- il y a 8 heures
L'hydrogène
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00:01Générique
00:12Bonjour, la Moselle Terre des énergies, à l'heure où la question énergétique s'invite partout, dans nos foyers, dans
00:18les entreprises, dans le débat public, jusqu'au plus haut sommet de l'État,
00:23à l'heure où la question énergétique est au cœur des enjeux économiques, industriels et environnementaux, la Moselle entend bien
00:30prendre toute sa place sur ce sujet.
00:33Car ici, l'énergie est à la fois un héritage, une force économique, un savoir-faire industriel et un levier
00:39d'attractivité pour le territoire.
00:42La Moselle Terre des énergies, c'est l'une des grandes ambitions portées par le département de la Moselle, présent
00:48ici à la FIM, sur l'espace de Moselle Attractivité.
00:51C'est aussi le titre d'une série d'émissions que nous enregistrons ici même, avec les moyens techniques de
00:57Moselle TV.
00:59Solaire, éolien, nucléaire, eau, nous allons explorer les différentes énergies qui font déjà et feront demain partie du paysage mosellant.
01:08Et pour cette première émission, nous allons nous intéresser à l'hydrogène.
01:13Pour en parler, deux invités, Patrick Weyten, bonjour.
01:16Bonjour.
01:17Président du département de la Moselle et président de Moselle Attractivité.
01:20Et à vos côtés, Julien Moulin, bonjour.
01:23Bonjour.
01:23Vous êtes le président de la Française de l'énergie.
01:26D'abord avec vous, Patrick Weyten, pourquoi avoir choisi ce thème pour la FIM 2026, Moselle Terre des énergies ?
01:34Parce que c'est le slogan du département sur au moins l'année, voire les années à venir, avec un
01:42objectif très précis.
01:43C'est démontrer que la Moselle a la chance d'avoir des énergies humaines d'abord, notre savoir-faire, notre
01:52économie, nos industries, nos entreprises, naturellement nos chefs d'entreprise,
01:57mais d'avoir également cette chance d'avoir une histoire industrielle et une histoire des énergies.
02:02Je rappellerai que Robert Schumann a dit et a créé l'Europe en s'appuyant sur nos énergies, et je
02:12crois que c'était important de le signifier,
02:15qu'est l'acier, le savoir-faire des femmes et des hommes, et le charbon.
02:23Et puis, parce que nous avons des ressources aujourd'hui éminemment importantes qu'il faut absolument promouvoir, j'y reviendrai,
02:30mais on peut parler du nucléaire,
02:31on peut parler de l'eau, qui est une autre forme d'énergie, et on voit aujourd'hui, lorsque cette
02:36eau se raréfie sur certains territoires, les conséquences que cela peut représenter.
02:43Naturellement, l'hydrogène natif, naturel, ou l'hydrogène blanc, qui pour nous est un élément essentiel.
02:49La question du gaz de houille reste posée, et je crois qu'il faut continuer fondamentalement à la poser.
02:55C'est l'énergie nucléaire, nous avons notre centrale qui fête son 40e anniversaire, avec une volonté d'avoir un
03:04nouvel EPR sur le territoire que nous revendiquons à l'échelle du gouvernement.
03:09Et puis, ce sont ces énergies numériques, grâce à notre réseau numérique que nous avons déployé sur l'ensemble du
03:16territoire de la Moselle, maintenant, il y a presque 6 ans,
03:19qui est une autre forme d'énergie.
03:21Donc, ce sont les énergies humaines, avec le savoir-faire que nous avons déjà, et que nous souhaitons continuer à
03:26promouvoir avec la connaissance, avec notre université.
03:30Donc, on a toutes les raisons pour réussir cette terre des énergies qui, aujourd'hui, s'ouvre complètement sur, à
03:37la fois, une stratégie de communication,
03:39mais surtout une volonté d'attractivité.
03:42Je sais que vous n'aimez pas, quand on s'arrête aux images d'épinales de la Moselle, un peu
03:47sur la sidérurgie, sur ces vieilles images qui circulent un peu dans l'imaginaire,
03:52c'est aussi, Moselle Terre des Énergies, un sujet pour l'attractivité, pour changer d'image, changer de braquet, montrer
03:59qu'ici, on innove, on est capable de faire des choses très modernes.
