- il y a 3 semaines
L’administration du président nationaliste couvre la police de l’immigration, chargée de fait de mettre une grande ville démocrate sous siège. Ce samedi 24 janvier, des agents de cette milice ont abattu Alex Pretti, infirmier de 37 ans à Minneapolis. Ce meurtre, qui advient après celui de Renee Nicole Good révolte la population de la ville qui a défilé en nombre dans les rues dimanche 25 janvier. Dans un communiqué, l'ancien président Barack Obama accuse l'administration Trump « de faire escalader la situation ». Analyse avec Clara Martinot et Christophe Deroubaix, grand reporter à l'Humanité.
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NewsTranscription
00:00Jusqu'où va aller Donald Trump pour lutter contre l'immigration ?
00:03Samedi, l'ICE, la police de l'immigration des Etats-Unis, a encore tué un militant,
00:08Axel Prétis, à Minneapolis, dans le Minnesota.
00:10Il y a près de deux semaines, l'ICE t'y eut déjà René-Nicole Goode dans les rues de
00:15cette même ville.
00:16Nous sommes avec Christophe Deroubet. Bonjour Christophe.
00:18Bonjour.
00:19Est-ce que tu peux nous détailler ce qu'il s'est passé ce week-end ?
00:23Oui, je crois qu'on a tous vu la vidéo, les vidéos qui ont été prises sous plusieurs angles.
00:30Et donc, un Alex Prétis, qui est un infirmier de 37 ans, était présent lors d'une intervention de l
00:38'ICE,
00:38qui est la police de l'immigration, dans une des rues de Minneapolis,
00:42où l'ICE a envoyé, l'administration de Trump a envoyé 3000 agents.
00:47Alors, on va y revenir peut-être pas tellement pour faire de la chasse à l'immigration,
00:51mais plutôt pour installer une sorte de climat de terreur dans cette ville.
00:57On y reviendra.
00:58Et donc, il était en train de filmer l'intervention des agents.
01:02Quand un agent est venu vers lui, a commencé à lancer du gaz lacrymogène contre une dame qui était à
01:08côté,
01:10Alex Prétis est intervenu, il a lui-même pris un peu de gaz.
01:12Puis, plusieurs agents sont venus sur lui, l'ont plaqué au sol.
01:16Il était armé parce qu'en Minnesota, on a le droit de porter son arme dans l'espace public.
01:23À partir du moment où on a un permis, lui-même avait un permis, il n'a jamais touché à
01:27son arme.
01:28Les vidéos sont validées par le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal,
01:34qui est plutôt un journal conservateur, confirme.
01:38Un des agents de l'ICE a retiré l'arme qu'il avait dans son holster.
01:45Et à partir de ce moment-là, on a entendu plusieurs coups de feu retentir.
01:49Et donc, il a pris cette 10 balles, alors qu'il était au sol, 10 balles dans le dos.
01:54Et donc, évidemment, il est décédé.
01:58Et par la suite, sans même une enquête, l'administration Trump,
02:04notamment à travers la ministre de la Sécurité intérieure, Christy Noem,
02:10on dit que c'était un militant professionnel, gauchiste, extrémiste,
02:16qui était venu en brandissant une arme dans l'idée de faire un massacre
02:20et le plus de dommages possibles.
02:22Puisqu'évidemment, les vidéos sont invalides.
02:25Et dans le même temps, l'administration Trump et les agences fédérales
02:28ont empêché les agences policières et judiciaires locales
02:33de mener leur propre enquête.
02:35Voilà où on en est.
02:36Donc, en gros, c'est une opération de dissimulation éhontée,
02:41parce que tout le monde voit très bien qu'il ne s'agit pas de ça
02:44et que ce n'est pas ça qui s'est passé concrètement hier dans les rues de Minneapolis, avant-hier,
02:50pardon.
02:50Et du coup, est-ce qu'on peut revenir sur ce que tu nous disais précédemment ?
02:53Que faisait l'ICE à Minneapolis ?
02:56Oui, je pense que ce serait un piège de voir l'opération d'administration Trump à Minneapolis
03:03comme une opération contre les migrants.
03:07Alors, Donald Trump a lancé officiellement, en revenant à la Maison-Blanche,
03:11ce qu'il appelle la plus grande opération d'expulsion de migrants de l'histoire du pays.
03:18Mais les lieux qu'il choisit ne sont pas dus au hasard.
