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  • il y a 4 heures
Quand l'histoire éclaire notre actualité. Chaque matin à 7h20, l'historien d'Apolline Matin, Arthur Chevallier, rebondit sur un thème d'actualité pour nous raconter les histoires qui ont marqué l'histoire.

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Transcription
00:00Et Arthur, on va remonter le temps comme chaque jour avec vous.
00:02Vous vouliez revenir sur l'association française World with Women qui appelle toutes les femmes à tout lâcher,
00:09à renoncer à toutes leurs tâches professionnelles et privées, une sorte de grève générale.
00:15Et oui, le concept est simple, toutes les femmes salariées, mères au foyer, célibataires, peu importe leurs conditions,
00:20doivent renoncer à leurs tâches. Le but de cette journée, donc aujourd'hui, c'est justement de montrer à quoi
00:26ressemblerait un monde
00:27où les femmes ne seraient pas là. Déjà, vous ne seriez pas là, Apolline.
00:30C'est une façon de mettre en évidence la charge mentale et physique qui repose sur leurs épaules.
00:35C'est l'occasion de montrer à toute la société que les femmes sont indispensables,
00:39évidemment, de mettre en évidence les inégalités persistantes avec les hommes.
00:43A l'origine, cette idée n'est pas française.
00:44Non, puisque le premier pays à avoir eu l'idée d'une grève générale des femmes, c'est l'Islande,
00:49figurez-vous.
00:50Dans les années 1970, les femmes islandaises étaient très mal payées en comparaison des hommes.
00:55Elles étaient aussi très mal représentées au plan politique.
00:58Donc, il y en avait marre.
01:00Une association féministe qui s'appelait les Red Stoking, donc c'est les chaussettes rouges en français,
01:04a une idée.
01:06Organiser une journée de grève générale pour toutes les femmes du pays, la date est fixée.
01:11Ça sera le 24 octobre 1975 et ça s'appelait sobrement le jour de congé des femmes.
01:16Le mouvement était très suivi.
01:17Oui, puisque le jour J, 90% des femmes islandaises sont descendues dans la rue
01:22et les conséquences sur l'activité du pays, elles ont été stupéfiantes et immédiates.
01:26On était peut-être utiles.
01:27Alors voilà, tout ou presque a été mis à l'arrêt.
01:29Les crèches, les écoles, tout ça fermé.
01:31La plupart des magasins aussi.
01:33Beaucoup d'usines ont aussi dû mettre leur activité en pause, faute de main-d'oeuvre.
01:36Et à la maison, c'était pareil.
01:38Les femmes n'ont préparé ni les petits-déjeuners, ni les déjeuners, ni les dîners.
01:42Et alors le plus drôle justement, c'est une conséquence inattendue de ce mouvement.
01:46Puisque figurez-vous qu'il y a eu une rupture de stock de saucisses dans toute l'Islande.
01:50Cette histoire de saucisses ?
01:51Eh bien en fait, comme les hommes ne savaient rien cuisiner,
01:53eh bien ils se sont rués sur la chose la plus facile à faire.
01:57Eh bien c'était les saucisses.
01:58Donc du coup, il n'y avait plus de saucisses dans toute l'Islande.
02:01C'est inouï.
02:02Est-ce que la situation des femmes s'est améliorée grâce à cette grève ?
02:05Oui, énormément.
02:06Une loi pour l'égalité hommes-femmes a été votée un an après.
02:08Et surtout, cinq ans après, l'Islande a été le premier pays à élire démocratiquement une femme chef de l
02:13'État.
02:14Aujourd'hui, l'Islande est systématiquement en tête des classements des pays
02:17où les inégalités hommes-femmes sont les plus faibles.
02:19Donc la mobilisation, Apolline, ça paye.
02:21Assez inouï.
02:22S'il y avait une égalité parfaite, on va vous rappeler qu'on créerait en France
02:26150 milliards d'euros de richesse supplémentaire.
02:29Le pays serait beaucoup plus riche s'il y avait une véritable égalité hommes-femmes,
02:33sachant qu'on a 15% du PIB qui est du travail que font les femmes à la maison qui
02:36est non rémunérée.
02:37Gérardine, on fait grève ?
02:38Je suis d'accord.
02:39On est d'accord.
02:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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