- il y a 20 heures
Lundi 12 octobre 2026, retrouvez Bruno Buffenoir (Directeur Général, KIPMI Digital Trust Continuity) et Romain Santini (directeur de programme Wallet, Docaposte) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech, vous regardez tous les jours sur la chaîne Bsmart.
00:12Aujourd'hui notre sujet c'est le portefeuille européen d'identité, le wallet.
00:17Que faut-il savoir à ce sujet, comment va-t-il s'imposer ?
00:19Si vous voulez tout comprendre, restez connectés.
00:26Aujourd'hui Smartech s'arrête sur le futur portefeuille d'identité numérique européen, le UDI Wallet.
00:33Alors est-ce que ce sera efficace contre la fraude numérique ?
00:35Ça fait partie des questions qu'on va se poser aujourd'hui avec mes invités.
00:38Bruno Buffenoir, directeur général de Keep Me Digital Trust Continuity.
00:42Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
00:45Et Romain Santini, directeur du programme Wallet chez DocaPost filial du groupe La Poste, faut-il le rappeler ?
00:51Merci aussi d'être ici.
00:53Je compte sur vous pour nous expliquer ce qu'il y a derrière cette dénomination de Wallet, de portefeuille d
00:59'identité numérique européen.
01:01Qui veut commencer par me donner une définition déjà générale ?
01:06Oui, Romain.
01:07Alors je peux commencer effectivement.
01:08Donc le portefeuille européen d'identité numérique ou Wallet, il faut le voir comme une identité numérique enrichie.
01:14C'est-à-dire qu'on connaît tous l'identité numérique de La Poste ou plus récemment France Identité,
01:18qui nous permet de prouver notre identité en ligne, d'accéder à des services sensibles.
01:22Eh bien le Wallet, c'est la même idée, avec deux différences majeures.
01:26La première, c'est une véritable interopérabilité à l'échelle européenne,
01:30pouvoir s'en servir auprès d'organisations publiques, privées, dans toute l'Union européenne.
01:34Et la deuxième nouveauté, c'est la capacité de partager des données certifiées, attestées,
01:40un justificatif de revenu, une preuve de majorité, une preuve d'adresse.
01:44Donc c'est ce que j'allais dire, dans ce portefeuille, on a quoi comme papier ?
01:48Alors vous avez ce que vous décidez d'y mettre, c'est-à-dire que par défaut, vous avez votre
01:50carte d'identité,
01:52et ensuite, en fonction de ce que les États veulent mettre à disposition,
01:55ou ce que des émetteurs privés veulent fournir, vous pourrez avoir absolument tout ce que vous pouvez imaginer.
02:01Un permis de conduire, une carte grise dans le domaine public par exemple,
02:04ou une attestation de sécurité sociale, un justificatif de revenu, une carte de membre à une salle de sport,
02:10tout ce que vous pouvez imaginer qui est de la pertinence à être présentée à autrui.
02:13Bruno, quelque chose à rajouter ?
02:15En fait, on s'appuie aujourd'hui sur une technologie qui préexiste, qu'on connaît tous,
02:19parce qu'on a déjà des wallets dans nos téléphones depuis un petit moment,
02:22qui sont proposés par des acteurs américains.
02:24Et en fait, la communauté européenne saisit cette opportunité, cette nouvelle technologie,
02:29pour apporter un espace de confiance qui permet de distribuer une identité digitale à tout le monde,
02:35d'authentifier, by design, cette identité, et ensuite de pouvoir mettre en place les véhicules
02:42qui vont permettre de la transmettre dans le cadre de toutes les transactions.
02:46L'objectif étant, in fine, la lutte contre la fraude.
02:49Alors, en France, on a effectivement, parce que vous parlez des wallets américains,
02:54qu'on connaît bien surtout pour payer, en fait, c'est surtout très commercial.
02:57Pas simplement, pour héberger d'autres documents aussi, des documents de transport.
03:03Là, on parle d'un contexte peut-être plus régalien, en tout cas sur vraiment des papiers d'identité numérique
03:10qu'on serait obligé de présenter à des administrations.
03:13On doit travailler dans un cadre de confiance supérieur.
03:16En France, on a effectivement, vous avez cité l'identité numérique de La Poste,
03:20mais on a aussi France Identité.
03:23Ça veut dire que ça va être une identité nouvelle, ça va se rajouter à ce qui existe déjà en
03:28France.
03:28C'est une technologie différente.
03:30Qu'est-ce que ça va changer pour les Français ?
03:32Alors, c'est effectivement, en France, quelque chose de nouveau.
03:36En France, c'est un petit peu particulier.
