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  • il y a 8 heures
La saison des primaires pour les élections de mi-mandat de novembre prochain aux États-Unis arrive à son terme. Quelles sont les chances des démocrates ? Assistons-nous à un virage à gauche du parti bleu ? Trump peut-il perdre sa majorité au Congrès ? On fait le point sur toutes ces questions avec Christophe Deroubaix au micro de Rachel Garrat-Valcarcel.

00:00 Introduction, primaires républicaines
04:45 Primaires démocrates : un virage à gauche ?
23:34 La colère contre le leadership démocrate
31:28 Panorama des midterms : Chambre des représentants et Sénat
39:38 Regard vers 2028 : Alexandria Ocasio-Cortez et la gauche

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Transcription
00:01La saison des primaires aux Etats-Unis en vue des élections de mi-mandat début novembre touche à sa fin.
00:08Et c'est donc l'occasion de faire un point avec notre spécialiste des Etats-Unis au service Monde de
00:13l'Humanité, Christophe Devoubet.
00:15Salut Christophe.
00:16Salut, ça va ?
00:18On va commencer, une fois n'est pas coutume, peut-être par les Républicains, puisque c'est l'actualité de
00:23la nuit de mardi à mercredi.
00:25Il y avait des primaires notamment en Caroline du Sud pour en particulier trouver une candidate en l'occurrence de
00:33remplacement au sénateur à l'Instagram.
00:37Grand allié de Donald Trump après avoir été l'un de ses grands opposants, mais qui est décédé début juillet.
00:43C'est ça, tout simplement sa sœur qui l'a emporté.
00:46En famille.
00:47En famille.
00:48À la Trump.
00:49Donc oui, Donald Trump avait soutenu Darlene Graham, qui est la sœur de l'Instagram, comme tu le disais, qui
00:55a 61 ans, qui n'avait jamais fait de politique.
00:57Ça s'est un peu vu dans les débats.
00:59Ça s'est un peu vu dans un débat notamment où, alors il faut savoir qu'elle est candidate pour
01:03le Sénat, qui est la chambre haute la plus puissante au monde,
01:07et qui a beaucoup de pouvoir en matière de politique étrangère.
01:09Et pendant le débat, elle a dit, vous savez, moi je ne suis pas autant formé que ça en matière
01:13de sécurité nationale, ce qui est quand même un peu embêtant.
01:16Qui était en plus plutôt la spécialité de son frère.
01:18Ah bah totalement.
01:19Et qui était un faucon absolu au sein du parti républicain.
01:24Et donc comme Donald Trump avait apporté son soutien à Darlene Graham, et que c'était un peu...
01:30Le premier tour n'était pas bon pour elle, elle a fait 32 points, derrière il y avait un député
01:34qui avait 10 ans d'ancienneté, Norman, avec 24 points, c'était compliqué.
01:38Donc il est allé la défendre sur place.
01:40C'était un peu une sorte de thèse pour savoir si l'onction de Donald Trump est toujours quasiment miraculeuse.
01:46Parce qu'il était un peu contesté dans d'autres primaires avant.
01:49Bon, elle l'a emporté finalement, 52%, 48%.
01:53Et notamment, elle l'a emporté dans une région du sud de la Caroline du Sud.
02:00Donc la Caroline du Sud, c'est un état républicain du sud profond, très républicain, qui restera républicain.
02:05Ce n'est pas du tout un swing state.
02:06Et elle l'a emporté à Milterbeach, là où l'un de ses opposants avait fait un bon score, le
02:10troisième du premier tour, et où Trump était allé faire le meeting.
02:15Donc ça continue à avoir du poids, le soutien de Donald Trump au sein du parti républicain.
02:21Néanmoins, si on prend du recul sur la saison des primaires chez les Républicains, c'est un soutien qui est
02:28un peu moins payant qu'avant quand même.
02:30Oui, il y a un peu plus... Le bloc reste toujours présent, mais il commence à y avoir des fissures.
02:35Il y a notamment, il y a pas mal de candidats qu'il a soutenus, pas énormément, mais quand même
02:41assez symboliques.
02:41Dans le Wyoming, qui est un état des grandes plaines, rurales, ultra-républicains, c'est l'un des plus républicains
02:47du pays.
02:49Et où la candidate qu'il soutenait a été battue par un autre candidat, un conservateur également.
02:55Il n'était pas battu par la gauche, par le premier républicain.
02:58Ce n'est pas des victoires de républicains modérés.
03:00Non, absolument pas.
03:04En Floride également, il a soutenu un candidat qui a été...
03:07L'État, le home state désormais d'Anneux.
03:09Voilà, alors il habite là, et puis alors qu'il est devenu aussi un état très républicain.
03:13Ce n'est plus du tout un swing state, la Floride.
03:16Et il y a au moins trois de ces candidats qu'il a soutenus, qui ont été battus.
03:21Voilà, donc il y a quand même des...
03:24Il y a un peu du mou dans l'accord d'Anneux, mais ça reste quand même un peu...
03:28Ça reste solide.
03:30La coalition républicaine reste solide, et c'est ce qu'on voit un peu dans le dernier sondage, par exemple,
03:34qu'a sorti Reuters et Ipsos, il y a deux jours, hier, non, non, sur la cote de popularité de
03:39Donald Trump.
03:40C'est à la fois le président le plus impopulaire de l'histoire de ces sondages dans l'opinion publique,
03:46la population générale, mais le plus populaire au sein de son propre parti.
03:50Ce qui dit aussi que les républicains, par équation, ne sont pas majoritaires dans ce pays,
03:56et qu'il y a un produit assez logique, d'une certaine façon, de la polarisation politique,
04:01où les deux blocs, électoraux, démocrates et républicains, sont assez à la fois imperméables.
04:09Ce sont un peu les indépendants au milieu qui sont un peu juges de paix, quoi.
04:12Oui, mais les vrais indépendants...
04:14Alors, il y a beaucoup de gens qui...
04:16De plus en plus d'États-Unis se déclarent indépendants,
04:19mais quand on leur demande après, vous êtes indépendant, mais vous penchez plutôt démocrate ou républicain,
04:23après, quand on réassort le truc, il y a les vrais indépendants.
04:27Ça me fait penser à un article de New York Times, il y a deux ans, je crois,
04:30à la présidentielle 2024, où le New York Times posait une question à un sondeur sur les indépendants,
04:35et il dit « Vous voulez que je vous donne leur nom ? »
04:37Parce que je les ai... On est presque là.
04:39C'était assez drôle, ça m'avait fait rire.
04:41Oui, c'est de dire la polarisation dans la société américaine.
04:43Oui, oui, totale, totale, voilà.
04:45Voilà pour les républicains.
04:48Il y a eu aussi une grosse saison des primaires pour les démocrates.
04:53Et là, il y a clairement eu une tendance depuis quelques mois.
04:57Est-ce qu'on peut même carrément parler de virage à gauche,
05:02ou en tout cas de vraie contestation à gauche ?
05:04Il y a eu des vrais succès de l'aile gauche du Parti démocrate.
05:07Je dis « aile gauche » parce qu'on a beaucoup parlé du DSA,
05:09les démocrates socialistes of America,
05:11mais ce n'est pas forcément que des candidats du DSA
05:13qui ont réussi à l'emporter contre des candidats de ce qu'on appelle
05:16l'establishment démocrate.
05:18Oui. Alors globalement, on va mettre dans l'aile gauche,
05:23ou la gauche, c'est un peu différent.
05:25On va mettre à la fois les candidats qui sont membres du DSA,
05:28donc qui sont des socialistes proclamés,
05:30qui sont membres d'une organisation politique indépendante du Parti démocrate,
05:33mais qui ont fait le choix stratégique de participer
05:35aux primaires du Parti démocrate pour peser.
05:38On compte des socialistes type Sanders,
05:42qui ne sont pas membres du DSA.
05:43On compte des vrais progressistes type Abdoul El-Sayed,
05:47le candidat démocrate qui a gagné la primaire pour le poste de sénateur dans le Michigan.
05:51Et on ajoute ce qu'on appelle des populistes aux États-Unis.
05:54Je rappelle que la connotation est positive.
05:56C'est même les États-Unis qui ont inventé ça à la fin du 19e siècle.
06:00C'est un peu l'équivalent de progressisme.
06:02Donc tout ça, on appelle ça globalement l'aile gauche de la coalition démocrate.
06:07Il y a eu clairement une vague.
06:10CNN, New York Times ont écrit sur le sujet.
06:16On ne peut pas encore parler de virage à gauche.
06:18On n'est pas encore à ce stade de masse critique, il me semble,
06:20pour parler de virage à gauche.
06:22Mais clairement, l'establishment a subi un certain nombre de défaites assez cuisantes.
06:27Je ne sais pas si on en parle de quelques-unes.
06:29Partons peut-être d'abord du « earth land » de cette aile populiste ou progressiste.
06:37C'est New York.
06:39Tout le monde se souvient que depuis, en novembre dernier,
06:42Zoran Mabdani est devenue maire de New York
06:45après avoir brillamment remporté la primaire chez les démocrates.
06:48C'est un membre du DSA.
06:51Et il a fait le choix, parce que ça peut être éventuellement aussi un risque,
06:55d'endosser des candidats à la primaire dans des districts,
07:00dans des circonscriptions pour la Chambre basse,
07:02la Chambre des représentants aux Etats-Unis à New York,
07:05y compris contre des sortants démocrates.
07:07Et là, il a fait un grand chelème.
