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Table ronde sur l'austérité budgétaire avec Sophie Binet (secrétaire générale de la CGT), Michaël Zemmour (économiste), Camille Étienne (militante écologiste) et Lucas Chancel (économiste), au Forum social de la Fête de l'Humanité.
0:00 Introduction
1:56 Table ronde : Sophie Binet, Michaël Zemmour, Camille Étienne et Lucas Chancel
1:11:51 Conclusion
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NewsTranscription
00:00:00Notre premier invité est professeur d'économie à Sciences Po.
00:00:05Je vous demande un accueil super forum social pour Lucas Chancel.
00:00:17Bienvenue au forum social. Ils sont sympas.
00:00:21C'est cool.
00:00:22Notre deuxième invité est enseignant-chercheur en économie.
00:00:27Je vous demande un accueil super forum social pour Michael Zemmour.
00:00:42Bien, bien, bien, bien. C'est bien.
00:00:45Mais ce n'est pas fini. Il y a encore des sièges vides.
00:00:49Notre prochain invité est activiste pour le climat.
00:00:53Un accueil super forum social, s'il vous plaît,
00:00:55pour Camille Etienne.
00:01:04Bienvenue au forum social.
00:01:07Et je vous demande évidemment
00:01:10l'accueil super forum social
00:01:12pour la secrétaire générale de la CGT,
00:01:15Sophie Binet.
00:01:26Et bien évidemment, il ne peut y avoir de débat
00:01:31sans un animateur pour ce débat.
00:01:33C'est impossible. On est bien d'accord, Stéphane.
00:01:35Donc nous accueillons tout de suite notre camarade journaliste de l'humanité
00:01:39et on lui fait l'accueil super forum social.
00:01:43Un accueil pour Stéphane Guérard, s'il vous plaît.
00:01:51Merci, Olivier.
00:01:52Avec plaisir, Stéphane. A toi de jouer.
00:01:54Eh bien, on va jouer, on va jouer.
00:01:56Je vais être joueur direct parce que je sens
00:01:58que vous êtes chaud.
00:02:01Et je vais vous dire quelque chose.
00:02:04Il n'y a pas d'alternative.
00:02:06Il n'y a pas d'alternative à la rigueur budgétaire.
00:02:09Et vous devez payer la dette et les déficits.
00:02:16Bon, alors posez ça.
00:02:18On a invité justement
00:02:21les quatre meilleurs
00:02:23contre-attaquants
00:02:24à cette idéologie.
00:02:28On va leur poser des questions.
00:02:30Leur mission, c'est de vous donner
00:02:32le maximum de billes
00:02:33en une heure et quart
00:02:34pour que vous partiez gonflés à bloc
00:02:37pour vous mobiliser le 18
00:02:39contre l'austérité budgétaire
00:02:41et notre nouveau ministre,
00:02:44Premier ministre Lecornu.
00:02:47Alors,
00:02:48ils ont accepté la mission.
00:02:51Alors, je vais leur poser la question.
00:02:54La dernière actualité en date,
00:02:56vous l'avez entendu,
00:02:58c'est l'agence de notation Fitch
00:03:00qui a baissé la note financière
00:03:04de la France
00:03:05en disant que, bon,
00:03:08elle n'était pas bien solvable
00:03:10et que, de toute façon,
00:03:11elle n'avait pas le choix.
00:03:12Il faudrait mettre un gouvernement en place
00:03:15qui puisse faire les réformes
00:03:18que cette agence de notation attend
00:03:21pour qu'on paye les créanciers
00:03:23de la France.
00:03:25Donc, la messe est dite, les amis.
00:03:28Est-ce que vous pensez
00:03:29que plus rien n'est possible ?
00:03:31On va commencer par Lucas Chancel
00:03:33qui est économiste
00:03:35et qui bataille contre les inégalités
00:03:37avec ses collègues Thomas Piketty
00:03:39et Gabriel Zuckman.
00:03:42Est-ce que la partie est dite ?
00:03:47Est-ce que Fitch a raison
00:03:49et que, de toute façon,
00:03:50il n'y a pas d'alternative ?
00:03:51Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
00:03:52Merci Stéphane.
00:03:54Bonjour à toutes et tous.
00:03:55Merci d'être là.
00:03:59Alors, bien sûr qu'il y a des alternatives
00:04:01et pour comprendre
00:04:02quelles alternatives on a,
00:04:04il faut parler du constat.
00:04:07Et en fait, le constat n'est pas
00:04:09le même au gouvernement
00:04:12et celui qu'on peut avoir
00:04:14quand on regarde la situation
00:04:15de manière un peu objective.
00:04:18En réalité, depuis 2017,
00:04:21il y a eu un déficit
00:04:23des finances publiques supplémentaires
00:04:25de 2,5 points de PIB.
00:04:27C'est environ 70 milliards d'euros
00:04:29de déficit en plus.
00:04:32Mais sur la même période,
00:04:34il y a des recettes fiscales en moins
00:04:36de 2,5% du PIB.
00:04:39Environ 70 milliards d'euros
00:04:41de recettes fiscales en moins.
00:04:43Donc, voilà.
00:04:44On peut commencer sur ce constat de base
00:04:47qui est que le déficit supplémentaire
00:04:49est lié entièrement à une baisse des recettes.
00:04:53Et ça, ça me semble être très important
00:04:55dès qu'on va commencer à penser
00:04:57aux solutions pour sortir
00:04:59pour sortir de cette crise budgétaire.
00:05:03Alors, pour moi, il n'y a pas de crise de la dette.
00:05:05Il y a des enjeux budgétaires.
00:05:06On peut peut-être même parler de crise budgétaire,
00:05:08mais il n'y a pas de crise de la dette.
00:05:10On n'est pas dans une situation
00:05:11comme l'était la Grèce dans les années 2010,
00:05:15ni même l'Italie ou l'Espagne.
00:05:17On est dans une situation qui est sérieuse.
00:05:19Je pense qu'il faut maîtriser les déficits.
00:05:22Mais pour le faire, il y a plusieurs options possibles.
00:05:26Et la proposition qui était faite
00:05:28par le gouvernement d'Emmanuel Macron,
00:05:31les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron,
00:05:33c'était de dire
00:05:34« Notre politique économique va essentiellement se résumer
00:05:37à baisser les impôts des plus riches
00:05:40pour que ça ruisselle,
00:05:41que ça crée de l'emploi,
00:05:43que ça crée de la croissance
00:05:45et qu'on assainisse les comptes publics de cette manière. »
00:05:48Le bilan, c'est quoi ?
00:05:49C'est qu'on a réduit les impôts,
00:05:53essentiellement, en tout cas de manière disproportionnée
00:05:55sur les plus riches,
00:05:56qui sont les premiers bénéficiaires de ces baisses d'impôts.
00:05:58Est-ce que ça a ruisselé ? Non.
00:06:01D'ailleurs, si on regarde ce qui se passe depuis 40 ans en France,
00:06:04mais aussi dans le reste du monde,
00:06:06qu'est-ce qu'on voit ?
00:06:07On voit que le ruissellement, ça ne marche pas.
00:06:10En tout cas, si ça marche, ça marche vers le haut.
00:06:12Ça ruisselle vers le haut.
00:06:14Depuis 2010 en France,
00:06:16les 500 plus grandes fortunes
00:06:18ont vu leur patrimoine passer de 200 milliards
00:06:22à 1 200 milliards.
00:06:24De 6% du PIB à 42% du PIB.
00:06:28Et donc, les discours consistant à dire
00:06:32« Eh bien, pour résorber ce déficit,
00:06:36il faut couper dans les dépenses publiques.
00:06:38Il faut aller taxer les personnes qui sont malades
00:06:41en demandant une hausse de la franchise sur les médicaments.
00:06:46On va aller fonctionner chez les personnes handicapées.
00:06:50On va aller taper les travailleurs
00:06:53avec les 2 jours fériés qui ne seraient pas payés.
00:06:57Tout ça en évacuant le constat de base
00:07:01qui est qu'on a 70 milliards de recettes en moins,
00:07:04ça semble assez absurde.
00:07:06Et donc, la solution, c'est évidemment
00:07:07de retrouver ces recettes perdues
00:07:10et de réinvestir dans des pans de l'économie
00:07:13qui ont été complètement sous-estimés
00:07:15depuis 8 ans,
00:07:17mais aussi plus largement depuis une vingtaine d'années,
00:07:20l'éducation, la santé,
00:07:22mais aussi les infrastructures,
00:07:24et notamment la transition écologique.
00:07:26Et en faisant ça,
00:07:27on aura un réel projet macroéconomique pour la France
00:07:30qui permettra en partie de combler ces déficits
00:07:36et surtout de créer de l'emploi
00:07:38et surtout de créer un projet de société
00:07:41qui est clair
00:07:42et qui nous permet de nous projeter dans l'avenir.
00:07:46Merci.
00:07:47Il y a plein de tiroirs que vous avez donnés,
00:07:52donc on va revenir sur ces questions-là.
00:07:54Mais je reviens à mon histoire de Fitch.
00:07:57Michael Zemmour,
00:07:58vous qui avez bataillé,
00:08:01et je suppose que tout le monde ici
00:08:05se souvient de la bataille que vous avez menée
00:08:07pendant la réforme des retraites de 2023
00:08:11sur les plateaux télé
00:08:13à casser tous les arguments de Borne et compagnie,
00:08:18quand même,
00:08:18la protection sociale,
00:08:20ça coûte un pognon de dingue.
00:08:23Est-ce qu'il ne faut pas un peu
00:08:24rogner là-dedans
00:08:25pour donner des sous
00:08:28à nos services publics, par exemple ?
00:08:32Bonjour à toutes et tous.
00:08:33Merci de la question.
00:08:39Le point commun
00:08:40entre la situation
00:08:42qu'on vit actuellement,
00:08:43il y a effectivement
00:08:45une situation budgétaire difficile,
00:08:47une situation politique difficile
00:08:48et peut-être la situation
00:08:50de la réforme des retraites,
00:08:52c'est que les défis auxquels on fait face,
00:08:54ce n'est pas simplement
00:08:55d'additionner des chiffres,
00:08:56c'est aussi de trouver
00:08:58une politique sociale,
00:08:59une politique économique
00:09:01qui reçoive du soutien,
00:09:03qui constitue un projet collectif
00:09:05dans lequel on puisse se reconnaître.
00:09:08Et ce qui était frappant
00:09:09avec la réforme des retraites,
00:09:10mais c'est aussi frappant
00:09:11avec le projet de Bûgeret
00:09:13du précédent Premier ministre,
00:09:15c'est que c'est une politique
00:09:16qu'on connaît
00:09:17mais qui n'avait plus de soutien,
00:09:18qui avait l'opinion publique,
00:09:20la majorité du Parlement,
00:09:21les organisations syndicales
00:09:23contre lui.
00:09:24Et sur le budget,
00:09:25c'est la même histoire.
00:09:26Et donc, moi,
00:09:27je suis d'accord
00:09:28avec ce que vient de dire Lucas,
00:09:29la situation économique,
00:09:31elle n'est pas très bonne.
00:09:32Les marges de manœuvre
00:09:33qu'on avait,
00:09:34elles ont été en partie
00:09:35grillées par les baisses d'impôts.
00:09:37Il y a un déficit à réduire,
00:09:38mais en même temps,
00:09:39on a des défis à relever.
00:09:41Le défi d'avoir
00:09:43une école qui tient
00:09:44sur ses deux jambes
00:09:45et dans laquelle on a confiance,
00:09:47et dans laquelle
00:09:47les enseignants,
00:09:48candidates pour y enseigner,
00:09:50par exemple,
00:09:52d'engager tout de suite
00:09:53la transition écologique.
00:09:54et effectivement,
00:09:55on a des questions
00:09:56sur le système
00:09:57de protection sociale.
00:09:59Et là encore,
00:10:00on pourrait parler
00:10:01des retraites,
00:10:01mais c'est vrai aussi
00:10:02pour la santé.
00:10:03Tout n'est pas possible,
00:10:04évidemment,
00:10:05mais fondamentalement,
00:10:06il y a des questions
00:10:07de choix politiques.
00:10:09Est-ce que,
00:10:09pour les retraites,
00:10:10on choisit de cotiser
00:10:11un peu plus
00:10:12les employeurs
00:10:13et les salariés
00:10:13pour maintenir
00:10:14un âge légal
00:10:15de départ de la retraite
00:10:16à 62,
00:10:1760 ans,
00:10:18dit la CGT ?
00:10:19Moi, je pense que 62,
00:10:20c'est la prochaine marche
00:10:21la plus atteignable,
00:10:22en tout cas.
00:10:23Donc, est-ce qu'on choisit
00:10:24collectivement de faire ça ?
00:10:25Pour la protection sociale,
00:10:27est-ce qu'on dérembourse
00:10:29la prise en charge
00:10:30des soins
00:10:30en disant à chacune
00:10:31et à chacun
00:10:32que si tu as les moyens,
00:10:33tu iras payer
00:10:34de ta poche
00:10:35une assurance privée,
00:10:37souvent plus chère,
00:10:38toujours plus inégalitaire ?
00:10:39Ou alors,
00:10:40est-ce que collectivement,
00:10:41on dit que face à des besoins
00:10:42de santé qui augmentent,
00:10:43on va organiser
00:10:44notre système de soins,
00:10:45mais aussi organiser
00:10:46des recettes
00:10:47pour ne pas dénaturer
00:10:48notre système de santé ?
00:10:49Et ça,
00:10:50ce n'est pas simplement
00:10:51les invités de la fête
00:10:52de l'UIMA qui le disent.
00:10:53Vous avez le Haut Conseil
00:10:55au financement
00:10:56de la protection sociale
00:10:57qui a rendu un rapport
00:10:57au mois de juillet
00:10:58et qui dit littéralement
00:11:00il y a peut-être
00:11:01des mesures d'économie
00:11:02à droite à gauche
00:11:02sur les dépenses de santé,
00:11:04mais si on ne veut pas
00:11:05dénaturer
00:11:05notre système
00:11:06d'assurance sociale,
00:11:07il faut prévoir
00:11:08pour l'avenir
00:11:09des recettes supplémentaires.
00:11:11Et donc,
00:11:12je pense que c'est ça
00:11:13le défi qu'on a face à nous.
00:11:15Il y a d'autres défis
00:11:15en protection sociale,
00:11:16il y a la question
00:11:17de la dépendance,
00:11:18il y a la question
00:11:18de la prise en charge
00:11:19des études,
00:11:21il y a la question
00:11:21de retrouver
00:11:22une assurance chômage
00:11:23qui ne soit pas simplement
00:11:23des recettes de poche
00:11:24pour boucler le déficit,
00:11:26mais qui sécurise
00:11:28véritablement
00:11:28les transitions
00:11:29d'un emploi à l'autre.
00:11:30Et sur toutes ces questions-là,
00:11:32la question,
00:11:32elle est à la fois
00:11:33de trouver des recettes,
00:11:35à la fois de se redonner
00:11:35un projet collectif,
00:11:37mais aussi de répondre
00:11:38finalement aux aspirations
00:11:39collectives
00:11:40des salariés
00:11:41et de la population
00:11:41et de ne pas avoir
00:11:42une politique économique
00:11:43qui soit décidée,
00:11:45c'est pas trop où,
00:11:46et qui soit orthogonale
00:11:47aux attentes politiques.
00:11:50D'accord.
00:11:51Bon.
00:11:52Alors,
00:11:53je vais essayer
00:11:55la même question
00:11:56avec Camille Etienne
00:11:57pour voir si j'arrive
00:11:58à l'accrocher.
