00:00C'est la barbarie qui est chez nous, la barbarie qui est entrée dans notre civilisation et qui nous décivilise
00:05chaque jour davantage.
00:07Le récit de Pascal Praud se complique, les cinq coupables du meurtre de Louis sont tous français et majoritairement blancs.
00:12La récupération politique a essayé de faire l'extrême droite tombe à l'eau.
00:15Pour rappel, dans la nuit du 19 au 20 juin, Louis, 17 ans, a été attiré dans un guet-apens
00:20et roué de coups par cinq autres jeunes.
00:21Ses agresseurs ont filmé toute la scène avant de le laisser pour mort et Louis est décédé de la suite
00:25de ses blessures quatre jours plus tard.
00:26Cette scène insupportable a évidemment été reprise par l'extrême droite qui a tenté d'en faire un symbole de
00:31l'ensauvagement de la jeunesse pour faire avancer ses pions sécuritaires.
00:35Alors pourquoi a-t-on le prénom de Louis et pas le prénom des autres ? C'est politique d
00:40'anguillement.
00:40Pendant le week-end, des groupes identitaires se sont rassemblés, notamment à Narbonne lors d'une manifestation organisée le 28
00:45juin.
00:46Justice pour Louis ! Justice pour Louis !
00:49La France, c'est nous, racaille partout, justice nulle part, français réveille-toi, ici tu es chez toi.
00:54Les pancartes et slogans inscrivant ce meurtre dans un discours identitaire se sont multipliés.
00:58En essayant de nous imposer ce récit, l'extrême droite nous empêche de voir ce qui se joue vraiment dans
01:01le meurtre de Louis.
01:02Comme le dit très bien la militante au vert de Rimbaud, ce qui se joue dans cette affaire n'est
01:05pas un prétendu ensauvagement de la jeunesse,
01:07mais bien un échec collectif lié à l'abandon d'une partie des jeunes, notamment par l'État et la
01:11reproduction de la violence.
01:13Parler d'ensauvagement, c'est faire comme si cette violence surgissait de nulle part.
01:16Comme si elle relevait de la nature de certains individus ou d'une génération entière.
01:19Or, cette lecture évite de s'interroger sur les conditions sociales qui rendent possibles ces violences.
01:23Les défaillances de la protection de l'enfance, le manque de moyens des services éducatifs et sociaux,
01:27la précarité, les violences déjà subies par certains jeunes,
01:30ou encore des formes de socialisation qui banalisent la domination et l'humiliation.
01:33Chacun est responsable de ses actes, évidemment.
01:36Mais si on n'interroge jamais ce qui rend un groupe violent ou une société malade,
01:38surtout quand il s'agit de jeunes, on ne va jamais très loin.
01:41En d'autres termes, le récit de l'ensauvagement essentialise et individualise la violence,
01:44là où il faudrait essayer de comprendre les mécanismes qui la produisent.
01:47Il occulte les responsabilités institutionnelles et politiques.
01:50Et résultat, on parle davantage d'identité, d'immigration, de répression,
01:53plutôt que de prévention, de protection de l'enfance,
01:55et des politiques publiques qui pourraient empêcher que ce type de drame se produise.