- il y a 3 minutes
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.
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00:00L'addition des colères inquiète le gouvernement.
00:02Gilets jaunes de retour, lycéens mobilisés depuis un mois,
00:05agriculteurs en difficulté et un budget qui coince.
00:08Les colères peuvent-elles s'additionner dans un contexte où, franchement,
00:11on se demande où est-ce qu'on va trouver des sous ?
00:13Bonjour Eric Coquerel.
00:14Vous êtes non seulement député LFI de Seine-Saint-Denis,
00:16mais vous êtes aussi le président de la Commission des Finances.
00:19Vous êtes jour et nuit en ce moment dans l'examen de ce budget.
00:22On va évidemment en parler.
00:24Mais d'abord une question sur ces manifestations demain.
00:26une convergence avec des revendications assez disparates.
00:30Les lycéens qui, depuis près d'un mois maintenant,
00:34revendiquent, manifestent, bloquent des lycées.
00:36Et puis des anciens gilets jaunes qui, à la fin de l'été,
00:40déjà bien avant que les lycéens ne se mobilisent,
00:43appelaient à cette journée de colère demain,
00:45davantage sur des questions de prix du carburant ou de pouvoir d'achat.
00:48Est-ce que vous pensez vraiment que ça, ça fait une manifestation cohérente ?
00:52Ajoutez les syndicats qui appellent demain aux manifestations.
00:56Oui, parce qu'en réalité, ce sont les conditions de vie de ces personnes qui sont en question.
01:01Les lycéens, si vous regardez leurs revendications,
01:04elles sont l'inquiétude de ne pas avoir d'avenir du tout,
01:07de par leurs conditions d'études, les conditions matérielles d'études,
01:10le manque d'enseignants,
01:13beaucoup de choses aussi sur la sélection à l'université avec Parcoursup.
01:17Et les salariés, les gilets jaunes, tous ceux qui y revendiquent ont des problèmes,
01:21aujourd'hui on le sait, de pouvoir d'achat absolument terrible dans ce pays.
01:25Ils n'arrivent plus à boucler les fins de mois.
01:26Donc on a bien quelque chose qui finalement se ressemble,
01:30qui est aussi l'affaiblissement des services publics.
01:33Voilà, c'est à mon avis ça qui...
01:36Vous y serez, la plupart des élus LFI seront présents dans ces manifestations.
01:41Pour savoir aussi qui manifeste, je voudrais qu'on puisse donner la parole à Francisco.
01:44Je crois que vous serez sur place, vous vous êtes retraité dans l'Hérault
01:47et vous estimez qu'il faudra descendre dans la rue.
01:50Pour quelles raisons ?
01:51Quelle est votre vie quotidienne aujourd'hui, Francisco ?
01:53Alors moi, ma vie quotidienne, je suis retraité, je vais sur 79 ans,
01:58mais je suis un vieux militant.
02:00J'ai toujours su que dans ce pays, rien ne s'obtenait facilement.
02:04C'est toujours selon moi, par la lutte, par le rapport de force,
02:08qu'on peut obtenir quelque chose.
02:10Alors je ne suis pas le plus à plaindre, puisque je suis à la retraite,
02:12je ne vais plus au boulot, je n'ai plus ces inquiétudes-là.
02:15Mais bon, j'ai des problèmes de santé
02:16et je vois les services publics de santé qui se dégradent.
02:20Donc je pense qu'un samedi matin, s'il y a beaucoup de monde,
02:23ça peut apporter une pierre supplémentaire à la mobilisation.
02:27Francisco, ça veut dire que vous, vous irez au plus près de chez vous ?
02:30Vous avez déjà suivi où est-ce qu'auraient lieu les différents rassemblements ?
02:34Oui, bien sûr, il y a eu le mouvement.
02:36Je suis un ancien prof à la retraite,
02:38je suis toujours en activité syndicale,
02:41donc je vais à toutes les manifestations où je peux aller,
02:44compte tenu que de mon âge, j'ai du mal à marcher à certains moments.
