- il y a 2 semaines
La porte claquée est l’ultime signal de tensions au Parti socialiste. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, quitte ainsi la direction du parti ce vendredi 8 mai. Il accuse, selon ses proches, le premier secrétaire de la formation, Olivier Faure, de « décider seul » et de refuser « dialogue et recherche de compromis » dans les décisions du parti à la rose, et notamment celles concernant la présidentielle 2027. Boris Vallaud n’est pas le seul à tourner les talons, en quittant la direction du PS, il emmène avec lui l’ensemble de son courant : 24 membres, dont 21 secrétaires nationaux. Soit un tiers de la direction. Le point avec Rachel Garrat-Valcarcel et Emilio Meslet, journalistes à la rubrique politique.
00:00 Pourquoi Vallaud quitte la direction du PS
7:29 Le PS enterre la primaire ?
11:28 Faure répond à Vallaud
20:05 Hollande sur la primaire
26:36 Le PS entre Ruffin et Glucksmann
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NewsTranscription
00:01Le PS est-il au bord de l'implosion ? Chez les socialistes, les épines sont de nouveau de sortie.
00:06Les antiprimaires ont lancé ce week-end une nouvelle offensive contre le processus de désignation d'un candidat commun
00:10qui aujourd'hui fédère Olivier Faure et ses proches, les écologistes Génération, Debout et L'Après.
00:17Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, a lui claqué la porte.
00:20Il quitte la direction du PS pour réaffirmer son désaccord avec cette primaire et appeler à une nouvelle gauche plurielle
00:28rapprochée de Yannick Jadot et de Raphaël Glucksmann.
00:31Et en parallèle, l'aile droite du PS continue d'essayer de torpiller la dite primaire
00:35sur laquelle les militants socialistes doivent voter normalement d'ici l'été.
00:38La dernière pic en date est celle de François Hollande qui veut fédérer, je cite, la social-démocratie
00:42mais par contre sans s'allier avec les écolos et les anciens insoumis.
00:46On en parle avec Rachel Garaval-Garcel, journaliste politique à l'Humanité, qui va nous aider à y voir plus
00:51clair.
00:52Alors Rachel, on commence par l'intervention de Boris Vallaud.
00:56Je propose que sans délai, nous convoquions des rencontres de la nouvelle gauche plurielle.
01:02Pourquoi ? Parce qu'en réalité, moi mon geste il n'est pas désespéré, au contraire.
01:07Il appelle à ce sursaut, il croit à la possibilité...
01:10Pardon mais Boris Vallaud, des rencontres pour quoi faire puisque les désaccords ils sont connus.
01:13Alors oui, mais moi je voudrais d'abord souligner les accords.
01:15Mais pardon, les accords ils sont fondamentaux, ils sont majeurs.
01:17Ils n'ont rien d'une évidence.
01:19D'abord, je note que nous voulons tous un programme commun.
01:22Un programme commun de gauche à vocation majoritaire dans le pays.
01:25Eh bien, réunissons-nous...
01:26Pardon Boris Vallaud, vous ne voulez pas tous un programme commun.
01:28Raphaël Glucksmann, lui, spécialement, ne veut pas un programme commun avec François Ruffin et Marine Tondelier.
01:33Nous aurons, nous avons beaucoup de convergence.
01:35Nous aurons des désaccords.
01:36Moi je préfère que les désaccords, nous les posions sur la table.
01:38Nous cherchons à les surmonter, à construire ce consensus que les Français attendent pour que nous puissions partir en campagne.
01:45Je préfère que nous le fassions maintenant, plutôt qu'après.
01:49Bon alors, Rachel, il nous fait quoi Boris Vallaud, là ?
01:53Bon, il faut reprendre les choses depuis le début.
01:56Boris Vallaud, le 8 mai, il a annoncé son départ de la direction du Parti Socialiste.
02:02Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:04Lors du dernier congrès socialiste, qui a eu lieu il y a un an, tout juste, il y a un
02:08an, là, on allait arriver au vote de ce congrès,
02:10il y avait trois motions, celle d'Olivier Faure, celle de Boris Vallaud et celle des opposants historiques d'Olivier
02:17Faure
02:17autour de Nicolas Maillard-Rossignol, le maire de Rouen, Carole Delgane, Hidalgo, etc., etc.
02:22Et à l'issue du congrès, Olivier Faure, il n'était pas majoritaire tout seul dans les instances du Parti
02:27Socialiste.
02:28Il lui fallait une alliance avec Boris Vallaud, qu'il a scellée au moment du congrès de Nancy.
02:34Là, Boris Vallaud quitte cette direction, ce qui veut dire donc qu'Olivier Faure, il n'est plus majoritaire dans
02:41les instances.
02:42Est-ce que ça veut dire qu'Olivier Faure va être obligé de démissionner ? Non, puisqu'il a été
02:45élu directement par les militants.
02:47Donc il n'est pas du tout contraint de démissionner. Par contre, ça limite énormément sa possibilité d'action.
02:55C'est-à-dire qu'il est en cohabitation au sein même du PS ? Tu utiliserais le terme ?
02:58En fait, il garde un certain contrôle dans le sens où c'est quand même lui qui décide de convoquer
03:03un Conseil national, un vote dans les instances.
03:08Mais a priori, s'il le fait comme ça sans concertation, il est à peu près sûr de le perdre,
03:13ce vote.
03:13C'est un peu ça l'équilibre des forces aujourd'hui au Parti Socialiste.
03:19Pourquoi Boris Vallaud, il quitte les instances du Parti Socialiste ? Enfin il quitte les instances, il quitte la direction
03:24du Parti Socialiste.
03:26Lui, il considère que depuis des mois, la direction du Parti Socialiste ne fait pas ce qu'il faut pour
03:33bien préparer la présidentielle.
03:37C'est quelque chose qui montait déjà depuis plusieurs mois. Après les municipales, l'attention, elle est montée très brusquement,
03:44puisque Boris Vallaud, il a directement dit « si les choses ne changent pas, s'il n'y a pas,
03:48comme je veux, un vote sur la stratégie,
03:51c'est-à-dire primaire ou pas primaire, et un vote sur le candidat assez tôt, moi je me barre
03:57».
