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  • il y a 11 heures
Vendredi 16 octobre 2026, retrouvez Clémence Tanguy (Responsable éditoriale, Café de la Bourse) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:11Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition, ce midi, le président de la réserve fédérale, Kevin Warch, s'est exprimé à Bangkok
00:33et n'a donné aucune indication sur l'avenir des taux, se contentant de rappeler l'engagement de la Fed
00:39concernant la stabilité des prix. Face à cela, les marchés ont fortement réduit leurs anticipations
00:45d'une hausse des taux pour la fin du mois, le 28 octobre.
00:49La réunion de la réserve fédérale du 28 octobre prochain, les probabilités tombent ainsi sous les 15%
00:54pour une hausse des taux. C'est assez volatile parce qu'on a vu cette semaine, après la publication du
01:01CPI,
01:01que les probabilités d'une hausse étaient remontées au-delà de 50% pour redescendre à 30% et dire
01:06à 15%.
01:08Aujourd'hui, d'ailleurs, un point rapide sur les équilibres des marchés obligataires mondiaux
01:13qu'on surveille évidemment particulièrement en ce moment. Le rendement américain à 10 ans remonte légèrement
01:19autour de 5,10%. Côté européen, le rendement allemand à 10 ans évolue entre 3,40% et 3,45%.
01:26En France, on aura l'occasion d'en reparler sur ce plateau dans un instant.
01:31Le rendement de même échéance se traite autour de 4,80%.
01:34Le spread franco-allemand reste globalement stable autour de 140 points de base.
01:40Je reviens juste rapidement sur Kevin Warch qui s'est par ailleurs montré très enthousiaste
01:45face à l'intelligence artificielle qu'il qualifie d'innovation majeure de notre époque
01:50tout en mettant en garde contre un possible, contre impossible effet inflationniste
01:55de la demande à court terme justement en parlant de tech et d'intelligence artificielle.
02:00Taïwan s'apprête à lever des milliards de dollars pour implanter de vastes parcs industriels
02:06sur le sol américain afin de bâtir une chaîne d'approvisionnement complète dédiée
02:10à l'écosystème de Nvidia et des géants de l'intelligence artificielle.
02:15Des investissements colossaux portés par le ministère des Affaires économiques.
02:19Le projet prévoit la construction de plusieurs complexes dont un premier site au Texas
02:24pour un coût unitaire estimé entre 2 et 4 milliards de dollars.
02:28Un soutien public musclé également pour faciliter cette relocalisation.
02:34Le gouvernement taïwanais s'engage à épauler les fournisseurs et les sous-traitants
02:38via des garanties de prêts et un accompagnement sur mesure de l'obtention des terrains
02:43jusqu'aux formalités administratives.
02:45Et puis on fera donc, je le disais tout à l'heure, un focus France dans un instant
02:49sur ce plateau avec Clémence Tanguy, responsable éditoriale du Café de la Bourse.
02:53Elle reviendra notamment sur trois points.
02:55Le premier, c'est le constat. Les finances publiques françaises sont sous tension
03:01avec une dette à près de 3 600 milliards d'euros et un taux à 10 ans
03:06qui est autour de 4,80%.
03:09Deuxième point, la stratégie. Est-ce qu'il faut fuir la Bourse de Paris ?
03:13Non, mais il faut faire du tri. Clémence nous en dira tout dans un instant.
03:17Et puis enfin, les pièges à éviter.
03:19Attention aux groupes surendettés dépendant de la commande publique
03:23ou menacés par de nouvelles hausses fiscales notamment.
03:26On se retrouve tout de suite sur ce plateau avec Clémence qui nous détaillera tout ça dans un instant.
03:41Un invite avec nous tous les midis.
03:43Et le vendredi, c'est focus plutôt thématique.
03:46Je suis ravie de recevoir Clémence Tanguy.
03:49Vous êtes responsable éditoriale au Café de la Bourse.
03:52Bonjour Clémence.
03:53Bonjour Pauline.
03:53Aujourd'hui, on va parler du risque français.
