Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 semaines
Jordan Bardella et Éric Zemmour ont tous les deux sorti un livre pour faire leur rentrée politique. Ces publications sont l'occasion pour les deux hommes politiques d'extrême droite d'aller faire une tournée sur les plateaux télé, sur les matinales de radio, etc. Anthony Cortes, journaliste politique à l'Humanité, et le streamer RiboDansLaSauce analysent le contenu de ces livres ainsi que le traitement médiatique qui les accompagne.

00:00 introduction
1:41 Bardella l’entrepreneur
32:40 Zemmour l’inquisiteur

ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00Jordan Bardella ainsi que Eric Zemmour ont tous les deux sorti un bouquin
00:00:04pour la rentrée finalement et pour faire leur rentrée politique.
00:00:06Donc souvent les bouquins quand c'est écrit par des hommes ou des femmes politiques
00:00:09c'est aussi une manière d'aller faire une tournée sur les plateaux télé et sur les matinales de radio
00:00:13et donc c'est ce qu'a fait Eric Zemmour mais c'est aussi ce qu'a fait Jordan Bardella
00:00:17à l'occasion de cette rentrée.
00:00:19Et donc du coup on va analyser un petit peu ce qu'il y a dans le bouquin de Jordan
00:00:22Bardella
00:00:23qu'on a juste là d'ailleurs, qu'Anthony a lu en entier.
00:00:26On va faire la promo mais regardez-moi ce pavé.
00:00:28C'est un gros pavard de 400 pages qu'il a dû lire en entier pour faire un papier sur
00:00:32l'humain.
00:00:33Et on va aussi parler du livre de Zemmour, on ne l'a pas lu pour le coup,
00:00:38mais qui est assez différent du livre de Bardella.
00:00:40On va voir deux stratégies de l'extrême droite qui sont assez différentes
00:00:43et qui ne sont pas nouvelles mais qui sont très actuelles on va dire.
00:00:45Donc à la fois Bardella qui se montre comme un grand libéral, proche des français,
00:00:50qui veut que les français payent moins d'impôts parce que le problème c'est qu'il y a trop
00:00:52d'impôts pour les français,
00:00:53qui s'inscrit dans une transition finalement assez poujadiste, on va expliquer un petit peu ce que c'est.
00:00:56Et de l'autre côté, deux salles, deux ambiances, ça reste l'extrême droite,
00:00:59on a Éric Zemmour qui lui est plus là comme étant l'avant-garde de l'extrême droite française
00:01:03et qui a un discours sur la re-christianisation.
00:01:06Un discours qui s'inscrit dans la tradition de la droite nationaliste française
00:01:09et on parle de la droite nationaliste française, de la droite anti-républicaine, anti-dréfusarde, anti-sémite,
00:01:14tout ce que vous voulez, la droite collaborationniste, la droite de Jacques Bainville et Charles Maurras finalement.
00:01:19Donc on va parler un petit peu de tout ça, on va essayer de comprendre un petit peu dans quoi
00:01:22s'inscrit
00:01:23à la fois la démarche de Jordan Bardella avec son nouveau bouquin
00:01:26et à la fois la démarche d'Éric Zemmour avec leur nouveau bouquin
00:01:30et du coup ça nous permettra de décrypter un peu l'extrême droite,
00:01:32sa manière de fonctionner actuellement et la réancrer dans des traditions de l'extrême droite française,
00:01:37que ce soit Pierre Poujade ou Charles Maurras finalement.
00:01:39Voilà, donc c'est un sujet assez dense, assez intéressant.
00:01:42Du coup oui, alors on va commencer par Jordan Bardella.
00:01:43Tu as lu le livre de Jordan Bardella ?
00:01:45J'ai lu Ce que veulent les Français.
00:01:47Donc en fait ça...
00:01:48Alors juste, c'est ce que tu voulais toi lire le bouquin de Jordan Bardella ?
00:01:50Non, pas du tout.
00:01:52Normalement je ne suis pas du tout chargé du traitement de l'extrême droite.
00:01:55C'est Florent le Duc qui était en vacances.
00:01:57Et donc ça m'est embêtue du jour au lendemain.
00:01:59Donc en fait j'ai eu un jour pour le lire.
00:02:00Je me suis tapé une journée pour lire ces 400 putain de pages.
00:02:03C'est écrit gros je crois.
00:02:04C'est écrit gros.
00:02:05Ouais, c'est écrit gros.
00:02:06Ça va, ça va.
00:02:07Je pensais qu'il allait faire des petits dessins mais non, il n'y a pas de dessin.
00:02:10Non, mais en fait ça suit le premier livre de Jordan Bardella qui s'appelle Ce que je cherche,
00:02:17si je ne me trompe pas.
00:02:19Et qui en gros, le premier, il parlait de lui.
00:02:21En fait, il expliquait son parcours, pourquoi il s'est engagé en politique, son lien à Marine Le Pen, etc.
00:02:27Ses convictions entre guillemets profondes.
00:02:30Il parle même de sa vie personnelle, etc.
00:02:32Et là, en fait, il fait, donc c'est quelque part l'étape suivante.
00:02:37C'est qu'en fait, il se décentre de sa personne et il va voir les Français.
00:02:41Pour avoir une approche, tout à l'heure on parlait de populisme dans le bon sens du tard,
00:02:46mais là évidemment c'est dans la mauvaise, dans le sens où il va sur le terrain pour prendre des
00:02:50témoignages prétextes,
00:02:51pour disséminer son idéologie.
00:02:53En fait, il va prendre des témoignages.
00:02:55Chaque chapitre, c'est un Français représentatif, entre guillemets, d'une profession, d'un milieu social, de problématiques.
00:03:04Il fait mine de dresser leur portrait et en fait, entre les lignes, il met le petit poson du RN.
00:03:08C'est-à-dire qu'en fait, il va présenter des propositions du RN en disant,
00:03:11bien sûr que pour ces Français, ça tient de l'évidence qu'il faut faire ceci ou qu'il faut
00:03:13faire cela.
00:03:14Évidemment, c'est dans le programme du RN.
00:03:16Enfin, voilà.
00:03:16Et tout le livre est comme ça.
00:03:19Donc en fait, tu as un restaurateur, tu as un agriculteur, tu as un ouvrier, etc.
00:03:24Tu as même une juge, mais un juge qui est eurodéputé à Rennes, ils se privent bien de le préciser.
00:03:28Ils ont oublié de préciser.
00:03:29Oups ! Ils ont trouvé une juge qui n'était pas une juge rouge, finalement.
00:03:32Ils doivent être contents.
00:03:33Comme quoi, il n'y a pas que des juges rouges, notons le juge.
00:03:36Donc voilà, en fait, c'est une...
00:03:38Moi, je l'ai préféré, c'est vrai qu'on entend souvent les libéraux parler de prise d'otage quand
00:03:41il y a des grèves.
00:03:42Là, il y a un peu un côté prise d'otage.
00:03:43C'est-à-dire que tu vas prendre des profils de Français qui n'ont rien demandé,
00:03:46tu vas leur amener à raconter leur vie.
00:03:48Évidemment que ces témoignages-là, tu ne peux pas les balayer d'un revers de main,
00:03:52parce qu'en fait, c'est des gens qui disent qu'on a du mal à boucler les fins de
00:03:54mois,
00:03:55on bosse dur, nos enfants n'arrivent pas à se lever socialement, etc.
00:04:00Sauf que lui, il prend ces récits-là, il les tord pour les faire entrer aux chausses-pieds dans l
00:04:05'idéologie du RN.
00:04:06C'est-à-dire, il y a trop de normes, l'Union européenne nous étouffe, il faut payer moins d
00:04:11'impôts.
00:04:12C'est l'idéologie du RN, ça, pour toi ?
00:04:13Parce que là, j'ai l'impression d'entendre un discours de n'importe quelle droite en France.
00:04:17Elle l'air dit précisément la même chose.
00:04:18C'est aussi ça qui est intéressant, d'ailleurs.
00:04:20C'est vrai, mais il y a une petite dose, évidemment, de racisme, forcément.
00:04:25Parce que, par exemple, il y a un chapitre sur un restaurateur italien.
00:04:28Et ce restaurateur italien, évidemment, il est montré comme la figure du bon immigré.
00:04:33Comme Bardella, d'ailleurs.
00:04:35C'est toujours présenté comme la figure du bon immigré.
00:04:37Exactement. Et ce restaurateur, il s'en sert, Bardella, d'abord pour montrer, regardez comme il est exemplaire.
00:04:42Lui, il vient, il travaille, il ne compte pas ses heures, il n'est pas religieux, etc.
00:04:49Enfin bref, en gros, c'est le mec, il veut s'assimiler, entre guillemets, comme il dit.
00:04:52La France lui a donné sa chance et il lui a rendu.
00:04:54C'est ça. Et en plus, ce restaurateur italien, il critique une société qui est bordélisée,
00:04:59avec des gens qui ne se respectent pas.
00:05:01En gros, suivez mon regard, évidemment.
00:05:03Je suis le bon immigré et à côté, il y a les mauvais.
00:05:05Nous, les Italiens, on ne fout pas le bordel, contrairement aux Arabes.
00:05:07En gros, c'est ça qu'il faut lire en creux.
00:05:09On le lit en creux et on peut même le lire carrément en or sur blanc.
00:05:12Ok, d'accord. Ça reste un livre de Bardella, tout à fait.
00:05:14Ça reste un livre de Bardella.
00:05:16Donc, il y a tout ça.
00:05:19Notamment contre des ONG qu'il décrit comme gauchistes.
00:05:21Il dit que Greenpeace, c'est une ONG d'extrême-gauche.
00:05:23Il parle de Georges Soros à un moment ou pas ?
00:05:25Non.
00:05:25Ah, dommage.
00:05:26Non, peut-être Zemmour.
00:05:27Ah, peut-être Zemmour.
00:05:28Mais il montre...
00:05:29Et oui, il y a aussi un moment, il y a un agriculteur.
00:05:31Après, je m'arrête là pour le résumer un petit peu bordélique.
00:05:33Mais voilà, ça foisonne.
00:05:35Il parle notamment de l'OFB, donc de l'Office français pour la biodiversité.
00:05:40Et qui, en gros, est un agriculteur qui dit
00:05:43« L'OFB nous traite comme des dealers. »
00:05:45Et en gros, sous texte, nous, on est criminalisés.
00:05:49Nous, agriculteurs, qui sommes là pour nourrir le pays.
00:05:52Mais de l'autre côté, il y a une délinquance qu'on ne traite pas.
00:05:56Et en fait, c'est le propos à la fois des personnes interrogées
00:06:00et c'est le propos de Bardella parce qu'il insiste à chaque fois.
00:06:03Ok, ok.
00:06:03Avec un peu de pathos, etc.
00:06:05En disant « Voyez bien cette France-là qui souffre alors que pendant ce temps... »
00:06:09Alors, je ne sais plus comment il le dit, mais il dit en gros...
00:06:11Ah oui, la culture de l'excuse.
00:06:12Pour d'autres, la culture de l'excuse et pour certains, la souffrance au travail.
00:06:17Et en fait, la cohérence, pour finir, en tout cas, l'angle que Bardella a voulu amener,
00:06:22c'est en gros « Je suis le défenseur des petits gens.
00:06:24Je suis défenseur de la France qui travaille.
00:06:26Et je suis défenseur de la France méprisée, équipée trop d'impôts. »
00:06:35Ok, voilà.
00:06:35L'assisté, finalement.
00:06:36L'assisté, derrière la figure de l'assisté, très souvent, voire systématiquement,
00:06:40en tout cas, quand c'est de la droite et de l'extrême droite qui parlent, c'est évident,
00:06:42derrière la figure de l'assisté se cache systématiquement la figure de l'immigré.
00:06:46Très souvent, les Noirs et les Arabes qui, en banlieue, touchent de l'argent de la cave
00:06:50sans rien branler, à part du shit en bas des tours.
00:06:52C'est ça qu'ils veulent un petit peu dire sans le dire.
00:06:55C'est quasiment presque un dog whistle quand ils disent les assister.
00:06:59C'est de ça dont ils veulent parler, en réalité.
00:07:00On en parlera un petit peu plus tard, en allant un petit peu plus au fond des choses,
00:07:02peut-être en parlant du « Producérisme racialisé » de Michel Féher.
00:07:05Je ne sais pas, mais en attendant, je te propose de regarder cet extrait de Jordan Bardella
00:07:09qui, justement, fait ce que tu viens de décrire, une ode à la France du travail.
00:07:14Comme Olivier Boulanger dans la Marne à Flix-Cours,
00:07:17qui a été écrasé par la facture d'électricité.
00:07:18Donc, on peut regarder ça.
00:07:20Et après, on regardera un petit peu la suite sur Bardella.
00:07:22Voilà, on a aussi Bardella sur CNews et Bardella aux grandes gueules.
00:07:25Donc, il y a tout ce qu'il faut, tout ce qu'il faut pour se faire plaisir.
00:07:29Non, mais l'opposition, elle peut avoir lieu dans le débat.
00:07:32Elle a lieu lors des campagnes électorales.
00:07:34Mais j'ai essayé de faire ce livre sans attache partisane.
00:07:36Évidemment, et je suis honnête avec...
00:07:38Comment on peut, en tant que candidat à la présidentielle pressentie d'un parti politique,
00:07:42dire « J'ai essayé d'être appartisan ».
00:07:44Mais vraiment, c'est de la langue de bois de bas étage, quoi.
00:07:46C'est exceptionnel. C'est un engagement citoyen désintéressé.
00:07:49Oui, c'est juste comme ça. C'est à part de ma caractère politique.
00:07:52Ça n'a rien à voir.
00:07:52D'ailleurs, je ne suis pas du tout en train de faire ma tournée promo sur les médias
00:07:55pour me présenter comme l'homme providentiel.
00:07:58D'ailleurs, c'est intéressant parce que c'est le récit qui essaie de porter aussi le RN
00:08:02tout autour de Bardella.
00:08:03C'est quelque chose qui lui tenait à cœur, d'aller sur le terrain, d'aller rencontrer les Français.
00:08:07Les vrais récits, de les porter vraiment sur les plateaux où on n'entend pas ces Français-là.
00:08:13Et notamment, pour la petite histoire, pour avoir le bouquin quand on est journaliste,
00:08:18il faut aller au siège du RN un jour précis, dans une heure précise.
00:08:21Et on est reçu par le directeur de la communication du RN.
00:08:25Le siège du RN qui est dans le 6ème arrondissement de Paris, comme par hasard.
00:08:28Le parti du peuple, mais quand même, c'est dans le quartier le plus bourgeois de France.
00:08:31Et justement, le récit qui est développé par le directeur de la communication à ce moment-là,
00:08:35c'est de dire, en fait, par jour, chaque jour, il sanctuarisait une après-midi avec des Français
00:08:42pour discuter sans caméra, sans enregistreur, juste vous et moi.
00:08:45Et on parle de votre récit parce que c'est vous qui comptez avant tout.