03:58Bon ben, un mois et demi après cet ultimatum, il s'est barré, estimant, ce qui n'est pas tout
04:07à fait faux,
04:07que rien n'a bougé du côté de la direction du Parti Socialiste. Et ce matin, sur France Inter, Boris
04:13Vallaud,
04:14il a quand même une initiative politique, c'est de dire « voilà, moi je propose une rencontre, des rencontres
04:24de la nouvelle gauche plurielle ».
04:26Alors, peut-être qu'on peut faire une pause sur ce terme de nouvelle gauche plurielle avant de revenir sur
04:29la contre-proposition
04:31à la primaire que fait Boris Vallaud. C'est quoi cette référence ? À quoi il se réfère quand il
04:35dit ça, Boris Vallaud ?
04:36Alors c'est vrai que les gens qui nous regardent sont nés après 2002, donc il faut évidemment faire la
04:41précision,
04:41ça nous donne un petit coup de vieux. La gauche plurielle, c'est le nom de la coalition qui a
04:45dirigé la France de 1997 à 2002,
04:50qui réunissait les socialistes, les communistes, les écologistes, les radicaux de gauche, les chevènementistes à l'époque.
04:57C'est la coalition qui a fait les 35 heures, c'est la coalition qui a fait la couverture maladie
05:02universelle, le PAX.
05:07On pourrait dire un peu facilement, c'est un peu la dernière fois qu'un gouvernement a été un peu
05:12de gauche.
05:13Qu'on a essayé de gouverner la France un peu à gauche.
05:15Voilà. Même s'il y a aussi des critiques à faire sur la gauche plurielle, il y a eu beaucoup
05:19de privatisation, etc.
05:21Mais au moins, il y avait à boire et à manger. Et puis évidemment, c'est un mot qui est
05:26dans la mythologie de la gauche, il faut bien le dire,
05:30qui est aussi un peu revenu dans l'actualité parce que Lionel Jospin est mort le soir du second tour
05:36des élections municipales.
05:37Donc c'est que tout ce souvenir-là est revenu un peu dans l'actualité. Et donc c'est ça
05:43qu'il convoque évidemment Boris Vallaud.
05:45Et donc ce serait quoi cette nouvelle gauche plurielle ?
05:48En fait, lui, il veut par là bien se distinguer malgré tout de la droite du Parti Socialiste.
05:56Dans le sens où lui, il insiste sur le fait qu'il veut bien une candidature dans un périmètre de
06:02Ruffin et Glucksmann comme Olivier Faure.
06:07Sauf que lui, il pense que ça ne peut pas passer par la primaire.
06:10Alors il a proposé avec Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann il y a trois semaines, un mois, une initiative qui
06:16s'appelait Construire,
06:17qui parlait déjà de ça en passant pas par une primaire, en estimant qu'au fond, en travaillant sur un
06:24programme commun tous ensemble,
06:26un peu par opération du Saint-Esprit, il y a quelqu'un qui va se dégager comme ça dans les
06:31réunions
06:32et qui va pouvoir devenir le candidat de la gauche unitaire.
06:38Bon, on y croit ou on n'y croit pas.
06:41Mais il refait un peu ça.
06:44Ce qui est intéressant, c'est que, avant de faire son initiative ce matin, il a prévenu.
06:55Son entourage m'explique qu'il a prévenu les écolos, l'après, Glucksmann, tout ça, de son initiative.
07:02Et on me dit, mais ça reste à vérifier que ces gens ont dit OK pour cette rencontre.
07:09Ils ont déjà topé, donc ?
07:10C'est ce que dit l'entourage de Boris Vallaud.
07:13Après, c'est encore à vérifier parce que, évidemment, ceux qui sont dans la primaire de Bagneux,
07:20ils considèrent que leur initiative, elle est déjà sur la table.
07:23C'est le 11 octobre, non, qu'elle est censée avoir lieu.
07:27Donc, avec, je le disais, je le répète, Olivier Faure, il veut emmener le PS dans ce processus,
07:31les écolos, génération debout et l'après, c'est-à-dire de s'adresser au peuple de gauche,
07:37pas uniquement aux appareils.
07:39Là, Boris Vallaud, lui, propose quand même des discussions d'appareils.
07:41Il propose clairement des discussions d'appareils.
07:44Après, lui, il n'est pas tout à fait clair non plus sur le mode de désignation.
07:49Et puis, d'ailleurs, il le répète ce matin,
07:51si les militants du PS décident qu'il faut aller à la primaire, il va à la primaire, si vous
07:55voulez.
07:55Bon, le truc, c'est que si la majorité des instances du PS sont contre,
08:01évidemment, elles peuvent être dédiées par les militants socialistes.
08:04Mais enfin, ce n'est pas le plus probable non plus, quoi, si vous voulez.
08:07On connaît l'état des lieux un peu de ce que pourraient voter les militants socialistes.
08:10C'est quand même compliqué à humer le...
08:12C'est très compliqué.
08:13C'est très compliqué.
08:14Ce qu'on peut dire, c'est qu'à priori, si Olivier Faure n'est pas très à l'an
08:18pour faire un vote tout de suite,
08:20c'est qu'à priori, il pense que s'il fait le vote tout de suite, il le perd.
08:23Donc voilà.
08:25Après, l'humeur des militants socialistes, elle peut vite bouger.
08:28Avant les municipales, on nous disait qu'ils étaient très gluxmanes.
08:33Après les municipales, c'est déjà un petit peu moins évident que ça.
08:40Donc effectivement, ça peut vite bouger.
08:42Mais aujourd'hui, je dirais qu'à priori, ils ne sont quand même pas très primaires, les militants socialistes.
08:48Et il veut être candidat, Boris Vallaud ?
08:50C'est pour ça qu'il fait ça ?
08:52Alors eux, ils disent que c'est avant tout une question de gestion interne du Parti socialiste,
08:55qui est critiquée de longue date, la gestion interne du Parti socialiste par Olivier Faure,
08:59considère que le Parti ne travaille pas, etc.
09:02Qui n'a pas assez d'idées.