02:48Mais je pense que seul la lutte...
02:51Victor Hugo disait, ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent.
02:56En fait, c'est très intéressant ce que vous dites, Francisco,
02:58c'est que la lutte est pour vous désormais même presque un mode de vie.
03:02C'est-à-dire que vous estimez que la lutte,
03:04elle doit passer à toutes les étapes.
03:06Il sera donc à vos côtés, Éric Coquerel,
03:08alors pas tout à fait dans le même département.
03:10Merci Francisco de votre témoignage.
03:12Il y a une question aussi qui rapproche les gilets jaunes,
03:15les anciens gilets jaunes et les lycéens,
03:16c'est leur revendication face aux forces de l'ordre.
03:20On l'a entendu ce matin avec Jérôme Rodriguez
03:22qui était sur l'antenne d'RMC.
03:25Ils ont en commun aussi cette opposition
03:28à la manière dont sont réprimées les luttes.
03:31Je voudrais revenir sur cet épisode hier.
03:33Ça s'est passé dans votre département, Éric Coquerel,
03:36des policiers de la BAC qui sont entrés dans un lycée
03:39pour tenter d'interpeller un lycéen
03:41à l'intérieur du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis.
03:43Le lycée Paul-Éluard étant particulièrement emblématique,
03:46c'est un de ceux où le début de la lutte a pris.
03:49Ils cherchaient à l'arrêter pour outrage.
03:51Ils en ont finalement été empêchés par les professeurs
03:54qui se sont littéralement révoltés
03:56contre ces deux policiers qui étaient rentrés dans le lycée.
03:59Vous dites que vous êtes scandalisé,
04:00mais c'est la loi, ils ont le droit de rentrer dans un lycée.
04:03Oui, alors revenons sur les faits exactement de ce qui s'est passé.
04:06Moi, je n'y étais pas, j'étais au budget.
04:08Moi non plus, je n'y étais pas, j'avais récite des anecdotes.
04:10Par contre, j'ai beaucoup d'élus qui étaient sur place,
04:12que je connais, qui m'ont rapporté des enseignants
04:14et en qui j'ai toute confiance.
04:16Ce qui s'est passé, c'est que depuis maintenant quelques jours à nouveau,
04:21le gouvernement, après qu'il ait calmé les choses,
04:23suite justement aux nombreuses blessures très graves,
04:25vous parliez de Jérôme Rodriguez,
04:28son point commun, notamment avec certains lycéens,
04:30c'est qu'il a été éborgné comme deux lycéens.
04:31Un autre a eu la main coupée,
04:34une milicienne a failli être étranglée, etc.
04:36Donc on a eu des blessures très graves.
04:37Le gouvernement, du coup, sur cette pression,
04:39a commencé un peu à reculer sur l'usage de la répression.
04:42Et là, on voit qu'à nouveau, pour essayer d'éteindre le mouvement,
04:45et avec des consignes très claires de M. Lecornu,
04:49qui fantasment des...
04:50Des révoltes urbaines.
04:51Il dit des violences urbaines.
04:53Il ne s'agit plus d'une révolte lycéenne,
04:54mais d'une véritable émeute urbaine.
04:57Ça, c'est une fake news totale.
04:58Donc il le fait de façon un peu à préparer les esprits
05:02et également les forces de l'ordre
05:04à intervenir au stock et à rassemblement.
05:06C'est ce qui s'est passé hier matin.
05:07Je vous dis pourquoi c'est fake news,
05:09parce que ce n'est pas le cas.
05:09Mais ce n'est pas ça qui s'est passé hier matin, M. Coquerel.
05:12Non, non, mais moi, je vais vous dire ce qui s'est passé.
05:14Vous y étiez hier matin ?
05:15Non, mais j'ai eu l'expression.
05:16Donc je vais vous dire ce qui s'est passé.
05:18Je ne sais pas si vous l'invitez, monsieur.
