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  • il y a 9 heures
Rejugé en appel depuis le 16 mars dernier, aux côtés de neuf autres co-prévenus, dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien chef de l’État a vu requis contre lui sept années de prison, 300 000 euros d’amende, et une inéligibilité de cinq ans. Soit exactement la même peine qui avait été demandée en première instance. La décision est attendue le 30 novembre prochain. Aurélien Soucheyre, responsable de la rubrique politique, fait le point au micro de Théo Bourrieau.

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Transcription
00:01Nicolas Sarkozy va-t-il passer un peu plus de temps en prison ?
00:04On va tout de suite faire le point sur le procès de l'ancien chef de l'État dans le
00:07cadre de l'affaire libyenne,
00:08puisque les peines requises par le parquet général viennent de tomber.
00:12Aurélien Souchère, chef du service politique, quelles sont-elles ?
00:15Oui, donc ça vient tout juste de tomber.
00:17Et donc le parquet requiert 7 ans de prison contre Nicolas Sarkozy, comme en première instance.
00:22Les avocats généraux demandent aussi une peine de 300 000 euros d'amende et une inigibilité pendant 5 ans.
00:28Alors en première instance, il avait au final l'écopé de 5 ans ferme, avec une exécution provisoire.
00:34On s'en souvient, c'est pour ça qu'il avait passé 20 jours en prison.
00:3720 ou 21, il y a débat sur le décompte.
00:40Mais là surtout, on se souvient qu'en première instance, Nicolas Sarkozy, ses avocats, plein de relais médiatiques disaient
00:47« c'est une honte, l'État de droit est violé ».
00:49C'est Nicolas Sarkozy qui a dit ça, c'est un viol de l'État de droit.
00:52La haine guide les juges, il n'y a pas de preuves, le document de Mediapart est un faux.
00:57Et donc là, ce qui se passe, c'est qu'en appel, au final, la réquisition est exactement la même
01:01qu'en première instance.
01:02Donc sans doute, peut-être, que vraisemblablement, le discours de Nicolas Sarkozy selon lequel les juges...
01:09Parce que là, c'est une autre équipe, ce sont d'autres juges qui ont...
01:11Rien à voir avec les premières personnes.
01:13Donc tout le discours qui vise à dire que c'est la haine...
01:17Il y aurait un complot, un complot...
01:19Ça commence à faire un complot très très gros.
01:20Une justice rouge, une justice politique, sans preuve qu'il condamne, et bien là, ce discours en prend un coup.
01:28Déjà, c'était un discours qui était complètement itéré, qui était ridicule s'il n'était pas aussi grave.
01:34Mais là, du coup, il en prend un coup.
01:36Donc on peut poursuivre les réquisitions.
01:39Parce que c'était évidemment pas le seul qui était jugé.
01:41Oui, c'est pas le seul.
01:42Enfin, qui était jugé.
01:42On va pas faire la liste de toutes les personnes jugées, parce que c'est une association de malfaiteurs.
01:46Il y a beaucoup de monde.
01:47Mais pour les principales, il faut savoir que là, que le parquet a retenu l'ensemble des infractions pour lesquelles
01:52Nicolas Sarkozy était poursuivi.
01:54Association de malfaiteurs, en première instance, au final, a été condamné uniquement pour association de malfaiteurs.
01:59Mais c'est loin d'être anodin comme infraction.
02:02Là, ils ont retenu aussi corruption, financement illégal de campagne électorale.
02:06Et recèlent de détourements de fonds publics.
02:08Alors, par ailleurs, le parquet, donc, pour les autres, requiert six ans de prison contre Claude Guéant.
02:12Claude Guéant, qui, au moment du pacte de corruption avec Kadhafi, en 2005, était directeur de cabinet du ministre de
02:20l'Intérieur, qui était Nicolas Sarkozy.
02:21Et puis, au moment où ça, c'est Claude Guéant, ça, c'est un des grands renversements du procès en
02:26appel,
02:27Claude Guéant a dit, en 2007, Nicolas Sarkozy, président de la République, lui, il est secrétaire général de l'Elysée.