04:03Alors, la Moselle est encore une terre de sidérurgie, nous produisons encore de l'acier, nous sommes une terre de
04:10métallurgie, nous sommes une terre du savoir-faire industriel.
04:15Je crois que c'est ça qui est important, avec la mentalité industrielle, la mentalité de celui qui crée, qui
04:22construit, qui aménage, qui développe et qui transforme.
04:27Et puis, c'était le charbon qui a donné un dynamisme sur un territoire qui est la Moselle Est. Aujourd
04:35'hui, il n'y a plus l'exploitation, mais on sait qu'on a encore ce gaz de ouïe dans
04:39notre sous-sol,
04:40qui ne demande qu'à être exploité. Alors, pour l'instant, les choses ne se font pas telles que cela
04:46était prévu, mais c'est également un élément important.
04:50Et puis, le dernier point, si on parle de cette usine à Saint-Avold qui souhaite se transformer dans une
04:58production électrique qui peut avoir lieu dans cette usine-là,
05:03sachant que cela a nécessité à un moment une modification législative, que nous avons été, j'y ai participé, en
05:13parler à la fois aux sénateurs et aux députés.
05:16Et à l'unanimité de ces deux chambres-là, il a été décidé qu'il était engagé cette mutation de
05:24l'énergie.
05:24Et cette loi porte le nom de la loi Saint-Avold. Et aujourd'hui, la question est de savoir s
05:30'il va y avoir cette transformation de ce site Émile Huché.
05:34On ne peut pas imaginer qu'on a une loi Saint-Avold et qu'on n'investit pas, que la
05:39nation n'investit pas dans cette usine.
05:42Et j'ai envoyé une motion que le Conseil départemental a adoptée à l'unanimité au Premier ministre, qui m
05:49'a répondu immédiatement
05:51et qui a confié à ces ministres concernés le souhait de pouvoir analyser avec bienveillance notre proposition.
05:58Pour en revenir à l'image, c'est un enjeu d'attractivité aussi, ce positionnement, forcément ?
06:03C'est bien évident. Nous sommes adossés à des territoires. Je pense à la SAR, par exemple. Je pense au
06:10Luxembourg, qui continuent à développer des activités économiques très dynamiques.
06:14Et nous sommes au cœur de cette grande région européenne, chère à Robert Schuman.
06:20Et donc, à ce titre-là, il nous faut mettre en valeur notre savoir-faire, notre ressource et notre stratégie
06:30d'aménagement du territoire.
06:31Je crois que c'est important. Ce n'est pas galvaudé dans l'esprit, mais nous sommes dans la compétition
06:37des territoires.
06:38Et nous devons jouer avec nos arguments. Et ces arguments-là, c'est d'abord nos énergies.
06:45A vos côtés, Julien Moulin, le président de la Française de l'énergie. Vous venez de recevoir d'ailleurs félicitations
06:51à un prix.
06:52Je crois que c'est le prix EY. On disait Ernst & Young quand j'étais plus jeune. Mais voilà,
06:56c'est EY pour votre entreprise, la Française de l'énergie.
07:00Est-ce qu'on peut donner en quelques mots, parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de vous,
07:03forcément, avec l'actualité à Pompière,
07:06notamment en quelques mots, comment vous pourriez définir, pour celles et ceux qui nous regardent, assez simplement la Française de
07:11l'énergie ?
07:12La Française d'énergie est donc une entreprise mozélane, cotée en bourse à Paris, productrice d'énergie bas carbone, produit
07:19du gaz, de l'électricité,
07:21de la chaleur, de l'hydrogène à partir de l'électricité. Et nous avons fait la découverte d'hydrogène naturel
07:28sur ce bassin mozélan.
07:31Et vous êtes présent partout en France ?
07:33Nous sommes présents dans deux régions en France, le Grand Est, la Moselle, et puis dans les Hauts-de-France.
07:39Et nous sommes présents dans cinq pays en Europe, avec un positionnement assez important en Norvège.
07:45Alors le sujet qui nous intéresse plus particulièrement pour cette première émission, Moselle Terre des énergies, c'est donc le
07:51sujet de l'hydrogène.
07:53Racontez-nous comment vous êtes amené à trouver cet hydrogène sous nos pieds ?
