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  • il y a 19 heures
La Moselle, terre d'énergies :

Dans cette émission spéciale, nous explorons la révolution solaire qui illumine la Moselle. Découvrez comment cette région s'impose comme un acteur majeur des énergies renouvelables, notamment grâce à des projets ambitieux comme la Gigafactory d'Holosolis.

Rencontrez Ryan Balawan de TSE, producteur indépendant d'énergie solaire 100% française, et Vincent Delporte d'Holosolis, qui nous dévoile les coulisses de la construction d'une usine de panneaux solaires de classe mondiale.

Apprenez-en plus sur la genèse de TSE et la vision derrière ce "troisième pas vers l'énergie". Comprenez l'ampleur du projet Holosolis et son impact potentiel sur le marché européen de l'énergie solaire.

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Transcription
00:01Générique
00:08...
00:13Bonjour, la Moselle, Terre des énergies,
00:15suite de notre série d'émissions produites depuis la FIM
00:19sur l'espace de Moselle Attractivité.
00:22La Moselle, Terre des énergies, c'est l'une des grandes ambitions
00:25portées par le département de la Moselle,
00:27l'éolien, nucléaire, eau, hydrogène.
00:30Nous allons explorer les différentes énergies qui font déjà
00:34et qui feront demain partie du paysage Moselland.
00:36Et pour cette émission, nous allons nous intéresser
00:39plus particulièrement à l'énergie solaire.
00:42Pour en parler, 2 invités sont avec moi.
00:45Ryan Balawan, bonjour.
00:47Vous êtes le directeur régional Nord de TSE.
00:50Avec le micro, c'est mieux, je vous le confirme.
00:52Bonjour.
00:52Et Vincent Delporte, bonjour.
00:54Bonjour.
00:54Vous êtes le responsable des affaires publiques d'Holo Solis.
00:58TSE, Holo Solis, arrêtons-nous quelques instants sur chacun de ces noms.
01:03Avec vous d'abord, Ryan Balawan.
01:05Présentez-nous TSE, de quoi s'agit-il ?
01:07Alors, TSE, c'est une société 100% française.
01:10On est énergéticien.
01:12On est producteur indépendant d'énergie renouvelable.
01:14On est à peu près 270 collaborateurs répartis sur l'entièreté de la France.
01:21Et chaque agence répartie sur la France, on l'a fait d'une manière assez granulaire pour être le plus
01:28proche du territoire.
01:30Et notre mission, c'est de créer des projets où il y a un réel besoin agricole et industriel.
01:38Vous produisez donc de l'énergie à partir uniquement de l'énergie solaire ?
01:42Tout à fait.
01:42On est 100% solaire et 100% en France.
01:45100% solaire, 100% en France.
01:47Sur le territoire, vous avez parlé de granulométrie.
01:50Êtes-vous présent en Lorraine et en Moselle ?
01:52Bien sûr.
01:53On a une agence à Metz, qui n'est pas loin de ce salon.
01:57On a une super équipe là-bas qui travaille avec des expertises variées et précises sur chaque domaine d'activité
02:04de l'agrivoltaïsme.
02:06Quelle est la genèse de l'entreprise ?
02:08D'où venez-vous et pourquoi vous êtes-vous lancé dans l'énergie solaire ?
02:12En fait, on s'est lancé dans l'énergie solaire.
02:16TSE a été créé en 2013.
02:18Les fondateurs de TSE, Pierre-Yves Lambert et Mathieu Débonnet, ont créé TSE parce qu'ils voyaient que la vraie
02:29trajectoire, c'était de sortir de main du fossile et d'arriver plutôt à de l'énergie renouvelable qui est
02:35le solaire.
02:37TSE, trois lettres, qu'ils veulent dire ?
02:39C'est un peu anglican, c'est Third Step Energy, c'est la troisième marche vers l'énergie.
02:46Très bien, merci en tous les cas pour cette présentation.
02:49Et alors, vous ne l'avez pas dit, mais je crois que vous avez des parts chez votre voisin, Holosolis.
02:54Ça fait le lien avec vous, Vincent Delporte, responsable des affaires publiques.
02:59Holosolis, c'est un nom qu'on entend depuis quelques temps maintenant, quand on suit l'actualité Moselland.
03:06Présentez-nous ce projet, ce méga projet.
03:09Alors effectivement, Holosolis, c'est une entreprise, une start-up en fait, qui porte un projet de Gigafactory.
03:15Donc Gigafactory, c'est-à-dire une très grosse usine de production de panneaux solaires.