00:08:49Et donc, il y a ce côté-là un petit peu, c'est ce qu'il dit, côté partisans,
00:08:53vraiment, on dirait un acte citoyen désintéressé, volontaire, etc.
00:08:56C'est en gros, je me donne aux Français parce que j'appartiens aux Français
00:09:00et je serai leur porte-voix.
00:09:01Et c'est d'ailleurs ce qu'il dit, je ne sais plus si c'est sur cet extrait-là.
00:09:05Mais on va voir.
00:09:06Oui, c'est l'extrait Big Deal spécial Halloween.
00:09:08J'avais réacte à toute cette interview en live de Jean-Anne Bardella aux Grandes Gueules.
00:09:1250 minutes de pur masochisme, mais en vrai, c'était intéressant.
00:09:15Donc là aussi, je suis content parce que sur ce live-là,
00:09:16on va à la fois parler de Zemmour et de Bardella, faire une petite étude comparée des deux.
00:09:19Et moi, ça s'inscrit vraiment aussi dans les derniers streams que j'ai faits sur ce live,
00:09:21dans des sujets que je connais plutôt bien.
00:09:24Donc, c'est cool.
00:09:25Pour ceux qui suivent déjà mes streams un petit peu tout le temps, sur le temps long,
00:09:29tout ça, une cohérence finalement, je suis content.
00:09:30Avec vous, un agriculteur qui me reçoit une à deux jours sur son exploitation
00:09:36ou un pêcheur qui me reçoit sur son bateau, à minima, il avait au moins envie de discuter avec moi.
00:09:44Donc, ça, je vous en fais grâce.
00:09:47Mais on représente aujourd'hui un mouvement politique
00:09:49qui est donné potentiellement gagnant des élections législatives,
00:09:52potentiellement gagnant des élections présidentielles.
00:09:54Ça veut dire qu'on a peut-être un Français sur deux qui partage nos idées.
00:09:58Et donc, s'il y avait un Français sur deux qui partage leurs idées,
00:10:00ils auraient peut-être gagné aux législatives au lieu d'arriver troisième.
00:10:03Oui, déjà.
00:10:04Ce livre, c'est une ode à la France du travail.
00:10:08Ça dit beaucoup de ce qu'est notre pays aujourd'hui.
00:10:11Ça dit beaucoup du ras-le-bol à l'égard des impôts, à l'égard des normes.
00:10:15Vraiment, l'idée principale de ce livre, c'est le travail,
00:10:17c'est les gens qui bossent, c'est les gens qui n'arrivent plus à boucler leur fin de mois.
00:10:20C'est Olivier, ce boulanger de la Marne, qui tenait une dernière boulangerie d'un petit village dans la Marne.
00:10:29Et Olivier a été écrasé des mois durant, petit à petit, par la facture d'électricité
00:10:34qui a été mutiée par 5, 6, 7 et qui a rendu totalement impossible son activité.
00:10:39Et d'ailleurs, il vous le dit, il n'ouvre plus le soir.
00:10:40Il a arrêté d'ouvrir le soir, notamment.
00:10:42Oui, mais ça dit beaucoup de...
00:10:44Pour quelques clients, je perds de l'argent, trop d'électricité, trop de charges,
00:10:47ça me coûte plus cher que ça me rapporte.
00:10:48Et c'est quoi le problème ? C'est les règles européennes de fixation des prix de l'énergie.
00:10:52Ah oui, ok.
00:10:53Au moment où ça commence à devenir un peu technique, ils ont arrêté.
00:10:55Ce qui montre bien qu'en fait, les règles européennes de fixation des prix de l'énergie,
00:10:58ce n'est pas franchement le plus important dans cette histoire.
00:11:00Le problème, c'est de dire, les Français sont écrasés par les normes et les taxes.
00:11:04Ils ne peuvent pas vivre de leur travail.
00:11:05Si on remontait le salaire net proche du super brut, peut-être qu'enfin ils vivraient bien.
00:11:09Alors que du coup, ça signifierait privatiser la sécu par ailleurs.
00:11:12Ce qui se garde bien de dire à chaque fois.
00:11:14Complètement, c'est ça.
00:11:15Et on voit toute sa stratégie.
00:11:17C'est marrant parce que le côté Olivier Boulanger, ça rappelle forcément.
00:11:20Ça rappelle Ruffin.
00:11:21Voilà, donc je pense qu'il s'en inspire forcément.
00:11:24Et là, cette ficelle-là qu'il utilise...
00:11:27Alors, attends, je précise juste avant que quand Ruffin lui en parle,
00:11:29c'est avec un projet de gauche derrière.
00:11:31Oui, voilà.
00:11:32C'est pas la même projection.
00:11:34Même ceux qui n'aiment pas Ruffin dans le chat, vous reconnaîtrez que quand même,
00:11:36Ruffin, c'est pas bardé là.
00:11:37Oui, parce que jusqu'à présent, Ruffin n'est pas contre les taxes et les impôts.
00:11:42Bien au contraire, ni contre la redistribution, etc.
00:11:44Et la justice fiscale.
00:11:46Mais là, les ficelles qu'utilise Bardella, on les retrouve dans son livre.
00:11:49Par exemple, quand il parle au moment d'un marin pêcheur,
00:11:52et il se compare à ce marin pêcheur.
00:11:54Il dit, voilà, sa barque me rappelle celle de mon oncle Alberto.
00:11:57Je ne sais pas quoi.
00:11:58Il y a toute cette espèce de pathos.
00:11:59Alors, c'est ultra mal fait parce qu'on voit bien que ce n'est pas honnête.
00:12:03On voit bien les immenses ficelles.
00:12:05On voit bien que directement, après, il veut amener son projet de société.
00:12:10Donc, en fait, voilà, les normes, les impôts, l'Union européenne.
00:12:13Donc, les trois épouvantails.
00:12:17Mais en tout cas, on voit le couloir qu'il veut prendre pour potentiellement,
00:12:21en 2027, se présenter si Marine Le Pen ne peut pas se présenter.
00:12:25Donc, c'est intéressant, entre guillemets, malheureusement intéressant,
00:12:30de voir qu'il y a ces positions libérales.
00:12:33C'est une espèce d'ultra-libéralisme assumé, mais en partant du terrain.
00:12:37Alors que, en vrai, quand on regarde tous les sondages d'opinion,
00:12:41et puis quand même quand on a un reportage, quand on parle aux Français autour de nous,
00:12:45il n'y a pas une réticence à payer les impôts.
00:12:47Il y a plutôt, parfois, on peut se dire, comment utiliser nos impôts ?
00:12:51Nos services publics disparaissent, etc.
00:12:53Pourtant, on contribue, etc.
00:12:54Là, oui.
00:12:54Mais par contre, les gens ne veulent pas plus payer d'impôts.
00:12:57Il y a une nuance.
00:12:59Mais le discours de Barda, c'est autre chose.
00:13:00C'est plus, il suffit de regarder les gilets jaunes.
00:13:02Les gilets jaunes, ce n'était pas, on veut payer moins d'impôts.
00:13:04C'est en mode, payer des impôts, OK.
00:13:05Deux conditions.
00:13:06Première condition, on aimerait pouvoir vivre de notre travail.
00:13:09C'est hors de question qu'on travaille, qu'on soit des Français qui travaillent
00:13:11et qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, alors même qu'on a un taf.
00:13:14Première condition du consentement à l'impôt, on va dire.
00:13:16En tout cas, c'était le cas pendant toute la séquence des gilets jaunes.
00:13:18Deuxième condition aussi très importante.
00:13:20Eux, ils disaient, il faut que les petits payent petits et que les gros payent gros.
00:13:23Ce qui est littéralement le principe de la progressivité de l'impôt,
00:13:25qui est un principe qui a été introduit par Joseph Caillou en 1914 déjà, donc il y a 111 ans.
00:13:30J'ai fait mes devoirs sur la fiscalité redistributive aussi.
00:13:34Donc oui, dire les Français veulent payer moins d'impôts, c'est le discours libéral classique.
00:13:39C'est le discours libéral classique qui n'a même pas forcément toujours été le discours du RN,
00:13:43puisque le RN sous Marine Le Pen n'avait pas forcément ce discours-là.
00:13:46Et là, on commence à voir un petit peu une stratégie très libérale, très pro-business,
00:13:51très LR compatible finalement de la part de Bardella,
00:13:53qui s'éloigne un petit peu de la stratégie de dédiabolisation et populiste
00:13:58à se faire croire un vaguement de gauche économiquement
00:14:00qui était promu par Marine Le Pen depuis déjà une dizaine d'années.
00:14:02Et est-ce que ça, finalement, ça ne serait pas aussi le retour,
00:14:06le vrai retour aux sources du RN, le retour au poujadisme ?
00:14:10Tu connais un peu le sujet du poujadisme ?
00:14:11Tu pourrais l'expliquer en quelques mots, mais j'ai toujours du mal à expliquer ce que c'est.
00:14:14J'aurai un peu de mal là.
00:14:15C'est pas évident.
00:14:17Je ne vais pas forcément m'y risquer, j'avoue.
00:14:19Je ne sais pas si toi, tu as envie de t'y risquer là.
00:14:21Si, alors juste, historiquement, Pierre Poujade, c'était quelqu'un,
00:14:23c'était un député, un leader politique d'un parti, je ne sais plus comment il s'appelait,
00:14:26mais en gros, maintenant, on dit le poujadisme par rapport à Pierre Poujade,
00:14:28qui était du coup, au moment la 4e République,
00:14:32un petit peu avant la 5e République, donc dans les années 50, grosso modo.
00:14:36Et c'était un mouvement qui considérait que les petits commerçants,
00:14:39les petits patrons, les petits artisans, c'était le cœur battant de la France
00:14:43et qu'ils payaient trop d'impôts et qu'ils allaient faire une politique
00:14:45pour les petits artisans et les petits commerçants,
00:14:47et pas pour l'ouvrier exploité.
00:14:48Par contre, ça, ils s'en foutaient.
00:14:49Et donc, il y avait cette idée-là, et avec cette idée de vraiment décrire
00:14:52une vraie France par rapport à cette espèce de fausse France,
00:14:55et c'est ça qu'ils classent plutôt du côté de l'extrême droite.
00:14:57La vraie France, le cœur battant de la France, le pays réel,
00:15:00pour reprendre des mots de Charles Maurras, par exemple,
00:15:03grand théoricien du nationalisme intégral du début du 20e siècle,
00:15:06qu'on a à perpétuité pour collaboration.
00:15:09Donc voilà, il y aurait ce pays réel qui est la France des petits artisans
00:15:12et des petits commerçants par rapport à cette espèce de pays administratif,
00:15:14de fonctionnaires cosmopolites.
00:15:17Et donc, du coup, ce qui est intéressant, c'est que Jean-Marie Le Pen
00:15:19a commencé sa carrière politique en étant député de la 4e République,
00:15:22avant la guerre d'Algérie, où après il a été torturé des Algériens,
00:15:25en étant un député poujadiste.
00:15:27Et donc, au final, est-ce que ça ne serait pas un retour aux sources poujadistes
00:15:30de cette extrême droite-là, le péniste, que nous fait Bardella ?
00:15:34On peut se poser la question, et c'est vrai que c'est toute la trame, toute la...
00:15:37Alors, juste, je t'attends un tout petit peu.
00:15:39On m'a dit, on m'a soufflé à l'oreillette par SMS
00:15:41que nos sons étaient un tout petit peu différents que moi,
00:15:43on m'entendait un petit peu plus qu'Anthony.
00:15:44Alors, j'ai modifié un peu sur la table de mixage,
00:15:46j'ai poussé un petit peu son son, baissé un peu le mien.
00:15:48Dites-moi si c'est bien équilibré, si jamais il y en a un qui parle plus fort que l
00:15:51'autre,
00:15:51s'il y en a un qui a un son plus fort que l'autre, n'hésitez pas à le
00:15:53dire.
00:15:54Voilà.
00:15:54Parfait.
00:15:55Mais ouais, c'est vrai que cette ligne poujadiste,
00:15:57c'est un petit peu le fil rouge du bouquin,
00:16:00et avec, comment dire, en fait, il l'assume totalement,
00:16:03parce qu'en fait, il montre, tu le disais, en gros, la vraie France,
00:16:06la France réelle, voire même la France éternelle,
00:16:08on pourrait même l'appeler comme ça,
00:16:09si on continue dans le vocabulaire d'extrême droite.
00:16:13Et en gros, ce qu'ils disent, c'est qu'en gros,
00:16:15d'abord, cette France est pressurisée, etc., etc.,
00:16:17et quand elle réussit, elle est mal vue.
00:16:19Enfin, il y a aussi ce discours-là qu'on entend souvent
00:16:20dans la bouche de la droite et de l'extrême droite,
00:16:23et à un moment, il y a un chapitre sur une entrepreneur,
00:16:26une entrepreneuse, si je ne me trompe pas,
00:16:27et il explique cette réussite qui fait de vous un coupable dans ce pays.
00:16:32Enfin, il y a ça.
00:16:34Soit ça fait de vous un coupable,
00:16:36donc une personne suspecte,
00:16:38soit ça fait de vous quelqu'un
00:16:39qui est étouffé par les normes,
00:16:41qui ne peut pas s'en sortir.
00:16:42Donc, dans tous les cas, vous êtes perdant.
00:16:43Et donc, en fait, oui, voilà, je pense que c'est cette traduction-là
00:16:46concrète du poujadisme que tu as bien expliqué.
00:16:48Ok, ok, ouais.
00:16:49Donc, ça s'inscrit aussi dans une stratégie
00:16:53de séduction du patronat
00:16:54et des milieux du business
00:16:56qui, là, s'opère depuis cette fameuse
00:16:58dissolution de 2024, il y a à peu près
00:17:00un an et demi, parce que, justement, l'extrême droite,
00:17:02le Rassemblement National s'est dit, on est au port du pouvoir.
00:17:04Qu'est-ce qu'on doit faire maintenant ?
00:17:05On doit rassurer les marchés financiers,
00:17:07on doit rassurer les milieux patronaux,
00:17:09parce que sans ça, ils ne vont pas trop nous laisser gouverner.
00:17:11Et là-dessus, ça rappelle un petit peu, d'ailleurs, ce qu'un certain Adolf Hitler
00:17:13a fait dans les années 30.
00:17:15Si vous voulez vous intéresser un petit peu à ça,
00:17:16allez écouter des podcasts ou lire directement des livres
00:17:18de Johan Chapoutot, que vous connaissez probablement,
00:17:20un historien spécialiste du nazisme qui a beaucoup assisté là-dessus,
00:17:23qui a encore sorti un bouquin,
00:17:25entre autres sur ce même-là, qui s'appelle
00:17:26Les Irresponsables, l'année dernière.
00:17:27Donc, voilà, il y a à la fois ce retour aux sources poujadistes,
00:17:29on veut dire que cette vision de l'économie,
00:17:32de l'impôt en France
00:17:34n'est pas nouvelle.
00:17:34Il y a une tradition d'extrême droite autour de ça.
