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  • il y a 2 jours
Tous les matins à 8h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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00:00Il est 8h12 sur RMC et priorité au terrain à ceux qui ont non seulement observé, vécu, parfois été victime
00:08de ces pillages, de ces cassages dans les principales villes de France.
00:13Ce matin, le ministre de l'Intérieur parle d'une perte de contrôle. Pour la première fois, il reconnaît que
00:19oui, il y a bel et bien eu perte de contrôle dans plusieurs villes de France.
00:241 500 commerces sinistrés ce week-end et ce n'est qu'un premier chiffre puisque, comme nous le disait
00:29Emmanuel tout à l'heure, les principales villes n'ont pas encore fait remonter le nombre de sinistrés.
00:35Paris, notamment, une agence immobilière, Philippe Gaudry, bonjour. Vous êtes président de l'association des commerçants de la rue de
00:40Bretagne.
00:41Et non seulement il y a eu samedi, le centre de Paris qui a été largement touché, mais il y
00:46a eu hier, à nouveau, des hordes de pilleurs qui ont poursuivi en quelque sorte le boulot,
00:52à l'empiller les quelques magasins qui ne l'avaient pas encore été encore. Quel est le spectacle ce matin,
00:58Philippe Gaudry ?
00:59Eh bien écoutez, on a eu des casseurs par bande, par petits groupes, toute la nuit dans le Marais.
01:06Ça a continué jusqu'à 1h du matin. Vers 1h du matin, on a vu la police arriver.
01:12Mais par exemple, moi j'habite rue des Francs-Bourgeois.
01:16On a un magasin Nike et une bijouterie qui ont été cassées.
01:20C'est juste en bas de chez moi.
01:21Et je pense que ça a duré une bonne partie de la nuit.
01:26Quand je vous dis que ça a duré une bonne partie de la nuit, c'est exactement ce qu'on
01:28décrivait aussi déjà samedi.
01:30C'est-à-dire parfois des scènes de pillage où personne n'arrête les pilleurs tout le temps qu'ils
01:35doivent faire leur boulot, j'allais dire.
01:37C'est-à-dire leur sale besogne.
01:38Enlever tout ce qu'il y a dans un magasin jusqu'à ce qu'il n'y reste véritablement plus
01:41rien.
01:43Exactement. Et de toute façon, moi je conseille aux commerçants ou aux riverains de ne pas s'interposer.
01:49Les pilleurs ne sont pas agressifs tant qu'on ne s'interpose pas.
01:52Moi j'ai fait un peu la bêtise samedi de m'interposer face à une bande de pilleurs qui voulaient
01:59attaquer le bar tabac de la rue de Bretagne.
02:03Et en fait, je vous le dis, c'était une bêtise énorme de ma part parce qu'en fait je
02:07me suis mis en danger pour rien.
02:09Vous avez eu peur ? Vous avez eu peur ? Philippe Gaudry ?
02:11En fait, j'ai eu peur après parce que moi, je suis quelqu'un de dialogue, j'ai essayé de
02:16discuter avec ces pilleurs, ces casseurs pour leur dire de partir, d'aller ailleurs.
02:21Et en fait, certains, les plus vieux sont venus me voir en me disant, monsieur, vous allez vous faire démolir,
02:27partez.
02:27Et en fait, j'ai bien compris. Ils étaient nombreux. J'avais 200 personnes devant moi.
02:33On a vu les scènes aussi et j'ai en tête évidemment notamment ce gérant d'un magasin Micromania ou
02:40Microsing de jeux vidéo qui a été littéralement, il tente de défendre son magasin et il se prend une sorte
02:47de balayette, il s'effondre sur le sol.
02:50Il y a aussi Michel qui est avec nous. Michel, je voudrais prendre votre témoignage parce que vous-même, vous
02:53êtes policier et vous étiez dans les rues de Paris, je crois, du côté des grands magasins samedi.
02:58Racontez-nous Michel.
03:01Écoutez, bonsoir, bonjour.
03:03Je suis comme vous, je ne sais plus si c'est le matin ou la nuit, ayant travaillé tout le
03:06week-end comme vous. Allez-y.
03:07Je suis libre au service.
03:09Et oui, non, c'était un chaos sans nom.
03:11Pour moi, Paris était à feu et à sang et il n'y a pas d'autre terme.
03:15J'ai bientôt 30 ans, enfin j'ai 30 ans de police.
03:19Je n'ai jamais vu ça quand à présent.
03:20Donc c'était les gilets jaunes x10.
03:23Et voilà, on a vu des pillages, on a assisté à des pillages.
03:26On a essayé d'empêcher des pillages.
03:29Et malgré tout, quand vous empêchiez un pillage sur un magasin, le magasin d'à côté était pillé.
03:35On avait des commerçants qui venaient nous voir en nous disant, venez nous aider, etc.