05:21Je vais raconter ce qui s'est passé,
05:22parce que comme ça, il y aura une autre seconde cloche
05:24que manifeste seulement le vôtre,
05:26qui vient de la préfecture de police de Paris.
05:28Donc, je vous dis ce qui se passe.
05:29Il y a un rassemblement devant l'hissé.
05:30Non, non, on a parlé à des professeurs.
05:31On a eu deux témoignages de professeurs
05:33qu'on a passés ce matin.
05:34Et vous ne savez même pas ce qu'on va dire.
05:35Donc, arrêtez de nous faire un mauvais procès.
05:37Je réagis par rapport à monsieur.
05:38J'ai encore rien dit.
05:39Oui, d'accord, mais je vois l'inclinaison.
05:41Je le connais un peu.
05:42Donc, il y a un rassemblement devant...
05:44C'est la fonction dès le début.
05:45Mais je vous écoute.
05:46Attendez, laissez-moi avancer.
05:47Mais justement, vous laissez parler.
05:48Je trouve ça fou.
05:50Il y a un rassemblement devant le lycée
05:52qui se déroule, pacifique.
05:54Les élèves, les enseignants qui sont devant
05:56n'empêchent personne de rentrer en lycée.
05:58Et à ce moment-là arrivent, comme souvent,
06:00des forces de police en plus absolument pas spécialisées
06:03avec le maintien de l'ordre,
06:04des policiers de la ville de Seine,
06:07du commissariat en face, la BAC, etc.
06:10Très rapidement, en réalité,
06:11ils chargent ces personnes.
06:14Il y a une élue qui se fait gazer
06:19en pleine face, etc.
06:20Donc, il y a toute une chose qui se passe.
06:23Comme malheureusement, c'est courant
06:24devant le lycée Paul-Éloard
06:25du type d'intervention de la police.
06:27Là, il y a un jeune qui se retrouve
06:28avec une pancarte.
06:29Le policier lui arrache la pancarte.
06:30Parce que ça, c'est nouveau aussi.
06:32On l'a vu, vos collègues du Carré Enchaîné
06:35le relataient.
06:36On a maintenant des policiers
06:37qui arrachent des pancartes.
06:38Bon, c'est totalement illégal,
06:40mais enfin, qu'importe.
06:41Le jeune n'est pas content,
06:42est en colère,
06:43se réfugie dans le lycée.
06:44Il y a quatre jeunes,
06:45c'est ce que d'autres témoignages disent.
06:47Quatre jeunes, trois sont arrêtés.
06:49Et un...
06:49Un se réfugie dans le lycée.
06:50Et un se réfugie dans le lycée.
06:52Et là, vous avez,
06:54premier problème,
06:54le proviseur,
06:55qui au lieu de s'assurer
06:57de l'intégrité,
06:58ce qui devrait être son souci,
06:59des enseignants,
07:01des élèves dans le lycée,
07:02appelle la BAC,
07:02qui n'est vraiment pas formée
07:04pour ce genre de choses.
07:05La BAC arrive pour essayer
07:06de prendre le lycéen.
07:07C'est là qu'il y a
07:08une autre version
07:09qui est donnée par le rectorat.
07:10Oui, mais attendez,
07:10je finis de vous donner le rectorat.
07:13Le rectorat de Créteil assure
07:14que le proviseur
07:16n'a pas demandé
07:18à la BAC de rentrée,
07:18mais qu'il ne pouvait pas
07:19s'y opposer,
07:20puisque c'est pas
07:21parfaitement légal
07:21que la BAC rentre dans la BAC.
07:22Voilà, c'est pas les informations
07:23que j'ai.
07:24Donc du coup,
07:25la BAC intervient,
07:26la BAC intervient,
07:27et à partir de là,
07:28les enseignants essayent
07:29effectivement de s'opposer
07:30au fait qu'on prenne
07:32leur élève dans le lycée.
07:33Et là, la BAC intervient
07:36et moleste plusieurs enseignants.
