- il y a 7 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).
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00:00Le docteur Moulier dans ce studio, bonjour et merci pour votre livre, votre santé hormonale aux éditions Le Duc.
00:09Je lis, Nathalie a 46 ans, elle est ma patiente depuis deux ans seulement, ce jour-là dans mon cabinet,
00:15elle prononce une phrase que j'ai entendue des dizaines de fois, docteur, je ne me reconnais plus, je ne
00:20sais pas ce qui m'arrive.
00:23Effectivement, Pascal, c'est ce que je vois tous les jours, les femmes qui malheureusement n'ont pas la connaissance
00:29de ce qu'on appelle la trajectoire hormonale et on devrait de plus en plus prendre en charge les femmes
00:35très tôt
00:35parce que très tôt, le corps envoie des signaux, des signaux qui montrent que certaines faiblesses et ce qu'on
00:42appelle des préfragilités sont là
00:44et ces femmes-là, et elles sont nombreuses, ça fait plus de 30 ou 40% de femmes que l
00:49'on pourrait éviter plus tard d'avoir des problèmes
00:51et comme je le dis dans ce livre, ça commence aux mille premiers jours les signaux, voire les dix mille
00:58premiers jours de vie.
01:00Ça vous fait...
01:01Et quels sont les signaux justement ?
01:02D'ailleurs c'est ce que vous dites plus loin, vous dites cette femme qui a 46 ans, elle dit
01:06j'aurais dû venir plus tôt vous voir.
01:08C'est-à-dire que les femmes qui nous écoutent, il faut venir dès l'âge de 25, 30 ans,
01:14vous voir ou voir un gynécologue
01:16et imaginer de prendre des hormones parce que c'est de cela dont il s'agit ?
01:20Alors ce n'est pas que les hormones, il y a une qualité de vie à protéger.
01:25C'est-à-dire qu'on doit écouter les signaux.
01:27Par exemple une jeune fille qui a un syndrome prémenstruel, une femme qui n'est pas bien, elle est désagréable,
01:31elle a des douleurs.
01:33Une femme qui a un syndrome au milieu du cycle.
01:37Une femme qui par exemple a des migraines au cerveau, des migraines qu'on dit cataméniales.
01:41Une femme qui pendant la grossesse, qui est ce qu'on appelle une épreuve d'effort grande hors nature.
01:45C'est-à-dire qu'on met la femme dans une épreuve d'effort et on va voir comment elle
01:48va aller être sur le plan vasculaire, métabolique et hormonal.
01:52Et les femmes qui font des baby blues par exemple, ce fameux de dépression, on dit mais non c'est
01:56rien.
01:56Mais non, toutes ces femmes, elles ont des faiblesses.
02:00Toutes ces femmes, il faut les écouter.
02:01Donc on ne doit pas les laisser, on leur dit allez retournez chez vous, c'est pas grave ou on
02:05ne fait rien.
02:06Je n'ai pas dit que c'était que les hormones.
02:08Il y a l'alimentation, l'activité physique, l'écoute et parfois les hormones.
02:13Et à partir d'un certain moment de vie, les hormones d'ailleurs, c'est ce qui a été dit
02:18récemment.
02:19Les américains nous ont dit, on a commis une erreur médicale historique.
02:23Le traitement hormonal, un jour j'étais sur votre plateau, vous m'avez dit, Pascal le traitement hormonal donne le
02:28cancer.
02:28C'était la deuxième fois que je passais chez vous.
02:30Je vous ai dit non Pascal.
02:32Et maintenant les américains reconnaissent que non.
02:34Alors sur ces hormones, vous dites, c'est pour cette raison que je défends depuis plusieurs années l'idée d
02:37'un parcours de santé hormonal enseigné dès le collège.
02:41Oui, dès le collège, parce qu'au moins les jeunes sauront appréhender les différentes étapes de leur vie, puisqu'elles
02:47sont simples.
02:48Et à chaque fois, une jeune fille qui a un syndrome prémenstruel, une jeune fille qui a des migraines, une
02:54jeune fille qui a tel ou tel ou tel,
02:55ou aussi la préserver de son capital osseux, cérébral et musculaire.
03:02Parce que le muscle, c'est une véritable pharmacie anti-âge.
03:05Et on peut toujours en faire dans la vie.