02:32Ils sont tous les deux en Libye, un voyage officiel avec Kadhafi.
02:35Kadhafi dit, j'aimerais bien que la France fasse quelque chose concernant Sénoussi, qui est son beau-frère,
02:42qui est le numéro 2 du régime, qui est un terroriste, qui a tué plus de 170 personnes avec un
02:47avion qui avait été abattu, le DC-10.
02:49Et donc, Claude Guéant dit, Sarkozy, suite à cette appellation, me regarde, me dit, Claude, voyez cela.
02:56Et peut-être que ces trois mots, Claude, voyez cela, constituent un virage, une étape de plus dans cette longue,
03:04longue entreprise judiciaire,
03:05parce que tout ça est très bon.
03:06Donc, Claude Guéant, lui, le parquet a requis six ans de prison, 100 000 euros d'amende,
03:13et il demande aussi la confiscation d'un appartement situé à Paris.
03:16Oui, puisqu'il aurait été financé avec l'argent des biens, c'est pour ça qu'il a été confisqué.
03:21Oui, parce que, évidemment, on parle au conditionnel, parce qu'il n'y a pas encore eu le délibéré.
03:24Peut-être que Sarkozy sera innocenté à la fin avec le délibéré.
03:28Peut-être qu'il sera condamné en deuxième instance, mais qu'il fera appel, enfin, qu'il dira se pourvoir
03:33en cassation.
03:33Et donc, jusqu'à la fin de toute l'entreprise judiciaire, il est présumé innocent.
03:38Mais là, en tout cas, ce qu'affirment les avocats généraux et en première instance,
03:42enfin, ce qu'affirment les juristes en première instance, les juges, et là, maintenant,
03:45c'est que Nicolas Sarkozy a voulu faire financer sa campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens,
03:53en échange de plusieurs services.
03:56Et quand pour la Libye ?
03:58Et en fait, ce qu'on se rend compte dans l'enquête, c'est que l'argent ne sert pas
04:01qu'à financer la campagne.
04:02Il y a des commissions, c'est-à-dire que, par exemple, des intermédiaires,
04:06comme Takiédine, comme Djuri, ont potentiellement pris de l'argent pour eux.
04:10Ils prennent des risques en même temps en faisant ça, donc on peut comprendre qu'ils ont envie de se
04:14rémunérer si on est des bandits.
04:16Et il y a aussi des rétro-commissions.
04:17C'est-à-dire que Sénoussi, qui a été rencontré plusieurs fois, d'après les enquêteurs, par Claude Guéant,
04:21alors que c'est vraiment un personnage, j'en perds mes mots, mais c'est un terrorisme.
04:31Donc Sénoussi, qui aurait été rencontré plusieurs fois par Claude Guéant, par Brice Hortefeux et d'autres,
04:35aurait touché lui des rétro-commissions.
04:37C'est-à-dire qu'il y a 6,5 millions d'euros, ça c'est prouvé.
04:39La justice a réussi à l'approuver, c'est parti de Libye, c'est arrivé sur un compte de Takiédine,
04:43ça a été retiré.
04:44Après, ça disparaît parce que c'est blanchi.
04:45Il y a une chambre de... Il y a un terme technique que j'oublie là, mais il y a
04:49une chambre qui est utilisée pour blanchir l'argent.
04:52Et ensuite, les juges n'ont pas réussi à prouver que cet argent-là avait été utilisé.
04:57Même s'ils ont réussi... Apparemment, il y a du liquide qui circulait au cul des campagnes.
04:59Ils n'ont pas réussi à prouver que l'argent avait été utilisé pour financer la campagne,
05:02mais parce qu'il avait été bien blanchi, très vraisemblablement.
05:05Donc là, on était sur...
05:06Oui, donc 6 ans de prison requis contre Claude Guéant.
05:09Brice Hortefeux.
