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  • il y a 28 minutes
Jeudi 29 octobre 2026, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute.
00:26Le vote préféré au sommaire de cette édition ce midi, la réserve fédérale américaine a maintenu ses taux d'intérêt
00:32inchangés
00:33dans la fourchette de 3,75 à 4% lors d'un vote à 10 contre 2.
00:41Excusez-moi, je vais m'étouffer, je vais aller très très vite sur ce sommaire.
00:46On attend également la Banque Centrale Européenne cet après-midi
00:50avec une décision attendue par un statu quo et surtout l'info du jour c'est que Christine Lagarde
00:57abandonnera la présidence de la Banque Centrale Européenne le 7 février 2027.
01:03Ça a été officialisé ce jeudi dans un communiqué par la Banque Centrale Européenne.
01:08Donc statu quo attendu cet après-midi du côté de la BCE comme de la réserve fédérale hier
01:16sur le cas français, un mot très rapide du rendement français à 10 ans qui se traite aujourd'hui.
01:21Autour de 4,90%, le spread franco-allemand s'établit.
01:26Autour de 155 points de base avant la décision monétaire de la Banque Centrale Européenne,
01:30les indices européens évoluent en hausse de l'ordre de 1% pour le CAC 40
01:34qui évolue autour de 7 900 points.
01:37L'indice parisien qui est soutenu notamment par les bons résultats des sociétés.
01:41Du troisième trimestre, Renault s'envole de 7% après avoir fait état de revenus supérieurs aux attentes au troisième
01:48trimestre.
01:49Air Liquide fait état de vente en forte hausse, de vente en hausse de 10% sur la période.
01:55Airbus progresse également de 3% après l'annonce de la création d'une co-entreprise avec Air France, KLM.
02:01Et enfin aux Etats-Unis, on en parlera ce soir dans l'édition,
02:04ça casse pour Alphabet, l'entreprise qui annonce des résultats inférieurs aux attentes et un cashflow négatif.
02:10On va suivre évidemment l'ouverture des marchés américains cet après-midi.
02:15On se retrouve tout de suite dans Smart Bourse.
02:21Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance en cours.
02:26Pierre-Yves Dugas, vous êtes notre correspondant américain.
02:28Vous êtes avec nous tous les jeudis.
02:30Bonjour Pierre-Yves.
02:32Bonjour Pauline.
02:33Bon, je suis allée très vite sur mon introduction parce que j'ai failli m'étouffer Pierre-Yves,
02:37mais ça tombe bien, comme ça vous allez avoir le libre cours pour nous expliquer la décision de la Réserve
02:41fédérale américaine.
02:42Pierre-Yves, vous avez suivi attentivement la communication de Kevin Warsh hier soir
02:47et il s'avère qu'il a dit des choses intéressantes lors de sa conférence de presse
02:51sur l'impact des taux d'intérêt sur l'intelligence artificielle notamment, Pierre-Yves.
02:56Oui, j'ai trouvé que Kevin Warsh n'avait pas été très explicite dans sa manière de justifier son attentisme,
03:06l'attentisme du comité monétaire de la Réserve fédérale à l'exception de deux voix dissidentes.
03:13J'ai trouvé qu'il avait en revanche été très habile dans sa manière de rester fidèle à son engagement
03:19de ne pas faire de forward guidance, de ne pas télégraphier les décisions des prochaines réunions,
03:27tout en tout de même laissant entendre qu'on ne se trompait probablement pas beaucoup
03:32en anticipant que lors de la prochaine réunion telle qu'elle est programmée, le 9 décembre,
03:40vraisemblablement le comité monétaire va majorer à nouveau de 0,25% le taux des Fed funds.
03:46Il a précisé essentiellement que beaucoup d'informations vont tomber entre la date d'hier et le 9 décembre,
03:56notamment des statistiques sur l'inflation,
04:00mais aussi les résultats des élections de mi-mandat.
04:05Il ne l'a pas dit, mais c'est ce que tout le monde a compris.
04:08Et peut-être le facteur que l'on appelle poliment géopolitique le plus important,
04:14à savoir reprise ou non des bombardements américains, voire israéliens, sur l'Iran,
04:19avec l'impact que cela peut avoir sur la flambée des cours de l'énergie.
04:23Donc tant que la Fed ne sait pas trop où elle mettra les pieds sur ces questions-là,
04:30elle choisit l'attentisme.
04:32Très intéressant, en revanche, j'ai trouvé son dégagement
04:37sur une question qui taraude beaucoup d'observateurs de la Fed depuis des mois,
04:43à savoir, est-ce que les taux d'intérêt finalement ne sont pas un mauvais outil
04:48pour freiner l'inflation, dans la mesure où cette inflation,
04:52elle est tirée essentiellement par une demande qui est très forte
04:55et qui provient en grande partie du boom des dépenses d'investissement
05:01dans le secteur de l'intelligence artificielle.
05:04Kevin Walsh pense que cette explication-là est simpliste et trompeuse,
05:09et l'AIC nous expliquait ses arguments.
05:15Premier argument, nous assistons à un élargissement du boom de l'investissement aux États-Unis.