03:07Mais quand on est bien préparé pour cette période où il va y avoir cette chute hormonale qui va survenir,
03:13ce que j'appelle la DOLA, la déficience oestrogénique liée à l'âge.
03:16Parce que le mot ménopause, ça veut dire quoi Pascal ?
03:18Ça veut dire arrêt des règles.
03:20Ça existe depuis 1816.
03:21Donc, quand une femme comprend ce qui lui arrive, quand on lui dit, madame, vous n'avez plus d'oestrogène,
03:26et d'ailleurs, à la Haute Autorité de Santé où j'ai été nommé expert,
03:29on ne parlera plus de ce genre de choses.
03:32On parlera de carence oestrogénique, qui est l'hormone de la femme.
03:37C'est très intéressant d'ailleurs de vous lire.
03:40Vous dites, pendant longtemps, la médecine a séparé les organes,
03:42les rhumatologues s'occupaient des os, les cardiologues du cœur.
03:45Pourtant, chez les femmes, l'expérience clinique montre souvent un lien étroit.
03:48Les femmes qui perdent rapidement de l'os présentent aussi plus fréquemment des facteurs de risque cardiovasculaire.
03:53Alors, en même temps, c'est une question de bon sens.
03:55On imagine que tout ça est plutôt lié.
03:56Vous venez de dire le bon truc ? C'est le bon sens scientifique.
03:59L'os parle pour le cœur, et on a plein de symptômes qui font savoir que les oestrogènes,
04:05chez la femme, ça agit sur l'os, le cœur, le cerveau, sur la peau,
04:09sur ce qu'on appelle le syndrome génito-uronnière de la méde de peau,
04:12sur le métabolisme, le cholestérol, le diabète, sur l'hypertension.
04:16Donc, si on néglige cette trajectoire hormonale,
04:21eh bien, on ne comprend pas, et on ne sait pas comment.
04:23Et vous avez raison, Pascal.
04:25Une dépression au moment où on dit, oh là là, elle a un burn-out.
04:28En fin de compte, dans 80% des cas, c'est un problème hormonal.
04:31En France, on estime qu'une femme ménopausée sur 3 souffre d'ostéoporose.
04:36Oui.
04:36Je trouve que c'est gigantesque.
04:39Ostéoporose.
04:3933% des femmes.
04:40Une femme sur 3 aura une fracture ostéoporotique après 50 ans.
04:44Ça coûte actuellement 5,4 milliards d'euros par an.
04:49Et on pense que dans les années qui vont venir,
04:51ça va coûter plus de 6,4 milliards par an.
04:55Comme les maladies cardiovasculaires, 18 milliards.
04:58Le diabète, 8 milliards.
05:00L'Alzheimer qui est prévisible.
05:01On peut réduire la survenue de l'Alzheimer.
05:03Ça coûte 20 milliards.
05:05Donc c'est aussi un problème de santé.
05:08Comment dire ?
05:09De péril sanitaire.
05:11Il faut en parler sur le plan financier.
05:13Il n'y a pas que ça.
05:14Le docteur Mouly est donc avec nous.
05:16C'est aux éditions Le Duc.
05:18Votre santé hormonale.
05:19Comprendre sa trajectoire pour agir à tous les âges de la vie.
05:22On ne parle que des femmes dans votre livre ?
05:24Alors, vous savez, quand la femme va mieux,
05:26le monde va mieux.
05:27Oui.
05:28Mais c'est vrai.
05:29C'est une formule, j'imagine.
05:30Elle va très bien.
05:31Le couple va mieux.
05:32Je suis d'accord, mais les hommes ne sont pas confrontés aux mêmes soucis.
05:35Les hommes sont confrontés à la désinformation et l'incompréhension de ce qui peut arriver.
05:41Tout à l'heure, vous avez cité ce fameux option que j'aimerais qu'on fasse
05:48et qui a été repris par Stéphanie Riste au brevet.
05:51C'est-à-dire un parcours de santé humaine, une option obligatoire pour comprendre
05:55les différentes étapes de la vie hormonale de la fille et du garçon.
05:59Comme ça, il n'y aura plus d'incompréhension.
06:02Comme ça, on pourra anticiper les choses.
06:05Il y a beaucoup de gens qui nous écoutent et qui doivent être concernés par la phrase
06:08que je vais lire.
06:09Les bouffées de chaleur ne sont pas une maladie.
06:11Elles sont un signal biologique fort qu'il faut écouter et prendre en considération.