07:10Il a en fait confirmé sa victoire.
07:11Grand chelème, c'était en juin.
07:13C'est un peu l'acte 1 de la montée en puissance de la gauche,
07:18ou de l'aile gauche, comme on veut.
07:20Donc, en effet, Zoran Mabdani a décidé d'investir du capital politique
07:24dans la législative.
07:27Certains auraient pu penser qu'il était maire,
07:29il s'occuperait simplement des affaires de l'Amérique.
07:32Encore une fois, ça peut être un risque,
07:33parce que si vos candidats perdent,
07:34vous perdez ce capital politique investi.
07:36Oui, c'était un risque, d'autant qu'il n'en a pas endossé.
07:41Je ne sais pas si on dit comme ça en français,
07:42mais le terme américain, c'est endossment,
07:44c'est le soutien officiel.
07:48Et ce n'était pas une ou deux, c'était trois.
07:50Trois dans trois circonscriptions qui sont un peu différentes,
07:53vite fait peut-être.
07:55Il y avait deux membres du DSC,
08:00donc il y avait Claire Valdez,
08:02qui est une figure connue, installée du paysage politique.
08:08Parce que souvent, c'était quand même déjà des élus locaux du coin.
08:10Oui, il n'y a pas de génération spontanée,
08:13c'était depuis 2018, 2020.
08:14Qui se construisent clairement.
08:17Donc Claire Valdez a gagné.
08:20Daria Lisa, à Villa Chevalier,
08:23dans une circonscription du nord de Manhattan,
08:25enfin, partie de Harlem et du Bronx,
08:28c'était beaucoup moins prévu,
08:30parce qu'elle faisait face à un sortant,
08:32qui était le président du caucus hispanique à la chambre,
08:35espayate,
08:36et qui est plutôt considéré comme un progressiste.
08:39elle l'a battu, à la surprise générale.
08:41Et puis, dans le troisième cas,
08:42c'était Brad Lander,
08:45qui l'avait concurrencé,
08:46mais qui avait été en même temps son allié dans la campagne municipale,
08:49qui a battu un député sortant,
08:53Dan Goldman,
08:53dans la circonscription aux Etats-Unis,
08:56où on compte, vous savez, aux Etats-Unis,
08:57on a des statistiques ethniques,
08:59et puis ça compte aussi dans la politique,
09:01ce qu'on appelle les politiques d'identité.
09:02Très précise, ces statistiques.
09:04Ah oui, hyper précise.
09:05Et c'est la circonscription,
09:07il y a le plus d'électeurs GIF dans le pays.
09:10Et donc...
09:11Brad Lander, il a des positions
09:12qui ne sont pas du tout celles du Parti démocrate,
09:14en tout cas de la direction du Parti démocrate,
09:16sur le génocide à Gaza.
09:17Exactement, il parle de génocide à Gaza,
09:19il demande de cesser les livraisons d'armes à Israël.
09:24Et donc, dans cette circonscription-là,
09:25il l'a battu très largement,
09:26le député sortant,
09:28Dan Goldman, 64-36,
09:30je crois, ou quelque chose comme ça.
09:32Ça, c'est pour New York.
09:33Mais là, les commentateurs se sont dit,
09:35bon, New York, c'est New York.
09:38Il y a ce fameux commis corridor
09:40qui est décrit depuis quelque temps,
09:43une partie très très à gauche désormais de New York,
09:46une ville évidemment tentaculaire.
09:47Sauf que, assez vite,
09:49ces victoires, elles se sont confirmées
09:50dans d'autres circonscriptions ailleurs dans le pays,
09:56y compris des circonscriptions, des endroits.
09:59Parce que jusque-là,
10:00et c'est le cas de Alexandria Ocasio-Cortez,
10:03ça se passe dans des circonscriptions
10:04qui sont très à gauche,
10:06la plupart du temps imperdables pour les démocrates,
10:08dans le cœur des grandes métropoles.
10:10Là, c'est plus toujours le cas,
10:12ça a fait tâche d'huile un peu ailleurs.
10:14Alors, petit un petit mot,
10:16parce que tu as cité le commis corridor,
10:17il faut qu'on dise aux auditeurs de quoi il s'agit.
10:19C'est un terme qui a été créé par un politologue,
10:23je ne sais pas exactement quel est son statut,
10:24mais je le suis,
10:25il s'appelle Michael Lange.
10:26Alors, le commis corridor,
10:27c'est référence aux communistes, en fait.
10:29Et en fait, c'est cette bande
10:31qui part du Queen jusqu'à Brooklyn
10:33et qui est l'épine dorsale
10:35de l'électorat socialiste à New York.
10:39C'est là que...
10:40Mme Daniel l'a emporté.
10:41Mme Daniel a construit sa victoire.
10:44Et par jeu et par ironie,
10:47il appelait ça le couloir communiste.
10:49Oui, parce que c'est un...
10:49Comment dire ?
10:50Commis, c'est un peu péjoratif.
10:52Je ne sais pas si c'est le mot,
10:53mais en tout cas, c'est un...
10:54Coco.
10:55On dirait coco.
10:56Oui, c'est le couloir coco.
10:57Voilà, le couloir coco.
10:59Donc, c'est assez drôle.
11:00Et le couloir coco, c'est en bon.
11:01Ça, c'est pour New York.
11:02Et après, oui, il y a eu des victoires.
11:04Alors, donc, disait,
11:05mon observateur disait,
11:07ça ne concerne que vraiment une bulle,
11:09le New York 15.
11:11Alors, il y a un politologue
11:12avec lequel je travaille assez régulièrement
11:14qui s'appelle Tristan Cabello,
11:15qui a sorti un livre sur la victoire de Mamdani
11:17et qui disait qu'on croit que New York
11:19est une île et un côté insulaire.
11:23Et lui, il défend la thèse absolument opposée.
11:26Il dit...
11:27Alors, je résume un peu pour aller vite.
11:28Il dit qu'au contraire,
11:30c'est plutôt un annonciateur
11:32ou voire une avant-garde
11:34quelque chose de totalement isolé
11:36et en dehors de la réalité américaine.
11:38Et après, il y a eu des victoires,
11:39donc un peu partout.
11:40Il y a eu Mélade Kiros à Denver,
11:42Chris Rabe à Philadelphie.
11:45La particularité quand même
11:47de ces autres victoires,
11:49puis après dans le Michigan,
11:50toujours au législatif,
11:51à Détroit et à Ann Arbor,
11:54la grande ville universitaire,
11:56quand même toujours des victoires
11:57dans des circonscriptions très démocrates.
11:59C'est-à-dire, en gros,
12:01l'électorat démocrate sait
12:02qu'en novembre prochain,
12:04ce sera un député démocrate.
12:05Et c'est une sorte de congrès.
12:07Pour aller vite,
12:07cette primaire,
12:08ça fait office de congrès.
12:09Quelle est la ligne ?
12:10Est-ce que vous voulez
12:10une ligne modérée, centriste,
12:12qui est peut-être plus à même
12:13d'être élu à l'élection générale
12:15au plan national ?
12:16Ou est-ce que vous voulez
12:17quelqu'un qui est plus à gauche,
12:18qui est plus radical,
12:19avec des propositions
12:21de la plateforme de Bernie Sanders
12:23pour aller vite ?
12:24Et il y a le joyeux de la couronne
12:27de cette saison des primaires
12:28pour les progressistes.
12:29C'est pour la première fois
12:32une victoire à l'échelle d'un État
12:34pour une primaire sénatoriale
12:36dans un swing state,
12:38le Michigan,
12:40avec la victoire,
12:41je crois que c'était début août,
12:44d'El Sayed
12:44contre une candidate
12:46de l'establishment démocrate
12:49qui...
12:49Alors, je ne sais pas
12:50quel est le rapport de dépense
12:52entre Ayla Stevens
12:54et Abdel El Sayed.
12:55Enfin, voilà,
12:55elle avait beaucoup plus d'argent en main
12:57pour faire campagne.
12:58Et c'est quand même lui
12:59qui l'a emporté.
13:00Emporté, oui.
13:011 à 6.
13:02Elle a dépensé 62 millions...
13:0462 ou 64 millions.
13:05C'est des chiffres,
13:06évidemment,
13:07ahurissants.
13:07Je vous rappelle qu'en France,
13:08le maximum,
13:09quand vous êtes au deuxième tour
13:10de la campagne présidentielle,
13:11c'est 22 millions d'euros.
13:13Voilà.
13:13Là, on est dans une primaire démocrate,
13:1660 millions d'euros
13:17pour une seule candidate,
13:18c'est évidemment délirant.
13:19Oui, totalement délirant.
13:20Donc, il a surmonté ça.
13:21Il a surmonté le soutien apporté
13:24à Ayla Stevens
13:24par tout l'establishment démocrate.
13:27Le sénateur sortant démocrate
13:28et la gouverneure,
13:31Gretchen Whitmer,
13:31avaient dit
13:32on n'apportera pas notre soutien,
13:33les électeurs décideront.
13:34Puis, quand ils ont vu
13:35la montée en puissance
13:36d'Abdel El Sayed,
13:37ils ont fini par apporter
13:38leur soutien à Ayla Stevens.
13:40Donc, lui, il l'a emporté
13:41de peu, de quelques milliers de voix.
13:44Plutôt moins que les sondages
13:45lui annoncés.
13:46Ce qui a fait dire aux gens
13:47ah, finalement,
13:47peut-être qu'il n'est pas si fort, mais...
