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Découvrez comment la Moselle transforme ses ressources locales en énergie ! Dans cet épisode de "Moselle Terre des Énergies", explorez le potentiel de la biomasse et de la méthanisation, deux piliers des énergies renouvelables.
Apprenez comment le bois et les résidus forestiers sont utilisés par le groupe UEM pour produire de la chaleur et de l'électricité. On plonge au cœur des centrales de production qui alimentent notre territoire.
Plongez ensuite dans le monde de la méthanisation agricole, où fumier, lisier et matières végétales deviennent du biogaz, puis de l'électricité, de la chaleur ou même du biométhane pour le réseau de gaz.
La Moselle, avec sa diversité de paysages, d'industries et d'exploitations, est idéalement positionnée pour ces solutions énergétiques. Comprenez comment ces technologies favorisent une chaîne d'approvisionnement locale et performante.
#MoselleÉnergies #Biomasse #Méthanisation
Apprenez comment le bois et les résidus forestiers sont utilisés par le groupe UEM pour produire de la chaleur et de l'électricité. On plonge au cœur des centrales de production qui alimentent notre territoire.
Plongez ensuite dans le monde de la méthanisation agricole, où fumier, lisier et matières végétales deviennent du biogaz, puis de l'électricité, de la chaleur ou même du biométhane pour le réseau de gaz.
La Moselle, avec sa diversité de paysages, d'industries et d'exploitations, est idéalement positionnée pour ces solutions énergétiques. Comprenez comment ces technologies favorisent une chaîne d'approvisionnement locale et performante.
#MoselleÉnergies #Biomasse #Méthanisation
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00:01Générique
00:11...
00:12Bonjour, la Moselle Terre des énergies.
00:15C'est la suite de notre série d'émissions consacrées aux énergies en Moselle,
00:19produites depuis la FIM, mais plus précisément depuis l'espace de Moselle Attractivité.
00:25L'émission d'aujourd'hui est avec Guillaume Joiville.
00:28Bonjour, vous êtes le directeur de la production et du développement durable pour le groupe UEM, soyez le bienvenu.
00:36A vos côtés, Estelle Pochat, vous êtes vice-présidente de la chambre d'agriculture de la Moselle et exploitante agricole
00:43à Béchis.
00:45Le bois issu de l'entretien des forêts, résidus de cirie, fumier, lisier, matière végétale,
00:52certaines ressources présentes en Moselle peuvent aussi devenir de l'énergie.
00:56Deux exemples permettent de raconter cette transformation.
00:59La biomasse utilisée notamment par UEM pour produire de la chaleur et de l'électricité.
01:06Et puis la méthanisation qui permet aux exploitations agricoles de transformer des matières organiques en biogaz, électricité, chaleur ou biométal.
01:15Nous allons en parler dans quelques instants, mais d'abord avec les deux invités de cette émission,
01:20un mot sur les contours de vos missions, Estelle Pochat, à la chambre d'agriculture de la Moselle.
01:26Oui, donc je suis vice-présidente de la chambre d'agriculture de la Moselle,
01:29mais avant tout agricultrice sur une exploitation polyculture élevage à Béchis.
01:34Et à la chambre, je m'occupe particulièrement des sujets énergie.
01:38Guillaume Joiville, l'UM vient de fêter ses 125 ans.
01:42Deux mots sur cette belle marque Moselle, dont on est fiers.
01:49Absolument, donc le groupe UEM vient de fêter ses 125 ans d'existence.
01:53Groupe messin qui a pour activité principale la distribution, la fourniture d'énergie,
01:58mais également des activités de trading d'énergie et de production,
02:02que ce soit dans la chaleur décarbonée ou dans l'électricité renouvelable.
02:07Alors je l'ai dit, nous sommes là pour parler biomasse et méthanisation.
02:10Et pendant quelques instants, on va se transformer un peu en professeur.
02:13Enfin, c'est surtout vous deux qui allez vous transformer en professeur
02:17pour qu'on définisse bien les mots, parce que c'est vrai qu'on entend beaucoup de choses.
02:20Et je vais commencer avec vous, si vous voulez bien, Guillaume Joiville, sur la biomasse.
