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  • il y a 6 jours
Mise sous tutelle de la France : «On ne mesure pas ce qu'on va vivre collectivement», alerte Dimitri Pavlenko

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient avec Dimitri Pavlenko sur la situation économique de la France.

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Transcription
00:00Parce que vous avez beaucoup de rendez-vous aujourd'hui, mais faites-moi un point économique.
00:04Parce qu'effectivement, je vous ai écouté ce matin sur l'antenne d'Europe 1,
00:08personne, on ne croit jamais que la guerre va arriver, on ne croit jamais le pire au fond.
00:12L'histoire nous montre qu'en 14 on ne croyait pas que la guerre arriverait,
00:15en 40 on ne pensait pas que la guerre arriverait, et là on ne pense pas qu'on va être
00:19comme la Grèce.
00:19Les gens qui nous écoutent ne pensent pas que les pensions vont baisser de 20%.
00:23Ce scénario n'est pas concevable aujourd'hui, parce que pour une raison simple, ce n'est jamais arrivé.
00:28Bon, vous vous dites non ?
00:31Oui, je dis que ce n'est pas impossible que ça arrive, et je trouve dangereux tous les discours
00:35qui vous affirment que la France n'est pas la Grèce de 2010.
00:40Effectivement, il y a plein de choses qui plaident en faveur de la France, à la différence de la Grèce
00:44de l'État.
00:44Le souci, c'est quoi ? C'est les taux d'intérêt de la dette ?
00:46On pourrait monter par exemple à 6, 7, 8 ou 9 ? Pourquoi pas ?
00:49Les taux, vous avez deux choses.
00:50Vous avez un, l'environnement mondial, et donc par exemple les prix du pétrole.
00:55Vous avez le fait qu'aujourd'hui, l'intelligence artificielle, toutes les boîtes qui généraient énormément d'argent,
01:01les Google, les Amazon, les Apple, se mettent à emprunter à leur tour de l'argent qu'elles n'empruntaient
01:05pas,
01:06parce que du cash, elles en généraient suffisamment pour se financer.
01:09Maintenant, elles empruntent.
01:10Là, on vient d'avoir le chiffre, elles ont emprunté, levé 3 000 milliards de dollars.
01:14Vous voyez, c'est comparable à ce que lèvent des États.
01:17C'est 10 fois ce que l'État va emprunter.
01:19Mais revenons à la France alors.
01:20Mais le lien, il est là aussi, parce que toute cette concurrence sur les marchés,
01:25elle fait que l'argent, ça coûte plus cher.
01:27Donc ça, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, la France, les taux, ils augmentent.
01:32Et puis il y a aussi notre situation budgétaire.
01:35On ne fait pas envie.
01:36On ne fait pas envie.
01:37C'est risqué aujourd'hui.
01:37Moi, si je suis investisseur international, je regarde l'Allemagne, je regarde les États-Unis.
01:41Bon, alors qu'est-ce qui ferait qu'on échapperait à ça ?
01:43Ben, ce n'est pas très compliqué, Pascal.
01:45Il faut sabrer dans la dépense publique.
01:47Vous n'avez pas le choix.
01:48Mais qu'est-ce qu'on sabre ?
01:50Ah ben alors là, là, c'est de la dentelle qu'il va falloir faire.
01:52Mais à un moment, il va falloir trancher dans le vif.
01:54Et désolé de le dire, je l'ai déjà dit sur cette antenne, ça ne fait pas plaisir.
01:58Mais les retraites, le système coûte trop cher.
02:01On ne travaille pas assez en France.
02:03Ben oui, Pascal, mais on dit toujours les mêmes choses.
02:04Mais c'est des choses qu'on ne tente jamais.
02:06Et comme par hasard...
02:07Mais je ne dis pas ça.
02:08Vous ciblez toujours en premier les retraites.
02:12C'est le premier foyer pour faire des économies.
02:16C'est un quart de la dépense publique, les retraites.
02:18Mettez-vous dans la tête que sur 1 700 milliards de dépenses publiques, on met tout dans le 1 700
02:22milliards.
02:23Vous en avez 400, ce sont les retraites.
02:25Mais qu'est-ce que vous voulez faire ?
02:26C'est quoi votre idée ? Vous voulez baisser les retraites ?
02:30Ben écoutez, je ne sais pas s'il faut baisser les retraites.
02:32Je pense que déjà, pour que le système s'autofinance de manière soutenable, il faut qu'on travaille plus longtemps.
02:39Par contre, si on va au crash financier, si on va à la restructuration, peut-être pas avec l'ampleur
02:45qu'a connue la Grèce il y a 15 ans.
02:47Rappelez-vous quand même que les Grecs, les fonctionnaires partaient avec des conditions de rentette absolument incroyables.
02:55Du jour au lendemain, ils sont passés des 6 derniers mois aux 20 meilleures années, alignées sur le régime du
02:59privé.
03:00Des pensions qui ont baissé de 20%.
03:01Ça peut nous arriver.
03:02Et dites-moi, si on faisait cadre et non-cadre, si on demandait au cadre de travailler plus,
03:09parce qu'un cadre, par exemple, qui travaille à la mairie de Paris, s'il travaille 3 ans de plus,
03:12il ne va pas être débordé.
03:14Les non-cadres, ça peut être plus difficile, les métiers manuels, etc.
03:18Mais un non-cadre, par exemple, dans la fonction publique, si on lui dit de rester jusqu'à 66 ou
03:2367 ans,
03:23peut-être que ce n'est pas épuisant d'être dans la fonction publique.
03:26C'est physique de le faire.