00:12:01Fitch dit,
00:12:02il n'y a plus de sous.
00:12:04La transition écologique,
00:12:05ça coûte là aussi
00:12:06un pognon de dingue.
00:12:08Est-ce qu'il faut en rabattre ?
00:12:09Est-ce qu'il ne faut pas
00:12:09en rabattre ?
00:12:10Et privilégier la croissance
00:12:12à tout prix
00:12:13parce qu'on a besoin
00:12:13de produire
00:12:14pour payer
00:12:15notre système social ?
00:12:17Qu'en pensez-vous ?
00:12:20Ok,
00:12:21Thatcher ?
00:12:23Non,
00:12:23je dirais que
00:12:24c'est extrêmement simple,
00:12:26en fait,
00:12:26c'est-à-dire que
00:12:27quelque part,
00:12:28c'est se dire
00:12:28à quel point
00:12:29le coût de l'inaction
00:12:30est encore plus grand.
00:12:32Et si on veut réfléchir
00:12:34d'un point de vue
00:12:35purement académique
00:12:36avec une économie
00:12:37libérale classique,
00:12:38on se rend compte
00:12:38que le coût de l'inaction
00:12:39est immense.
00:12:41Simplement,
00:12:42en prenant le seul tiroir
00:12:43du coût de la santé.
00:12:44Je vous ai regardé
00:12:45les derniers chiffres
00:12:46à jour,
00:12:47là,
00:12:47on pourra en parler longtemps
00:12:48parce que c'est un sujet
00:12:48qui me fascine,
00:12:49mais rien que,
00:12:50par exemple,
00:12:52l'Organisation mondiale
00:12:52de la santé
00:12:53essaie de chiffrer
00:12:54à combien nous coûtaient
00:12:55un peu
00:12:57pour le système de santé,
00:12:58notamment en France,
00:13:01les maladies liées
00:13:02à la pollution de l'air.
00:13:03Et donc,
00:13:03on se rend compte
00:13:04que les maladies liées
00:13:05à la pollution de l'air,
00:13:06on est à peu près,
00:13:07si on prenait vraiment
00:13:08la question de la qualité
00:13:09de l'air à bras-le-corps,
00:13:11on pourrait faire
00:13:119,6 milliards
00:13:13d'économies par an.
00:13:14J'ai beaucoup travaillé
00:13:15sur la question
00:13:16de la pollution chimique,
00:13:17notamment les polluants éternels,
00:13:19les PFAS.
00:13:20Il faut se dire
00:13:21que c'est vraiment
00:13:22plusieurs milliards d'euros
00:13:23par an
00:13:24qui sont dépensés
00:13:25par l'Etat,
00:13:25par nous,
00:13:27parce qu'on décide
00:13:28sciemment
00:13:29de continuer
00:13:30une pollution
00:13:30qui rend malade
00:13:31les gens.
00:13:34Donc,
00:13:34en fait,
00:13:34juste si on regarde
00:13:35d'un point de vue
00:13:36de la santé publique,
00:13:37on a un intérêt
00:13:38à l'action
00:13:38plutôt qu'à l'inaction,
00:13:40rationnellement.
00:13:41ensuite,
00:13:42quand on pense
00:13:43un tout petit peu
00:13:43plus long terme,
00:13:45on peut se dire aussi
00:13:45que l'outil de production
00:13:49est par essence
00:13:50dépend de la nature.
00:13:51C'est-à-dire que
00:13:52prendre en compte
00:13:53la question environnementale,
00:13:54ce n'est pas juste
00:13:54par amour des dauphins
00:13:55et des ours blancs,
00:13:56bien que je pense
00:13:57personnellement
00:13:58que ça suffirait,
00:13:59mais en soi,
00:14:00on est en train
00:14:00d'auto-détruire,
00:14:02ou on laisse plutôt
00:14:02une petite partie
00:14:04de la population,
00:14:04ça c'est mon avis,
00:14:05auto-détruire
00:14:06notre outil de production.
00:14:08Pour continuer
00:14:09dans le seul exemple
00:14:10de la santé,
00:14:10mais c'est le cas
00:14:11pour absolument
00:14:12l'intégralité
00:14:13des industries,
00:14:15la santé,
00:14:15toutes les innovations
00:14:16qui ont été faites,
00:14:17tous les nouveaux médicaments,
00:14:18tous les nouveaux brevets
00:14:19qui sortent,
00:14:19viennent de la recherche
00:14:21qui est faite
00:14:22dans la forêt amazonienne,
00:14:23qui est faite
00:14:24dans les fonds marins
00:14:24qu'on détruit
00:14:25avant même d'avoir découvert.
00:14:26La maladie d'Alzheimer,
00:14:27par exemple,
00:14:28quand vous regardez
00:14:29les derniers papiers
00:14:30qui sont sortis
00:14:31sur les possibles solutions,
00:14:34les possibles
00:14:35médicaments
00:14:36pour s'en sortir,
00:14:37viennent des fonds marins,
00:14:38viennent des abysses.
00:14:39Alors que,
00:14:40dans le même temps,
00:14:41on est en train
00:14:42d'ouvrir la voie
00:14:42pour l'exploitation
00:14:43des fonds marins
00:14:44et donc de condamner
00:14:45une bibliothèque,
00:14:47une bibliothèque de connaissances
00:14:48et donc une bibliothèque
00:14:49de médicaments
00:14:51avant même
00:14:52de l'avoir connue.
00:14:53Donc je dirais
00:14:54que si on pense
00:14:56seulement même
00:14:57à travers leur prisme
00:14:58d'une économie libérale,
00:15:00c'est proprement absurde
00:15:02de condamner
00:15:05ces bibliothèques-là
00:15:07et ces outils
00:15:08de production
00:15:09qui dépendent
00:15:09des choix
00:15:10qu'on va faire
00:15:10dans l'environnement.
00:15:11Donc c'est pas
00:15:12qu'il n'y a pas
00:15:12d'alternative,
00:15:13je pense même
00:15:13qu'il n'y a pas
00:15:14d'alternative
00:15:14à l'action climatique
00:15:16d'un point de vue économique.
00:15:17C'est du suicide
00:15:18de ne pas le faire.
00:15:20D'accord.
00:15:23Bon.
00:15:26Alors puisque vous ne voulez pas
00:15:27faire d'efforts,
00:15:27je vais demander
00:15:28à Sophie Binet.
00:15:30Sophie,
00:15:32la démographie
00:15:33fait qu'il y aura
00:15:35moins de travailleurs
00:15:36pour payer notre système
00:15:37de protection sociale.
00:15:39Il y aura moins
00:15:40de cotisations.
00:15:41Donc est-ce qu'il ne faut pas
00:15:42qu'ils fassent eux aussi
00:15:43des efforts
00:15:45pour redresser
00:15:45nos finances publiques ?
00:15:49OK.
00:15:50Le patronat doit sortir.
00:15:51Je vois que le patronat...
00:15:52On n'avait pas invité
00:15:52le patronat à débattre
00:15:53là ce soir,
00:15:54mais qu'il est quand même
00:15:55présent ici.
00:15:56Je me fais l'avocat du diable.
00:15:57Voilà.
00:15:58Je le note.
00:15:59Donc la question démographique.
00:16:01Oui, on a bien compris
00:16:02qu'il y avait eu
00:16:03le baby boom
00:16:03et donc le papy boom.
00:16:05D'abord,
00:16:06le papy boom,
00:16:07il est quasiment passé.
00:16:08On a passé le gros
00:16:09du papy boom.
00:16:11Donc le défi démographique
00:16:12à venir,
00:16:13il n'est pas si important
00:16:14que ça.
00:16:15Et puis surtout,
00:16:16si les retraites
00:16:16ne sont pas payées
00:16:18collectivement
00:16:18par les retraites
00:16:19par répartition,
00:16:20de toute manière,
00:16:20il y a forcément
00:16:21quelqu'un qui va les payer,
00:16:22c'est-à-dire nous individuellement
00:16:24par capitalisation.
00:16:25Et c'est ça leur stratégie.
00:16:27Pourquoi est-ce qu'ils veulent
00:16:28s'attaquer à notre système
00:16:29de retraite par répartition
00:16:30pour ouvrir un nouveau marché
00:16:32pour la capitalisation,
00:16:34les fonds de pension,
00:16:35les assureurs,
00:16:35les banquiers,
00:16:36puisqu'ils savent
00:16:37que les travailleurs
00:16:38et les travailleuses
00:16:39de toute manière
00:16:39auront besoin d'une retraite
00:16:41et que si ce n'est pas
00:16:42qu'on cotise collectivement,
00:16:43on épargnera individuellement
00:16:44et tenter de se garantir
00:16:47une retraite pour l'avenir.
00:16:48Je dis tenter
00:16:48parce que le problème
00:16:49de la capitalisation,
00:16:50comme vous le savez
00:16:51toutes et tous ici,
00:16:52c'est que rien n'est garanti,
00:16:53c'est jouer sa retraite
00:16:54à la roulette russe.
00:16:55Et donc, les différentes réformes
00:16:58des retraites,
00:16:58elles sont toujours...
00:16:59Il faut dire,
00:17:00dans tout le discours
00:17:01sur il faut remplacer
00:17:02la répartition
00:17:03par la capitalisation,
00:17:05la capitalisation,
00:17:06ça coûte plus cher
00:17:07que la répartition.
00:17:09Aujourd'hui,
00:17:09ça coûte beaucoup
00:17:10aux finances publiques
00:17:11parce qu'il y a des niches fiscales.
00:17:12Ça coûte plusieurs milliards
00:17:13par an, la capitalisation,
00:17:15parce qu'il y a des niches fiscales
00:17:16liées à la capitalisation.
00:17:18Et donc, la capitalisation,
00:17:19en fait, c'est un marché.
00:17:20Il faut le dire.
00:17:21Pourquoi est-ce qu'ils veulent
00:17:22le pousser
00:17:22pour ouvrir un marché
00:17:23pour les assureurs et les banquiers ?
00:17:25Donc, ce n'est pas une question
00:17:26d'économie derrière.
00:17:28C'est qui paye pour qui ?
00:17:30Et pourquoi est-ce que fondamentalement
00:17:31la répartition les dérange ?
00:17:33Parce que la répartition,
00:17:34c'est magique, en fait.
00:17:35Il n'y a pas de spéculation.
00:17:37C'est l'argent des actifs
00:17:38qui immédiatement va payer
00:17:40l'argent des retraites.
00:17:41Et entre-temps,
00:17:42il n'y a pas de phase spéculative.
00:17:43Et donc, ce qu'ils ne supportent pas,
00:17:45c'est qu'avec la répartition,
00:17:47il y a 250 milliards,
00:17:48je parle sous le contrôle de Michael,
00:17:50qui sont socialisés chaque année.
00:17:52250 milliards qui échappent
00:17:54à la spéculation et au marché.
00:17:56Et ça, c'est un gâteau
00:17:57sur lequel ils veulent mettre la main.
00:17:59C'est ce qu'il faut empêcher.
00:18:02Et donc, c'est pour ça
00:18:03que la répartition...
00:18:04En fait, c'est une question
00:18:05de choix collectif.
00:18:07Et nous, ce que nous disons
00:18:07à la CGT,
00:18:08c'est que nous voulons cotiser plus
00:18:10pour socialiser plus.
00:18:12Contrairement à ce qu'ils veulent
00:18:13nous faire croire
00:18:14en nous faisant croire
00:18:15qu'il faudrait baisser le salaire brut
00:18:17pour augmenter le salaire net.
00:18:19Mais le salaire brut,
00:18:21c'est notre salaire.
00:18:23C'est notre salaire pour la vie,
00:18:26c'est-à-dire le chômage
00:18:28et la retraite.
00:18:29Et donc, on nous fait croire...
00:18:31Là, maintenant,
00:18:31c'est les théories à la mode.
00:18:32Il y a un certain nombre de patrons
00:18:33qui ont compris, par exemple,
00:18:34un certain Antoine Fouché,
00:18:35avec qui j'ai débattu il y a 48 heures,
00:18:37qui explique que c'est terrible,
00:18:39les travailleurs et les travailleuses
00:18:40sont déclassés,
00:18:41le travail ne paye plus, etc.
00:18:44Ah oui, ça, c'est vrai.
00:18:45On est bien d'accord.
00:18:46Les salaires n'ont pas retrouvé
00:18:47leur niveau de 2020.
00:18:49Ça, voilà.
00:18:50Mais par contre,
00:18:50on ne va pas nous la faire à l'envers
00:18:52et nous dire que pour augmenter
00:18:53nos salaires,
00:18:54il faudrait baisser les cotisations.
00:18:55Mais les cotisations,
00:18:56c'est à nous,
00:18:56c'est notre argent.
00:18:57Donc, il faut augmenter les salaires
00:18:59et prendre au capital.
00:19:04Je rebondis.
00:19:07Michel-Edouard Leclerc,
00:19:08qui était en débat
00:19:12avec Fabien Roussel hier,
00:19:13avait une idée.
00:19:14Il disait,
00:19:15il faut rapprocher,
00:19:16pour que les gens
00:19:17aient plus de rémunération,
00:19:20il faut rapprocher
00:19:20le salaire net
00:19:22du salaire brut,
00:19:23c'est-à-dire enlever
00:19:24les cotisations finalement
00:19:25et faire cotiser
00:19:26les revenus du numérique
00:19:30ou de la finance.
00:19:32C'est ça.
00:19:32Qu'est-ce que vous pensez de ça ?
00:19:34En fait, c'est le nouveau truc
00:19:36du patronat.
00:19:36Comme ils ont compris
00:19:37que la colère salariale,
00:19:38elle était énorme,
00:19:40parce qu'aujourd'hui,
00:19:41c'est quand même un scandale.
00:19:42En France,
00:19:43on ne vit plus de son travail,
00:19:44on vit mieux de sa rente
00:19:45que de son travail.
00:19:46Et donc,
00:19:47la stratégie de diversion,
00:19:48c'est nous prendre d'un côté
00:19:50ce que soi-disant
00:19:50ils nous redonneraient de l'autre.
00:19:51Les cotisations,
00:19:52c'est à nous.
00:19:53Donc,
00:19:53ils vont baisser
00:19:55nos droits sociaux,
00:19:56nos droits à chômage,
00:19:57nos droits à retraite
00:19:58pour soi-disant
00:19:58augmenter notre salaire net.
00:20:00Mais ça,
00:20:00c'est le retour
00:20:01au 19e siècle,
00:20:03quand justement,
00:20:04le salaire,
00:20:04c'était uniquement
00:20:05le salaire pour vivre chaque jour
00:20:06et qu'il n'y avait pas
00:20:07un salaire pour vivre
00:20:07pour la vie.
00:20:08Donc,
00:20:09évidemment,
00:20:09qu'on ne va pas se faire
00:20:10enfumer comme des bleus,
00:20:11quand même.
00:20:13Et qu'est-ce que...
00:20:14Alors,
00:20:15c'est...
00:20:15Bon,
00:20:16on a fait un petit
00:20:16premier tour de parole.
00:20:18Les questions,
00:20:18maintenant,
00:20:19sont ouvertes.
00:20:20Qu'est-ce que vous pensez
00:20:21tous des 211 milliards d'euros
00:20:24d'aide aux entreprises,
00:20:26d'aide publique aux entreprises ?
00:20:27Là,
00:20:27il y a eu un rapport
00:20:28sénatorial
00:20:29qui a été rendu.
00:20:31Est-ce qu'il y aurait
00:20:32à puiser là-dedans
00:20:33pour abonder
00:20:35le budget
00:20:36de la France ?