02:25Qu'est-ce que c'est en quelques mots ?
02:27Alors la biomasse, c'est notamment de la matière bois et des sous-produits de l'industrie du bois, principalement,
02:33ou d'autres manières organiques qui peuvent être utilisées pour produire à la fois de l'électricité
02:39et à la fois de la chaleur.
02:41Dans les deux cas, l'idée est la même.
02:43C'est finalement de transformer une ressource qui est disponible localement en énergie.
02:49Avec une centrale que l'on connaît bien, si on est Messins, c'est celle de Metz-Chambière.
02:55Alors oui, tout à fait, notamment Metz-Chambière,
02:57qui est notre outil principal de production pour le réseau de l'Eurométropole de Metz.
03:02Mais pas uniquement, puisque le réseau de l'Eurométropole de Metz est également équipé d'un outil biomasse sur la
03:08commune de Montigny-les-Messes.
03:10Et récemment, deux communes du Nord-Moselland et à proximité de l'Eurométropole,
03:15Mézières-les-Messes et à Lange, ont développé des DSP de réseau de chaleur qui sont également équipés d'outils
03:23bois.
03:23Alors DSP, je traduis, délégation de services publics, voilà pour nos téléspectateurs.
03:28Estelle Pocha, même question avec, là non plus, la biomasse, mais la biométhanisation.
03:34Oui, alors, la méthanisation utilise une autre voie.
03:37Des matières organiques sont placées dans une cuve fermée, sans oxygène.
03:43Donc on a à la fois du fumier, du lisier, des matières végétales, souvent ensilées, ou de la paille.
03:52Et ensuite, il y a un processus de méthanisation qui fournit du biogaz.
04:00Le biogaz peut ensuite être alimenté par un moteur.
04:04Donc on parle alors de co-génération, puisque le moteur va produire à la fois de l'électricité, réinjectée sur
04:10le réseau et de la chaleur.
04:11Ou bien le biogaz peut être directement épuré et devenir du biomethane, qui sera directement injecté sur le réseau de
04:19gaz, prêt à être utilisé par les consommateurs.
04:24Alors, j'ai peut-être été inattentif, pardon.
04:27De votre côté, c'est de la chaleur et de l'électricité, ou c'est surtout de la chaleur ?
04:30Alors, c'est le terme de co-génération qui permet de définir que d'une même ressource initiale, on peut
04:38co-produire à la fois de l'électricité et de la chaleur.
04:41Donc les deux sont possibles dans les deux cas, que ce soit biomasse ou méthanisation.
04:47Pourquoi la Moselle, pourquoi notre département est bien positionné pour ces deux types de production d'énergie ?
04:54Je crois tout d'abord que la Moselle possède une vraie diversité en termes de ressources et de besoins.
04:59On a à la fois un territoire qui est urbain, industriel, forestier et agricole.
05:04Et donc, ça donne tous les atouts possibles aux départements et aux territoires de travailler ces thématiques-là de manière
05:10concertée.
05:11Estelle Pocha, pourquoi la Moselle est-elle bien placée ?
05:13La Moselle, c'est un territoire avant tout d'élevage.
05:16Donc la méthanisation, à premier abord, a aidé à faire la mise aux normes.
05:20Parce que la méthanisation produit également un engrais localement, qui est homogène.
05:27Et la Moselle est également un territoire de grande culture, avec des exploitations réparties sur l'ensemble du département.
05:34La Moselle est un grand territoire forestier également, avec une ressource bois, une activité silvicole importante,
05:41des résidus d'exploitation forestière, notamment utilisés à Chambière.
05:46Et puis, c'est un territoire urbain et industriel, où le besoin en chaleur par les usines ou en gaz
05:57par les usines est important,
06:00avec également une méthanisation qui peut aussi produire du CO2, et là aussi qui peut être utilisé notamment dans l
06:07'industrie ou dans notre bière.
06:11Guillaume Joiville, c'est ça aussi le point important, c'est que de ce territoire, on peut alimenter des consommateurs
06:19qui sont assez proches,
06:21puisque la densité d'industrie ou de collectivité fait qu'il y a de la demande.