00:17:36Et en plus, ça correspond à ce moment
00:17:38où, à partir de 2024,
00:17:40le RN a un peu commencé à changer son fusil d'épaule
00:17:42pour aller séduire les milieux patronaux
00:17:44et essayer aussi de récupérer l'espace
00:17:46qui, jusque-là, historiquement, est occupé
00:17:48par la droite bourgeoise classique, on va dire,
00:17:50LR et UMP avant.
00:17:51C'est ça, c'est ça.
00:17:52Et on va voir avec l'extrait suivant,
00:17:55mais c'est la traduction de ce discours-là
00:17:57en essayant de le masquer
00:17:59par « c'est ce que veulent les Français »,
00:18:01« c'est ce que pensent les Français »
00:18:02et « c'est la voie profonde de notre pays ».
00:18:06Et en fait, on est là.
00:18:06En fait, il y a une volonté presque
00:18:08de dépolitiser le discours du RN
00:18:10qui, évidemment, est particulièrement politique,
00:18:13particulièrement marqué.
00:18:14On l'a dit, tu as posé les bonnes étiquettes,
00:18:16les bons marqueurs.
00:18:17Mais il y a cette volonté-là
00:18:18de masquer tout ça,
00:18:20de grimer ces thématiques-là
00:18:23en bon sens populaire.
00:18:24Ce qui est insupportable et malhonnête,
00:18:27mais en tout cas, c'est la carte
00:18:28que joue Jordan Bardet.
00:18:29Il la joue même à fond.
00:18:30On va regarder cet extrait sur CNews face à l'info.
00:18:32C'est l'émission de Christine Kelly,
00:18:34si je ne dis pas de bêtises, face à l'info.
00:18:35C'est l'émission qui, à l'époque,
00:18:36avait lancé Éric Zemmour en 2021,
00:18:39à l'époque, pour la campagne de 2022.
00:18:41C'est ça, là.
00:18:42Je le suis.
00:18:44Je connais mes médias d'extra-droite, c'est bien.
00:18:48Je suis leur porte-voix, précisément.
00:18:50Et si je suis ici devant vous ce soir,
00:18:52d'abord, c'est parce que vous avez eu la gentillesse
00:18:54de m'inviter pour parler de ce livre.
00:18:56Mais c'est surtout parce que j'ai été élu parlementaire
00:18:58à deux reprises et que je suis président
00:19:00d'un mouvement politique qui est aujourd'hui
00:19:02donné gagnant potentiellement d'une élection législative.
00:19:04Il faudrait savoir, ce n'était pas un bouquin apartisan ?
00:19:08Il y a un mélange des genres, là.
00:19:09Ce n'est pas très cohérent, tout ça.
00:19:10Je n'ai pas suivi.
00:19:10C'est aussi l'élection présidentielle.
00:19:12Et donc, si je suis devant vous ce soir,
00:19:14c'est précisément parce qu'on est la voix
00:19:15de ces Français qu'on n'entend plus.
00:19:17C'est précisément parce qu'il y a des millions de Français
00:19:19qui ont le sentiment que toutes les décisions
00:19:21qui sont prises à Paris sur ces inflations de normes,
00:19:25de taxes, d'impôts, sur cette politique d'immigration
00:19:28qui est menée depuis 30 ans dans notre pays
00:19:30et qui vise à accueillir toujours plus de gens
00:19:32dans un pays qui ne se reconnaît plus lui-même,
00:19:34qui perd son identité, qui perd sa culture,
00:19:36qui perd sa langue, qui perd ses valeurs,
00:19:37qui voit beaucoup de territoires ne plus ressembler
00:19:40à la France que beaucoup de nos compatriotes aiment.
00:19:42Eh bien, nous sommes les porte-voix de cette France-là.
00:19:45Et peut-être notre différence avec les autres mouvements politiques,
00:19:48c'est que d'abord, nous n'avons aucune responsabilité
00:19:50dans la situation dans laquelle se trouvent nos compatriotes aujourd'hui,
00:19:52mais parce que le projet qu'on porte,
00:19:55les solutions qu'on apporte, les sentiments qu'on exprime
00:19:58sont aujourd'hui partagés par cette France
00:20:00qui est humble, qui est modeste
00:20:02et qui se lève chaque matin pour aller travailler,
00:20:03qui n'a pas le temps d'aller manifester,
00:20:05qui n'a pas l'argent.
00:20:06Quand on connaît l'histoire du mouvement ouvrier,
00:20:08c'est une France qui n'a pas le temps d'aller en manif.
00:20:10La manif, c'est des trucs de branloss.
00:20:11Non, mais c'est vraiment insupportable.
00:20:13Juste, on a deux, trois notions de l'histoire de France,
00:20:16même pas franchement de l'histoire ouvrière de la France.
00:20:19Il n'y a pas besoin d'être abonné à l'UMA depuis 40 ans
00:20:22pour savoir que c'est la classe ouvrière qui fait grève,
00:20:25qui manif.
00:20:26Enfin, je ne sais pas.
00:20:28C'est insupportable.
00:20:30Entendre ça quand on est de gauche, c'est insupportable
00:20:32parce qu'effectivement, il fait ce truc de maquiller ça
00:20:34comme étant du bon sens.
00:20:35Et c'est vrai que la stratégie, hélas, fonctionne assez bien
00:20:37parce que c'est vrai que beaucoup de Français
00:20:39se sentent un peu assommés par les impôts, etc.
00:20:42Et sont surtout matrixés par le travail aussi.
00:20:45Oui, il y a ça aussi.
00:20:46Je pense que la question du travail, d'ailleurs, à gauche,
00:20:49de la France insoumise, au Parti communiste, au Parti socialiste
00:20:51et aux écologistes, on parle du travail de plus en plus,
00:20:54particulièrement ces dernières années,
00:20:55parce qu'on sent bien qu'il y a une aspiration
00:20:57à avoir un retour sur son travail, forcément,
00:21:01avoir plus de dignité aussi au travail.
00:21:03Bref, s'y retrouver davantage quand on donne,
00:21:05on veut recevoir.
00:21:06Et quand on contribue, on veut bénéficier aussi
00:21:09de services publics.
00:21:10Enfin, ça, c'est le pacte républicain classique.
00:21:14Le problème, c'est qu'il tord tout ça
00:21:16pour le faire entrer dans son idéologie.
00:21:18Parce qu'évidemment, parler de la France oubliée,
00:21:20comme il le dit, oui, évidemment,
00:21:22il faut toujours parler des oubliés.
00:21:23Ce n'est pas la question.
00:21:25Le problème, c'est qu'il tord ça en montrant que,
00:21:29oui, les gens ne veulent plus contribuer,
00:21:30ils ne veulent plus payer de taxes,
00:21:31ils en ont marre des normes,
00:21:32ils en ont marre de l'Union européenne,
00:21:33ils en ont marre des élites.
00:21:36La question, la solution est beaucoup plus complexe
00:21:39que celle qu'il apporte.
00:21:40En fait, il se sert clairement de ces réalités-là
00:21:42comme d'un outil marketing.
00:21:43Et c'est ça qui est dommage.
00:21:45Il déforme complètement la réalité
00:21:46pour son propre service.
00:21:47Et puis, il fait aussi ce truc-là,
00:21:48on le disait tout à l'heure avec Pascal Pro,
00:21:50où il parle d'un constat où on se dit,
00:21:52oui, d'accord,
00:21:53mais sans même apporter vraiment la solution.
00:21:54La solution, c'est moins d'impôts.
00:21:55Mais voilà, c'est comme s'il parlait
00:21:57du volet recettes du PLF
00:21:58sans parler du volet dépenses.
00:22:00Il faut baisser les taxes et les impôts.
00:22:02OK, mais si tu veux baisser les taxes
00:22:03et que c'est les impôts,
00:22:04soit ça veut dire,
00:22:05il faut augmenter le déficit,
00:22:06soit ça veut dire,
00:22:06il faut baisser la dépense publique,
00:22:08il faut massacrer nos services publics
00:22:10ou privatiser partiellement
00:22:11la sécurité sociale.
00:22:12Et monsieur Bardella,
00:22:14jamais il dit ça, quoi.
00:22:15Jamais il dit,
00:22:16oui, on va baisser les taxes
00:22:16et du coup, on va privatiser la sécu.
00:22:18Par contre, vous vous démerdez
00:22:18après les pauvres.
00:22:19Il ne dit jamais ça, quoi.
00:22:20Donc encore une fois,
00:22:21c'est un espèce de mensonge par omission
00:22:23et c'est très habile de sa part,
00:22:25je ne sais pas,
00:22:26mais c'est la strat, en tout cas.
00:22:27C'est vraiment leur stratégie.
00:22:28Et quand on connaît un petit peu
00:22:30ces sujets-là,
00:22:30c'est vraiment rageant
00:22:31et on se dit,
00:22:31mais mettez-lui un gauchiste solide en face.
00:22:33Il va le massacrer rhétoriquement, quoi.
00:22:35Et non, parce qu'il est sur ses news
00:22:36qui lui déroule le tapis rouge.
00:22:38Le gorge, c'était pareil.
00:22:39Et j'ajoute même à ce que tu dis,
00:22:41c'est qu'en plus,
00:22:42il y a ce mensonge,
00:22:44mais il y a aussi un mélange absolu
00:22:46de toutes les thématiques
00:22:47et parfois, ça ne veut tout et rien dire
00:22:49de les mettre ensemble.
00:22:50C'est-à-dire que là,
00:22:50il parle par exemple
00:22:51d'une France qui perd sa culture,
00:22:54son histoire,
00:22:55je ne sais plus ce qu'il dit.
00:22:56Bref, il essaie de surfer aussi
00:22:57sur l'insécurité culturelle
00:22:58tout en parlant du travail, etc.
00:23:00Tout ça, je veux bien
00:23:02qu'il y ait des sujets
00:23:02sur l'un ou l'autre thème.
00:23:05On peut en parler,
00:23:05on peut apporter des réponses de gauche,
00:23:06etc. Pourquoi pas ?
00:23:07Mais là, en fait,
00:23:08il fait une espèce de gloupi-boulga
00:23:09qui ne veut absolument rien dire.
00:23:11Tout ça pour servir son propre propos,
00:23:13encore une fois.
00:23:13Alors que bon,
00:23:14si vraiment,
00:23:14il y a ce truc de perte de culture,
00:23:16identité dont il parle,
00:23:17on va voir juste après
00:23:17qu'Éric Zemmour,
00:23:18qu'Éric Zemmour,
00:23:19il a un discours qui est absolument puant,
00:23:20surtout quand on connaît un petit peu
00:23:26d'identité et la perte de culture,
00:23:28on va dire.
00:23:29Tandis que là,
00:23:29c'est vraiment,
00:23:30il sort ses éléments de langage
00:23:31à droite, à gauche,
00:23:32ça paraît être tombé sous le sens,
00:23:34effectivement.
00:23:34Et c'est là la dangerosité
00:23:35de la tactique aussi.
00:23:36Mais c'est encore plus dangereux
00:23:37parce que juste à sa droite,
00:23:39à l'avant-garde,
00:23:39on va dire peut-être
00:23:40de l'extrême droite,
00:23:41il a des gars comme Zemmour
00:23:42qui poussent encore plus
00:23:43ce côté-là.
00:23:43Donc lui, il passe
00:23:44pour étant presque un modéré.
00:23:46En tout cas,
00:23:46dans ce discours,
00:23:47il ne passe pas pour un zinzin
00:23:47fan de Charles Maurras.
00:23:49Mais en fait,
00:23:49Zemmour fait le travail pour lui.
00:23:50Et c'est là qu'on voit
00:23:51que cette stratégie
00:23:51d'extrême droite
00:23:52qui marche,
00:23:54qui joue sur plusieurs tableaux
00:23:55en même temps,
00:23:55qui parfois,
00:23:56c'est un peu contradictoire,
00:23:57mais ce n'est pas très important
00:23:58parce que de toute façon,
00:23:58ils ne s'encombrent pas
00:23:59nécessairement de la vérité,
00:24:00ces gens-là,
00:24:00pour avancer en politique.
00:24:02Donc on voit que la manœuvre
00:24:03est assez dangereuse
00:24:05et parfois, finalement,
00:24:06assez bien exécutée.
00:24:07Et j'ajoute à ça,
00:24:08c'est que quand tu dis,
00:24:10quelque part,
00:24:11il essaie d'amener,
00:24:11de parler d'insécurité culturelle
00:24:13d'une certaine façon,
00:24:15par différents biais,
00:24:16Zemmour,
00:24:17il va comme un dingo
00:24:20de réchristianisation,
00:24:21on va en parler.
00:24:22Mais Bardella,
00:24:23par exemple,
00:24:23dans son livre,
00:24:23lui,
00:24:23il en parle par un autre véhicule,
00:24:25c'est la baguette de bain,
00:24:26par exemple.
00:24:26Il prend ce symbole-là
00:24:27en disant,
00:24:27en France,
00:24:28il y a de moins en moins
00:24:29de baguettes,
00:24:30il y a de plus en plus
00:24:31de points chauds,
00:24:32donc pas de vraies baguettes,
00:24:32etc.
00:24:33Ce qui montre bien
00:24:34à quel point la culture française
00:24:35est en train de s'étioler,
00:24:36notre savoir-faire,
00:24:36etc.
00:24:37Vous voyez bien le lien
00:24:38qui vient après.
00:24:39Forcément,
00:24:40c'est la France s'efface.
00:24:42C'est le jambon d'Inde,
00:24:43mon jambon au beurre maintenant.
00:24:45Alors qu'en vrai,
00:24:46une réponse peut-être
00:24:47un peu plus intelligente
00:24:48à tout ça serait dire
00:24:49le problème,
00:24:49c'est aussi le capitalisme
00:24:51financiarisé et libéral
00:24:52qui fait que,
00:24:52normalement,
00:24:53avoir des points de vente
00:24:55de multinationales
00:24:56du pain fait dans des usines,
00:24:57c'est plus rentable
00:24:58pour la bourgeoisie
00:24:59que des petits artisans.
00:25:01Donc c'est pour ça,
00:25:01si vraiment vous voulez
00:25:02être dans la défense
00:25:03des petits artisans
00:25:03et de la France,
00:25:05des villages
00:25:06et des indépendants,
00:25:07soyez un peu plus
00:25:07anticapitalistes que ça
00:25:08ou au moins régulationnistes,
00:25:09ça serait un petit peu
00:25:10plus sincère.
00:25:11Mais bon,
00:25:11après ils ont une seule
00:25:12et unique solution à tout ça,
00:25:14c'est plus de racisme
00:25:15et moins d'impôts.
00:25:17Je te propose
00:25:17de regarder la fin,
00:25:18mais en vrai,
00:25:19après on va commencer
00:25:20parce que là,
00:25:20il commence à être tard.
00:25:21On va passer à la dernière partie,
00:25:23vraiment,
00:25:24le deuxième volet
00:25:24de cette séquence
00:25:25sur Zemmour.