05:21Ce n'est pas que l'intelligence artificielle qui tire la croissance.
05:25C'est d'abord aussi bien sûr la consommation,
05:29mais il y a d'autres secteurs industriels américains
05:33qui sont en forte croissance et qui topent ce qu'on appelle en franglais
05:39les CAPEX, Capital Expenditures, les dépenses d'investissement des entreprises.
05:44J'ai fouillé un petit peu grâce aux moyens techniques à ma disposition
05:47et j'ai vu qu'effectivement, dans un certain nombre de secteurs industriels,
05:53comme la distribution et la génération électrique,
05:57il faut bien alimenter l'intelligence artificielle,
05:59mais aussi la robotique, dans le secteur des semi-conducteurs,
06:05avec tout le mouvement de rapatriement sur le sol américain
06:09de la production de semi-conducteurs,
06:11pas uniquement pour l'industrie d'ailleurs de l'intelligence artificielle,
06:15mais aussi pour l'industrie automobile, pour l'industrie informatique tout court,
06:19dans le secteur de l'aéronautique, à commencer par celui de la défense,
06:23les investissements sont importants.
06:25Donc, ne pas penser que toute la croissance est tirée uniquement par l'intelligence artificielle
06:31et que ce secteur serait, d'une certaine manière, immunisé contre les hausses de taux.
06:36Pourquoi ? Parce que les rendements à moyen et long terme vont être tellement élevés,
06:40tels qu'on nous les présente, que peu importe le coût du capital à l'instant T.
06:45Il y a 23 secteurs en expansion aux États-Unis dans le secteur,
06:50pardon, 23 mois consécutifs d'expansion dans le secteur manufacturier américain
06:55et en septembre, dans l'indice ISM, qui suit les 18 sous-secteurs manufacturiers,
07:02on a 12 de ces 18 qui sont en croissance.
07:06Et puis, il note que lors de la décision de la réserve fédérale au mois de septembre
07:12de majorer le taux des Fed funds,
07:16le marché a commencé à être beaucoup plus discriminant dans sa manière d'allouer le capital
07:21et que les secteurs les plus fragiles de l'IA,
07:25ceux qu'on appelle du « neoclard », ont davantage souffert,
07:29Paul Weave, bien sûr, à défrayer la chronique,
07:31mais ce n'est pas que là, beaucoup d'instruments de dette,
07:36beaucoup d'obligations, notamment celles émises par Oracle,
07:40ont beaucoup souffert parce que, eh bien, le marché obligataire
07:44commence à regarder de plus près ce qui se passe dans le secteur de l'intelligence artificielle.
07:49Et puis, dernier argument en filigrane,
07:53Kevin Walsh ne nous a pas dit, mais on sentait qu'il le pensait très fort,
07:58qu'il faut aller prudemment dans la majoration de taux
08:01parce que des secteurs qui, eux, sont, on le sait,
08:06très dépendants directement et rapidement des taux d'intérêt
08:10vont être fragilisés si on majeure ces taux trop vite
08:14alors qu'ils ne jouent pas un rôle dans l'inflation.
08:16On parle de l'immobilier, on parle des PME, par exemple,
08:20immobilier à la fois résidentiel et immobilier commercial.
08:24Donc, c'est une explication de l'attentisme de la Fed hier
08:29et c'est un moyen habile de nous faire patienter jusqu'au 9 décembre.
08:33Oui, une décision qui était largement attendue, Pierre-Yves, par le marché.
08:38Si on revient juste un tout petit peu plus en détail sur cette décision monétaire,
08:43vous avez mentionné l'inflation, etc.
08:46Moi, la question que je me pose, c'est plutôt sur ce cycle de hausse des taux,
08:51si on peut appeler ça un cycle, Pierre-Yves.
08:52On attend donc, vous l'avez dit, une hausse probablement le 9 décembre
08:57et après, Kevin Walsh, il n'a pas exclu dès les premiers mois de 2027
09:03de remonter ses taux.
09:05Qu'est-ce qu'on attend concrètement pour l'année prochaine, Pierre-Yves ?
09:08J'ai envie de dire que Kevin Walsh a joué un joker hier.
09:13Il sait qu'il a une réputation solide.
09:17Il n'y a pas beaucoup de gens qui ont quitté un poste de gouverneur de la Réserve fédérale
09:21parce qu'il n'était pas d'accord avec la politique d'assouplissement quantitatif.
09:25C'est ce qu'il a fait après la grande crise financière.
09:28Et il joue sur sa réputation de hawk, de faucon, pour nous faire patienter un petit peu.
09:37Il a répété trois ou quatre fois, notre objectif, c'est un retour à 2%.
09:44Il est hors de question que nous nuancions ou que nous procédions
09:49à une dilution de cet objectif de 2%.
09:52Nous allons ramener l'inflation à 2%.
09:56On va attendre la décision du mois de décembre,
10:00mais je ne serai pas du tout surpris si la conjoncture américaine
10:03continue d'être aussi solide et plus solide que prévu
10:06que la Réserve fédérale,
10:08majeure à nouveau l'an prochain,
10:11une ou deux fois encore,
10:14le taux des Fed funds.
