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  • il y a 9 heures
Avec Pierre Priouret, Secrétaire du SNES-FSU,
académie de Toulouse
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##LA_VIE_EN_VRAI-2026-10-12##

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News
Transcription
00:04On parle de la mobilisation dans les lycées ce matin.
00:07Pour l'heure, c'est la principale réponse du gouvernement à cette colère lycéenne.
00:10Le ministre de l'éducation, Edouard Geffray, a annoncé la semaine dernière
00:12le déploiement sur le terrain d'un peu plus de 3000 professeurs remplaçants.
00:17Ces derniers doivent prendre leur fonction au plus tard d'ici à demain.
00:20C'est ce que promettait le ministre.
00:23Et ce, dans les 500 lycées les plus impactés par les absences d'enseignants.
00:26Bonjour Pierre Prioré.
00:28Bonjour.
00:29Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:31Vous êtes le secrétaire du syndicat d'enseignants SNES-FSU à Toulouse.
00:34J'évoquais à l'instant la promesse du ministre de l'éducation.
00:37On en est où ce matin du déploiement de ces quelques 3000 remplaçants ?
00:41Ils sont en poste déjà ou pas encore ?
00:43Ça, on ne sait pas.
00:44Mais de toute façon, c'est une magnifique opération d'enfumage de la part du ministre.
00:49Ça, c'est sûr.
00:50C'est-à-dire, pourquoi vous parlez d'enfumage ?
00:52C'est une réponse concrète à l'urgence ?
00:55Est-ce que demandent les lycéens aujourd'hui ?
00:57Oui, effectivement.
00:58Les lycéens demandent à avoir des professeurs, mais des professeurs d'une part à l'année.
01:02Ce qui suppose quand même qu'on les recrute et que donc on les rémunère correctement pour ça.
01:06Mais ce n'est pas la réponse du ministre.
01:07Le ministre lui propose d'affecter des personnels qui sont pour l'instant sans remplacement à effectuer.
01:14Mais ils ont des compétences disciplinaires et n'importe quel professeur peut enseigner n'importe quelle discipline.
01:19Or, si ces professeurs que le ministre déclare avoir trouvé correspondaient à des besoins dans des disciplines,
01:26à longtemps, ils auraient été affectés.
01:28Donc, ce qu'on crée à nous très fortement et ce qui va très probablement se passer,
01:31c'est qu'on va affecter des professeurs de philosophie pour assurer des cours de sciences physiques.
01:35Et ça, ce n'est absolument pas une réponse convenable aux lycéens.
01:38C'est vrai qu'on a des témoignages dans la presse, on peut les lire, d'enseignants qui, par exemple,
01:45sont des profs de maths
01:46et à qui on demande, ici sur des remplacements, de faire des cours en lettres modernes.
01:52Par exemple, c'est une situation assez ubuesque.
01:55Déjà, à propos de ces enseignants-remplaçants, ces quelques 3000 enseignants,
01:59ce sont ce qu'on appelle des TZR, des titulaires sur zone de remplacement.
02:04Pourquoi ne pas les avoir dès lors déployés plus tôt sur le terrain ?
02:08C'est la question qu'on est nombreux à se poser dès le début, dès la rentrée, par exemple.
02:13Tout simplement parce que n'importe qui ne peut pas enseigner n'importe quelle discipline.
02:17Enfin, vous imaginez, en plus, on parle quand même du lycée.
02:19Vous imaginez, encore une fois, un professeur de philosophie qui assurerait un cours de sciences physiques
02:24ou de sciences de la vie et de la terre.
02:26Enfin, c'est tout simplement, c'est ce mot qu'est littéralement des lycéens et lycéennes
02:30qui ont raison de demander des professeurs.
02:33Mais il faut les recruter pour ça.
02:34Il ne suffit pas d'affecter des gens qui n'ont pas la compétence disciplinaire
02:39pour répondre à une situation de remplacement qui se serait déclarée ou à un besoin non couvert.
02:44Ce que vous dites, finalement, c'est que ces 3000, un peu plus de 3000 professeurs remplaçants,
02:493024 pour être précis, ça veut dire qu'ils vont être affectés à des postes,
02:54en l'occurrence, qui sont inadaptés par rapport à leur formation, tous ?
02:59Par rapport à leur formation et par rapport à leurs compétences.