07:58Alors, en fait, la Lorraine avait énormément d'informations, énormément de données, puisque des générations et des générations d'ingénieurs,
08:08de mineurs ont cartographié, ont foré, ont travaillé sur cette zone-là.
08:11Donc on est parti de cette mémoire pour travailler sur les nouveaux types d'énergie.
08:17On a lancé un programme de recherche en 2017 avec le soutien du président Vaiten et du conseil régional pour
08:26s'intéresser à toutes les ressources qui étaient encore présentes dans notre sous-sol.
08:29On savait évidemment qu'il y avait différents types de ressources.
08:31Le gaz présent dans le charbon, on l'a évoqué, potentiellement la chaleur avec la géothermie, et également d'autres
08:37ressources, capacité de stockage de CO2 notamment.
08:39Et en fait, c'est dans ce cadre-là que nos partenaires et nous, donc nos partenaires du CNRS et
08:44de l'Université de Lorraine, avons découvert la présence d'hydrogène naturel,
08:48dont nous n'étions pas capables à l'époque de mesurer les concentrations et la quantité disponibles.
08:53Et donc, il y a une série de travaux qui ont été réalisés, des séries d'innovations, pour reprendre ce
08:58qu'on évoquait un petit peu plus tôt,
08:59qui ont permis de développer des outils industriels de premier plan et qui nous ont permis de pouvoir qualifier cette
09:05découverte sur le site de Fochvilleur.
09:07De quoi parle-t-on en termes de quantité de mètres cubes ?
09:12Alors, on parle en tonnes ou en kilogrammes.
09:15Donc, les seules estimations qui ont été réalisées à ce stade sont celles qui ont été faites par l'Université
09:20de Lorraine et le CNRS.
09:21Et ils estiment qu'il y a à peu près 36 millions de tonnes d'hydrogène naturel présents.
09:26Ce qui est intéressant à avoir en tête, c'est que l'hydrogène naturel, contrairement aux autres formes d'hydrogène
09:32qui sont aujourd'hui produits,
09:34ne viennent pas d'une autre énergie.
09:37L'hydrogène utilisé actuellement dans le monde, c'est de l'hydrogène qu'on appelle de l'hydrogène gris,
09:41qui est produit à partir du méthane par vaporéformage.
09:44Et l'autre type d'hydrogène sur lequel nous travaillons d'ailleurs en Norvège, c'est l'hydrogène vert,
09:48qui est produit à partir de l'électricité verte.
09:50L'hydrogène naturel que nous avons découvert est très différent,
09:53dans la mesure où il est fabriqué naturellement par une réaction chimique dans le sous-sol.
09:58Donc, il est présent.
09:59Donc, il est présent et notre travail, ce n'est pas de le produire.
10:02Notre travail, c'est de le récolter.
10:04Donc, c'est une grosse différence qui est primordiale, à la fois pour la rapidité de mise en production
10:11et deuxièmement pour la structure de coût associée avec cette production d'hydrogène.
10:15À quelle distance se trouve-t-il de nos pieds, cet hydrogène naturel ?
10:19Alors, les premières traces, on les a trouvées proches de la surface.
10:22Et puis, lors du premier site de forage de Fauchvilleur, nous les avons mesurés jusqu'à 1200 mètres de profondeur.
10:28Et nous venons de confirmer la découverte avec un forage qui a été le forage le plus profond au monde
10:33dédié à l'hydrogène,
10:35qui est descendu jusqu'à 3600 mètres de profondeur sur le site de Pompière, justement.
10:39Et donc, c'est dans ces horizons-là que nous allons tester la mise en production de cet hydrogène.
10:45Techniquement, où en est-on ? Parce qu'évidemment, ça donne beaucoup de perspectives.
10:50Mais techniquement, où en est-on entre le moment où on le découvre, comme aujourd'hui,
10:54on qualifie à peu près ces tonnages, et l'exploitation possible ?
10:59L'année 2027 est une année charnière pour ça, puisqu'il y a deux choses qui vont se réaliser sur
11:05l'année 2027.
11:06La première, qui est absolument primordiale, qui paraît nanodine, mais qui est absolument primordiale,
11:10c'est la certification indépendante des volumes d'hydrogène présents dans le sous-sol et qu'on est capable de
11:15récupérer.