05:10Brice Hortefeux, 4 ans de prison, dont 2 fermes sous surveillance électronique avec exécution provisoire.
05:1750 000 euros d'amende et une peine d'inégibilité de 5 ans.
05:21Brice Hortefeux qui, par la suite, a été ministre de l'Intérieur de Sarkozy,
05:26tout comme Claude Guéant a par la suite été ministre de l'Intérieur de Sarkozy.
05:29Un autre personnage dont tu as commencé à parler, Alexandre Jury, mais aussi Béchir Saler.
05:33Oui, alors le parquet a requis 6 ans de prison et 4 millions d'euros d'amende contre Alexandre Jury.
05:39C'est un des fameux intermédiaires qui était à la tête d'un des deux réseaux de corruption présumés entre
05:45la France et la Libye.
05:46Et Béchir Saler, lui, c'était le chef de cabinet de Mouammar Kadhafi.
05:51Et par ailleurs, un mandat de dépôt est requis pour Alexandre Jury, puisqu'il n'est pas en France.
05:55Voilà.
05:56Alors, on l'a dit en première instance, 7 ans de prison avaient été requis contre Sarkozy.
06:00Là, c'est la même chose.
06:03Et la dernière fois, ça avait été que pour...
06:05Enfin, à la fin, il avait été condamné que pour association de malfaiteurs.
06:08Mais on verra ce que ça donne, le délibéré.
06:11Là, tu l'as dit, c'est association de malfaiteurs, mais aussi corruption, financement illégal de campagne électorale
06:15et recel de détournement de fonds publics, ce qui explique aussi cette peine requise.
06:22Ça prouve, en fait, un accord qui a été conclu entre Sarkozy et Kadhafi, selon l'accusation.
06:26Oui, selon l'accusation, il y a un pacte de corruption.
06:30Et donc, comme je le disais, Abdallah, il n'y a pas que ça, parce qu'il y a aussi
06:33potentiellement du militaire civil.
06:36Il y a aussi Mouammar Kadhafi qui voulait rompre son isolement international.
06:40D'ailleurs, au conditionnel, parce que...
06:43Toujours au conditionnel, Kadhafi, par la suite, a été reçu en grande pompe à l'Elysée.
06:47Il n'avait pas mis sa tante dans les jardins de l'Elysée, comme on l'a dit dans la...
06:51Tout le monde retient que sa tante était dans l'Elysée.
06:53En fait, c'était juste à côté.
06:54C'était dans le jardin à côté.
06:56Oui, ça va, tout va bien.
06:57Aucun problème.
06:59Kadhafi avait été reçu à l'Elysée.
07:01Son isolement international avait été en partie rompu.
07:03Bon, après, il y a eu la guerre en Libye.
07:06Il ne sait pas, la situation s'est basculée.
07:09Il est mort.
07:10Oui, il est mort.
07:11Mais aussi, il n'y avait plus son isolement international.
07:13Là, il y avait une alliance internationale pour mettre fin à son régime.
07:15Enfin, pas de tous les pays du monde, mais de nombreux pays, dont la France.
07:19Et Sarkozy était très actif sur le sujet.
07:22Mais donc, son beau-frère est numéro 2 du régime Abdallah Senoussi.
07:27Lui, comme il avait été condamné en France pour terrorisme,
07:29il y avait un mandat d'arrêt international contre lui.
07:31Et il ne pouvait plus quitter la Libye.
07:33Et il avait un cancer.
07:35Et donc, Kadhafi voulait qu'il puisse aller se faire soigner en Europe.
07:38Et donc, c'est pour ça qu'il voulait que le mandat d'arrêt international soit levé.
07:41Et il aurait vraisemblablement sollicité la France.
07:46Enfin, sollicité en tout cas les équipes de Sarkozy.
07:49Et d'après l'enquête, Sarkozy n'a jamais dit, oui, on va faire ça.
07:53Il a dit, Claude, voyez cela.
07:54Et très probablement, d'ailleurs, qu'il n'aurait rien pu faire.