09:02En l'occurrence, là, ils viennent de présenter un projet, un pré-projet qui est mis en débat avec les
09:06militants socialistes.
09:07Et Boris Vallaud et ses proches considèrent qu'ils ne sont pas assez associés dans la direction.
09:12Exactement.
09:13Et donc ça n'aurait rien à voir avec la présidentielle.
09:14Voilà, ça n'aurait rien à voir avec l'élection présidentielle.
09:17Mais ça a quand même tout à voir avec la stratégie sur l'élection présidentielle.
09:22Donc évidemment que Boris Vallaud, il a dans un coin de sa tête la possibilité d'une candidature.
09:31S'il y a une désignation interne au Parti socialiste, comme il la demande, il est assez probable qu'il
09:39puisse y être candidat.
09:41Ça, voilà, ça c'est une possibilité, évidemment.
09:44Il met un peu le bazar au sein du Parti socialiste, Boris Vallaud.
09:48Mais en tout cas, lui, il arrive à émerger publiquement.
09:50C'est-à-dire qu'en quelques semaines, il a mis un nouveau concept dans le débat public que celui
09:54de la démarchandisation.
09:55Désormais, il est à nouveau invité sur France Inter parce qu'il a claqué la porte.
10:00Il est en passe de réussir son coup, Boris Vallaud ?
10:03Alors, ce que j'allais dire, vous savez, c'est un bon signal.
10:06Quand vous faites deux fois en trois semaines la matinale de France Inter, c'est qu'à priori, vous êtes
10:10dans l'actu.
10:13Est-ce qu'il est en passe de réussir ?
10:14Bon, c'est un peu difficile de répondre à cette question-là maintenant tout de suite.
10:18Mais de fait, il s'est mis en avant.
10:21Et pour une fois, il faut lui reconnaître ça.
10:23Pas que sur des manœuvres d'appareil, puisque malgré tout, c'est l'une des rares personnalités de la gauche
10:30non-mélenchoniste, pour l'appeler comme ça, à avoir mis de l'avant, des idées.
10:37Et même si vous pouvez retrouver l'interview de Boris Vallaud qu'on a faite avec Cyprien Boganda sur la
10:43chaîne YouTube de l'Humanité.
10:45Bon, il n'est pas fondamentalement dit incroyablement nouvel, mais il a le mérite de les organiser,
10:51de donner un objectif, ce qui n'est déjà pas si mal dans un parti socialiste qui ne pense pas
10:54beaucoup ces dernières années, c'est vrai.
10:57Et puis surtout, ça le place quand même plutôt à gauche.
11:01Pas à l'extrême gauche, mais ça le place quand même plutôt à gauche.
11:04– Ce n'est pas l'aile droite du Parti socialiste, Boris Vallaud.
11:06– Non, Boris Vallaud, ce n'est pas l'aile droite du Parti socialiste.
11:08On ne peut pas du tout dire ça.
11:10C'est quelqu'un qui vient de chez Arnaud Montebourg,
11:14qui était sous l'aile d'Henri Emmanuelli,
11:17qui a en quelque sorte légué sa circonscription dans les Landes.
11:20Donc non, ce n'est pas quelqu'un qui fait partie de l'aile droite du Parti socialiste, Boris Vallaud.
11:25– Réponse du berger à la bergère,
11:28Olivier Faure, qui répond maintenant à son nouvel opposant au sein du Parti socialiste.
11:33Il était aussi l'invité du service public.
11:35On l'écoute sur France Info.
11:38– Maintenant, sur la question des primaires.
11:39Boris Vallaud dit quoi ?
11:40Il dit, il faut arriver à se parler les uns avec les autres.
11:44– Mais il ne veut pas de primaire.
11:46– J'ai bien compris qu'il ne voulait pas de primaire.
11:47Il y en a d'autres qui veulent une primaire.
11:49– Mais vous voulez toujours une primaire ?
11:50– Mais moi, je veux, c'est ce que j'ai dit là aussi,
11:52c'est public et ce n'est pas nouveau.
11:55Je dis que je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit.
11:58Je veux un processus qui soit commun à tous,
12:01qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun.
12:05Ce dont je ne me départis pas,
12:07c'est l'idée d'un candidat commun ou d'une candidate commune.
12:10Parce que s'il n'y a pas de candidat commun,
12:12il n'y aura pas de deuxième tour pour la gauche
12:14et nous irons à la défaite, peut-être même une défaite honteuse,
12:17parce qu'elle conduira à l'extrême droite au pouvoir.
12:20Et donc, cela, je n'en veux pas.
12:24– Rachel, on l'a entendu, donc à l'instant,
12:26Olivier Faure, il dit, moi ce que je veux, c'est un candidat commun,
12:30ce n'est pas forcément une primaire.
12:32En quoi leur position avec Boris Vallaud est si différente finalement ?
12:35– Effectivement, c'est un peu ce que dit Olivier Faure,
12:38au fond, c'est qu'ils ne sont pas d'un avis très différent.
12:40Mais encore une fois, Boris Vallaud, il reproche avant tout
12:43une question d'organisation en interne au Parti socialiste.
12:48Mais surtout, ce qui est intéressant dans ce que dit Olivier Faure,
12:51bon, il dit un peu ce que vont dire probablement
12:53tous les pros primaires, entre guillemets,
12:55c'est que le cadre de discussion, au fond, il existe déjà.
12:59Viens nous rejoindre Boris.
13:01– C'est ce qu'a dit Lucie Casté, d'ailleurs,
13:02sur le plateau de Saïra, sur ce qu'elle est venue.
13:05– Absolument.
13:05Mais, une des choses qui est intéressante dans ce que dit Olivier Faure,
13:11est-ce qu'on a, je trouve, pu beaucoup voir la semaine dernière
13:15lors du meeting de la primaire à la Bellevilloisse ?
13:18C'était mardi soir dernier.
13:19– Le 5 mai.
13:20– Le 5 mai.
13:22Je trouve qu'on est quand même vraiment tout près,
13:25il me semble, d'un pivot.
13:28– C'est-à-dire ?
13:28– D'un changement stratégique chez les unitaires.