03:55Comment faire pour investir en Bourse dans ce contexte ?
03:58Les finances publiques françaises se dégradent.
04:01La situation politique reste incertaine.
04:03Est-ce que le risque français doit aujourd'hui pousser les investisseurs
04:06à se détourner de la Bourse de Paris, Clémence ?
04:09Alors oui, c'est une vraie question.
04:11Parce que le risque français, c'est vraiment devenu une préoccupation majeure
04:14pour les investisseurs tant français qu'internationaux, évidemment.
04:17Alors d'abord parce qu'on a une dette publique qui ne cesse d'augmenter.
04:21Donc vous l'avez rappelé, 3 595,5 milliards d'euros à la fin juin 2026,
04:27deuxième trimestre 2026, ça fait 119% du PIB.
04:30Ça veut quand même dire que le déficit public est à 5,1% du PIB en 2025.
04:35L'estimation, c'est 5,4% pour 2026.
04:39Donc on voit vraiment une France très endettée
04:42et qui continue d'emprunter pour financer son déficit
04:45sans parvenir à stabiliser la dette.
04:47Alors vous l'avez dit aussi, ce qui pose également problème, évidemment,
04:50c'est la hausse des taux qui a enchéri le financement de l'État.
04:55On a l'OAT, dont on a beaucoup parlé,
04:58qui a énormément progressé depuis septembre
05:00et qui est aux alentours de 4,4% en ce moment,
05:04avec une différence avec le spread allemand qui a été largement commenté.
05:09Il y a aussi le fait qu'on emprunte, évidemment, maintenant plus cher que les anciennements PIGS
05:15et qu'on se retrouve un peu pointé comme le mauvais élève de la classe
05:19par les autres membres de la zone euro.
05:23Donc ça pose problème.
05:25Ce qui pose problème aussi, bien sûr, c'est la charge de la dette.
05:28Les intérêts de la dette, c'est à peu près une estimation de 80 milliards pour 2026
05:33et plus de 90 milliards pour 2027.
05:36Donc on voit qu'effectivement, on est face à un mur de la dette
05:38et qui ne cesse d'augmenter.
05:42Donc ça pose problème, évidemment, aux entreprises.
05:46Parce que les entreprises des taux élevés,
05:48ça veut aussi dire une hausse du coût du crédit.
05:51Et une hausse du coût du crédit, ça peut freiner les investissements
05:55et avoir des conséquences sur les bénéfices.
05:59Ce qui pose aussi problème, évidemment, c'est que face à ce mur de la dette
06:04et à ce déficit, l'État français va vouloir, évidemment, combler un peu le trou.
06:09Et en France, on n'est pas très spécialiste de l'abaissement des dépenses,
06:13mais plutôt de l'augmentation des recettes fiscales.
06:14Et l'augmentation des recettes fiscales, en France, on a deux particularités.
06:18On aime beaucoup taper et sur les riches et sur les entreprises.
06:20Donc sur les entreprises, on s'attend évidemment à un durcissement de la fiscalité des entreprises.
06:27Et donc, c'est l'incertitude autour de cette thématique qui nourrit aussi le risque français.
06:32Et l'incertitude, elle est vraiment très présente.
06:34Parce qu'avec le PLF et le PLFSS qui sont discutés en ce moment à l'Assemblée,
06:40on voit qu'il n'y a pas trop d'issues, pas de compromis.
06:43Puisqu'on a aussi de grandes échéances électorales en avril-mai 2027 pour la présidentielle.
06:49Pas de majorité à l'Assemblée.
06:49Pas de majorité à l'Assemblée.
06:51Et puis, en fait, chaque groupe parlementaire reste campé sur ses positions.
06:53Parce que lui, ce qui l'intéresse, c'est de trouver un budget pour 2027.
06:57C'est de pouvoir satisfaire ses futurs potentiels électeurs de l'élection présidentielle de 2027.
07:04Donc en fait, le risque politique français, c'est pas juste...
07:06Enfin, le risque français.
07:08C'est pas juste un vague climat politique un peu incertain.