06:26Oui, tout à fait, et je crois que c'est même très important, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:30produire localement au plus proche des besoins et des consommations,
06:33c'est un des enjeux essentiels de la transition à laquelle nous contribuons.
06:38Ces outils sont de réels vecteurs d'accélération de la transition, et plus on va rapprocher la production des sites
06:45de consommation,
06:46plus nous allons créer des boucles énergétiquement performantes et locales.
06:51Un mot justement sur ces centrales de chaleur telles que vous les présentez, ça veut dire qu'il faut les
06:58installer,
06:59par exemple celle de Mèche-Chambière ne pourrait pas, question volontairement naïve, alimenter un territoire en Moselle-Sud,
07:05il faut évidemment que ce soit la production très proche des besoins, puisque je suppose qu'il faut enterrer des
07:11réseaux, il faut être relativement proche.
07:13Oui c'est ça tout à fait, le principe c'est de doter les territoires, là où il y a
07:17une densité de besoins, d'un outil qui permette de répondre au cumul de ces besoins,
07:23et donc aujourd'hui le réseau de l'euro-métropole s'étend sur plus de 150 km, et touche désormais
07:29les communes limitrophes,
07:30puisque c'est bien un réseau qui est métropolitain, et donc plusieurs collectivités, plusieurs EPCI sont désormais dotées de ces
07:37types d'outils.
07:38Est-ce que ça veut dire par exemple que dans les cartons d'UM, il existe des projets dans d
07:42'autres endroits du territoire Moselland,
07:45ou vous allez vous limiter plutôt autour de la métropole ?
07:48Alors concrètement il y a déjà d'autres outils, je l'évoquais tout à l'heure avec les réseaux de
07:53chaleur de rives de Moselle,
07:55des communes de Mézières-les-Messes et de Talanges, aujourd'hui il n'y a pas de projet concret dans
07:59les cartons,
07:59il n'y aura pas de scoop annoncé lors de cette émission, néanmoins UM est un outil des collectivités,
08:06c'est le bras armé énergétique des collectivités, et donc partout où il y a un besoin, partout où il
08:11y a une étude,
08:12UM se fait fort de regarder ces enjeux et d'apporter des solutions.
08:16Alors revenons à Metz avec Metz-Chambière, on va être le plus didactique possible pour parler de biomasse,
08:23comment le bois devient-il énergie ?
08:25Alors la matière arrive sur site, elle est...
08:29Quand on parle de matière, on parle de quoi ? Parce que moi quand j'entends bois, je vois des
08:33troncs, je vois des branches,
08:35des choses comme ça, est-ce que j'ai raison ?
08:37Alors j'y viens, non, nous travaillons exclusivement les résidus de l'industrie bois,
08:45que ce soit l'industrie mobilière, l'industrie tertiaire,
08:48et donc la matière qui est consommée, c'est en majorité des plaquettes forestières,
08:53donc ce sont les résidus du bois d'oeuvre et du bois industrie,
08:57ce sont également quelques écorces et quelques autres matières organiques
09:00qui sont finalement de l'énergie qui est disponible localement,
09:03dans des rayons d'approvisionnement qui sont très courts, 70 à 100 km.
09:07Et donc la matière arrive calibrée sous forme de plaquettes,
09:10à des dimensions qui sont compatibles avec les outils de combustion,
09:12Elle est stockée et ensuite elle est dirigée vers l'outil de production,
09:17là où au cœur du foyer la matière sera consommée pour produire de la chaleur.
09:22Cette chaleur va ensuite être transmise à l'eau qui circule dans le réseau de distribution,
09:27et cette eau va ensuite se retrouver vers les utilisateurs finaux,
09:30que ce soit des habitations, des outils tertiaires, des outils industriels,
09:33pour chauffer finalement les lieux qui en sont équipés.
09:36Quelques chiffres pour donner l'ordre de grandeur de cette centrale biomasse de Metz-Chambière,
09:42Alors quelques chiffres, effectivement le réseau il est principalement alimenté par la vapeur
09:48qui est issue de l'incinération des déchets qui sont nos voisins à Gannis,
09:52elle est ensuite alimentée dans les mêmes proportions, c'est-à-dire à 35% de biomasse,
09:57et donc je le disais tout à l'heure, c'est 150 km de réseau de distribution
10:02pour plus de 1000 bâtiments collectifs connectés, plus de 4500 clients individuels,
10:09et c'est l'équivalent de 45 000 logements qui sont alimentés aujourd'hui
10:13par une chaleur renouvelable au sein de l'Eurométropole de Metz.