03:22Ce sont des grandes villes démocrates, des villes qui se définissent comme sanctuaires,
03:27c'est-à-dire qui offrent une protection et un refuge aux migrants qui sont sans papier.
03:34L'immense majorité des migrants sans papier, on estime leur nombre entre 11 et 14 millions.
03:39C'est toujours difficile aux États-Unis, évidemment, enfin, pas qu'aux États-Unis,
03:43par la nature même de leur statut légal, d'avoir un chiffre précis.
03:52Et donc, Donald Trump a lancé cette chasse aux migrants,
03:55mais sachant que les statuts légaux évoluent aussi en fonction de la loi.
03:59C'est-à-dire que, par exemple, j'étais à Denver l'année dernière, en Colorado,
04:03pour suivre cette situation, et j'ai suivi une famille de réfugiés vénézuéliens
04:08qui avaient reçu un statut sous Joe Biden qui a été révoqué par Donald Trump.
04:13Donc, du jour au lendemain, du soir au matin, ils sont devenus des migrants,
04:18ce qu'ils appellent, eux, illégaux, et qu'on appelle, nous, sans papier, sans documentation.
04:22Voilà.
04:24Et donc, ces grandes villes démocrates, donc Los Angeles, Chicago, New York,
04:30Donald Trump a décidé de faire un exemple avec ces villes.
04:32En fait, c'est une tentative de mise au pas politique de ces villes.
04:35Parce que si jamais Donald Trump voulait aller là où il y a le plus de migrants sans papier,
04:41ce n'est pas à Minneapolis où on estime qu'il y a à peu près 130 000 migrants sans
04:44papier
04:44contre plusieurs millions au Texas et en Floride.
04:47Sauf que le Texas et la Floride sont des États républicains,
04:50donc ils sont des États amis pour Donald Trump.
04:52Et donc, il ne veut pas en faire d'exemple, alors qu'il veut faire clairement un exemple à Minneapolis.
04:57Quelle a été la réaction des démocrates après la mort d'Axel Prétis ?
05:01Alors, il y a plusieurs types de réactions.
05:03La réaction des démocrates locaux, le maire qui vient d'être élu récemment,
05:08Jacob Frey, a demandé de nouveau à l'administration Trump de retirer les troupes fédérales.
05:15Il y a 3 000, on estime qu'il y a 3 000 agents fédéraux dans les rues de Minneapolis,
05:19qui est absolument énorme.
05:20Imaginez une ville de centaines de mille habitants,
05:243 000 agents fédéraux qui patrouillent en permanence,
05:28y compris au sein de véhicules militaires.
05:34On voit très bien, on a vu les vidéos,
05:36on voit très bien ce que ça donne, ce que ça propage comme ambiance de terreur.
05:41Donc, on a demandé de repartir.
05:42Les avocats de l'État de Minnesota et des deux villes jumelles de Minneapolis et Saint-Paul
05:54ont demandé à un juge qu'il statue pour obliger l'administration Trump à retirer ses troupes.
06:01Donc, le juge va statuer aujourd'hui, c'est un juge fédéral.
06:04Ça, c'est la première réaction, je veux dire, locale.
06:05Il y a une deuxième réaction, qui est une réaction plus nationale,
06:09qui se déroule au Congrès,
06:11où la Chambre des représentants a voté une loi de financement des services fédéraux
06:16et que le Sénat doit confirmer.
06:20Or, des sénateurs démocrates ont fait savoir hier
06:23qu'ils ne voteraient pas ce package
06:26parce que ça contient du financement pour la police de l'immigration
06:31et notamment pour le ministère qui chapote,
06:36qui est le département, je cherche mes mots, pardon,
06:40la sécurité intérieure.
06:41Voilà.
06:42Donc, cette loi a besoin de 60 voix.
06:46Les démocrates, les républicains ont donc 53,
06:50donc ils ont besoin de 7 voix démocrates qu'ils n'auront pas.
06:52Donc, on se dirige vers de nouveau un blocage du gouvernement fédéral
06:56avec un nouveau shutdown, une fermeture des services
06:59d'ici à la fin de la semaine, sûrement au 31.
07:01Donc, ça prend une tournure clairement de bataille politique nationale.
07:06Ce n'est pas seulement ce qui se joue dans les rues de Minneapolis.