07:57On ne lève pas comme ça un mandat d'arrêt international.
08:00Même quand on est président de la République.
08:02Mais du coup, c'est plutôt qu'il a vendu une promesse d'action.
08:06Et donc, c'est dans les mois qui suivent plusieurs rencontres décisives avec ces nous-ci
08:14qu'il y a les 6,5 millions d'euros qui sont transférés.
08:19Tout ça, évidemment, tu le disais, c'est au conditionnel, puisque ce ne sont que des réquisitions.
08:24Pour connaître la condamnation, il faudra attendre le 30 novembre.
08:28C'est le 30 novembre qu'on saura si Nicolas Sarkozy est condamné ou pas.
08:33Nicolas Sarkozy est l'ensemble de ce pacte corruptif.
08:37Oui, c'est le 30 novembre qu'on saura.
08:39Et qu'on saura ce que ça donne en appel, en deuxième instance.
08:43Parce que, comme je disais tout à l'heure, Sarkozy pourra se pourvoir en cassation.
08:46Et là, la procédure est rallongée.
08:48Il y a une étape supplémentaire.
08:49Mais là, si les réquisitions sont suivies, ça viendra mettre quand même une pierre de plus à l'édifice
08:58qui dit que Sarkozy est coupable à minima d'associations de malfaiteurs.
09:04Et ce qu'ont dit les avocats généraux, ils disaient, en projetant des atteintes à la confiance publique les plus
09:11graves,
09:11avec un niveau opérationnel inégalé, cette association de malfaiteurs se place au plus haut niveau de gravité
09:16que la République puisse connaître.
09:17Ça, c'est l'avocat général Damien Maudet qui dit ça, et qui qualifie Nicolas Sarkozy d'instigateur de l
09:23'opération.
09:23Ça va plus loin qu'en première instance, puisqu'en première instance, si mes souvenirs sont bons,
09:29il était dit que Sarkozy était au courant, que Sarkozy ne pouvait pas l'ignorer.
09:33Ça, c'est une formule de justice lambda sur laquelle s'étaient appuyés ceux qui défendent Sarkozy de toutes les
09:39manières possibles
09:39en disant qu'ils ne pouvaient ignorer qu'eux, ça veut dire qu'ils savaient forcément, mais on n'en
09:44apporte pas la preuve.
09:45En fait, non, quand on dit qu'ils ne pouvaient ignorer qu'eux, c'est que le faisceau d'indices
09:48concordant montre qu'ils savaient là,
09:50ça va au-delà. Il est qualifié d'instigateur.
09:52Donc on verra ce qui sera retenu à la fin.
09:54Mais ce soir, avant le délibéré, avant le potentiel pour vent en cassation, il est qualifié d'instigateur.
10:04Et évidemment, il y a la défense qui doit s'exprimer aussi.
10:06Dans les prochaines semaines, je crois, dans deux semaines, il me semble.
10:08Donc il y a encore plusieurs étapes avant qu'on sache.
10:11Oui, il y a la défense, évidemment. Les avocats de Nicolas Sarkozy, d'ailleurs, ont dit notre client est innocent
10:15et on arrivera à le démontrer. Donc on suivra la défense des avocats de Sarkozy.
10:20Là, l'avocat général parlait même de forme de perdition républicaine.
10:24Et ils ont utilisé le mot de vicié. Ils ont vicié l'élection la plus importante de la Ve République.
10:29Donc l'attaque est lourde.
10:31En plus, il retourne cette accusation parce qu'au contraire, l'avocat général dit qu'il était président de la
10:35République
10:35et Nicolas Sarkozy, en nouant potentiellement ce pacte corruptif, lui-même a perverti le mandat suprême.
10:41Et donc là, les avocats de Nicolas Sarkozy retournent l'accusation en disant que ce sont les juges qui ont
10:47vicié cette élection,
10:49ou cette élection suprême.
10:50Ce que tu dis, c'est intéressant parce qu'au moment où le pacte corruptif des négociations démarre,
10:56Nicolas Sarkozy n'est pas président de la République.