00:20:38Je voulais remontir
00:20:39là-dessus.
00:20:41Donc,
00:20:42effectivement,
00:20:42il y a eu
00:20:44plein de recensements
00:20:45sur les aides
00:20:45aux entreprises.
00:20:47Il y a eu
00:20:47un rapport sénatorial
00:20:48de 111 milliards.
00:20:49Il y a eu aussi
00:20:49des rapports,
00:20:50je crois,
00:20:50commandés par la CGT
00:20:51sur les aides
00:20:52aux entreprises
00:20:53faits par des chercheurs
00:20:54de l'Université de Lille.
00:20:56Et en fait,
00:20:57les milliards s'accumulent.
00:20:59Et pour bien comprendre
00:21:00ce que ça veut dire,
00:21:01ces 211 milliards,
00:21:02il ne faut pas s'imaginer
00:21:03un coffre-fort
00:21:03ou une tirelire cochon
00:21:04dans laquelle on pourrait
00:21:05puiser 211 milliards
00:21:07et les récupérer directement,
00:21:10c'est simplement,
00:21:11ça témoigne d'une politique
00:21:12qui a maintenant
00:21:13une trentaine d'années.
00:21:14Plutôt que d'avoir
00:21:15une stratégie économique
00:21:16de développement,
00:21:17y compris une stratégie
00:21:17pour l'industrie,
00:21:18une stratégie pour l'emploi,
00:21:20on a accumulé
00:21:22les aides aux entreprises.
00:21:23On met un premier dispositif,
00:21:24tiens,
00:21:24les exonérations
00:21:25de cotisations employeurs,
00:21:26puis on en met un deuxième,
00:21:27puis on rajoute le CICE,
00:21:29puis on rajoute
00:21:29le crédit d'impôt recherche.
00:21:31Et donc,
00:21:31c'est une politique
00:21:32qui est coûteuse
00:21:33parce qu'on met en place
00:21:34une aide
00:21:34qu'on repaye chaque année,
00:21:36qui ne change pas fondamentalement
00:21:38la santé de l'économie,
00:21:39qui n'a pas vraiment
00:21:39de stratégie
00:21:40et qui, avec le temps,
00:21:42vide les caisses
00:21:43et notamment,
00:21:43c'est une des raisons
00:21:44pour lesquelles,
00:21:45aujourd'hui,
00:21:45on a des tensions importantes
00:21:46sur l'école
00:21:47ou sur l'hôpital
00:21:48parce que les caisses
00:21:49de l'État
00:21:49servent en partie
00:21:50à financer ces aides
00:21:51aux entreprises.
00:21:52C'est ça que ça veut dire.
00:21:54Maintenant,
00:21:54comment on revient dessus ?
00:21:56Je pense franchement
00:21:57que c'était,
00:21:58pour la plupart,
00:21:59pas toutes,
00:21:59mais une grande partie
00:22:00de ces aides,
00:22:01c'était vraiment
00:22:02de l'argent dépensé
00:22:03sans précaution.
00:22:04On ne balance pas
00:22:0510 ou 20 milliards
00:22:06de CICE
00:22:07en se disant
00:22:08ça va peut-être marcher
00:22:09sans se demander
00:22:10une seule seconde
00:22:11quel effet bénéfique
00:22:11on va en tirer.
00:22:12On ne balance pas
00:22:13des baisses
00:22:14d'impôts de production
00:22:16comme ça arrivait récemment,
00:22:17du crédit d'impôt recherche
00:22:18en disant
00:22:19c'est bien la recherche,
00:22:19tiens,
00:22:20crédit d'impôt,
00:22:20hop,
00:22:217 milliards.
00:22:22Donc,
00:22:22ce n'était pas prudent
00:22:23de faire ça.
00:22:24Maintenant,
00:22:25en même temps,
00:22:26je ne pense pas
00:22:26qu'on puisse les retirer
00:22:27toutes d'un coup.
00:22:28Ce n'est pas possible
00:22:28parce que les entreprises
00:22:29s'y sont accoutumées.
00:22:31Elles sont dépendantes
00:22:32de ces aides.
00:22:33Mais ça ne veut pas
00:22:34du tout dire
00:22:34qu'on ne peut rien faire.
00:22:35Et c'est là
00:22:35où les budgets
00:22:36qui ont été présentés
00:22:37étaient caricaturaux,
00:22:39c'est qu'ils évacuent
00:22:40ça d'un revers de main.
00:22:41En réalité,
00:22:41quand on a la liste
00:22:42des 200 milliards,
00:22:43on a une super liste
00:22:45d'aides aux entreprises
00:22:46qu'on peut regarder
00:22:47une par une
00:22:48et se demander
00:22:49la première année
00:22:49combien de milliards
00:22:50on peut récupérer.
00:22:51puis la seconde,
00:22:52puis la troisième.
00:22:53Et on a des pages
00:22:54et des pages
00:22:55d'études économiques
00:22:56qui nous donnent
00:22:56les meilleurs suspects
00:22:57par où commencer.
00:22:59Par exemple,
00:22:59sur les exonérations
00:23:00de cotisations sociales,
00:23:01on pourrait les geler
00:23:03en euros.
00:23:04On dit hop,
00:23:04ça ne bouge plus.
00:23:05Et la première année,
00:23:06on en récupère 4 milliards.
00:23:07Puis l'année suivante,
00:23:084 milliards.
00:23:09Puis l'année suivante,
00:23:10encore 4 milliards.
00:23:11Le crédit impôt recherche,
00:23:12on sait où couper.
00:23:13On peut en couper
00:23:13au moins la moitié
00:23:14sans avoir le moindre effet
00:23:16sur la recherche,
00:23:17etc.
00:23:18Et donc,
00:23:19maintenant,
00:23:20on a le panorama,
00:23:21on a le mode d'emploi
00:23:22et dans une situation
00:23:24budgétaire extrêmement difficile,
00:23:25c'est ça la bonne question,
00:23:27c'est quelles sont finalement
00:23:29les recettes assez faciles,
00:23:31les quelques milliards,
00:23:334 milliards par-ci,
00:23:344 milliards par-là,
00:23:35qu'on peut remobiliser
00:23:36dès 2026,
00:23:37mais aussi les années suivantes
00:23:38pour réduire le déficit
00:23:41sans ralentir l'économie
00:23:43parce que ça aurait des effets
00:23:44très faibles
00:23:45sur le ralentissement d'économie,
00:23:46tout en ménageant
00:23:47des marges de manœuvre
00:23:48pour les besoins
00:23:49qui sont importants
00:23:49pour l'avenir,
00:23:50la transition écologique
00:23:51et l'école.
00:23:53Conditionner les aides,
00:23:55est-ce que c'est quelque chose
00:23:56qui vous intéresse aussi,
00:23:58Camille-Etienne ?
00:24:00J'espère pas qu'à moi.
00:24:03Non, mais la question,
00:24:03c'est de se dire
00:24:04à qui profitent ces aides,
00:24:06rationnellement.
00:24:07Est-ce qu'elles vont profiter
00:24:09à la société ?
00:24:10Est-ce qu'on va se dire
00:24:11et nous servent
00:24:11à produire des choses
00:24:12dont on a vraiment besoin ?
00:24:14Et merci de nous aider.
00:24:16On avait vraiment besoin
00:24:17de produire, par exemple,
00:24:18des polluants éternels
00:24:19qui sont responsables
00:24:20de maladies d'Alzheimer,
00:24:21d'infertilité,
00:24:22de cancers pédiatriques
00:24:23et de maladies de Parkinson.
00:24:25Est-ce que ça profite
00:24:26à la société ?
00:24:27J'ai pas l'impression
00:24:28que ce soit nécessairement le cas.
00:24:30Est-ce que ça va profiter
00:24:32aux travailleurs
00:24:33et aux travailleuses ?
00:24:35Et bien,
00:24:35quand on va parler,
00:24:36et c'est le cas
00:24:36aux travailleurs,
00:24:37par exemple,
00:24:38de Tefal,
00:24:40ils vont quand même
00:24:41vous raconter
00:24:41qu'ils sont en première ligne
00:24:42des cancers
00:24:43et que des tests
00:24:44ont été faits
00:24:45par cette même entreprise
00:24:47pour savoir,
00:24:48pour tester le sang,
00:24:48pour savoir à quel niveau
00:24:50ils étaient pollués
00:24:52dans leur corps.
00:24:53Et en fait,
00:24:54ces résultats n'ont jamais
00:24:54été donnés
00:24:55aux travailleurs et aux travailleuses.
00:24:57Donc c'est-à-dire
00:24:58qu'on envoie
00:24:59de la chair à canon.
00:25:00On en est au point,
00:25:01on est arrivé
00:25:01où on fait des travailleurs
00:25:02et des travailleuses
00:25:03de la chair à canon
00:25:04et un outil de com',
00:25:06en fait,
00:25:07ça devient,
00:25:07je pense,
00:25:08ce qui m'est le plus en colère
00:25:09de ce dernier gouvernement,
00:25:11c'est vraiment ça,
00:25:12c'est le cynisme
00:25:14avec lequel
00:25:15ils ont réussi
00:25:17à nous utiliser,
00:25:19à utiliser les gens
00:25:20qui sont en première ligne
00:25:21des merdes
00:25:22qu'ils nous donnent
00:25:22et à en faire un argument
00:25:24pour ne pas avancer.
00:25:25C'est-à-dire
00:25:26que c'est un double cynisme.
00:25:29Et enfin,
00:25:30quand on se rend compte
00:25:30que ça ne sert pas
00:25:32ni aux générations futures
00:25:33ni aux travailleurs
00:25:34et aux travailleuses présents
00:25:35ni à la société
00:25:36dans son ensemble,
00:25:38eh bien,
00:25:38il va rester
00:25:39les dividendes.
00:25:42Et donc,
00:25:42on peut se poser la question
00:25:43dans un monde
00:25:44où nos chers économistes
00:25:45nous l'ont rappelé,
00:25:46dans un monde
00:25:47où, en fait,
00:25:49ceux qui détiennent
00:25:50l'entreprise,
00:25:50a priori,
00:25:51ça va pour eux
00:25:51de mieux en mieux
00:25:52quand pour nous,
00:25:53globalement,
00:25:53ça va de moins en moins bien.
00:25:55Est-ce que vraiment,
00:25:56on a envie
00:25:56que l'argent de l'État,
00:25:57c'est-à-dire le nôtre,
00:25:58continue d'aller dans leur poche ?
00:26:00Donc, moi,
00:26:00en tout cas,
00:26:01ce n'est pas mon cas
00:26:01et c'est pour ça,
00:26:03il va falloir commencer
00:26:04très sérieusement
00:26:04à demander
00:26:05ou en tout cas
00:26:06à contraindre
00:26:08les milliardaires
00:26:09à mettre la main
00:26:10à la poche
00:26:11pour participer
00:26:11à l'effort de guerre climatique
00:26:13parce que sinon,
00:26:13on va s'autodétruire
00:26:15sans crier gare
00:26:16et je ne suis pas sûre
00:26:16que ce soit très stratégique
00:26:17dans un moment
00:26:19où,
00:26:19il y a quelques semaines,
00:26:21on a quand même
00:26:21une étude qui est sortie
00:26:22en disant que ça y est,
00:26:24les 1,5 degrés,
00:26:25l'accord de Paris,
00:26:26cette idée comme ça
00:26:27qu'on allait pouvoir contenir
00:26:28l'urgence climatique,
00:26:30c'est officiellement foutu,
00:26:31c'est-à-dire
00:26:32qu'on a officiellement dépassé
00:26:33la possibilité
00:26:34de respecter
00:26:35les accords de Paris.
00:26:36On a dépassé
00:26:386 limites planétaires
00:26:39sur 9.
00:26:40Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:26:40Ce n'est pas encore une fois
00:26:41une lubie
00:26:41comme ça d'académiciens,
00:26:43ça veut vraiment dire
00:26:44qu'on sort d'une zone
00:26:45de sûreté
00:26:46pour l'humanité.
00:26:48Je répète,
00:26:49on est en train de sortir
00:26:49d'une zone de sûreté
00:26:50pour l'humanité.
00:26:51Et on est en train
00:26:52de se dire
00:26:53que donner des subventions
00:26:55aux entreprises
00:26:56qui sont en train
00:26:57d'accélérer cette fuite
00:26:58de la zone de sûreté
00:27:00pour notre humanité,
00:27:00c'est rationnel.
00:27:03Moi, je trouve ça
00:27:04proprement absurde,
00:27:05plutôt.
00:27:07Bon.
00:27:08Mais,
00:27:09Lucas Chancel,
00:27:12il y a quand même
00:27:12cette question
00:27:13de compétitivité
00:27:14des entreprises.
00:27:16Est-ce que,
00:27:17si on commence
00:27:19à toucher
00:27:19à toutes ces aides publiques,
00:27:21on ne fragilise pas
00:27:22nos entreprises ?
00:27:24Je vais revenir
00:27:25sur ce point.
00:27:25Je me permets de revenir
00:27:27un tout petit peu en arrière
00:27:28sur le retour
00:27:29au 19e siècle
00:27:30dont parlait Sophie
00:27:31qui nous est proposé
00:27:33par une partie
00:27:35du patronat
00:27:38sur la question
00:27:39des prélèvements
00:27:40obligatoires,
00:27:41des contributions sociales.
00:27:43Je voulais quand même dire
00:27:43que dans le débat public,
00:27:45il y a un totem
00:27:46qui serait intouchable
00:27:49et indépassable.
00:27:49C'est l'idée
00:27:50qu'on aurait atteint
00:27:50le maximum possible
00:27:52et imaginable
00:27:52du taux de prélèvement
00:27:53obligatoire
00:27:54et qu'on ne pourrait
00:27:56que rester à ce niveau-là
00:27:57ou le baisser.
00:27:58Et si possible,
00:27:59il faudrait le baisser.
00:28:00Parce que ça serait mauvais
00:28:01justement pour la compétitivité,
00:28:03pour nos entreprises,
00:28:04pour notre capacité
00:28:06à innover
00:28:06et ceci et cela.
00:28:08En fait,
00:28:09si on se compare
00:28:10au 19e siècle justement,
00:28:12ce qu'on voit,
00:28:12c'est que le sens
00:28:13de l'histoire
00:28:13et de la modernité
00:28:14politique et économique,
00:28:16c'est une hausse
00:28:17de ce taux
00:28:18de prélèvement obligatoire.
00:28:19Il y a 100 ans,
00:28:20le taux de prélèvement
00:28:21obligatoire rapporté
00:28:23au PIB
00:28:23était de l'ordre
00:28:24de 10%.
00:28:26Essentiellement,
00:28:27on finançait la police,
00:28:29l'armée,
00:28:30la justice,
00:28:31les fonctions régaliennes.
00:28:32Ce qui s'est passé
00:28:33au 20e siècle,
00:28:34grâce aux luttes sociales,
00:28:36grâce aux luttes syndicales,
00:28:38grâce aux mouvements sociaux
00:28:39et socialistes,
00:28:40c'est quoi ?
00:28:41C'est qu'il y a une progression
00:28:42de la part de l'économie
00:28:44qui est socialisée
00:28:45à travers les retraites,
00:28:47à travers l'assurance chômage,
00:28:48à travers les prélèvements obligatoires
00:28:50pour arriver aujourd'hui
00:28:51à environ 50%
00:28:52par rapport au PIB.
00:28:53On passe de 10%
00:28:54il y a 100 ans
00:28:55à 50% aujourd'hui.