03:18Moi, je parlais de méga projet, mais c'est même un giga projet.
03:22On dit giga projet parce qu'on produit à l'échelle de gigawatts, donc de millions d'unités.
03:26Et donc, 5 gigawatts par an de panneaux solaires.
03:28Ça, par la personne, ça fait à peu près 10 millions de panneaux solaires par an,
03:31c'est-à-dire globalement le marché français, pour donner un ordre de comparaison.
03:36Et donc, c'est un projet qui a été lancé il y a 4 ans maintenant, effectivement,
03:39par 3 actionnaires fondateurs, dont font partie TSE, que je remercie,
03:43parce que du coup, c'est quand même grâce à eux qu'on est là.
03:45Et je viens d'apprendre ce que voulait dire TSE, comme moi, au bout de 4 ans.
03:48Voilà, au moins c'est fait.
03:49Au moins c'est fait.
03:51Et donc, du coup, on a un terrain à Sargumin-Ambar, sur lequel on va construire prochainement notre usine.
03:59Voilà, donc on est, on a, pour l'instant, dans une phase de préparation,
04:03c'est-à-dire de levée de fonds, de préparation des documents,
04:05de toute l'ingénierie, de toute l'étude qu'il faut pour construire ces bâtiments,
04:09avec un début des travaux prévus dans 18 à 24 mois.
04:12Alors justement, arrêtons-nous un peu sur ce giga projet.
04:16Ou en êtes-vous vraiment du calendrier, puisqu'il y a eu quelques reports, quelques retards ?
04:22Donc, est-ce qu'on peut avoir des échéances plus précises ?
04:26Oui, complètement.
04:27C'est vrai que ça prend du temps.
04:28Ça prend du temps de trouver des financements, de trouver des actionnaires.
04:32Alors, on a de la chance qu'en fait, on a, enfin de la chance, on a travaillé pour ça,
04:36mais on a des actionnaires qui nous rejoignent régulièrement.
04:39Donc, on a eu trois actionnaires fondateurs.
04:41On en avait eu deux autres en 2023.
04:42On en a eu trois, quatre autres depuis 2025.
04:45qu'on va annoncer d'autres bientôt.
04:47Donc voilà, c'est un chemin qui progresse, même si ça prend du temps.
04:50Donc, au niveau calendrier, on prévoit un début des travaux d'ici 18 à 24 mois.
04:56Ensuite, un an de construction pour le premier bâtiment, les premières lignes de fabrication
05:01de panneaux solaires et de cellules.
05:04Et donc, ça nous mène dans un début de production dans à peu près deux ans et demi.
05:07Alors, vous parlez de 5 gigawatts par an.
05:09Pour que les téléspectateurs se rendent compte, ça correspond à la consommation.
05:13On aime bien toujours comparer à une ville ou à l'échelle d'une région.
05:17Alors, 5 gigawatts, ça fait 10 millions de panneaux solaires.
05:19Donc, ça fait à peu près un million de logements à solariser.
05:23Et ça fait à peu près le nombre de panneaux solaires qu'on installe en France chaque année.
05:28Donc, voilà, ça peut donner une idée.
05:31Et la production de notre usine, ce sera à peu près 8% de la consommation européenne de panneaux solaires.
05:35Rien de Balawan, vous étiez à 3 millions.
05:37Donc, on est un petit peu dans le même ordre d'idées.
05:403 millions de 3, pas 3 millions, pardon.
05:423 gigawatts de production.
05:44Qu'est-ce que ça correspond à quoi pour vous ?
05:47Écoutez, ça correspond à ce que Vincent vient d'exprimer actuellement.
05:51Aujourd'hui, on a un besoin d'électrification en France.
05:55On voit bien avec ce qui se passe géopolitiquement, les prix de l'essence qui augmentent ou autre,
06:01qu'on a besoin de développer cette énergie renouvelable et de sortir petit à petit du fossile
06:07et des autres énergies qui sont polluantes et qui nous coûtent très cher aujourd'hui.
06:11Alors, revenons à cette énergie solaire.
06:13Le solaire, question qui paraît un peu sotte, pardon.
06:17Le solaire a-t-il sa place en Moselle ?
06:20Je commence par vous.
06:21Alors, moi, je vais vous dire une chose.
06:23C'est qu'aujourd'hui, est-ce que vous avez une idée de quel pays européen produit le plus d
06:28'énergie ?
06:29Je sens qu'il y a une question surprise.
06:31Alors, je vais commencer par la deuxième...