10:57Il veut le devenir et il est ministre de l'Intérieur.
11:01Et en première instance, il y avait un débat sur est-ce que ce qu'il a fait, est-ce
11:07que ce qui s'est passé,
11:08il l'a fait en tant que ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire qu'il engage la République,
11:12ou il l'a fait en tant que candidat à l'élection présidentielle,
11:15où là, du coup, ce serait, selon la justice, visiblement, un peu moins grave.
11:18En tout cas, les qualifications ne sont pas les mêmes.
11:21Et il y a un désaccord entre la première instance et la deuxième instance sur le sujet.
11:26Puisqu'en fait, là, il y en a qui estiment que Sarkozy, ministre de l'Intérieur,
11:30et Sarkozy, candidat à la présidentielle, ne font qu'un.
11:31Oui, c'est la même personne.
11:33Et qu'il a mis les services du ministère de l'Intérieur,
11:37donc Claude Guéhan, qui est son directeur de cabinet,
11:39au service d'aller chercher des sous pour sa campagne présidentielle.
11:43Peut-être dernier point pour finir, un petit peu moins juridique.
11:46Pourquoi Nicolas Sarkozy est vu par nombre de nos concitoyens comme un martyr ?
11:50On a vu beaucoup de reportages, d'émissions, de soutiens de Nicolas Sarkozy,
11:54qui se lamentait de cette première condamnation.
11:57Pourquoi il peut être vu comme un martyr ?
11:59Il conserve une popularité, on le voit dans les vidéos, dans les gens qu'il rencontre.
12:03Le livre qu'il a écrit en prison, le journal d'un prisonnier,
12:06où il a passé 20 jours,
12:09s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires en une semaine,
12:11ce qui est un vrai succès d'édition et de librairie.
12:14Il y a très très peu de livres qui se vendent autant.
12:17Donc il y a toujours un phénomène autour de Nicolas Sarkozy.
12:20Lui, il va à fond dans la victimisation,
12:23il a un discours de martyr.
12:26On me fait une terrible injustice, alors que je n'ai rien fait,
12:30je suis irréprochable, sachant qu'il a déjà été condamné,
12:33même s'il a déjà été condamné, définitivement,
12:38c'est-à-dire qu'on s'est allé jusqu'à la cassation,
12:40dans le cadre de l'affaire Bismuth, dans le cadre de l'affaire Big Magnon.
12:43Donc c'est un repris de justice.
12:44Son discours de « jamais rien fait de mal » ne tient pas,
12:48c'est un repris de justice.
12:49sur l'affaire Kadhafi, l'affaire libyenne,
12:52peut-être qu'il sera innocenté, il reste présumé innocent.
12:55Mais comment expliquer ?
12:58Parce que ce qui se passe, c'est que la presse papier fait le travail,
13:01mais la presse papier ne suffit plus aujourd'hui
13:04à ce que tous les citoyens aient des informations fiables sur un sujet.
13:09Et d'ailleurs, dans un même quotidien papier,
13:11des fois, il y a des fortes contradictions.
13:12Si on prend le Figaro, les journalistes qui suivent la justice,
13:14qui ont suivi le procès, ont fait des papiers de qualité,
13:17et les historialistes, les rédacteurs en chef,
13:19eux, avaient un discours complètement différent du travail journalistique,
13:22alors qu'ils sont dans le même journal.
13:24Mais c'est surtout, les gens s'informent beaucoup sur les réseaux sociaux
13:27et à la télévision, et à la télévision, les médias télévisés,
13:30il y a eu soit un déficit, on peut juger qu'il y a eu un déficit de suivi du
13:35procès,
13:35c'est quand même un procès, c'est la première fois
13:37qu'un président de la République est condamné à la prison ferme,
13:40elle va en prison, sur des choses très très graves.
