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  • il y a 6 heures
Philippe de Villiers a donné son avis sur la plainte d'un syndicat de police contre l'Etat : «Les policiers savent qu'ils vont rencontrer dans la rue quelqu'un qu'ils ont menotté la veille», a-t-il déploré. 

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Transcription
00:00Alors Philippe, comment expliquez-vous cette bascule qu'on est en train de vivre, sans doute historique,
00:04le moment où un syndicat de police décide de porter plainte contre l'État ?
00:08C'est, à ma connaissance, inédit et d'une portée symbolique inimaginable.
00:18C'est-à-dire que l'État porte plainte contre l'État, puisque l'État, les forces de l'ordre,
00:28remplissent une mission qui est de protéger l'État, protéger la société.
00:37Alors, je pense que cette plainte n'a aucune chance d'aboutir,
00:42parce qu'on ne peut pas condamner pénalement une personne morale, à ma connaissance,
00:47et à fortiori l'État.
00:48Mais je pense que leur idée, c'est d'alerter le peuple français sur le malaise qui a gagné la
01:01police.
01:03Ce malaise, il a trois aspects que je voudrais énumérer en trois phrases.
01:13Premièrement, l'impunité judiciaire.
01:17Vous venez de citer le drame de Belfort.
01:23À ma connaissance, il y a eu 8000 interpellations et 26 détentions provisoires.
01:32En d'autres termes, le policier, quand il se réveille le matin et qu'il se lève,
01:38et qu'il met son gilet pare-balles et qu'il dit au revoir à son épouse et à ses
01:42enfants,
01:46il sait qu'il va rencontrer dans la rue quelqu'un qu'il a menotté la veille ou l'avant
01:52-veille.
01:55Et donc, en fait, et qui va lui faire un pied de nez.
01:58Ils se reconnaissent, voilà, ils sont face à face.
02:02Et ça dure et ça continue et ça devient une comédie.
02:07Donc, pour les policiers, c'est insupportable.
02:10Une justice laxiste.
02:13Une justice idéologique.
02:17Établi sur l'inversion victimaire.
02:23Ensuite, il y a le manque d'empathie, pour reprendre l'expression du Président de la République.
02:28Le manque d'empathie.
02:30C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu un mot du Président de la République, à ma
02:33connaissance,
02:33pour dire « je suis avec les policiers blessés ».
02:36Il aurait pu aller faire une visite, par exemple.
02:40Ils sont mille blessés maintenant.
02:42mille blessés.
02:44On n'a aucune nouvelle de ces blessés.
02:47Sauf les familles des policiers
02:49qui en font un sujet de conversation à la pause café.
02:53« Ah, comment il va ton mari ?
02:56Comment il va ton petit ? »
03:00Voilà.

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