00:25:26... pour se mettre en retraite
00:25:28son travail
00:25:29et organiser
00:25:29des mobilisations sociales
00:25:30qui parfois s'expriment
00:25:31le dimanche
00:25:32lorsqu'il y a une élection
00:25:33mais qui le lendemain matin
00:25:35doit retourner travailler
00:25:36et c'est cette France-là,
00:25:37cette France qui travaille tôt,
00:25:38cette France des salariés,
00:25:39des fonctionnaires,
00:25:40des petits patrons,
00:25:41des chefs d'entreprise,
00:25:42des...
00:25:42Oui, mais les fonctionnaires
00:25:43quand même dedans,
00:25:43ok, d'accord.
00:25:44... des partisans,
00:25:44des commerçants,
00:25:45des apprentis
00:25:45dont j'ai voulu être
00:25:46à la fois l'oreille
00:25:47et désormais le porte-voix
00:25:49parce qu'au fond,
00:25:50moi j'ai grandi dans...
00:25:52Il a interviewé une fonctionnaire
00:25:53dans son bouquin,
00:25:54une magistrate
00:25:54qui est du coup
00:25:55eurodéputée RN.
00:25:56La seule fonctionnaire
00:25:58qu'il a interrogée,
00:25:59c'est une collègue à lui en fait.
00:26:01Sachant qu'en plus,
00:26:01c'est le chef de file
00:26:02des eurodéputés
00:26:03officiellement bardés là.
00:26:04Mais il l'a rencontré
00:26:04à cette occasion je pense.
00:26:05Oui, il l'a peut-être
00:26:06déjà jamais vu avant.
00:26:08Seine-Saint-Denis,
00:26:09je dresse aussi dans ce livre
00:26:11et les Français
00:26:12qui me feront l'honneur
00:26:13de me lire
00:26:13découvriront aussi
00:26:14le portrait de ma mère
00:26:15qui a été Atsem toute sa vie
00:26:16qui est aujourd'hui en retraite.
00:26:17Atsem c'est assistant
00:26:19pour les profs
00:26:20dans le primaire.
00:26:21Et ça c'est vrai.
00:26:22Alors là il parle de sa mère
00:26:23qui a été Atsem toute sa vie.
00:26:24Son père est petit patron
00:26:25dans les distributeurs
00:26:26automatiques de boissons
00:26:28et de barres de céréales aussi.
00:26:30Et son père habite
00:26:31dans la très chic ville
00:26:32de Montmorency,
00:26:33une des villes les plus riches
00:26:33du 95, du Val d'Oise.
00:26:35Sachant qu'il était en garde
00:26:36partagée entre sa mère
00:26:36et son père.
00:26:37Il faisait tous les mercredis
00:26:38et tous les week-ends
00:26:38chez son père.
00:26:39Ce n'était pas un week-end sur deux.
00:26:40Et pour ses 18 ans
00:26:41il a quand même eu une smart
00:26:42et un beau voyage à Miami.
00:26:44Il était en lycée privé catholique
00:26:46avec vraiment la jeunesse
00:26:48de Saint-Denis
00:26:50qui fait des études
00:26:51en tout cas à minima.
00:26:52Donc voilà,
00:26:53toujours son même storytelling
00:26:53de ma mère était pauvre,
00:26:55j'ai grandi au bas des blocs,
00:26:56entre les règlements de comptes,
00:26:58à vendre du shit.
00:26:59Arrête de te foutre de notre gueule
00:27:00cinq minutes, pitié.
00:27:01J'ai fait l'école de la vie.
00:27:02J'ai fait l'école de la vie
00:27:03comme Léa Cédoux.
00:27:04Oui, il a fait un peu
00:27:04l'école de la vie
00:27:05comme Léa Cédoux,
00:27:05c'est-à-dire pas tant que ça.
00:27:08Qui a beaucoup donné,
00:27:10qui a beaucoup souffert,
00:27:11qui part à la retraite
00:27:11le dos brisé,
00:27:12mais qui l'a fait d'abord
00:27:14par volonté
00:27:15d'éduquer son fils,
00:27:17de lui transmettre des valeurs,
00:27:18de faire en sorte
00:27:19qu'il ne manque de rien.
00:27:20Mais cette France
00:27:21de la débrouille,
00:27:22cette France où compter
00:27:23veut dire quelque chose
00:27:24chaque minute, chaque heure,
00:27:25eh bien aujourd'hui,
00:27:26plus personne n'en parle.
00:27:27Et moi, j'ai voulu parler d'eux.
00:27:29Mais j'ai aussi voulu...
00:27:29Plus personne ne parle
00:27:30des pauvres.
00:27:31Oui, d'accord.
00:27:33Et j'en termine,
00:27:34parler de ces élites
00:27:36entrepreneuriales,
00:27:36de cette France
00:27:37qui a réussi
00:27:38à tout bâtir de ses bras.
00:27:39Et je dresse aussi
00:27:39le portrait
00:27:40de chefs d'entreprise
00:27:41qui sont partis de rien,
00:27:42qui ont tout construit,
00:27:44malgré les entraves
00:27:45que met aujourd'hui
00:27:45le système français
00:27:46dans la vie
00:27:46des chefs d'entreprise
00:27:47et qui fait la,
00:27:48je dirais,
00:27:49la fierté de notre savoir-faire
00:27:50à la fois en France
00:27:51mais aussi en Europe
00:27:51et dans le monde.
00:27:52Ok, d'accord.
00:27:53Donc moi, je veux faire
00:27:53l'union entre
00:27:55le pauvre français
00:27:56Smicard
00:27:57qui est dans la débrouillardise
00:27:58et compte chaque centime
00:27:59pour nourrir sa famille
00:28:00et nos élites entrepreneuriales
00:28:02parfois milliardaires.
00:28:03Ce qui lui fait
00:28:04en prenant commun
00:28:04avec Mussolini
00:28:05en réalité en Italie
00:28:06qui était pour...
00:28:07Lui, je le disais plus clairement,
00:28:08il disait
00:28:08la lutte des classes
00:28:09c'est de la connerie,
00:28:09il faut une unité
00:28:10derrière la nation
00:28:12entre la bourgeoisie
00:28:13et le prolétariat italien.
00:28:15Donc là, voilà,
00:28:15un héritage poujadiste
00:28:16et Mussolini finalement.
00:28:17Ça s'y rapproche
00:28:17et puis il y a ce discours-là
00:28:18de ces petits patrons
00:28:20qui se sont bâtis
00:28:21eux-mêmes
00:28:21avec leurs mains, etc.
00:28:23Et donc, j'imagine
00:28:24qu'il parie sur ça
00:28:26en se disant
00:28:26ça va parler forcément
00:28:27aux gens, aux travailleurs
00:28:28qui se donnent
00:28:30qui ne comptent pas leurs heures
00:28:31et qui ont forcément
00:28:32comme rêve
00:28:33de s'élever socialement
00:28:34et en fait,
00:28:35il doit avoir envie
00:28:36de créer une espèce
00:28:36de passerelle
00:28:37entre ces deux destins
00:28:38entre ces deux existences.
00:28:40Mais oui,
00:28:40comme tu le dis,
00:28:40ça rappelle ces projets
00:28:42de société-là un peu.
00:28:43Ouais, bah ouais.
00:28:44Alors qu'il y a un autre projet
00:28:45de société
00:28:46qui normalement est au service
00:28:47justement de la France ouvrière,
00:28:49de la France qui galère,
00:28:49la France des travailleurs finalement,
00:28:51c'est le communisme.
00:28:52Voilà, on ne vous l'apprend pas
00:28:53à l'UMA, j'espère.
00:28:55Donc il a aussi,
00:28:56voilà, il a taclé un peu
00:28:57les communistes
00:28:58quand c'était au Grand Gun.
00:28:58On a sélectionné cet extrait.
00:28:59Sur la taxe Zuckman,
00:29:00il est juste,
00:29:01enfin vous allez voir,
00:29:02j'espère qu'il le dit
00:29:03au début de l'extrait
00:29:03parce que j'ai la flemme
00:29:04de me taper les deux minutes
00:29:04et il faudrait avancer un petit peu.
00:29:06Mais voilà ce qu'il dit
00:29:06de la taxe Zuckman,
00:29:07vous allez voir, c'est...
00:29:08C'est pas une question
00:29:08de savonner la planche
00:29:09à le cornu.
00:29:10Ah si, parce que là,
00:29:10avec cette taxe Zuckman,
00:29:10il va y avoir du mal.
00:29:11Avec la Zuckman Light,
00:29:13il rajoute la Zuckman Light
00:29:14à ce que vous avez fait hier.
00:29:15Donc la Zuckman Light,
00:29:16c'était la taxe de compromis
00:29:18d'une taxe...
00:29:19Non, le compromis
00:29:20sur la taxe Zuckman
00:29:21qui serait une taxe Zuckman allégée
00:29:22entre le Parti Socialiste
00:29:23et le cornu.
00:29:24De toute façon,
00:29:24cette taxe a été rejetée
00:29:25à l'Assemblée Nationale,
00:29:26donc c'est plus trop d'actualité.
00:29:27Mais juste regardez
00:29:28ce qu'il a à dire
00:29:28sur la taxe Zuckman,
00:29:29c'est savoureux.
00:29:31Là, la droite va hurler,
00:29:34les financiers vont hurler,
00:29:35tout le monde va hurler.
00:29:36Non mais je suis opposé,
00:29:37moi, Zuckman,
00:29:38Raid, Zuckman Light,
00:29:39je suis opposé
00:29:40à tout ce qui vient d'abord
00:29:40de Gabriel Zuckman.
00:29:41Parce que je considère
00:29:43que les mécanismes Zuckman
00:29:44sont des mécanismes communistes.
00:29:48Voilà, des mécanismes communistes.
00:29:50Donc je rappelle quand même
00:29:51que la taxe Zuckman,
00:29:52c'est une taxe qui sert
00:29:53à corriger la régressivité
00:29:55de l'impôt par rapport au revenu
00:29:57pour les 0,01%
00:29:59des Français les plus riches.
00:30:00Donc c'est vraiment
00:30:00une taxe planchée corrective
00:30:02sur une régressivité anormale
00:30:06par rapport à l'impôt sur le revenu.
00:30:07Donc vraiment,
00:30:08c'est assez technique finalement.
00:30:09On est loin d'être
00:30:10sur le communisme.
00:30:11On ne parle même pas
00:30:11de rapport à l'appareil
00:30:12de production ou quoi que ce soit.
00:30:13Ah non, ce n'est pas
00:30:13de l'expropriation.
00:30:14Ah non, non, c'est pas...
00:30:15Après, on voit à son visage
00:30:16qu'il ne sait pas exactement
00:30:16ce que veut dire communisme.
00:30:17C'est vrai, c'est vrai.
00:30:18Il fait sa tête de Bardella confus.
00:30:20Il fronce un peu les sourcils
00:30:21comme ça.
00:30:23Il a enlevé ses lunettes d'ailleurs.
00:30:24Oui, il n'y avait pas
00:30:25ses lunettes ce jour-là.
00:30:26Le lendemain, sur CNews,
00:30:27il avait ses lunettes.
00:30:27Donc c'est peut-être
00:30:28que quand il lit beaucoup,
00:30:29il a de la fatigue of traffic.
00:30:30Puis il écrit beaucoup
00:30:31tant que ça fatigue.
00:30:33Bardella, quoi.
00:30:34Sources éternelles de moqueries,
00:30:36mais sur ces éternelles
00:30:36aussi d'inquiétudes
00:30:37parce que là, quand même,
00:30:37c'est vrai que sa stratégie
00:30:40un peu poujadiste, populiste,
00:30:42ça tombe sous le sens.
00:30:43Ça prend un peu.
00:30:44Ça prend un peu.
00:30:45Et surtout, il y a cette espèce
00:30:46de folie anti-impôt
00:30:47qui s'empare de tout l'Occident
00:30:49et pas que.
00:30:49Et l'extrême droite, je trouve,
00:30:51de plus en plus assume
00:30:52son tournant vraiment
00:30:53ultra-libéral, voire libertarien.
00:30:54Et notamment, voilà,
00:30:56dans cette même interview
00:30:57au Grande Gueule,
00:30:58Jordan Bardella a cité
00:30:59Ravier Millet
00:31:00en récupérant un élément
00:31:02de langage de Ravier Millet
00:31:03que je n'ai pas retrouvé
00:31:04parce que j'ai eu la flemme
00:31:05de me retaper toute l'interview
00:31:05pour préparer cette émission.
00:31:07Il ne faut pas déconner.
00:31:07Il a dit « afuera ».
00:31:08Il a dit « les agences de santé,
00:31:10là, je ne sais pas,
00:31:10afuera, tout ça,
00:31:11il faut épurer un peu l'État obèse ».
00:31:13Il ne l'a pas dit comme ça,
00:31:14mais voilà.
00:31:14Et donc, il s'inscrit,
00:31:16maintenant, il fait des références
00:31:17directement à Ravier Millet
00:31:17qui est un libertarien
00:31:19qui se réclame
00:31:20de l'anarcho-capitalisme
00:31:21qui est normalement
00:31:21à des kilomètres
00:31:22du discours économique
00:31:24qu'il y a encore deux ans
00:31:26Marine Le Pen.
00:31:27On voit un peu, voilà,
00:31:28c'est à la fois un mélange
00:31:29de poujadisme,
00:31:30de ralliement
00:31:30à l'ultra-libéralisme
00:31:31d'extrême droite
00:31:32qui est en train
00:31:32de monter en puissance.
00:31:34Voilà, il essaie
00:31:34de faire un grand écart
00:31:35entre Pierre Poujade
00:31:35et David Linard,
00:31:36maire de Cannes.
00:31:38Et le pire,
00:31:39c'est que ça marche un peu.
00:31:40Le pire,
00:31:40c'est que ça fonctionne.
00:31:41Donc, voilà,
00:31:42on rigole,
00:31:42on se fout de sa gueule
00:31:43à Bardella,
00:31:43mais en vrai,
00:31:43on est en droit
00:31:44de s'inquiéter aussi
00:31:44un petit peu.
00:31:45Et puis, il y a une façon
00:31:46de montrer l'État
00:31:47comme, voilà,
00:31:48l'État vous spolie,
00:31:49l'État ne vous respecte pas
00:31:53et donc de désigner un ennemi.
00:31:54Et ce que fait aussi
00:31:55Éric Zemmour,
00:31:55on va faire la liaison comme ça,
00:31:56mais Éric Zemmour
00:31:57de différentes façons.
00:31:58C'est-à-dire qu'en fait,
00:31:59Bardella, lui,
00:31:59pointe l'État
00:32:00dans son fonctionnement
00:32:01comme si l'État obèse,
00:32:03comme certains l'appellent
00:32:04chez les libéraux,
00:32:05cette espèce de millefeuille
00:32:06ou de mammouth
00:32:07comme on veut
00:32:07qu'il faudrait dégraisser.