06:33Un piège.
06:33Alors, non, il n'y a pas de piège dedans.
06:35C'est qu'en deuxième position, vous avez l'Espagne.
06:37Le troisième, l'Italie.
06:39Et juste devant la France et après, c'est les Pays-Bas.
06:42Et en première position, vous avez l'Allemagne.
06:45Vous avez vu, c'est pas une question de position géographique.
06:50Alors, ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, je voudrais casser cette idée.
06:54Le solaire ou le panneau a besoin de lumière et n'a pas besoin de chaleur.
06:59Et c'est vrai qu'en Moselle, aujourd'hui, on n'a pas le soleil du sud.
07:03En revanche, on a deux formidables atouts qui sont quoi ?
07:07Qui sont l'agriculture, qui est présente sur 52% du département.
07:12Et l'industrie qui est florissante avec toutes les grosses industries que nous connaissons aujourd'hui en Moselle.
07:17Donc, pour moi, oui, le solaire a bien sa place dans le département Moselland.
07:22Vincent Delporte, je me tourne vers vous pour vous poser la même question.
07:25Donc, le solaire a toute sa place en Moselle ou la Moselle peut être productrice d'énergie solaire ?
07:30Oui, complètement.
07:31Alors, du coup, on ne s'était pas concerté, mais j'allais faire exactement la même réponse, en fait.
07:34Et c'est vrai que les panneaux solaires, ça aime la lumière, mais ça n'aime pas la chaleur.
07:38Et donc, du coup, un climat très lumineux et assez frais, finalement, c'est idéal pour les panneaux solaires.
07:44Et comme ça vient d'être expliqué, en fait, l'Allemagne et les Pays-Bas sont des pays leaders sur
07:49l'installation des panneaux solaires.
07:51Et ce n'est pas pour rien.
07:52Donc, peu importe la chaleur, c'est la lumière qui compte, si on retient bien, pour l'énergie solaire.
07:57Exactement.
07:58Une autre question sur cette énergie solaire.
08:01Qu'est-ce qui rend aujourd'hui le territoire particulièrement intéressant, un territoire comme la Moselle, intéressant pour cette énergie
08:07?
08:08Rayan ?
08:08Au fait, le solaire, aujourd'hui, ce n'est pas seulement créer des électrons.
08:12C'est aussi créer de la valeur sur le territoire.
08:15Et pour ça, en Moselle, on a deux enjeux, deux importantes vocations, qui sont l'agriculture et l'industrie.
08:25L'agriculteur, on doit l'accompagner face au changement climatique.
08:29Et pour les industries, ils auront besoin d'électricité décarbonée.
08:34Et notre rôle chez TSE, c'est de répondre à ces deux besoins.
08:38Et le solaire peut être un lien entre les deux également.
08:41Une question, parce que depuis le début de cette émission, vous parlez de l'agriculture et donc de l'agri
08:46-photovoltaïsme, c'est ça ?
08:48L'agri-voltaïsme.
08:49L'agri-voltaïsme, pardon.
08:51De quoi s'agit-il pour qu'on comprenne bien, c'est-à-dire qu'on couvre certaines parcelles des
08:57exploitations agricoles, de panneaux photovoltaïques, c'est ça ?
09:01Alors, l'agri-photovoltaïsme, effectivement, le nom vous paraît peut-être barbare, mais c'est une activité qui est encadrée
09:09par des lois et des règles.
09:12Et si vous voulez, c'est effectivement installer des panneaux.
09:16Donc ici, en Moselle, on a de la chance parce qu'on a une culture qui est assez diversifiée.
09:20Vous avez autant de la culture sur le territoire que de l'élevage.
09:23Et notre rôle, c'est le principe des installations de panneaux, c'est qu'on doit coller à l'activité
09:31agricole de l'exploitant.
09:34Donc, le panneau doit être au service de l'agriculture et non l'agriculture au service du panneau.
09:40Donc, pour par exemple, les activités culturales, on va installer des panneaux avec des interpieux de 15 mètres pour que
09:46l'agriculteur puisse faire passer ses machines et cultiver son exploitation sans perte.
09:51Et ce qui est marrant, c'est que sur des démonstrateurs qu'on a fait chez TSE, c'est qu
09:59'avec le gel, la canicule ou les grêles,
10:02on voit bien que face à des forces chaleurs qu'on a connues aussi, que les bovins s'installaient juste
10:09en dessous de ces panneaux pour se protéger.