03:37Le wallet français officiel va se construire dans le prolongement de France Identité.
03:41Donc, ce sont des nouveaux usages.
03:42Parce que déjà, aujourd'hui, si je veux me connecter à mon CPF, mon compte professionnel de formation,
03:46je suis obligé de passer par une identité numérique régalienne.
03:50Certifié.
03:51C'est-à-dire soit l'identité numérique de La Poste, soit France Identité.
03:53En tout cas, vous êtes obligé de passer par une identité dont on a pu vérifier que le niveau de
03:56sécurité
03:57était adapté aux enjeux de fraude qui ont pu avoir lieu contre le CPF ou d'autres services sensibles de
04:01l'État.
04:01Donc, est-ce que ça, ça va continuer ?
04:03Ça, c'est vraiment ma question très pratique.
04:05Est-ce que ça, ça va continuer ?
04:06Et on va ajouter une autre solution, un autre wallet, une autre identité numérique ?
04:10Ou est-ce que l'identité numérique européenne va remplacer celle-ci ?
04:14Alors, elle ne peut pas le remplacer.
04:15Le règlement européen est très clair sur un point, c'est que l'usage du wallet n'est pas obligatoire
04:18pour l'utilisateur final.
04:20Et les organisations qui l'acceptent doivent maintenir une alternative, quelle qu'elle soit, pour accéder aux services.
04:25Donc, c'est par définition un ajout et non pas un remplacement de ce qui existe.
04:29D'accord.
04:30Ce sera le choix d'un certain nombre d'acteurs d'exiger ce type d'authentification ou pas.
04:36En l'occurrence, plutôt les acteurs privés, puisque de manière légale, les acteurs publics ne pourront pas imposer l'utilisation
04:45de l'identité digitale.
04:47C'est un peu comme les moyens de paiement, finalement.
04:50On doit pouvoir proposer différents moyens de paiement.
04:53Donc, on peut imaginer qu'il y ait beaucoup plus de prestataires qui proposent demain des moyens de s'identifier
05:00numériquement en conformité avec les règles qu'imposera l'Union européenne.
05:06Alors, aujourd'hui, celui qui est porteur de l'identité régalienne, c'est France Identité.
05:13Demain, comment est-ce que cette identité régalienne produite par France Identité ou par la NTS va être diffusée par
05:20différents acteurs ?
05:21Ça fait partie des choses que la norme est en train de définir, de manière à s'assurer qu'elle
05:25soit véhiculée correctement.
05:26Alors, cette norme, il y a un règlement, en fait, qui indique, justement, quels sont les standards, les normes, les
05:34techniques à utiliser au niveau européen.
05:38Est-ce que les solutions que nous avons déjà en France sont déjà conformes, en fait, à ce texte et
05:43à ces normes ?
05:44Alors, c'est en train de se construire, c'est-à-dire que les normes sont récentes.
05:47Pourquoi vous seriez tous les deux ?
05:49Pour le coup...
05:50C'est un défi ?
05:51C'est un défi, c'est un challenge, c'est-à-dire que l'ambition qu'on a sur le
05:56wallet est quand même très forte en termes de sécurité, de protection de la vie privée du citoyen, de fonctionnalité.
06:00Enfin, l'enjeu est très fort pour l'Europe et les États membres.
06:03Et on a un certain nombre de standards techniques qui sont encore peu matures.
06:06Certains qui sont sortis tout récemment, en fin d'année dernière, d'autres qui sont encore en cours d'élaboration.
06:10Donc, des solutions 100% conformes, aujourd'hui, on n'en a pas.
06:14Par contre, très clairement, il y a tout un momentum qui est porté par la Commission européenne, au travers de
06:18grands projets européens,
06:19par l'agence France Titre, au travers d'une démarche qui dépasse les frontières françaises d'animation de l'écosystème,
06:25sur lesquelles on les accompagne.
06:28Et globalement, un effort collectif, public-privé, pour travailler ensemble, tester ensemble,
06:33et être prêts tous ensemble à relever ce défi-là.
06:36Donc, conforme aujourd'hui à 100% non, mais clairement en bonne voie pour l'être.
06:40Après, il y a un agenda qui a été défini, qui est assez clair.
06:43L'agenda, c'est que les États européens se sont engagés, à fin 2026, à fournir un véhicule qui permet
06:50d'héberger l'identité digitalisée.
06:53Et à fin 2027...
06:55Quand vous dites un véhicule, c'est-à-dire ?
06:57Un wallet, sur son téléphone, une application.
07:00Une application.
07:00Qui porte cette identité régulière.
07:02Les différents pays ont fait des choix assez différents dans la manière dont cette identité est produite.
