panthéon,
20:23il n'y a pas que des...
20:24Oui, évidemment.
20:25Paul Langevin,
20:27même dans l'humanité,
20:28on a fait l'erreur.
20:28On avait écrit que Manouchon
20:29était le premier communiste
20:30au Panthéon.
20:31C'est le premier résistant
20:32communiste.
20:32Mais Paul Langevin...
20:33Mais ce n'est pas le premier
20:33communiste.
20:34Voilà, le premier communiste,
20:35c'est Paul Langevin,
20:36grand, grand scientifique,
20:37immense scientifique
20:38et aussi...
20:40Donc, qui a adhéré au PCF.
20:42Mais ce n'est pas seulement
20:43un scientifique,
20:44c'est aussi l'auteur
20:45du plan Langevin-Vallon
20:46au sortir de la Seconde Guerre
20:47mondiale,
20:47qui est un plan d'éducation
20:49très important
20:49pour mettre les bases
20:50de l'éducation nationale
20:51très ambitieuses,
20:52telles que...
20:53Il y avait déjà eu des choses
20:54faites très importantes
20:55dans l'éducation,
20:55mais le plan Langevin-Vallon,
20:56c'est un grand plan
20:57pour rendre accessible
20:58l'éducation à tous.
21:00On va parler de Victor Hugo.
21:01Alors là, Victor Hugo,
21:02c'est vraiment
21:03l'exemple typique
21:04de la pantalonisation
21:05où tout le monde est d'accord.
21:06C'est vraiment là
21:08l'osmose entre le...
21:10Et on ne se raconte pas d'histoire.
21:11Dix jours après son décès.
21:12Dix jours après son décès,
21:13des centaines de milliers
21:14de personnes dehors,
21:15tout le monde est d'accord.
21:16Sachant que les gens
21:17étaient déjà dehors
21:17pour ses obsèques.
21:19Oui, pour sa mort.
21:21Et là, c'est vraiment
21:22l'hommage.
21:23D'ailleurs, on a mis
21:24Victor Hugo,
21:24La République en son miroir.
21:26Victor Hugo qui est à la fois
21:27élu de la nation,
21:30poète, écrivain...
21:31Je ne sais pas si la modération
21:32peut mettre les liens
21:33dans le chat,
21:34mais n'hésitez pas
21:35à aller découvrir cette série
21:36qui est quand même
21:36extrêmement intéressante.
21:38Et comme tu disais,
21:39Aurélien, on se penche aussi
21:40sur comment une pantalonisation
21:41peut être instrumentalisée
21:42par le pouvoir en place.
21:43Et Mirabeau...
21:44Et il y en avait
21:45plein d'autres à faire.
21:46On n'en avait fait que huit
21:47dans la série,
21:48mais on voulait en faire
21:48plein d'autres.
21:49On en fera peut-être
21:49plein d'autres un jour.

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