11:16Et la deuxième chose, ça va être de définir les débits, parce que c'est bien d'avoir des volumes
11:20présents dans le sous-sol,
11:20c'est encore mieux de pouvoir les amener en surface et de pouvoir les valoriser.
11:23Et ça, c'est tout le travail qu'on fait avec toujours les mêmes partenaires,
11:27mais on a également associé à notre démarche le BRGM, le bureau du sous-sol français,
11:33et associé Saint-Gobain, qui nous aide sur les membranes.
11:36Le leader sur cette partie-là, c'est SolExpert, qui a été notre partenaire historique.
11:41Et l'objectif, c'est que d'ici 2027, on ait ces deux réalisations.
11:44Un débit en surface continu et une certification des ressources pour une exploitation en 2028.
11:50Que représente cette possibilité d'aller chercher cet hydrogène naturel sous nos pieds en termes de consommation ?
11:56On dit qu'on essaye toujours de schématiser, c'est la consommation d'une ville, c'est la consommation d
12:01'un pays.
12:01Qu'est-ce que ça représente, ce qui est sous nos pieds ?
12:03C'est très conséquent, puisque c'est plus que les objectifs européens à horizon 2030 ou 2035.
12:08Donc c'est très conséquent.
12:10En termes monétaires, c'est potentiellement aussi très important.
12:14Mais c'est surtout ce qui est très important, c'est que ça s'inscrit dans un effort de développement
12:18de l'écosystème de l'hydrogène.
12:19Une des difficultés qu'on a collectivement à développer l'écosystème de l'hydrogène, c'est qu'il y a
12:26une structure de coût qui est très élevée.
12:27Il n'y a pas assez de production d'électricité verte pour pouvoir stimuler autant qu'on le souhaiterait le
12:32développement de cette économie de l'hydrogène.
12:34Et que là, on va pouvoir, grâce à une source d'énergie primaire, fournir à des acteurs qui sont des
12:40gros consommateurs chez nous et de l'autre côté de la frontière,
12:44une énergie qui va pouvoir démontrer à taille industrielle la capacité de déployer un écosystème d'hydrogène.
12:50Concrètement, vous parlez de débit.
12:53On le retrouve où après cet hydrogène ?
12:55Il sert à quoi ? Alimenter quel type de système ?
12:58Est-ce que ce sont des systèmes de transport ? Est-ce que ce sont des systèmes industriels ?
13:02Aujourd'hui, l'utilisation de l'hydrogène est beaucoup pour le système industriel.
13:06Une des accélérations qui avaient été prévues sur l'écosystème, c'était de passer à la mobilité.
13:12Aujourd'hui, la mobilité est un peu plus lente. Son déploiement est beaucoup plus lent pour la structure de coût
13:16et le fait que les volumes sont relativement limités aujourd'hui de production d'hydrogène vert.
13:20Néanmoins, ce qu'on voit, et c'est un des avantages qu'on a phénoménal du côté de la Moselle,
13:26c'est qu'on est au cœur du système.
13:28L'infrastructure se met en place pour relier la Belgique, le Luxembourg, la France et l'Allemagne.
13:32Et on va être capable d'acheminer cet hydrogène aux gros consommateurs.
13:36Les premiers en quantité sont probablement les aciéristes allemands.
13:39Sarshtal a obtenu 2,6 milliards de subventions de l'État et du Land pour développer, transformer son processus de
13:47production d'acier en utilisant de l'hydrogène.
13:49Mais on a plein d'autres utilisations sur les raffineries françaises, sur la plateforme de Carlin à Porcelette.
13:55Il y a des procédés qui peuvent utiliser cet hydrogène et ça peut être à terme utilisé pour le chauffage
14:01également.
14:01Vous êtes confiant dans l'avenir et dans les autorisations puisque évidemment tout est administratif dans notre pays.
14:08On sait que sur un autre sujet, une autre énergie, le Conseil d'État a dit stop.
14:11D'ailleurs, vous avez écrit au président de la République pour tenter de faire infléchir cette décision.
14:17Mais pour l'hydrogène en personne, vous êtes confiant sur le fait de passer à la prochaine étape, étape industrielle
14:25?
14:25Oui, alors ce n'est pas une caractéristique française.