07:09On a aussi vu Barack Obama et Bill Clinton réagir à cette mort.
07:16Oui, la réaction de Barack Obama, l'ancien président,
07:21dit assez dans quel cycle les États-Unis sont rentrés.
07:26Là, encore une fois, on n'est pas seulement sur un problème
07:29de maintien de l'ordre ou de dérapage
07:32dans une ville américaine moyenne.
07:36Cette ville a été sciemment choisie.
07:38Elle a été choisie parce que c'est une ville symbole.
07:42C'est la ville dans laquelle George Floyd a été assassiné
07:46il y a plusieurs années, dans laquelle est né le mouvement
07:48aussi de protestation suite à la mort de George Floyd
07:52et le mouvement qu'on appelait Black Lives Matter.
07:55C'est une ville où tous les élus sont démocrates,
07:59avec une forte communauté somalienne
08:01que Donald Trump n'arrête pas de stigmatiser.
08:05La députée du centre-ville est une députée d'origine somalienne
08:09arrivée aux États-Unis comme réfugiée
08:11et qui se décrit comme une socialiste.
08:13Il y a no marre que Donald Trump agonie d'injure régulièrement
08:17et promet à renvoyer dans son pays.
08:19Or, son pays, c'est les États-Unis,
08:20puisqu'elle est citoyenne américaine.
08:21Autrement, elle ne sera pas députée au Congrès.
08:24On voit bien que tout ça a été choisi volontairement
08:28et que ça constitue une sorte de laboratoire
08:30mais qui concerne l'ensemble du pays.
08:34Aujourd'hui, Minneapolis, il y a déjà eu aussi un peu
08:36Los Angeles et une tentative à Chicago,
08:40mais demain, ce sera d'autres villes,
08:43voire d'autres États dans leur intégralité.
08:46Donc, il y a un enjeu, certains disent,
08:50en tout cas, c'est ce que dit par exemple Barack Obama,
08:53il y a un enjeu direct pour la démocratie américaine
08:56qui se joue à Minneapolis.
08:58Est-ce que ça met Trump en difficulté, ses réactions ?
09:00Donald Trump est grandement impopulaire
09:03un an après son retour à la Maison-Blanche
09:05et il l'est aussi sur ce sujet de l'immigration
09:07qui était pourtant le sujet central
09:10de sa campagne présidentielle victorieuse de 2024,
09:15à tel point qu'aujourd'hui,
09:17la majorité des États-Unis sont défavorables
09:21à son opération d'expulsion et de chasse ouverte aux migrants.
09:26Il y a même désormais une majorité des États-Unis
09:29qui sont favorables à l'abolition de la police de l'immigration.
09:32Ce qui n'est jamais arrivé dans l'histoire de cette agence fédérale
09:36qui a été créée, il faut le rappeler, par George W. Bush
09:39après 2001, dans l'objectif déjà d'aller faire la chasse
09:45à des migrants ou à des émigrés qui seraient indésirables.
09:51Voilà, donc ça le met en grande difficulté,
09:54d'autant que leur récit narratif sur « nous en prenons »
10:00à des criminels, à des gens qui ont un casier judiciaire
10:04ne tient pas la route.
10:05D'abord, l'immense majorité des arrestations
10:09concerne des migrants qui sont sans papier,
10:11de plus en plus des citoyens.
10:13Il y a plein de vidéos encore, ou de scènes,
10:16où on voit des contrôles au faciès.
10:20Par exemple, un agent de l'ICE qui vient voir quelqu'un
10:23en disant « je suis arrivé au papier, monsieur,
10:24pourquoi vous voulez mes papiers ? »
10:25Parce que vous avez un accent.
10:27Et le type lui répond « mais vous aussi, vous avez un accent ».
10:30Évidemment, tous un accent.
10:31Donc on voit bien qu'il y a du profilage racial à ciel ouvert,
10:35parce que maintenant c'est dans les rues,
10:38en toute impunité.
10:39Il y a même un mémo interne qui a été révélé
10:41par la presse il y a quelques jours
10:44et qui a été délivré en mai 2025,
10:47qui autorise les agents de la police de l'immigration
10:50à intervenir dans des maisons avec un seul mandat administratif.
10:54Alors il faut un mandat judiciaire.
10:55C'est ce que prévoit le 4e amendement de la Constitution.
11:00Donc toute cette politique est assez clairement anticonstitutionnelle.