00:32:09Regardez comme vous payez
00:32:11et l'État se gave
00:32:12sans vous renvoyer
00:32:14l'ascenseur quelque part.
00:32:15Zemmour, lui,
00:32:16fait autre chose.
00:32:16C'est-à-dire qu'il n'attaque
00:32:17pas l'État.
00:32:18Enfin, il attaque aussi l'État,
00:32:18mais il attaque la République.
00:32:19La République directement.
00:32:20Ça va plus loin.
00:32:21Alors, du coup,
00:32:22on peut commencer directement
00:32:22avec l'extrait sur la République.
00:32:23Oui.
00:32:25T'es celui-là ?
00:32:26Je l'avais gardé en dernier,
00:32:26mais on va le regarder en premier.
00:32:27Ça ne change pas grand-chose.
00:32:28Alors, République,
00:32:29il parle aussi de l'islam,
00:32:30évidemment.
00:32:31C'est Éric Zemmour.
00:32:32Donc, oui,
00:32:33il y a eu la sortie
00:32:34du bouquin de Jordan Bardella,
00:32:35un bouquin un peu libéral,
00:32:38poujadiste, populiste.
00:32:39Je crois que c'est
00:32:39trois adjectifs
00:32:40qui conviennent bien.
00:32:41Mais à côté de ça,
00:32:41Zemmour,
00:32:41dans une autre stratégie,
00:32:42mais qui s'inscrit aussi
00:32:43dans l'extrême droite française,
00:32:45décide de parler
00:32:46de rechristianisation.
00:32:47Il avait sorti déjà un bouquin
00:32:48qui s'appelle
00:32:48La France n'a pas dit
00:32:49son dernier mot.
00:32:50Et là, c'est
00:32:50La messe n'est pas dite.
00:32:51Donc, à chaque fois,
00:32:52c'est des espèces d'annonces
00:32:53en mode,
00:32:53vous allez voir ce que vous allez voir.
00:32:54Et voilà,
00:32:55il se situe presque un peu
00:32:56à l'avant-garde médiatique
00:32:57de l'extrême droite française
00:32:58qui avance des nouveaux thèmes.
00:33:00Et donc,
00:33:00dans son dernier bouquin,
00:33:01c'était vraiment de dire,
00:33:01OK, vraiment,
00:33:02on est des gros nationalistes,
00:33:04islamophobes, xénophobes,
00:33:05le grand emplacement.
00:33:05Mais ça n'avait pas
00:33:06jusqu'à renouer totalement
00:33:08avec la tradition
00:33:11catho-tradie
00:33:11et anti-républicaine
00:33:12de l'extrême droite
00:33:13et de la droite nationaliste française.
00:33:15Et là,
00:33:15il l'assume de plus en plus.
00:33:16C'est cohérent
00:33:21et là,
00:33:22ça commence à être vraiment flippant.
00:33:23Et c'est presque comme si
00:33:24le dernier verrou sautait.
00:33:25Ils assument
00:33:26l'affiliation
00:33:27entre des gens
00:33:27comme Charles Maurras
00:33:28de l'action française,
00:33:29donc un grand intellectuel
00:33:30d'extrême droite
00:33:31qui était royaliste,
00:33:32anti-républicain,
00:33:33antisémite et collaborationniste,
00:33:34ce qui fait quand même beaucoup,
00:33:36sacrée liste de course.
00:33:36Et Éric Zemmour
00:33:38commence à assumer
00:33:39totalement cet héritage
00:33:40et cette filiation,
00:33:41ce qui est quand même
00:33:42assez effrayant.
00:33:42Et donc là,
00:33:43on le voit,
00:33:43déjà,
00:33:44on va parler de rechristianisation après,
00:33:45mais par rapport à son rapport
00:33:46à la République.
00:33:47Vous allez voir dans cet extrait,
00:33:48c'était il y a quelques jours,
00:33:49c'était peut-être avant-hier
00:33:50ou quelque chose comme ça
00:33:50sur LCI
00:33:51face à Darius Rochebin,
00:33:52où il dit littéralement
00:33:53la République,
00:33:54c'est de la merde,
00:33:55la République détruit la France.
00:33:56Il a un discours un peu comme ça.
00:33:57On se croirait
00:33:58soit en 1790
00:34:01ou en 1890.
00:34:03En tout cas,
00:34:03on se croirait au moins
00:34:04au 19e,
00:34:04voire au 18e siècle.
00:34:05Donc on va vous montrer ça.
00:34:06C'est quand même assez épatant
00:34:08de voir que ce discours
00:34:10peut exister
00:34:10sur les plateaux télé en 2025.
00:34:11C'est assez inquiétant.
00:34:13Je cite une phrase
00:34:14de Chateaubriand
00:34:15absolument magnifique.
00:34:16C'est marrant ça.
00:34:16Alors, juste une petite...
00:34:20Bardella a été interviewé
00:34:21par Darius Rochebin aussi
00:34:22il y a peu.
00:34:23Darius Rochebin lui a demandé
00:34:24alors c'est quoi
00:34:24les grandes figures françaises
00:34:25dont vous inspirez ?
00:34:26Sauf De Gaulle,
00:34:27sinon c'est trop facile.
00:34:27Il a dit Chateaubriand.
00:34:29Il a dit
00:34:29je pense que la plus belle oeuvre
00:34:30de la littérature française
00:34:31c'est Mémoire d'autres tombes
00:34:32de Chateaubriand.
00:34:34Donc c'est marrant.
00:34:34À deux jours d'intervalle,
00:34:35interviewé par la même personne,
00:34:36il cite tous les deux Chateaubriand
00:34:37pour des raisons différentes.
00:34:38Alors peut-être que
00:34:39Jemmour l'a peut-être
00:34:40un peu plus lu déjà
00:34:41que Bardella
00:34:42parce que moi je les connais
00:34:43les gens qui ont lancé
00:34:43une chaîne YouTube
00:34:44Call of Duty en 2015
00:34:46généralement ils n'ont pas lu
00:34:46Mémoire d'autres tombes
00:34:47de Chateaubriand.
00:34:48Moi je ne l'ai pas lu par exemple.
00:34:49Il faut arrêter de miter.
00:34:50En tout cas,
00:34:51il y a une petite filiation.
00:34:52Chateaubriand qui était
00:34:53plutôt royaliste
00:34:54même s'il a un petit peu...
00:34:55Pour le coup,
00:34:56je ne connais pas du tout.
00:34:59Royaliste mais...
00:34:59C'est début du 19ème ?
00:35:01Chateaubriand.
00:35:02Oui, je crois que c'est ça.
00:35:03C'est l'époque de Napoléon
00:35:04un peu après.
00:35:05Napoléon, restauration.
00:35:07Et donc plutôt royaliste
00:35:09mais plus libéral des royalistes
00:35:11on va dire.
00:35:12C'était un royaliste.
00:35:13On peut la voir Philippe Ier
00:35:14quoi.
00:35:14Ouais, on peut dire ça comme ça.
00:35:16Donc c'est la petite filiation
00:35:17mais je pense qu'il est plus
00:35:18radical que Chateaubriand.
00:35:19On va voir, on va voir.
00:35:21Qui dit que Voltaire a eu
00:35:23malheureusement le talent
00:35:24de mettre l'incrédulité à la mode.
00:35:27Ok, ça critique les Lumières.
00:35:28On en est là.
00:35:29Oh, le problème en France
00:35:31c'est les Arabes
00:35:31et les idées des Lumières.
00:35:33On en est là.
00:35:33Rien pas ça, Voltaire.
00:35:34Mais ça c'était au 18ème siècle.
00:35:36Depuis, la République
00:35:37a fait bien pire.
00:35:38C'est-à-dire qu'elle a entrepris
00:35:39un travail lent et méthodique
00:35:42de déchristianisation.
00:35:45Le socialisme du Vianney
00:35:46parlait des Lumières
00:35:48qu'on avait éteintes dans le ciel
00:35:49et qui ne se rallumeront plus.
00:35:51Je pense que c'est ça.
00:35:53C'était ça le problème.
00:35:54Et qu'aujourd'hui
00:35:55nous arrivons à l'aboutissement
00:35:57ou à la fin
00:35:57de cette déchristianisation
00:35:59au moment où
00:36:01une autre religion
00:36:02beaucoup plus violente,
00:36:05beaucoup plus belliqueuse,
00:36:06beaucoup plus dogmatique.
00:36:08Je pense que là,
00:36:10il peut être condamné
00:36:11pour avoir dit ça, non ?
00:36:12Parce que là,
00:36:12il ne dit pas
00:36:13l'islam radical
00:36:14ou les frères musulmans
00:36:17ou je ne sais pas,
00:36:18les salafistes
00:36:18ou je ne sais quoi.
00:36:19Il dit vraiment
00:36:19l'islam en tant que religion
00:36:20est violente.
00:36:21Et dans une interview
00:36:23au Figaro,
00:36:24il a sûrement déjà dit
00:36:25mais que l'islam
00:36:26n'est pas compatible
00:36:27avec la République.
00:36:28Il dit des choses
00:36:28comme ça.
00:36:30Il dit des choses
00:36:30hyper hardcore.
00:36:31Il dit en gros
00:36:33la prochaine présidentielle
00:36:34se jouera entre
00:36:34une opposition
00:36:34entre le parti de la France
00:36:35qui reposera
00:36:36sur son identité chrétienne
00:36:38face au parti de l'étranger.
00:36:40OK.
00:36:40Le parti de l'étranger,
00:36:41c'est Charles Maurras
00:36:42qui disait ça
00:36:42justement typiquement.
00:36:43OK.
00:36:44Oui, là on tombe les masques.
00:36:45OK, là on tombe les masques.
00:36:47Effectivement.
00:36:47On va regarder la fin
00:36:48mais il y a beaucoup
00:36:48de choses à dire là-dessus.
00:36:50Et encore une fois,
00:36:50c'est vraiment précisément
00:36:51le discours historique
00:36:52de l'extrême droite française,
00:36:54y compris l'extrême droite
00:36:54des années 30,
00:36:55y compris l'extrême droite
00:36:56collaborationniste,
00:36:57y compris l'extrême droite
00:36:57antique des réfusards
00:36:58et l'extrême droite
00:37:00anti-républicaine.
00:37:01Voilà.
00:37:01Les camelots du roi,
00:37:02parti royaliste,
00:37:03là vous ne sais pas quoi,
00:37:04en 1899,
00:37:05elle a écrit une chanson
00:37:05qui s'appelait
00:37:06« Abba la République,
00:37:07vive le roi »
00:37:08et la République,
00:37:08il l'appelait la gueuse.
00:37:11Et donc là,
00:37:11ce discours anti-républicain,
00:37:12il a deux doigts
00:37:13d'appeler la République
00:37:13la gueuse
00:37:14comme un camelot du roi.
00:37:15Mais en big 2025,
00:37:17c'est quand même,
00:37:17c'est fou.
00:37:18Et que ça passe comme ça
00:37:19et qu'on lui déroule
00:37:20le tapis rouge
00:37:20et que Darius Rochemer
00:37:21ne le coupe pas
00:37:22pour lui dire
00:37:27quelqu'un de gauche
00:37:28vient par exemple
00:37:29défendre la taxe Zuckmann,
00:37:30il est coupé tout de suite
00:37:30en disant
00:37:31« Mais ça va pas,
00:37:31non, Bolchevique ? »
00:37:32Oui, voilà, c'est ça.
00:37:33Ah oui, c'est de votre point de vue.
00:37:35Pourquoi pas, pourquoi pas ?
00:37:36Après bon,
00:37:37il a déjà tenté
00:37:38de réhabiliter Pétain
00:37:38à un moment donné,
00:37:39il n'en est pas à son coup
00:37:39de sé, Zemmour.
00:37:40Mais c'était plus diffus
00:37:41quand réhabiliter Pétain
00:37:42s'était moins identifié
00:37:43comme étant le discours
00:37:44archi-classique
00:37:45de l'extrême droite
00:37:45historique en France.
00:37:47Beaucoup plus intolérante
00:37:49vient se répandre en France
00:37:51et...
00:37:52Je suis obligé de remettre de pause,
00:37:53il entend dire
00:37:53« Oh, l'islam, c'est intolérant ! »
00:37:55Zemmour trouve que l'islam
00:37:56est intolérant
00:37:56alors que Zemmour est vraiment
00:37:58l'intolérance à l'islam incarnée.
00:38:00Donc c'est l'hôpital
00:38:01qui se fout de la charité.
00:38:02Petit à petit,
00:38:03se substituer à cette religion dominante
00:38:05pour devenir la religion dominante,
00:38:06je veux parler évidemment de l'islam.
00:38:08Je cite une phrase...
00:38:09Ok, d'accord.
00:38:10En vrai, il faut un ring
00:38:11cet extrait-là,
00:38:11en vrai, ça pourrait prendre
00:38:12une heure à le détricoter
00:38:12tellement il y a tout dedans.
00:38:14Il y a la République
00:38:16contre la France,
00:38:17la France est chrétienne
00:38:19par essence
00:38:19et l'islam menace
00:38:21de détruire la civilisation.
00:38:23En fait, il y a déjà un peu tout
00:38:23parce qu'on a même besoin
00:38:24des autres extraits que ça.
00:38:26Mais selon toi,
00:38:27il s'inscrit dans quelle lignée
00:38:28de l'extrême droite ?
00:38:29Parce que là,
00:38:30clairement,
00:38:30il y a une radicalisation
00:38:31de son discours.
00:38:33C'est un discours belliqueux,
00:38:35très clairement,
00:38:36anti-républicain,
00:38:37anti-laïque aussi.
00:38:38Je pense qu'on peut le dire.
00:38:40Comment tu le traduirais ?
00:38:41Moi, je trouve que ça fait
00:38:42un petit peu penser
00:38:42à l'Action française,
00:38:44par exemple.
00:38:44L'Action française,
00:38:45c'était une revue
00:38:45qui a été créée
00:38:45par ce fameux Charles Maurras.
00:38:47Et je sais, par exemple,
00:38:48qu'Éric Zemmour,
00:38:49il se réclame de Bainville.
00:38:51Jacques Bainville,
00:38:51qui est un historien
00:38:52de droite nationaliste
00:38:53de cette époque-là,
00:38:54qui écrivait pour l'Action française
00:38:55qui était ami
00:38:56avec Charles Maurras.
00:38:57Et donc, Jacques Bainville,
00:38:58c'est un historien
00:38:59qui est maintenant
00:38:59extrêmement décrié
00:39:00par ses pères
00:39:00comme étant pas vraiment
00:39:02un historien,
00:39:02mais plutôt un écrivain
00:39:04de roman national.
00:39:05Et Zemmour,
00:39:06déjà en 2022,
00:39:07en 2021 même,
00:39:08juste avant de se lancer,
00:39:09disait,
00:39:09moi, je suis comme Jacques Bainville,
00:39:10je constate que la France
00:39:11va mal et tout ça,
00:39:12c'est un peu à cause
00:39:13de la République
00:39:13et de l'ennemi
00:39:14de l'intérieur
00:39:15et de l'extérieur.