14:27On pointe toujours du doigt à l'administration française pour dire qu'on est plus lent que les autres.
14:31Ce n'est pas une réalité.
14:32Dans d'autres pays européens, on a des réglementations similaires et donc ça prend du temps.
14:36Donc ça, c'est la première chose.
14:37La deuxième chose, c'est qu'on a obtenu le plus grand permis d'exploration d'hydrogène naturel en Europe.
14:42Ça couvre l'ensemble du bassin sédimentaire Laurent et ça a été obtenu dans une vitesse d'octroi qui a
14:48été assez spectaculaire.
14:50Et de la même manière, pour le forage de pompières, l'administration française a fait un travail remarquable et particulièrement
14:55l'Adréal et le préfet de région.
14:57Donc on a la chance d'avoir ce soutien et j'ai bon espoir que nous ayons la même dynamique
15:02une fois que nous avons obtenu les certifications et le débit
15:05qui sont un peu les moments Eureka qu'on attend sur l'année 2027.
15:09En parallèle, un petit point sur la partie gazière, petite précision sur la lettre que j'ai écrite au président
15:15Macron.
15:16J'ai écrit au président Macron en tant que citoyen français.
15:19J'ai du mal à concevoir qu'on continue d'aller chercher des solutions à l'autre bout du monde,
15:24alors que sur notre territoire, dans un environnement très maîtrisé, on a une possibilité de remplacer les mêmes volumes que
15:31ceux qui sont apportés directement d'Hormuz.
15:33Donc c'était le sens de mon courrier au président Macron.
15:37Vous le disiez dans le courrier, on serait capable de fournir 5% à peu près de la consommation française
15:43très rapidement avant la fin de l'année.
15:45Donc avant la fin de l'hiver.
15:46L'hiver, pardon.
15:47Oui, puisque ça nécessite quand même des appels d'offres et des travaux pour mettre en place les outils de
15:52production et au pic, on pourra atteindre 5% de la consommation.
15:54Mais ce qui est intéressant, et c'est ça qui est encore plus pertinent pour le territoire,
15:59c'est qu'on a un effort collectif de continuer à développer sur le nucléaire, sur l'hydrogène, sur le
16:04gaz, sur l'électricité,
16:05des productions domestiques, des productions souveraines, des productions résilientes.
16:10Et donc là, on a tout ça entre nos mains et sous nos pieds.
16:13Donc ça serait dommage de passer à côté.
16:15Patrick Weyton, ce serait dommage de passer à côté.
16:18Demain, la Moselle peut être le nouveau Texas en quelques mois, en quelques années.
16:26Oui, alors, ce que n'a pas dit mon ami M. Moulin, c'est que ça s'est fait à
16:34l'insu de leur plaquer au départ,
16:36puisque c'est en forant et en allant chercher ce gaz de houille et son exploitation qu'ils ont rencontré
16:43l'hydrogène blanc.
16:44C'est le premier point. Le pétrole, c'est de la même façon que cela s'est fait à l
16:48'époque aux États-Unis.
16:50Le deuxième, c'est que cette poche de 35-36 millions de tonnes, mesurons bien ce que cela représente,
16:59c'est sous la Moselle, avec une petite partie en Meurthe-et-Moselle et un peu en Sahar, mais c
17:06'est chez nous.
17:06Ce qui veut dire que là, on est dans un renouveau industriel généré par notre ressource, par nos énergies.
17:14Le troisième point, ce qui n'a pas été évoqué, je l'évoque dans l'anecdote que j'ai vécue
17:19il y a à peu près six mois.
17:21Nous avions une réunion des présidents des départements de France et le président de la Vendée est arrivé avec une
17:27magnifique limousine.
17:28Enfin, ça, c'est normal. Et sur sa limousine, il était écrit en grand « Je suis vendéen, je roule
17:36à l'hydrogène ».
17:38Donc j'étais le voir, j'ai dit « Écoute, tu connais Pompière ». Il m'a dit « Non,
17:41il faut que tu viennes visiter ».
17:42Donc c'est la preuve que dans la mobilité, la question de l'hydrogène est posée en général et naturellement
17:50de l'hydrogène naturel de la même façon.
