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  • il y a 9 heures
Lors du match du PSG face à Arsenal en finale de la Ligue des champions, de nombreux rassemblements ont eu lieu dans Paris. Un adolescent de 14 ans a été interpellé non loin de République. Selon sa famille, il aurait été plaqué contre un mur, menotté, insulté et blessé au nez avant d'être placé en garde à vue, puis de passer une nuit au dépôt. Il affirme également avoir subi des pressions après avoir souhaité porter plainte contre les policiers. Entretien avec son avocate, Maître Elsa Marcel.

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00:01Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31, lors du match du PSG face à l'Arsenal en finale
00:05de
00:05la Ligue des champions, de nombreux rassemblements ont eu lieu dans Paris. Un d'un adolescent de 14
00:09ans a été interpellé non loin de République. Selon sa famille, il aurait été plaqué contre un mur,
00:14menotté, insulté et blessé au nez avant d'être placé en garde à vue, puis de passer une nuit au
00:18dépôt. Il affirme également avoir subi des pressions après avoir souhaité porter plainte
00:23contre les policiers. On a avec son avocate pour en parler, Maître Marcel, bonjour.
00:28Bonjour. Pour commencer, pouvez-vous nous rappeler dans quelles circonstances cet adolescent a-t-il été
00:33interpellé et ce qui lui était reproché ? Si vous voulez, il a été interpellé comme des centaines
00:39d'autres jeunes, malheureusement, le soir de la victoire du PSG. Lui, en l'occurrence, il a été
00:45interpellé alors que le match n'était même pas terminé. Il a été interpellé à la 60e minute. Il
00:50était sorti avec des amis, simplement regarder le match sur une place publique avec un écran géant.
00:54Et en fait, ça correspond au coup de filet général qui a été mis en oeuvre et qui a été
00:59annoncé par
01:00Laurent Nunez avant même que le PSG gagne, où ils étaient en train d'expliquer que, de toute façon,
01:04il y avait des gens qui se préparaient à commettre des exactions. Donc, en fait, on voit comment est-ce
01:08qu'ils justifient, a priori, l'énorme dispositif policier qu'ils mettent en place et où, en fait,
01:13on voit que, depuis dix ans, il n'y a pas un événement populaire, que ce soit la fête de
01:17la musique, un concert de
01:18boule au stade Vélodrome, des jeunes qui se baignent dans le canal Saint-Martin, qui n'est pas réprimé brutalement
01:23par le
01:23gouvernement. Donc, en fait, c'est tout simplement dans ces coordonnées globales-là. Lui, il est
01:27interpellé comme beaucoup d'autres. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Ce qu'on lui reproche, moi, je
01:33ne rentre pas dans les détails,
01:34mais en gros, c'est une infraction qui a été mobilisée massivement pour justifier les gardes à vue, les déferments,
01:39voire les
01:39comparutions immédiates. C'est tout simplement que c'est un enfant qui avait un feu d'artifice, en fait. Et
01:43donc, moi, je conteste,
01:44évidemment, la commission de la moindre infraction. Et puis, il a été violemment interpellé, effectivement
01:50plaqué contre un mur, insulté, des insultes homophobes, des insultes racistes. Il a saigné du nez toute la nuit en
01:56garde à vue.
01:57Et je vous laisse imaginer les séquelles que ça laisse pour un enfant de 14 ans qui a été traité
02:01de cette manière.
02:02Donc, on est évidemment en train de déposer plainte. Et au-delà de ça, je pense que c'est très
02:06important que ce type de situation
02:08soit connu pour défaire le récit dominant qui a été construit immédiatement par la classe politique et les grands médias,
02:14quoi.
02:15Le port des meutes, on sait qu'il est censé répondre à un risque de danger ou de fuite. Au
02:19regard du dossier, quels éléments
02:20pouvez justifier à ce moment-là qu'un adolescent de 14 ans soit immobilisé et menotté de cette manière ?