10:16Elle peut le faire parce qu'elle a un double mandat.
10:19Quel est ce double mandat qui lui a été imposé par le Congrès ?
10:22Le plein emploi et la stabilité des prix.
10:25Côté plein emploi,
10:26ils sont relativement tranquilles pour le moment
10:29parce qu'il a cité plusieurs manières de mesurer le plein emploi
10:32et toutes ces mesures montrent que
10:34le problème du chômage aux États-Unis
10:37est très largement contenu pour le moment.
10:39Donc, il se concentre sur l'inflation.
10:43On joue son joker fin octobre,
10:46mais il y aura des cartes à jouer en décembre
10:49et peut-être également en février.
10:51Oui, c'est sûr, affaire à suivre.
10:52On va suivre évidemment,
10:53puis arrivent ces décisions monétaires à venir
10:56du côté de la Réserve fédérale américaine.
10:59Vous parliez de conjoncture justement.
11:00Cet après-midi, on attend les chiffres
11:02de la croissance américaine,
11:04les premiers chiffres pour le troisième trimestre
11:07auquel on sera attentif.
11:08Un autre sujet, Pierre-Yves,
11:10des signes inattendus de réduction de l'engagement
11:12des petits porteurs dans les échanges boursiers
11:15ces dernières semaines.
11:16Que se passe-t-il, Pierre-Yves ?
11:19Je suis étonné parce que vous vous souvenez,
11:22on a eu cette extraordinaire introduction
11:23en bourse de SpaceX.
11:25Elon Musk avait réservé
11:28quelques 30% des actions
11:30pour les investisseurs individuels,
11:33c'est-à-dire trois fois plus que la norme
11:35des introductions en bourse.
11:36Et on s'aperçoit que depuis le milieu de l'été,
11:38selon Goldman Sachs,
11:40qui mesure ça très bien,
11:42la participation des investisseurs individuels
11:45au volume de trading
11:47a considérablement chuté,
11:48une baisse de 20%.
11:49Et même si l'on prend encore pour point de référence
11:53la fin 2025,
11:55une baisse de 40%.
11:58Les investisseurs individuels,
12:00au cours des dernières semaines,
12:01n'ont représenté plus que 9% du volume.
12:03C'était 15% fin 2025.
12:06Alors, deux facteurs au moins évidents
12:08sont en jeu.
12:09D'abord, on sait qu'historiquement,
12:10il y a une forte corrélation
12:11entre le moral des consommateurs
12:13et l'euphorie des traders.
12:19Or, le moral des Américains a plongé
12:21avec l'envolée des prix de l'énergie.
12:22Et du coup, les boursicoteurs,
12:25je n'aime pas trop ce terme,
12:27les boursicoteurs se sont calmés
12:29parce qu'on sait qu'historiquement,
12:31les deux choses sont très corrélées.
12:32Et puis, il y a la hausse du prix de l'énergie
12:34qui a certes déprimé les Américains
12:36et donc les boursicoteurs,
12:37mais qui a pris du pouvoir d'achat
12:38qui fait que probablement
12:40le petit investisseur individuel
12:42a moins d'argent à mettre en risque
12:43tous les jours qu'il n'en avait
12:45du temps où le pétrole était meilleur marché.
12:47On observe en même temps,
12:49et là, je trouve que c'est assez surprenant,
12:53un engouement des ménages américains
12:56pour les sites de Paris sur Internet,
12:59Paris sur les résultats sportifs,
13:01Paris sur les événements liés à la guerre au Proche-Orient,
13:06Paris sur les élections au Brésil,
13:08en Allemagne, aux États-Unis, bien entendu.
13:10Et il y a probablement une population
13:12de boursicoteurs qui jouaient à la bourse
13:16au lieu d'adopter une attitude d'investisseur
13:18et qui maintenant s'amuse sur les sites de Paris
13:22et a quitté la bourse pour aller dans le véritable casino.
13:27Ça n'est pas anodin parce qu'à la marge,
13:31ça affecte la liquidité.
13:33Et puis rappelons-le, on est aux États-Unis,
13:35on n'est pas en France.
13:3742% des ménages américains
13:41détiennent directement les actions
13:43qui sont cotées en bourse aux États-Unis.
13:46C'est beaucoup.
13:48Oui, mais c'est beaucoup, Pierre-Yves.
13:51Merci beaucoup pour ces précisions.
13:54Pierre-Yves Dugas,
13:55vous êtes notre correspondant américain
13:56dans Smart Bourse.
13:58Merci d'avoir été avec nous.
13:59On se retrouve jeudi prochain,
14:01Pierre-Yves,
14:02pour un nouveau point à date
14:03de la situation aux États-Unis
14:04après les élections de mi-mandat.
14:07Merci à tous de nous avoir suivants.
14:09On se retrouve ce soir en direct
14:10à 17h30 sur Bismarck.
14:13– Sous-titrage Société Radio-Canada
14:16– Sous-titrage Société Radio-Canada

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