17:53Ce qui veut dire qu'on a ce faisceau aujourd'hui de destination de l'utilisation et de l'exploitation
17:59de l'hydrogène, que nous l'avons sous nos pieds,
18:01que cet hydrogène est renouvelable, parce que je crois que c'est important de le signifier aussi,
18:07et il n'est plus nécessaire que d'extraire et puis ensuite de distribuer.
18:14Et cela peut se faire sans difficulté.
18:16Et ce n'est pas comme le charbon où il y avait des gros puits, et c'est à partir
18:20de là qu'on allait chercher le charbon.
18:22Là, M. Moulin pourrait le dire mieux que moi, c'est-à-dire qu'on fait un trou à un
18:27endroit à la bonne profondeur,
18:29et puis on peut immédiatement soustraire.
18:32Et aujourd'hui, la question, c'est de la membrane qu'ils sont en train d'étudier,
18:35où ils vont soustraire le gaz en lui-même, l'hydrogène, sans être obligés de perturber les équilibres souterrains.
18:44Donc là aussi, je crois qu'il faut bien mesurer que nous sommes à un moment clé de l'histoire
18:52énergétique de la Moselle,
18:54du territoire du Grand Est, et nous travaillons avec le Grand Est également,
18:59et nous sommes complètement raccords sur cette démarche-là dans le partenariat que nous avons installé,
19:06et puis c'est à l'échelle au moins nationale, voire au-delà.
19:09Et la Moselle se trouve au cœur, de par sa ressource, et les Allemands sont très intéressés.
19:16La ministre-présidente du Landessa m'a un jour demandé de venir m'exprimer sur comment la Moselle,
19:23qui représente la même population, un million d'habitants, se comporte sur cette démarche-là.
19:27Et les Allemands, et cela a été dit, aujourd'hui ont réservé leur capacité d'utilisation
19:33dans le cadre de l'activité sidérurgique et donc industrielle.
19:38Nos amis voisins belges aussi sont venus récemment pour visiter le site de pompières, Julien Moulin.
19:45Oui, tout à fait. On a reçu le ministre Jean-Luc Crucq du Transport, d'ailleurs,
19:49qui était venu principalement sur les sujets de mobilité.
19:53Mais pour revenir sur l'intérêt de cette ressource, c'est que ce n'est pas seulement une ressource,
20:00c'est donc un remplacement d'une ressource fossile par une ressource domestique, locale, souveraine et propre.
20:06Mais c'est aussi tous les emplois associés à ça.
20:08Il y a une question sur la filière, comment elle se construit après ?
20:10Parce qu'on discute souvent avec les autres industriels, bien entendu, qui sont présents sur le territoire.
20:15Mais typiquement, sur l'industrie de l'automobile, qui est une industrie qui est en danger
20:18avec la compétition chinoise sur l'électrique,
20:21typiquement, on a peut-être une solution à apporter, à fournir un moteur thermique hydrogène
20:26avec des acteurs industriels français qui peuvent se positionner là-dessus,
20:29puisqu'ils ont un savoir historique sur cette capacité d'avoir des moteurs thermiques de tout premier plan.
20:35Donc il y a toute une filière à développer.
20:37Et après, au niveau de l'activité en tant que telle,
20:39on a besoin, bien entendu, de toute la compétence des acteurs du sous-sol.
20:44Foreur, géologue, géosciences, bien entendu.
20:46Mais ça ne s'arrête pas là, puisque cet hydrogène, il faut le compresser,
20:50le transporter, le stocker et le distribuer.
20:53Donc on a toute une chaîne de métiers qui sont à développer,
20:57puisqu'aujourd'hui, l'économie hydrogène est naissante.
21:00Est-ce que vous avez déjà chiffré le nombre d'emplois que cela pourrait créer, générer ?
21:05Non, on n'a pas chiffré le nombre d'emplois.
21:07Ça me paraît un petit peu prématuré.
21:09Ce qui est important, c'est d'arriver jusqu'à cette phase de certification et de débit
21:12pour pouvoir ensuite s'engager sur un plan de développement
21:15qui nous permettra d'être beaucoup, beaucoup plus précis
21:18sur les impacts en termes d'emplois directs et indirects de l'industrie.
21:22Ce qui est intéressant, c'est ce qu'on a fait au niveau de Française de l'énergie.
21:27En 2016, on était zéro revenu, zéro chiffre d'affaires, 12 personnes.