10:16Que devient cette chaleur en période estivale quand il fait très chaud ?
10:21Alors elle est toujours nécessaire pour l'eau chaude à l'intérieur de ces bâtiments qui sont équipés,
10:25puisqu'évidemment les besoins en chaleur sont moins importants,
10:28et donc la chaleur est produite en fonction du besoin,
10:33et c'est essentiellement la vapeur issue de l'incinération des déchets qui est utilisée l'été.
10:38Dans une société qui fait de plus en plus attention à ses ressources,
10:42vous l'avez dit peut-être un peu rapidement, ce sont des résidus,
10:45ce ne sont pas évidemment des forêts qui sont spécialement développées
10:50pour qu'ensuite le bois parte dans la centrale de Chambière, ou dans une autre d'ailleurs.
10:55Oui absolument, ce n'est absolument pas la logique.
10:58Une chaufferie biomasse, elle est pensée comme un outil qui valorise la ressource bois qui est localement disponible.
11:04C'est vraiment très important, puisque ce sont les sous-produits de la filière bois
11:09qui sont exploités pour les transformer en chaleur,
11:13dans le cadre d'une gestion forestière qui soit durable évidemment.
11:17Parce que vous avez quand même une consommation de plaquettes,
11:20alors de manière générale, je dis vous, mais c'est UM avec cette centrale,
11:23de 100 000 tonnes de plaquettes par an, c'est ça ?
11:26On est dans cet ordre-là ?
11:27Oui, ça permet de produire environ 200 gigawatt-heure de chaleur pour alimenter le réseau.
11:33Comme je le disais tout à l'heure, un réseau qui est vert à hauteur de plus de 65%
11:36et la ressource, ces résidus de bois y contribuent pour un tiers.
11:42Vous avez cité 45 000 logements à peu près,
11:45il y a aussi quelques bâtiments emblématiques que vous pouvez citer ?
11:49Absolument. Aujourd'hui, le réseau, il faut savoir qu'il a été développé dans les années 50.
11:54La naissance de ce réseau de chaleur est née dans les années 50.
11:58Il est un premier outil de décarbonation de la chaleur pour les bâtiments publics.
12:03On peut citer la cathédrale, la mairie, Pompidou, le centre des congrès, les écoles, les piscines.
12:10Ce sont autant d'outils qui ont fait le choix d'une énergie verte,
12:13mais également les habitations et certains industriels.
12:17Merci. Je me tourne vers Estelle Pochat pour avoir à peu près le même genre de questions.
12:22Mais d'abord, aujourd'hui, dans le monde rural Mosellan,
12:26combien d'exploitations agricoles se transforment aussi en exploitation productrice d'électricité ou d'énergie, au sens plus large ?
12:35En Moselle, on a une trentaine d'unités de méthanisation.
12:38Ce qu'il faut savoir, c'est que ces unités peuvent être construites par plusieurs agriculteurs.
12:45En général, plusieurs exploitations agricoles amènent la biomasse à ces unités de méthanisation.
12:52C'est une question de coût d'installation ou c'est plus facile de centraliser ?
12:56C'est pour une histoire d'économie d'échelle parce que c'est quand même des installations qui ont un
13:03coût important.
13:04D'accord. Donc d'abord, on recentre une trentaine d'unités, mais ça ne veut pas dire une trentaine d
13:09'agriculteurs.
13:09C'est une trentaine d'unités.
13:11C'est une trentaine d'unités.
13:12Et parmi ces unités, on aura 20 unités qui produisent à la fois de l'électricité et de la chaleur,
13:20en co-génération,
13:22et une dizaine d'unités qui produisent du gaz directement injecté sur le réseau.
13:26Quelle est la motivation chez un exploitant agricole ?
13:29Vous en êtes, vous, l'exemple, qui le pousse à devenir producteur.