11:07Elle est très impopulaire auprès de la population.
11:10Et les deux meurtres récents ont montré aussi la capacité
11:19de mensonges, on dirait les choses,
11:21de l'administration Trump et de ses représentants,
11:26racontant à chaque fois quelque chose
11:28que chacun peut constater comme étant erroné.
11:31On a très bien vu que René Goud n'avait pas tenté
11:35de renverser, de rouler sur un agent de la police de l'immigration.
11:39Et on voit bien qu'Alex Préti ne s'est pas rué
11:44sur des agents de l'immigration avec un pistolet.
11:47Il avait juste son téléphone, on le voit comme ça,
11:49le téléphone avec la main, comme ça.
11:51Donc ça le met en situation d'extrême fragilité politique.
11:56On sait que Donald Trump revient rarement
12:00sur ses déclarations, sur ses politiques,
12:03même quand il est en minorité ou mis en difficulté.
12:08Donc il faut désormais compter sur d'abord l'auto-organisation
12:12des habitants à Minneapolis, qui est assez remarquable.
12:15Chaque quartier maintenant, il y a des comités qui s'organisent
12:19et qui préviennent quand l'Aïs arrive et qui protègent les familles
12:24qui pourraient être visées.
12:26C'est-à-dire que c'est tout le monde qui est visé désormais.
12:29La cible, c'est simplement tous ceux qui s'opposent à la politique
12:32de Donald Trump par la matière, quel que soit le statut légal.
12:36Parce que les deux morts ces dernières semaines sont deux citoyens
12:39américains blancs.
12:42Et puis il faudra compter sur l'action éventuellement de certains juges
12:47et des démocrates à la Chambre des représentants
12:51et désormais au Sénat pour bloquer le financement de l'Aïs
12:55dans un premier temps.
12:57Du côté des habitants, on voit ici qu'il y a un mouvement
12:59de résistance contre l'Aïs.
13:01Est-ce que la violence pourrait escalader entre l'Aïs
13:05et ses militants, ses habitants ?
13:10Ce qu'on voit clairement, ce qui est assez remarquable
13:13à Minneapolis, c'est la capacité d'organisation de la population.
13:21Oui, capacité d'auto-organisation.
13:23C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'organisation,
13:24avec l'appui de certaines organisations de défense des droits civiques
13:29qui sont préexistantes et qui vraiment s'organisent
13:32quartier par quartier, créent des boucles de communication,
13:36de télécommunication entre eux, et disent notamment
13:40des échos qu'on a sur place, des témoignages qu'on arrive à avoir,
13:43bien sûr, quand même, même quand on n'est pas sur place,
13:46disent avoir tiré les leçons du mouvement de 2020
13:50après l'assassinat de George Floyd, en disant qu'il faut à tout prix
13:55contenir les manifestations de violence ou de débordement,
13:59et que ces situations ne feraient que servir la politique de répression
14:03de Donald Trump.
14:05Donc, pour l'instant, il n'y a aucune manifestation de débordement
14:08du côté des manifestants,
14:13ce qui n'empêche pas la police de l'immigration,
14:18appuyée par le FBI et d'autres,
14:21eux, de monter en gamme dans la répression de ces populations.
14:25Maintenant, on va certainement s'ouvrir à notre cycle,
14:30dans ce cycle, c'est que le gouverneur démocrate de l'État,
14:34Tim Walz, qui était l'ancien colistier de Kamala Harris
14:36pendant la présidentielle en 2024,
14:39a mobilisé la garde nationale,
14:41donc la garde nationale, c'est la partie réserviste de l'armée,
14:45et a annoncé son déploiement.
14:47Donc, hier, quelques membres ont commencé à être déployés
14:51dans les rues de Minneapolis,
14:53et leur première action était de distribuer des donuts
14:57aux manifestants anti-Ice.
15:00Mais de fait, on risque de se retrouver,
15:02selon le niveau de déploiement décidé par le gouverneur démocrate,
15:05avec dans les rues,
15:07pas une situation de guerre civile,
15:09parce que la guerre civile, ça implique une opposition
15:11entre deux parties de la population.
15:12Là, on a l'Ice, qui est une agence fédérale,
15:15aux ordres de Donald Trump,
15:17et de l'autre côté, une partie de l'armée,
15:20donc on a deux forces armées
15:22qui répondent à deux autorités différentes,
15:25un, un État fédéré, deux, l'État fédéral,
15:28qui risque de se retrouver face à face.