13:49Oui.
13:50Finalement, c'est une déception.
13:51Il n'a pas gagné de 20 points.
13:52Il a gagné de 0,3 points.
13:54Mais à l'échelle d'un État
13:55qui n'est pas n'importe quel État,
13:57c'est le 10e État le plus peuplé,
13:58c'est un swing state.
14:00Voté Trump en 2016 et 2024,
14:02mais Biden en 2020.
14:04Exactement.
14:05Bernie Sanders l'avait emporté
14:06lors des primaires en 2016 aussi.
14:08Voilà.
14:08Donc, c'est un État clé.
14:10Absolument clé.
14:11Et donc, là, pour la première fois,
14:12on n'est plus dans une circonscription
14:14urbaine, d'un hyper-centre,
14:15avec, pour faire la caricature,
14:18ce n'est pas pour faire le débat,
14:18mais des Blancs libéraux
14:21ou progressistes ou socialistes,
14:22même maintenant hyper-diplômés.
14:24Ce n'est pas du tout ça.
14:24Ce n'est pas une circonscription de bobos,
14:26on dirait ici.
14:27Oui.
14:28Pas le terme, mais...
14:29Non, non.
14:29On se comprend.
14:30C'est le mot référence.
14:31Oui, absolument pas.
14:32Non, on est à l'échelle
14:33d'États très divers.
14:34Il y a un électorat africain-américain
14:35très puissant à Denver.
14:38À Denver aussi.
14:38À Detroit.
14:40Juste dans la banlieue,
14:41à Dearborn,
14:42arabe-américain,
14:44arabe et musulman,
14:46très rural dans le nord de l'État.
14:48D'ailleurs,
14:48on a beaucoup insisté
14:50sur le fait qu'Abdoul el-Sayed,
14:53dont les prises d'opposition
14:54sont conformes à la plateforme
14:57de Bernie Sanders,
14:58c'est-à-dire ça va
14:58de Medicare for All,
14:59système de santé universel,
15:01à la décension du génocide à Gaza.
15:03Elle l'avait emporté,
15:05notamment,
15:07très fortement,
15:08à Dearborn,
15:09donc l'endroit où il y a
15:11une immense majorité
15:13d'électeurs d'origine arabe.
15:15Et quand tu regardes la carte
15:17un peu du Michigan,
15:17il a aussi gagné dans des endroits
15:19et dans les villes universitaires.
15:20Dans des endroits ruraux.
15:20Mais aussi dans le ruraux,
15:21bien sûr,
15:22beaucoup plus que...
15:23Dans le Luper Michigan.
15:26Oui, le truc qui est tout au nord,
15:28là où il fait toujours froid,
15:29il neige,
15:29et à côté du lac.
15:32Il y a eu aussi
15:33quelques autres endroits
15:35où il y a de l'enjeu.
15:36Je pense à des élections municipales.
15:37Je pense à Los Angeles,
15:38par exemple,
15:40où là, pour le coup,
15:41l'élection mettra aux prises,
15:43début novembre,
15:44deux candidats démocrates,
15:46la sortante,
15:47qui est plutôt une modérée,
15:48et j'ai oublié son nom,
15:49Nitya Rahman,
15:50la candidate socialiste.
15:51Qui, au premier tour,
15:52a fait un score
15:53assez, très honnête,
15:55qui laisse espérer
15:56qu'elle est compétitive.
15:57Oui.
15:58Un petit mot encore
15:58sur la sénatoriale,
15:59parce qu'après,
16:01Abdul Saïed,
16:02dans le Michigan,
16:03il y a eu,
16:03la semaine suivante,
16:04Peggy Flanagan,
16:05qui n'est pas membre du DSC,
16:06mais qui était soutenu
16:07par Bernie Sanders
16:08et Alexandria Ocasio-Cortel,
16:09je crois,
16:10les deux avaient apporté
16:10le soutien,
16:11a remporté sa primaire
16:12pour la sénatoriale aussi,
16:14et,
16:15encore une semaine après,
16:16dans quelle état tu nous appelais ?
16:17Minnesota.
16:18Minnesota.
16:19Donc, il y a aussi
16:20un état du nord
16:21du système des Grands Lacs.
16:22Oui.
16:22Et puis, évidemment,
16:23avec la symbolique de Minneapolis,
16:24c'est ce qui s'est passé
16:25avec l'Ice,
16:26cinq ans après George Floyd,
16:27en 2020,
16:29et la Floride,
16:30où c'est une socialiste également,
16:32Angie Nixon,
16:33qui a remporté
16:34la primaire démocrate.
16:35Bon, là,
16:35a priori,
16:36il n'y a aucune chance
16:36qu'elle devienne sa sénatoriale.
16:37Mais là aussi,
16:38à la surprise générale,
16:39elle l'a emporté.
16:39Donc, pour la première fois,
16:41il y a trois candidats,
16:43dont deux candidates,
16:44qui ont gagné leur primaire
16:46dans des élections
16:47pour le Sénat,
16:47qui est considéré
16:48comme l'élection
16:49la plus compliquée
16:49pour des gens de gauche,
16:51la plus sélective.
16:53Il y a quand même eu aussi
16:54quelques échecs,
16:57à moins que tu voulais
16:57ajouter un truc avant.
16:59Non,
16:59je vais répondre
17:00à la municipale,
17:02mais...
17:02Los Angeles.
17:04Oui,
17:04Los Angeles.
17:05Alors, bon,
17:05Zoran Mdani
17:06est maire de New York,
17:07on le sait,
17:07les membres du DSC.
17:08La maire de Seattle,
17:10Cathy Wilson,
17:11est également socialiste.
17:13En novembre prochain,
17:16Washington DC,
17:17la capitale fédérale,
17:18aura une maire socialiste,
17:19Janice Lewis-George,
17:21qui a gagné sa primaire.
17:22Et bon,
17:22comme c'est une ville
17:22qui vote à...
17:2495% démocrate.
17:25Donc voilà.
17:26Et à Los Angeles,
17:28donc ça c'est fait,
17:28donc les socialistes
17:29dirigeront New York,
17:32Washington et Seattle,
17:34sachant qu'on a des villes
17:36comme Chicago ou Boston
17:38qui sont dirigées
17:38par des démocrates
17:40très très progressistes.
17:41Pas tout simplement
17:42un peu,
17:42je suis un peu libéral,
17:44vraiment très progressiste.
17:44Et alors,
17:45il y a un enjeu
17:45à Los Angeles,
17:46c'est que la maire sortante
17:47et une ancienne députée,
17:48Karen Bass,
17:50c'était,
17:51a priori,
17:52tout le monde a annoncé
17:53tout cuit.
17:54Et puis,
17:55c'est sorti
17:56de manière un peu
17:58de briquet de broc,
17:59que Nitya Rahman,
17:59qui est conseillère municipale,
18:00qui a déclaré sa campagne
18:02très tardivement
18:03après avoir apporté
18:04son soutien officiel
18:05à Karen Bass.
18:06Ah oui ?
18:07Oui,
18:07elle est sortie,
18:08elle-même n'a pas eu
18:09l'endorsement du propre DSC
18:11et les conseillers municipaux
18:12d'ISC
18:12ont apporté leur soutien
18:14à Karen Bass
18:14et non pas à Nitya Rahman.
18:15Donc tu te dis
18:16c'est une campagne,
18:17bon,
18:17elle va se planter.
18:18Et au premier tour,
18:19elle fait 30 points.
18:20En disant,
18:20il se passe un truc là.
18:21Et Karen Bass fait 35 points
18:23et elle a fait un débat
18:24catastrophique,
18:25Karen Bass,
18:26la semaine dernière.
18:28Et donc,
18:29comment ça...
18:30Enfin,
18:30c'est au coude à coude là.
18:32Donc ça,
18:33ce sera à voir
18:33lors de l'élection générale.
18:36Venons-en quand même aussi,
18:37il y a eu des échecs,
18:38des ratés.
18:41Je pense que le plus important,
18:44le plus fort sans doute,
18:45celui du Maine,
18:46or,
18:47c'est un État vraiment clé
18:48dans la course au Sénat
18:50pour que les démocrates
18:50obtiennent une majorité.
18:51Est-ce que c'est un État
18:52qui est plutôt démocrate ?
18:55C'est un État de Nouvelle-Angleterre,
18:57mais qui est représenté
18:58depuis très longtemps
18:59par une républicaine
19:02dite modérée,
19:03mais qui finalement
19:03a toujours été là pour Trump
19:06quand il en avait besoin,
19:06Suzanne Collins.
19:08À chaque fois qu'elle est renouvelable,
19:10les démocrates se disent
19:10qu'ils vont pouvoir le faire.
19:12Et là,
19:12ils avaient désigné
19:14Graham Plattner,
19:16un ostréiculteur,
19:17si je ne me trompe pas,
19:20mais énorme sortie de route
19:22pour lui.
19:22Énorme sortie de route pour lui,
19:23oui.
19:24C'était vraiment très intéressant
19:25ce qui se passait
19:26dans le Maine,
19:27c'est-à-dire que Graham Plattner
19:28était sorti d'un peu nulle part,
19:29ostréiculteur,
19:30ancien vétéran
19:31président de l'Irak,
19:33qui racontait aussi
19:34comment il avait été
19:34victime de chocs post-traumatiques.