03:02Peut-être que ponctuellement, il y aura quelques réponses qui correspondent aux disciplines enseignées par les professeurs,
03:07mais majoritairement, les rectorats préparent les rentrées très en amont.
03:11Et lorsqu'ils affectent un professeur, c'est parce qu'il y a un besoin qui correspond à la discipline
03:15d'enseignement de ce professeur.
03:17Donc, ça veut dire ici qu'on n'est pas finalement sur des remplacements forcément adéquats.
03:23On a en tout cas un problème, un problème très important sur cette question des remplacements.
03:27C'est ce que soulèvent justement ces lycéens à travers leur mobilisation.
03:30Alors, on a 90% des absences longues qui sont remplacées.
03:34Ce qui pose problème, c'est les absences courtes.
03:37On a actuellement un peu plus de 10% à peine des absences courtes qui sont effectivement remplacées.
03:44Et pourquoi ça pose autant de problèmes aujourd'hui de remplacer un prof qui est absent, par exemple, pour 10
03:48ou 15 jours ?
03:49Ça pose problème tout simplement parce que ces dernières années, en tout cas, on n'avait plus réellement de professeurs
03:55disponibles
03:56et qu'il fallait le temps de recruter des personnels qui n'étaient pas déjà embauchés par l'éducation nationale.
04:00Donc, on avait recours en général à des professeurs contractuels.
04:03Mais les professeurs contractuels, par définition, ils ne sont pas connus du rectorat.
04:06Donc, il faut aller à Pôle emploi, les identifier, les rechercher, vérifier qu'ils maîtrisent quand même leur discipline.
04:12C'est la moindre des choses.
04:13Et puis, régulariser les opérations de recrutement.
04:17Voilà. Le remplaçant, il peut intervenir, mais il ne peut pas intervenir sous des périodes d'une semaine.
04:22Ça n'a pas de sens. En plus, vis-à-vis des élèves, pédagogiquement, venir dans une classe, faire deux
04:26heures de cours, repartir,
04:27on a assuré de la garderie, peut-être, mais on n'a absolument pas assuré de l'enseignement.
04:31Donc, il n'y a pas de solution, selon vous, pour pallier à ces absences courtes, Pierre Priuré ?
04:36Sur les absences courtes, il n'y a pas de solution. Ça fait quand même plus de 30 ans que
04:40le ministère propose divers plans qui ne fonctionnent pas,
04:43tout simplement parce qu'en réalité, on fait appel aux volontariats de professeurs qui sont déjà dans l'établissement,
04:48qui ont déjà des classes en responsabilité, pour lesquelles, en fait, on va rajouter ponctuellement des heures de cours,
04:53mais là aussi avec des élèves qu'ils ne connaissent pas. Il ne suffit pas d'être dans l'établissement
04:57pour connaître exactement là où le collègue en est de sa progression
05:00et surtout pour assurer, installer une vraie relation pédagogique. Encore une fois, si c'est pour passer un film, si
05:06c'est pour faire un peu de garderie,
05:08n'importe qui peut le faire, mais nous avons, nous et les lycéens ont raison de le réclamer aussi, l
05:13'ambition d'avoir des professeurs qui enseignent
05:15et qui font passer un certain nombre de connaissances aux élèves. Ce n'est pas simplement de la garderie.
05:19Alors, qu'est-ce qu'on fait des lycéens qui ont leur prof, par exemple, qui est absent 10-15
05:24jours ? On les occupe, simplement ?
05:27C'est ce qui se fait depuis très longtemps, parce qu'en réalité, on ne peut pas faire autre chose,
05:31sauf à organiser, avoir un système
05:34où, par exemple, les enseignants et enseignantes n'ont pas atteint leur maximum de service, mais ça fait plus de
05:3930 ans aujourd'hui
05:39que les professeurs sont en sur-service. Donc, ce n'est pas une solution qui est viable dans l'instant,
05:45sauf à recruter massivement
05:47pour avoir des personnels qui, effectivement, ont encore un peu de place dans leurs emplois du temps
05:51pour pouvoir prendre des classes au pied levé. Mais même techniquement, en prenant une classe au pied levé,
05:57encore une fois, on ne réalise pas un acte pédagogique performant.
06:01Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
06:03Pierre Prioreux, je rappelle, secrétaire du SNES-FSU à Toulouse.

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