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  • il y a 17 minutes
Frédéric Van Heems, président du directoire du groupe Keolis, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce vendredi 16 octobre. Ils sont revenus sur les ambitions de Keolis à l’horizon 2030, l’essor de la multimodalité et son futur rôle d’exploitant du Grand Paris Express, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien ce matin, c'est Frédéric Van Hems qui est sur ce plateau, président du directoire de Keolis.
00:05Bonjour.
00:05Bonjour Sandra.
00:06Bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:08Keolis, groupe de transport public, vous concevez, vous exploitez, vous développez des solutions de mobilité partagées.
00:14Vous êtes présent dans 14 pays et vous dévoilez cette semaine ce grand plan Embarque 2030 pour des objectifs dans
00:22les trois ans qui viennent.
00:23Est-ce que vous pouvez un petit peu nous expliquer ce plan ?
00:26Embarque 2030, c'est effectivement notre nouveau plan stratégique pour 2027-2030.
00:33Vous voyez le nom Embarque, on l'a choisi parce qu'il est plein d'énergie, il est lié à
00:39la mobilité,
00:40parce qu'on veut embarquer toutes nos équipes, nos clients, nos partenaires dans une nouvelle phase de développement rentable,
00:48mais également responsable, durable.
00:53On pense que dans les années qui viennent, on va avoir un âge d'or de la multimodalité.
01:00J'ai lu ça, ça veut dire quoi ?
01:02Multimodalité, ça veut dire en fait combiner de manière intégrée tous les modes de transport.
01:07Et pourquoi on pressent cet âge d'or ?
01:10Parce que vous voyez, il y a plein de... L'argent public est rare et va pousser les autorités organisatrices
01:17de plus en plus à essayer d'élargir les périmètres
01:21et de faire plus avec moins de moyens, la décarbonation est nécessaire, il y a une métropolisation de plus en
01:29plus importante des populations,
01:31il y a un vieillissement aussi de la population qui fait que les besoins sont différents,
01:36une congestion des villes qui fait qu'il faut éviter la voiture.
01:40Pour toutes ces raisons, on va aller vers des systèmes intégrés qui utilisent un peu tous les moyens de transport,
01:45que ce soit le métro, le tramway, le bus, des véhicules autonomes,
01:51l'intelligence artificielle va permettre de piloter tout ça de manière de plus en plus intelligente.
01:57Et Keolis, qui est un des grands leaders mondiaux de la mobilité,
02:02on est déjà aujourd'hui le leader mondial de la multimodalité justement,
02:06on est le numéro un des métros automatiques,
02:09qu'on va lancer d'ailleurs dans les 18 prochains mois,
02:14des métros automatiques en même temps sur trois continents.
02:18Exactement, on pense à Paris déjà, voilà.
02:20Grand Paris Express, la ligne 18, il y a eu le transfert en gestion technique il y a juste trois
02:25jours,
02:26et on démarre vers la fin de l'année, il va y avoir la ligne 16, la ligne 17,
02:31on lance l'année prochaine le premier métro automatique de l'Afrique subsaharienne à Abidjan,
02:37en Côte d'Ivoire, et on va lancer aussi un nouveau métro automatique à Pounais-en-Inde.
02:42Donc vous voyez, trois continents en même temps.
02:44Ça c'est le métro automatique.
02:45Mais on est aussi le numéro un mondial dans les tramways,
02:48on est aussi un des leaders de l'électrification des bus,
02:52on a aujourd'hui plus de 20% des 24 000 bus qu'on opère dans le monde qui sont
02:59décarbonés,
03:01et puis on est en train de tester des véhicules autonomes.
03:04On lance dans quelques semaines le premier bus autonome sur la principale ligne de bus
03:10qui traverse la ville de Châteauroux.
03:12Et puis je vous parlais d'intelligence artificielle,
03:14parce que justement, ça va pénétrer de plus en plus le monde des transports,
03:20ça va nous permettre de faire de manière beaucoup plus intelligente plein plein de choses.
03:24C'est intéressant parce que dans votre plan, il y a énormément cette notion justement de géographie,
03:29quatre zones géographiques bien déterminées,
03:31ces développements à Abidjan, en Inde, vous l'avez dit,
03:34c'est-à-dire sur des sociétés qui se modernisent.
03:37Là, il faut être là où ça se passe, là où on a besoin de vous.
03:41C'est une notion très importante dans ce plan-là, la géographie.
03:44Vous avez tout à fait raison, j'aime bien le terme de « glocal ».
03:48Parce que vous voyez, on est dans un métier « glocal ».
03:49On est très très locaux, très ancrés dans les territoires,
03:52au service des communautés, des autorités organisatrices.
03:56Mais en même temps, elles attendent que nous amenions toute notre expertise de leader mondial
04:02qui est allé voir des tas d'expériences aux quatre coins du monde
04:05et qui a des hommes et des femmes de grande expertise.
04:09Et c'est ce mélange « glocal » qui est très très important.
04:11Donc effectivement, on se réorganise et on se réorganise en quatre zones géographiques
04:17avec une organisation qui va être plus simple, plus lisible, plus proche du terrain.