19:37Et donc,
19:38il avait remporté
19:38la primaire démocrate
19:40en battant,
19:41même pas en battant,
19:42parce qu'elle avait
19:43renoncé avant
19:44la gouverneure,
19:45Janet Mills,
19:46la gouverneure
19:46qui avait été choisie
19:47par l'establishment démocrate
19:49et par Chuck Schumer,
19:50le chef des démocrates
19:51au Sénat.
19:52Et donc,
19:52il avait gagné
19:53sans concurrence.
19:54Et puis,
19:55il y a eu des accusations,
19:57une première accusation
19:58d'agression sexuelle,
20:01puis deuxième
20:04par une de ses anciennes
20:05petites amies.
20:08Et donc là,
20:08il a démissionné,
20:10enfin,
20:10il a démissionné,
20:11il a dit qu'il mettait
20:11en poste sa campagne,
20:12mais en fait...
20:13C'est l'hypocrisie
20:14pour dire qu'on s'arrête.
20:16Ouais, ouais, ouais.
20:17Et donc,
20:17il y a eu un gros débat,
20:19mais il y a eu un débat
20:19au sein de la gauche étatsunienne
20:23sur le sujet
20:24parce qu'on ne peut pas
20:25s'empêcher de constater
20:27que Bernie Sanders
20:28a apporté son endorsement
20:31à Graham Plattner,
20:32mais pas à Alexandria Ocasio-Cortez.
20:34Or, en général,
20:35les deux, maintenant,
20:36vont de pair
20:36depuis le tour
20:37sur l'oligarchie
20:38qui a commencé
20:38il y a un an et demi,
20:39où Bernie Sanders
20:40a lancé ça
20:40après la deuxième élection
20:43de Donald Trump
20:43et a invité Alexandria Ocasio-Cortez
20:45dans ce que tout le monde
20:46a compris
20:46comme un passage de relais,
20:48d'autant qu'après,
20:49on a su qu'ils partageaient
20:50désormais leur staff,
20:53Bernie Sanders
20:54a donné son staff
20:54à Alexandria Ocasio-Cortez,
20:56donc c'est assez clair.
20:56Donc les deux vont
20:58Mano et Lamano,
20:58comme à New York,
21:00ils n'ont pas là-dessus.
21:01Donc ce qui veut dire aussi
21:02que...
21:03Il y a un conflit
21:04de génération ?
21:05Alors, c'est une hypothèse...
21:06Oui, je pense qu'en tout cas,
21:07si Alexandria Ocasio-Cortez
21:08ne l'a pas fait,
21:09il y a eu des raisons,
21:10forcément.
21:11Alors, génération, genre,
21:14je pense qu'il y a des choses
21:15qui sont un peu...
21:16Mais la génération
21:17n'explique pas forcément tout
21:18parce que...
21:19Donc il n'y a pas
21:20de réponse définitive,
21:21mais il y a des pistes,
21:21c'est toujours intéressant.
21:23Le conseiller politique
21:24de Graham Plattner,
21:25c'était Maurice Katz.
21:26Maurice Katz,
21:26il a 27 ou 28 ans,
21:28c'était le conseiller politique,
21:29toujours le conseiller politique,
21:30de Zoran Mamdani.
21:31Donc il y a de la génération,
21:33mais il n'y a pas que ça.
21:33Il y a aussi du genre
21:34et puis il y a peut-être
21:35simplement du...
21:37Du pif.
21:37Du pif politique.
21:38Voilà, aussi, exactement.
21:40Et ça, ça n'a pas de genre,
21:41ni de génération.
21:44Il y a eu d'autres revers,
21:46je pense à une candidate
21:48un peu polémique,
21:49c'était dans le Wisconsin,
21:50je ne me trompe pas.
21:51Oui, Wisconsin, Francesca Ong.
21:52Pour le poste de gouverneur,
21:53je crois.
21:55Oui, oui, oui, gouverneur.
21:58Francesca Ong,
21:58elle est sortie d'un peu nulle part.
22:00Personne n'a vraiment vu...
22:02En fait, elle n'était pas favorite,
22:04mais les...
22:04Elle a eu assez vite
22:06des bons sondages.
22:07Oui, et puis surtout,
22:08les establishments,
22:09c'est divisé.
22:10Les establishments étaient partis
22:11sur Mandela Barnes,
22:13qui était lieutenant-gouverneur,
22:14un ancien responsable syndical
22:15des pompiers.
22:16Le numéro 2,
22:17quand on est lieutenant-gouverneur.
22:18C'est un peu comme le vice-président.
22:20Voilà.
22:21Et il y a eu des accusations
22:22d'agression sexuelle aussi.
22:24Donc lui,
22:24s'est retiré.
22:25Donc ils ont fait monter
22:25quelqu'un d'un autre candidat.
22:27Et donc c'était un peu...
22:28C'était un peu le fouillis
22:29du côté de l'establishment.
22:31Et donc elle a fait sa campagne
22:32à monter.
22:33Les sondages l'ont donné
22:35très en avance.
22:36Et puis finalement,
22:37elle a perdu
22:37de quelques milliers de voix.
22:39On a dit,
22:39vous voyez,
22:40c'est une défaite
22:40pour la gauche socialiste.
22:41Alors oui,
22:43c'est une défaite
22:43sur la gauche socialiste.
22:44C'est une défaite
22:45à 1 pour 6
22:47en termes d'investissement.
22:49Et puis elle,
22:50elle n'avait pas de...
22:51Elle n'avait pas le soutien
22:52ni de Sanders,
22:53ni de AOC.
22:55Ils avaient été prudents là-dessus.
22:56Alors avec l'argument,
22:58nous,
22:58on veut faire...
22:59Notre objectif là,
23:00c'est de faire basculer le Congrès.
23:01Et donc on va...
23:02Question des gouverneurs.
23:03On ne se mêle pas
23:03à des gouverneurs.
23:04Exactement.
23:05Et elle avait pris
23:05des prises de position
23:07considérées comme polémiques.
23:08On dit polémiques.
23:09Bon, des prises de position.
23:10En tout cas,
23:10il faut les défendre.
23:11Quand tu dis dans le Wisconsin
23:12« Je suis pour l'abolition
23:14de Thanksgiving
23:15parce que c'est une fête coloniale »,
23:16on peut tout à fait défendre
23:17et discuter ici
23:18le fait que c'est une fête coloniale.
23:20Politiquement,
23:21électoralement,
23:21c'est compliqué.
23:22Tu commences à ramer un peu.
23:24Et donc elle l'a perdue
23:25de quelques milliers de voix
23:27dans ce contexte
23:27qui dit quand même
23:30le niveau de la vague générale.
23:35Venons-en à la big picture,
23:38comme on dirait.
23:39qu'est-ce qu'il y a de...
23:40Est-ce qu'il y a quelque chose
23:41de commun entre tous
23:43ces candidats
23:44qui, pour la plupart,
23:46vont se retrouver au Congrès,
23:48à la Chambre des représentants
23:49et peut-être,
23:50pour certains,
23:51au Sénat
23:51à partir de janvier prochain ?
23:54Oui.
23:55Quand je cherche
23:57le truc qui le lit,
23:58je me reviens en mémoire
24:00à un entretien
24:01que j'avais fait
24:02en avril 2025
24:05avec David Sirota,
24:06qui était celui
24:07qui écrivait les discours
24:08de Bernie Sanders en 2020,
24:10qui ensuite,
24:11qui a fait le scénario
24:13du film
24:13« Don't look up »
24:14et qui aujourd'hui
24:15a créé un média
24:16d'investigation en ligne
24:18qui s'appelle
24:18« The Lever ».
24:19Et il disait
24:20« La grande différence
24:22aujourd'hui,
24:23au sein du Parti démocrate,
24:24c'est que pour la première fois
24:25depuis les années 60,
24:26la base du Parti démocrate
24:27est très remontée
24:29contre la direction démocrate,
24:31le leadership démocrate. »
24:32Il dit « C'était pas vrai »
24:33Swaouba,
24:34malgré les impasses,
24:35malgré les déceptions.
24:37Il n'y avait pas
24:37de cette colère
24:39contre le leadership.
24:40Il faut bien comprendre
24:41qu'aux États-Unis,
24:41les partis,
24:42c'est quelque chose
24:43d'un petit peu plus évanescent
24:45que ce qu'on connaît chez nous.
24:46Oui, c'est pour ça
24:47que je préfère parler,
24:47moi, en général,
24:48de coalition,
24:48plutôt que de parti.
24:50Parce que Bernie Sanders
24:51n'est pas membre
24:52du Parti démocrate,
24:53mais il est dans
24:53la coalition démocrate,
24:55par exemple.
24:56Et donc,
24:56il y a cette colère
24:58à la fois contre
25:00Donald Trump
25:02et contre le...
25:03Une double colère.
25:04Donc, ça ouvre un espace...
25:06La marque démocrate
25:07ne profite pas en soi
25:08de l'impopularité
25:10de Donald Trump.
25:10Il y a deux marques
25:12qui sont les plus...
25:13Les deux marques
25:14les plus impopulaires
25:15aux États-Unis,
25:15c'est Donald Trump
25:16et Parti démocrate.
25:17Quasiment à égalité.
25:18Voilà.
25:19Et donc, ça ouvre un espace
25:20au sein de la coalition démocrate
25:21pour des candidats
25:22qui sont à la fois
25:23contre Donald Trump
25:24et ses politiques
25:25et contre le leadership,
25:27mais sur la base
25:27de propositions.
25:28C'est pas simplement
25:29le leadership,
25:29vous êtes trop...