07:11Ça a vraiment des conséquences sur le coût du crédit, sur la fiscalité des entreprises.
07:16Et ça, ça a des conséquences aussi directes sur les bénéfices des entreprises et puis leur valorisation en bourse.
07:23Ouais, c'est ça.
07:24Et puis, justement, on rappelle, Clémence, que les entreprises sont en pleine période de publication.
07:28Ce sont des résultats du T3 qui vient de commencer.
07:31Dans ce contexte, est-ce qu'il y a des actions françaises qui valent encore le coup ?
07:34Alors, ça, c'est extrêmement important, effectivement.
07:37C'est la publication des résultats.
07:38Il va falloir être particulièrement vigilant cette année parce que quand la macro va mal, il faut faire très, très
07:45attention à la micro.
07:47Alors, d'abord, ce que je voudrais dire, c'est qu'en fait, c'est pas parce qu'une entreprise,
07:51elle est cotée sur la bourse de Paris qu'elle est très dépendante de l'économie française.
07:55C'est pas vrai.
07:56Il va falloir regarder la croissance du chiffre d'affaires, la croissance des bénéfices et regarder où ce chiffre d
08:02'affaires et ces bénéfices se font.
08:04Parce qu'il y a beaucoup d'entreprises, par exemple, du CAC 40, dont l'immense partie du chiffre d
08:09'affaires se fait à l'étranger, soit en Europe, soit même partout ailleurs dans le monde.
08:14Et donc, évidemment, la dépendance à la France, à la commande publique, à la croissance française, à la demande française
08:19va être beaucoup moins importante.
08:21Donc, il faut regarder vraiment où se font le chiffre d'affaires, les bénéfices.
08:25Il va aussi falloir regarder, évidemment, le niveau d'endettement. Il va falloir regarder la capacité à générer la trésorerie,
08:34la capacité à maintenir des investissements et puis des dividendes aussi.
08:41Ça, c'est quelque chose qui est, selon moi, très important. Parce que pour gagner de l'argent avec une
08:47action, il y a deux grands moyens de gagner de l'argent avec une action.
08:49C'est la hausse des cours et la distribution du dividende. Alors, quand les cours, quand la macro pénalise les
08:57cours de bourse, qu'on a des problèmes, qu'on a ce risque français qui pèse,
09:03on va pouvoir se tourner vers le dividende qui va finalement être un moyen de récupérer une partie de la
09:11valeur de l'entreprise, alors même qu'elle est sanctionnée en bourse, même si elle a de très bons résultats.
09:17Donc, en fait, pour une action injustement massacrée en bourse, le fait de pouvoir toucher un dividende, d'avoir une
09:23rémunération de l'actionnaire attractive, c'est aussi, selon moi, un point très intéressant à regarder, surtout en ce moment.
09:31Vers quelle valeur du CAC 40 on peut se tourner, Clémence ?
09:34Alors, ce que j'ai dit, c'est qu'il va falloir vraiment une entreprise qui arrive à garder des
09:38bons résultats et à maintenir sa rentabilité.
09:42On a Schneider Electric, par exemple, qui a publié, le cours a légèrement décroché, alors qu'ils sont au-dessus
09:52des prévisions.
09:53Donc, on voit quand même que c'est une entreprise solide qui arrive à maintenir ses bénéfices et à continuer
09:59sa croissance.
10:00On va aussi, évidemment, s'intéresser aux entreprises qui sont extrêmement tournées vers l'international.
10:07On peut, par exemple, penser à L'Oréal. La demande française ne pèse pas grand-chose sur le reste de
10:13la demande sur un groupe aussi international que L'Oréal.
10:17Et puis aussi, évidemment, on va s'intéresser aux entreprises qui ont une stratégie dividende extrêmement agressive avec des entreprises
10:27comme Air Liquide, qui sont les aristocrates du dividende français,
10:31et qui continuent de verser un dividende et même de faire croître leurs dividendes parce qu'eux aussi, elles arrivent
10:37à maintenir des bénéfices en croissance.
10:39À l'inverse, quels secteurs ou quelles entreprises risquent de souffrir le plus de cette situation française ?