13:34J'ai l'impression qu'il n'y a plus personne,
13:37à part peut-être François Ruffin,
13:39mais même les proches de François Ruffin,
13:40ne se disent pas forcément ça.
13:43Pas loin de...
13:44Enfin, il n'y en a plus aucun qui dit
13:46c'est la primaire et rien d'autre.
13:49Quand on leur dit
13:52est-ce que ça pourrait être autre chose ?
13:54Ils disent, bah oui, mais pour l'instant,
13:56on ne nous propose rien.
13:57Et quand on leur dit, est-ce que ça peut être, par exemple,
13:59je ne sais pas, une convention citoyenne ?
14:01– Ou un conclave.
14:03– Alors, ce n'est pas la même chose.
14:04– Non, non, mais pour l'instant,
14:06il y a les trois idées de procédure,
14:07c'est soit une primaire, soit plutôt un conclave.
14:09Donc, c'est-à-dire, en gros, les grandes figures
14:11et les chefs de partis se réunissent
14:13et décident entre eux, comme ils avaient fait
14:14au moment de désigner Lucie Casté comme primaire ministère,
14:16soit une convention citoyenne
14:18qui pourrait prendre la forme
14:19d'audition par des citoyens
14:23peut-être tirés au sort, peut-être sélectionnés
14:24en fonction de représentativité,
14:26qui se mettraient d'accord pour auditionner
14:27les candidats potentiels
14:28et désigner ensuite un candidat
14:30qui viendrait s'imposer aux appareils.
14:31– C'est ça.
14:31– Et en fait, quand on leur dit ça,
14:36il y a Lucie Casté, par exemple, qui dit
14:37« Écoutez, pardon, mais ça faisait partie
14:39des hypothèses de travail au début. »
14:40– Mais visiblement, personne n'en a voulu.
14:43Et même, je leur pose la question,
14:46au point près, ce post-primaire,
14:49post-meeting, pardon,
14:52Clémentine Autain, elle dit
14:53« Il faut que ce soit le peuple de gauche
14:56qui décide, donc il peut y avoir
15:00peut-être d'autres moyens que la primaire. »
15:02Et même la porte-parole de François Ruffin,
15:04pas François Ruffin directement,
15:05la députée Sophie Taillet-Pollian,
15:07dit « Il ne faut surtout pas que ce soit
15:09les élites de la gauche qui décident
15:11dans un bureau tout seul.
15:12Il faut qu'à un moment donné,
15:13le peuple de gauche soit convoqué. »
15:15Ce qui est une formulation suffisamment ambiguë
15:17pour comprendre autre chose que la primaire,
15:20même si François Ruffin, c'est quand même
15:21celui qui sait le plus avancer sur le côté
15:23« Il nous faut une primaire dite GESER,
15:25avec un ou deux millions de personnes
15:27pour créer une dynamique. »
15:29Et c'est vrai que c'est quand même aussi ça
15:31l'avantage d'une primaire.
15:33Si elle est réussie, bien entendu,
15:34ce qui n'est pas écrit d'avance,
15:36c'est de ramener des millions de gens votés
15:37pour avoir une dynamique,
15:39quelque chose de solide derrière.
15:43Et là, Olivier Faure, il dit pareil.
15:45Il dit « Je ne suis pas un acharné de la primaire. »
15:49D'ailleurs, dans son entourage,
15:50il y a quelqu'un qui m'a dit la semaine dernière
15:51« C'est vrai qu'il n'y a plus
15:53de jusqu'au boutiste de la primaire. »
15:56Donc je pense qu'il n'est pas totalement impossible
16:00que s'ils arrivent à trouver une autre méthode,
16:03ces gens-là finissent par se mettre d'accord.
16:05Mais il y a une condition.
16:06C'est qu'il faut absolument que ce changement de méthode,
16:12s'il devait intervenir,
16:13je ne suis pas en train de vous annoncer
16:14qu'il va intervenir,
16:16il élargisse le cercle.
16:17Au fond, c'est ça la question de Boris Vallaud.
16:21Et même de l'entourage d'Olivier Faure.
16:22L'entourage d'Olivier Faure, on me dit
16:24« On peut bien changer de méthode. »
16:25Mais si c'est pour ne pas attirer
16:26Raphaël Glucksmann dans le truc,
16:27ça ne sert pas à grand-chose.
16:29Ils veulent élargir d'un côté à Glucksmann
16:30et de l'autre aux communistes
16:31qui, pour l'instant, eux disent
16:32« Nous, on participe.
16:34Le programme d'abord.
16:35Le programme d'abord.
16:36On ne parle pas de programme.
16:37C'est mort. »
16:38Mais, comment dire,
16:40Vallaud propose de parler programme d'abord,
16:42même si c'est quelque chose
16:45qui n'a pas grand sens
16:46de dire ça dans le sens où...
16:48On est à un an de l'échéance.
16:49À un an de l'échéance.
16:50Et puis pour une présidence...
16:51Voilà.
16:51Qu'on aime ou pas l'élection présidentielle,
16:53et personnellement,
16:54je n'aime pas l'élection présidentielle,
16:56il faut reconnaître que
16:57comment ça fonctionne,
16:58c'est une incarnation
16:59à coller à un projet.
17:01Ce n'est pas des légaux, en fait.
17:03C'est plus compliqué que ça.
17:05Donc, en tout cas,
17:06on peut se dire que
17:07cette primaire, pour l'instant,
17:08elle a quand même du plomb dans l'aile.
17:09C'est les militants socialistes
17:11qui ont un peu son avenir
17:12entre leurs mains.
17:14Et on ne sait pas la date encore de ce hôte.
17:17Non, non, bien sûr.
17:19Il y a un vote de prévu
17:20au Parti socialiste,
17:21c'est fin juin,
17:22sur le projet
17:23qui est actuellement
17:24dans sa dernière ligne droite.
17:26Donc, on l'a dit,
17:28présenté au...
17:29débattu par les militants actuellement.
17:32Les valodistes,
17:33ils auraient voulu
17:34qu'à cette occasion,
17:35il y ait un vote
17:36sur la stratégie
17:38et la candidature.