25:33trop centriste ou trop mou
25:34avec Donald Trump.
25:35C'est aussi,
25:35vous ne portez pas
25:36des propositions
25:37que nous,
25:38on trouve bien
25:39et populaires.
25:40Mais je rappelle
25:41que Medicare for All
25:42s'est soutenu
25:42par 75% des démocrates,
25:44l'abolition
25:44de la police
25:45de l'immigration,
25:46ICE également.
25:47Et donc,
25:48ça ouvre un espace politique
25:49et c'est dans cet espace politique
25:50que se sont investis
25:51tous les candidats
25:52dont on vient de parler.
25:53et c'est ça le trait commun,
25:55je trouve.
25:56Mais ils soutiennent aussi
25:57globalement
25:57une plateforme
25:59relativement commune,
26:00on peut dire ça comme ça ?
26:01Oui, oui, oui.
26:02En gros...
26:03Dermatique ?
26:04Oui, oui.
26:04Il y a,
26:06peut-être dans le désordre,
26:06mais enfin,
26:07Medicare for All,
26:08le système de santé universelle
26:10proposé par Bernie Sanders
26:12depuis 2016.
26:13Il y a
26:15augmentation du salaire minimum
26:16et alourdissement
26:18de la fiscalité
26:19pour les plus riches,
26:20abolition de l'ICE,
26:21la police de l'immigration
26:22et dénonciation
26:23du génocide à Gaza
26:24et pas seulement
26:24dénonciation du génocide à Gaza.
26:26Ça, c'était la phase
26:272023-2024.
26:28Aujourd'hui...
26:30Plus offensif encore.
26:31Plus offensif,
26:32demande d'arrêt
26:35de l'aide militaire
26:37et financière à Israël
26:39qui est ultra majoritaire
26:40chez les électeurs républicains.
26:41L'électorat républicain...
26:42En fait, tu veux,
26:43l'électorat républicain...
26:45Démocrate ?
26:46Démocrate,
26:46pourquoi je dis républicain ?
26:47L'électorat démocrate
26:50sur toutes ces grandes thématiques
26:51et sur la ligne
26:52plus ou moins.
26:54Bernie Sanders,
26:55AOC.
26:56Après,
26:56ce qui amène du jeu,
26:58c'est quand on arrive
26:59aux élections,
27:00ça c'est le côté idéologique,
27:01après les élections,
27:02il y a le côté
27:04de l'éligibilité,
27:06comme il dit aux Etats-Unis,
27:07c'est-à-dire...
27:08Voter utile.
27:08Voilà,
27:09l'establishment dit
27:09oui, non,
27:10mais ça c'est trop à gauche
27:10quand même pour...
27:11C'est bien au sein
27:12de la coalition démocrate,
27:13mais ça ne va pas gagner
27:14avec un ensemble
27:15de l'électorat,
27:15surtout pour les sénatoriales.
27:17Donc...
27:18Ou dans des circonscriptions
27:18un petit peu plus serrées.
27:20Voilà.
27:21Alors il y a
27:22un ou deux socialistes
27:24et types très à gauche,
27:25notamment dans Michigan,
27:26qui ont gagné
27:27dans des circonscriptions
27:28qui sont swing,
27:29qui vont faire la balance.
27:30Ça va être intéressant
27:30de voir aussi
27:31quel score ils vont réaliser.
27:34Et donc ça tord un peu,
27:35et ce qui fait
27:36qu'il y a des électeurs,
27:37des candidats
27:39mainstream
27:40ou centristes
27:41qui gagnent
27:41ces élections
27:42sur le thème
27:43« je suis le mieux à même
27:44de battre les Trumpistes »,
27:46comme tu disais,
27:47une sorte de vote utile.
27:49Il y a aussi
27:50quelque chose
27:50qu'on a un peu abordé
27:51qu'ils ont en commun,
27:52c'est que très souvent
27:53ils ont gagné
27:54contre des gens
27:55qui avaient beaucoup
27:55plus d'argent qu'eux,
27:57et pour faire le lien
27:58à ce que tu disais
27:59sur le génocide à Gaza,
28:00souvent contre des candidats
28:01qui étaient très
28:03solidement soutenus
28:04par l'AIPA,
28:05qui est le groupe
28:07démocrate pro-israélien,
28:08on peut le décrire comme ça ?
28:09Alors il n'est pas
28:10forcément démocrate,
28:11il est transpartisan,
28:12c'est un groupe,
28:13c'est un comité
28:14d'action politique
28:15pour défense d'Israël.
28:16Comme il y en a plein d'autres.
28:18Oui, oui, oui.
28:19Mais lui,
28:19c'est vraiment
28:20le navire amiral
28:21du lobby pro-israël,
28:23alors pour ceux
28:24que ça intéresse,
28:24je renvoie au livre
28:27de Stephen Walt
28:28et j'ai oublié son prénom,
28:30Merchmeyer,
28:30qui avait écrit un bouquin
28:31en 2005
28:32sur le poids du lobby
28:34pro-israël
28:34dans la politique
28:36états-unienne,
28:36et donc par exemple,
28:37on parlait tout à l'heure
28:38du Michigan,
28:39l'IPAC a décidé
28:40d'investir de l'argent
28:41pour faire battre
28:42tous les candidats
28:43qui dénoncent le génocide
28:44à Gaza
28:45et demandent la fin
28:46de l'aide militaire
28:47et financière à Israël.
28:48Ils ont investi
28:49dans la seule course
28:50du Michigan
28:5032 millions d'euros
28:53sur les 62 qu'a reçu
28:54Haley Stevens.
28:55De dollars ?
28:55De dollars,
28:55enfin c'est un peu
28:56moins d'euros,
28:57de dollars.
28:58Donc c'est la moitié
28:58du budget de Haley Stevens,
29:0032 millions.
29:01Donc c'est...
29:02c'est...
29:03Imaginez la force de frappe
29:04de...
29:04Mais encore une fois,
29:05il y a d'autres groupes d'action
29:06sur d'autres sujets
29:06qui ont aussi beaucoup d'argent,
29:07mais c'est tout à fait considéré.
29:09Oui, bien sûr.
29:09Il y a le lobby aussi,
29:11pharmaceutique,
29:11il y a le lobby des armes à feu.
29:13Mais celui-là,
29:14c'est celui dont on a le plus parlé.
29:17D'ailleurs,
29:17à tel point que c'est intéressant
29:19aussi ce qui se passe
29:21depuis un an ou deux,
29:22donc il y a un certain nombre
29:23de démocrates,
29:24d'élus démocrates
29:25qui ont dit maintenant
29:25on refuse l'argent de l'IPAC.
29:27Oui, ça devient un argument de vente.
29:29Moi, je n'accepte pas
29:30l'argent de l'IPAC.
29:31Oui, c'est tellement radioactif.
29:33Voilà.
29:34Et, très intéressant,
29:35celui qui est opposé
29:36le républicain
29:37qui est opposé dans le Michigan
29:38à Abdel el-Sayed,
29:39Mike Rogers,
29:41a dit, là,
29:42qu'il allait aussi
29:43refuser l'argent de l'IPAC.
29:45Oui, donc ça dit quelque chose
29:47quand même du mouvement
29:47de fond de la société
29:49du point de vue
29:49des mentalités
29:50et des idées politiques.
29:52Donc, énormément d'argent.
29:54On va encore battre
29:54des records, certainement,
29:56comme à chaque élection.
29:58Tu vois,
29:58c'est simplement
29:59une sénatoriale
30:00dans le Michigan,
30:01c'est 70 millions
30:02et on n'est que sur la primaire.
30:03On n'est que sur la primaire.
30:03L'élection générale,
30:04il y a déjà
30:05des centaines de millions
30:06qui ont été investis
30:08avec...
30:08Alors, l'argent en soi,
30:10ce n'est pas le problème.
30:11C'est qui donne l'argent.
30:12Parce que quelqu'un distribue
30:13comme la campagne
30:14de Sanders en 2016,
30:15il y avait des millions
30:16et des millions de gens
30:17qui avaient donné...
30:18l'argent en soi,
30:18ce n'est pas le problème.
30:20Non, oui.
30:21Non, non, mais
30:21d'un point de vue français,
30:23ça paraît...
30:24À ces niveaux-là,
30:25ça paraît...
30:26Oui, oui, oui.
30:26Mais on avait eu ce débat
30:27un peu à l'Huma en 2016
30:28quand je couvrais la campagne
30:29de Bernie Sanders
30:31sur la question de l'argent.
30:32Et je lui disais,
30:32mais je suivais la campagne,
30:33je disais,
30:33mais Bernie Sanders
30:35avait 400 millions...
30:36Sa campagne a recueilli
30:38400 millions.
30:38Et la grande différence,
30:39c'est qu'en fait,
30:39la moyenne des dons
30:40chez Sanders,
30:41c'était beaucoup plus faible
30:42que chez les autres.
30:43Ce qui voulait dire
30:44qu'en fait,
30:45c'était le Pékin moyen
30:46qui donnait de l'argent.
30:47Exactement.
30:48C'est pour ça que je dis,
30:49l'argent en soi
30:49n'est pas le problème,
30:50c'est qui le donne
30:51et pourquoi.
30:52Évidemment,
30:53quand un lobby pharmaceutique
30:54donne à tel candidat
30:55qui est opposé
30:56à un candidat
30:57qui propose un système
30:57universel de santé,
30:59c'est tout bien...