10:11Donc, l'agrivoltaïsme, c'est aussi donner un réel plus à l'agriculture sans enlever sa capacité à produire, bien
10:20au contraire.
10:20Alors là, vous nous parlez d'élevage. J'arrive à comprendre encore que les bovins ou les animaux se protègent
10:26sous les panneaux.
10:28Mais on ne peut pas mettre des panneaux sur des cultures, évidemment, blé et autres, puisque s'il n'y
10:34a pas de soleil, ça ne pousse pas.
10:35En fait, si vous voulez, aujourd'hui, les panneaux, ils sont interespacés de 15 mètres.
10:40D'accord. Donc, ce ne sont pas les panneaux qu'on peut voir sur les parkings de grande surface ou
10:45de grands centres de loisirs ?
10:47Du tout.
10:47Sous lesquels on vient plaquer et sous lesquels les voitures viennent se stationner ?
10:52Du tout. Ils sont interespacés.
10:53D'accord. Donc, c'est pour ça que ça peut fonctionner aussi dans l'agriculture.
10:57Et alors, aujourd'hui, en Moselle, où en est cet agrivoltaïsme ?
11:01Écoutez, aujourd'hui, en Moselle, c'est un territoire qui est ouvert aux énergies. On a de la chance.
11:06Aujourd'hui, on a obtenu quatre permis sur le territoire de la Moselle.
11:10Donc, l'agriculturelisme, c'est quelque chose de récent.
11:13Et malgré tout, nos équipes et puis les élus du territoire ont été à la rencontre des élus du territoire.
11:20On a fait accepter des projets. On les a co-construits ensemble avec les chambres d'agriculture et les autres
11:25élus du territoire.
11:26Et aujourd'hui, on a obtenu quatre permis de construire sur des projets qui représentent à peu près 30 mégawatts.
11:32Donc, c'est l'équivalent de 7000... Enfin, l'électricité de 7000 foyers hors chauffage.
11:39Les agriculteurs sont déjà aussi très impliqués dans la biomasse.
11:43Donc, c'est une source supplémentaire qui viendrait compléter la production d'énergie verte.
11:50Certainement, même si c'est deux énergies qui se travaillent d'une façon différente.
11:55Mais effectivement, ça peut être un plus pour ces agriculteurs.
11:58C'est une énergie, l'énergie solaire, donc au plus près des territoires, au plus près des producteurs et des
12:04utilisateurs.
12:04C'est aussi ça qui est pratique, entre guillemets, avec cette énergie.
12:08Tout à fait.
12:08Une partie de votre activité, donc, c'est l'agrivoltaïsme.
12:12Nous en avons parlé.
12:13Est-ce que dans d'autres domaines, le solaire peut aussi pointer, j'allais le dire, non pas le bout
12:19de son nez, mais le bout de son rayon ?
12:20Vous avez notamment parlé de l'industrie.
12:22Comment travailler l'industrie pour qu'elle utilise de plus en plus cette énergie ?
12:28L'industrie, si vous voulez, aujourd'hui, effectivement, on a parlé de deux axes sur le territoire moise-élan, l
12:34'agriculture et l'industrie.
12:36Alors, je voudrais revenir quand même sur l'agriculture.
12:40Aujourd'hui, l'agriculteur, quand on va le rencontrer, cet agriculteur, quand mes équipes vont le rencontrer, quand on est
12:47quotidiennement en contact avec les agriculteurs,
12:50on connaît aujourd'hui les exploitants, les agriculteurs, où ils ont une vision long terme de leur exploitation.
12:59Pourquoi ? Parce que c'est quelque chose qui se transmet de génération en génération.
13:03Et la terre, c'est la vie de l'agriculteur.
13:07Donc, si vous voulez, pour moi, ce qui est important, c'est qu'on se dise aujourd'hui, et l
13:12'exploitant, qu'est-ce qu'il nous dit aujourd'hui ?
13:14C'est pas combien je vais gagner.
13:16Aujourd'hui, par rapport à un complément de revenu, il me dit, est-ce que mon exploitation va être viable
13:21d'ici 20 ou 30 ans ?
13:23Et là, on a une partie de la réponse à apporter.
13:27Donc, en disant à l'exploitant, on va vous accompagner contre les changements des aléas climatiques.
13:33On va également faire une diversification de ses revenus, mais également lui donner de la visibilité à long terme.
13:39C'est ça, ce qu'il attend de nous, de l'agriculteur.