00:39:16Ennemi de l'intérieur
00:39:16et de l'extérieur,
00:39:17encore une fois,
00:39:17c'est la théorie
00:39:19de Charles Maurras,
00:39:20toujours lui,
00:39:21qui disait,
00:39:22en gros,
00:39:22l'ennemi intérieur,
00:39:22c'est les Juifs,
00:39:23l'ennemi extérieur,
00:39:24c'est l'Allemagne.
00:39:24Sachant que Charles Maurras,
00:39:25au final,
00:39:25à un moment donné,
00:39:26il a dû choisir
00:39:26entre l'Allemagne
00:39:27et les Juifs.
00:39:28Il se disait,
00:39:28bon, Hitler,
00:39:29j'aime pas trop
00:39:29parce que c'est l'Allemagne
00:39:30ennemi éternel de la France,
00:39:31mais quand même,
00:39:32j'aime bien son discours
00:39:43et avant ça,
00:39:43il y a eu même
00:39:44d'autres trucs
00:39:45un petit peu avant
00:39:45la période collaborationniste
00:39:46comme par exemple
00:39:47Barès qui a été cité,
00:39:48on le regardera juste après,
00:39:50on n'a pas l'extrême,
00:39:50c'est pas grave,
00:39:51Barès qui a été cité
00:39:51par une sénatrice
00:39:52Les Républicains
00:39:53au Sénat il n'y a pas longtemps,
00:39:54eux, c'était vraiment
00:39:55plus la droite
00:39:55anti-Dreyfusarde
00:39:56à l'époque,
00:39:57antisémite.
00:39:58Barès,
00:39:59qui est du coup
00:39:59une des références
00:40:00aussi assumées par Zemmour
00:40:01qui a quand même dit
00:40:02Dreyfus est un traître,
00:40:03je peux les déduire
00:40:03de sa race.
00:40:04Voilà.
00:40:05Donc on parle
00:40:05de cette extrême droite-là
00:40:06qui est en final
00:40:07la droite nationaliste
00:40:09à l'ancienne quoi.
00:40:11Et donc du coup
00:40:11un Charles Maurras
00:40:12qui est un bon exemple de ça,
00:40:12effectivement il était
00:40:13anti-républicain
00:40:14et il était royaliste
00:40:16et il considérait
00:40:16que la France
00:40:17était chrétienne
00:40:18par essence finalement
00:40:19et que la déchristianisation
00:40:21c'était la mort de la France.
00:40:23Donc lui il ne parlait pas
00:40:23de l'islam,
00:40:24ce n'était pas
00:40:24l'envahisseur musulman,
00:40:26c'était plus l'envahisseur
00:40:27de l'intérieur juif.
00:40:28Mais en vérité,
00:40:29sinon ça s'inscrit
00:40:29tout à fait dans cette pensée-là,
00:40:32dans le roman national
00:40:33à la Jacques-Bainville
00:40:33dont il se réclame,
00:40:34à la pensée de Charles Maurras,
00:40:36grand théoricien
00:40:36du nationalisme intégral,
00:40:37etc.
00:40:38Et même qu'on remonte avant
00:40:40à la droite anti-républicaine
00:40:41et anti-réfusard
00:40:43déjà du 19e siècle.
00:40:44Donc franchement tu prends,
00:40:45sauf que l'extrême droite moderne
00:40:46a commencé plus
00:40:46à la fin du 19e siècle,
00:40:47mais sinon tu prends
00:40:48toute la tradition
00:40:48anti-républicaine
00:40:49de 1789
00:40:51jusqu'à la vieille,
00:40:52jusqu'à on va dire
00:40:53l'extrême droite collaborationniste,
00:40:56ce qu'il dit
00:40:56s'inscrit dans toute
00:40:57cette tradition-là en fait,
00:40:58dans 150 ans
00:40:59de tradition
00:40:59d'extrême droite française.
00:41:02Même si on n'appelait pas ça
00:41:03c'est quand même extrêmement inquiétant,
00:41:05sachant qu'il a assumé ça
00:41:06en 2025,
00:41:07on se disait
00:41:07mais est-ce que déjà,
00:41:08pendant souvent on se disait
00:41:09le RN a un problème,
00:41:10c'est qu'ils ne peuvent pas
00:41:11assumer l'héritage
00:41:11de Jean-Marie Le Pen
00:41:12par rapport à l'antisémitisme.
00:41:13On a l'impression
00:41:14que ce verrou a sauté
00:41:14avec la mort de Jean-Marie Le Pen
00:41:16et avec tout un tas d'événements
00:41:17et là on est en train
00:41:18de se dire
00:41:18est-ce que le verrou
00:41:19de la filiation
00:41:19avec l'extrême droite
00:41:21antisémite et collaborationniste
00:41:22va finir par sauter aussi ?
00:41:24J'ai l'impression en tout cas
00:41:25que c'est ce à quoi
00:41:26Zemmour est en train
00:41:27de s'atteler
00:41:27avec la sortie de ce bouquin.
00:41:28Oui, complètement.
00:41:29C'est exactement ça.
00:41:30Je vais pas avoir bien résumé
00:41:31ce sujet que je connais
00:41:32en surface
00:41:32mais que je connais quand même un peu.
00:41:33Oui, et puis comme tu dis
00:41:35tous les verroussottes
00:41:36et puis même de là
00:41:36à faire des liens
00:41:37même parfois
00:41:38avec les royalistes aussi
00:41:39au-delà par exemple
00:41:40j'ai vu dans l'interview
00:41:41du Figaro
00:41:41où il cite Clermont-Tonnerre
00:41:43donc issu d'une grande famille
00:41:46de la noblesse
00:41:48et il cite un de ses discours
00:41:49en 1789
00:41:49où il dit
00:41:51je donne tout aux juifs
00:41:52en tant qu'individus
00:41:53et rien aux juifs
00:41:53en tant que nation.
00:41:55et il dit
00:41:55on me dit
00:41:56qu'ils ne veulent pas être citoyens
00:41:58donc il parle des juifs
00:41:58dans ce cas
00:41:59qu'on les bannisse
00:42:00et Zemmour
00:42:02dit en gros
00:42:02dans ce cas
00:42:04dans le langage moderne
00:42:05qu'on les bannisse
00:42:05se dit remigration
00:42:06et là aussi
00:42:08Reconquête est le seul parti
00:42:09à s'inscrire dans les pas de...
00:42:10Donc en fait
00:42:11il y a là aussi
00:42:12une volonté
00:42:13de s'inscrire
00:42:14dans ces pas-là
00:42:17avec un discours
00:42:20il reprend des discours
00:42:21très clairement racistes
00:42:23on parle de remigration
00:42:25il reprend un discours
00:42:26qui s'adresse aux juifs
00:42:27en disant qu'on les bannisse
00:42:28il dit je m'inscris là-dedans
00:42:29sauf qu'en plus il dit
00:42:31ce n'est pas...
00:42:32alors il veut l'appliquer à l'islam
00:42:33il dit ce n'est pas une discrimination
00:42:34envers l'islam
00:42:34mais au contraire
00:42:35une loi d'égalité
00:42:35avec les autres confessions
00:42:36en gros qu'on bannisse
00:42:37tous les gens
00:42:37qui se considèrent précis
00:42:38ça il l'avait déjà dit
00:42:39j'avais regardé son interview
00:42:40chez Fogiel
00:42:41c'était sur RTL
00:42:42je crois que je ne me souviens plus
00:42:42c'est RTL, Fogiel
00:42:43où il disait ça
00:42:44dans son bouquin
00:42:45justement sur la rechristianisation
00:42:46qu'il a sorti
00:42:47il commence en disant
00:42:47moi je suis juif
00:42:49je viens d'une famille
00:42:50où on avait devoir de discrétion
00:42:51par rapport à la République
00:42:52donc en gros il défend
00:42:53le modèle assimilationniste français
00:42:54y compris par rapport aux juifs
00:42:56sachant que quand on regarde
00:42:56le traitement de la République
00:42:58par rapport aux juifs
00:42:58déjà c'est un truc
00:42:59extrêmement complexe
00:43:00parce qu'il y a l'appréciation
00:43:01de la nation française
00:43:02vis-à-vis des juifs
00:43:03sachant qu'il y a le nationalisme
00:43:04qui vient rentrer là-dedans
00:43:04et l'appréciation de la République française
00:43:06et son universalisme
00:43:07par les juifs français
00:43:08à la fois des juifs
00:43:09qui étaient très très républicains
00:43:10parce que le fameux
00:43:11universalisme républicain
00:43:12au sens noble
00:43:13leur permettait d'accéder
00:43:14à des hautes fonctions d'état
00:43:16et de réfus
00:43:16en était l'illustration
00:43:17ça a fini par se retourner contre lui
00:43:18et donc il y a à la fois ça
00:43:20qui a un certain affect
00:43:22on va dire
00:43:22du côté
00:43:23historiquement
00:43:24chez les juifs français
00:43:24et tu as aussi
00:43:25à un moment donné
00:43:25si la nation française
00:43:26et là je ne parle pas de la République
00:43:28parce que c'était plus
00:43:28au moment de Napoléon
00:43:30tout ça
00:43:32la nation française a dit
00:43:33elle est juif
00:43:33vous pouvez être intégré
00:43:34à la nation française
00:43:34mais par contre
00:43:35pas en tant que juif
00:43:36finalement
00:43:36soyez pas trop trop juif
00:43:37soyez discret
00:43:39assimilez-vous
00:43:39comme des chrétiens
00:43:40finalement
00:43:42et c'est un petit peu
00:43:43ce que défend Zemmour
00:43:44Zemmour qui en plus
00:43:45est juif
00:43:45et juif algérien
00:43:46en plus
00:43:46il y a d'autres spécificités
00:43:47par rapport
00:43:48au rapport à la nation française
00:43:49le décret crémieux
00:43:50on ne va pas refaire toute l'histoire
00:43:51j'ai un replay justement
00:43:52sur Zemmour
00:43:53vous pouvez aller le voir
00:43:53sur ma chaîne de VOD
00:43:54où je parle de ça
00:43:55plus en longueur
00:43:55c'est des sujets
00:43:56qui sont très très complexes
00:43:57mais en tout cas
00:43:57il défend ce modèle assimilationniste
00:44:00qui effectivement
00:44:00Napoléon lui-même
00:44:01a appliqué aux juifs
00:44:02dans un moment antisémite
00:44:03en réalité
00:44:04et lui il dit
00:44:04il faudrait faire pareil
00:44:05avec les musulmans
00:44:06parce que les musulmans
00:44:07ont le droit d'être en France
00:44:08mais à condition
00:44:08qu'ils ne soient pas musulmans
00:44:09finalement
00:44:10ou qu'ils le soient
00:44:10uniquement chez eux
00:44:11et que personne ne le sache
00:44:13ce qui est une logique raciste
00:44:14et c'est l'aspect raciste
00:44:17du modèle assimilationniste français
00:44:19qui ressort
00:44:19à travers cette irade de Zemmour
00:44:21voilà quoi
00:44:21donc franchement
00:44:22c'est des références
00:44:22à Charles Maurras
00:44:24et Napoléon
00:44:25on est où là ?
00:44:26Qu'est-ce qui se passe ?