13:35Alors pas producteur de céréales ou que sais-je, mais producteur d'énergie.
13:40Et bien, donc plusieurs raisons peuvent se cumuler.
13:43Donc tout d'abord, valoriser les effluents d'élevage.
13:45Comme je vous disais, c'est un outil de mise aux normes des bâtiments d'élevage.
13:50Donc également, produire de l'énergie renouvelable.
13:53Donc là, on est sur un autre marché que le marché des céréales.
13:58Diversifier le revenu des exploitations.
14:01Donc on contractualise aussi sur un marché énergie pour 20 ans.
14:05Donc c'est des contractualisations longues.
14:07Ce qui permet d'avoir de la visibilité.
14:09Alors qu'en céréales, on est sur le marché mondial avec moins de visibilité.
14:15Ça permet également d'améliorer la gestion des matières organiques.
14:21D'optimiser également l'assolement.
14:27Avec diminuer les produits, l'usage des produits phytosanitaires.
14:34Et également de produire un digestat pouvant être valorisé agronomiquement.
14:38Donc c'est un engrais local.
14:39C'est un engrais qui ne vient pas de Russie.
14:41Et donc on sait ce qui nous coûte aussi.
14:44Et de participer, bien sûr, comme l'UIM, à produire de l'énergie localement sur le territoire.
14:52Comment l'agriculteur se forme ?
14:53Puisque vous êtes en plus représentant de la chambre d'agriculture sur ce plateau.
14:58Vous avez...
14:59L'agriculteur ne devient pas énergéticien comme ça du jour au lendemain.
15:02Il y a évidemment, je suppose, tout un accompagnement.
15:05Bien sûr.
15:06La chambre d'agriculture propose un accompagnement pour tous les agriculteurs qui souhaitent porter ces projets.
15:11Donc voilà, dès le départ, en fait, on va avoir, donc, une...
15:18Dès la réflexion initiale, on va avoir, donc, des techniciens vont pouvoir accompagner sur la faisabilité du projet,
15:27sur un recensement des sources d'approvisionnement, sur les aspects agronomiques qu'il faudra mettre en œuvre.
15:35Avec aussi, ils vont...
15:36Donc on va l'aider au niveau des services économiques à construire le projet économique en lien avec le pool
15:43bancaire, souvent.
15:44Et puis, donc, tout au long de la vie du méthaniseur, on accompagnera les porteurs de projets sur des formations,
15:55puisqu'il y a des formations spécifiques à avoir.
15:58Il faut des agréments pour pouvoir mener ces projets.
16:02Et également, sur la réglementation, voilà.
16:06Et donc, on construit également des échanges entre les différents porteurs de projets
16:13pour amener toujours une réflexion et avancer tous dans le même sens.
16:19Dites-moi, l'agriculteur reste quand même d'abord et avant tout agriculteur ?
16:23Bien sûr, le but principal de l'agriculteur, c'est de produire de l'alimentaire.
16:27Mais ce qu'il faut savoir, c'est que depuis toujours, les agriculteurs ont produit de l'énergie.
16:32Mon grand-père produisait de l'avoine pour nourrir les chevaux très ardennés.
16:36Et ensuite, on a produit, dans les années 80, du colza,
16:39qui entre aujourd'hui à hauteur entre 5 et 10 % dans le gasoil.
16:46Ensuite, on a aussi du maïs et du blé qui peuvent être transformés en éthanol.
16:51Donc, voilà, l'énergie est au cœur des préoccupations de l'agriculteur.
16:56Et l'agriculteur a toujours produit de l'énergie en plus de l'alimentaire, bien sûr.
17:00Je vais vous demander de faire à peu près le même exercice que Guillaume Joiville.
17:03Tout à l'heure, on parlait de la ressource du bois, des plaquettes, évidemment, qui sont issues de résidus.
17:09Voilà, suivons les matières organiques.
17:12Alors, pour être cash, c'est du lisier où ce sont des tonnes de fumier.
17:17Donc, voilà, si on la suit, comment elle devient énergie ?
17:20Cette tonne de matière organique.
17:22Alors, on va mélanger, de façon anaerobic, comme je l'ai dit tout à l'heure,
17:31du lisier, du fumier, de la paille, des issues de biomasse,
17:40qui peuvent être du tritical, du maïs.