13:42Alors, pour l'industrie, je vais revenir également parce que l'industrie, effectivement, demain, les industriels, ils ont besoin d
13:50'une électricité produite localement qui peut être compétitive et peu chère et décarbonée.
13:56Et c'est là où, justement, on peut apporter ce bénéfice aux industriels.
14:03Aujourd'hui, les industries en Moselle, on les connaît, c'est vous avez de l'industrie métallurgique, sidérurgique, industrie agroalimentaire
14:11et ils ont besoin de décarboner leurs usages, leurs procédés.
14:16Et nous, on est là présent.
14:17Si cette électricité peut être, si on peut produire de l'énergie ici et produire des équipements également sur le
14:24territoire moiselland, là, c'est une réelle opportunité pour le territoire.
14:29Ça, c'est bien, puisque vous tendez la main et la parole à Vincent Delporte. Produire des énergies ici, c
14:35'est bien.
14:35Les équipements que vous utilisez, il n'y a pas de piège dans ma question, Ryan Badawan. Vos équipements, ils
14:41viennent d'où ?
14:42Aujourd'hui, pour rien vous cacher. Alors, ce qu'il faut savoir une chose, c'est que aujourd'hui, on
14:49a 10% de notre équipement qui vient de Chine, d'accord, surtout les panneaux solaires.
14:53En revanche, on essaye aujourd'hui de plus en plus de travailler avec les pays européens pour tout ce qui
14:59est, je vais rentrer un peu plus dans la technique, les onduleurs, les postes de livraison ou autres.
15:05Mais au fait, ce qu'il faut savoir une chose, c'est qu'effectivement, sur la surface de la centrale,
15:10on ne voit que les panneaux, effectivement, les panneaux viennent de Chine.
15:13En revanche, toute la matière grise, tous les génésies civiles qu'on fait sur le territoire, tout ce qui est
15:17clôture, on fait travailler des entreprises locales.
15:21Alors, c'est quand même, même s'il n'y a que 10% qui sont des panneaux venus de
15:25Chine, c'est quand même le but aussi de l'eau soliste, c'est de réindustrialiser la filière en France.
15:34Complètement. Et donc de permettre de faire les 10% restants et donc du coup d'avoir des projets, je
15:39dirais, complètement européens.
15:41Et donc, c'est le but du projet All Solis de pouvoir réindustrialiser, reconstruire des panneaux solaires en Europe.
15:47On a vu une industrie solaire, on l'a perdue. Maintenant, effectivement, quasiment 100% des panneaux solaires qu'on
15:54utilise en Europe viennent de Chine.
15:56Même dans le monde entier, en fait, la plupart des panneaux solaires utilisés viennent de Chine.
16:00Et il est temps de reconstruire notre industrie locale.
16:05Pourquoi c'est important de les fabriquer ici en Europe ? Question un peu naïve.
16:09En fait, si on prend un petit peu de recul, on doit sortir des énergies fossiles.
16:15On le voit bien pour des raisons climatiques, pour des raisons économiques.
16:18On voit que dès que le prix du gaz ou le prix des carburants augmente, l'impact que ça a
16:20sur les consommateurs et sur le budget de l'État.
16:23Et pour des raisons géopolitiques, parce qu'on voit qu'on n'est pas forcément amis avec tous les pays
16:27qui nous fournissent en gaz et en pétrole.
16:29Donc, pour ça, il faut qu'on, comme on dit, on doit électrifier des usages, c'est-à-dire utiliser
16:34de l'électricité plutôt que du gaz ou du carburant,
16:36donc des véhicules électriques, de l'électricité dans l'industrie.
16:39Et donc, il faut produire de l'électricité.
16:40Et le photovoltaïque permet justement de produire cette électricité rapidement et bon marché.
16:47Mais il ne faut pas qu'on remplace une dépendance au gaz et au carburant par une autre dépendance qui
16:52est celle au panneau solaire.
16:53Et donc, du coup, c'est pour ça qu'il faut reproduire des panneaux solaires en Europe pour que le
16:59secteur photovoltaïque ne soit pas soumis à des aléas économiques, politiques ou autres.
17:03On voit les problèmes qu'on a en ce moment avec le détroit d'Ormus, etc.
17:06Ça ralentit déjà l'arrivée des panneaux solaires en Europe.
17:09Donc, pour des questions, je dirais, d'indépendance, de souveraineté et puis pour reconstruire des emplois locaux.
17:15C'est-à-dire qu'on utilise beaucoup de soutien public dans le développement du photovoltaïque.
17:19Utilisons ce soutien public pour recréer des emplois locaux plutôt que de creuser notre déficit commercial.