17:41Il y a des gens,
17:42je sais,
17:43autour d'Olivier Faure,
17:43qui ont tenté
17:44de trouver un compromis
17:47qui estimait
17:47que ce n'était pas
17:48une mauvaise idée
17:48de faire avant l'anté
17:49un vote sur le projet
17:50et la stratégie,
17:52mais vu le manque de temps,
17:54un vote sur le candidat
17:55juste après l'été.
17:58Il n'y a pas de compromis
17:59qui a été trouvé.
18:00Est-ce qu'il y a encore
18:01temps d'en trouver un ?
18:01Ça, difficile à dire.
18:02Et je voulais te montrer
18:03aussi un tweet
18:05pour essayer de voir
18:06comment réagissent
18:09les alliés d'Olivier Faure
18:10au move de Boris Vallaud.
18:12C'est celui de Raquel Garrido
18:15qui explique
18:15que le Parti Socialiste
18:17a été plombé
18:18par les années hollandes
18:19et qu'en réalité,
18:19le bilan d'Olivier Faure
18:21à la tête du Parti Socialiste
18:23est de l'avoir réarrimé
18:24au reste de la gauche
18:25via l'ANUPES,
18:26le NFP,
18:27puis maintenant,
18:27dit-elle,
18:28Front Populaire 2027,
18:28donc cette fameuse primaire
18:30et elle a peur
18:32que les adhérents
18:34choisissent,
18:34je la cite,
18:35la liquidation de leur parti
18:37plutôt que la voie de l'Union
18:38et de la victoire.
18:39Comment ils réagissent
18:40à tout ça,
18:42les alliés d'Olivier Faure,
18:43pour ceux qui veulent la primaire ?
18:45Ils ne réagissent pas bien
18:46au move de Boris Vallaud
18:48en général
18:49depuis les municipales.
18:50Mais, mais, mais,
18:52ils ont bien conscience
18:53que le Parti Socialiste,
18:55s'il s'en va de la primaire,
18:57la primaire,
18:59à moins de sens.
19:00Elle a moins de sens, quoi.
19:02Donc, ils sont aussi
19:04un peu contraints
19:05par ça, évidemment.
19:09Mais,
19:10Raquel Garrido dit
19:11que ça ressemble
19:11à un coup de barre à droite.
19:12C'est ce qu'elle dit.
19:13En gros,
19:13c'est ce qui va réemmener
19:15le Parti Socialiste
19:16vers le retour
19:17de la social-démocratie,
19:19sinon du social-libéralisme
19:20à la sauce François Hollande.
19:22Il est évident
19:22que dans l'état actuel des choses,
19:24et je dis bien
19:25dans l'état actuel des choses,
19:26si demain,
19:28les militants socialistes
19:29disent non à la primaire
19:31et oui
19:32à un soutien
19:34à la candidature
19:35Glucksmann
19:35un peu contre
19:36le reste de la gauche,
19:37c'est ça qui se passe.
19:39Et il est très clair
19:41que le soutien,
19:48le retrait de Boris Vallaud
19:49de la majorité interne au PS,
19:51ça donne de l'essence
19:53à ces gens-là dans le parti.
19:55Et c'est aussi pour ça
19:55que son interview de ce matin
19:57est intéressante.
19:57C'est que, justement,
19:59on sent bien
19:59qu'il a vu le danger.
20:01Il a vu le danger
20:02d'être juste un peu
20:03l'idiot utile
20:04de la droite du PS.
20:05On va y venir.
20:06Justement,
20:07je te propose
20:07d'écouter maintenant
20:08François Hollande,
20:09puisqu'on parle
20:10de l'aile droite
20:10du PS.
20:11Il est élu
20:12l'invité de France 3
20:13dans Dimanche en politique.
20:16J'en tire la conclusion
20:17et cette conclusion
20:19me va tout à fait.
20:20Il n'y aura pas,
20:21que chacun le comprenne bien,
20:23il n'y aura pas
20:23de primaire
20:24pour désigner
20:25un candidat
20:26avec la gauche
20:28au-delà du PS.
20:29Donc, c'est la conséquence
20:31de la démission
20:31de Maurice Vallaud.
20:34François Ruffin,
20:34Clémentine Autain,
20:35tous ceux qui voulaient
20:36faire cette primaire.
20:37C'est fini,
20:37que chacun le comprenne bien,
20:39c'est terminé.
20:40Cette décision, là,
20:41vient en donner, finalement,
20:43toute la vérité.
20:43Et ça vous va.
20:44Oui, ça me va,
20:45parce que je considère
20:46que ce qu'il faut porter,
20:47c'est une candidature
20:48de l'espace socialiste,
20:49social-démocrate.
20:50Il y a suffisamment de noms,
20:52vous les connaissez,
20:52Bernard Cazeneuve,
20:53Raphaël Luchman.
20:54On va tout à fait parler de ça.
20:55Le problème des personnes existe,
20:56mais il faut donc s'associer
20:58à toutes les formations politiques
20:59qui pensent, finalement,
21:01la social-démocratie
21:02dans ce qu'elle doit avoir
21:03comme renouveau,
21:05mais qui pensent
21:05qu'une gauche doit d'abord
21:07prendre en compte
21:08la réalité
21:09et la transformation
21:10d'un pays
21:11qui est aujourd'hui en souffrance.
21:13Alors, Rachel,
21:14game over, c'est fini.
21:15Terminado, c'est finito.
21:17Fini, t'as bien compris,
21:18la primaire, c'est fini.
21:19Arrêtez de nous emmerder,
21:20les hauts taruffins.
21:22Finito,
21:22il dit François Hollande.
21:25Il dit aussi,
21:27qu'un futur président
21:28peut être de gauche
21:28à condition
21:29qu'il parle aux électeurs
21:32d'Emmanuel Macron.
21:33Voilà, c'est le renouveau
21:34de la social-démocratie,
21:35dit-il.
21:37Est-ce qu'ils sont alignés
21:38avec Boris Vallaud, là ?
21:39Non.
21:41Clairement,
21:41Boris Vallaud, lui,
21:42il ne veut pas de la primaire
21:43parce qu'il pense
21:44que c'est une mauvaise méthode
21:45de désignation.