17:45Et donc, de façon anaerobic, ce mélange chauffé à 37 degrés va produire du biométhane et du CO2,
17:55qui va ensuite être purifié pour être injecté sur le réseau,
18:02ou bien directement brûlé par un moteur pour fabriquer de l'électricité.
18:07Également, pour les exploitations qui font de l'injection,
18:10donc on va avoir du CH4 d'un côté et du CO2 de l'autre.
18:13Donc, on a aussi une installation qui, en Moselle,
18:18valorise le CO2 qui est issu de cette méthanisation.
18:24Est-ce que cette méthanisation représente aussi une diversification,
18:30une opportunité économique pour les agriculteurs Mosellans ?
18:34Oui, tout à fait.
18:35Donc, c'est un complément de revenu, comme je le disais tout à l'heure,
18:39qui dépend d'un marché qui est différent du marché agricole
18:43et donc qui donne un peu plus de visibilité à l'agriculteur,
18:46puisqu'il contractualise sur 20 ans.
18:49Alors, revenons à cette énergie qui est en fait une énergie produite sur le territoire.
18:52C'est un avantage, évidemment, aussi d'être autonome,
18:55d'avoir, dans le contexte international tel que nous le connaissons,
18:59des ressources localement.
19:02Guillaume Joiville ?
19:03Oui, c'est un aspect qui, je pense, est parfois moins visible
19:05que l'enjeu environnemental ou de la ressource.
19:08Mais lorsque nous achetons une énergie fossile qui est importée,
19:12alors une grande partie de la chaîne de valeur quitte le territoire.
19:16Ça, c'est un fait.
19:18À l'inverse, lorsqu'on utilise une ressource qui est disponible localement,
19:22elle va, à ce moment-là, mettre en oeuvre toute une chaîne de valeur
19:25et de métiers qui sont nécessaires localement.
19:29Estelle Pocha, de la même façon, ça maintient une certaine activité économique,
19:32une richesse aussi sur les territoires, et notamment les territoires ruraux,
19:36puisque ce sont ceux que vous représentez, vous.
19:38Oui, tout à fait.
19:39Il faut savoir que c'est des unités aussi qui fonctionnent 365 jours par an,
19:4424 heures sur 24.
19:45Donc on a aussi besoin de travailler...
19:47Enfin, elle travaille avec une maintenance aussi qui est locale.
19:54Elle sous-traite la maintenance à des entreprises locales.
19:57Et puis également, c'est des constructions qui sont faites uniquement localement.
20:06Donc voilà.
20:07Guillaume Joville.
20:08Oui, je pense qu'en fait, pour conclure sur ce point,
20:11l'intérêt, il est double, en fait.
20:12Le premier, c'est de réduire notre dépendance énergétique
20:14et donc augmenter notre souveraineté dans ces domaines qui sont aujourd'hui cruciaux.
20:18Le second, c'est évidemment de maintenir de l'activité économique localement
20:22et ces outils répondent parfaitement à ces deux enjeux.
20:25Oui, en fait, vous maîtrisez mieux la provenance et on l'a vu avec la déclaration de guerre entre la
20:31Russie et l'Ukraine.
20:32Tout d'un coup, évidemment, beaucoup de pays ont été un petit peu surpris,
20:37ont été contraints de se tourner vers d'autres énergies.
20:39Là, on maîtrise en partie son énergie sur son territoire.
20:42Donc déjà, on peut être un effet pare-choc ou amortisseur plutôt pour faire cette image avec le monde automobile.
20:50Je pense que ce sont des boucliers naturels, c'est-à-dire qu'il y a des boucliers qui sont
20:54mis en place,
20:54qui sont des outils économiques.
20:57Et là, on a une réponse qui est un bouclier énergétique
21:00en développant des circuits courts et des réseaux performants d'énergie localement.
21:06Est-ce qu'il y a beaucoup de projets ou est-ce qu'il y a des perspectives en méthanisation
21:10dans les années à venir sur la Moselle ?
21:13Est-ce que ce sont encore des projets porteurs pour les agriculteurs Moselle ?
21:17Oui.