03:38Alors qu'on était déjà sur un pillage en cours.
03:41Et voilà, c'était impressionnant.
03:45Parce qu'on se sent impuissant, si vous préférez.
03:49Parce que vous empêchez les gens de piller un magasin et le magasin d'à côté se fait piller également.
03:53C'est terrible ce que vous dites, c'est-à-dire que vous êtes policier et vous dites qu'on
03:56se sentait impuissant.
03:58Oui, parce qu'on nous demande toujours d'être résilient, d'être gentil ou quoi que ce soit.
04:05Alors qu'on ne fait juste que notre travail.
04:08Je pense que, malheureusement, on entend souvent sur vos plateaux et autres des interlocuteurs dire qu'on est très violent.
04:16Mais c'est totalement faux.
04:18Alors vous avez des accidents, certes, il y a des accidents.
04:21Michel, vous vous dites, effectivement, ça arrive cette journée de samedi.
04:25Après, on en oublie presque qu'il y a eu tout le mois de mobilisation des lycéens.
04:31Et la police, qui était dans le collimateur d'une partie de la classe politique.
04:35Vous estimez, vous, Michel, que quand ça arrive, ça, samedi.
04:39Quand cette journée-là, qui est une sorte d'apogée, du chaos, arrive samedi.
04:45Vous êtes vous-même, policier, déjà mal compris, en quelque sorte ?
04:50Oui, complètement.
04:51Vous avez souvent sur vos plateaux Reda Bellage qui explique tout le temps ce qu'il en est pour nous.
04:57Il dit clairement la vérité.
05:00Par contre, on est souvent pointé du doigt pour des choses qui ne sont pas vraies, je pense.
05:06Réellement pas vraies.
05:08Le ministre de l'Intérieur aujourd'hui dit, dans certaines villes, nous avons perdu le contrôle.
05:12Arthur Chevalier.
05:13Oui, bonjour Michel.
05:14Justement, moi j'ai une question très simple.
05:16Apparemment, il y a des problèmes d'effectifs.
05:18Est-ce que vous pouvez nous le confirmer ?
05:19Vous êtes en manque d'effectifs.
05:20Premièrement.
05:21Deuxièmement, est-ce que si ça continuait comme ça pendant, mettons, 3-4 jours,
05:24est-ce que la police pourrait être complètement débordée et incapable de rétablir l'ordre ?
05:29Débordée, oui.
05:30Si vous préférez, nous, là, j'ai des policiers d'une compagnie d'intervention qu'on a pu voir.
05:35Ils ont fait 24 heures de vacations.
05:37Ils ont fait 7 heures.
05:38De samedi matin, 7 heures, à dimanche matin, 7 heures.
05:42Il y a bien un moment où, en fait, on est des êtres humains.
05:45Il faut qu'on se repose d'un moment ou d'un autre.
05:47Moi, je vous dis, là, sur les deux jours, je suis exténué.
05:50Donc, je suis exténué.
05:52On a couru les deux nuits.
05:53J'étais sur le forum des Halles cette nuit.
05:55C'était le carnage encore.
05:57Et ce n'est pas des lycéens.
05:59Ce n'est pas des lycéens.
06:00Je vais vous dire une chose.
06:01On a interpellé des Suisses.
06:02Des Suisses qui pillaient des magasins.
06:04Donc, ils venaient de Suisses exprès pour ça.
06:06Donc, il y a des étrangers, enfin, il y a des mouvances, je pense, extrémistes qui viennent exprès pour ça.
06:13Donc, il y a eu des Suisses, il y a eu des Suédois qui ont été interpellés.
06:16Et voilà, ce n'était pas des lycéens qui étaient là.
06:18Est-ce que vous distinguez les manifestants, les casseurs professionnels type black bloc et effectivement les pilleurs ?
06:27Mais évidemment, enfin, voyons, je ne sais pas.
06:29On est toujours pointé du doigt dans le mauvais sens.
06:33Mais enfin, les manifestants pacifiques, jamais on leur lance des grenades dessus, quoi que ce soit.
06:38Quand j'entends des fois sur vos plateaux des gens dire, par exemple, à Bordeaux, on a pris du gaz,
06:45on ne sait pas d'où ça venait, etc.
06:46On n'avait rien fait.
06:47Peut-être que ces gens-là n'avaient rien fait, mais il y avait certainement des gens devant eux qui
06:49avaient fait quelque chose.
06:50Merci beaucoup.
06:51Parce que c'est jamais sans sommation, sans raison.
06:56On n'agit jamais sans cerveau, quoi.
06:59Merci Michel.
07:00Bon courage, parce qu'effectivement, on entend, et vous nous l'avez dit, je suis exténuée.
07:03C'était les Gilets jaunes x10.
07:05Un grand merci aussi à Philippe Gaudry, qui est donc le président de l'association des commerçants dans le Marais.

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