00:00C'est encore le salon de l'auto Porte Versailles à Paris, c'est affreux ce salon de l'auto.
00:04Et jusqu'à après-demain dimanche, tu fais le bilan Raphaël, l'humeur globale était un peu, comment dirais-je,
00:10nostalgique ?
00:11Oui et je ne parle pas de certains visiteurs qui regrettent le temps des hôtesses en minijupe et en talons
00:16de 10, Daniel.
00:17Mais bien du retour de la 2 chevaux Madeleine de Proust automobile des Français.
00:21Près de 9 millions d'unités vendues entre 1949 et 1990.
00:27Alors, je mets la clé dans le contact, attention à la boule de levier de vitesse à l'ancienne, à
00:31droite du volant, et on y va.
00:39Ça c'est une Citroën.
00:40Alors pourquoi les Français sont-ils tant attachés à la Dedeuch ?
00:44Est-ce son origine rurale ?
00:46Elle dont le cahier des charges précisait que deux cultivateurs en sabot devaient y entrer sans peine
00:51et qu'une boîte d'œufs devait pouvoir être transportée dans les chemins de campagne sans casser ?
00:57Incroyable !
00:57Il y a de cela sans doute, mais il y a surtout un gros souvenir ciné qui a beaucoup joué
01:02dans cet amour immodéré.
01:04Écoutez.
01:08Évidemment, le générique du corneau de Gérard Horry et générique signé Georges Delerue.
01:131965, Bourville joue Antoine Maréchal, petit commerçant candide qui prend ses congés payés.
01:19Il monte dans sa 2 chevaux grise direction l'Italie.
01:22Hélas, 200 mètres après son départ, juste sous le Panthéon à Paris, il s'accroche avec l'affreux de Funès,
01:29un classique.
01:35Elle va beaucoup moins bien marcher maintenant.
01:40C'est une catastrophe !
01:44Qu'est-ce qu'il y a ?
01:45Qu'est-ce qu'il y a ?
01:46Qu'est-ce qu'il y a de mon vie ?
01:48Qu'est-ce qu'il y a ?
01:49Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément.
01:53Je vous en prie, ne vous aimez pas marcher dessus !
01:57C'est pas grave !
01:58C'est pas grave, vous en avez de bonnes, c'est pas grave !
02:01Qu'est-ce que je vais devenir, moi ?
02:02Eh bien, un piéton ne veut plus voir !
02:04Qu'est-ce que je vais devenir un piéton ?
02:05A l'époque, tourner cette scène est un exploit si complexe que Gérard Horry l'a placé en tout dernier
02:11sur le calendrier du tournage.
02:13Bourville, déjà, joue la scène lui-même.
02:15La disposition des obstacles et la vitesse de la voiture ont été calculées par Rémi Julien, le grand cascadeur.
02:21Mais tout le sel du moment, c'est la dislocation de la voiture, il faut que ça marche !
02:25Et en une seule prise, écoutez comme tout le monde est soulagé sur le plateau juste après,
02:30extrait d'époque de l'émission Cine Panorama, qui tournait un reportage sur le tournage de la scène.
02:35Ah, merci beaucoup, moi, bien, forcément !
02:38Oh non, vraiment !
02:39Super !
02:48Elle est bonne, hein ?
02:50Elle est bonne, oui !
02:51Bourville aussi est soulagée.
02:53Ce génie comique a improvisé la phrase culte.
02:55Elle va beaucoup moins bien marcher, forcément, qui a fait marrer des générations de Français.
03:01Faire exploser une deux chevaux aujourd'hui, ça prendrait deux jours à n'importe quel truquiste numérique doué sur Internet.
03:06Je parle de l'IA, bien sûr.
03:07Oui, mais à l'époque, ce n'est pas la même limonade, comme vous diriez, Maïtena, devant une Fiona S
03:13-Body.
03:14La dislocation de la voiture a été millimétrée pendant des semaines par le pro-détrucage Michel Durin.
03:19Il a découpé une deux-deuche en 250 pièces façon puzzle et l'a remontée avec des crochets électromagnétiques.
03:25Il faut donc couper à distance leur alimentation électrique, pile au bon moment, pour que la scène réussisse.
03:31Une prouesse logistique et comique qui marque à jamais les 12 millions de Français qui se pressent en salle pour
03:36voir le corneau.
03:37On aurait pu se dire que ça aurait fait une très mauvaise pub pour la voiture, qui paraît du coup
03:41toute fragile, évidemment.
03:42C'est tout le contraire qui se produit et c'est ça que j'aime dans cette histoire.
03:45Après la diffusion du film, les délais d'attente pour obtenir une deux-deuche augmentent de plusieurs semaines.
03:50Le burlesque éternel de Bourville, doublé du côté gentil français moyen en voiture modeste face à l'affreux de Funès
03:58en Rolls-Royce Silver Cloud.
04:00Tout ceci ne pouvait que plaire à la France précontestataire de 1965.
04:04Et ça explique en partie que 60 ans après le film, la deux-chevaux fasse encore son comeback.
04:10Un projet que le groupe Stellantis fomentait en secret depuis juillet 2025.
04:14La version de série devrait arriver sur le marché d'ici deux ans.
04:18Elle sera électrique, coûtera autour de 15 000 euros.
04:21Allez, premier lundi, je trouve un sujet qui en a encore plus sous le capot.
04:25Oh mais vraiment Raphaël, vous êtes éblouissante.
04:28Bravo Raphaël.
04:29Merci, je travaille beaucoup.
04:31Par contre, dans la deux-chevaux, ce qui fait tout le charme, c'est quand même le bruit, on est
04:34d'accord.
04:34C'est pour ça que je vous l'ai mis au début.
04:36Du coup, électrique, tu vois.
04:38Électrique, ça ne fera plus de bruit.
04:40Ça va être très bizarre dans une deux-chevaux sans bruit.
04:41Et tu ne veux pas nous dire que c'était mieux avant ?
04:43Non, jamais !
04:45Non, certainement pas.
04:46Tu sais qu'il y a des voitures électriques pour avoir l'option du bruit que faisaient les thermiques ?
04:50Évidemment, je serais un ingénieur de l'électrique, je mettrais option bruit tout le temps.
04:54Maïtana, vous regrettez le diesel finalement ?
04:56Non, je regrette de ne pas être ingénieur.
04:58Merci beaucoup Raphaël.
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