07:09En France, il y a un acteur, France Identité.
07:11En Allemagne, il y en a plusieurs, puisqu'il y a eu des délégations de services qui ont été mises
07:16en place.
07:18À fin 2027, un certain nombre d'acteurs listés, réglementés, vont devoir accepter le wallet dans le cadre de preuves
07:26d'authentification qui peuvent être demandées.
07:28Pas seulement des acteurs publics ?
07:30Non, des acteurs privés, de type institutions financières, ou des acteurs qui ont des très gros volumes de transactions digitales,
07:38par exemple.
07:38C'est la question de la lutte contre la fraude.
07:41Est-ce que ça vous semble, aujourd'hui, la bonne démarche pour lutter contre la fraude documentaire, la fraude numérique
07:48?
07:49Alors, il y a plusieurs éléments dans la fraude.
07:55Il y a la fraude à l'identité.
07:57Il y a la fraude documentaire.
07:59Documentaire au sens large.
08:01Oui, je fournis des faux papiers.
08:02Exactement.
08:02Et il y a aussi, dans la logique de lutte contre la fraude, l'architecture qui sous-tend la manière
08:10dont on gère les données.
08:12Historiquement, on a mis en place des systèmes d'information qui créent une très grande centralisation dans la gestion de
08:19l'information.
08:20Oui.
08:21C'est ce qu'on crée, finalement, des pots de miel dans lesquels les acteurs malveillants se servent.
08:28L'opportunité avec le wallet, et Romain pourra enrichir ça, c'est finalement de traiter ces trois sujets.
08:35Parce que l'architecture qui est proposée, c'est une architecture qui distribue l'information.
08:40Donc, il devient beaucoup plus compliqué pour un acteur d'aller se servir dans un seul et même pot de
08:46miel et de réconcilier l'information potentiellement demain.
08:50Et en plus de ça, ça peut permettre de traiter les autres.
08:53Enfin, effectivement, en phase avec ça, et puis ce qu'il faut voir aussi avec le wallet, je vais prendre
08:57l'exemple du justificatif de revenu pour illustrer.
09:00Aujourd'hui, on peut avoir, par exemple, de la fraude qui est liée au fait de déclarer des revenus qui
09:04ne sont pas ceux dont on dispose réellement,
09:07qui passent par du maquillage, de la modification de fiche de paie, par exemple.
09:11Avec le wallet demain, on pourrait imaginer de récupérer directement d'une source fiable, soit directement l'employeur, soit l
09:19'administration fiscale, un justificatif de revenu,
09:21qui n'est pas une fiche de paie, qui est vraiment un justificatif, qui dit voilà, depuis moins de trois
09:24mois, mon salaire, c'est temps, et je suis en CDI.
09:28Une donnée certifiée que même moi, en tant qu'utilisateur possesseur du wallet, je ne peux pas modifier et que
09:32je peux uniquement me contenter de transmettre.
09:35C'est-à-dire que c'est moi, utilisateur, qui vais chercher le prestataire capable de me fournir cette preuve
09:42numérique ?
09:42C'est ça. Je vais chercher la preuve à la bonne source, de la même manière qu'aujourd'hui, si
09:45j'ai besoin de prouver mon revenu,
09:47je vais chercher ma fiche de paie ou une attestation d'emploi, etc.
09:50Donc là, je vais chercher la donnée à la bonne source, je la prends dans mon wallet et je la
09:54présente.
09:55La seule limite en termes de lutte contre la fraude, c'est que ça reste une action volontaire de l
09:59'utilisateur.
09:59Si je n'ai pas envie de me servir de mon wallet, si j'ai envie de frauder, je vais
10:02plutôt passer par un autre canal.
10:04Ça reste néanmoins intéressant pour les organisations, ce que ça veut dire que petit à petit,
10:07elles vont avoir des circuits en parallèle, des circuits qui s'appuient sur le wallet et sur des données vérifiées
10:12où elles vont minimiser le risque de fraude et le besoin de contrôle et potentiellement simplifier,
10:17fluidifier les process associés, et des circuits résiduels où on reste sur le contrôle documentaire actuel
10:22où il faut d'autres solutions technologiques, mais où la fraude reste potentiellement possible.
10:26Vous nous dites que ce ne sera pas obligatoire de se servir de ce wallet, sauf dans certains cas, j
10:32'imagine.
10:32Et je pense notamment à un sujet qu'on adresse régulièrement dans Smartech,
10:36la vérification de l'âge pour se connecter à des plateformes sociales.
10:41On comprend que c'est dans l'air du temps, que ça pourrait arriver.