00:44:27Et tout ça pour attaquer
00:44:29notre socle républicain
00:44:30mais aussi
00:44:30l'universalisme
00:44:31on en a parlé
00:44:32et la laïcité
00:44:33parce que d'ailleurs
00:44:34il en parle aussi régulièrement
00:44:35dans ses interventions
00:44:36il dit
00:44:37en gros
00:44:37la république
00:44:38a rendu
00:44:40la religion catholique
00:44:41enfin a transformé
00:44:42la religion catholique
00:44:42comme une religion
00:44:43de la sphère privée
00:44:44donc lui il veut la ramener
00:44:45sur la sphère publique
00:44:46voire presque
00:44:46que ce soit la religion d'état
00:44:47en fait
00:44:47c'est un peu ce qui est dit
00:44:49et c'est par rapport
00:44:50à ce que tu disais
00:44:50sur le fait que
00:44:51en gros
00:44:52juifs musulmans
00:44:53presque soyez des catholiques
00:44:54comme les autres
00:44:54c'est vraiment ça
00:44:57historiquement
00:44:58hélas
00:44:58ce qui a été fait
00:44:59aux juifs de France
00:45:00pendant près d'un siècle
00:45:01c'était pour des raisons
00:45:02de l'antisémitisme
00:45:02l'antisémitisme
00:45:03au 19ème siècle
00:45:04c'était un sujet de zinzin
00:45:05l'Europe c'est 1000 ans
00:45:06d'antijudaïsme chrétien
00:45:07qui a après été racialisé
00:45:09au moment du 19ème siècle
00:45:09au moment des théories racistes
00:45:10c'est là que l'antijudaïsme
00:45:12s'est transformé en antisémitisme
00:45:13on considère que c'était
00:45:13la race sémite
00:45:15d'où la citation de Barès
00:45:16dont je parlais tout à l'heure
00:45:17que Dreyfus est un traître
00:45:18je peux les déduire de sa race
00:45:19enfin quand on regarde
00:45:24c'est pour des très mauvaises raisons
00:45:26qu'on a dû effacer
00:45:27la judaïté des juifs français
00:45:29pour les assimiler à la nation
00:45:30c'est pour des très mauvaises raisons
00:45:31c'est pour des raisons
00:45:32d'antisémitisme
00:45:33et donc effectivement
00:45:34il s'inscrit dans cette tradition là
00:45:35Zemmour là
00:45:36Zemmour c'est un peu contre-intuitif
00:45:37parce que lui-même est juif
00:45:38mais en final pas tant que ça
00:45:39quand on détricote
00:45:39peu importe
00:45:40mais il est en mode
00:45:40il faut faire pareil pour les musulmans
00:45:42donc de la même manière
00:45:43qu'il y avait un antisémitisme
00:45:44rampant au 19ème siècle
00:45:45ben là il faut une islamophobie
00:45:47tout aussi forte et structurante
00:45:50et donc du coup
00:45:51là où il arrive à transformer ça
00:45:54il faut oppresser les minorités
00:45:55il dit non
00:45:56la France est chrétienne
00:45:57et c'est là que le discours
00:45:58arrive à s'articuler finalement
00:45:59arrive à avoir une cohérence
00:46:00et à passer
00:46:01sans passer
00:46:03pour un discours de nazi
00:46:04c'est ça
00:46:04c'est presque
00:46:06il y a en tout cas
00:46:07il essaie de montrer ça
00:46:07comme un espèce de discours
00:46:08de retour aux sources
00:46:09exactement
00:46:10oui c'est plus policé
00:46:11et donc on lui déroule
00:46:12le tapis rouge
00:46:13et on voit les présentateurs
00:46:14qui se disent
00:46:15oh tiens
00:46:15très bon débat intellectuel
00:46:17non c'est pas un débat intellectuel
00:46:18là on est sur
00:46:19on est sur une insulte à la république
00:46:20oui alors
00:46:21ça peut être un débat intellectuel
00:46:22mais quand c'est un homme politique
00:46:23comme lui qui le fait
00:46:25là on n'est pas dans l'ordre du débat
00:46:26on est dans l'ordre du militantisme
00:46:28de la propagande presque
00:46:29on pourrait dire
00:46:29au sens propre
00:46:30au sens noble
00:46:30donc ouais
00:46:31cet extrait
00:46:31c'est toi qui l'avais choisi
00:46:32apparemment il résume très très bien
00:46:33parce que là il fait vraiment
00:46:34le lien entre
00:46:36re-christianisation
00:46:37islam
00:46:39nationalisme
00:46:40civilisation
00:46:40etc
00:46:41donc on va le regarder
00:46:42et après on aura encore
00:46:43peut-être un dernier extrait
00:46:44mais même pas sûr
00:46:46voilà
00:46:46attention trigger warning
00:46:47discours violent
00:46:48et profondément anti-républicain
00:46:49là pour le coup
00:46:50là on est hors de l'arc républicain
00:46:52attention vous pénétrez
00:46:53hors de l'arc républicain
00:46:55républicain du tchat
00:46:56trigger warning
00:46:57mais quand vous dites islamisation
00:46:58vous désignez qui
00:46:59ceux qui pratiquent l'islam
00:47:01c'est très simple
00:47:02alors je réponds juste
00:47:03à un commentaire sur le tchat
00:47:03arrêtez de nourrir les trolls
00:47:04comme Zemmour SVP
00:47:05c'est pas du troll
00:47:06ce qu'il fait la Zemmour
00:47:07il est en train de porter
00:47:07un discours
00:47:08qui au contraire
00:47:09on a devoir de détricoter
00:47:10parce que c'est un discours
00:47:11qui s'inscrit
00:47:11dans une tradition
00:47:12qui a plus d'un siècle
00:47:13en France
00:47:14et détricoter ses arguments
00:47:15comme on le fait
00:47:16pour moi c'est pas
00:47:17nourrir le troll Zemmour
00:47:18je suis pas sûr
00:47:19que l'extrême droite française
00:47:20là soit en train de regarder
00:47:21ce live de l'humain
00:47:22en se disant
00:47:22oh j'avoue
00:47:23j'avais pas pensé à ça
00:47:23merci pour la pub
00:47:24en vrai je suis pas d'accord
00:47:25avec ça
00:47:26au contraire
00:47:27on va dire
00:47:28certains groupes
00:47:29qui vont plus loin
00:47:29non c'est très simple
00:47:32là vous m'embarquez
00:47:33sur l'islam
00:47:34alors qu'on devait parler
00:47:36que le livre
00:47:37c'est sur le christianisme
00:47:37ce n'est pas sur l'islam
00:47:38mais je vais vous répondre
00:47:40c'est un contrepoint
00:47:40vous avez raison
00:47:42que c'est un contrepoint
00:47:43évidemment
00:47:44je ne vais pas cacher
00:47:45derrière mon petit noir
00:47:46parce que vous évoquez
00:47:46parce qu'en fait
00:47:48il y a deux choses
00:47:50il y a
00:47:51un mouvement historique
00:47:52qui date depuis
00:47:53les Lumières
00:47:54à peu près
00:47:55milieu du 18ème siècle
00:47:56qui est un mouvement
00:47:57ample de déchristianisation
00:48:00de la France
00:48:02on pourrait plutôt parler
00:48:03de sécularisation
00:48:04des chrétiens en France
00:48:05mais bon bref
00:48:05on va pas rentrer
00:48:06dans les détails
00:48:08déchristianisation profonde
00:48:08avec
00:48:10des rechutes
00:48:11si j'ose dire
00:48:11c'est à dire
00:48:12qu'il y a des moments
00:48:13au 19ème siècle
00:48:14en particulier
00:48:14où il y a une vague
00:48:16de retour
00:48:17du catholicisme
00:48:18de la foi
00:48:19etc
00:48:20mais globalement
00:48:22jusqu'à aujourd'hui
00:48:23nous avons une vague
00:48:24énorme
00:48:24de déchristianisation
00:48:26Jérôme Fourquet
00:48:27a écrit des choses
00:48:28très intéressantes
00:48:28là-dessus
00:48:29il rappelle que
00:48:29aujourd'hui
00:48:30il y a 40%
00:48:31des gens
00:48:32qui se font incinérer
00:48:32que le prénom Marie
00:48:34ne n'est que
00:48:35de 0,2%
00:48:38des prénoms
00:48:38vous voyez
00:48:38des symboles comme ça
00:48:40il revient tout le temps
00:48:40à ces vieilles marottes
00:48:41Zemmour
00:48:42les prénoms
00:48:42il s'était fait connaître
00:48:44avant même
00:48:44le candidat à la présidentielle
00:48:45un des premiers
00:48:46bad buzz
00:48:46que j'avais suivi
00:48:47de près
00:48:47c'était sur les prénoms
00:48:48et dire
00:48:48je pense qu'il faut
00:48:49des noms du calendrier
00:48:50chrétien
00:48:51il avait dit à quelqu'un
00:48:52vous devriez vous appeler
00:48:53Corinne
00:48:54ça vous dirait très bien
00:48:55voilà
00:48:55Ah ça tout aussi
00:48:57exactement
00:48:57j'avais plus son nom
00:48:59du coup j'avais Corinne
00:49:00qui restait à cause de ce temps
00:49:01en plus
00:49:01là il l'a changé
00:49:03il est parti sur Marie
00:49:04ok ok
00:49:04Marie
00:49:05on évolue encore un petit peu
00:49:07plus
00:49:07si tu es une femme
00:49:08en France
00:49:08tu devrais t'appeler
00:49:09Marie
00:49:09c'est la tradition
00:49:10ou Jeanne
00:49:11à la limite
00:49:11au secours
00:49:12donc cette vague de déchristianisation
00:49:16est le premier élément
00:49:17de notre histoire
00:49:18depuis deux siècles
00:49:19et nous avons un deuxième élément
00:49:21qui est une vague
00:49:22d'islamisation massive
00:49:23portée
00:49:24évidemment
00:49:25par une démographie galopante
00:49:26et avec
00:49:27des lois
00:49:28qui ouvrent l'immigration
00:49:29à tout va
00:49:29ça c'est deux choses
00:49:30moi je dis
00:49:31je parle d'un constat
00:49:33historique
00:49:34c'est le christianisme
00:49:35qui a fait la France
00:49:36c'est l'église
00:49:38qui a fait les rois
00:49:38les rois ont fait la nation
00:49:39la nation a fait la république
00:49:41là on est obligé
00:49:42d'analyser ce qu'il dit
00:49:43alors justement
00:49:43ça tombe bien
00:49:44parce qu'il dit un peu
00:49:45tout le temps le même truc
00:49:45il répèle ses éléments
00:49:46de langage
00:49:46sur ses matinales radio
00:49:48il est là pour ça
00:49:49c'est pour ça qu'il a sorti un livre
00:49:50mais j'avais succès
00:49:50un extrait justement
00:49:51pour cette citation
00:49:52qu'est-ce que ça veut dire
00:49:53que
00:49:54l'église a fait les rois
00:49:56les rois ont fait la nation
00:49:56la nation a fait la république
00:49:58c'est quand même
00:49:59moi c'est pas ça
00:49:59que j'ai appris
00:50:00sur la nation
00:50:01d'où sortait le concept de nation
00:50:02quand je me suis renseigné là-dessus
00:50:03quoi
00:50:03donc c'est
00:50:04c'est encore une fois
00:50:05de déformer le roman national
00:50:08c'est une entreprise
00:50:09complètement malhonnête
00:50:10c'est historiquement faux
00:50:11tout à fait
00:50:13mais ça te surprend
00:50:14toi qui as suivi
00:50:15un petit peu
00:50:16l'évolution
00:50:16en disant du discours
00:50:17d'Eric Zemmour
00:50:18c'est magnétant
00:50:18là-dessus
00:50:20il a toujours eu
00:50:21un discours nationaliste
00:50:22où le concept
00:50:23de nation française
00:50:24était bien plus important
00:50:25que le concept de république
00:50:26donc ça oui
00:50:27il s'inscrit
00:50:28dans le nationalisme français
00:50:28mais c'est plus que là
00:50:29effectivement
00:50:29c'est une histoire
00:50:30de roman national
00:50:30et moi juste
00:50:31je ne comprends pas
00:50:32ce que ça signifie
00:50:33les rois ont fait la nation
00:50:34vraiment je ne comprends pas
00:50:35ce que ça veut dire
00:50:36parce que justement
00:50:36le concept de nation
00:50:38à la base
00:50:38vient pour s'opposer
00:50:39au concept de royauté
00:50:42il y avait le royaume de France
00:50:43où les français
00:50:44étaient les sujets du roi
00:50:45et le roi était directement
00:50:46l'envoyé de Dieu
00:50:47dans la monarchie absolue
00:50:48et je veux dire
00:50:49justement le concept de nation
00:50:50c'est un peu l'inverse de ça
00:50:51les français ne sont plus
00:50:52des sujets du roi
00:50:53ils sont des citoyens
00:50:54de la nation
00:50:54et la nation c'est en gros
00:50:55les français citoyens
00:50:57le peuple souverain
00:50:58qui se compose
00:50:59en tant que nation
00:51:00par opposition au royaume
00:51:01qui est la propriété
00:51:02quasiment du roi
00:51:03donc dire les rois ont fait la nation
00:51:04je ne comprends pas
00:51:05ce que ça veut dire
00:51:06et en fait
00:51:06je me suis un petit peu renseigné
00:51:07j'en avais parlé avec mon chat
00:51:09et justement
00:51:09ils m'ont dit
00:51:09mais ça apparemment
00:51:10c'est le fameux roman national
00:51:11de Jacques Bainville
00:51:12donc le mec de l'action française
00:51:13on y revient
00:51:14qui lui disait
00:51:15non non non
00:51:16justement
00:51:16c'est la royauté
00:51:17qui a défini
00:51:18ce qu'était la France
00:51:19et donc la nation française
00:51:20c'est la France
00:51:21c'est finalement
00:51:21ce pays réel
00:51:22dont on parlait tout à l'heure
00:51:23terme morassien
00:51:24du nationalisme intégral
00:51:25donc au final
00:51:26je n'arrive pas vraiment
00:51:27à saisir ce que ça veut dire
00:51:28d'un point de vue vraiment
00:51:29théorique cette histoire
00:51:29mais il y a un truc
00:51:30que j'ai compris quand même
00:51:31c'est que dire cette phrase
00:51:32l'église a fait les rois
00:51:33les rois a fait la nation
00:51:34et les nations a fait la république
00:51:35c'est premièrement anti-républicain
00:51:36déjà
00:51:36parce que c'est pour dire
00:51:37la république tout ça
00:51:38c'est à la fin
00:51:38bon voilà c'est grâce au roi
00:51:39bizarre
00:51:40et deuxièmement surtout
00:51:41ça s'inscrit dans un roman national
00:51:42d'extrême droite
00:51:43et anti-républicain
00:51:47royaliste
00:51:47ou crypto-royaliste
00:51:48et vraiment
00:51:49où il n'y a pas de séparation
00:51:50de l'église et de l'état
00:51:50où la France
00:51:52est la fille aînée de l'église
00:51:53quand même le rappelait
00:51:54les Charles Maurras et compagnie
00:51:56il y a 100 ans
00:51:57rappel Charles Maurras
00:51:58condamné à la perpétuité
00:51:59à la libération
00:51:59pour collaborationnisme
00:52:00voilà
00:52:01et c'est vrai qu'au bout de la chaîne
00:52:02il y a la république
00:52:03et la volonté c'est de montrer
00:52:04la république comme traître
00:52:05de la nation
00:52:06et de tout ce qui a pu être construit
00:52:08depuis les rois
00:52:09du coup
00:52:09enfin depuis l'église
00:52:11et donc en fait
00:52:13il crée une espèce de lignée
00:52:15comme si
00:52:16voilà
00:52:16c'est beau ce qui a été construit
00:52:18ce qu'on a eu
00:52:19entre les mains
00:52:20en fait à la fin
00:52:20regardez mais la république
00:52:21a tout trahi
00:52:22oui voilà c'est ça
00:52:23et c'est ça aussi
00:52:24le fond de son discours
00:52:27ouais
00:52:27bah c'est
00:52:29il y a plein de trucs
00:52:29à voir là dedans
00:52:30il y a plein de trucs
00:52:31à comprendre
00:52:31mais en tout cas voilà
00:52:33ce qu'on peut comprendre
00:52:33le plus facilement
00:52:34c'est dans quelle tradition
00:52:35historique
00:52:36dans quelle historiographie
00:52:37mais dans quel roman national
00:52:39ça s'inscrit
00:52:40dans quelle tradition politique
00:52:41en France ça s'inscrit
00:52:42et qu'on connait un peu
00:52:43l'histoire de l'extrême droite
00:52:43et la droite nationaliste française
00:52:44et bien là on le voit
00:52:45très très bien
00:52:47effectivement
00:52:47donc sans le christianisme
00:52:49la France n'est plus la France