17:25Est-ce que d'autres pays européens se sont aussi positionnés pour rapatrier la production de panneaux solaires chez eux
17:33?
17:33Alors oui, il y a une usine, par exemple, de Troissons qui appartient au groupe Enel en Italie.
17:39Il y a des capacités de production de panneaux solaires en Europe.
17:42Mais pour l'instant, je dirais qu'ils font, je vais rentrer un peu dans la technique aussi, mais de
17:45l'assemblage.
17:46C'est-à-dire qu'on achète des cellules photovoltaïques, on les met entre des plaques de verre, on fait
17:49l'isolation, le câblage.
17:51Donc ça, ça existe encore en Europe.
17:52Mais la partie stratégique, en fait, c'est la cellule photovoltaïque, c'est-à-dire la plaque de silicium qui
17:57va transformer la lumière en électricité.
18:00C'est vraiment ça où il y a de la R&D, de l'innovation, de la plus-value.
18:03Et c'est ça que nous, on cherche à faire dans notre projet en usine.
18:06Et on sera le plus grand producteur et pour l'instant, le seul projet européen sur ce secteur avec Troissons.
18:12Donc le fait de recentraliser en Europe et en France, en Moselle particulièrement, ça participe aussi à la souveraineté énergétique
18:18dont on entend beaucoup parler en ce moment avec les événements que vous citiez, à la fois la guerre en
18:22Ukraine, la guerre en Iran.
18:24Oui, complètement. Il y a à la fois un aspect économique et puis un aspect stratégique.
18:28Et on voit qu'au niveau européen, les choses bougent.
18:31Il y a plusieurs textes européens qui ont été publiés, qui sont en cours de négociation, qui vont tous dans
18:35ce sens-là de réindustrialiser l'Europe sur des secteurs stratégiques.
18:39Et si on regarde la Chine, en fait, la Chine, comme je disais, exporte le numéro un mondial des panneaux
18:46solaires.
18:46On importe 95, 98% des panneaux solaires en Europe sont chinois.
18:50Mais ce n'est pas pour rien, en fait.
18:51La Chine a identifié le photovoltaïque comme un secteur vraiment stratégique pour son économie, pour l'économie mondiale, il y
18:56a une vingtaine d'années.
18:57Et ils sont devenus leaders parce que c'est un secteur vraiment crucial pour l'économie.
19:02Vous auriez pu vous implanter ailleurs au Lausoulis. Pourquoi avoir choisi le site d'Ambar, Sarguminambar ?
19:09C'est vrai que c'était au début, en fait, quand le projet a été créé.
19:13On a regardé une quarantaine de sites dans six pays européens.
19:16Et finalement, on a choisi le site de Sarguminambar.
19:19Alors, je dirais pour trois raisons principales.
19:23La première, c'est parce qu'on est au centre de l'Europe.
19:26Donc, on adresse facilement les marchés européens, français, allemands, Pays-Bas, Italie.
19:32Mais surtout, en fait, ce qui a fait le changement, c'est l'accueil, l'accompagnement local par les élus
19:37locaux, c'est-à-dire la région, la communauté d'agglomération et la préfecture également.
19:42Donc, ils nous ont vraiment soutenus et accompagnés dès le début du projet.
19:46Et ça fait vraiment, je dirais, un vrai différentiel par rapport à d'autres sites.
19:54Et puis, la qualité du bassin industriel, la qualité des emplois, la connaissance encore de l'industrie en Moselle qui
20:00a été déterminant.
20:01Alors, pour ceux qui ne se rendent pas compte, c'est en face, c'est sur l'autoroute A4, en
20:06face de l'ancien site de fabrication de la Smart qui est maintenant à Ineos.
20:12Et donc, vous êtes en face sur un site gigantesque quand on passe sur l'autoroute.
20:17Vous parliez de ce passé ou de cette, ce n'est pas du passé puisque c'est même de l
20:20'actualité, de cette touche industrielle de la Moselle.
20:23Ça a été vraiment ça, un des atouts du choix, dans le choix de s'installer en bar s'argumine
20:28?
20:29Oui, complètement. En fait, dans un projet comme le nôtre, il faut trouver des financements.
20:34Il y a un design assez compliqué de l'usine.
20:37Donc, quand on pense aux difficultés du projet, on pense souvent à ça.
20:40Mais l'un des vrais enjeux, c'est l'emploi, la formation.
20:43Et donc, trouver à terme, nous, ce sera 2000 personnes qui travailleront dans cette usine.
