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  • il y a 13 minutes
Erreurs de soins, violences, vols : l’hôpital est aussi confronté à des risques qui dépassent la seule sécurité médicale. Dans sa chronique, Hervé Bonnaud interroge les limites du patient partenaire et alerte sur les failles de l’organisation des soins, ainsi que sur les violences qui touchent soignants et patients.

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Transcription
00:04Et c'est l'heure de la chronique d'Hervé désormais.
00:07Hervé, tu parles de patients en légitime défense et tu vas au-delà de la sécurité des soins.
00:12Oui, on a parlé de la sécurité des soins et c'est tout à fait passionnant ce que vous avez
00:15raconté.
00:16Juste un petit mot là-dessus, j'ai vu qu'en 2025, ça avait progressé,
00:21il y a plus de 20% d'effets indésirables qui ont été déclarés.
00:23Et c'est bien, je me dis juste que peut-être ça n'est pas encore tous les effets indésirables
00:28qui sont déclarés, voire on en est loin.
00:31Et vous l'avez évoqué, il y a une culture de la sécurité à l'hôpital qui n'est pas
00:34tout à fait optimale.
00:36On est un peu protégé, moi je suis médecin quand même par le secret médical, il faut quand même le
00:39dire.
00:40Et puis il y a le sous-effectif qui a été abordé.
00:42Ça prend du temps de reconnaître qu'on a fait une faute et de faire l'enquête et tout ça.
00:46Donc voilà, c'est un sujet important.
00:49Que penses-tu du patient partenaire ?
00:51Alors super idée, patient partenaire évidemment, c'est intéressant.
00:54Il doit aider les professionnels de soins.
00:56Il doit rappeler qu'il a une allergie à la pénicilline.
00:59Il doit rappeler au chirurgien que c'est le genou gauche et pas le genou droit.
01:03Des trucs comme ça.
01:03Il doit participer à la prévention des infections.
01:06Tout ça c'est très bien.
01:07Il y a juste une petite limite je trouve.
01:09C'est que quand on prend l'avion, on ne demande pas aux passagers de l'avion de vérifier l
01:13'altimètre
01:13parce qu'il manque un copilote.
01:15Et je vous dis ça, c'est une métaphore.
01:16Mais pourquoi il y a tout ça aussi ?
01:18C'est parce qu'on est en sous-effectif à l'hôpital.
01:19Et que 45% des effets indésirables, d'après les études que j'ai lues,
01:23relèvent d'un problème d'organisation des soins.
01:26Et tu voudrais nous parler d'une autre insécurité qui se développe à l'hôpital,
01:28celle des vols et des agressions physiques.
01:31Ah oui, ça c'est un sujet que j'ai trouvé incroyable.
01:33Moi, je n'avais pas conscience de ça.
01:35Et on en parle peu, pourtant ça existe.
01:37La preuve, la DGOS, Direction Générale de l'Organisation des Soins,
01:41a créé en 2005 un Observatoire National des Violences en Santé.
01:46L'ONVS, c'est un acronyme que je ne connaissais pas.
01:48Et donc, sans surprise, cet observatoire observe.
01:51C'est-à-dire qu'il rend des rapports.
01:53Il n'y a jamais derrière une main courante, une plainte.
01:57Non, c'est une observation.
01:59Ce qui fait qu'on voit une hausse régulière des agressions et des vols,
02:03plus 7% entre 2003 et 2024.
02:06Mais on peut se demander si c'est vrai,
02:07parce que même cet observatoire reconnaît qu'il y a une certaine lassitude
02:10à déclarer ce genre de choses.
02:13Neuf fois sur dix, il n'y a pas de suite.
02:14Il y a des vols à l'hôpital.
02:15Il y a beaucoup de vols à l'hôpital.
02:16C'est incroyable.
02:17C'est ça qui m'a choqué.
02:18Les smartphones, les bijoux, les portefeuilles, l'argent liquide.
02:22En 2024, dans les hôpitaux parisiens, 2400 déclarations.
02:27Et j'ai regardé, mais qui vole à l'hôpital ?
02:30Alors, il y a des bandes organisées qui viennent.
02:32C'est assez facile de rentrer dans un hôpital.
02:33Il y a un flux permanent.
02:34On ne sait pas trop qui va voir qui.
02:36Donc, il y a des bandes de délinquants.
02:38Il y a des patients à dédicat
02:39qui, quand même, piquent le smartphone de la petite vieille
02:42qui dort dans le lit à côté.
02:43C'est quand même génial.
02:43Et de façon plus rare, mais néanmoins documentée,
02:47il y a des membres du personnel
02:48qui ont donc une drôle de définition de l'aide à la personne.
02:51Et les agressions physiques et verbales ?