03:28Écoutez, arrêtez.
03:29En fait, c'est l'action que vous faites.
03:31Non, parce qu'il y a le refus idéologique, ou je n'ai pas envie de le faire.
03:34Si tu peux bosser à 64, tu peux peut-être bosser à 66.
03:38Quand tu es à la mairie de Paris, je pense que si tu vas jusqu'à 66 ans, tu ne
03:41vas pas...
03:41Ça me semble envisageable.
03:43Bon, ça, je ne parle pas des non-cadres.
03:46Les métiers, tu n'as pas envie de voir un couvreur sous le toit à 70 ans.
03:49Tu n'as pas envie de voir un carreleur, je veux dire, dans des métiers pénibles.
03:54On fait déjà ce genre de choses, selon les professions...
03:56Mais Dimitri, avant de toucher aux retraites, on pourrait faire la réforme de l'État.
04:00Déjà, désempiler toutes les collectivités.
04:02Non, non, non.
04:03Je veux dire, on ne peut pas toucher tout de suite aux retraites.
04:05Et faire tout en même temps.
04:06Il faut tout faire en même temps.
04:08Vous n'avez plus le choix.
04:09Mais l'argent, par exemple, qu'on donne aux étrangers, moi, c'est zéro.
04:12Très bien, mais...
04:13Et ça coûte combien, ça ? Vous avez chiffré ?
04:1441 milliards.
04:15Bon, ben, il n'y a plus un centime pour les étrangers.
04:17C'est pas mal, ça.
04:18Il faut le faire aussi.
04:19Ben, c'est 41 milliards.
04:20C'est pas mal, quand même.
04:21Le problème, c'est que plus un...
04:24On fait un moratoire.
04:25Il n'y a plus un étudiant étranger qui rentre sur le sol de France.
04:27Mais pardonnez-moi, mais 41 milliards, c'est juste la progression naturelle de nos débats.
04:31Mais M. Edouard Philippe disait l'autre jour, il faut faire rentrer des étrangers pour travailler.
04:38Mais on a des...
04:39On a des...
04:40On a la cotisation sociale.
04:40Mais on a, sur le sol de France, des étrangers qui sont au chômage.
04:46Donc, on ne va pas faire rentrer de la main-d'oeuvre de l'extérieur, puisqu'on a des étrangers
04:50qui sont au chômage.
04:51Oui, mais elle n'est pas...
04:52Le problème, c'est qu'il y a la question d'employabilité.
04:54Mais moi, vous savez, ce qui m'inquiète, pour revenir à la question que vous me posez...
04:579h37.
04:59Le scénario grec.
05:00Oui.
05:00C'est que le budget, là, qu'on commence à discuter aujourd'hui, ça n'intéresse pas grand monde, parce
05:04que c'est compliqué.
05:04Il y a plein de...
05:05Ah si, ça nous intéresse.
05:06Mais ce qu'il faut retenir, c'est que le gouvernement, dans ce qu'il nous présente, là, comme budget,
05:11il ne prévoit aucune marge pour l'imprévu.
05:14Je veux dire, les prévisions qui sont mises sur la table par le gouvernement, je vous les donne.
05:17Croissance.
05:18Le gouvernement pense qu'on va faire 1% de croissance l'année prochaine.
05:21On disait qu'on ferait 0,6 cette année, on va faire 0,4, vient de nous dire le FMI.
05:25Il y a peu de chances que l'an prochain, on fasse mieux, sauf miracle.
05:27L'inflation, le gouvernement nous dit, elle sera à 1,8 l'an prochain.
05:30On est à 3%, rien qu'en ce moment.
05:32Et si vous prenez juste l'inflation dans le pétrole, on est à...
05:34Mais le gouvernement cherche une chose, c'est gagner du temps.
05:36Bon, il nous raconte des salades.
05:37C'est gagner du temps.
05:39À repousser le krach jusqu'à la présidentielle.
05:42Et on va dire, après, c'est pas nous.
05:43Et on n'arrivera même pas à ça.
05:44Exactement, vous avez raison.
05:45Emmanuel Macron dira, après, c'est pas moi.
05:47Au contraire, vous voyez...
05:48J'étais là, moi, tout allait bien.
05:50Il est allé l'autre jour à la BPI, il a expliqué que c'était formidable.
05:54Son bilan était génial.
05:55La responsabilité, c'est une chose.
05:56Moi, je pense à mon pays.
05:57Je pense à la soutenabilité financière de mon pays,
06:00à ce qui va se passer si on est obligé d'avoir recours à la Banque Centrale Européenne et au
06:03FMI.
06:04Je crois qu'on ne mesure pas, d'abord, le choc psychologique d'être mis sous tutelle
06:07quand on est la France, qu'on n'a pas fait des chocs de 1797,
06:11et pour ce que l'on va vivre collectivement.
06:13Et c'est ça qu'il faut éviter.
06:15C'est la responsabilité des uns et des autres qui sont les méchants.
06:17Honnêtement, Pascal, moi, je vous avoue, c'est secondaire dans mes réflexions.
06:19Bon, c'est pour ça que j'ai voulu que vous soyez là.
06:22Un mot et après...
06:23Une toute petite question, c'est simplement, en effet, d'ici les élections présidentielles,
06:26est-ce qu'un nouveau président de la République, quel qu'il soit, peut rattraper ça rapidement ?
06:31Il va lui falloir une majorité à l'Assemblée nationale.
06:33Le mécanisme politique, on le connaît.
06:36Et puis, il va falloir convaincre les Français.
06:38Bruno Retailleau, ce qu'il annonçait hier, c'est sérieux.
06:41Le problème, c'est que, est-ce que c'est acceptable aux yeux d'une majorité de Français ?
06:45Personnellement, il n'y aura pas le choix.
06:45Merci.
06:46Il n'y aura pas le choix, dit Jean Cheney.
06:48C'est tout le monde.

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