20:472000 personnes, il faudra former à ces métiers.
20:49Et donc, il faut des personnes qui ont encore l'habitude de l'industrie, de travailler dans un milieu industriel.
20:54Et ça, ça a vraiment fait la différence.
20:56Il y a des sites qu'on a écartés.
20:58Ils avaient beaucoup de qualités, mais finalement, on ne voyait pas comment on allait faire travailler, recruter 2000 personnes dans
21:05ces sites-là.
21:08En quelque sorte, vous ne repartez pas de zéro.
21:10Il y a déjà un terreau favorable parce que ça n'est pas le tout de poser une usine aussi
21:15grosse soit-elle.
21:16Il faut derrière la filière avec les compétences, mais aussi les logements, les transports et tout un service autour.
21:22Exactement.
21:24Et c'est pour ça que l'accompagnement de la préfecture était vraiment très intéressant au début,
21:28puisqu'on a pu travailler dès le démarrage justement sur les questions d'emploi, les questions de formation, de mobilité,
21:33de logement, de petite enfance
21:34qui ne sont pas au cœur de notre métier, mais qui sont extrêmement importants pour la réussite du projet.
21:39Rayon Balaboine, est-ce que vous êtes aussi porté, comment dire, pas acquéreur, mais comment dit-on, actionnaire de l
21:48'eau soliste pour ces raisons-là,
21:49parce qu'elles étaient en France aussi ? Est-ce que c'était un atout majeur ?
21:53Effectivement, ça, c'était pour nous un choix aussi stratégique pour être 100% français.
22:01Après, je rebondis un peu sur ce que l'a dit Vincent, c'est qu'aujourd'hui, effectivement, on crée
22:06des usines,
22:07mais ces usines-là ne sont pas simplement des créatrices d'emploi.
22:12C'est aussi, ici, on démontre aussi un besoin de compétences qu'on aurait besoin sur le territoire moise-élande.
22:18Et pour moi, la transition énergétique ne doit pas être seulement technologique, elle est aussi professionnelle.
22:24Et c'est là l'enjeu de l'eau soliste, je pense, sur le territoire.
22:28Avec donc le lien entre vous deux, on s'arrête encore un instant sur ce site giga, puisque j'ai
22:34bien compris que ce n'était pas méga.
22:36Giga, voilà, donc 10 millions de panneaux photovoltaïques, 1 million de logements, j'entends, c'est ça pour l'énergie
22:42qui sera produite pour le compte d'un million de logements.
22:45Et en termes d'emploi, vous parlez de 2 000 emplois directs sans compter les emplois indirects.
22:50Oui, complètement. En emplois indirects, ça fait à peu près 6 000 emplois en plus.
22:536 000 emplois en plus.
22:55Et en termes de production, alors je fais la division de tête, ça fait 27 000 panneaux par jour.
23:01Ça apparaît assez incroyable.
23:03Oui, et c'est pour ça qu'on parle de gigafactory, parce qu'en fait, c'est des capacités de
23:08production assez énormes.
23:10Alors, énorme pour l'Europe, ça reste une petite usine, je dirais, à l'échelle de la Chine.
23:17Et justement, pour être compétitif, il faut qu'on produise dans les conditions, je dirais, à la taille des usines
23:25chinoises,
23:26donc ces fameuses gigafactory, pour pouvoir avoir ce qu'on appelle des économies d'échelle et réduire les coûts au
23:30maximum.
23:30Ces 27 000 panneaux, on les retrouvera où, par exemple ?
23:33Est-ce qu'on les retrouvera sur le toit de monsieur et madame Tout-le-Monde ?
23:35Ou ça n'est pas le but ?
23:37On peut les trouver un peu partout.
23:39Donc on aura une gamme de petits panneaux qu'on peut mettre chez soi, sur sa toiture, donc le résidentiel,
23:44des panneaux plus grands pour des applications, soit sur des parkings, des grandes toitures, au sol, en agrivoltaïsme.
23:51Et donc l'idée, c'est aussi de travailler avec des partenaires comme TSE,
23:54justement pour designer les panneaux qui leur conviennent le mieux,
23:58et qu'on arrive à avoir une offre, finalement, globalement personnalisée.
24:03Parce que, vu de l'extérieur, on a l'impression que tous les panneaux se ressemblent.
24:06Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que dans le monde du panneau photovoltaïque,
24:10il y a beaucoup de différences entre TSE et l'utilisation qu'on peut en faire.
24:15Oui, complètement.