21:18Donc il y a encore quelques projets.
21:20La majorité des projets aujourd'hui sont en injection.
21:23Puisqu'en fait, déjà, on a un rendement qui est nettement supérieur à la co-génération.
21:29Et il n'y a plus de contrats proposés sur la co-génération pour les projets actuellement.
21:38Mais il y a encore quelques projets, bien sûr.
21:40Il y a des projets en construction également qui ne sont pas encore en fonctionnement.
21:45Et puis ensuite, je pense qu'en agriculture, on a d'autres façons également de produire de l'énergie.
21:51On n'en a pas encore parlé, mais il y a le photovoltaïque sur toiture
21:56qui reste aussi un revenu complémentaire intéressant pour les agriculteurs.
22:02Et puis également l'agrivoltaïsme qui est aussi une énergie solaire renouvelable.
22:08Rappelez-nous juste la différence pour les deux.
22:10La première, c'est sur les toitures des bâtiments.
22:14Et l'agrivoltaïsme, c'est en plein champ.
22:16En plein champ.
22:17Et c'est la question que je posais lors d'une précédente émission.
22:20Pour que je sois bien clair, les champs ne sont pas couverts avec les animaux ou les cultures en dessous.
22:24Il y a des allées qui sont respectées et qui permettent d'avoir la production classique
22:30de l'agriculteur et la production d'énergie faite par les panneaux photovoltaïques.
22:34C'est bien cela ?
22:35Tout à fait.
22:35Voilà, je pourrais être à la Chambre d'agriculture conseiller expert en photovoltaïsme.
22:41Agrivoltaïsme, c'est ça ?
22:42Exactement.
22:43Le nom précis.
22:44Il nous reste juste quelques minutes si on fait un peu de, pas de la science-fiction,
22:49mais si on se projette vers l'avenir.
22:51À quoi faut-il s'attendre demain pour ces réseaux que vous venez de nous présenter,
22:56que ce soit la biomasse ou la méthanisation ?
22:59Guillaume Joiville, on commence par vous.
23:01Je pense que ces outils sont des outils adaptés et une trajectoire qui est crédible.
23:06C'est-à-dire que partout où il y a un besoin, l'objectif, ce n'est pas de remplacer
23:10simplement
23:10une énergie par une autre, mais c'est bien d'analyser, d'étudier les besoins locaux,
23:15des territoires pour apporter une réponse adaptée dans la source et dans la façon de fonctionner.
23:23Quelles que soient les énergies utilisées, les réseaux vont devenir multi-énergie,
23:27en allant avant tout récupérer de la chaleur fatale, en allant capter la chaleur disponible
23:32par des puits de géothermie, en allant encore parfois travailler des sujets avec de la biomasse
23:38et d'autres outils qui restent encore à développer.
23:40Et ce sont là les réponses des dix prochaines années pour la décarbonation de la chaleur.
23:45Merci.
23:46Même question, Estelle Pochat.
23:47Est-ce que les agriculteurs vont devenir de plus en plus des acteurs de l'énergie sur le territoire ?
23:52Soit par la méthanisation ou d'autres ?
23:54Bien sûr, les agriculteurs font partie des premiers acteurs de la transition énergétique.
23:59C'est leur premier souci.
24:03Donc ils vont rester des producteurs d'alimentation, mais pour produire cette alimentation,
24:10nous dépendons d'énergie et on va faire en sorte qu'elle soit le plus locale possible
24:16en continuant à produire des engrais localement via la méthanisation
24:20et avec les outils que l'on a pour rester de plus en plus de main avec le tracteur électrique.
24:30On a également des tracteurs qui peuvent fonctionner avec du biogaz.
24:34Donc voilà, ça continue et il y a également, on pourrait parler également des robots dans les champs
24:41qui fonctionnent aussi avec de l'électricité pour certains.
24:44Merci beaucoup.
24:45Merci Guillaume Joiville.
24:47Je rappelle que vous êtes le directeur de la production et du développement durable à UEM.
24:51Estelle Pochat, vice-présidente de la chambre d'agriculture de la Moselle.
24:56L'information continue sur Moselle TV.
24:59Sous-titrage Société Radio-Canada