31:00Il y a une petite idée
31:01derrière la tête.
31:02Exactement.
31:02Et donc là,
31:04les chiffres de Bernie Sanders
31:06a publié un tweet
31:08que vous pouvez retrouver
31:08sur son fil
31:09avec l'argent
31:11à ce stade
31:12déjà donné
31:12par les milliardaires.
31:14Donc en tête,
31:15il y a George Soros
31:15qui est pour les démocrates.
31:16Après,
31:16tous les autres derrière,
31:18ce sont pour les républicains
31:19et Elon Musk
31:19a déjà donné
31:2190 millions
31:21à ce stade.
31:22Ce qui est pour lui
31:23un argent de poche.
31:24Une bagatelle.
31:26Bon,
31:27la saison des primaires,
31:28comme on l'a dit,
31:28elle touche à sa fin.
31:30On est à deux mois
31:32des élections
31:33de mi-mandat.
31:34Pour rappel,
31:34les élections de mi-mandat
31:35ont renouvellé
31:36l'entièreté
31:37de la Chambre des représentants,
31:38donc la Chambre basse,
31:40l'Assemblée nationale
31:41si on veut le dire vite.
31:42Et un tiers du Sénat,
31:44puisqu'ils sont élus
31:45pour six ans,
31:48actuellement,
31:49les républicains
31:49sont majoritaires
31:50dans les deux chambres.
31:52Les démocrates
31:53paraissent nettement favoris
31:55pour remporter
31:56la Chambre des représentants,
31:58malgré la guerre
31:59du redécoupage
32:00qui a eu lieu
32:01tout le début d'année.
32:02Alors,
32:03c'est vrai que ça réduit
32:03le nombre de circonscriptions
32:04où il y a réellement
32:05un enjeu,
32:06puisqu'en fait,
32:07les deux camps
32:07se sont bâtis
32:08des circonscriptions
32:09un peu châteaufort.
32:12Donc,
32:12ils sont plutôt favoris
32:13là-dessus,
32:14même s'il leur faut
32:16plus de voix
32:17pour être majoritaires
32:18que les républicains.
32:19Les démocrates
32:19sont désavantagés.
32:21C'est plus compliqué
32:22au Sénat
32:23parce que la carte
32:24de cette année
32:25n'est pas très favorable
32:26aux démocrates.
32:27Ils ont besoin
32:28de l'emporter
32:28dans des États,
32:31soit des swing states,
32:32soit des États
32:33un peu républicains
32:34pour essayer
32:35d'obtenir
32:36une majorité.
32:37Aujourd'hui,
32:38les agrégateurs
32:39de sondages
32:41disent que
32:42les démocrates
32:43sont tellement
32:44en avance
32:45que c'est plus
32:45tout à fait impossible
32:46qu'ils l'emportent,
32:47même si ce sera serré
32:48jusqu'au bout.
32:49Qu'est-ce qu'on peut dire
32:49de la situation
32:51à deux mois du scrutin ?
32:54Sur la Chambre
32:55des représentants,
32:57les démocrates
32:58sont favoris,
32:59même si,
33:01malgré ce que tu dis,
33:02c'est-à-dire que
33:03Donald Trump
33:04a lancé
33:05à l'été 2025.
33:08Donc,
33:09il venait de revenir.
33:10Six mois après son arrivée,
33:11il a lancé
33:12la guerre du...
33:13Je n'appelle même pas ça
33:15du redécoupage,
33:16du charcutage électoral,
33:17qui est une pratique
33:18américaine connue
33:19sous le nom
33:19gerrymandering.
33:20Mais en général,
33:21tu fais ça
33:21tous les dix ans
33:22après le recensement.
33:23Oui.
33:24Aux États-Unis,
33:24c'est assez codifié.
33:25Il y a un recensement
33:26tous les dix ans
33:27et en conséquence,
33:28les circonscriptions électorales
33:29sont redécoupées
33:30suivant les règles
33:31des États
33:32qui ne sont pas toujours
33:32les mêmes.
33:34C'est rare de redécouper
33:35au milieu d'un cycle.
33:36C'est quasiment unique.
33:37Je ne l'ai jamais vu.
33:38Et donc,
33:38évidemment,
33:39il anticipait
33:39votre sanction
33:41dans des élections
33:42de demi-mandat.
33:43Et donc,
33:44en commençant par le Texas,
33:45qui est une place forte,
33:46et donc,
33:47en redécoupant.
33:48C'est assez simple
33:48de redécouper
33:49des circonscriptions.
33:50Rien de plus simple.
33:51Et puis,
33:51les démocrates
33:53ont pris des représailles,
33:55ont fait la même chose
33:56en Californie,
33:57on les a.
33:57Bon,
33:57globalement,
33:58là,
33:58le bilan,
33:59on estime que,
34:00dans cette bataille,
34:01les républicains
34:02se sont accordés
34:03sur le tapis vert.
34:05Six circonscriptions
34:06supplémentaires.
34:07Ils ont une majorité
34:07qui est très faible,
34:08qui tient à quelques sièges.
34:10Et avec un désavantage
34:11des démocrates
34:12qui tient à la,
34:13non pas au redécoupage,
34:14mais à la répartition
34:17de leur électorat,
34:17qui sont très concentrés
34:18dans les circonscriptions
34:21urbaines et littorales.
34:23C'est un peu comme,
34:24comment dire,
34:24gagner une circonscription
34:25avec 80% des voix,
34:27c'est pas très utile,
34:28si vous voulez.
34:28Il y a beaucoup plus
34:29de démocrates
34:30qui gagnent avec 80%
34:31que de républicains.
34:33Donc,
34:34il y a ces deux désavantages.
34:35En général,
34:35on estime que les démocrates
34:36doivent avoir minimum
34:371,5 à 2 points d'avance
34:39pour pouvoir avoir
34:40une faible majorité.
34:41Ce qu'on voit aujourd'hui,
34:43alors,
34:44comme tu le disais,
34:45pays polarisés
34:46plus charcutage électoral,
34:47il y a,
34:48en gros,
34:4930-35 circonscriptions
34:50qui sont,
34:50qu'on appelle,
34:51compétitives.
34:52Sur à peine,
34:53sur 450 à peu près.
34:55435.
34:55435.
34:56Bon,
34:56tu vois,
34:57c'est pas beaucoup.
34:57C'est pas beaucoup,
34:58ça fait très très peu.
34:59Donc,
34:59évidemment,
34:59l'argent va aussi aller là.
35:00On va se concentrer
35:01sur ces circonscriptions.
35:02Parce que là,
35:02on parlait de dizaines
35:03de millions de dollars
35:04sur des courses sénatoriales,
35:06mais vous avez parfois
35:06des dizaines de millions de dollars
35:07sur des petites circonscriptions.
35:10Voilà.
35:10Oui,
35:10c'est ce qui va se passer,
35:11clairement,
35:12bien sûr.
35:13Et les agrégateurs de sondage
35:16et les spécialistes
35:18que je suis,
35:19avec intérêt,
35:21mais distance.
35:21Prudence.
35:22Prudence,
35:22grande prudence,
35:24donnent une victoire
35:25des démocrates
35:26à la Chambre des représentants.
35:27Aujourd'hui,
35:28en tout cas.
35:28Aujourd'hui,
35:29ça me semble plutôt
35:30la logique.
35:31Depuis une quinzaine d'années,
35:33depuis 2006,
35:35l'élection de mi-mandat
35:36de Bush,
35:37le parti au pouvoir,
35:39le parti du président,
35:40perd les élections
35:40de mi-mandat,
35:41plus ou moins fortement,
35:42en général,
35:43très fortement.
35:45Trump,
35:45en 2018,
35:46avait perdu 35 sièges.
35:48À une époque,
35:49pareil,
35:50on se disait
35:50que les démocrates
35:51allaient gagner la Chambre,
35:52mais le Sénat,
35:52ça paraissait pas gagner
35:53et les démocrates
35:54avaient quand même
35:54gagné le Sénat.
35:55Aussi,
35:56également.
35:57En 2022,
35:57en revanche,
35:58Biden avait plutôt
36:00amorti le choc.
36:02Donc là,
36:02il y a une forme de logique.
36:03Le Sénat,
36:04c'est autre chose.
36:05Le Sénat,
36:05c'est autre chose
36:06pour plusieurs raisons.
36:07D'abord,
36:07parce que tu renouvelles
36:08par tiers,
36:09donc tu as amorti aussi
36:09les chocs politiques
36:10et les votes de sanctions.
36:11Et puis,
36:11parce que le Sénat étasunien,
36:13je le répète,
36:13vous avez peut-être
36:14entendu souvent
36:15parler de ça,
36:16c'est une chambre
36:17qui est profondément
36:17inégalitaire.
36:18C'est-à-dire que chaque État,
36:19quelle que soit sa population,
36:20est représenté par deux sénateurs.
36:21Wyoming,
36:22800 000 habitants,
36:23deux sénateurs.
36:24Californie,
36:2440 millions d'habitants,
36:25deux sénateurs.
36:26Donc,
36:26sur-représentation
36:27des États ruraux,
36:28ça posait pas de problème
36:29il y a 30 ans
36:30parce que démocrates
36:31et républicains
36:32étaient à peu près...
36:33Il y avait moins
36:34d'États très bleus
36:34et d'États très ruraux.
36:35Voilà,
36:35la polarisation,
36:36elle est aussi...
36:37Elle n'est pas que sociologique
36:38et idéologique.