02:53Alors, en 2024, près de 20 000 atteintes à la personne,
02:57dont 9 000 atteintes physiques.
02:587 fois sur 10, c'est un patient qui frappe un soignant.
03:02Et d'ailleurs, la ministre de la Santé en 2023,
03:06je ne vous demande pas qui c'était, parce que c'est trop compliqué.
03:08Ça change tout le temps.
03:09Donc, Agnès Firmin-Lebaudot,
03:10on en a eu 10 en peu de temps, on ne sait plus qui est qui,
03:14a commandité une campagne
03:16que je trouve étonnante.
03:17Je vous la livre.
03:18Il faut être malade pour s'en prendre un professionnel de santé.
03:22Quand on est un peu sensibilisé à la maladie psychiatrique,
03:25ça veut dire quoi ?
03:26Que les gens qui sont agressifs sont des malades mentaux,
03:28mais c'est très dénigrant pour les malades qui souffrent de troubles mentaux,
03:31je trouve ça même scandaleux pour le dire,
03:33et voire en plus des responsabilisants.
03:34Ah, ce n'est pas de leur faute, ils sont malades mentaux.
03:37Donc, une campagne qui est basée, à mon avis,
03:39sur un bien mauvais jeu de mots.
03:41Et voilà.
03:41Donc, les patients sont frappés,
03:43les soignants sont frappés, mais pas qu'eux.
03:45Il y a aussi des patients qui sont frappés,
03:47et 4 fois sur 5,
03:48par un patient qui est dans la même chambre.
03:50Ta conclusion ?
03:51Ma conclusion, c'est qu'un patient qui doit surveiller,
03:55si c'est le bon genou,
03:56surveiller son voisin et cacher son iPhone,
03:58n'est pas exactement un patient partenaire,
04:00c'est donc un patient en état de légitime défense.
04:03Merci Hervé, pour ce point de vue, et tu as une question ?
04:06J'ai une question.
04:07Est-ce qu'il y a une corrélation entre tous ces sujets ?
04:10Est-ce que c'est la culture de la sécurité à l'hôpital
04:12qui est à rebâtir ou à construire aujourd'hui ?
04:16Moi, de votre chronique,
04:19moi, je retiens quand même un élément,
04:21c'est que, sur la comparaison aussi avec l'avion,
04:23c'est qu'en fait, ce qu'on compare,
04:24et ce qu'on met en travail,
04:26c'est l'expert de la maladie
04:28avec l'expert de la vie avec la maladie.
04:30Donc, il ne s'agit pas de contrôler
04:32l'expertise des professionnels de santé
04:35sur le fond de son savoir,
04:36il s'agit de rajouter une perspective
04:38qui, jusqu'à présent, était peu travaillée ensemble.
04:40Sur le deuxième point, je suis assez d'accord
04:42que les enjeux de sécurité,
04:44les gens doivent se sentir en sécurité.
04:46Il y a la manière aussi dont, je pense,
04:49l'hôpital peut imaginer l'accueil des personnes.
04:52Il y a aussi la manière dont les patients
04:58vivent aussi de violence à l'hôpital
05:00sur le soin lui-même.
05:02Donc, c'est un élément très complexe.
05:04Et je pense que les solutions,
05:05elles émergent justement par des travaux coopératifs
05:08entre les uns et les autres.
05:10C'est ça qui fera progresser, au fond,
05:11une vision commune de ce que doit être
05:13le soin gentil, le soin bienveillant,
05:15l'accompagnement bienveillant.
05:17Voilà.
05:17Et c'est comme ça qu'on se sécurise
05:19les uns les autres.
05:21Vous voulez ajouter quelque chose ?
05:23Moi, c'est la qualité.
05:24Je pense que vraiment,
05:25la qualité est indissociable de la sécurité.
05:27C'est vraiment ça qu'il faut mettre en avant.
05:29Donc, il y a énormément de choses dans la qualité.
05:33Mais je suis d'accord avec vous,
05:34il faut vraiment que ce soit avec de la bienveillance.
05:36Il ne faut surtout pas oublier ça.
05:38Malheureusement, la qualité peut donner
05:41des indicateurs déconnectés du terrain.
05:43Or, la qualité, c'est d'abord sur le terrain.
05:46Et donc, c'est d'abord avec bienveillance.
05:47Et si on retient déjà ces deux principes,
05:49je pense qu'on a fait une bonne partie du chemin.
05:52Merci beaucoup.
05:53Merci à tous les trois.
05:54Merci beaucoup, Hervé.
05:55Merci, Didier Lecointe.
05:56Merci, Thomas Agnès.
05:58On passe tout de suite à la pépite santé.
06:00Merci, Thomas Agnès.

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