24:16C'est vrai que de l'extérieur, tout se ressemble.
24:20Après, il faut voir que c'est un secteur qui évolue très, très vite.
24:23Tous les deux ans, il y a des grands changements technologiques, techniques,
24:25pour améliorer la performance des panneaux solaires, leur résistance, leur poids, par exemple, etc.
24:33Rayon Balawan, ce que l'on comprend entre vous, ce qui est en train de se jouer,
24:37c'est la construction, la reconstruction d'une véritable filière solaire française.
24:43Oui, tout à fait. C'est vraiment le sens de l'histoire.
24:46Demain, si TSE produit de l'énergie renouvelable localement,
24:52si Holoselis produit des équipements localement,
24:56vous savez, nous, si on a des projets Mézélans,
24:59on va être à peine à 10 km pour aller acheter nos équipements.
25:02Donc, avouez que ça serait quelque chose d'exceptionnel.
25:05Et cette opportunité-là, bien sûr, on l'a vu venir et on va se la saisir.
25:10Quel type de métier vous allez rechercher incessamment sous peu ?
25:13Est-ce que tous les services de l'État, les services des collectivités locales
25:18doivent se mettre en mouvement pour commencer à préparer les futurs opérateurs de la Gigafactory Holoselis ?
25:26Oui, alors effectivement, on commence déjà à travailler avec la préfecture,
25:29avec la région Grand Est et la communauté de communes, l'UIMM également,
25:32sur ces questions de formation pour s'organiser.
25:36Puisqu'à peu près, il faudra...
25:37En gros, notre montée en compétences sera sur 4-5 ans.
25:40Donc, ça veut dire 500 personnes à trouver et à former chaque année.
25:43Donc, des opérateurs de maintenance, des électriciens.
25:47On aura un centre de R&D, donc là, avec des diplômes plus ingénieurs, Bac plus 5.
25:51Donc, voilà, c'est toute une gamme d'employés, en fait, qu'on va former.
25:58Il faut se rendre compte qu'en fait, ce sera une usine qui ressemblera peut-être plus à de la
26:01pharmaceutique
26:02qu'à de l'industrie lourde.
26:03Donc, c'est vraiment...
26:03Il y a toute une partie du travail en salle blanche.
26:05Donc, des compétences, en fait, de pilotage de lignes,
26:09comme on peut trouver également, je pense, dans l'automobile.
26:11Donc, ceux qui nous écoutent, à partir de quand doivent-ils avoir une oreille un tout petit peu plus attentive
26:15ou un oeil plus attentif sur les médias pour les embauches ?
26:21Alors, ça, je pense que ce sera plutôt dans un an et demi, 2 ans.
26:24À partir du moment où on commencera à construire les bâtiments et les équipements,
26:27on pourra commencer à former les premiers opérateurs et les premiers personnels de l'usine.
26:31Allez, question de prospective.
26:33Il nous reste une minute pour terminer.
26:35À vous deux, on va commencer par vous, Vincent Ledet-Port.
26:37À quoi ressemblera l'énergie, la filière solaire en Moselle dans 10 ans ?
26:42Alors, dans 10 ans, j'espère qu'en tout cas, au niveau usine,
26:45qu'on pourra voir le projet Holosolis comme un peu le début d'une grande aventure industrielle
26:50qui aura dépassé la Moselle et aussi un projet qui aura permis d'attirer tout un écosystème local
26:56d'entreprises partenaires autour de l'usine Holosolis.
27:00Même question, Rayon Balawan ?
27:01Alors, moi, j'aimerais bien regarder la Moselle en me disant,
27:06ici, dans 10 ans, en disant, ici, on produit l'énergie verte, une partie de l'énergie verte.
27:11Ici, on produit des équipements, une partie des équipements également.
27:14Ici, on a réussi à accompagner nos agriculteurs pour le changement climatique.
27:18Et également, on a réussi ici, localement, à ce que les industriels consomment l'électricité produite sur le terrain.
27:29Si on produit ici, on fabrique ici et on achète l'électricité produite ici,
27:35c'est probablement le solaire Moselle de demain.
27:38Merci. Un cercle vertueux issu de l'énergie solaire.
27:41Merci beaucoup, Rayon Balawan, directeur régional Nord TSE,
27:45et Vincent Delporte, le responsable des affaires publiques chez Holosolis.
27:49L'information continue sur Moselle TV.
27:51– Sous-titrage Société Radio-Canada –
27:59– Sous-titrage Société Radio-Canada
28:02–

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