13:43Donc on peut considérer qu'il y a un déficit de suivi par nombre de chaînes,
13:48dont certaines chaînes publiques,
13:50et par ailleurs, il y a d'autres médias,
13:52les médias Bolloré, Bollorisé, CNews, Europe 1, le JDD et d'autres,
13:56qui eux sont et épousent complètement le discours de Nicolas Sarkozy,
13:59qui est un martyr, qui est le comte de Montecristo,
14:02qui fait une injustice terrible.
14:04D'ailleurs, dans le JDD, c'est très anecdotique,
14:07mais il disait que c'est le comte de Montecristo,
14:09mais il est d'une dignité incroyable, rien ne l'atteint,
14:13il a la meilleure réaction possible.
14:14Le comte de Montecristo, c'est quelqu'un qui est bouffé par l'esprit de vengeance.
14:17Mais bon, c'est pas grave, c'était une maladresse,
14:20c'est pas le plus grave dans le traitement du procès Sarkozy par le JDD.
14:24Et Fabrice Harfi, journaliste à Mediapart,
14:27qui a suivi, qui a enquêté sur l'affaire libyenne pendant des années,
14:31lui, il dit que le déficit de travail médiatique entre
14:35il n'y a pas suffisamment d'éléments qui sont importés à la connaissance des citoyens
14:39ou des médias qui racontent n'importe quoi,
14:40ça fait qu'à la fin, je cite, il avait dit ça sur France Télévisions,
14:43parce que j'ai un peu critiqué la télévision publique, là, je rends hommage,
14:47il a dit, Sarkozy est devenu une sorte de chef de chorale médiatique
14:51qui, profitant de l'ignorance autour de ce dossier,
14:54impose un narratif parallèle totalement déconnecté de la moindre base factuelle.
14:58Et c'est ça qui s'est passé après la première instance.
15:02Il a, bon, vraisemblablement, parce qu'il y aura un délibéré,
15:06raconté n'importe quoi, et ça passait parce que les informations
15:10n'étaient pas suffisamment transmises et partagées.
15:14Voilà.
15:15D'ailleurs, c'était intéressant de voir que Nicolas Sarkozy, d'un coup,
15:19et la droite et l'extrême droite, étaient contre l'exécution provisoire des peines.
15:22Ils ont toujours été pour, c'est eux qui l'ont poussé.
15:24Maintenant, ça s'applique pour eux.
15:26Ça ne les arrange pas trop trop.
15:27D'ailleurs, Aurélien Martini, je peux retrouver ça,
15:32il explique que ce qui s'est passé avec Nicolas Sarkozy, ça n'a rien d'incroyable,
15:35que 85% des gens qui sont condamnés pour 5 ans de prison
15:39ont une exécution provisoire de peine.
15:41Et là, d'ailleurs, il n'a pas eu dépôt immédiat.
15:43Il aurait pu, dès le sortir du tribunal, aller tout de suite en prison.
15:46Là, on lui a laissé le temps de se préparer à la prison.
15:51Et d'ailleurs, il a été reçu par Emmanuel Macron à l'Élysée.
15:54Certains disent que c'est normal, il est président de la République,
15:56ce n'est pas anodin d'enfermer un président de la République.
15:58Oui, mais bon...
16:00Mais c'est injusticiable comme un autre aussi.
16:02Il a organisé une garde-en-partie de soutien.
16:04Où est venu Rachid Haddati, ministre de la Culture ?
16:06Il y a quand même un problème de séparation des pouvoirs.
16:08Où est venu, son nom m'échappe,
16:12mais celui qui était secrétaire général de l'Élysée à ce moment-là ?
16:16On va retrouver...
16:17Moulin, Emmanuel Moulin, qui est pressenti à la Banque de France,
16:19si je ne dis pas de bêtises maintenant.
16:22Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
16:25était venu voir Sarkozy en prison.
16:28Ce qui fait que la justice, ensuite,
16:29a interdit à Darmanin et à Sarkozy de se revoir.
16:33En disant, il y a un soupçon.
16:36Et puis, il y a un soupçon.