00:28:56Sauf qu'on stagne
00:28:58depuis une trentaine d'années.
00:29:00Et le projet de certains,
00:29:01en démocratie,
00:29:03ils ont le droit
00:29:03d'avoir ce projet-là
00:29:04et une partie de la population
00:29:05a le droit
00:29:06de vouloir réduire cette part.
00:29:08Sauf qu'une autre partie
00:29:09de la population,
00:29:10et il me semble
00:29:10qu'elle est plus importante encore,
00:29:12a le droit de dire
00:29:13« Mais en fait,
00:29:13nous, on veut continuer
00:29:14cette progression. »
00:29:15Parce que c'est le sens
00:29:16de l'histoire
00:29:17et parce qu'il y a
00:29:18de nouveaux risques
00:29:19à socialiser.
00:29:20Il y a de nouveaux besoins.
00:29:21Il y a la transition écologique,
00:29:23il y a la dépendance,
00:29:24il y a l'école
00:29:25qui est sous-financée
00:29:26et il y a la santé
00:29:27qui est sous-financée.
00:29:28Comment est-ce que
00:29:29dans ce contexte-là,
00:29:30on peut dire
00:29:31« En fait,
00:29:31on va rester au même niveau
00:29:32voire on va réduire
00:29:34les prélèvements obligatoires ? »
00:29:35Ça me semble
00:29:35totalement impossible.
00:29:37Donc par conséquent,
00:29:39il faut approprier ce débat
00:29:40sur le taux de prélèvement obligatoire
00:29:42et assumer le fait de dire
00:29:44qu'il va devoir augmenter
00:29:45pour faire face
00:29:47à ces nouveaux besoins.
00:29:48Et pour se dire
00:29:49que ces nouveaux besoins,
00:29:50on va les gérer collectivement.
00:29:52On ne va pas les gérer
00:29:53de manière privatisée
00:29:55dans un monde
00:29:56où ceux qui ont le plus de moyens
00:29:57vont avoir le plus de capacité
00:29:59à répondre à ces problèmes.
00:30:01Et ceux qui ont peu de moyens
00:30:02voire pas de moyens
00:30:03n'auront pas de capacité
00:30:04à répondre à ces problèmes.
00:30:05Pour revenir sur la question
00:30:07de la compétitivité
00:30:08et des 200 milliards,
00:30:08je pense qu'il faut
00:30:10que l'État investisse
00:30:11dans l'économie.
00:30:12Moi, je pense qu'il faut
00:30:13qu'il y ait des subventions
00:30:13notamment pour la transition écologique
00:30:16et que l'État doit subventionner
00:30:18une partie des entreprises
00:30:19de ce pays.
00:30:21Mais à condition
00:30:22que ces subventions
00:30:23soient associées
00:30:24à des objectifs
00:30:25très clairs,
00:30:26précis, chiffrés,
00:30:27voire dans certains cas
00:30:28que l'État
00:30:29fasse des prises
00:30:30de participation.
00:30:32Et là,
00:30:32c'est une autre manière
00:30:33de socialiser l'économie.
00:30:34On l'a fait
00:30:36au cours des décennies passées.
00:30:38On peut continuer
00:30:39à le faire.
00:30:40Mais derrière,
00:30:40il y a un projet
00:30:41et derrière,
00:30:42il y a le fait
00:30:42de repenser
00:30:43cette question,
00:30:44ce tabou
00:30:44du taux global
00:30:46de prélèvement obligatoire
00:30:47dans l'économie.
00:30:48Je vous voyais acquiescer.
00:30:50Michael Zemmour,
00:30:51vous applaudissez.
00:30:53Est-ce que vous voulez abonder
00:30:54par rapport à votre logiciel
00:30:56de la sécurité sociale,
00:30:57la protection sociale ?
00:30:59Je suis extrêmement d'accord
00:31:02avec ce que disait Lucas
00:31:03à l'instant.
00:31:04On a un avenir
00:31:05qu'on sait incertain
00:31:08dans lequel
00:31:09on peut prendre un peu de recul.
00:31:12Depuis les années 1945,
00:31:15effectivement,
00:31:16la protection sociale,
00:31:17les services publics
00:31:17se sont développés,
00:31:18mais aussi,
00:31:19il y avait une promesse
00:31:20qui était tenue
00:31:21par la croissance,
00:31:22la fameuse croissance.
00:31:23Et en gros,
00:31:24on se disait,
00:31:25demain,
00:31:26on ira mieux
00:31:26parce qu'on sera plus riches.
00:31:27Et c'est effectivement
00:31:28ce qui s'est produit
00:31:29pendant un temps.
00:31:31Et depuis 2008,
00:31:34on n'a plus vraiment
00:31:34de croissance en réalité.
00:31:36Les revenus stagnent.
00:31:37Et pour l'avenir,
00:31:39on espère
00:31:40qu'on va trouver
00:31:40des moyens
00:31:41de production plus propres,
00:31:42qu'on va pouvoir
00:31:43produire de meilleures qualités.
00:31:44Mais l'idée
00:31:45qu'on va retrouver
00:31:46la martingale,
00:31:47c'est-à-dire
00:31:47une croissance très élevée
00:31:49qui fasse bondir
00:31:51les richesses,
00:31:52elle n'est pas sûre.
00:31:53Donc on sait
00:31:53qu'on va avoir
00:31:54un avenir difficile.
00:31:56Et dans cet avenir difficile,
00:31:58on a des besoins
00:32:00qui vont augmenter.
00:32:01Ceux dont parlait Lucas,
00:32:02des besoins de se soigner,
00:32:03des besoins de retraite,
00:32:04des besoins d'éducation,
00:32:06envoyer ses gamins
00:32:07dans l'enseignement supérieur.
00:32:09Et donc là,
00:32:10il y a vraiment...
00:32:10Aujourd'hui,
00:32:11on est dans une société
00:32:12qui hésite
00:32:12et il y a deux stratégies
00:32:13et c'est ce que disait
00:32:14Sophie Binet tout à l'heure.
00:32:15Il y a une stratégie
00:32:17plutôt libérale
00:32:17qui est de dire
00:32:18« Bon, il n'y a plus
00:32:19beaucoup de moyens,
00:32:20donc on va faire un truc,
00:32:21on va définancer
00:32:22les protections collectives
00:32:23pour distribuer
00:32:25un peu
00:32:25des miettes de cash.
00:32:26Et on va faire
00:32:27miroiter du pouvoir d'achat
00:32:28en définançant
00:32:30les protections collectives. »
00:32:31Mais une fois
00:32:32qu'on aura fait ça,
00:32:33on aura montré
00:32:34peut-être
00:32:34quelques euros de plus,
00:32:35mais derrière
00:32:36une santé qui est plus garantie,
00:32:39mais derrière
00:32:39un temps à attendre la retraite
00:32:41alors qu'on n'est déjà
00:32:42plus en emploi,
00:32:43mais derrière
00:32:43se demander
00:32:44est-ce qu'on a les moyens
00:32:45d'envoyer ses gamins
00:32:46soit à l'école privée
00:32:47soit dans l'enseignement supérieur.
00:32:48Et la stratégie alternative
00:32:50c'est de se dire
00:32:50dans un monde
00:32:51qui est plus incertain
00:32:52et où en plus
00:32:53on ne va pas s'enrichir
00:32:54énormément au cours de la vie,
00:32:55on a besoin
00:32:56de se donner collectivement
00:32:58des garanties
00:32:59pour des choses
00:32:59qui sont sûres.
00:33:00On sera bien soigné.
00:33:02On a une retraite garantie
00:33:04à un âge
00:33:04où on peut prendre
00:33:05sa retraite
00:33:06en bonne santé.
00:33:07On a un enseignement public
00:33:09supérieur de qualité.
00:33:11Les dépenses
00:33:11liées à la transition écologique
00:33:12sont prises en charge.
00:33:13Et si on veut faire ça,
00:33:15c'est exactement
00:33:15ce que disait Lucas à l'instant,
00:33:17alors il va falloir
00:33:18reprendre le chemin
00:33:19de la socialisation.
00:33:20Il va falloir
00:33:21remettre collectivement
00:33:22des moyens dedans.
00:33:24À la fois
00:33:24nous toutes et nous tous
00:33:25parce que c'est comme ça
00:33:26qu'on a toujours fait.
00:33:27Et en même temps,
00:33:28il faut que
00:33:29les grandes entreprises
00:33:30qui échappent à l'impôt
00:33:32reviennent
00:33:33dans la démocratie commune,
00:33:35qu'elles arrêtent
00:33:35d'évader leurs profits
00:33:37et évidemment
00:33:38que les plus riches
00:33:38payent leur part.
00:33:40Et donc effectivement,
00:33:41on est dans une période
00:33:41d'hésitation.
00:33:42On a un monde incertain
00:33:43et on a d'un côté
00:33:44ceux qui veulent
00:33:46définancer
00:33:46les protections collectives
00:33:47et de l'autre,
00:33:49une alternative
00:33:49qui me paraît possible,
00:33:51collectivement,
00:33:51se donner des garanties
00:33:52et des sécurités
00:33:53à la fois en termes
00:33:54de protection sociale
00:33:55et de services publics.
00:33:56Mais est-ce que c'est un message
00:34:00qui est facilement audible
00:34:01pour les gens ?
00:34:03C'est-à-dire,
00:34:04vous, par exemple,
00:34:05pour mieux financer
00:34:07les caisses de retraite,
00:34:08vous appelez à augmenter
00:34:09un tout petit peu
00:34:10les cotisations,
00:34:11y compris les cotisations
00:34:12sur les salariales.
00:34:15Est-ce que c'est un message
00:34:16entendable aujourd'hui ?
00:34:18Je n'en sais rien.
00:34:19Il faudrait demander ici.
00:34:20Mais la CGT,
00:34:22il n'y a pas très longtemps,
00:34:22avait commandé un sondage.
00:34:24Et moi,
00:34:24les résultats ne m'ont pas
00:34:25du tout étonné
00:34:26parce que c'est ce qu'on voit
00:34:26dans plein d'études.
00:34:28Et vous demandiez littéralement
00:34:29est-ce que vous êtes prêts
00:34:30à cotiser un peu plus
00:34:31pour revenir sur la réforme
00:34:33des retraites de 2023 ?
00:34:34Et je n'ai plus le chiffre en tête,
00:34:36mais la réponse était
00:34:37très, très majoritaire.
00:34:38Je ne sais plus.
00:34:40Massivement,
00:34:40les gens disent
00:34:41à tout prendre,
00:34:42on est prêts à se payer
00:34:42notre retraite
00:34:43parce qu'on s'en est toujours fait
00:34:44pour garder un droit
00:34:46à partir à la retraite
00:34:46et revenir sur une réforme
00:34:48qu'on n'a pas demandée.
00:34:49Et c'est là où il y a vraiment
00:34:50une crise politique
00:34:51dans notre pays.
00:34:52C'est que typiquement
00:34:54sur la question des retraites,
00:34:56imposer un recul
00:34:57finalement des droits
00:34:58alors même qu'il y a un choix
00:34:59entre financer davantage
00:35:01un système qui en a besoin
00:35:02et faire reculer les droits
00:35:03et que très majoritairement
00:35:04la population
00:35:05préfère financer davantage,
00:35:07là, il y a un problème
00:35:08de retour démocratique
00:35:09et de démocratie sociale.
00:35:11Et Sophie Bines,
00:35:12est-ce que vous allez dire
00:35:13à Sébastien Lecornu lundi ?
00:35:15Vous allez dire
00:35:16il faut socialiser encore plus ?
00:35:18Évidemment.
00:35:19Je vais lui dire
00:35:19beaucoup, beaucoup de choses.
00:35:21mais je voulais juste rebondir
00:35:22parce que, bon, là,
00:35:23on est...
00:35:23Enfin, comment dire...
00:35:26On ne va pas perdre de temps
00:35:27à se dire tout ce qu'on va dire
00:35:29comme point catastrophique
00:35:32à Lecornu.
00:35:32Moi, j'ai plutôt envie
00:35:33qu'on prenne du temps
00:35:34pour réfléchir
00:35:35sur ce qu'on veut construire
00:35:36et comment on veut écrire
00:35:37et prendre la main
00:35:38sur notre avenir ensemble.
00:35:40Parce que finalement,
00:35:41je trouve que ce qui est très fort
00:35:41dans le premier début
00:35:42de l'échange,
00:35:43c'est qu'on voit
00:35:44que ce musée des horreurs
00:35:46que Bayrou nous avait construit
00:35:47et cette politique
00:35:48que Macron déroule
00:35:49depuis huit ans,
00:35:50en fait, c'est une politique
00:35:51qui nous mène dans le mur
00:35:52à grande vitesse.
00:35:53Et à chaque fois
00:35:53qu'on lui dit
00:35:54il faut bifurquer,
00:35:55il accélère.
00:35:56Et donc, nous,
00:35:57on veut imposer la bifurcation
00:35:59et on veut reprendre en main
00:36:00les choses.
00:36:00Et le slogan,
00:36:01c'est l'avenir.
00:36:02C'est on veut un budget
00:36:03pour notre avenir collectif,
00:36:05pour répondre aux défis environnementaux,
00:36:06aux besoins de services publics,
00:36:07aux besoins de protection sociale.
00:36:09Et sur la question
00:36:10sur la cotisation sociale,
00:36:12en fait,
00:36:13ce qu'ils ont essayé de faire
00:36:14pour justement baisser,
00:36:17au service de leur idéologie,
00:36:18pour baisser le niveau
00:36:19de prélèvement obligatoire
00:36:20et le niveau de socialisation,
00:36:22c'est d'organiser
00:36:23le ras-le-bol fiscal,
00:36:25le « il y a trop d'impôts »,
00:36:26etc.
00:36:26Et comment ils ont fait ça ?
00:36:28Ils ont fabriqué
00:36:29l'assistanat sur
00:36:30« c'est toujours les mêmes
00:36:32qui payent pour les autres ».
00:36:33Par exemple,
00:36:34là, il y a une dernière dérivée
00:36:36qui est arrivée
00:36:37dans sa dérive raciste,
00:36:38c'est le « c'est Nicolas qui paye ».
00:36:40Le « c'est Nicolas qui paye »,
00:36:42qu'est-ce que ça veut dire ?
00:36:43C'est qu'en fait,
00:36:43c'est Nicolas qui paye,
00:36:44sous-entendu,
00:36:44pour Mohamed, par exemple.
00:36:46Sauf que la vérité,
00:36:47c'est quoi ?
00:36:48C'est que le problème,
00:36:49c'est que c'est Nicolas,
00:36:50Mohamed et Fatimata
00:36:51qui payent pour
00:36:52Bernard Arnault
00:36:53et Vincent Bolloré.
00:36:54Le problème est là.
00:37:02Et donc,
00:37:03comment est-ce qu'on combat
00:37:05ce discours
00:37:06sur l'assistanat,
00:37:07le ras-le-bol fiscal ?
00:37:09Nous,
00:37:10évidemment,
00:37:10on est pour l'impôt,
00:37:11mais on est aussi
00:37:12pour la cotisation.
00:37:13Et la force de la cotisation,
00:37:15c'est que ça crée des droits.
00:37:17Je cotise plus,
00:37:18donc j'ai plus de droits.
00:37:20C'est de la solidarité,
00:37:21mais c'est...
00:37:22On se défend mieux ensemble,
00:37:24en se protégeant mieux,
00:37:25chacune et chacun.
00:37:25Et c'est ça,
00:37:26la différence fondamentale.