02:25Aucun, évidemment. Si ce n'est la volonté de terroriser, en fait, toute une jeunesse et de lui passer l
02:31'envie de sortir dans la rue,
02:33d'exprimer sa joie, de tout simplement occuper l'espace public.
02:37Évidemment qu'un enfant de 14 ans, collégien, ne représente absolument aucune menace.
02:42Et que non seulement il n'était pas justifié de le menotter, mais il n'était même pas justifié de
02:45le placer en garde à vue.
02:47Donc, comme vous l'avez dit, cet adolescent affirme avoir reçu des insultes racistes et homophobes.
02:52Je cite notamment propos tenu par des policiers et petite tafiole asiatique.
02:57Ces propos figurent-ils dans la plainte que vous avez déposée ?
02:59Est-ce qu'il est disponible d'éléments permettant d'étayer ce récit ?
03:03Les éléments qui permettent d'étayer ce récit, c'est évidemment son témoignage.
03:07Et on va effectivement déposer une plainte pour les violences physiques qu'il a subies, mais aussi pour les insultes.
03:14Vous les avez décrites, il y en a beaucoup d'autres.
03:16Il explique de manière très précise et circonstancielle ce qui s'est passé en fait, en expliquant que c'est
03:20notamment parce qu'il avait un maillot rose.
03:22Et en plus que c'est une méthode d'intimidation, c'est-à-dire que ça s'accompagne du fait
03:27qu'on a essayé de le convaincre de retirer sa plainte,
03:29alors qu'il essayait tant bien que balle d'en déposer une en garde à vue.
03:33Ça demande déjà un niveau, à mon avis, de maturité et de courage quand on est un enfant qui est
03:38franchement à relever,
03:39quand on fait face à des officiers de police judiciaire qui vous ont essayé de traumatiser de cette manière-là.
03:43Je pense qu'il faut souligner qu'il a eu tout à fait raison et que c'est la raison
03:48pour laquelle, évidemment, on ira jusqu'au bout de la plainte qu'on va déposer.
03:54On sait que cet enfant a passé aux 48 heures sans voir ses parents, d'abord en garde à vue,
04:00puis au dépôt, au tribunal.
04:03C'est légal de laisser un enfant de 14 ans sans possibilité de voir ses parents pendant 48 heures ?
04:10Bah oui, malheureusement, c'est légal, ça s'appelle la garde à vue des mineurs,
04:13sachant que là, ce qu'ils ont voulu faire, et en fait, ça correspond à la politique pénale du gouvernement,
04:18aux grands effets d'annonce de la procureure de Paris, au discours de Macron avec les joueurs du PSG qui
04:24expliquaient
04:25qu'ils seraient intraitables avec ceux qui avaient été interpellés.
04:28En fait, ça veut dire ça complètement.
04:30Ça veut dire non seulement placer des enfants en garde à vue, mais ça veut dire en plus les déférer
04:34dans les geôles du tribunal.
04:35C'est-à-dire qu'ils ne se contentent pas de les traumatiser, de les frapper, de les enfermer dans
04:39un commissariat,
04:40mais ils veulent aller au bout, ils veulent les présenter à un procureur.
04:43Et bien sûr que c'est malheureusement légal, mais ça permet de prendre un petit peu la mesure
04:48de comment sont réprimés ce type de manifestations populaires.
04:53Selon le récit de l'enfant, après avoir souhaité porter plainte,
04:55un officier lui aurait demandé à plusieurs reprises s'il était certain de vouloir maintenir sa plainte.
05:00Si ces faits sont confirmés, vous les analysez comment ?
05:03C'est une craque classique.
05:04Je veux dire évidemment que vous déposez plainte au moment où vous êtes auditionné vous-même
05:12par l'équipe de policiers qui vous a a priori impacté et qui vous a fait les violences que vous
05:16dénoncez.
05:17Autant vous dire que l'OPFI qui recueille vos propos est un tout petit peu jugé parti.
05:21Donc évidemment que lui, les pressions sont extrêmement régulières.