00:52:50avec une islamisation
00:52:52du pays
00:52:53c'est dur de reprendre
00:52:54je remets plaît
00:52:55et ça parle d'islamisation directe
00:52:56c'est compliqué
00:52:56alors voilà
00:52:57peut-être l'apport théorique
00:52:58de l'intellectuel Zemmour
00:53:00à cette fameuse école de pensée
00:53:02de l'extrême droite
00:53:03nationaliste française
00:53:04c'est probablement l'islamophobie
00:53:06donc là l'ennemi désigné
00:53:07par essence
00:53:08c'est l'envahisseur musulman
00:53:10finalement
00:53:10ça c'est peut-être
00:53:11l'apport théorique
00:53:12à Charles Maurras
00:53:13de Zemmour
00:53:13on en est là
00:53:14on en est là
00:53:15France n'est plus la France
00:53:17ça c'est le premier constat
00:53:18que je fais
00:53:18vous me dites
00:53:19qu'est-ce que c'est
00:53:19que cette islamisation
00:53:20c'est simple
00:53:21l'islam
00:53:22il y a une grande différence
00:53:23encore une fois
00:53:24la classe politique
00:53:25qui ne s'intéresse pas
00:53:26à la religion
00:53:26pense que
00:53:27l'islam
00:53:28c'est le christianisme des arabes
00:53:29selon une expression
00:53:30de Rémi Bragg
00:53:30c'est faux
00:53:31le christianisme repose
00:53:33sur la foi
00:53:34c'est à dire
00:53:35la foi individuelle
00:53:36la foi intérieure
00:53:37le contact spiritualisé
00:53:39et intérieur
00:53:39entre l'homme
00:53:40et la divinité
00:53:41c'est ce qui permet
00:53:42l'émergence
00:53:43de l'individu libre
00:53:44dans l'histoire
00:53:44en revanche
00:53:45l'islam
00:53:46est en cela
00:53:47une religion
00:53:48c'est une vision
00:53:49de l'histoire
00:53:49vraiment
00:53:51partir de considération
00:53:52théologique
00:53:52pour dire
00:53:53c'est grâce au christianisme
00:53:54qu'on a eu le libéralisme
00:53:55finalement
00:53:55c'est une vision de l'histoire
00:53:56très très particulière
00:53:57quand tu t'intéresses
00:53:58un peu à la philosophie
00:53:59aux sciences sociales
00:54:00etc
00:54:00quand tu vois
00:54:01un peu l'émergence
00:54:02du libéralisme philosophique
00:54:03notamment en Angleterre
00:54:05c'est pas l'église catholique française
00:54:07qui a dit
00:54:07grâce à la foi
00:54:08on a du libéralisme
00:54:09c'est une vision
00:54:11très très très particulière
00:54:12de l'histoire
00:54:14qui s'inscrit en faux
00:54:15par rapport à des concepts
00:54:16comme la laïcité
00:54:16et la république
00:54:17et l'universalisme républicain
00:54:19c'est presque comme si
00:54:20on était en train de passer
00:54:21à l'islam est un danger
00:54:22pour la république
00:54:23ce qu'il disait
00:54:23encore il y a deux ans
00:54:24à l'islam est un danger
00:54:27civilisationnel
00:54:27pour le christianisme
00:54:29mais le pays réel français
00:54:30qui est chrétien
00:54:31donc on va un cran au-dessus
00:54:33dans l'islamophobie
00:54:33où là c'est vraiment
00:54:34la guerre civilisation
00:54:35assumée
00:54:35pas juste l'Europe
00:54:36contre les musulmans
00:54:37mais les chrétiens
00:54:38contre les musulmans
00:54:38c'est presque comme si
00:54:39on était passé d'un discours
00:54:40civilisationnel
00:54:41d'un discours carrément religieux
00:54:42ce qui est encore plus réactionnaire
00:54:44finalement
00:54:45tout à fait traditionnel
00:54:46qui est tout comme
00:54:48les autres religions
00:54:49c'est à dire une religion
00:54:50qui repose
00:54:51qui est l'appartenance
00:54:52à un peuple
00:54:53l'appartenance à un peuple
00:54:54immense des musulmans
00:54:55la Oumma
00:54:56et le respect
00:54:58d'un code juridique
00:54:59politique
00:55:00et vous nous expliquez
00:55:01que cette dynamique là
00:55:02n'existe plus
00:55:03dans le christianisme
00:55:04aujourd'hui
00:55:04non
00:55:04vous n'avez pas compris
00:55:06je dis simplement
00:55:08que l'islam est ainsi
00:55:10donc l'islam est incompatible
00:55:11avec la France
00:55:12et avec la république française
00:55:13non mais tu peux pas dire
00:55:14incompatible avec la république
00:55:15alors que tu chies sur la république
00:55:17depuis une semaine
00:55:17sur les plateaux télé
00:55:18c'est genre
00:55:20incompatible avec la France
00:55:21oui là c'est cohérent
00:55:21alors justement
00:55:22au début je lui disais
00:55:23on peut pas lui enlever
00:55:24la cohérence à Zemmour
00:55:25c'est juste que c'est plus ou moins
00:55:26un nazi quoi
00:55:26mais surtout que c'est lui
00:55:28qui est incompatible
00:55:28avec la république
00:55:29bah oui voilà
00:55:30genre là il peut pas dire
00:55:31la France et la république
00:55:32il le dit un peu par habitude
00:55:34c'est par ses réflexes pavloviens
00:55:36de dire la république
00:55:36mais là ça fonctionne pas
00:55:39là il perd sa cohérence
00:55:40quand il dit ça
00:55:40il faut absolument
00:55:41et je réponds à votre question initiale
00:55:44que les musulmans
00:55:45je dis bien les musulmans
00:55:49adaptent la pratique de leur religion
00:55:51et leur religion à la France
00:55:54ce qui n'est pas le cas à vos yeux
00:55:56ce qui n'est pas le cas à mes yeux
00:55:57à part une minorité par exemple
00:55:59de Kabyle
00:56:00qui était là depuis très longtemps
00:56:01et qui eux mettent à distance
00:56:03cet islam
00:56:03qui organise la vie de tous
00:56:05encore une fois
00:56:06je ne tiens pas à modifier l'islam
00:56:08vous comprenez
00:56:08je ne suis pas le luthère de l'islam
00:56:10je veux simplement dire
00:56:11ce que Clermont-Tonnerre
00:56:13en 1789 disait aux juifs
00:56:15parce que les juifs
00:56:16ont eu le même problème
00:56:17on en revient ce qu'on disait tout à l'heure
00:56:19sur le modèle assimilationniste
00:56:20le rapport aux juifs en France
00:56:21au 19ème siècle etc
00:56:23d'abord la religion
00:56:24d'appartenance à un peuple
00:56:25et un code juridique
00:56:27donc je dis exactement
00:56:29ce que Clermont-Tonnerre disait aux juifs
00:56:30rien aux juifs
00:56:32en tant que nation
00:56:33tout en tant qu'individu
00:56:36ok
00:56:37c'est ce que tu sortais tout à l'heure
00:56:39on l'a déjà commenté tout à l'heure
00:56:42le judaïsme
00:56:42comme l'islam
00:56:43c'est pas juste un truc personnel
00:56:44entre toi et ta foi
00:56:46ce qui ouvre au libéralisme philosophique
00:56:49et donc à la modernité
00:56:50mais par essence
00:56:51ces religions
00:56:52c'est trop communautariste finalement
00:56:54donc si vous voulez être des vrais français
00:56:55soyez chrétiens
00:56:56au moins de culture
00:56:58et puis c'est pas toutes les religions
00:56:59c'est en particulier évidemment l'islam
00:57:01parce que
00:57:03parce que les musulmans
00:57:04se considèrent
00:57:06comme membres de la Oumah
00:57:07selon lui
00:57:07donc la communauté des croyants
00:57:09et donc pas de la communauté républicaine
00:57:10et là aussi on en revient
00:57:12pourquoi tu parles de la communauté républicaine
00:57:14ou de la communauté de la nation
00:57:15alors que tu passes ton temps
00:57:16à cracher dessus
00:57:17et à montrer que la république
00:57:18a trahi les rois
00:57:20le christianisme etc
00:57:21il y a une incohérence absolue
00:57:24mais ça a le mérite presque
00:57:25de faire tomber les masques
00:57:27là pour le coup
00:57:28on l'a jamais entendu si radical
00:57:30mais il est radical depuis un certain temps
00:57:31mais là
00:57:32il attaque clairement la république
00:57:33je vois pas c'est quoi l'étape d'après
00:57:35dans la radicalité
00:57:36et le masque qui tombe justement
00:57:37ben appeler au retour du roi
00:57:39mais
00:57:39ouais voilà
00:57:39ça fiche comme étant officiellement royaliste
00:57:42dire je suis royaliste
00:57:43de la maison de Bourbon
00:57:44Louis Vint doit revenir au trône de France
00:57:45c'est ça
00:57:46il est disponible d'ailleurs
00:57:47oui il est disponible
00:57:47il l'a dit il y a pas longtemps
00:57:49je l'ai croisé à France Travail
00:57:50pas le moral
00:57:51c'est tellement antisémite
00:57:52le discours de Zéman
00:57:53bah ouais
00:57:53il est prêt à mettre
00:57:55les juifs dans le même sac que l'islam
00:57:57c'est un islamophobe
00:57:58évidemment on ne l'explique plus
00:57:59il est prêt à mettre les juifs
00:58:00dans le même sac de l'islam
00:58:01si c'est juste pour dire
00:58:02vive la France
00:58:03vive le nationalisme
00:58:04quoi alors c'est
00:58:06là ça rejoint un discours
00:58:06qu'on a assez souvent
00:58:07c'est de dire
00:58:07les racistes et l'extrême droite
00:58:09sont racistes
00:58:10et sont des suprémacistes blancs
00:58:11ou de blancs chrétiens
00:58:12ce qu'on veut
00:58:13il y a cette idée de suprémacisme européen
00:58:14presque que ça soit du suprémacisme blanc
00:58:16ou catholique
00:58:17peu importe
00:58:17et en gros
00:58:18toutes les autres minorités
00:58:19enfin tous les autres peuples
00:58:20toutes les autres cultures
00:58:21sont considérées comme des variables
00:58:22d'ajustement
00:58:23au profit d'un seul et même discours
00:58:25qui est un discours suprémaciste
00:58:26européen finalement
00:58:27et là c'est un peu ça qu'on voit
00:58:28s'il est prêt à jeter le judaïsme
00:58:30sous le bus
00:58:31et à les mettre dans la même case
00:58:32que les musulmans
00:58:32comme étant un peu incompatibles
00:58:33avec la France
00:58:34il est prêt à le faire
00:58:35il est prêt à le faire
00:58:35parce que c'est pas
00:58:37l'antisémitisme
00:58:38ça peut être
00:58:40c'est mouvant
00:58:40mais dans tous les cas
00:58:42il y a un point entre l'islamophobie
00:58:43et l'antisémitisme
00:58:44dans la bouche de l'extrême droite
00:58:45qui fait vraiment semblant
00:58:47de ne plus être antisémite
00:58:48c'est que tout ça
00:58:48n'est que des variables d'ajustement
00:58:50au profit d'un discours
00:58:51nationaliste et suprémaciste
00:58:52et à travers Zemmour
00:58:53il faut lire entre les lignes
00:58:54un petit peu quand même
00:58:55il faut connaître un petit peu
00:58:56l'histoire de l'extrême droite française
00:58:57mais en lisant entre les lignes
00:58:58ça on le voit très bien au final
00:59:00il est prêt à mettre
00:59:03les juifs dans le même sac
00:59:04que les musulmans
00:59:04qui détestent
00:59:05au profit de l'éternelle
00:59:06France blanche et chrétienne
00:59:07par nationalisme finalement
00:59:09et voilà
00:59:10c'est ça
00:59:11et puis
00:59:12je pense que tu as dit
00:59:13le bon mot
00:59:14suprémacisme
00:59:14c'est vraiment ça
00:59:15et d'ailleurs
00:59:15il se revendique aussi
00:59:16notamment de
00:59:17comment dire
00:59:18en tout cas
00:59:19il loue l'action
00:59:19de J.D. Vance
00:59:20aux Etats-Unis
00:59:21en disant
00:59:22en gros
00:59:23il a impulsé
00:59:23une vague catholique
00:59:24et en gros
00:59:26ce qu'il dit
00:59:26c'est
00:59:27les Etats-Unis
00:59:28depuis leur indépendance
00:59:29en 1776
00:59:30si je ne me trompe pas
00:59:31ont toujours influencé
00:59:33en bien ou en mal
00:59:34le continent européen
00:59:36donc forcément
00:59:37la vague à venir
00:59:39c'est cette vague-là
00:59:40cette vague catholique
00:59:42et donc
00:59:44blanche quoi
00:59:44il y a cette question-là
00:59:46le groupe dominant
00:59:47blanc, chrétien, catholique
00:59:49européen de souche
00:59:50parce que derrière
00:59:50la re-christianisation
00:59:52et la remigration
00:59:53les deux concepts de Zemmour
00:59:54c'est évidemment
00:59:55la volonté de rendre
00:59:56la France
00:59:57même pas plus blanche
00:59:58c'est blanche
00:59:58uniquement blanche
01:00:00et quand il se revendique
01:00:02de Vence
01:00:02bah là
01:00:03il assume
01:00:04sans forcément
01:00:05appliquer
01:00:06sans mentionner
01:00:07le mot suprémaciste
01:00:08mais son projet
01:00:09est très clairement
01:00:09suprémaciste
01:00:10oui clairement
01:00:11et là du coup
01:00:11je vais me dire
01:00:12c'est quoi la prochaine étape
01:00:13mais je sais
01:00:13quelle pourrait être
01:00:14la prochaine étape
01:00:14ça serait un discours
01:00:15anti-protestant
01:00:16finalement
01:00:16ah oui
01:00:17je vois pas
01:00:18comment on peut aller
01:00:19tu rigoles
01:00:19mais dans l'interview
01:00:20du Figaro
01:00:20il parle de ça
01:00:21justement
01:00:22il dit que
01:00:23Vatican II
01:00:23a rendu
01:00:25les cathos protestants
01:00:26d'accord
01:00:27ah ouais
01:00:28donc Vatican II
01:00:29c'est cette réforme
01:00:30de modernisation
01:00:31de l'église
01:00:31qu'il y a eu
01:00:31dans les années 60
01:00:32justement ce qu'on appelle
01:00:33les cathos tradis
01:00:33maintenant
01:00:34du coup c'est des gens
01:00:34qui refusent Vatican II
01:00:36ils veulent continuer
01:00:36à faire la messe en latin
01:00:38le rite tridentin romain
01:00:39etc
01:00:39pour ceux que ça intéresse
01:00:40vous connaissez déjà probablement
01:00:41et donc voilà
01:00:42donc lui dire
01:00:43Abba Vatican II
01:00:44parce que c'est déjà
01:00:45la modernité dégénérée
01:00:46c'est un discours
01:00:47qu'on peut entendre
01:00:48parfois
01:00:48dans les milieux
01:00:49catho tradis en tout cas
01:00:50mais là carrément
01:00:50c'est dire
01:00:51il a rendu les catholiques
01:00:52protestants
01:00:53c'est ça
01:00:54parce que trop tolérant
01:00:55moi je connais
01:00:56qu'un seul penseur récent
01:00:57enfin penseur
01:00:58un seul penseur récent
01:00:59qui a vraiment été
01:01:00officiellement anti-protestant
01:01:01et qui est revenu
01:01:02à cette tradition là
01:01:02c'est Alain Soral
01:01:03et Alain Soral
01:01:04il était en mode
01:01:05le problème c'est
01:01:05les juifs et les protestants
01:01:06et l'empire américano-sioniste
01:01:08c'est un complotiste
01:01:09antisémite totalement zinzin
01:01:10mais lui il avait un discours
01:01:11anti-protestant assumé
01:01:12donc est-ce que c'est
01:01:13la prochaine étape pour Zemmour
01:01:14il a déjà un pied dedans
01:01:15l'anti-protestantisme
01:01:17va revenir en France
01:01:18voilà
01:01:19donc peut-être
01:01:19qu'il nous faut
01:01:20notre prochain Henri IV
01:01:21qui nous fera notre prochain
01:01:22Edith Nantes
01:01:22pour réconcilier les français
01:01:23je ne sais pas
01:01:24mais là vu ce retour aux sources
01:01:25qui s'opère côté Zemmour
01:01:27limite c'est des considérations
01:01:28qu'on va commencer à avoir
01:01:29alors le retour du roi
01:01:30ou pas
01:01:31catholique, protestant
01:01:32de nouvelles guerres de religion
01:01:33c'est atroce
01:01:33ça donne envie de crever

Recommandations