10:45Alors, celles qui sont directement impactées par la croissance française, la demande française ou la commande publique.
10:51Alors, évidemment, elles, elles vont en bâtir le plus.
10:53Alors, il faut aussi faire, je l'ai dit tout à l'heure, il faut faire attention au niveau d
10:56'endettement.
10:56Donc, les entreprises avec un niveau d'endettement très élevé vont pouvoir avoir quand même des difficultés parce qu'avec
11:03la hausse des taux, le coût du crédit augmente
11:05et il faudrait faire attention à ce qu'elles ne soient pas étranglées par le crédit.
11:09Donc, vraiment, regardez aussi les niveaux d'emprunt.
11:12Et enfin, on a aussi, évidemment, les entreprises qui sont très dépendantes d'un durcissement de la fiscalité ou de
11:22nouvelles taxes.
11:23On a, par exemple, le cas Vinci, qui est une très belle boîte française de concessions autoroutières, aéroportuaires.
11:31Une boîte en croissance, mais qui doit payer une taxe.
11:36La taxe sur l'exploitation des infrastructures de transport de longue distance.
11:40Alors, c'est une taxe qui a coûté, qui a rapporté à l'État, du coup, 284 millions d'euros
11:45en 2024.
11:46Mais le taux, qui est à peu près de 4%, doit être porté à un peu plus de 12%
11:53si on en croit le budget de 2027.
11:55Donc, effectivement, ça aura un impact sur les résultats.
11:59Donc, le cours de bourse de Vinci a décroché tout de suite après l'annonce de la nouvelle.
12:03Donc, on voit bien qu'une anticipation d'un durcissement de la fiscalité,
12:08c'est une conséquence directe sur le cours de bourse d'une entreprise,
12:12peu importe si ses résultats, par ailleurs, sont bons.
12:16Concrètement, Clémence, est-ce qu'il faut alléger son portefeuille d'actions française
12:20ou profiter de certaines baisses, justement, pour investir, des baisses qui feraient des bons points d'entrée ?
12:25Oui, alors, surtout pas de vente systématique.
12:28Parce qu'il faut quand même se rappeler que toutes les entreprises françaises
12:33ne sont pas exposées aux risques français de la même manière.
12:37Ensuite, il va falloir quand même distinguer les entreprises
12:42qui pâtissent du risque français dans leur globalité, si vous voulez, du risque macro,
12:49mais avec des fondamentaux qui restent extrêmement porteurs.
12:54Donc là, c'est vraiment le moment de s'intéresser de près à la saison des résultats.
12:58Vous pouvez aussi retrouver nos analyses de grandes actions sur le site Café de la Bourse.
13:02Au fur et à mesure de la saison des résultats,
13:03on publie effectivement des analyses de sociétés.
13:09Alors, effectivement, là, ça peut être une opportunité pour investir en Bourse.
13:14En revanche, si le cours descend parce qu'il y a une anticipation de durcissement de la fiscalité,
13:22si vraiment l'entreprise est très endettée,
13:24là, il ne faut pas penser que ça peut être une opportunité.
13:26On ne rattrape pas un couteau qui tombe en Bourse.
13:28Donc, il faut vraiment avoir un stock picking très sélectif en ce moment.
13:32Et puis, il y a aussi quand même cette histoire de dividendes que je tiens à rappeler.
13:36Ça peut être, à court terme, moyen terme, le dividendes, une façon d'avoir du rendement
13:42et de toucher une partie de la valeur que la société crée,
13:48même si le cours de bourse n'est pas extrêmement satisfaisant en ce moment.
13:52Et on peut parier sur une hausse sur le long terme.
13:56Merci beaucoup Clémence Tanguy, responsable éditoriale du Café de la Bourse.
14:00Merci à vous de nous avoir suivis ce midi.
14:02On se retrouve, enfin, vous retrouvez Fabrice Cousté ce soir en direct à 17h30 sur Bsmart.
14:10Cousté ce soir en direct à 17h30 sur Bsmart.

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