21:32On est 140 aujourd'hui sur différents territoires.
21:35On aimerait être encore plus en Moselle.
21:37Si on nous donnait les autorisations d'avancer plus rapidement
21:40sur le gaz présent dans le sous-sol, on serait déjà beaucoup plus.
21:43Mais on pense qu'il y a la possibilité de créer beaucoup, beaucoup plus d'emplois
21:48qualifiés, moins qualifiés sur le territoire
21:50pour accompagner ces développements des ressources naturelles dans notre territoire.
21:55Patrick Weiton, ça c'est un argument, je dirais, presque massue
21:58dans la compétition des territoires et dans l'attractivité.
22:01Lorsqu'un couple veut s'installer, revenir en Moselle,
22:05il regarde les services, les infrastructures et évidemment le marché de l'emploi.
22:10Nous devons absolument, dans une vision, même à court terme,
22:15préparer le territoire à ce qui nous arrive, à ce renouveau industriel qui nous arrive.
22:21En plus, ce renouveau partira de la Moselle Est.
22:24Quel symbole ! Quel symbole !
22:27Et partira de nos ressources, c'est-à-dire de ce que nous sommes,
22:32de ce que contient notre sous-sol et du savoir-faire Mosellan.
22:37C'est une entreprise qui est installée en Moselle
22:41et à partir d'une ouverture exceptionnelle
22:44à toutes les formes d'utilisation et d'exploitation de cette ressource.
22:48Donc nous, département, je me suis engagé dans cette démarche-là,
22:52c'est qu'il faut qu'on soit attractif.
22:54Et donc il faut mobiliser les maires, il faut mobiliser les élus territoriaux.
22:58C'est l'habitat.
22:5948 500 logements vacants en Moselle.
23:03On a des problèmes de logement.
23:05Nous allons mobiliser des moyens départementaux pour remettre sur le marché ces logements vacants.
23:12Et cela, nous allons faire avec toutes les intercommunalités de Moselle.
23:16C'est un travail ensuite sur la question de mobilité qui se pose,
23:19sur la capacité de pouvoir accueillir de nouvelles familles.
23:23Et donc continuer à renforcer la présence scolaire dans nos villes et dans nos villages.
23:28Travailler sur la mobilité.
23:30La mobilité ne sera plus que le sillon Lorrain.
23:34La mobilité sera aussi Est-Ouest.
23:36Et c'est pour ça que nous travaillons avec la région.
23:39J'avais encore un rendez-vous hier avec le président de la région.
23:43Et nous sommes d'accord pour aller plus vite,
23:46pour accélérer la liaison Fort-Bac-Tionville,
23:49qui ensuite, à partir de Fort-Bac, ira jusqu'à Sarbruc, voire au-delà.
23:54Donc aujourd'hui, il faut préparer notre société rapidement
23:58à l'arrivée de l'hydrogène blanc dans notre activité économique et dans ses retombées.
24:03Et nous devons le faire dans une vision.
24:05Et si un élu territorial, quelle que soit sa dimension, n'a pas cette vision-là,
24:11nous le faisons... nous jouons petits bras.
24:15Et je crois que dans ce domaine-là, il faut que nous embarquions notre population
24:19en disant, la Moselle a maintenant un avenir, et c'est important.
24:23Et c'est pour ça que ces trois verbes que j'utilise à dessein,
24:26c'est à chaque fois ceux-là qui vont démontrer que nous aurons raison,
24:30c'est viens, reste, reviens.
24:31Viens en Moselle, parce qu'on a une nouvelle ressource.
24:34Reste chez toi.
24:36Forme-toi chez nous, parce que nous allons avoir besoin de toi.
24:39Et reviens, si jamais tu étais parti,
24:42parce que la Moselle est véritablement au-delà de cette terre des énergies,
24:46est une terre d'avenir.
24:47Est-ce que la Moselle, pour l'instant, a les compétences ?
24:50Vous avez cité tout à l'heure très rapidement les différents métiers
24:53qui seraient touchés par cette filière.
24:56On a déjà au moins le terreau pour faire naître les compétences ?
24:59Oui, clairement.
25:01Déjà, on a une industrie de trochimie à Carlin
25:04qui a toujours été très développée.