21:46Et comme je le disais,
21:47donc, de fait,
21:48son retrait de la majorité
21:49d'Olivier Faure,
21:50elle donne du fioul
21:51à ceux qui ne veulent pas
21:52de la primaire,
21:52mais aussi, de fait,
21:55à ceux qui ne veulent pas
21:56non plus du périmètre
21:57de Ruffin à Glucksmann,
21:58mais qui préfèrent
21:59un périmètre
22:00de Hollande à Glucksmann.
22:01Ce qui est,
22:02on en conviendra...
22:03De Fort à Glucksmann.
22:04Allez.
22:04Allez, de Fort à Glucksmann.
22:06Et encore,
22:06je pense que si Fort
22:07ne faisait pas la campagne,
22:08ça les arrangerait bien.
22:10Ce qui est un peu plus étroit,
22:11on en conviendra.
22:13Et ça fait des semaines
22:14que je dis ça
22:15à l'entourage de Boris Vallaud.
22:16C'est bien gentil
22:17ce que vous faites,
22:17mais en fait,
22:18comment vous pouvez dire
22:19« Mais non,
22:19on ne soutient pas
22:20une candidature Glucksmann
22:21quand vous alliez
22:22qu'avec des gens
22:22qui veulent une candidature Glucksmann. »
22:24À un moment donné,
22:24il y a une incohérence.
22:27Tu te dis « Non, mais non,
22:28t'as tort,
22:28tu ne comprends pas
22:28ce qui se passe. »
22:29Bon, toujours est-il
22:30que ce matin,
22:32Boris Vallaud, pardon,
22:33il met un gros tir
22:36à François Hollande
22:37en disant
22:37« Non, non, mais moi,
22:39oui, certes,
22:39je ne veux pas la primaire,
22:40mais le périmètre
22:41social-démocrate,
22:42ça ne m'intéresse
22:43pas non plus. »
22:46On peut imaginer
22:47que ce que vraiment
22:48essaye de faire
22:50Boris Vallaud,
22:51c'est essayer vraiment
22:52de ramener
22:53Raphaël Glucksmann
22:54dans un processus commun.
22:57Dont il ne veut pas trop trop.
22:59Quand on discute
22:59avec une partie
23:00de l'aide-droit du PS
23:02et les proches
23:02de Raphaël Glucksmann
23:03nous disent de toute façon
23:04« Si à la fin,
23:05c'est Autain ou Ruffin
23:06qui sortent du chapeau,
23:07nous, on n'est pas pour
23:08parce qu'en fait,
23:08on n'est pas d'accord. »
23:10Alors, bien sûr,
23:14vous savez,
23:15il y a eu
23:16une semaine ou dix jours,
23:17le Parti socialiste
23:18a rencontré en bilatéral
23:19tous ses partenaires potentiels,
23:21Écolo,
23:22La Pré,
23:22Debout
23:23et aussi
23:24Place publique
23:25et Glucksmann.
23:26Ce que les socialistes
23:27en disent,
23:28c'est que
23:29ce n'est pas si clair que ça.
23:30Alors, ça les arrange bien
23:31de dire que ce n'est pas
23:32si clair que ça
23:33chez Glucksmann.
23:35Mais ce qu'ils disent,
23:36c'est qu'au fond,
23:36la stratégie de Glucksmann,
23:37c'est de lancer
23:38sa candidature
23:40début mi-juin
23:41il va sortir un livre
23:42et un meeting
23:42le 13 juin
23:45et qu'il veut voir
23:47quel bump
23:47dans les sondages
23:48il peut avoir
23:49à ce moment-là
23:49puisque je sais bien
23:51que dans le public,
23:52peu de gens sont favorables
23:53à une primaire
23:54mais la vérité,
23:55c'est que sans primaire,
23:56c'est les sondages
23:56qui font l'élection.
23:58Je le dis comme ça.
24:00Donc, il veut voir
24:01quel bump
24:02il peut avoir
24:02dans les sondages
24:03et s'il n'a pas
24:04le bump attendu,
24:05les socialistes pensent
24:07qu'il pourrait se rallier
24:07à quelque chose
24:08d'un petit peu plus commun,
24:10autre sujet,
24:11les socialistes pensent
24:13que dans son parti,
24:16ce n'est pas aussi clair
24:17que ça non plus,
24:18qu'ils ne veulent pas
24:19d'un processus commun
24:21dans l'entourage
24:24d'Olivier Faure.
24:25On nous fait
24:25parce qu'à la réunion
24:26bilatérale,
24:27il y avait Raphaël Glucksmann
24:28et Aurore Lalluc,
24:29la députée européenne
24:30de place publique
24:31et coprésidente.
24:34On s'est aperçu
24:35qu'Aurore Lalluc
24:36était de gauche
24:36et du coup,
24:39visiblement,
24:39il y avait quelques dissonances
24:40entre les deux leaders
24:42de place publique
24:42à cette rencontre-là
24:44et donc,
24:45ils veulent croire
24:45qu'il y a un coin
24:46qui peut être enfoncé
24:49chez place publique.
24:51On n'en est pas encore là
24:53de fait,
24:55mais voilà.
24:56Et par ailleurs,
24:57François Hollande,
24:58puisqu'on a regardé
24:59François Hollande
25:00on n'en a toujours pas parlé,
25:03lui,
25:04tout ce qui peut s'approcher
25:05d'un bordel
25:06au sein du Parti Socialiste,
25:07ça l'arrange.
25:08Il l'achète.
25:09Lui,
25:10ce qu'il veut,
25:10c'est une désignation
25:12très tardive.
25:13Fin 2027.
25:14Il est 10 décembre.
25:15Fin 2026.
25:17Pourquoi pas même
25:18début 2027 ?
25:20Parce qu'en fait,
25:21il a bien compris
25:22que sa seule chance
25:24d'être le candidat
25:25du Parti Socialiste,
25:27c'est d'être
25:28le dernier vivant
25:29dans le jeu de massacre.
25:30C'est ça la stratégie
25:31de François Hollande.