00:37:27Ils ont réussi à organiser
00:37:29un ras-le-bol fiscal,
00:37:31quand même,
00:37:31malheureusement,
00:37:31c'est un problème.
00:37:33mais il n'y a pas
00:37:33de ras-le-bol
00:37:34des cotisations sociales.
00:37:35C'est malgré tout
00:37:36le patronat
00:37:37sur le trop de charges,
00:37:38blablabla.
00:37:38Oui, ça,
00:37:39c'est effectivement,
00:37:39les patrons,
00:37:40ils n'en peuvent plus,
00:37:40ils ne veulent plus payer de salaire.
00:37:42Et moins ils payent de salaire,
00:37:43mieux ils se portent.
00:37:44Mais par contre,
00:37:44il n'y a aucun...
00:37:45Enfin, vous le direz,
00:37:46mais moi,
00:37:46je n'ai rencontré aucun salarié
00:37:47qui disait
00:37:48qu'on paye trop de cotisations.
00:37:49Non,
00:37:50parce qu'on sait
00:37:50que les cotisations,
00:37:51c'est nos droits.
00:37:52Et c'est ça qu'il faut expliquer
00:37:53et reprendre la bataille
00:37:55idéologique là-dessus.
00:37:59Et mener aussi la bataille
00:38:01sur l'impôt.
00:38:02Pourquoi est-ce qu'on veut
00:38:05plus d'impôts,
00:38:06mais aussi des impôts plus justes ?
00:38:07Parce que ce que cache le débat
00:38:08sur le niveau record
00:38:09de prélèvement obligatoire,
00:38:10ce qu'il faut aussi dire,
00:38:12c'est oui,
00:38:12mais qui paye ?
00:38:13Niveau record
00:38:14de prélèvement obligatoire
00:38:15sur quelques-uns,
00:38:16c'est-à-dire les classes moyennes,
00:38:18au sens large,
00:38:19qui ne peuvent pas échapper
00:38:20à l'impôt.
00:38:21Les ultra-riches,
00:38:21les patrimoines,
00:38:22les entreprises du 440,
00:38:23etc. ne payent pas.
00:38:24Donc le problème,
00:38:24c'est que l'assiette fiscale,
00:38:25elle est trop réduite
00:38:27et que les plus riches,
00:38:27ils y échappent.
00:38:28Et ceux qui,
00:38:30à longueur d'antenne,
00:38:31nous disent
00:38:32il y a trop de prélèvement obligatoire,
00:38:33blablabla,
00:38:33c'est justement ceux
00:38:34qui ne payent rien.
00:38:35Donc il faut arrêter
00:38:36de se moquer du monde là-dessus.
00:38:41Alors,
00:38:43il y a une autre...
00:38:45Dans le débat public,
00:38:47on a quand même
00:38:48marqué des points.
00:38:50Il y a une taxe Zuckman
00:38:51qui plane
00:38:53sur les ultra-riches.
00:38:55Est-ce que,
00:38:56Lucas Chancel,
00:38:58est-ce qu'on peut
00:39:00utiliser ce moment
00:39:01de difficulté budgétaire
00:39:02pour dire
00:39:03qu'il faut une nouvelle
00:39:03répartition des richesses ?
00:39:07En tout cas,
00:39:08c'est ce que veulent
00:39:08les Français.
00:39:09Dans tous les sondages
00:39:11d'opinion depuis 2017
00:39:13et dans les sondages récents,
00:39:15il y a trois quarts
00:39:16de la population,
00:39:17grosso modo,
00:39:18qui est pour une plus forte
00:39:20imposition
00:39:20des grandes fortunes.
00:39:22Pourquoi ?
00:39:23Parce que depuis
00:39:24une quinzaine d'années,
00:39:25maintenant,
00:39:25on a bien compris,
00:39:26on a bien documenté
00:39:27le fait qu'il y a
00:39:28un énorme trou
00:39:28au sommet de la raquette.
00:39:30C'est ce que disait
00:39:31Sophie à l'instant.
00:39:33Le taux d'impôt
00:39:34de l'essentiel
00:39:35de la population,
00:39:36impôts,
00:39:37cotisations sociales,
00:39:38tout confondu,
00:39:39rapportés aux revenus
00:39:40des gens,
00:39:40est de l'ordre
00:39:41de 50%.
00:39:43Mais quand on regarde
00:39:44les plus grandes fortunes,
00:39:46les milliardaires
00:39:47ou les centimillionnaires,
00:39:48ce taux baisse
00:39:48à 25%.
00:39:50Donc il y a
00:39:52une injustice fiscale
00:39:54qui est considérable,
00:39:54qui est énorme.
00:39:56Et quand je parlais
00:39:59tout à l'heure
00:39:59de la hausse
00:40:00des 500 plus grandes fortunes
00:40:01en France,
00:40:02de 200 milliards
00:40:02à plus de 1 000 milliards,
00:40:04aujourd'hui,
00:40:05c'est assez simple
00:40:06de faire le calcul
00:40:07de l'assiette fiscale,
00:40:09c'est-à-dire
00:40:09de combien on pourrait
00:40:10avoir de recettes supplémentaires
00:40:11avec un taux de 2%
00:40:12sur ses patrimoines.
00:40:142% de 1 000 milliards,
00:40:15ça fait 20 milliards.
00:40:17Et tous ceux
00:40:18qui vous diront
00:40:19non mais en fait,
00:40:19on ne peut pas récupérer
00:40:2020 milliards
00:40:21sur ces 1 000 milliards,
00:40:23bon ben,
00:40:23soit ils ne font pas
00:40:24bien le calcul,
00:40:26soit ils prévoient
00:40:28d'organiser l'évasion
00:40:30ou l'optimisation fiscale
00:40:31de ces multimillionnaires
00:40:34ou de ces milliardaires.
00:40:36Donc la taxe Zuckmann,
00:40:37c'est quoi ?
00:40:37C'est de dire
00:40:39la Constitution française
00:40:40est très claire,
00:40:41dans son préambule,
00:40:42elle renvoie
00:40:43à la déclaration
00:40:44des droits de l'homme
00:40:44et du citoyen
00:40:45qui dit
00:40:45que chacun
00:40:46doit contribuer
00:40:48à la charge publique,
00:40:49aux impôts,
00:40:50selon ses moyens.
00:40:52Et les travaux
00:40:53depuis une dizaine
00:40:54ou une quinzaine
00:40:55d'années
00:40:55nous ont désormais
00:40:56bien montré
00:40:57que ce n'est pas le cas
00:40:58et qu'il y a
00:40:58une injustice fiscale
00:40:59qui est énorme.
00:41:00Comme le disait Sophie
00:41:02tout à l'heure,
00:41:03finalement,
00:41:04ce n'est pas au milieu,
00:41:05ce n'est pas entre
00:41:06le milieu
00:41:06de la distribution
00:41:08des revenus
00:41:08ou entre les classes
00:41:09moyennes
00:41:09et les plus pauvres.
00:41:10Ça,
00:41:11c'est ce qu'essayent
00:41:11d'organiser
00:41:12les libéraux
00:41:13ou l'extrême droite.
00:41:14Le problème fondamental
00:41:16de l'injustice fiscale,
00:41:17il est entre
00:41:18l'essentiel
00:41:18de la population
00:41:19et les 0,1
00:41:21ou 0,01%
00:41:23les plus riches.
00:41:24Donc,
00:41:24il faut d'abord
00:41:25commencer par régler
00:41:26ce problème-là.
00:41:27Ensuite,
00:41:27on pourra continuer
00:41:28à réfléchir
00:41:30à est-ce qu'on veut
00:41:32collectivement
00:41:32payer plus d'impôts,
00:41:33d'autres impôts,
00:41:34quels impôts ?
00:41:35Il faut absolument
00:41:35commencer par régler
00:41:36ce problème en haut.
00:41:38Et c'est ça
00:41:38la proposition
00:41:38de la taxe Zuckman,
00:41:402% d'impôts minimum
00:41:42rapportés au patrimoine
00:41:44pour les 1 500
00:41:46foyers fiscaux
00:41:47les plus riches,
00:41:48ceux qui possèdent
00:41:50plus de 100 millions
00:41:51d'euros
00:41:51de patrimoine net.
00:41:53La bonne nouvelle,
00:41:54c'est que cette mesure
00:41:55est ultra majoritaire
00:41:56dans l'opinion,
00:41:58mais c'est aussi
00:41:58que cette mesure
00:41:59est ultra majoritaire
00:42:00ou en tout cas majoritaire
00:42:01au Parlement
00:42:02puisqu'elle a été votée
00:42:03à l'Assemblée nationale
00:42:04en février.
00:42:05Elle va passer au Sénat,
00:42:07elle passe au Sénat,
00:42:08elle n'a pas été
00:42:09acceptée au Sénat,
00:42:10elle va revenir
00:42:12à l'Assemblée nationale,
00:42:14mais ici,
00:42:15on a une mesure
00:42:16de justice fiscale,
00:42:17donc la question
00:42:18c'était est-ce que
00:42:19c'est le moment
00:42:19de s'emparer de cette mesure ?
00:42:20Oui, c'est le moment,
00:42:21les Français sont déjà
00:42:23emparés,
00:42:23les parlementaires aussi,
00:42:25maintenant il faut avancer
00:42:25et il faut la mettre en oeuvre
00:42:28le plus vite possible
00:42:29parce qu'on voit bien
00:42:30qu'on ne peut pas avancer
00:42:31sur les autres questions,
00:42:34de faire des efforts,
00:42:36de qu'est-ce qu'on va faire
00:42:37pour réduire le déficit
00:42:38si on ne règle pas
00:42:39cette question
00:42:40d'injustice fondamentale
00:42:43chez les très riches
00:42:44parmi les très riches.
00:42:45Mais un rapport du CAE
00:42:47dit effectivement
00:42:48que les riches
00:42:49ne vont pas fuir
00:42:51si on leur met
00:42:52une taxe comme celle-là,
00:42:54en revanche,
00:42:55ils ont tous les moyens
00:42:56pour mettre en place
00:42:57un nouvel évitement fiscal
00:42:59avec leurs conseillers financiers,
00:43:01comment on répond à ça ?
00:43:04Déjà, le point numéro 1
00:43:06de cette étude,
00:43:07c'est quand même de dire
00:43:07que l'argument
00:43:09qui était mis en avant
00:43:13pour discréditer
00:43:14ce type de mesures
00:43:15qui était de dire
00:43:16mais attention,
00:43:16ils vont tous partir
00:43:17et donc l'économie
00:43:18va s'effondrer.
00:43:19Cet argument,
00:43:20selon toutes les études récentes
00:43:24faites sur la base
00:43:25de mesures
00:43:26qui se rapprochent
00:43:28à ce dont on parle ici
00:43:29dans d'autres pays
00:43:29et en France,
00:43:31montre que l'exil
00:43:33est une possibilité
00:43:35mais il est très très faible.
00:43:37C'est-à-dire que la hausse
00:43:38du taux d'un point
00:43:39de cotisation
00:43:42chez les plus hauts patrimoines
00:43:44augmente le risque d'exil
00:43:47de l'ordre de 0,03%.
00:43:50Donc c'est vraiment
00:43:51l'épaisseur du trait.
00:43:52Donc le sujet n'est pas là.
00:43:53Le sujet, c'est effectivement
00:43:54l'optimisation
00:43:57ou l'évasion fiscale.
00:43:58Et justement,
00:43:59cette mesure
00:44:00de 2% d'impôt minimum
00:44:01par rapport à votre patrimoine,
00:44:03elle est pensée
00:44:04pour éviter ça.
00:44:06Pourquoi ?
00:44:08L'une des stratégies
00:44:10les plus utilisées
00:44:12par les très riches
00:44:13pour éviter de payer l'impôt
00:44:14au cours des dernières décennies,
00:44:16c'est de dire
00:44:17mais en fait,
00:44:17nous, on n'a pas de revenus.
00:44:20On n'a pas de revenus fiscals.
00:44:22Et l'administration fiscale,
00:44:23elle a du mal
00:44:23à suivre les revenus
00:44:25de ces individus très riches.
00:44:27Pourquoi ?
00:44:27Parce que ces revenus,
00:44:28ils sont planqués
00:44:29dans des trusts,
00:44:29dans des holdings.
00:44:30et ensuite,
00:44:31les individus eux-mêmes
00:44:32n'ont pas besoin
00:44:33de se verser des milliards
00:44:34parce qu'en fait,
00:44:35pour soutenir le mode de vie
00:44:36d'un milliardaire,
00:44:38au bout de 50 millions,
00:44:39100 millions par an de dépenses,
00:44:40vous ne savez pas trop quoi faire.
00:44:41Vous mettez tout ça
00:44:42dans votre trust.
00:44:44Et donc,
00:44:44à partir du moment
00:44:45où il n'y a pas de flux
00:44:46qui va du trust à l'individu,
00:44:48c'est difficile
00:44:48pour l'administration fiscale
00:44:49de fiscaliser ça.
00:44:51Et c'est pour ça
00:44:51que la proposition dit
00:44:53que les revenus,
00:44:54on voit bien
00:44:55qu'il y a un flou
00:44:55qui est organisé
00:44:56avec des conseillers fiscaux,
00:44:58etc.
00:44:59Par contre,
00:45:00c'est beaucoup plus difficile
00:45:01de planquer votre patrimoine
00:45:03parce qu'on sait la fortune,
00:45:04on connaît la fortune
00:45:05de Bernard Arnault,
00:45:06on connaît la fortune
00:45:07des centimillionnaires
00:45:08et des milliardaires français.
00:45:10Essentiellement,
00:45:10c'est des parts
00:45:11de grandes entreprises
00:45:13dont la valeur est connue.
00:45:14Donc,
00:45:15c'est beaucoup plus facile
00:45:16pour l'administration fiscale
00:45:17de dire
00:45:19voici la facture,
00:45:20voici combien vous nous devez,
00:45:21c'est 2% du total.
00:45:22Si vous avez déjà payé
00:45:24une partie
00:45:24de ces 2%
00:45:26de notre impôt,
00:45:26ce sera 2%
00:45:27moins ce que vous avez déjà payé.
00:45:29Donc,
00:45:29ça,
00:45:29c'est déjà une réponse
00:45:31au problème de l'ISF
00:45:33qui était miné
00:45:33par ce genre de dispositif
00:45:35et au problème
00:45:36de l'injustice fiscale
00:45:38telle qu'on le descrivait
00:45:39tout à l'heure.
00:45:39Donc,
00:45:40on a déjà une réponse
00:45:41au problème
00:45:42que vous évoquiez
00:45:43à travers cette mesure
00:45:44des 2%
00:45:46exprimés
00:45:46en fonction de la fortune
00:45:47et non pas du revenu.
00:45:49On voit
00:45:50qu'on a des
00:45:51dont les arguments
00:45:53sont là.
00:45:54Maintenant,
00:45:54comment on fait
00:45:55pour mobiliser ?
00:45:56Camille Etienne,
00:45:57avec le backlash
00:45:58sur l'écologie,
00:46:00c'est de plus en plus
00:46:01difficile
00:46:02de faire,
00:46:05de propager
00:46:06le message
00:46:08d'une écologie
00:46:09qui ne soit pas
00:46:10une écologie
00:46:12qui aille à l'encontre
00:46:12de l'emploi.
00:46:15comment vous arrivez
00:46:16à mobiliser
00:46:17les troupes ?
00:46:19Alors,
00:46:19encore une fois,
00:46:20de quel emploi
00:46:22on parle ?