36:39Qu'un État puisse avoir
36:40et un sénateur démocrate
36:41et un sénateur républicain,
36:42c'est plus rare aujourd'hui.
36:43Oui,
36:43il n'y en a quasiment plus aujourd'hui.
36:45Et donc,
36:46ça avantage
36:47les républicains
36:48très fortement.
36:49Donc,
36:49pour que les démocrates
36:50puissent gagner le Sénat,
36:51il faut vraiment
36:52qu'ils aient beaucoup,
36:52beaucoup plus de voix
36:54avec une carte
36:54qui ne leur est pas favorable,
36:55comme tu le disais,
36:56cette année.
36:57Pour l'instant,
36:59là,
36:59à ce moment précis,
37:01à deux mois et demi,
37:02il y a...
37:04Les États,
37:04ce qu'on appelle toss-ups,
37:05c'est-à-dire à égalité,
37:06il n'y a personne
37:07qui est donnée vraiment devant
37:08et les républicains
37:09ont besoin,
37:09non pas d'avoir,
37:10c'est une chambre de sang,
37:12pas d'avoir 50 élus,
37:13mais 51.
37:13Parce que le vice-président
37:14casse l'égalité.
37:16Voilà,
37:16qui est le président
37:17pro-temporé du Sénat,
37:18donc J.D. Vence.
37:20Et donc,
37:20ils ont besoin de 51 sièges,
37:21donc d'en gagner 4
37:22tout en gardant
37:24les deux...
37:26J'ai dit les républicains encore ?
37:27Bon, d'accord,
37:27je ne sais pas pourquoi.
37:29J'ai inversé...
37:32Ils ont besoin
37:33de garder la Georgie.
37:35La Georgie avec Tossoff,
37:37qui a plutôt
37:39de bons sondages.
37:40Oui,
37:40c'est plutôt bien parti.
37:41Mais de garder le Michigan aussi,
37:42où il y a
37:42Abdul El-Sayed.
37:44Et d'en gagner 4...
37:45Légèrement en tête,
37:46mais voilà,
37:46c'est Tossoff,
37:47comme tu dis.
37:48pour moi,
37:49le Michigan,
37:49ça va être...
37:50Mais là,
37:50on est passé sur le Sénat,
37:53mais...
37:54Michigan,
37:55c'est la...
37:55Sénatorial pour le Michigan,
37:56pour moi,
37:57c'est la course,
37:58l'élection centrale
37:59de ces mi-termes.
38:00Évidemment,
38:01ce qui compte,
38:01c'est est-ce que les champs
38:02vont basculer ou pas,
38:03les deux,
38:03ce qui donnera des pouvoirs
38:05aux démocrates
38:06face à Donald Trump.
38:07Mais en termes
38:08de...
38:08de...
38:11de projection
38:12pour l'avenir politique,
38:13pour la suite politique,
38:14c'est le Michigan.
38:15Mais avant d'en venir
38:16à la suite,
38:17les élections,
38:18quelles sont donc
38:19Michigan,
38:20Géorgie,
38:20Maine,
38:21Caroline du Nord...
38:23Caroline du Nord,
38:24où les démocrates
38:24sont plutôt donnés...
38:26Il n'y a pas de sortant...
38:27Sortant de républicain
38:29prend sa retraite.
38:31Je crois qu'il y a un enjeu...
38:33Est-ce que c'est...
38:33Il y a même l'Ohio
38:34qui est un peu en jeu.
38:35Oui, l'Ohio,
38:35parce qu'il y a une élection
38:37partielle,
38:37puisque c'est un remplacement,
38:38où l'ancien sénateur démocrate
38:40tente un retour
38:41chez Ron Brown.
38:42Chez Ron Brown,
38:43c'est ça, ouais.
38:43C'est l'état de G. Devence,
38:45c'est assez clé.
38:47Ça part de plus loin,
38:48quand même,
38:48à l'Ohio.
38:49Si l'Ohio bascule...
38:50C'est pareil comme la Floride.
38:51C'est un ancien swing state
38:52qui a basculé
38:53assez clairement républicain
38:54depuis Donald Trump.
38:55Oui, c'était les swing states
38:55des années...
38:56au début des années 2000.
38:57Oui, c'est ça.
38:57Bush avait gagné
38:58grâce à l'Ohio à la Floride.
38:59C'est une vingtaine
39:00de grands électeurs,
39:00je crois,
39:01à l'Ohio.
39:03Voilà, ça va se jouer
39:04dans ces états-là.
39:06C'est beaucoup d'états
39:07des grands lacs
39:07qui sont touchés
39:09par la guerre commerciale
39:10qui a lieu
39:11avec le Canada,
39:12notamment.
39:13Donc peut-être
39:13que ça aura un effet.
39:16Venons-en à...
39:17Même si on est loin,
39:18parce que souvent,
39:18la présidentielle,
39:19elle se met en place
39:21après les mid-terms.
39:23Mais il est très probable
39:26que même dès la fin de l'année,
39:27on aura des premiers candidats
39:29à la primaire
39:30qui se déclareront.
39:32Est-ce qu'on a quand même
39:33quelques idées
39:34sur ce qui pourrait se passer
39:36après ces mid-terms ?
39:37Alors, comme tu le dis,
39:38la présidentielle commence après,
39:40mais elle se joue aussi pendant...
39:42Et donc,
39:43selon la performance
39:45des candidats
39:46très à gauche,
39:47voire socialistes,
39:50avec,
39:51encore une fois,
39:52je reviens à Abdoul Saïed
39:53et le Michigan.
39:54Pourquoi je pense
39:55que cette élection
39:56est centrale
39:56pour la gauche américaine ?
39:57Si un candidat de gauche
40:00fait la démonstration
40:01qu'il peut l'emporter
40:02face aux républicains
40:03à l'échelle d'un État
40:04et pas dans une circonscription
40:05niche,
40:07et un État swing
40:08qui va être déterminant
40:09pour 2028,
40:10ça,
40:11à mon sens,
40:12va ouvrir des choses
40:12pour des candidatures.
40:13À gauche,
40:14il y en aura certainement
40:15plusieurs,
40:16mais celles dont
40:17tout le monde parle,
40:19oui,
40:19beaucoup de monde en tout cas,
40:21pas tout le monde
40:21tous les jours aux Etats-Unis,
40:22mais quand même
40:23dans le milieu
40:24des observateurs,
40:25on aime ça.
40:26Alexandria Ocasio-Cortez,
40:27évidemment.
40:29j'ai écrit un papier
40:30en début d'année
40:30au moment où elle est allée
40:32à la conférence de Munich
40:33qui rassemble quand même
40:34le gotha
40:35de la diplomatique mondiale,
40:36mais très mainstream,
40:37elle y est allée.
40:38Plus une conférence
40:39sur les questions
40:40de sécurité et militaire.
40:41Oui, oui.
40:42A priori,
40:42pas un sujet
40:42sur lequel on l'entend souvent.
40:44En tant que députée,
40:45peu,
40:45elle n'a pas.
40:46Après,
40:47si elle veut être élue
40:48au Sénat dans deux ans,
40:50ça fait partie des choses.
40:51Certains se demandent
40:52si elle n'a pas plus tôt
40:53de prendre un siège
40:55au Sénat
40:56pour l'État de New York.
40:57Ça, c'est possible aussi.
40:58Le plan de carrière
40:59qu'on lui prête,
41:00mais elle,
41:01elle ne dit
41:01que je n'ai rien là-dessus,
41:02évidemment,
41:03qu'on lui prêtait jusque-là,
41:05c'était,
41:05elle a été la plus jeune femme
41:07élue au Congrès
41:07à 29 ans,
41:08c'était de partir
41:09sur un siège au Sénat,
41:11qui est quand même
41:12une chambre
41:12où tu as beaucoup plus
41:13de pouvoir
41:14et de surface politique
41:15pour après.
41:16Je pense que les choses
41:17se sont accélérées
41:19politiquement.
41:22notamment par cette vague
41:23qui crée
41:24l'élection de Zoran Mamdani,
41:25puis cette vague
41:26de candidats
41:27lors de la primaire
41:28qui crée quelque chose
41:31sur une vague
41:32sur laquelle
41:33quelqu'un va devoir surfer.
41:35À part,
41:35et aussi,
41:36je ne vois pas,
41:37il y a Rocana
41:38qui est député
41:39de Californie,
41:40qui a des positions
41:41très claires,
41:42nettes.
41:42Je pense qu'il sera
41:43sûrement candidat,
41:44mais je ne vois pas
41:46qu'il puisse incarner
41:47quasiment jusqu'à la finale,
41:49au point où ils vont partir
41:49à 12, 13, 14.
41:51C'est une course à élimination,
41:52un peu.
41:52Exactement.
41:53Et donc,
41:55je n'ai aucune idée
41:56sur le tempo d'AOC.
41:57En tout cas,
41:59quasiment certain
42:00que si Abdoul Saïed
42:01gagne le Michigan,
42:03ça change la donne.
42:04Ça change la donne,
42:05fondamentalement.
42:05Et côté modéré,
42:07on a une idée
42:07de qui pourrait être
42:08le champion
42:09de l'establishment,
42:10peut-être ?
42:11Alors,
42:12certains sont quasiment
42:14déjà déclarés,
42:15à commencer par
42:15Gavin Newsom,
42:16le gouverneur de Californie.
42:18qui ne le sera plus
42:19à partir de la fin de l'année.
42:21Lui,
42:21il commence à visiter
42:23les États.