10:46Dans ce cadre-là, j'imagine que le wallet sera l'outil privilégié et pourrait être rendu obligatoire.
10:52C'est ça qui pourrait se passer ?
10:53Ça peut tout à fait se passer demain.
10:56De même qu'un certain nombre d'acteurs privés peuvent décider, pour accéder à leur service,
11:02que l'utilisateur, le client, doit passer par ce biais pour s'authentifier.
11:07De manière à être capable de prouver que son activité est correctement contrôlée
11:12et que finalement, il travaille dans un modèle de transparence qui est supérieur à tout le monde.
11:16On pourrait imaginer ça aussi d'une banque, d'une assurance, de ce type de services
11:23qui proposent des services qui sont finalement sensibles,
11:25en manipulant des données qui peuvent être perçues comme étant des données très sensibles dans l'échange.
11:32Eh bien, ça peut être demain perçu par chacun d'entre nous comme finalement une valeur ajoutée
11:36et un choix de cet acteur d'utiliser ça.
11:39Un service public qui est dédié à tous les commandes immortels,
11:44il ne va pas pouvoir faire ça, parce qu'il faudra forcément qu'il propose une alternative.
11:50C'est quand même l'arrivée, a priori, de nouvelles obligations de présentation,
11:58de certificats sur notre identité en ligne.
12:01Ça veut dire que ça doit se faire dans un cadre de confiance très important.
12:04Au sujet de la confiance numérique, c'est, j'imagine, votre dada à tous les deux.
12:08Comment est-ce qu'on fait pour rassurer les concitoyens, en fait, avec l'arrivée de ce wallet ?
12:14Alors là, il y a plusieurs éléments de réponse.
12:17Le premier, c'est que par obligation, le code source des wallets est ouvert.
12:21À l'exception de certains dispositifs de sécurité qui ne sont pas déployés sur le téléphone utilisateur,
12:25mais tout ce qui est sur mon téléphone, le code source en est disponible.
12:28C'est une obligation réglementaire.
12:30Deuxième point, il est prévu une certification de sécurité fonctionnelle
12:35et de respect de la vie privée des wallets.
12:37Donc, dans chaque État membre, on a une ou plusieurs organisations
12:40qui vont être en charge d'animer ce processus et de le réaliser.
12:43En France, l'ANSI, par exemple, y aura toute sa part, aux côtés de l'ADINUM,
12:49et qui ont obligation de communiquer leur cadre de certification à la Commission européenne
12:54et d'en donner visibilité aux autres États membres.
12:55Donc, on a un cadre de confiance qui se crée au sein de l'Union européenne
12:58pour garantir la certification des wallets.
13:01Et on a en parallèle l'Agence de cybersécurité européenne
13:04qui travaille à l'harmonisation de tout ça
13:06et à la construction d'un schéma harmonisé commun pour tous à horizon de quelques années
13:11parce qu'évidemment, tout ça va continuer à évoluer.
13:14Donc, ça, c'est pour la partie wallets.
13:16Et après, en parallèle de ça, il ne faut pas non plus négliger l'écosystème.
13:19C'est-à-dire qu'on a des organisations qui vont accepter le wallet,
13:21donc typiquement les auditeurs qui nous écoutent aujourd'hui,
13:23qui vont également devoir s'équiper de solutions pour gérer cette communication en toute sécurité.
13:29On a des organisations qui vont émettre des données dans les wallets,
13:33qu'elles soient publiques ou privées,
13:34qui là aussi vont devoir s'équiper de solutions pour réaliser cette opération-là.
13:38Et à chaque fois, dans tous ces cadres-là, on n'a pas toujours des certifications,
13:41mais on a des standards techniques, des bonnes pratiques,
13:43et effectivement, la charge à l'écosystème et aux fournisseurs de technologies qu'on est
13:47de fournir des solutions de confiance.
13:49Parce que sinon, on aura un problème d'adoption, ça c'est certain.
13:51Exactement.
13:52Et après, il y a un enjeu, c'est un énorme enjeu de pédagogie et de communication
13:56pour que tout le monde comprenne.
13:57Et bien, c'est ce que vous êtes venu faire justement, Bruno Bufnoir,
14:00ici sur le plateau de Smartech, et je vous en remercie.
14:03Je rappelle que vous êtes le directeur général de Keep Me Digital Trust Continuity,
14:07et merci également Romain Santini, directeur du programme Wallet chez Docapost.
14:11Merci à vous de nous avoir suivis.
14:12J'espère que maintenant, tout est clair pour vous sur ce Wallet,
14:15et évidemment, on continuera à le suivre, ce portefeuille d'identité européen numérique.
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