00:46:23C'est-à-dire
00:46:23que si on est
00:46:24sur un emploi
00:46:25qui nous garantit
00:46:26un cancer
00:46:27à 35 ans,
00:46:28est-ce que réellement
00:46:29on a envie
00:46:29de se battre
00:46:30pour cet emploi-là ?
00:46:31Je pense
00:46:32qu'on peut
00:46:32peut-être
00:46:33augmenter un peu
00:46:34nos standards
00:46:34et se dire
00:46:35qu'on a besoin
00:46:36d'un emploi
00:46:36qui soit digne,
00:46:37d'un emploi
00:46:37qui ne nous tue pas
00:46:38à petit feu
00:46:39et que c'est
00:46:40le strict minimum
00:46:40qu'on se doit
00:46:41d'exiger.
00:46:42C'est pourquoi
00:46:43je pense vraiment
00:46:44que les conditionnalités
00:46:45écologiques
00:46:46avec nos emplois
00:46:47qu'on ne travaille pas
00:46:48à creuser
00:46:48notre propre tombe
00:46:49finalement,
00:46:50qu'on ne soit pas
00:46:50en train de se battre
00:46:51pour qu'on ait le droit
00:46:52avec notre petite pioche
00:46:53de creuser
00:46:53notre propre tombe
00:46:54et que ce soit
00:46:55la seule chose
00:46:56qu'on revendique.
00:46:58Ensuite,
00:46:58sur la taxe Zuckman,
00:46:59nous,
00:47:00on a beaucoup
00:47:01lié au moment
00:47:02des PIFAS.
00:47:03On vivait
00:47:04un backlash
00:47:05écologique total,
00:47:06un désintérêt global
00:47:09massif,
00:47:09en tout cas,
00:47:10des médias
00:47:11traditionnels
00:47:11pour parler
00:47:12d'un sujet
00:47:12de santé publique
00:47:14qui,
00:47:14alors que vraiment
00:47:15je viens de passer
00:47:15un an
00:47:16avec les plus grands
00:47:17toxicologues,
00:47:18les plus grands chimistes
00:47:18dans leurs petits labos
00:47:20qui étaient en train
00:47:21de me dire
00:47:21mais en fait
00:47:21on ne sait plus
00:47:22en quelle langue le dire,
00:47:23on est face
00:47:24à un plus grand scandale
00:47:26de santé publique
00:47:27de notre génération
00:47:28et on crie dans le vent.
00:47:30Bon,
00:47:30on ne sait pas
00:47:30trop vraiment quoi faire.
00:47:32Et c'était au même moment
00:47:33qu'avait lieu le vote
00:47:34le même jour,
00:47:35le vote sur les polluants
00:47:36éternels
00:47:36et sur la taxe Zuckman.
00:47:38Donc on s'est dit
00:47:39avec Gabriel Zuckman,
00:47:40est-ce qu'on n'essaierait pas
00:47:40de lier ça
00:47:42avec son équipe ?
00:47:43Je crois qu'il y en a
00:47:43qui sont dans la salle en plus.
00:47:45J'ai vu son téléphone.
00:47:47Eh bien,
00:47:48est-ce qu'on n'essaierait pas
00:47:49foutu pour foutu
00:47:50de parler
00:47:51des deux choses ensemble ?
00:47:52Est-ce qu'on ne va pas
00:47:53retrouver les publics ?
00:47:54Et ce qui est assez dément,
00:47:56c'est qu'on s'est rendu compte
00:47:57de cette convergence-là
00:47:58que les gens étaient capables
00:47:59de dire
00:48:00et de se soulever
00:48:00pour dire
00:48:01on veut se battre
00:48:02pour des emplois dignes,
00:48:04pour ne pas céder
00:48:05à ce chantage
00:48:06à l'emploi
00:48:07en disant
00:48:07« Très bien,
00:48:08si vous voulez arrêter
00:48:09les polions éternels,
00:48:10on va délocaliser »
00:48:11en se disant
00:48:11« Non,
00:48:11on refuse ce chantage-là »
00:48:14et à faire passer
00:48:14la taxe Zuckman.
00:48:15C'était une très belle soirée
00:48:16qu'on a bien fêtée ensuite
00:48:17où les deux lois
00:48:19sont passées
00:48:19à l'Assemblée nationale
00:48:20et on a essayé
00:48:21de continuer au Sénat.
00:48:23Moi, j'ai été assez fascinée
00:48:24de voir comment on a réussi
00:48:25en quelques semaines
00:48:27à intéresser...
00:48:29Donc, ça va vraiment
00:48:29à l'encontre de l'idée
00:48:31de dire que tout le monde
00:48:32s'en fout,
00:48:32que c'est des sujets
00:48:33loin de tout le monde,
00:48:33que ça ne préoccupe personne.
00:48:35On a littéralement
00:48:36des dizaines de milliers
00:48:37de personnes
00:48:38qui ont partout
00:48:39à travers le territoire
00:48:40qui ont appelé des maires,
00:48:42qui ont appelé leurs maires
00:48:43comme ça,
00:48:44qui sont allées déposer
00:48:45des lettres qu'on avait écrites
00:48:46devant les mairies
00:48:47en week-end
00:48:48pour dire
00:48:50qu'on ne peut jamais
00:48:51atteindre les sénateurs
00:48:52puisque vous êtes très loin
00:48:53de nous,
00:48:54puisque le Sénat
00:48:54ne représente pas
00:48:55vraiment les gens,
00:48:56vous êtes élus par qui ?
00:48:57Par vos maires.
00:48:58Les grands électeurs,
00:48:59c'est principalement des maires.
00:49:00Et donc,
00:49:01on va avoir besoin de vous,
00:49:02c'est-à-dire qu'on va avoir
00:49:03besoin de vous,
00:49:04les maires,
00:49:05pour dire
00:49:05qu'on ne vous élira pas
00:49:06si vous êtes sénateur,
00:49:08on ne vous donnera pas
00:49:09notre voix
00:49:10si vous ne soutenez pas
00:49:11la taxe Zuckmann.
00:49:12Parce que ça suffit
00:49:13à un moment donné,
00:49:13en fait.
00:49:14Ça suffit
00:49:14qu'on vive dans un monde
00:49:16où on est
00:49:16dans un paradis fiscal
00:49:19et on a eu
00:49:20un soulèvement tel
00:49:21que ce n'est pas encore
00:49:22passé au Sénat,
00:49:22mais c'était déjà inespéré
00:49:24qu'on ait
00:49:25à ce point-là
00:49:26de vote
00:49:26en notre faveur,
00:49:28qu'on ait
00:49:29des ministres de l'industrie
00:49:30qui soient énervés
00:49:31par ce type d'action.
00:49:32On les a énervés
00:49:33à un point stratosphérique.
00:49:35Pour vous dire
00:49:35juste une anecdote,
00:49:36j'étais au Sénat
00:49:38à ce moment-là
00:49:38quand le vote avait lieu,
00:49:40quand on a
00:49:40les Républicains
00:49:41qui ont fait
00:49:41leur discours,
00:49:43on a cru au début
00:49:43que c'était un prank
00:49:44parce qu'ils avaient
00:49:45tellement peur
00:49:46qu'en fait,
00:49:46ils ont fait tout
00:49:46un déroulé
00:49:47en disant à quel point
00:49:48oui, en effet,
00:49:49alors c'est intéressant,
00:49:50on se dit juste
00:49:51que peut-être éventuellement,
00:49:53telle mesure,
00:49:53on pourrait la faire différemment.
00:49:54C'est-à-dire qu'on avait
00:49:55déjà tellement gagné
00:49:56la bataille culturelle
00:49:57qu'ils étaient dans la défensive.
00:49:59Il y a une tribune
00:49:59qui est sortie
00:50:00avec sept prix Nobel d'économie
00:50:02et vraiment certains
00:50:02qui n'étaient pas très à gauche.
00:50:04Donc, en fait,
00:50:05on est en train d'imposer
00:50:06dans le débat public
00:50:07une mesure
00:50:07qui est celle
00:50:08de la taxation
00:50:08des super-riches.
00:50:09On est peut-être
00:50:10à un moment de l'histoire
00:50:12où, enfin,
00:50:13on sort d'une France
00:50:14qui est un paradis fiscal
00:50:16pour les ultra-riches.
00:50:17Je rappelle une chose,
00:50:18c'est que
00:50:19un des arguments,
00:50:20tous les arguments
00:50:20sont démontables factuellement,
00:50:22très simplement,
00:50:23deux très rapides.
00:50:24Le premier,
00:50:25c'est qu'ils vont partir.
00:50:26Lucas a commencé à le faire.
00:50:27Et ce que je rajouterais,
00:50:28c'est juste que ça tombe bien,
00:50:30il y a pensé,
00:50:30il y a une mesure très claire
00:50:31pour éviter qu'ils partent
00:50:33et qu'ils ne payent pas l'addition,
00:50:34c'est que pendant cinq ans,
00:50:36ils devront contribuer à l'impôt.
00:50:39C'est-à-dire qu'ils peuvent partir
00:50:40vivre aux Etats-Unis
00:50:40si grand bien leur fasse,
00:50:42mais ils vont devoir continuer
00:50:43à payer pendant quelques années.
00:50:45Première chose.
00:50:46Deuxième chose,
00:50:47c'est qu'on imagine aussi
00:50:49qu'ils partent
00:50:49comme si tout était décidé
00:50:50que par leur compte bancaire.
00:50:52En réalité,
00:50:52ils sont quand même très contents
00:50:53de pouvoir bénéficier
00:50:54de l'école publique en France,
00:50:56de la santé en France,
00:50:57du talent des travailleurs
00:50:59et des travailleuses français.
00:51:00Donc, en fait,
00:51:00ce n'est pas si simple
00:51:01et ce n'est pas si dit
00:51:02qu'ils ont envie
00:51:03de partir forcément très, très loin.
00:51:05Et la dernière chose,
00:51:06comment est-ce qu'on fait
00:51:07pour essayer d'imposer ça
00:51:10dans le débat public ?
00:51:12Eh bien, c'est avec les sondages
00:51:13et c'est en rappelant
00:51:14que c'est une mesure
00:51:15qui est plébiscitée
00:51:16pour une raison simple,
00:51:17c'est que c'est aujourd'hui
00:51:19anticonstitutionnel
00:51:20de ne pas taxer les super-riches.
00:51:22C'est-à-dire que c'est inscrit
00:51:24dans notre Constitution
00:51:25le principe d'égalité
00:51:26devant l'impôt.
00:51:27Aujourd'hui,
00:51:28on paye en moyenne
00:51:29moitié moins d'impôt
00:51:31quand on est milliardaire
00:51:32que son chauffeur de taxi
00:51:33ou que sa secrétaire
00:51:34ou son secrétaire.
00:51:35Est-ce que c'est normal ?
00:51:36C'est-à-dire que c'est aujourd'hui
00:51:38anticonstitutionnel
00:51:39de ne pas taxer
00:51:41les milliardaires
00:51:42vraiment de manière égalitaire
00:51:44face au reste de la population.
00:51:45Donc, c'est finalement,
00:51:47encore une fois,
00:51:48extrêmement absurde
00:51:49non pas de le faire
00:51:51mais de ne pas le faire.
00:51:52C'est pourquoi,
00:51:52moi, je suis assez confiante
00:51:53sur le fait que
00:51:54d'ici quelques mois,
00:51:57j'espère,
00:51:58on arrivera à imposer
00:51:59cette taxe Zuckman.
00:52:03La mobilisation,
00:52:06c'est un peu votre job,
00:52:09Sophie Binet,
00:52:11avec les syndicats.
00:52:13Donc, l'intersyndical appelle
00:52:14à manifester le 18.
00:52:18Est-ce que...
00:52:19Comment vous faites
00:52:21pour conserver
00:52:22un mouvement intersyndical ?
00:52:25Déjà, on vous est attendu
00:52:27au tournant pour ça.
00:52:29et comment vous faites aussi
00:52:30pour intégrer
00:52:31ce qui s'est passé
00:52:33mercredi dernier,
00:52:34le 10,
00:52:34avec les manifestations
00:52:36qui étaient
00:52:37plus ou moins organisées ?
00:52:41En fait,
00:52:42la première stratégie
00:52:43du pouvoir
00:52:44pour démobiliser,
00:52:45c'est de nous faire croire
00:52:45que la mobilisation
00:52:46ne sert à rien.
00:52:47Moi, j'ai une excellente nouvelle,
00:52:49mes camarades,
00:52:50c'est que le Premier ministre
00:52:51vient d'annoncer
00:52:52qu'il renonçait
00:52:53à la suppression
00:52:53des deux jours fériés.
00:52:56On a déjà gagné ça.
00:53:00Mais, évidemment,
00:53:02il annonce ça
00:53:03avec une arrière-pensée,
00:53:04c'est-à-dire qu'encore une fois,
00:53:05on nous prend
00:53:05pour des abrutis.
00:53:07Et donc, il pense
00:53:08qu'en annonçant cela,
00:53:09on n'ira pas manifester
00:53:11et faire grève le 18.
00:53:13Mais, évidemment,
00:53:14que ça,
00:53:15ça va nous motiver
00:53:16encore plus
00:53:17pour manifester
00:53:19et faire grève le 18,
00:53:20pour gagner l'enterrement
00:53:21de l'ensemble
00:53:22du Musée des horreurs,
00:53:23et surtout,
00:53:28et surtout,
00:53:29leur dire
00:53:30qu'il faut continuer
00:53:30à faire.
00:53:31Ils nous ont rendu
00:53:32nos deux jours
00:53:33de congé.
00:53:35Maintenant,
00:53:35on va aller chercher
00:53:37les deux fois
00:53:37365 jours
00:53:39qu'ils nous ont volés
00:53:40il y a deux ans
00:53:41en nous volant
00:53:42deux ans de vie.
00:53:49On est en position de force.
00:53:51Ça fait huit ans
00:53:52que nous n'avons jamais
00:53:53été autant
00:53:54en position de force.
00:53:56Il faut battre le fer
00:53:57tant qu'il est chaud.
00:53:58Le 18 septembre,
00:54:00tout le monde
00:54:01doit être là.
00:54:07Et c'est une CPE
00:54:09qui vous le dit.
00:54:10Donc, si vous avez
00:54:10des mauvais souvenirs
00:54:11qui se...
00:54:11Voilà, bref,
00:54:12tout le monde
00:54:13est convoqué
00:54:13le 18 septembre.
00:54:15Donc, pour revenir
00:54:17sur la discussion
00:54:17sur l'unité syndicale,
00:54:20l'unité syndicale,
00:54:21c'est hyper important.
00:54:22C'est identitaire
00:54:23pour la CGT.
00:54:23C'est même écrit
00:54:24dans nos statuts.
00:54:25Pourquoi ?
00:54:26Parce que,
00:54:26comme la CGT,
00:54:27on pratique
00:54:27un syndicalisme de classe,
00:54:29pour pratiquer
00:54:30un syndicalisme de classe,
00:54:31il faut la rassembler.
00:54:32Pour rassembler
00:54:33notre classe,
00:54:34il faut rassembler
00:54:35les organisations syndicales.
00:54:37On a l'habitude
00:54:38de dire à la CGT
00:54:39que quand les syndicats
00:54:42ne se serrent plus la main,
00:54:44c'est le patron
00:54:44qui se frotte les siennes.
00:54:46Et on le voit,
00:54:47vous le voyez
00:54:48dans vos boîtes.
00:54:49Qu'est-ce qui se passe
00:54:50quand c'est la division syndicale ?