06:15Elles traduisent une chute des oestrogènes sur un terrain sensible, notamment cérébral.
06:20Elles sont très désagréables.
06:20La bouffée de chaleur qui précoce et persistante, c'est une augmentation de 70% des accidents
06:27cardiovasculaires.
06:28On ne doit pas négliger...
06:30Quand j'ai dit il y a 4 ans les symptômes qui donnaient des maladies, on m'a dit
06:33arrête d'angoisser les femmes.
06:35Mais j'ai dit non, parce que ces signaux sont des signaux que le corps envoie.
06:41Il faut les écouter.
06:43Alors évidemment, vous parlez aussi de ce qu'il faut boire, de ce qu'il faut manger.
06:47Il y a plus de 2000 ans, Hippocrate écrivait que ton aliment soit ton premier médicament.
06:51Cette phrase reste profondément juste, mais notre environnement biologique a changé.
06:56C'est vrai qu'on est souvent avec des médecins et David Kayat nous disait, par exemple,
07:00il y a quelques jours, combien il est surpris du nombre de cancers du pancréas qu'il remarque.
07:07Jadis, il y a 50 ans, il y en avait un peut-être par mois.
07:10Et aujourd'hui, nous dit-il, il y en a plusieurs par semaine.
07:13A priori, c'est l'alimentation transformée, c'est la piste privilégiée.
07:18C'est ce qu'on essaye de dire.
07:19Vous savez, par exemple, pour le cancer du sein, 40%.
07:23Le cancer du sein, c'est 80% après 50 ans.
07:26Le moment où la femme n'a plus d'hormones.
07:28Donc on a montré du doigt les hormones, alors que maintenant,
07:31des femmes qui ont eu un cancer du sein, on va pouvoir leur donner des hormones,
07:35ces fameuses hormones.
07:36Et on sait que 40% des causes de cancer du sein sont modifiables.
07:43Le surpoids, l'obésité, l'activité physique, l'alimentation, l'alcool, tous ces éléments.
07:48Vous vous rendez compte, on peut réduire de 40% presque la survenue d'un cancer.
07:53Mais c'est énorme.
07:54Et plus on commence tôt, et plus le corps, lui, il se rappelle.
07:58C'est ce qu'on appelle la mémoire biologique précoce.
08:01Le corps se rappelle de ce qui lui est arrivé.
08:04Bon, les gens qui nous écoutent sont quand même très éduqués sur ce qu'il faut manger.
08:08Moi-même, je suis très éduqué, simplement, j'ai du mal à impliquer le régime crétois.
08:15Parce qu'il faut sans doute...
08:15Alors, c'est pas un régime, c'est une alimentation.
08:17Mon régime est restritif.
08:18Je suis d'accord avec vous, mais c'est...
08:20En fait, ce qu'on aime n'est pas bon pour la santé.
08:23On a le droit de faire des jokers.
08:25Mais pas tous les jours.
08:25Oui, mais les frites, c'est pas bon pour la santé.
08:27Le sucre, c'est pas bon pour la santé.
08:29Si vous mettez de l'huile et du sel, bien sûr.
08:31La viande, c'est pas bon.
08:32Bon, même sans huile.
08:33La viande, c'est pas bon pour la santé.
08:35Le pain !
08:35Le pain !
08:37Le pain !
08:38C'est la fréquence à laquelle on mange sur ça.
08:39Mais le pain, on en pense à tous les repas.
08:41Le pain, on dit...
08:43Donc voilà, c'est ça qui est compliqué.
08:44Vous avez deux jokers par semaine, ça vous suffit.
08:46Bah non, ça suffit pas.
08:48Il en faut sept.
08:50Par exemple, qu'est-ce que vous allez manger ce soir ?
08:52Alors, ma femme a toujours préparé...
08:54Ce qui est bien, c'est que dans ce que je dis dans mon livre,
08:56c'est que mes petites filles, mes filles, ma femme sont éduquées.
09:01Elles ont compris.
09:01Et elles le font spontanément.
09:03C'est de génération en génération.
09:04Qu'est-ce que vous allez manger ce soir ?
09:06Eh bien, on mangera quelque chose qui contienne une protéine pour ce soir,
09:09qui soit comme il faut.
09:10On apportera des légumes cuisinés comme il faut et éventuellement sans sel.
09:15Des légumes.