04:22Parce que notre gros challenge, c'est que je serais tenté de dire
04:27nous roulons sur des rails et des pneumatiques aux quatre coins du monde
04:32mais nous ne roulons pas sur l'or.
04:34Aujourd'hui, le résultat net de l'ensemble du groupe Keolis dans le monde,
04:38c'est 0,5% de résultat net.
04:41Ce qui veut dire qu'on a l'eau un peu au ras des narines.
04:45Dès qu'il y a un chaos sur la route, on ne respire plus beaucoup.
04:49Alors, on sait bien que c'est de l'argent public
04:51qui ne tombe pas du ciel, qui en a de moins en moins.
04:55Donc, bien sûr, mais je le dis à toutes les autorités organisatrices,
05:00ce n'est pas sain ni pour nous, ni pour vous, ni pour nos équipes
05:04qu'on soit à ce point sous pression.
05:06Donc, c'est tout l'objet de ce plan.
05:07On veut arriver d'ici 2030 à tripler notre rentabilité,
05:12à passer de 0,5 à 1,5%.
05:15On ne demande pas, évidemment, à faire des marges gigantesques,
05:20mais au moins à être capable d'investir en IA,
05:23en véhicules autonomes, en ressources humaines de grande qualité.
05:27C'est l'innovation, justement, parce qu'effectivement,
05:29vous travaillez la sécurité, vous travaillez la rapidité,
05:33vous servez de l'IA, vous êtes un spécialiste, vous l'avez dit,
05:37de la multimodalité et vous répondez aux besoins de la société
05:40qui évolue effectivement.
05:42Mais comment on fait pour multiplier par trois cette marge ?
05:46Est-ce que c'est joué sur la masse salariale
05:49qui représente énormément de vos coûts aujourd'hui ?
05:52C'est sur quoi que vous allez réellement jouer pour l'augmenter ?
05:56C'est ça qui est formidable dans ce plan,
05:58que nous avons travaillé avec les équipes,
06:01c'est que c'est un plan de transformation
06:03et d'amélioration de la rentabilité
06:05que nous allons faire sans aucun plan social,
06:09sans aucun impact sur les effectifs.
06:12Certains rôles vont évoluer dans l'entreprise
06:14parce que justement, on veut se rapprocher du terrain,
06:17être plus ancré dans les territoires,
06:19se déconcentrer, mais on est une entreprise qui embauche.
06:24On embauche, on est à peu près 70 000 aujourd'hui dans le monde,
06:28on embauche plus de 5 000 personnes par an.
06:30Donc si vous êtes intéressé par des jobs qui ont du sens,
06:34qui sont ancrés dans les territoires,
06:36tapez à la porte de Keolis, elle sera grande ouverte.
06:39Et non, on va faire cette évolution de rentabilité,
06:42pas du tout avec une évolution de la masse salariale,
06:46mais en choisissant nos contrats,
06:48en étant plus attentif, on dit non au low cost.
06:51On dit non au low cost.
06:52On ne veut pas être dans des compétitions
06:54où c'est le prix le plus bas qui l'emporte.
06:57On veut être dans des compétitions
06:59où c'est le mieux-disant qui l'emporte
07:01et pas le moins-disant.
07:02Vous voyez, ces dernières années,
07:04avec l'argent public qui est de plus en plus rare,
07:07la tendance a été, pendant 20-30 ans,
07:10à mettre la pression sur les marges
07:12et à rentrer dans une spirale de low cost.
07:15Or, vous le disiez à juste titre,
07:1780% de nos coûts, c'est de la masse salariale.
07:20Donc, qui dit low cost, dit pression sur les effectifs,
07:24dit problème d'absentéisme ou de recrutement,
07:27dit problème de qualité.
07:29Vous voyez, spirale négative.
07:31Il faut qu'on sorte de ça.
07:33Et je pense que, justement,
07:36on voit aujourd'hui les limites de ce low cost.
07:38Il y a de plus en plus d'appels d'offres
07:40qui visent le mieux-disant,
07:42qui élargissent les périmètres.
07:44En France, on parle d'urbain pour les villes,
07:47d'interurbain pour les campagnes.
07:49Tout ça est en train de se mélanger.
07:50On voit des autorités organisatrices
07:52qui se mettent à raisonner,
07:54à juste titre, là encore,
07:56par bassin de vie.
07:57Vous voyez, il y a des enfants aujourd'hui
07:59qui, parfois, sont obligés de prendre un bus
08:01pour aller à une ville,
08:02pour ensuite prendre un TER
08:04pour aller à un autre endroit,
08:05parce que leur école n'est pas
08:07dans la même autorité organisatrice
08:09que là où ils habitent.
08:10Ce n'est pas logique.
08:12Vous voyez, il faut se mettre
08:13à raisonner par bassin de vie.
08:14Donc, ça peut être gagnant, gagnant, gagnant,
08:17que ce soit pour l'autorité organisatrice,
08:19pour nous qui voulons modestement
08:21gagner 1,5% de résultats nets,
08:24et surtout pour les usagers voyageurs.
08:27Merci beaucoup, Frédéric Van Heefs,
08:28d'être venu nous voir ce matin,
08:30président du directoire de Keolis
08:31dans Le Grand Entretien.

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