05:25Et d'ailleurs, c'est souvent la raison pour laquelle on fait ensuite, nous les avocats, des plaintes parquées.
05:28Donc en fait, des plaintes qu'on adresse directement au procureur de la République.
05:31Parce que vous vous doutez bien que pour un enfant, c'est pas facile de retourner dans le commissariat rempli
05:34des policiers qui lui ont fait ça.
05:36Donc c'est tout à fait classique de subir ce type de pression.
05:39La famille nous a rapporté avoir souhaité obtenir du coup le numéro de RIO des policiers qui ont précédé à
05:43l'interpellation.
05:45La police leur aurait rétorqué que c'était impossible en raison du fait que c'était un travail à la
05:48chaîne.
05:51Comment c'est possible de ne pas obtenir le RIO d'agents qui ont interpellé son enfant ?
05:55Parce que le problème, si vous voulez, c'est que c'est la réalité des pratiques policières quotidiennes.
06:00Les RIO, ils ne les portent pas.
06:02C'est l'objet de contentieux interminables où il y a différentes organisations de défense des droits humains qui saisissent
06:10systématiquement les tribunaux pour faire appliquer l'exigence de port du RIO.
06:15Il y a des décisions qui sont rendues, y compris par le Conseil d'État, contestées par Retailleau à l
06:19'époque.
06:20Mais c'est l'objet d'un rapport de force perpétuelle.
06:23Donc non seulement jamais des policiers vont donner le numéro de RIO à des parents qui sont en train d
06:27'essayer d'obtenir des informations relatives à leur enfant qui a été victime de violence.
06:31Mais en plus, ils ne le portent même pas.
06:32Donc je veux dire évidemment que ça donne une idée de la manière dont l'impunité policière généralisée dans la
06:38société quand on voit d'ailleurs ce qui s'est passé et qu'il y a un agent de police
06:42en civil qui a été condamné parce qu'il a braqué son arme sur un supporter dans la rue comme
06:47ça librement.
06:48Donc tout ça, c'est un système et bien sûr que ça permet de révéler la totalité de cette pratique
06:54régulière.
06:55Vous avez déposé plainte pour violence policière. Quel élément demandez-vous aujourd'hui pour établir ce qui s'est passé
07:01ce soir-là ?
07:04On va demander comme à chaque fois l'exploitation des caméras vidéo et de manière générale, on fournit des documents
07:09médicaux qui est l'ouverture d'une enquête qui permettra d'établir la réalité de ce que dénonce ce jeune
07:15enfant.
07:16Et au cas particulier, qu'est-ce que cette affaire peut révéler plus largement de la manière dont les mineurs
07:21peuvent être traités par la police et notamment aussi lors de fêtes populaires ?
07:25C'est ce que je disais. La réalité, c'est que la police, les procureurs n'ont absolument aucune difficulté
07:33à brutaliser des enfants.
07:35On le voit de manière très régulière.
07:41On s'arrête de tout le vélodrome.
07:44Mais si vous voulez, c'est l'objet d'un débat régulier.
07:47On a assisté à cette persécution pénale d'enfants.
07:52Moi, j'ai défendu des jeunes de 13 ans qui n'arrivaient même plus à parler au dépôt tellement ils
07:55étaient choqués, tellement ils avaient été frappés.
07:56Et c'était une consigne directe qui avait été donnée par une circulaire du garde des Sceaux qui expliquait qu
08:00'il allait falloir déférer les mineurs.
08:01Et c'était ensuite tout le débat, notamment porté par Gabriel Attal, qui expliquait que peut-être il allait falloir
08:06juger des enfants en comparution immédiate.
08:08Donc effectivement, c'est tout un enjeu de criminaliser la jeunesse, d'en faire un exemple pour tous les autres
08:13et de terroriser une génération dans son ensemble.
08:16Je vous remercie beaucoup, Maître Marcel, d'avoir pu répondre à nos questions.
08:19Merci à vous. Merci, merci. Au revoir.
08:22Au revoir.
08:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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08:28Sous-titrage Société Radio-Canada

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