00:00Mais, d'abord, ce soir, Night Session, un peu comme à Roland-Garros, sauf que c'est à l'Assemblée
00:04Nationale,
00:05on va se pencher sur le budget 2027, et comme vous êtes un député ensemble pour la République,
00:11même si le budget ne vous plaît pas, vous allez devoir dire oui au budget ?
00:15Alors, c'est pas le sujet de ce soir. Ce soir, il y a une motion de rejet, d'emblée,
00:19qui est proposée par les socialistes,
00:20et qui vise à rejeter le texte pour l'envoyer directement au Sénat, sans même aucun débat.
00:25Vous allez devoir vous prononcer.
00:28Mais pourquoi ? Parce que j'ai envie de débattre et de proposer mes 250 milliards d'euros d'économie.
00:33Donc, chacun propose son truc.
00:35Mais, si je rejette le texte et que je l'envoie directement au Sénat, ça veut dire que je renonce
00:39à faire mon boulot de parlementaire,
00:41je ne propose pas mes économies, et je m'en remets au sénateur ou à d'autres pour faire mon
00:45travail.
00:45Je vais vous poser la question autrement. Qu'est-ce que vous pensez du budget 2027 ?
00:50Alors, le budget 2027, moi je trouve qu'il part sur des hypothèses qui sont assez optimistes, il faut dire
00:55les choses,
00:55en termes de croissance et en termes d'inflation.
00:5817 milliards d'impôts en plus, c'est optimiste ?
01:00Pour les Français qui sont ponctionnés à mort ?
01:03Je ne suis pas un défenseur du budget du gouvernement, je vous parle avec ma liberté.
01:06Moi, ce que je vous dis, c'est qu'aujourd'hui, le gouvernement a présenté une copie qui fait 54
01:10milliards d'euros d'efforts
01:11par rapport à un tendanciel, ce qui n'est pas.
01:15Et d'ailleurs, le budget augmente la dépense publique.
01:17On est aujourd'hui à 1740 milliards d'euros de dépense publique, dans l'année prochaine, c'est 1780.
01:23Donc c'est un budget qui, contrairement à ce que je peux entendre, ne baisse pas la dépense publique,
01:27mais l'augmente de 40 milliards. Donc on est très loin du budget d'austérité.
01:29Je ne vous ai pas dit que ça baissait.
01:31Donc moi, mon analyse à froid, c'est que c'est un budget qui, certes, réduit la croissance de la
01:36dépense publique
01:37par rapport à avant, mais augmente quand même toujours la dépense publique.
01:39Or, moi, ce que je défends, c'est la baisse de la dépense publique, la baisse des dépenses,
01:44sur tous les sujets que vous avez cités tout à l'heure, pour pouvoir à la fois...
01:48Et on peut totalement y arriver, si tant est qu'on ait un peu de courage,
01:50et qu'on ne fasse pas de l'électoralisme primaire ou du clientélisme.
01:53Et c'est ça que les Français aimeraient comprendre, parce qu'ils sont abreuvés de chiffres
01:56sur les antennes très très différentes, et on leur dit, vous voyez, il y a ça, il y a ça,
02:00il y a ça, il y a ça.
02:01L'économie, c'est une matière qui est compliquée, pour ne pas dire aride.
02:05Elle est mal expliquée en France, dès le plus jeune âge, dans les cours d'économie, franchement,
02:09on pouvait les sécher, on le faisait, et puis après, voilà le résultat, alors qu'en fait, c'est le
02:12nerf de la guerre.
02:13Et résultat des courses, en fait, il faut leur expliquer comment est-ce qu'on peut casser
02:17le socle de l'administration centrale, qui, année après année, depuis 1974,
02:24vous dit, c'est tamponné, donc c'est validé, donc la dépense est validée,
02:29et comme vous l'avez justement dit, on passe de 1740 milliards à 1780,
02:33parce que c'est tamponné, parce que l'administration centrale a dit, c'est comme ça,
02:37et vous n'avez rien à lire.
02:38Il n'y a rien qui est tamponné, il y a une crise financière qui nous pend au nez.
02:41Si on dit les choses, et tout le monde le voit, on a des taux d'intérêt aujourd'hui
02:44qui sont à 4,9%, on a un écart avec l'Allemagne de 150 points de base,
02:49on a, encore une fois, 1740 milliards d'euros de dépenses aujourd'hui,
02:535,4% de déficit, on est un des pays d'Europe qui a le pire déficit,
02:57qui a aussi le plus grand taux de prélèvement obligatoire,
03:00c'est-à-dire qu'on prélève et on taxe déjà énormément.
03:01Mais tout ça, on le sait, parce qu'à force de le répéter, on le sait,
03:04mais comment est-ce que vous allez casser l'administration ?
03:06Vous l'avez dit vous-même, il faut répéter les choses,
03:08parce que certains n'en ont manifestement pas totalement conscience.
03:11Ou en tout cas, moi ce que je vois, c'est une dichotomie
03:12entre ce diagnostic-là qui est parfaitement établi,
03:15que tous les économistes reconnaissent,
03:16et la volonté politique réelle de faire des baisses de dépenses publiques.
03:20Moi ce que j'ai constaté en commission des finances,
03:22où j'ai siégé toute la semaine dernière,
03:23le budget n'est pas bon,
03:26et la copie des parlementaires est encore pire.
03:29Donc on est face à une classe politique
03:31qui globalement ne veut pas baisser les dépenses publiques,
03:35parce qu'elle est sous pression électorale des uns et des autres,
03:38parce qu'elle a peur des résultats électoraux auprès des uns et des autres,
03:41parce qu'elle est sous pression de lobbies et de corporations
03:43qui ne veulent rien changer à quoi que ce soit,
03:44et à la fin, on se retrouve avec un budget qui augmente les dépenses publiques,
03:49et on vient s'étonner ensuite que ça augmente.
03:50Moi je propose des économies,
03:52il y en a certaines qui ne sont pas populaires,
03:53vous croyez que ça fait plaisir de rentrer en circonscription
03:55et de devoir annoncer à des personnes que vous allez geler...
03:57Personne ne le fait.
03:58Mais personne...
03:59Moi je le fais.
03:59Et je suis désolé M. Devineau.
04:01Mme Morancel a fait,
04:02et vous avez vu ce qu'elle se prend comme photo.
04:04Et je ne le fais pas qu'aujourd'hui M. Devineau,
04:06je l'ai fait pendant beaucoup d'années,
04:07et je l'ai fait même quand j'étais ministre,
04:09parce que quand j'étais au logement,
04:10je n'allais pas à Bercy pour demander du fric en plus,
04:12j'allais pour en restituer.
04:13Et quand j'étais ministre de la fonction publique,
04:15j'ai assumé le gel du point d'indice,
04:16j'ai assumé les jours de carence,
04:17j'ai assumé la baisse de remboursement des arrêts à maladie,
04:19j'ai proposé des économies.
04:20Et donc je suis cohérent avec ma philosophie libérale,
04:22je propose de baisser la dépense publique,
04:24et je l'assume,
04:25même quand c'est compliqué.
04:26Parce que si on ne fait pas ça,
04:28dans un an, voire même un peu moins,
04:30on risque d'avoir une corde de rappel qui est monstrueuse
04:32et des effets délétères sur les Français.