09:15Des légumes ?
09:16Des quoi ?
09:17Des légumes, des fibres, Pascal.
09:20Et aussi, il ne faut pas oublier quelques sucres longs.
09:23Des pâtes.
09:23Et si possible, dans notre société...
09:25La viande, vous mangez de la viande combien de fois par semaine ?
09:27Au moins deux fois par semaine.
09:28Ah quand même.
09:28Bah oui, parce qu'elle est blanche.
09:30Elle est à la fois rouge et blanche.
09:31Mais quand je prends de la rouge, c'est comme le bon vin.
09:33Je prends du bon vin.
09:34Il est 17h52.
09:35Qu'est-ce que vous avez pris ce matin au petit déjeuner, docteur Mouvi ?
09:37Ce matin, ma femme m'a fait des oeufs.
09:39Elle est gentille parce que ce matin, je me suis vingt un peu plus tard.
09:42J'ai pris du pain complet.
09:44Non, oeuf au plat.
09:44Oeuf au plat, sans mettre du ou quoi que ce soit.
09:47Un morceau de cantal, de comté.
09:51J'ai bu mon café.
09:53Et puis, j'ai pris aussi un skir.
09:55Un skir ?
09:56C'est un fromage blanc très protéiné.
09:580% de matière.
10:00Le matin, il faut apporter le carburant au corps.
10:02D'accord.
10:02Moi, je n'apporte aucun carburant au corps depuis toujours,
10:05mais je ne prends qu'un café le matin.
10:06Mais bon, donc voilà.
10:07Il est à l'électronomie.
10:07Pharmacie en viage.
10:09Votre cerveau, il a besoin de tout ça.
10:11Vous avez du cerveau.
10:12Oh là là.
10:13Pourtant, à l'heure du déjeuner, qu'est-ce que vous avez pris ?
10:15Du déjeuner, j'ai mangé...
10:17Alors attendez, il faut bien que je m'en rappelle.
10:18Peut-être qu'il y a un trou de mémoire.
10:19Non, non, on a mangé une pizza préparée.
10:21Ah bon, ben une pizza.
10:22Avec une salade.
10:23Mais c'est chez vous.
10:23En plus, vous rentrez chez vous.
10:24Aujourd'hui, j'étais chez moi.
10:26À quelle heure ?
10:27Alors, il faut dormir.
10:28Le plus important, c'est peut-être de dormir.
10:30Le sommeil.
10:30Non, ce n'est pas dormir.
10:31Il faut un bon sommeil.
10:32Oui.
10:32Ça, c'est important.
10:33Oui.
10:33Et une petite sieste si on ne dort pas assez la nuit.
10:36Alors, dans l'alimentation méditerranéenne, d'accord, on s'est rendu compte que la sieste
10:41de l'après-midi réduisait le risque cardiovasculaire.
10:46Par exemple, si on ne faisait pas de sieste, on augmentait le risque cardiovasculaire.
10:49Donc, il y avait l'alimentation.
10:51Et il faudrait, par exemple, chez vous, donner à peu près 20 minutes de sieste.
10:54Oui, mais tous les jours au travail, on ne peut pas.
10:56Mais bien sûr que si.
10:57Oui, parce que vous avez la salle de repos.
10:58Tous les jours, on a une salle de repos.
10:59La sieste réparatrice.
11:00Mais c'est extraordinaire, en fait.
11:02Tous les gens devraient faire une sieste.
11:04Mais oui, la dernière fois que j'étais venu chez vous, il y avait des matelas.
11:07Oui.
11:07Ah !
11:07C'est le jour, là, c'est le matelas.
11:09Vous avez dormi.
11:10Ah, c'était cette fois-là.
11:11Il a toujours ce matelas.
11:12Non, non, mais c'est formidable, la sieste.
11:13Parce qu'en fait, même psychologiquement, par exemple, ce matin, j'étais un peu fatigué.
11:18Pourquoi ?
11:19Pourquoi ?
11:21Non, je me suis levé plus tôt, à 5h, alors que tu as perdu une heure.
11:24Mais comme tu sais que tu as une sieste qui arrive à 13h.
11:27Ça va.
11:28Eh bien, ça va, parce que tu ne sais pas ta sieste.
11:30C'est dans la tête une sieste qui sera prescrite par Pascal.
11:33Mais tout le monde ne peut pas la faire, cette sieste aussi.