15:30C'est ça qu'il faudra regarder précisément
15:31dans les jours qui viennent.
15:33Parce que quand Barack Obama et Bill Clinton
15:35appellent à un sursaut pour protéger
15:37les valeurs des États-Unis,
15:38ils n'appellent pas à prendre les armes ?
15:41Non, je ne pense pas, pas dans l'esprit,
15:43je ne le lis pas comme ça,
15:44dans la déclaration ni de l'un ni de l'autre.
15:47C'est une sorte de sursaut moral et politique.
15:52Et du côté de Donald Trump,
15:53jusqu'où il pourrait aller ?
15:55Parce qu'on sait que l'Ice est connu
15:57pour ses arrestations très violentes.
15:59Est-ce que le président des États-Unis
16:00pourrait autoriser l'Ice à tuer ?
16:05Je ne sais pas si Donald Trump peut autoriser l'Ice,
16:10la police de l'immigration, à tuer.
16:13En tout cas, depuis son retour à la Maison-Blanche,
16:17tout est fait pour accorder l'impunité.
16:20Il y a une forme de délivrance,
16:21de permis de tuer.
16:23Donc, le conseiller de Donald Trump,
16:27Stephen Miller, a déjà dit
16:28que les agents avaient une impunité totale.
16:31Ce qui est faux, au regard de l'Europe américaine,
16:33personne n'a d'impunité totale,
16:35sauf le président des États-Unis lui-même.
16:37Ça a été décidé par la Cour suprême
16:39il y a deux ans.
16:40Donc, on accorde à cette police de l'immigration
16:44qui est devenue une sorte de gare prétorienne
16:47de l'administration Trump et du suprémacisme blanc
16:51des budgets pharaoniques,
16:53des dizaines de milliards de dollars,
16:55des recrutements qui ne sont pas maîtrisés,
16:58des dizaines de milliers de gens
17:01ont été recrutés ces derniers temps.
17:04On a baissé l'âge de recrutement à 18 ans,
17:07on a repoussé au-delà de 37 ans
17:09pour pouvoir embaucher des vétérans,
17:11des anciens de l'armée.
17:12On a réduit les temps de formation
17:14de 13 semaines à 6 semaines.
17:17C'est un truc qui n'a absolument jamais vu.
17:20On a donné des primes à la signature
17:22de 50 000 dollars.
17:25Et donc, tout ça attire évidemment
17:27des gens qui ont aussi envie d'en découvrir
17:28sur la thématique de l'immigration.
17:31Donc, il y a une forme d'impunité
17:33qui est assez gravissime
17:34et assez rarement vue, je crois,
17:38dans l'échelle de l'histoire des États-Unis,
17:41d'une agence fédérale
17:41à qui on a donné les pleins pouvoirs.
17:44Un dernier point peut-être sur ICE.
17:48Aux États-Unis, il y a deux personnes,
17:49des opposants, mais pas que des opposants,
17:51comparent l'attitude de l'ICE
17:54à l'attitude de la Gestapo.
17:56C'est le cas de Joe Rogan,
17:57le podcaster le plus populaire aux États-Unis
18:00qui a des dizaines de millions d'abonnés
18:02et qui est plutôt fait campagne
18:04pour Donald Trump, d'ailleurs,
18:05et qui parle de la Gestapo.
18:08Je pense que l'analogie est fausse
18:12et trompeuse
18:14parce qu'elle donnerait l'idée
18:15que ça renvoie à un comportement
18:18qui n'est pas lié à une histoire américaine propre.
18:21Or, la vraie analogie, selon moi,
18:22ce n'est pas la Gestapo,
18:24ce sont les slave patrols
18:26de la période d'avant la guerre de sécession,
18:29c'est-à-dire les patrouilles
18:30qui allaient rechercher les esclaves
18:32qui s'étaient en fuite.
18:34On voit dans la presse américaine,
18:36aujourd'hui, la presse étasienne,
18:37de plus en plus de gens
18:38qui font cette filiation
18:39entre les patrouilles
18:41de recherche des esclaves en fuite
18:44et l'ICE.
18:46Si le sujet vous intéresse,
18:47vous pouvez retrouver nos productions
18:48sur notre site internet.
18:50A bientôt.
18:50Sous-titrage Société Radio-Canada