25:06On a la chance d'avoir des universités de bon niveau,
25:09juste à proximité, on en connaît une.
25:11Mais il y a également des formations peut-être moins élitistes,
25:15comme l'IUT, qui développe des formations dédiées au métier de l'hydrogène
25:19et qu'on doit développer.
25:20Tout à l'heure, j'étais avec le responsable du fonds Merci
25:23et on réfléchissait également à des travaux sur les risques.
25:27Et en fait, pour analyser ces risques et mettre en place une exploitation efficace
25:33pour les 30 prochaines années,
25:35il est nécessaire également d'anticiper tous ces risques.
25:38Et donc, certains métiers qu'on peut créer à côté de ça.
25:40Et je pense qu'à la fois dans les universités, dans les IUT,
25:43voire même dans les BTS,
25:45on a déjà des compétences importantes.
25:46Il faut les orienter sur ces métiers-là
25:48et leur offrir la possibilité de mettre à contribution
25:52leur cerveau et leurs mains pour travailler sur notre territoire.
25:56Merci. Donc, nous sommes prêts.
25:58Patrick Weyton, toute dernière question.
26:00Rapidement, un peu de prospective.
26:02La Moselle, Terre des énergies, dans 10 ans, à quoi elle ressemble ?
26:07Nous aurons gagné de la population.
26:09Parce qu'aujourd'hui, on nous promet un déclin de la population.
26:13Alors, c'est très arithmétique.
26:15C'est-à-dire, on regarde la courbe, on voit qu'on perd des élèves.
26:18Et puis, inexorablement, on plonge dans le déclin démographique
26:22qui est le pire pour un territoire.
26:25On va gagner de la population.
26:26On va accueillir de nouvelles familles.
26:30On va conserver ces familles qui sont là.
26:33Et puis, on va former, comme cela a été dit.
26:35On va travailler avec l'université, avec les IUT.
26:37On va travailler avec le réseau d'entrepreneurs.
26:40Je crois que c'est ça qui est important aussi,
26:42pour qu'il y ait la capacité de pouvoir développer de nouveaux emplois
26:46qui vont être indispensables et nécessaires.
26:48Dans les 10 ans, la Moselle peut largement retrouver de la population,
26:54gagner donc en démographie et gagner en dynamique.
26:57Parce que la démographie, c'est l'indice de développement et d'attractivité.
27:03Et je suis intimement convaincu que, dans 10 ans,
27:06lorsque vous m'inviterez de nouveau sur votre plateau,
27:09nous parlerons inévitablement de démographie à ce moment-là,
27:12de développement économique.
27:13Et on parlera plus de richesse que de situations de désarroi
27:17qu'on a pu traverser à un certain moment.
27:19Julien Moulin, très brièvement, sur la Moselle Terre des énergies,
27:22dans 10 ans, comment vous la voyez ?
27:24Dans 10 ans, j'aimerais surtout qu'on puisse parler et mettre en avant 3-4 points.
27:29Le premier, c'est que la Moselle a été le premier endroit en Europe
27:32où on a produit à échelle de l'hydrogène naturel.
27:35Première chose.
27:36Deuxièmement, que nos industriels et nos consommateurs,
27:38de notre côté de la frontière et potentiellement de l'autre côté de la frontière,
27:42utilisent cet hydrogène naturel.
27:43De manière plus large, que l'écosystème hydrogène, l'hydrogène vert, l'hydrogène naturel,
27:50se soient développés et que ça ne soit pas juste un marché de niche,
27:54mais que ça a pris une vraie envolée.
27:57Et le dernier point, je dirais que c'est...
27:59J'aimerais que dans 10 ans, on se dise, en fait, ce qui a fait notre richesse,
28:05c'était l'exploitation du sous-sol au début du XXe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle
28:10et que le XXIe siècle, ça nous permette d'avoir un retour de cette fierté sur notre territoire
28:14avec des emplois et une industrie de l'avenir,
28:17pas juste des industries qui regardent derrière nous.
28:19Merci, Julien Moulin, le président de la Française de l'énergie
28:23et Patrick Weyton, président du Conseil départemental de la Moselle,
28:26président de Moselle L'Attractivité,
28:28étaient les invités de cette première émission Moselle Terre des énergies.
28:32A bientôt sur Moselle TV.
28:35Merci.