07:37Qu'est-ce que dit cette histoire ?
07:39Elle dit une première chose...
07:40Finalement, ils n'ont pas arrêté
07:40le jeune homme,
07:42ils sont repartis sans lui.
07:43Elle dit plusieurs choses.
07:44Enfin, il y a plein de jeunes
07:45qui sont mineurs
07:47qui sont en ce moment
07:47en garde à vue.
07:48Non, mais tout à fait,
07:48mais là, on est en train
07:49de raconter ce fait-là.
07:51Je précise qu'ils sont repartis
07:52sans le jeune homme.
07:52Donc, qu'est-ce que raconte
07:53ce mouvement, cette histoire ?
07:54C'est qu'on a le gouvernement
07:56qui, à mon avis,
07:57repart sur une stratégie de tension
08:00pour essayer de pourrir le mouvement,
08:01qui fait intervenir,
08:02parce que c'est des consignes.
08:04La police, uniquement face
08:06à un rassemblement,
08:07je vous rappelle que la plupart,
08:09un tiers des gardes à vue
08:10qui ont été effectués,
08:11c'est pour attroupement
08:12non autorisé.
08:12C'est tout.
08:13D'accord ?
08:14Vous trouvez en garde à vue
08:14qui est quand même quelque chose
08:16qui ne devrait pas être banalisé.
08:17On a eu plus de 7000 lycéens
08:19dont 86% de 14 à 18 ans
08:22mis en garde à vue.
08:23C'est deux fois plus
08:24qu'au niveau du CPE.
08:25C'est la même chose
08:26que les Gilets jaunes en un an.
08:27Et ce rassemblement,
08:29à partir de là,
08:30dégénère parce que
08:31les policiers interviennent,
08:32qui ne sont même pas spécialisés
08:34pour intervenir,
08:34et qu'en plus,
08:35on va récupérer un lycéen
08:36dans un lycée.
08:37Donc, ça dit
08:38tous les événements
08:39qui sont faits.
08:40qu'il n'est pas illégal
08:40d'arrêter un lycéen dans un lycée ?
08:42Ce n'est pas comme une église
08:42au Moyen-Âge
08:43où on n'avait pas le droit
08:44de rentrer.
08:44Est-ce qu'on n'est pas l'égalité ou pas ?
08:45Est-ce que c'est proportionné ?
08:47La légalité,
08:48ce n'est jamais la question.
08:48Est-ce que c'est proportionné
08:50par rapport à ce qui se passe ?
08:51Si les lois de cette république
08:52vous gênent,
08:52il faut changer de république.
08:54Vous voyez ce que je disais ?
08:55Je suis désolé.
08:56Vous illustrez ce que je disais.
08:57Mais monsieur,
08:58dans cette histoire,
08:58monsieur député,
08:59dans cette histoire,
09:00un proviseur a respecté la loi.
09:01Des forces de l'ordre
09:02ont obéi à la loi.
09:03Et vous nous dites ce matin
09:04que toutes les personnes
09:06qui ont respecté la loi
09:06n'avaient pas à la respecter.
09:07Vous savez,
09:08il y a quelque chose
09:08qui est incris dans la Constitution
09:09qui est le droit de se rassembler
09:11et le droit de manifester.
09:12Oui.
09:12D'accord ?
09:12Très bien.
09:13Donc à partir du moment
09:13où en réalité on le conteste
09:15et on envoie la police
09:15dès lors qu'il y a un rassemblement,
09:17on n'est plus tout à fait
09:18dans des règles républicaines
09:19et d'état de droit.
09:20C'est ça déjà la normalité.
09:21Et ce gouvernement
09:22l'utilise fortement
09:23avec une remise en question
09:25d'une doctrine policière
09:26qui n'était pas celle
09:26il y a plusieurs décennies
09:28qui est faite.
09:29Le fait que ce qui prime
09:30dans des manifestations
09:31ce n'est pas l'intégrité physique.