00:54:52Eh bien,
00:54:52c'est le moment
00:54:52où les syndicats
00:54:55n'ont plus qu'à modifier
00:54:56quelques virgules
00:54:57sur la feuille de route patronale
00:54:58parce que les organisations syndicales
00:55:00sont divisées
00:55:01et ne peuvent plus
00:55:02imposer une alternative.
00:55:04L'unité syndicale,
00:55:06c'est identitaire pour nous
00:55:07et c'est la raison
00:55:08pour laquelle
00:55:08à chaque fois,
00:55:10systématiquement,
00:55:11toutes les dynamiques unitaires,
00:55:12c'est la CGT
00:55:13qui les impulse,
00:55:14qui les porte.
00:55:15Et donc,
00:55:16là,
00:55:17l'unité,
00:55:17elle est solide
00:55:18pour le 18.
00:55:19Il n'y a aucune inquiétude
00:55:20à avoir.
00:55:21Mais le but,
00:55:22on sait très bien
00:55:23que notre objectif,
00:55:25c'est de monter
00:55:25un rapport de force
00:55:26de haut niveau
00:55:27pour mettre
00:55:28ce budget
00:55:29sous surveillance.
00:55:30Et donc,
00:55:30il y a un rendez-vous
00:55:31le 18,
00:55:32très important.
00:55:33C'est une date
00:55:34pas comme les autres.
00:55:36Mais évidemment,
00:55:36le 18 au soir,
00:55:37ça ne sera pas fini.
00:55:37On le sait ici.
00:55:38Il faudra continuer
00:55:39le 18 au soir
00:55:40et tous les jours après
00:55:42parce que nous savons
00:55:43qu'il faut regarder
00:55:45le calendrier lucidement.
00:55:46Le budget,
00:55:46c'est jusqu'en novembre-décembre.
00:55:48Il faut tenir jusqu'en novembre-décembre
00:55:50et avoir une stratégie
00:55:51de moyen terme.
00:55:52Donc,
00:55:53cette unité syndicale,
00:55:54comment on fait
00:55:54pour la renforcer,
00:55:55la conforter ?
00:55:56Il faut développer
00:55:57des intersyndicales
00:55:58à tous les niveaux.
00:55:59Dans les territoires,
00:56:00ça se fait.
00:56:00Il y a des appels
00:56:01partout unitaires
00:56:02dans toutes les professions.
00:56:03Et donc,
00:56:04la CGT a enclenché
00:56:05des intersyndicales
00:56:06dans toutes les professions.
00:56:07Par exemple,
00:56:08les camarades du commerce,
00:56:09il y a un appel
00:56:10pour les 80 branches
00:56:11qui dépendent
00:56:12du secteur des commerces
00:56:13et services signés
00:56:13par tous les syndicats
00:56:14pour le 18.
00:56:16Et puis,
00:56:16là, maintenant,
00:56:17ce qu'il faut aller gagner,
00:56:18c'est des intersyndicales
00:56:19dans toutes les entreprises,
00:56:20sur tous les lieux de travail
00:56:21et dans ces appels.
00:56:23Évidemment,
00:56:24on ne va pas laisser
00:56:25le patronat tranquille,
00:56:26quand même.
00:56:26Donc,
00:56:27on a nos revendications nationales
00:56:29pour...
00:56:30comment...
00:56:31le corps nu.
00:56:32Et puis,
00:56:32les suivants,
00:56:33s'il y en a d'autres,
00:56:33évidemment,
00:56:34on s'adaptera,
00:56:35il n'y a pas de souci.
00:56:36Mais il faut des revendications
00:56:38face au patron
00:56:40pour aller gagner
00:56:41des augmentations de salaire
00:56:42parce que c'est comme ça
00:56:43qu'on gagnera la grève
00:56:44et qu'on gagnera
00:56:45l'ancrage
00:56:45de la mobilisation.
00:56:52Et puis,
00:56:53dans la stratégie
00:56:54pour gagner,
00:56:55on a vu
00:56:56ce qu'ils ont essayé
00:56:56de faire sur le 10,
00:56:57c'était tellement grossier
00:56:59qu'évidemment,
00:56:59on n'est pas tombé
00:57:00dans le panneau.
00:57:00C'était la mise
00:57:01en opposition
00:57:02entre mobilisation citoyenne
00:57:03et mobilisation syndicale.
00:57:04C'est pour ça
00:57:05que la CGT
00:57:06a décidé
00:57:07de contribuer
00:57:08à la réussite du 10
00:57:09à partir de nos responsabilités
00:57:11et de ce qu'on sait faire,
00:57:12à savoir la grève
00:57:13dans l'entreprise.
00:57:14Il faut faire confluer
00:57:16les choses, conjuguer.
00:57:17Il faut que toutes celles
00:57:18et ceux qui se sont mobilisés
00:57:19le 10,
00:57:20évidemment,
00:57:20viennent le 18
00:57:21et puis fassent venir
00:57:23tous leurs amis,
00:57:24tous leurs proches,
00:57:24tous leurs collègues
00:57:25le 18 pour qu'on élargisse.
00:57:27On l'a connu plein de fois.
00:57:28C'est très régulier
00:57:29que ça arrive dans l'histoire
00:57:30du mouvement social.
00:57:31Le fait qu'il y ait
00:57:32une mobilisation citoyenne
00:57:33et aussi une mobilisation
00:57:34plus sociale syndicale.
00:57:35Par exemple,
00:57:36mai 68,
00:57:37ce n'est pas les organisations
00:57:37syndicales qui l'ont lancée,
00:57:39mais tout de suite,
00:57:40la CGT,
00:57:41les organisations syndicales,
00:57:42la CFDT,
00:57:43il y avait une unité syndicale
00:57:44en mai 68,
00:57:45c'est important de le dire.
00:57:46On a compris
00:57:47qu'il fallait être au rendez-vous,
00:57:48offrir des débouchés,
00:57:49dénoncer la répression policière
00:57:50et monter la grève
00:57:52dans toutes les entreprises
00:57:53et c'est ce qu'on a fait en 68.
00:57:55Pour celles et ceux
00:57:56qui doutent
00:57:57s'il y avait encore besoin
00:57:58d'arguments
00:57:58pour l'unité syndicale,
00:58:00dans l'histoire des luttes,
00:58:01toutes les luttes importantes
00:58:03en France,
00:58:04c'était des luttes unitaires.
00:58:05En 1936,
00:58:06c'était la CGT,
00:58:07la CGTU.
00:58:08En 1968,
00:58:09c'était la CGT,
00:58:10la CFDT.
00:58:11En 1995,
00:58:12c'était la CGT et FO.
00:58:14En 2003,
00:58:15c'était l'ensemble
00:58:15des organisations syndicales.
00:58:18Quasiment jusqu'au bout,
00:58:19il y a eu un petit problème
00:58:19à la fin.
00:58:20En 2010,
00:58:21parce que là,
00:58:21on est unitaire,
00:58:22donc ce n'est pas le moment
00:58:23d'en débattre.
00:58:24En 2010,
00:58:25il y avait l'ensemble
00:58:25des organisations syndicales,
00:58:26etc.
00:58:28Et puis,
00:58:28je voulais dire
00:58:28une dernière chose
00:58:30par rapport à tout ce que Camille
00:58:32a dit depuis le début
00:58:33de cet échange.
00:58:34Donc,
00:58:35c'est vraiment important
00:58:36qu'on puisse fêter ici ensemble
00:58:37la première venue de Camille
00:58:39à la fête de l'UMA.
00:58:44Et donc,
00:58:45maintenant,
00:58:46on compte sur toi Camille,
00:58:47tous les ans.
00:58:48Toi aussi,
00:58:49tu es convoquée.
00:58:50Et pourquoi c'est très important ?
00:58:53Parce que la question environnementale,
00:58:55il faut qu'on arrête
00:58:56d'en faire une question secondaire
00:58:57qu'on traite
00:58:58quand on a traité le reste
00:59:00ou voilà,
00:59:01tiens,
00:59:02quand on a fini
00:59:02sur les questions sociales,
00:59:03tiens,
00:59:03peut-être qu'on penserait
00:59:04un peu aux questions environnementales.
00:59:06Pourquoi ?
00:59:07D'abord,
00:59:07parce qu'on ne peut pas comprendre
00:59:09l'exacerbation des rapports de classe,
00:59:11le fait que c'est de plus en plus dur
00:59:13avec le patronat aujourd'hui
00:59:14sans intégrer la question environnementale.
00:59:16Pourquoi c'est plus dur
00:59:17avec le patronat aujourd'hui ?
00:59:19Parce qu'on a basculé
00:59:20dans le monde fini,
00:59:22parce qu'on est maintenant
00:59:22dans le monde
00:59:23de la raréfaction des ressources.
00:59:25Et donc,
00:59:25partager la part d'un gâteau
00:59:27qui grossit tout le temps,
00:59:28c'est plus facile
00:59:29que partager la part d'un gâteau
00:59:31qui grossit beaucoup moins
00:59:33ou ne grossit plus.
00:59:34Et donc,
00:59:34les rapports de classe
00:59:35vont se tendre
00:59:37de façon très importante
00:59:38à partir de la question environnementale.
00:59:40C'est pas pour rien, d'ailleurs,
00:59:42que les luttes environnementales...
00:59:44Applaudissements
00:59:45Les luttes environnementales
00:59:47sont maintenant
00:59:48parmi les plus réprimées
00:59:49avec le plus de violence.
00:59:50à Tefal,
00:59:52je suis très fière
00:59:53que la CGT ait eu la force
00:59:55de dénoncer les pifaces
00:59:56et d'expliquer
00:59:57qu'il ne fallait pas céder
00:59:58au chantage à l'emploi
00:59:59mais qu'il fallait transformer
01:00:00le modèle productif
01:00:01de l'entreprise
01:00:02pour défendre l'emploi
01:00:03à moyen-long terme.
01:00:08Applaudissements
01:00:09Eh bien, j'étais à Tefal
01:00:11la semaine dernière,
01:00:11mes camarades,
01:00:12pour soutenir la CGT de Tefal
01:00:13qui fait face
01:00:14à une répression patronale violente
01:00:16puisque notre camarade Ouria
01:00:17qui est coordinatrice
01:00:19de la CGT de Tefal
01:00:20a été sanctionnée
01:00:20par la direction.
01:00:23J'étais donc à Tefal
01:00:25et la répression syndicale,
01:00:27il y en a dans plein d'autres endroits,
01:00:28malheureusement,
01:00:28c'est pas que à Tefal.
01:00:29Mais là,
01:00:30on a fait le point presse
01:00:31devant Tefal
01:00:32pour dénoncer
01:00:32cette répression syndicale
01:00:33et il s'est passé quelque chose
01:00:35que je n'avais jamais vu,
01:00:36c'est-à-dire que la direction,
01:00:37la directrice de cabinet
01:00:39du PDG de Tefal
01:00:40est venue dans le point presse
01:00:42de la CGT,
01:00:44auquel elle n'était pas invitée,
01:00:46s'est permis de l'interrompre,
01:00:48de m'interrompre
01:00:48et de prendre la parole
01:00:50devant la caméra
01:00:50pour dire que je mentais.
01:00:52Mais c'est un truc de fou.
01:00:54C'est-à-dire que,
01:00:55en fait,
01:00:55la direction de Tefal
01:00:57n'a pas compris
01:00:58le sens de l'indépendance syndicale.
01:01:00Elle n'a pas compris
01:01:01que c'était pas à elle
01:01:02d'écrire les positions de la CGT,
01:01:04les positions du syndicat
01:01:06et donc elle a pensé
01:01:07qu'elle pouvait faire ça
01:01:07tranquillement
01:01:08devant les caméras,
01:01:09tous les directs.
01:01:10Ça montre le niveau
01:01:12de répression syndicale
01:01:13quand on met en cause
01:01:14non pas seulement
01:01:15les conséquences sociales
01:01:17du capitalisme
01:01:18mais comme la CGT,
01:01:19on va interroger
01:01:20les modes de production
01:01:20et la finalité même
01:01:22de la production
01:01:23parce qu'on ne se limite pas
01:01:24à réparer
01:01:25les catastrophes du capitalisme.
01:01:26Nous, on intervient en amont
01:01:28et c'est ça qui permet
01:01:29de répondre aujourd'hui
01:01:30aux défis environnementaux.
01:01:31Et la dernière chose
01:01:33que je voulais dire,
01:01:33je sais que je suis très longue,
01:01:34c'est que cette question environnementale,
01:01:37il faut aussi qu'on l'intègre
01:01:38en se disant
01:01:39qu'il ne peut plus
01:01:41y avoir de progrès social
01:01:42sans répondre
01:01:43à la question environnementale.
01:01:45On ne peut pas faire
01:01:46comme si,
01:01:49par exemple,
01:01:50on veut gagner
01:01:52évidemment des augmentations
01:01:53de salaire,
01:01:53la retraite à 60 ans,
01:01:54etc.
01:01:54Il faut qu'on intègre
01:01:56ces revendications-là
01:01:58dans la question environnementale.
01:02:00Pourquoi ?
01:02:00Parce que Camille l'a expliqué
01:02:02de façon parfaite,
01:02:03mais c'est une bombe
01:02:05à retardement
01:02:05et qui est présente.
01:02:06Et aujourd'hui,
01:02:07les premières victimes
01:02:08de cette catastrophe environnementale,
01:02:10c'est nous,
01:02:11on le voit tous les jours.
01:02:12Donc on ne peut plus
01:02:13être dans la fuite en avant
01:02:15et faire l'autruche.
01:02:16On est obligés d'y répondre.
01:02:17Et la bonne nouvelle,
01:02:19c'est qu'y répondre,
01:02:20c'est le meilleur moyen
01:02:21de contester le système capitaliste
01:02:23parce qu'aujourd'hui,
01:02:24ce qui crée
01:02:25la problématique environnementale,
01:02:26ce n'est pas l'anthropocène,
01:02:28c'est le capitalocène
01:02:30et ce système capitaliste
01:02:31qui exploite au même niveau
01:02:33l'homme et la nature.
01:02:41Un petit dernier,
01:02:43petite dernière thématique.
01:02:45Je ne voudrais pas vous quitter
01:02:47sans vous poser la question
01:02:50du 18 septembre.
01:02:52c'est un rendez-vous
01:02:54contre l'austérité.
01:02:56Est-ce que ce n'est pas
01:02:56un rendez-vous aussi
01:02:58contre le renoncement
01:02:59et finalement,
01:03:00contre derrière le renoncement,
01:03:02le vote pour le Rassemblement national ?
01:03:07Je vous laisse finir votre texto.
01:03:09Ben oui.
01:03:11Merde, c'était hyper impoli.
01:03:14Oui, en fait,
01:03:15il faut avoir en tête
01:03:16dans notre stratégie
01:03:17que tapis dans l'ombre,
01:03:19il y a toujours l'extrême droite.
01:03:21Pourquoi est-ce que
01:03:23Macron, le patronat,
01:03:24se permettent
01:03:26de refuser tous les compromis
01:03:28et de pousser jusqu'au bout,
01:03:29jusqu'à aller à une crise de régime ?
01:03:30Parce que là,
01:03:31Macron, il est prêt
01:03:31à aller à une crise de régime.
01:03:32C'est ça, le signal
01:03:33qu'il envoie avec le corps nu.
01:03:34C'est parce que l'extrême droite
01:03:36est à 30-40% dans les sondages.
01:03:38Et parce qu'il pense
01:03:39que s'il dissolve
01:03:41l'Assemblée nationale,
01:03:42s'il y a peut-être
01:03:43des élections présidentielles,
01:03:43etc.,
01:03:44c'est l'extrême droite
01:03:45qui passera.