25:32Donc plus c'est le bordel,
25:34plus ça l'arrange.
25:36Et comme je l'ai déjà dit,
25:37je le redis,
25:38c'est pour ça que Boris Vallaud,
25:39ce matin,
25:39il essaye de se distancier
25:41de ça.
25:42Et malgré tout,
25:43même si on n'y croit,
25:44on n'y croit pas,
25:44de proposer
25:45des solutions alternatives.
25:48Peut-être qu'il a compris aussi
25:48que François Hollande,
25:49au vu de son bilan,
25:51c'est qu'il est radioactif.
25:52Oui, oui.
25:52Ça, je pense qu'il y a
25:53beaucoup de gens en Parti Socialiste,
25:54malgré tout,
25:54qui le pensent,
25:55même si pas autant
25:56qu'on pourrait le penser,
25:57vu la radioactivité du bilan.
26:00Et c'est ça qu'il faut,
26:01en fait,
26:01parce que quand même
26:02ces dernières semaines,
26:03ces derniers jours,
26:04il y a quand même
26:04une très grosse offensive
26:06de François Hollande.
26:07Il y a des articles
26:08partout dans la presse
26:09sur « il se prépare ».
26:10On se remet à prendre au sérieux
26:12les boutades de François Hollande.
26:14C'est assez consternant.
26:16Mais la vérité,
26:17c'est que pourquoi ça existe ?
26:19Pourquoi ça existe,
26:20François Hollande,
26:20alors qu'il a un bilan
26:22cataclysmique
26:22d'un point de vue électoral
26:23pour la gauche,
26:24et que même Jean-Luc Mélenchon
26:25n'a pas réussi à régler
26:26depuis dix ans ?
26:28Eh bien, en fait,
26:29c'est parce que les autres
26:29sont complètement nuls.
26:30Il faut le dire comme ça.
26:32Donc ça lui laisse,
26:33malgré tout,
26:34un petit espace.
26:37Là, on n'a pas
26:38les stratégies,
26:38mais quand même,
26:39si tout le monde...
26:39Imaginons,
26:41politique-fiction,
26:42les socialistes
26:43arrivent à ramener
26:45Glucksmann
26:45dans l'offre commune.
26:49La question,
26:50c'est celle du fond,
26:51quand même,
26:51qu'on n'arrive pas à régler.
26:53Entre Autain et Ruffin
26:55jusqu'à Glucksmann,
26:56sur quels points
26:59d'accord
26:59ils peuvent être d'accord
27:00et quels sont les points
27:01de divergence
27:01assez majeurs
27:02qui pourraient rendre
27:03compliqué
27:04un attelage
27:05entre ceux
27:06qui veulent parler
27:06davantage
27:07à un électorat
27:08plus centriste
27:08et à ceux
27:09qui veulent être
27:10au cœur de la gauche
27:11et en parler
27:11à la gauche radicale.
27:14C'est tout le sujet.
27:18Mais comment dire...
27:19Je me permettrais
27:20de rappeler
27:21que ces gens-là,
27:22il y a moins de deux ans,
27:23ont signé
27:23le même programme commun
27:25pour les élections législatives.
27:28Le nouveau Front populaire.
27:29Le nouveau Front populaire.
27:31Alors bien sûr,
27:32je suis bien au courant
27:32que ça n'a pas duré
27:33très longtemps
27:34après les élections,
27:36mais de fait,
27:37ça a déjà été le cas
27:38il n'y a pas si longtemps
27:39que ça.
27:40Ce qui bloque,
27:42c'est malgré tout,
27:43même si quand il n'y a pas
27:45Mélenchon dans l'équation,
27:46c'est un petit peu moins le cas,
27:47mais malgré tout,
27:48quand même un peu
27:48les questions internationales.
27:53Aujourd'hui,
27:54même si pour l'instant,
27:55on n'a pas encore
27:56le programme définitif
27:57de place publique,
27:58mais dans ce qui nous avait
27:58été présenté
27:59il y a environ un an
28:01comme première ébauche
28:02qui ne cassait pas
28:03trois pattes à un canard,
28:04c'était un programme
28:05de centre-gauche
28:06tout à fait commun.
28:07Donc il n'y avait plus
28:08grand-chose à voir
28:08avec celui du NFP.
28:09Non, mais après,
28:10on est bien au courant
28:11que place publique,
28:12c'est moins à gauche
28:13que le NFP en moyenne.
28:14Je veux dire,
28:15ça n'est pas une énorme surprise.
28:19Ce qui était frappant,
28:20c'est qu'il mettait
28:21très nettement en tête
28:22de son programme
28:23et donc on peut imaginer
28:24de ses priorités
28:25la question de l'économie de guerre.
28:27Bon, ça c'est clair
28:27que dans une partie
28:28de la gauche,
28:29l'économie de guerre,
28:30ça ne parle pas beaucoup
28:31et il n'y a pas besoin
28:32d'aller jusqu'à
28:32Jean-Luc Mélenchon pour ça.
28:34Lui, il dit qu'il veut
28:35sauver la démocratie.
28:36C'était ça son axe
28:37au mois d'octobre
28:38lorsqu'il a réuni
28:39ses troupes à l'Aréole
28:40pour les universités d'été
28:41puisqu'on n'est plus en été.
28:42Mais en gros,
28:43les universités de place publique,
28:44son discours,
28:45son axe principal,
28:46nous serons les sauveurs
28:47de la démocratie.
28:50Et puis de l'autre côté,
28:52vous avez un François Ruffin
28:55qui met beaucoup de l'avant
28:57des questions du travail.
28:59D'ailleurs, il dit
29:00que son projet est travailliste.
29:04Alors que pour le coup,
29:05Raphaël Glucksmann,
29:06la question du travail,
29:07c'est quelque chose
29:08qui semble jusque-là
29:09lui passer assez loin au-dessus.
29:13Après, ces gens-là
29:14sont d'accord sur à peu près
29:15une chose quand même.
29:16C'est qu'il n'y en a aucun
29:17qui a présenté un financement
29:19de son programme,
29:20ni les socialistes,
29:21ni Raphaël Glucksmann,
29:23ni Clémentine Autain,
29:25ni François Ruffin.