09:32Autrement dit,
09:33par exemple Paul-Éloire
09:34dont nous parlons,
09:34moi j'ai souvent été,
09:35on a à certains moments
09:36des policiers
09:37qui décident d'aller
09:39par exemple saisir un jeune
09:40au milieu d'un rassemblement
09:42où tout se passe bien
09:43au détriment
09:44de ce qui peut se passer ensuite.
09:45Il y a une utilisation
09:46de la police,
09:47vous voyez.
09:47Alors après vous avez
09:48des éléments de la police
09:49qui sont assez volontaires
09:52pour ce genre de choses
09:53mais moi je parle surtout
09:53de l'utilisation de la police
09:54pour essayer de juguler
09:56un mouvement social
09:57par la répression
09:58comme ils l'ont fait
09:59avec les gilets jaunes,
10:00comme ils l'ont fait
10:00avec le mouvement des retraites
10:01et comme ils l'ont fait
10:02à peu près tous les mouvements
10:03de jeunesse
10:03depuis ces dernières années
10:05donc je le conteste.
10:06Eric Coquerel,
10:07venons-en à l'économie,
10:08je le disais,
10:08on est en plein examen
10:09du budget 2027,
10:10vous avez présenté mercredi
10:12votre propre programme budgétaire
10:14aussi du côté de LFI,
10:16très différent évidemment
10:17de celui du gouvernement,
10:18vous promettez
10:18106 milliards
10:19de recettes supplémentaires,
10:2081 milliards
10:21de dépenses supplémentaires,
10:23où allez-vous trouver cet argent ?
10:25On va le trouver
10:26là où Emmanuel Macron
10:27l'a mis depuis 2017,
10:29c'est-à-dire que
10:31ce qui explique
10:32pour moitié
10:33les déficits
10:34dans ce pays,
10:34c'est la baisse
10:35des recettes
10:35depuis 2017.
10:36Voilà,
10:36ça c'est les chiffres,
10:382,1 points de PIB
10:39en moins au niveau
10:40des recettes
10:40et il se trouve
10:41que cette perte
10:42de recettes
10:42a surtout été favorisée,
10:43on va dire,
10:44les 1% les plus riches
10:45et détenteurs de capital
10:47puisque c'est les revenus
10:47du capital
10:48et patrimoine du capital
10:49qui ont été
10:49très largement
10:50sous-imposés.
10:52À partir de là,
10:53dès lors qu'on a un déficit,
10:55dès lors qu'on a des besoins
10:55sociaux,
10:56on parle par exemple
10:56de l'éducation,
10:57on n'a pas parlé
10:57des revendications
10:58en termes de besoins
11:00d'urgence,
11:01il faut savoir
11:01où vous allez les chercher.
11:02Le gouvernement,
11:03lui,
11:04décide de réduire
11:05les déficits
11:05en baissant la dépense,
11:08en affaiblissant
11:08les services publics,
11:09en affaiblissant
11:10différentes missions
11:11de l'État.
11:13Nous,
11:13on pense qu'il vaut peut-être
11:14mieux aller chercher
11:14l'argent
11:15là où il ne sert à rien
11:16sauf à accumuler
11:17des richesses
11:17de manière indécente
11:18et à faire en sorte
11:221,
11:22de réduire les déficits
11:23de 25 milliards
11:24dans notre projet,
11:25on fait mieux
11:25que le gouvernement
11:26et 2,
11:27de répondre
11:28au moins aux besoins
11:29courants
11:30qui sont en train
11:30de s'exercer.
11:31Voilà,
11:31c'est un choix
11:33diamétralement opposé
11:33mais je remarque
11:34que leur politique
11:35ne fonctionne pas.
11:36Le risque,
11:37Eric Coquerel,
11:37c'est que,
11:38en fait,
11:39vous faites exactement
11:40le contraire
11:41de ce qu'attendent
11:43ceux qui financent
11:45finalement la dette française.