01:03:45C'est pour ça
01:03:46que dans nos mobilisations,
01:03:48notre sujet,
01:03:49ça n'est jamais
01:03:50le casting,
01:03:51la question institutionnelle.
01:03:53Ça, c'est le piège.
01:03:54Parce que le patronat,
01:03:56s'ils sentent
01:03:57que Macron s'est fini,
01:03:58le patronat
01:03:59va se trouver
01:04:00une alternative.
01:04:01Ils l'ont fait
01:04:01en 2012,
01:04:02ils ont senti
01:04:03que Sarkozy
01:04:04ne passerait pas
01:04:04au deuxième tour.
01:04:05Ils se sont reportés
01:04:06sur Hollande
01:04:07et ils lui ont imposé
01:04:07Macron dans son cabinet
01:04:08avec le résultat
01:04:09qu'on connaît.
01:04:10Là, le patronat
01:04:11est en train
01:04:11de s'organiser.
01:04:13Il est en train
01:04:13de s'organiser
01:04:14parce qu'ils sentent
01:04:14que Macron,
01:04:15ça commence à être dur
01:04:16à cause des politiques
01:04:17que le patronat
01:04:17exige de Macron.
01:04:18Ils sont en train
01:04:19de basculer sur Bardella.
01:04:21Il faut aussi
01:04:23que non seulement
01:04:23on mène
01:04:24la lutte sociale,
01:04:26mais toujours
01:04:26qu'on n'oublie jamais
01:04:28de se battre
01:04:28contre l'extrême droite
01:04:29pour faire reculer
01:04:30ses idées.
01:04:31Le meilleur...
01:04:36Applaudissements
01:04:38Le meilleur moyen,
01:04:40déjà,
01:04:40en soi,
01:04:41le meilleur moyen
01:04:42de faire reculer
01:04:43l'extrême droite,
01:04:43c'est de multiplier
01:04:44nos luttes.
01:04:45Je ne sais pas
01:04:45si vous vous souvenez,
01:04:46mais en 2023,
01:04:47pendant les six mois
01:04:48de la mobilisation
01:04:48contre la réforme
01:04:49des retraites,
01:04:49l'extrême droite
01:04:50était invisible.
01:04:51On n'entendait plus
01:04:52parler d'insécurité,
01:04:53d'immigration,
01:04:54d'insécurité,
01:04:54d'immigration.
01:04:55On n'entendait que
01:04:56les questions sociales.
01:04:57Donc, ce qu'il faut
01:04:57déjà se dire,
01:04:59c'est là,
01:04:59le 18,
01:05:00on prend la main
01:05:01et on la garde.
01:05:02C'est-à-dire,
01:05:02on ne rentre plus.
01:05:03On continue,
01:05:04quelle que soit
01:05:05la situation institutionnelle.
01:05:07Si le gouvernement
01:05:09se maintient,
01:05:09s'il y a un changement
01:05:10de gouvernement,
01:05:11s'il y a des élections,
01:05:11etc.
01:05:12Quoi qu'il se passe,
01:05:13il faut une mobilisation
01:05:14sociale de haut niveau
01:05:15pour maintenir
01:05:16la question sociale
01:05:17sur le devant de la scène.
01:05:18C'est comme ça
01:05:18qu'on gagne.
01:05:19Et on peut faire mentir
01:05:21tous les sondages.
01:05:22On l'a fait il y a un an.
01:05:24On l'a fait il y a un an.
01:05:30Mais,
01:05:31ce qu'on a fait il y a un an,
01:05:32ça doit nous donner confiance
01:05:33parce que c'est un truc de fou
01:05:35ce qu'on a réussi.
01:05:36Personne n'aurait pensé
01:05:37qu'on arrive à faire ça.
01:05:39On a réussi à faire
01:05:41un truc incroyable.
01:05:42Mais,
01:05:42il faut se dire
01:05:43que ce n'est pas arrivé
01:05:44tout seul par magie.
01:05:45C'est arrivé parce qu'on a
01:05:46pris les choses en main,
01:05:47on a imposé l'unité,
01:05:49on a imposé les questions sociales
01:05:50et donc,
01:05:51il faut être prêt
01:05:51à refaire ça
01:05:52si c'était nécessaire.
01:05:56Allez,
01:05:56on arrive aux conclusions.
01:05:58Je vais vous demander
01:05:58à chacun et chacune d'entre vous
01:06:00de nous faire un...
01:06:02s'il n'y avait qu'un seul argument
01:06:03à retenir
01:06:04pour aller se mobiliser le 18.
01:06:07Quel serait-il,
01:06:08Lucas Chancel,
01:06:09à vous ?
01:06:13Deux arguments,
01:06:14si vous me permettez,
01:06:15rapidement.
01:06:16Le premier,
01:06:16c'est l'injustice fiscale.
01:06:17Il faut se mobiliser
01:06:18contre l'injustice fiscale.
01:06:19Et la justice fiscale
01:06:21est à portée de main.
01:06:22Ça, c'est vraiment
01:06:22le premier argument.
01:06:24Et le deuxième,
01:06:25c'est ce que disait Sophie
01:06:25à l'instant.
01:06:26Il n'y a pas d'opposition
01:06:28entre questions sociales
01:06:29et questions environnementales.
01:06:31Ce sont les deux pièces,
01:06:32les deux côtés
01:06:32de la même pièce,
01:06:35ou les deux faces
01:06:36de la même pièce.
01:06:38Et si on regarde,
01:06:39en fait,
01:06:40au XXe siècle,
01:06:42les projets de réduction
01:06:44des inégalités sociales,
01:06:46que ce soit avec le programme
01:06:49du Conseil national de la résistance,
01:06:51les travaillistes britanniques,
01:06:52le New Deal rooseveltien,
01:06:54si on regarde dans d'autres pays aussi,
01:06:55tous ces projets de redistribution
01:06:58ont inclus un projet
01:06:59de socialisation des ressources
01:07:01et de socialisation de l'énergie,
01:07:03c'est-à-dire une reprise
01:07:04de contrôle public
01:07:05des secteurs énergétiques.
01:07:08Et aujourd'hui,
01:07:08on peut faire ça
01:07:09dans le cadre
01:07:09de la transition écologique.
01:07:11Donc là aussi,
01:07:11il y a une convergence.
01:07:12Il n'y a pas d'opposition
01:07:13entre écologie et sociale.
01:07:15Ça peut faire partie
01:07:15du même mouvement.
01:07:17C'est mon deuxième argument.
01:07:19Entendu.
01:07:20Michael Zemmour,
01:07:21même exercice.
01:07:24Alors pourquoi,
01:07:25mardi,
01:07:26on va se retrouver
01:07:26avec les collègues
01:07:27pour préparer le 18
01:07:28dans ma fac ?
01:07:30Tout simplement
01:07:31parce qu'il y a évidemment
01:07:33d'autres choix possibles
01:07:34que ceux qui ont été proposés.
01:07:35qui sont à la fois
01:07:38des projets
01:07:38qui ne règlent rien
01:07:39en termes économiques.
01:07:41Ça ne prépare pas l'avenir.
01:07:42Et en même temps,
01:07:43c'est des projets
01:07:44qui ne passent pas
01:07:44dans l'opinion.
01:07:45Donc il y a d'autres choix possibles.
01:07:47Et il faut ouvrir
01:07:48la discussion.
01:07:48Il y a une alternative.
01:07:50On a une stratégie
01:07:50qui a bout de souffle.
01:07:51Il y a d'autres stratégies possibles.
01:07:53Une stratégie
01:07:54qui prenne en charge
01:07:55la crise écologique,
01:07:57qui prenne en charge...
01:07:57Moi, c'est vraiment
01:07:58un sujet qui me...
01:07:59L'écroulement de l'école.
01:08:01Et Sophie connaît
01:08:02bien le sujet.
01:08:03Et on n'a pas les moyens
01:08:05d'ignorer
01:08:06la situation économique
01:08:07de la France.
01:08:08Mais on n'a pas les moyens
01:08:08non plus
01:08:09de ne pas régler
01:08:10dès maintenant,
01:08:11de ne pas commencer
01:08:12dès maintenant
01:08:12à régler la question
01:08:13de la transition
01:08:14et la question
01:08:15d'une école
01:08:16qui s'écroule.
01:08:19Camille Etienne,
01:08:20avant de partir
01:08:20pour la COP30,
01:08:22il y a le 18.
01:08:24Quel est votre argument ?
01:08:27Il est très simple.
01:08:29Je vous invite vraiment
01:08:30tous et toutes
01:08:31à être là
01:08:32pour rappeler
01:08:32encore une fois
01:08:33une chose
01:08:35claire
01:08:36à ceux qui nous gouvernent,
01:08:37c'est qu'il n'y aura pas
01:08:38de stabilité
01:08:38dans ce pays
01:08:39tant qu'il n'y aura
01:08:39pas de justice.
01:08:41Et que l'écologie
01:08:42n'est pas
01:08:43et n'a jamais été
01:08:44contre les emplois.
01:08:45elle est plutôt
01:08:47sa condition
01:08:47sine qua non
01:08:48pour que nos emplois
01:08:50soient dignes,
01:08:51pour que nos emplois
01:08:51soient stables
01:08:53et pour que
01:08:54les emplois
01:08:55des générations
01:08:56à venir
01:08:57existent.
01:08:59Je rappellerai juste
01:09:00qu'on ne les laissera pas
01:09:01nous envoyer
01:09:02au front d'une guerre
01:09:03qu'on n'a pas
01:09:03nous-mêmes déclarée.
01:09:04Aujourd'hui,
01:09:05les 10%
01:09:05les plus riches
01:09:07de la population
01:09:07sont responsables
01:09:08de la moitié
01:09:09des émissions
01:09:10de gaz à effet de serre
01:09:11de ce pays
01:09:11et pourtant,
01:09:12ils sont protégés
01:09:12de leurs effets
01:09:13dans des tours de verre.
01:09:15Le 18,
01:09:16j'espère qu'on sera
01:09:17nombreux et nombreuses
01:09:18pour rappeler
01:09:19que ce cirque-là
01:09:20est fini,
01:09:21qu'on n'est plus dupe,
01:09:23qu'il ne s'agit pas
01:09:24des écologistes
01:09:25contre les travailleurs
01:09:26de Tefal,
01:09:27qu'il ne s'agit pas
01:09:27des écologistes
01:09:28contre les travailleurs
01:09:29même de Total.
01:09:31Au contraire,
01:09:31j'étais sur leur piquet de grève
01:09:33le 10,
01:09:33je serai à nouveau
01:09:34sur leur piquet de grève
01:09:35le 18.
01:09:37On est ensemble
01:09:38et je vous invite
01:09:39vraiment à être là
01:09:40pour rappeler
01:09:41qu'on ne laissera
01:09:42aucune stabilité
01:09:43dans ce pays
01:09:43tant qu'il n'y aura
01:09:44pas de justice.
01:09:46Rendez-vous et prie.
01:09:57Sophie Binet.
01:09:58Alors,
01:09:59un argument,
01:10:00ça va être compliqué
01:10:00avant d'aller fêter
01:10:02les 130 ans
01:10:02de la CGT.
01:10:04d'abord,
01:10:05moi,
01:10:05ce que je veux dire,
01:10:06c'est que
01:10:06les luttes perdantes,
01:10:07ça n'existe pas.
01:10:09On ne gagne pas toujours
01:10:10sur nos revendications
01:10:11ou sur l'ensemble
01:10:12de nos revendications,
01:10:13mais on gagne toujours
01:10:14sur l'essentiel,
01:10:15sur la dignité.
01:10:21Se mobiliser le 18,
01:10:22c'est relever la tête
01:10:23alors qu'on nous force
01:10:24à baisser les bras
01:10:25chaque jour.
01:10:26Et donc,
01:10:27le point très important,
01:10:28Mickaël a dit
01:10:28un truc très important,
01:10:29il est universitaire,
01:10:31il passe dans les médias
01:10:32très tard,
01:10:33très souvent,
01:10:33etc.
01:10:34Mais il a dit
01:10:35quelque chose
01:10:35de très important
01:10:36que j'aimerais entendre
01:10:37plus souvent
01:10:37dans la bouche
01:10:38des universitaires,
01:10:39c'est moi,
01:10:40je vais aller travailler
01:10:41avec mes collègues
01:10:42pour les faire venir
01:10:42le 18.
01:10:44Parce que,
01:10:44en fait,
01:10:45pour gagner un grand 18,
01:10:46il faut arrêter
01:10:47de penser en délégataire.
01:10:49Il faut arrêter
01:10:49les cheminots,
01:10:50les dockers,
01:10:51les raffineurs,
01:10:52raffineuses
01:10:52qui sont ici
01:10:53en ont ras-le-bol
01:10:54qu'à chaque fois,
01:10:55on compte sur eux
01:10:56ou sur elles
01:10:56pour bloquer le pays.
01:10:58Applaudissements
01:11:03Trop souvent,
01:11:04la grève générale,
01:11:05ceux qui en parlent
01:11:05le plus,
01:11:06c'est ceux
01:11:06qui ne la font pas du tout.
01:11:08Donc,
01:11:08ce qu'il faut
01:11:09pour gagner la grève,
01:11:10la généralisation
01:11:11de la grève,
01:11:11c'est la faire
01:11:12chacune et chacun
01:11:13et la gagner
01:11:14avec nos collègues.
01:11:15C'est ce débat
01:11:16qu'il faut porter
01:11:17pour préparer le 18
01:11:18et les jours d'après.
01:11:19Et comme on le sait,
01:11:20le 18 au soir,
01:11:22on aura déjà gagné beaucoup
01:11:23mais on n'aura pas tout gagné.
01:11:24Ce qu'il faut,
01:11:25c'est s'organiser
01:11:26pour lutter dans la durée.
01:11:27Et pour lutter dans la durée,
01:11:29il faut se syndiquer.
01:11:30Il faut syndiquer
01:11:32toutes celles et ceux
01:11:32qui ne le sont pas encore.
01:11:35Applaudissements
01:11:36C'est comme ça
01:11:37qu'on prendra la main
01:11:38dans la durée
01:11:39face au patron
01:11:39et qu'on reprend la main
01:11:41sur les lieux de travail.
01:11:42Alors,
01:11:43allons-y
01:11:43et puis allons faire la fête
01:11:45pour fêter les 130 ans
01:11:46de la CGT ensemble
01:11:47et puis préparer
01:11:48les 130 prochaines années.
01:11:52Applaudissements
01:11:52Merci,
01:11:53merci à nos invités.
01:11:54Lucas Chancel,
01:11:55je rappelle que,
01:11:56je ne l'ai pas dit d'ailleurs,
01:11:58qu'il sort un nouveau livre
01:12:00qui s'appelle
01:12:00Énergie et inégalité,
01:12:02une histoire politique
01:12:03au seuil le 3 octobre.
01:12:04Donc tous à vos librairies.
01:12:06Merci beaucoup
01:12:07à Mickaël Zemmour,
01:12:09merci beaucoup
01:12:10à Camille Etienne,
01:12:12bon voyage après
01:12:13vers le Brésil
01:12:14et merci à vous,
01:12:15Sophie Binet,
01:12:16pour l'invitation.
01:12:17Merci à vous
01:12:18d'être aussi nombreux
01:12:19et au concert de la CGT.
01:12:22Et demain,
01:12:23on refait des débats.
01:12:24Revenez très nombreux.
01:12:25Merci beaucoup.
01:12:25Merci beaucoup.
01:12:25d'avoir regardé cette vidéo !