29:27Donc là-dessus,
29:28pour le coup,
29:28ils sont d'accord.
29:28Mais, comment dire,
29:32d'une certaine manière,
29:34la question,
29:35et je vais dire ça
29:36de manière très cynique,
29:37l'élection présidentielle,
29:39elle fonctionne comme ça.
29:40Il n'y a que deux qualifiés
29:41au second tour.
29:43Alors vous pouvez toujours dire
29:44que vous n'êtes pas d'accord
29:45avec tel ou tel point.
29:47Si c'est pour à la fin
29:48faire 2 plus 4 plus 6,
29:50il n'y en a aucun
29:50qui sera au second tour.
29:53À la fin,
29:53c'est quand même ça la question.
29:55– Et bouclons la boucle
29:57peut-être avec Boris Valot.
29:58– Pardon,
29:58je précise,
30:00et on a bien vu
30:01dans le passé
30:02que l'électorat de gauche,
30:04il peut très bien
30:06aller voter massivement
30:08pour Jean-Luc Mélenchon
30:09à une élection,
30:10puis Écolo à une autre,
30:12puis Mélenchon,
30:14puis Glucksmann.
30:16La vérité aussi,
30:17il faut se dire,
30:18même si l'électorat de gauche
30:19a ses exigences,
30:21l'électorat de gauche,
30:21il veut aussi gagner.
30:23– Il en a marre de perdre,
30:23mais il y a aussi
30:24une demande de radicalité,
30:25on l'a vu dans les…
30:26– Absolument,
30:26les vrais des deux sont vrais.
30:27– Aux élections municipales,
30:29on a vu qu'il restait
30:29un pôle de radicalité quand même,
30:31même quand l'Union
30:31se faisait sans les insoumis.
30:32– Et c'est celui
30:33qui arrivera
30:34à mieux le faire
30:35ce mélange-là,
30:36qui à mon arrière
30:37arrivera à tirer
30:38les marrons du feu à gauche.
30:39– Et l'autre question,
30:40ce sera celle de l'élargissement.
30:41Il y a une fois,
30:41comment tu réunis ton camp,
30:42et une fois,
30:43si potentiellement
30:44tout d'une tour,
30:44comment tu arrives à élargir ?
30:46– On a vu que ça n'a pas
30:47toujours été simple
30:47aux élections municipales.
30:49– Non, non, c'est sûr.
30:50Et d'ailleurs,
30:51c'est assez frappant.
30:53Là aussi,
30:54chez Raphaël Duxman,
30:55il y a des questions
30:56qui se posent,
30:56parce que c'est vrai
30:57que ces dernières semaines,
30:57on avait l'impression
30:58qu'ils mettaient vraiment
31:01tous les gaz
31:01vers le centre,
31:02Raphaël Duxman.
31:03Et quand on parle
31:04avec certains des proches
31:05de Raphaël Duxman,
31:06on a bien conscience,
31:08enfin,
31:08on comprend qu'ils ont bien conscience
31:10que faire le deuxième tour
31:12avant le premier
31:13n'est peut-être pas
31:13une très très bonne idée,
31:15dans le sens que
31:17l'électorat modéré,
31:18il va avoir
31:19beaucoup de candidats
31:20à se mettre sous la dent.
31:22Peut-être un Glucksmann,
31:23peut-être un Attal,
31:24peut-être un Cazeneuve,
31:26peut-être un Édouard Philippe,
31:28si on le met encore.
31:29– J'ai failli tomber
31:30de ma chaise
31:30quand tu as dit
31:30candidat modéré.
31:32– Oui,
31:32non, mais candidat modéré,
31:33candidat,
31:34voilà,
31:36évidemment.
31:36– De l'extrême centre.
31:37– Voilà,
31:38de l'extrême centre.
31:39– Non, mais d'ailleurs,
31:40c'est comme ça
31:40qu'ils me le vendaient
31:42dans l'entourage
31:42de Raphaël Louxman,
31:43c'était de ne pas laisser
31:44Édouard Philippe
31:45être le vote utile
31:46dès le premier tour.
31:47Et donc, en gros,
31:48il fallait quelqu'un
31:48qui puisse attraper
31:50une partie de l'électorat de gauche
31:51et une partie de l'électorat centriste,
31:53qui soit entre
31:54Jean-Luc Mélenchon
31:54et Édouard Philippe.
31:56Sinon, ils avaient peur
31:56que même l'électorat de gauche
31:57voit en Édouard Philippe
31:58la personne la mieux à même
31:59au deuxième tour
32:00de battre l'extrême droite.
32:02Et donc, c'est pour lui
32:02qu'il faudrait voter
32:04dès le premier tour
32:05pour lui assurer sa place
32:06au second tour.
32:07– Tout à fait.
32:08Je pense que là
32:09où il y a eu une erreur d'analyse,
32:11et pour le coup,
32:11les municipales répondent bien à ça,
32:13c'est qu'en fait,
32:14quand la gauche décide
32:15de parler à tout le monde,
32:16sauf à la gauche radicale,
32:17en se disant que finalement,
32:18elle est filée déjà sous la main,
32:19ça ne peut pas fonctionner.
32:21Puisque les centristes,
32:22en fait, ils vont voter au centre.
32:25Et dans un deuxième tour,
32:26la question,
32:26elle se pose différemment.
32:27Mais au premier tour,
32:29si la gauche,
32:31dite non-mélenchoniste,
32:32elle n'arrive pas
32:33à prendre une part,
32:36pas forcément énorme,
32:37mais une part
32:38de l'électorat
32:39qui vote Mélenchon,
32:41elle n'arrivera à rien.
32:42C'est ça la réalité.
32:44– Merci Rachel.
32:45– Merci Emilio.
32:46– Merci à vous
32:46de nous avoir regardés.
32:47N'oubliez pas,
32:48abonnez-vous à la chaîne YouTube,
32:49aux journaux,
32:50à notre site internet.
32:51On prend les subs aussi
32:52lorsque vous nous regardez
32:54en live.
32:55Merci à vous
32:56et à très vite.
32:57– Sous-titrage ST' 501
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