11:46C'est-à-dire,
11:46quand on regarde
11:47ce que disent
11:47les institutions internationales,
11:48les agences de notation,
11:49elles disent
11:49il ne faut pas augmenter
11:50les impôts
11:51et elles disent
11:51il faut réduire
11:52les dépenses.
11:53Est-ce que juste,
11:54comment vous gérez
11:55cette défiance potentielle
11:56de ceux qui nous prêtent ?
11:58Comment vous les rassurez ?
12:00Comment vous passez
12:00outre finalement
12:02le fait qu'ils risquent
12:02un jour de nous...
12:03Je vais vous répondre.
12:04Mon souci,
12:05c'est plutôt déjà
12:05de répondre aux besoins
12:07des Français
12:07et de répondre
12:08aux besoins des entreprises
12:09qui est d'alimenter
12:10leur carnet de commandes.
12:11Mais ça,
12:11c'est facile
12:11quand on n'a pas d'argent.
12:12Mais ça,
12:13en premier lieu,
12:14la question est moins
12:16de satisfaire
12:17la finance internationale
12:18et,
12:19j'allais dire,
12:20ce mode...
12:20C'est elle qui nous fait vivre.
12:21Non,
12:22ce n'est pas elle qui nous fait vivre.
12:22Ceux qui nous font vivre,
12:24c'est ceux qui produisent
12:24des richesses.
12:25C'est-à-dire,
12:25les salariés,
12:26les artisans,
12:27les commerçants,
12:28les PME,
12:29les TPE,
12:29les grosses boîtes,
12:30parce qu'il y en a
12:31heureusement plusieurs
12:31qui n'ont pas
12:32la question du profit
12:33et des bénéfices
12:34et des dividendes
12:35en premier lieu,
12:36mais des parts de marché
12:37qu'ils peuvent gagner,
12:38des technologies nouvelles
12:39qu'ils peuvent mettre
12:39sur la place.
12:40C'est eux qui nous font vivre.
12:41Ceux dont vous parlez,
12:42c'est-à-dire ceux qui captent
12:43depuis 2017
12:44des parts inconsidérées
12:45de la richesse,
12:46non pas pour l'injecter
12:47dans l'économie.
12:48Ça, c'était le pari de Macron.
12:49Il disait,
12:49on va attirer les capitaux,
12:51ça va réjaillir l'économie.
12:52Bilan,
12:52l'investissement est en berne,
12:54on est bientôt
12:54à 8,8% de chômage.
12:57Tous les chiffres
12:57sont à peu près au rouge,
12:58au fin.
12:59Et ça montre
13:00à quoi ça a servi.
13:00C'est qu'on est champion d'Europe
13:01des dividendes,
13:02des vice-champions du monde
13:04des dividendes.
13:04Donc, la question,
13:05c'est de savoir
13:06où on va chercher l'argent.
13:07Moi, je préfère aller chercher
13:08l'argent qui n'est pas productif
13:10pour le réinjecter
13:11dans l'économie,
13:12y compris d'ailleurs,
13:13je vous le dis,
13:14dans les entreprises
13:15qui n'attendent que ça,
13:16par exemple,
13:17au niveau de la nouvelle technologie
13:18pour essayer de gagner
13:19en termes de souveraineté.
13:20Et je pense que c'est,
13:22à mon avis,
13:23largement plus prometteur
13:24que la politique du gouvernement
13:25qui, il faut le dire,
13:26on ne vient pas sur une situation
13:28où ça réussit.
13:29On vient sur une situation
13:30où même sur les déficits,
13:31le gouvernement est en échec total.
13:33Voilà, je pense qu'il faut rompre.
13:34Et c'est donc votre contre-budget.
13:35Merci beaucoup, Éric Coquerel.
13:37Merci.
13:37Vous êtes député LFI de Seine-Saint-Denis
13:38et président de la commission des finances.
13:40Merci d'avoir répondu à nos questions.
13:42Et merci aussi à Francisco
13:43pour son témoignage depuis l'Hérault.