16:38Ils disent, Nicolas Sarkozy,
16:40ce ne sont pas les mots exacts,
16:41mais parvient à activer des leviers
16:43qu'il ne devrait pas pouvoir activer
16:45puisqu'il n'est plus président de la République
16:46et qu'en plus, ça ne concerne pas la présence de la République.
16:49Et donc, il disait, maintenant,
16:50ce n'est plus possible qu'ils se croisent.
16:52Et donc, oui, ce que je veux dire,
16:53c'est que l'exécution provisoire,
16:55l'exécution immédiate,
16:56l'exécution provisoire immédiate,
16:58c'est une exécution immédiate,
17:00mais on n'appelle l'exécution provisoire.
17:03D'un coup, ça a posé un problème à la droite,
17:04à l'extrême droite,
17:05alors qu'ils ont toujours été pour.
17:07Il y a autre chose aussi,
17:08c'est l'association de malfaiteurs.
17:10L'association de malfaiteurs,
17:11la droite a toujours été pour.
17:13Et là, d'un coup, ils étaient contre.
17:14Ils disaient,
17:16comment ça fonctionne l'association de malfaiteurs ?
17:18Ça fonctionne comme vous l'avez voulu,
17:19puisque il faut rappeler que le législateur,
17:21c'est le politique,
17:22c'est le député, c'est le ministre.
17:24Et ensuite, le juge applique.
17:26Il a des outils, il les applique.
17:28Et l'association de malfaiteurs,
17:30il y a eu un moment où la gauche, d'ailleurs,
17:31se disait, attention,
17:32l'association de malfaiteurs,
17:33ça permet de certains mafieux
17:36qu'on n'arrive pas à attraper,
17:37quand on voit qu'ils sont au milieu,
17:39on jette le filet, on les choppe,
17:40mais parce que la justice est faite
17:42de façon à ce que, bon,
17:44il n'y a pas tout qui est prouvé jusqu'à 100% sur ça,
17:47mais comme il y a ça,
17:48il y a ça, il y a ça,
17:49plus ça, plus ça, plus ça,
17:50plein de faisceaux d'indices
17:52qui permettent à la justice de dire,
17:54bon, là, c'est quelqu'un qui fait partie
17:55de l'association de malfaiteurs.
17:56Et là, d'un coup, la droite était contre.
17:59Et ce qui était intéressant,
18:01ce qu'a dit Fabrice Harfi aussi ce jour-là,
18:02et j'en termine,
18:04c'est qu'il a dit,
18:05est-ce que quand on condamne un narco-trafiquant,
18:08quand on condamne des braqueurs,
18:09quand on condamne le grand banditisme
18:12pour l'association de malfaiteurs,
18:13est-ce qu'on fait des émissions de télé
18:15pour se demander si les juges
18:16ne seraient pas un peu militants
18:17contre la drogue et les braquages ?
18:19Et il a dit ça parce que,
18:20dans l'émission de télé où il était,
18:21on lui disait,
18:22est-ce que les juges, là,
18:23ils ne sont pas un peu anti-sarco ?
18:25Et donc, il en avait tellement marre
18:26de voir la suspicion mise sur le dos
18:28des juges,
18:29qu'il a dit,
18:29mais quand les juges font leur travail
18:31contre les mafies,
18:32on se dit,
18:32tiens, est-ce qu'ils n'ont pas
18:33un petit problème avec la mafia ?
18:34Non, ils ont un problème avec les bandits.
18:39Il a été condamné définitivement
18:41dans deux affaires.
18:41Là, peut-être qu'à la fin,
18:42il sera innocenté.
18:43En tout cas, il y a des étapes
18:45supplémentaires qui donnent à voir
18:47que s'il, à la fin,
18:49il est innocenté,
18:50ce qui est possible,
18:50ce serait un retournement
18:52de situation très spectaculaire.
18:54Rendez-vous donc le 30 novembre
18:55pour le délibéré.
18:56Merci beaucoup, Aurélien.
18:57De rien.
18:59Sous-titrage Société Radio-Canada

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