42:24Quand un élu de Californie
42:26commence à aller
42:26dans l'Iowa,
42:28tu te dis,
42:29ce n'est pas juste
42:29pour aller voir
42:29si la récolte de maïs
42:32est bonne.
42:33Donc,
42:33il commence à préparer,
42:34même si les démocrates
42:36ont changé leur calendrier
42:37des primaires,
42:38justement.
42:38D'habitude,
42:38c'était l'Iowa,
42:39la première primaire.
42:40Ce qui faussait un peu le truc,
42:41puisque ce n'est pas tout à fait
42:43représentatif de l'électorat démocrate.
42:44C'est un électorat
42:45des Grandes Plaines
42:46qui, d'ailleurs,
42:47ou un gouverneur démocrate
42:48pourrait se faire élire,
42:49d'ailleurs.
42:49Oui,
42:49c'est pas impossible.
42:51Mais là,
42:52ils ont changé l'ordre
42:53pour que ça se fausse
42:53un peu moins la chose.
42:55Oui.
42:56Donc,
42:56Gavin Newsom,
43:00Pete Buttigieg,
43:01qui avait été
43:02le secrétaire
43:02au transport
43:03de Joe Biden
43:04et qui avait été
43:04candidat en 2020,
43:09aussi fait des visites
43:10en Caroline du Sud,
43:11qui est le premier État
43:12dans lequel on votera
43:13pour les démocrates.
43:14Kamala Harris
43:16refait des conférences,
43:17reparle,
43:17mais n'a pas laissé...
43:19Un bon souvenir.
43:20Je ne sais pas,
43:21je ne sais pas,
43:21honnêtement.
43:23Je ne sais pas si elle a...
43:25Bon,
43:25elle explore,
43:26clairement.
43:27Je ne sais pas
43:27si elle sera candidate.
43:29Personne ne le sait,
43:30donc ce que je viens de dire
43:31est absolument inutile.
43:33Et voilà.
43:34Et puis après,
43:35il y en aura sûrement
43:36d'autres,
43:37peut-être Corey Booker,
43:38comme en 2020.
43:40Pour moi,
43:41ce sont des...
43:42des candidatures...
43:44Peut-être John Ossoff,
43:45selon le niveau
43:46de sa victoire en Georgie,
43:47qui est également
43:48devenue un swing state.
43:50Très jeune aussi.
43:50Oui,
43:50alors lui,
43:51très très modéré,
43:52parce que surtout...
43:53Si on a...
43:54Et aussi là,
43:55dans le spectre
43:56de la coalition démocrate,
43:58on a John Ossoff
43:58à l'exact opposé.
44:01Il ne parle pas de génocide,
44:03il ne veut pas
44:04de l'abolition d'Ice,
44:05il est contre le New Deal écologique,
44:07et il est contre
44:08le Medicare for All.
44:08C'est vrai.
44:09Et beaucoup.
44:09C'est beaucoup.
44:10C'est vraiment
44:11diamétralement opposé.
44:12Et puis,
44:12il y aura des candidatures
44:13que j'appelle
44:14des candidatures tactiques,
44:15c'est-à-dire
44:15qui rentreront
44:16juste pour apporter
44:17le soutien
44:18à un moment
44:18aux deux ou trois
44:20grands favoris,
44:21et qui ça permettra
44:22de dire à ces favoris
44:23qu'ils rassemblent,
44:23regardez la preuve,
44:25ils m'ont rejoint.
44:26Juste avant de terminer,
44:28je repense à des trucs
44:28qu'on a un tout petit peu oubliés.
44:30Sur le Sénat,
44:30il va y avoir un enjeu aussi
44:31sur le Texas,
44:32et ça fait très longtemps
44:33que les démocrates
44:34n'ont pas réussi
44:35à obtenir un siège
44:36de sénateur.
44:3688, je crois,
44:38la dernière fois
44:38avec James Talarico,
44:40qui aujourd'hui
44:41mène plutôt
44:42dans les sondages,
44:43même si,
44:43même si,
44:43même si,
44:44on a dit
44:44que les démocrates
44:45étaient favoris,
44:45mais les républicains
44:47ont une botte secrète.
44:50Là aussi,
44:50c'est de l'argent,
44:51et actuellement,
44:52ils ont beaucoup,
44:53beaucoup plus d'argent
44:54en main
44:54que les démocrates.
44:56Oui,
44:56j'étais en train
44:57de me dire,
44:57j'ai oublié un État
44:58dans le truc,
44:59alors j'étais en train
44:59de regarder là
45:00où ce qui se passait,
45:00mais c'était en bas.
45:02Le Texas,
45:03mais oui,
45:03parce que depuis
45:03Lloyd Benson en 1988,
45:05il n'y a plus de démocrates
45:07qui ont été élus
45:08au Texas,
45:09au Sénat.
45:10Donc,
45:11en plus,
45:12les républicains
45:13ont choisi
45:14un candidat,
45:15on choisit,
45:15oui,
45:16parce que c'était
45:16lors de la primaire,
45:17Ken Paxton,
45:18qui a des casseroles,
45:20un nombre innombrable
45:21de casseroles au cul,
45:22donc il n'est pas
45:22le candidat très trumpiste,
45:24très fidèle à Trump.
45:25Et les démocrates
45:26ont choisi
45:27James Talarico,
45:28qui est un peu inclassable,
45:29c'est un séminariste
45:31qui parle souvent
45:32de...
45:32Peut-être de séminaristes
45:33en plus,
45:33je trouve.
45:33Tu trouves ?
45:34Oui.
45:34D'accord,
45:34c'est pas bien
45:35de dire des choses
45:35comme ça.
45:38Mais en tout cas,
45:38dans ces discours,
45:39je trouve qu'il articule
45:40la question religieuse
45:42à des fins,
45:43c'est vraiment
45:43l'évangile social,
45:44on peut se la représenter,
45:45c'est assez puissant,
45:47il est assez charismatique,
45:49et donc ils sont donnés
45:51au coude à coude,
45:52avec,
45:53alors,
45:53il y a une boîte secrète
45:54pour les républicains,
45:55tu le disais,
45:56c'est l'argent,
45:57qui ont beaucoup plus d'argent,
45:59Trump est assis
46:00sur un magot
46:01de 400 millions.
46:02Le magot des magas.
46:04Le magot des magas.
46:05400 millions de dollars,
46:06t'imagines un peu ?
46:07J'imagine pas, non.
46:08Et il a dépensé
46:090,6% de ça
46:10depuis le début de la pandémie,
46:11c'est-à-dire qu'il attend
46:12pour déclencher.
46:13Ça,
46:13c'est la boîte secrète
46:14des républicains.
46:16Après,
46:16il y a une boîte amère
46:18des démocrates,
46:19c'est quand tu vois
46:20le positionnement
46:21de Jasmine Croquette,
46:23qui est la députée,
46:23qui a perdu la primaire
46:25à James Talarico,
46:26qui est une élue noire
46:28de tout le temps.
46:30Elle passe son temps
46:30à dire,
46:30non,
46:30je sens pas d'enthousiasme
46:32parmi les électorats
46:33africains-américains.
46:34Ce qui,
46:35par ailleurs,
46:35est très différent
46:35de Hailey Stevens au Michigan,
46:37qui a tout de suite dit,
46:38je fais la campagne
46:39d'Abdoul El-Sayed.
46:40Oui.
46:40Très différent.
46:41Mais au Michigan,
46:42il y a des élus locaux,
46:44alors Hailey Stevens
46:45a joué le jeu,
46:46mais des élus locaux
46:47qui disent,
46:47non,
46:47mais moi,
46:47je suis pas convaincu
46:50par Abdoul El-Sayed,
46:51donc je vais plutôt,
46:53ou je m'abstiens.
46:53Même il y a une élue locale,
46:57représentante de l'Assemblée locale,
47:00qui a dit
47:00qu'elle soutiendrait
47:01Mike Rogers.
47:01Ah ouais.
47:02Donc ça crée pas
47:04une image d'unité
47:05de rassemblement.
47:07Donc tout ça,
47:08pour ouvrir
47:09sur peut-être
47:09le dernier aspect
47:10qui va vous permettre
47:11de comprendre
47:12ce qui va se passer,
47:14c'est toujours
47:15cette lutte
47:17entre l'aile gauche
47:18et les centristes
47:19depuis 2016,
47:20depuis Bernie,
47:22où un certain nombre
47:23d'observateurs
47:24a trouvé,
47:24a pensé
47:25que l'establishment
47:27passe plus de temps
47:27à repousser,
47:29à juguler
47:30l'aile gauche,
47:32y compris son...
47:39Qu'à combattre Trump.
47:41Donc il n'est pas exclu
47:43que ça puisse aussi jouer
47:45contre un certain nombre
47:45de candidats démocrates
47:46et notamment socialistes.
47:48On a fait quelques allers-retours,
47:49mais je pense qu'on a fait le tour
47:51de ce qu'on voulait vous dire.
47:52Voilà.
47:53On y reviendra,
47:54bien sûr,
47:54sur cette campagne
47:55des mid-termes
47:56qui,
47:57je n'ose dire
47:57qu'elle ne fait que commencer,
47:58mais en tout cas,
47:59il reste encore
48:00deux mois avant le scrutin,
48:02le 3 novembre.
48:03Mardi 3 novembre.
48:04Et on refera,
48:05sans doute,
48:05d'autres vidéos.
48:06A bientôt.
48:07A bientôt.

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